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Gethsémané, Gabbatha, Golgotha (1)


Contempler le Seigneur
Suivre le Seigneur de Gethsémané à Golgotha
Avant Gethsémané : la chambre haute
Gethsémané – L’anticipation de la croix, l’angoisse du combat


Contempler le Seigneur

           Il est toujours bon pour nous d’être occupés de la Personne adorable de notre Sauveur et Seigneur, Jésus Christ, qui nous a aimés, nous aime et nous aimera à toujours. Nous portons nos regards sur Lui dans le ciel, nous voyons sa beauté et sa gloire, et cela réjouit et fortifie notre cœur. Une telle contemplation a pour effet béni de nous transformer en son image, « de gloire en gloire, comme par le Seigneur en Esprit » (2 Cor. 3 : 18) et de fortifier notre espérance d’être bientôt avec Lui dans la maison de son Père ; nous le verrons alors face à face dans toute sa beauté et sa gloire.
           Nous Le contemplons aussi sur la terre lorsque, Homme parfait, Il allait « de lieu en lieu, faisant du bien et guérissant tous ceux que le diable avait asservi à sa puissance, car Dieu était avec lui » (Act. 10 : 38). Les évangiles nous Le présentent ainsi, et lorsque nous Le voyons dans sa bonté, sa grâce, son amour déployé envers les pécheurs et les misérables, nos cœurs ne peuvent que s’attacher à sa Personne. Jésus nous montre un modèle à imiter dans notre vie de chrétien, afin que nous marchions « comme lui a marché » (1 Jean 2 : 6 ; voir 1 Pi. 2 : 21).
           Nous Le voyons encore après son ministère public envers son peuple Israël lorsque, après avoir glorifié le Père dans sa marche, dans sa vie de service, Il allait Le glorifier plus encore dans sa mort. L’œuvre de la rédemption pour laquelle le Père L’avait envoyé impliquait sa mort sacrificielle. Son entier dévouement, sa pleine obéissance, son amour infini, L’ont conduit à accomplir cette œuvre jusqu’à son complet achèvement, sur la croix, quoiqu’Il ait pu Lui en coûter.
          Lorsque nous dirigeons nos pensées sur ce Sauveur plein d’amour et cette œuvre si grande, nous réalisons que nous ne pouvons qu’entrevoir ces choses, si saintes et élevées. Mais elles peuvent occuper nos cœurs et nos pensées avec profit. Elles nous conduisent à nous prosterner dans nos cœurs et à adorer notre Sauveur et Seigneur qui, pour nous sauver du jugement que nous méritions et de la mort éternelle, a traversé, dans son amour infini, les insondables souffrances de la croix, l’abandon de son Dieu et la mort.

                  Cet amour, sans le comprendre,
                  
Nous l’adorons à genoux,
                  
Car ta croix le fit descendre
                  
Et s’abaisser jusqu’à nous.
                                
Hymnes et Cantiques n° 156 str. 5.


Suivre le Seigneur de Gethsémané à Golgotha

           Nous aimerions retracer les événements solennels des derniers instants que le Seigneur Jésus a passés sur la terre, dans la nuit « où il fut livré » (1 Cor. 11 : 23), et lors de la journée de la crucifixion qui a suivi. Nous pouvons nous appuyer sur les récits que les évangélistes inspirés nous ont donnés dans la Parole de Dieu. « L’Esprit de Dieu nous […] a donné quatre [évangiles] afin que, tous ensemble ils nous présentent l’infinie perfection de l’œuvre salvatrice de Jésus » (Cor. Bruins).
            Le Fils de Dieu s’était fait homme afin de souffrir et mourir pour la gloire de Dieu et le salut du pécheur. Et au cours des dernières heures de sa vie sur la terre, Il a souffert dans son corps, son âme, son esprit et son cœur. Le Seigneur Jésus avait dit Lui-même à ses disciples, à plusieurs reprises : « Il faut que le fils de l’homme souffre beaucoup » (Luc 9 : 22 ; …).
            Il y a trois endroits particuliers, mentionnés dans la Parole de Dieu, par lesquels Jésus est passé et dans lesquels Il a connu d’intenses souffrances physiques et morales. Il les a acceptées et endurées, car elles faisaient partie de l’œuvre merveilleuse et glorieuse de la rédemption, que son Père Lui avait donnée à accomplir. Il était venu d’auprès du Père pour « cette heure » (Jean 12 : 27, 23 ; 13 : 1 ; 17 : 1), dans laquelle Il allait devoir connaître ces ultimes moments si éprouvants et douloureux pour Lui.

