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JÉRÉMIE ET SA PROPHÉTIE (3)

(Brefs commentaires sur quelques passages du livre de Jérémie)

 

Le fidèle messager menacé de mort

           L’Éternel attend encore que Juda se repente et Il demande à son serviteur de rapporter soigneusement le message qu’Il lui confie : « Tiens-toi dans le parvis de la maison de l’Éternel, et dis à toutes les villes de Juda, qui viennent pour se prosterner dans la maison de l’Éternel, toutes les paroles que je t’ai commandé de leur dire ; n’en retranche pas une parole. Peut-être qu’ils écouteront, et qu’ils reviendront chacun de sa mauvaise voie ; et je me repentirai du mal que je pense à leur faire à cause de l’iniquité de leurs actions. Et tu leur diras : Ainsi dit l’Éternel : Si vous ne m’écoutez pas, pour marcher dans ma loi que j’ai mise devant vous, pour écouter les paroles de mes serviteurs, les prophètes que je vous envoie, me levant de bonne heure et les envoyant, – mais vous ne les avez pas écoutés – je rendrai cette maison comme Silo, et je livrerai cette ville pour être une malédiction à toutes les nations de la terre » (Jér. 26 : 2-6).
            Nous voyons clairement ici le premier but de Dieu lorsqu’Il envoie ses prophètes vers son peuple. Il lui tend les bras. Le jugement est « son œuvre étrange » (És. 28 : 21). « La miséricorde s’élève au-dessus du jugement » (Jac. 2 : 13). Dieu ne prend pas plaisir à la mort du pécheur. « N’est-ce pas plutôt à ce qu’il se détourne de ses voies, et qu’il vive ? » (Ézé. 18 : 23). Il déclare son nom : « L’Éternel, l’Éternel ! Dieu, miséricordieux et faisant grâce, lent à la colère, et grand en bonté et en vérité, gardant la bonté envers des milliers de générations, pardonnant l’iniquité, la transgression et le péché, et qui ne tient nullement celui qui en est coupable pour innocent, et qui, pour l’iniquité des pères, fait rendre des comptes aux fils et aux petits-fils, jusqu’à la troisième et la quatrième génération ! » (Ex. 34 : 6-7).
           Mais les hommes méchants – particulièrement les chefs du peuple, les sacrificateurs et les prophètes – craignaient de perdre leur place et leur influence sur le peuple ; ils préféraient mettre à mort le messager de Dieu plutôt que d’écouter son message. C’est pourquoi ils se sont saisis de Jérémie, prêts à le tuer ; ils l’auraient fait si les princes n’étaient pas intervenus. Il n’y a rien là de nouveau. Les princes rappellent le cas d’Urie, prophète comme Jérémie, qui avait fui en Égypte mais que Jehoïakim envoya chercher et ramena pour le tuer, parce qu’il avait parlé contre Jérusalem et contre Juda. On peut citer bien d’autres cas semblables, dans la Parole de Dieu et au cours de l’histoire. Pensons aux principaux sacrificateurs et aux pharisiens qui ont dit au sujet de notre Seigneur : « Si nous le laissons continuer ainsi, tous croiront en lui, les Romains viendront, et ils détruiront et notre lieu et notre nation » (Jean 11 : 48). De même, Étienne a fait face à des accusations analogues.
            Aujourd’hui, Dieu envoie encore ses serviteurs pour supplier les hommes qu’Il veut sauver, et non pas condamner (2 Cor. 5 : 20). Voulons-nous être attentifs à sa voix ?


Avertissement aux faux prophètes

           Un bon nombre de mauvais prophètes sont mentionnés par leur nom dans la Parole de Dieu, et plusieurs d’entre eux comme étant des adversaires de Jérémie.
          « La parole de l’Éternel vint à Jérémie disant : …Ainsi dit l’Éternel concernant Shemahia, le Nékhélamite : Parce que Shemahia vous a prophétisé sans que moi je l’aie envoyé, et parce qu’il vous a fait mettre votre confiance dans un mensonge ; à cause de cela, ainsi dit l’Éternel : Voici, je punirai Shemahia, le Nékhélamite, et sa descendance ; il n’aura pas un homme qui habite parmi ce peuple, et il ne verra pas le bien que je fais à mon peuple, car il a parlé de révolte contre l’Éternel » (Jér. 29 : 31-32).
       Shemahia avait envoyé des lettres attaquant Jérémie et sa prophétie ; il réclamait qu’il soit mis « au pilori et au carcan » (v. 26). Dieu dit qu’il « a parlé de révolte contre l’Éternel ». Il a poussé Juda à se confier au mensonge. Dieu ne l’avait pas envoyé. À cause de cela, il sera sévèrement puni.
        Deux autres hommes méchants sont mentionnés dans ce chapitre 29 : Achab, fils de Kolaïa, et Sédécias, fils de Maascéia (v. 21). Immoraux dans leur vie personnelle, ils prophétisaient le mensonge, au nom de l’Éternel, aux captifs de Babylone ; ils leur faisaient miroiter des perspectives contraires à ce que Dieu annonçait par son prophète Jérémie. Dieu les livra au roi de Babylone qui les mettra à mort d’une façon exemplaire.
          Au chapitre 28, Hanania, fils d’Azzur, avait eu l’audace de contredire ce que l’Éternel avait clairement dit à Jérémie. L’Éternel châtia cette rébellion ouverte et publique par la mort d’Hanania deux mois plus tard (v. 17).
           Le Seigneur prend très au sérieux tout ce que nous prétendons dire et faire en son saint Nom. Il est parfaitement au courant de tous les détails de notre manière de vivre, des penchants et des attitudes de nos cœurs. À maintes reprises, Il nous appelle à être saints. Il nous dit, par exemple : « Soyez saints dans toute votre conduite, parce qu’il est écrit : Soyez saints, car moi je suis saint » (1 Pi. 1 : 15-16). Pierre désigne les prophètes par lesquels Dieu nous a donné l’Ancien Testament comme « de saints hommes de Dieu » (2 Pi. 1 : 21). L’apôtre Paul recommande à Timothée d’être « le modèle des fidèles, en parole, en conduite, en amour, en foi, en pureté » (1 Tim. 4 : 12). Appliquons-nous à être obéissants, des instruments sanctifiés, utiles au Maître !