            Ces trois endroits sont Gethsémané, Gabbatha et Golgotha.

            Nous allons essayer de suivre notre Sauveur et Seigneur dans cette longue et profonde nuit morale qui est tombée sur le monde, lorsque le saint Fils de Dieu, le Sauveur du monde, a été lié et conduit à la mort, « la mort de la croix » (Phil. 2 : 8). Cette nuit a commencé au soir de la Pâque des Juifs, et s’est prolongée encore après les heures sombres de la croix, jusqu’à ce que se lève l’aube d’un jour nouveau et merveilleux : celui de la résurrection du Seigneur Jésus.


Avant Gethsémané : la chambre haute

                        La dernière Pâque
            Jésus, qui savait par avance toutes les choses qui devaient Lui arriver, ayant achevé son service public au milieu de son peuple Israël, annonce à ses disciples : « Vous savez que, dans deux jours, c’est la Pâque, et le Fils de l’homme est livré pour être crucifié » (Matt. 26 : 1-2). Il envoie Pierre et Jean à la ville afin de préparer le repas pascal pour Lui et les douze (26 : 17-19 ; Marc 14 : 12-16 ; Luc 22 : 7-13).
         Le Seigneur Jésus avait à cœur de passer avec ses disciples cette dernière soirée avant d’aller jusqu’au bout de l’œuvre que son Père Lui avait donnée à faire (Jean 17 : 4), et dans laquelle Il serait seul. Aussi, « le soir étant venu » (Marc 14 : 17), « l’heure étant venue » (Luc 22 : 14), Il rassemble autour de Lui les douze disciples que Lui-même avait choisi « pour être avec lui » (Marc 3 : 14 ; Jean 15 : 16, 19), ses amis, objets de son amour (Jean 15 : 15 ; 13 : 1). Ce jeudi soir, ils sont donc autour de la table, dans une grande salle à l’étage d’une maison que Jésus avait choisie. Il dit à ses disciples : « J’ai fortement désiré (litt. : j’ai désiré avec désir) manger cette pâque avec vous avant que je souffre » (Luc 22 : 15).
           C’était la dernière Pâque (la 7ème des Écritures) avant que ce qu’elle annonçait se réalise. Ce repas avait été institué par Dieu lors de la sortie d’Égypte de son peuple Israël, environ 1520 ans plus tôt. L’agneau pascal égorgé et rôti au feu, puis mangé dans chaque maison d’Israël, préfigurait l’Agneau de Dieu. Abraham, bien longtemps auparavant, avait compris que Dieu se pourvoirait de l’Agneau pour l’holocauste, lorsque le temps serait venu (Gen. 22 : 8, 14). Cet Agneau, c’est Jésus Lui-même, qui allait donner sa vie pour délivrer les hommes de la puissance et de l’esclavage du diable qui les tenait asservis (voir Héb. 2 : 14-15).
            Au soir de la première « pâque à l’Éternel » (Ex. 12 : 27), le sang de l’agneau mis sur les poteaux et le linteau de la porte de chaque maison dans le pays de Goshen, mettait à l’abri du jugement le premier-né de chaque maison. Dieu Lui-même voyait le sang et en estimait toute la valeur pour Lui, car le sang de l’agneau pascal préfigurait « le sang précieux de Christ, comme d’un agneau sans défaut et sans tache » (1 Pi. 1 : 19), le sang de Celui qui s’est offert à Dieu dans toute la perfection de son être, une « offrande et (un) sacrifice à Dieu en parfum de bonne odeur » (Éph. 5 : 2).
         Et maintenant, après toutes ces années, cette Pâque allait s’accomplir en Jésus. Plus tard, l’apôtre Paul pourra écrire : « Car aussi notre pâque, Christ, a été sacrifiée » (1 Cor. 5 : 7b).

                        La cène du Seigneur
            Pendant qu’ils sont à table, Jésus institue le repas de la Cène, le souvenir de Lui-même et de sa mort. Il prend un pain, Il rend grâces ; puis Il rompt le pain et le donne à ses disciples en leur disant : « Ceci est mon corps qui est donné pour vous ; faites ceci en mémoire de moi ». Puis, Il prend une coupe, rend grâces à nouveau et la donne à ses disciples en leur disant : « Buvez-en tous. Car ceci est mon sang… versé pour un grand nombre en rémission de péchés » (Matt. 26 : 26-28 ; Marc 14 : 22-24 ; Luc 22 : 19-20). En participant aujourd’hui encore à ce repas, chaque premier jour de la semaine, nous avons le privilège d’annoncer la mort du Seigneur, jusqu’à ce qu’Il vienne (1 Cor. 11 : 26), dans une communion heureuse et bénie avec Lui et avec tous les membres de son corps représentés dans le pain de la Cène.

                        Les dernières paroles
          L’évangéliste Jean nous rapporte les dernières paroles, d’amour, de consolation, de paix, de joie, que le Seigneur Jésus laisse à ses disciples auxquels Il annonce qu’Il va devoir les quitter (Jean 14 à 16). Nous l’entendons ensuite prier le Père et Lui remettre ses bien-aimés qu’Il va laisser sur la terre pour le temps de son absence au ciel (ch. 17). Mais Il leur a promis de revenir les chercher pour les prendre auprès de Lui dans la maison de son Père (14 : 2-3), fruits de ses souffrances expiatoires, de sa mort, de l’œuvre de rédemption accomplie sur la croix. Combien nous Lui avons coûté ! Maintenant, nous sommes à Lui qui pour nous est mort et a été ressuscité, qui nous a achetés à un tel prix pour Dieu, par son sang (voir 1 Cor. 6 : 20 ; 2 Cor. 5 : 15 ; Apoc. 5 : 9), et tout à l’heure nous serons avec Lui pour toujours, dans la maison de son Père.
         Enfin, Jésus et ses disciples chantent une hymne à Dieu et ils sortent dans la nuit pour se rendre au mont des Oliviers, dans le jardin de Gethsémané, où Jésus avait coutume de se rendre pour prier (Matt. : 26 : 36a ; Marc 14 : 26, 32 ; Luc 22 : 39 ; Jean 18 : 1-2).


Gethsémané – L’anticipation de la croix, l’angoisse du combat

           Jésus prend avec Lui trois disciples, Pierre, Jacques et Jean (Matt. 26 : 37 ; Marc 14 : 33). Ce sont ceux qui l’avaient déjà accompagné dans la maison de Jaïrus (Marc 5 : 37 ; Luc 8 : 51) et sur la sainte montagne (Matt. 19 : 1 ; Marc 9 : 2 ; Luc 9 : 28). Dans la maison, ils avaient été les témoins de sa puissance divine en résurrection, sur la montagne ils avaient eu un aperçu de sa future gloire milléniale.
          Le Seigneur Jésus ressent profondément l’angoisse de ce qui est devant Lui et Il s’en ouvre à ses trois compagnons : « Mon âme est saisie de tristesse (profondément triste) jusqu’à la mort » (Matt. 26 : 38 ; Marc 14 : 34). Il leur demande de rester là où ils sont afin de veiller avec Lui, et de prier pour ne pas entrer en tentation (Luc 22 : 40). Mais Lui s’éloigne d’eux de la distance d’un jet de pierre environ. Alors, Il se jette à genoux contre terre, tombe sur sa face (Matt. 26 : 39 ; Marc 14 : 35 ; Luc 22 : 41) et se tourne vers son Père par la prière. Ce moment est pour Lui une véritable agonie (ce qui signifie : un combat qui précède de très près la mort), dans laquelle sa prière devient de plus en plus instante. Par trois fois Il s’adresse à son Père, « avec de grands cris et avec larmes », offrant « des prières et des supplications, à celui qui pouvait le sauver de la mort » (Héb. 5 : 7). Le psalmiste nous fait entrevoir ce qu’il y avait devant son âme sainte : « Les liens de la mort m’avaient environné, et les détresses du shéol m’avaient atteint ; j’avais trouvé la détresse et le chagrin » (Ps. 116 : 3 ; voir aussi Ps. 18 : 5-6 et 2 Sam. 22 :5-6).
          Quelle souffrance indicible pour son âme ; elle aurait pu Lui être épargnée s’Il était remonté au ciel après avoir glorifié son Père dans sa vie parfaite. Mais l’œuvre n’aurait pas été achevée. Il avait prononcé peu de temps auparavant ces belles paroles : « À moins que le grain de blé ne tombe en terre et ne meure, il demeure seul ; mais s’il meurt, il porte beaucoup de fruit » - et Il avait ensuite ajouté : « Maintenant mon âme est troublée ; et que dirai-je ? Père, délivre-moi de cette heure ; mais c’est pour cela que je suis venu, pour cette heure. Père, glorifie ton nom » (Jean 12 : 24, 27). Il savait que ses souffrances et sa mort étaient nécessaires pour la restauration de la gloire de Dieu et notre salut éternel, pour que « de nombreux fils » soient « amenés à la gloire » (Héb. 2 : 10). Et c’était ce qui était sur son cœur plein d’amour. Il était prêt à en payer l’immense prix. « L’âme sainte et pure de Christ reculait à la pensée d’être fait péché, et son cœur aimant à celle de perdre, pour un moment, la lumière de la face de Dieu » (C.H. Mackintosh).
            Les disciples, épuisés de tristesse, se sont endormis. Jésus vient les retrouver entre deux supplications à son Père, mais Il ne trouve aucun soutien de leur part : « Ainsi, vous n’avez pas pu veiller une heure avec moi » (Matt. 26 : 40, 43 ; Marc 14 : 37, 40). Comme Il est seul dans ce moment terrible pour Lui, dans lequel Il ne trouve aucune compassion, aucun consolateur (Ps. 69 : 20) ! Jésus avait devant Lui la perspective de la mort, salaire du péché (Rom. 6 : 22). Lui, Il est la vie (Jean 1 : 4 ; 14 : 5), Il en est le « Prince » (ou l’originateur - Act. 3 : 15), et Il va devoir « goûter », ressentir profondément la souffrance et l’affliction de la mort. C’est pour cela qu’Il est devenu homme, qu’Il a « été fait un peu moindre que les anges » (Héb. 2 : 9). Quel abaissement, par amour ! Á Gethsémané, Il porte cette mort en esprit devant son Père, en communion avec Lui. Il entrevoit le moment où, seul, abandonné même de son Dieu fort, Il rencontrera la colère du Dieu juste et saint contre le péché, et en portera le jugement sans merci ; ces heures où, sur la croix, Il devra boire tout entière la coupe de la colère de Dieu contre le péché, Lui, pur, innocent, « saint, exempt de tout mal, sans souillure » (Héb. 7 : 26) - mais alors « fait péché pour nous » (2 Cor. 5 : 21).
            Le Saint Esprit nous permet, par trois évangélistes, d’entendre ces prières, ces supplications, ces grands cris de Jésus, seul devant son Père dans le jardin de Gethsémané. Son angoisse était telle, dans ce combat terrible, que sa sueur coulait en terre « comme des grumeaux de sang », et qu’un ange est venu fortifier cet homme parfait (Luc 22 : 43-44) :
                - Matthieu 26 : « Mon Père, si c’est possible, que cette coupe passe loin de moi ; toutefois, non pas comme moi je veux, mais comme toi tu veux » (v. 39). Puis : « Mon Père, s’il n’est pas possible que ceci passe loin de moi sans que je le boive, que ta volonté soit faite » (v. 42) ; et enfin, une troisième fois, Il prononce les mêmes paroles.
                - Marc 14 : « Abba, Père, pour toi, tout est possible ; fais passer cette coupe loin de moi ; toutefois non pas ce que je veux, moi, mais ce que tu veux, toi ! » (v. 36). Il répète ces mêmes paroles encore deux fois.
                - Luc 22 : « Père, si tu voulais faire passer cette coupe loin de moi ! Toutefois, que ce ne soit pas ma volonté mais la tienne qui soit faite » (v. 42). Dans ces instants, un ange du ciel vient pour fortifier l’homme parfait dans son angoisse extrême, telle que sa sueur coule sur la terre comme des grumeaux de sang (v. 43-44).

             Enfin, Jésus revient vers ses disciples et leur dit : « Dormez dorénavant et reposez-vous » (Matt. 26 : 45 ; Marc 14 : 21). Parfait Sauveur ! Il a triomphé dans le combat de la prière à Gethsémané (dont le nom signifie : le pressoir à huile…). L’homme parfait s’est soumis à la volonté parfaite de Dieu et Il a accepté de prendre la terrible coupe de la part de son Père (Jean 18 : 11), en pleine communion avec Lui. Il peut maintenant rassurer pleinement ses disciples pour lesquels Lui va souffrir et donner sa vie. Il n’y a pas eu de repos pour Lui sur la croix (Ps. 22 : 3b) afin que ceux qui croient en Lui connaissent un repos assuré et permanent, dans la pleine valeur de son œuvre accomplie.
        À peine sa prière est-elle terminée que Judas, accompagné de soldats, d’huissiers envoyés par les principaux sacrificateurs et des anciens du peuple, et d’une grande foule, arrive au jardin. Des épées luisent à la lueur des flambeaux, des bâtons se dressent… fallait-il toute cette démonstration de force et tout ce monde, pour s’emparer d’un seul homme dont la grâce et la douceur sont connues de tous et qui s’avance Lui-même au-devant de cette foule haineuse ?
         Judas s’empresse d’aller vers Jésus et « livre le Fils de l’homme par un baiser » (Luc 22 : 48). C’était le signe convenu avec les soldats afin qu’ils reconnaissent celui dont ils doivent s’emparer (Marc 14 : 44-45). « Ami, pourquoi es-tu venu ? », lui dit Jésus (Matt. 26 : 50) - ultime appel à la conscience de celui qui avait été son disciple pendant un peu plus de trois ans et qui Le livre pour seulement 30 pièces d’argent (Matt. 26 : 15 ; voir Zach. 11 : 12-13). C’est une souffrance supplémentaire pour le cœur du Seigneur : « Même mon intime ami, en qui je me confiais, qui mangeait mon pain, a levé le talon contre moi » (Ps. 41 : 10 ; voir Ps. 55 : 13-14). Le pauvre Pierre, n’ayant pas compris que « l’heure » des méchants et du « pouvoir des ténèbres » était venue (Luc 22 : 53), voulant venir au secours de son Maître, use maladroitement de son épée et coupe l’oreille de Malchus, l’esclave du souverain sacrificateur (Matt. 26 : 51 ; Marc 14 : 47 ; Luc 22 : 49-50 ; Jean 18 : 10). Aussitôt Jésus le guérit, accomplissant encore un ultime miracle de grâce (Matt. 26 : 51).
            Jésus s’avance au-devant de la foule agressive : « Qui cherchez-vous ? » (Jean 18 : 4). Il domine toute cette scène par un calme divin. Ils veulent s’emparer de cette Personne divine qu’ils connaissent seulement comme « Jésus le Nazaréen », l’homme méprisé (Jean 1 : 46), mais ils ne peuvent se saisir de Lui que lorsque Lui-même s’avance pour cela - Il « s’est livré lui-même pour nous » dans son amour immense (Éph. 5 : 2). Ainsi, Celui qui leur répond « C’est moi », c’est l’éternel JE SUIS d’Exode 3 : 14. À plusieurs reprises, Il s'était présenté aux Juifs sous ce titre glorieux (Jean 8 : 24, 28, 58), et devant le Conseil des anciens du peuple Il rendra encore témoignage par cette parole qu’Il était le Fils de Dieu (Luc 22 : 70). Devant le Fils de Dieu, tous reculent et tombent par terre. Personne ne pouvait se saisir de Lui. Il devait donner sa vie, car Il avait reçu ce commandement de son Père et Il était pleinement soumis et obéissant, mais ce n’était pas les hommes qui allaient la Lui prendre ; Il allait la laisser de Lui-même, en obéissance et soumission au commandement de son Père, comme Il l’avait dit : « À cause de ceci le Père m’aime, c’est que moi je laisse ma vie afin que je la reprenne. Personne ne me l’ôte, mais moi, je la laisse de moi-même ; j’ai le pouvoir de la laisser, et j’ai le pouvoir de la reprendre : j’ai reçu ce commandement de mon Père » (Jean 10 : 17-18).
           Par cette parole : « Si donc c’est moi que vous cherchez, laissez aller ceux-ci ! » (Jean 18 : 8-9), Il se livre Lui-même, volontairement. « Dans la pleine connaissance de tout ce qui était devant Lui, de ce qu’était la coupe que le Père Lui avait donnée et qu’Il avait acceptée de sa main, dans toute l’énergie de son amour pour le Père, pour les siens, Il s’est avancé Lui-même » (P.Ér. Fuzier). Il met à l’abri ceux que son Père Lui avait donnés (voir Jean 17 : 6, 12) : aucun d’eux ne sera perdu, ils seront tous sauvés par l’œuvre expiatoire que Lui seul pouvait accomplir, et qu’Il devait accomplir seul. Sans opposer aucune résistance, sans dire un mot pour se défendre, Il se laisse lier, Lui, le Fils de Dieu, et emmener par les soldats, le commandant et les gardes des Juifs. Le prophète Ésaïe l’avait annoncé, par des paroles qui étreignent nos cœurs : « Il a été amené comme un agneau à la boucherie, et a été comme une brebis muette devant ceux qui la tondent ; et il n’a pas ouvert sa bouche » (És. 53 : 7).
           Voyant leur Maître pris, les disciples « le laissèrent et s’enfuirent » (Matt. 26 : 56 ; Marc 14 : 50). Jésus le leur avait dit à l’avance : « Voici l’heure vient, et elle est venue, où vous serez dispersés chacun chez soi et où vous me laisserez seul ». Seul le Père est avec Lui, dans la communion duquel Il se trouve toujours en ces instants (Jean 16 : 32).
         Pierre suit de loin ; une servante qui connaissait Jean le laissera entrer dans la cour du palais du souverain sacrificateur (Jean 18 : 15-16). Le pauvre Pierre, loin de son Seigneur, se tient dans la compagnie des méchants (voir Ps. 1 : 1 ; 26 : 4-5). Il va renier son Maître par trois fois, comme Jésus le lui avait annoncé (Matt. 26 : 34-35, 69-75 ; Marc 14 : 29-31, 66-71 ; Luc 22 : 31-34, 56-60). Mais « le Seigneur, se retournant, regarda Pierre ». Le regard plein d’amour du Seigneur pour son malheureux disciple va le transpercer, et il quittera ce triste lieu en pleurant amèrement (Luc 22 : 60-61 ; voir encore Matt. 26 : 75 ; Marc 14 : 72), rempli d’une tristesse qui opérera en lui « une repentance salutaire » (2 Cor. 7 : 10).


Ph. Fuzier – janvier 2026

À suivre (dimanche prochain)