L’amour éternel de Dieu

            « L’Éternel m’est apparu de loin et m’a dit : Je t’ai aimée d’un amour éternel ; c’est pourquoi je t’attire avec bonté. Je te bâtirai encore, et tu seras bâtie, vierge d’Israël ! Tu te pareras encore de tes tambourins, et tu sortiras dans la danse de ceux qui se réjouissent. Tu planteras encore des vignes sur les montagnes de Samarie » (Jér. 31 : 3-5).
            Au fur et à mesure que nous étudions les prophètes, nous découvrons l’amour de Dieu envers son peuple défaillant. Nous pouvons facilement être lassés par le récit des épreuves douloureuses de Jérémie, le prophète de Dieu, celui qu’on appelle souvent « le prophète qui pleure ». Quelle tristesse pour Dieu de voir son peuple marcher selon sa propre volonté obstinée et dans le péché de rébellion ! Tout comme un père avec ses enfants, Dieu ne prend aucun plaisir à employer le bâton pour corriger, bien que cela puisse être quelquefois absolument nécessaire.
            Dieu n’agit pas à l’aveuglette. Il n’est pas pressé et Il ne se lasse jamais. Il ne connaît pas d’imprévus. Ce qu’Il avait prévu à l’égard d’Israël, son peuple terrestre, remonte à la fondation du monde (Matt. 25 : 34). Ses plans à l’égard des siens de la période actuelle de la grâce remontent plus loin encore, avant la fondation du monde (Éph. 1 : 4). Tout s’accomplira. « En lui (le Fils de Dieu, Jésus Christ) est le oui et en lui l’amen » (2 Cor. 1 : 20).
            Dieu prend plaisir à communiquer ses plans à ses enfants, pour leur joie et leur bénédiction. Nous trouvons dans le Nouveau Testament que tout a été assuré grâce à l’œuvre par laquelle le Seigneur Jésus a glorifié son Père.
            Le jour viendra où la gloire et la grandeur de ses conseils seront pleinement révélées. Mais ici, dans les Prophètes, Dieu expose déjà ce que, dans son amour, Il va faire pour son peuple. Il le lui dit pour qu’il puisse se réjouir avec espérance. Sa Parole demeurera à toujours !
         Au chapitre 32 de Jérémie, au moment où Jérusalem est assiégée pour la dernière fois, l’Éternel dit à Jérémie d’acheter un champ en vue de ce prochain jour de bénédiction. Puissions-nous également non seulement croire la Parole de Dieu, mais aussi agir en conséquence !


Sédécias, un roi manquant de l’énergie de la foi

          Dieu avait commandé aux fils d’Israël de rendre la liberté à leurs serviteurs hébreux après six années de service (voir Ex. 21 : 2) Depuis des centaines d’années, Israël avait négligé d’observer cette loi ; mais dans un temps d’urgence nationale, le roi Sédécias commande soudain à son peuple de l’appliquer, « que chacun renvoie libre son serviteur, et chacun sa servante, homme ou femme hébreux » (Jér. 34 : 9). Ils le font : « Et tous les princes et tout le peuple qui étaient entrés dans ce pacte écoutèrent... » (v. 10). Mais leur obéissance ne sera que de courte durée. Ils reviennent bientôt en arrière et obligent leurs serviteurs à revenir à leur ancienne condition d’esclavage : « ils firent revenir les serviteurs et les servantes qu’ils avaient renvoyés libres et les assujettirent pour être serviteurs et servantes » (v.11).
           Combien de fois avons-nous fait de même ? Sous la pression des difficultés, voulant tourner la page, nous avons fait des promesses à Dieu. Nous avons recommencé à aller aux réunions ; nous avons encore fait d’autres choses en pensant que Dieu pourrait ainsi nous être favorable. C’est certainement toujours une bonne chose de faire ce qui est juste. Cependant Dieu qui connaît nos cœurs n’est pas aveugle et on ne peut pas Le payer pour qu’Il nous laisse faire notre propre volonté. Et quand nous n’avons pas obtenu par nos efforts les résultats rapides que nous en attendions, ne nous sommes-nous pas souvent et rapidement relâchés pour reprendre nos anciennes habitudes ? Une telle dissimulation ne peut pas tromper Dieu ! Dieu a en horreur l’hypocrisie. Il tient compte de nos paroles, surtout lorsqu’elles sont prononcées solennellement devant Lui. Dieu nous dit : « Quand tu auras fait un vœu à Dieu, ne tarde pas à t’en acquitter ; car il ne prend pas plaisir aux sots ; ce que tu auras promis, accomplis-le. Mieux vaut que tu ne fasses pas de vœu, que d’en faire un et de ne pas l’accomplir » (Ecc. 5 : 3-4).
           N’étant plus sous la loi, nous n’avons pas à faire de vœux, mais Dieu désire toujours que nous soyons vrais devant Lui, et que nos actes correspondent à nos paroles. Il veut aussi que nous obéissions « de cœur » (Rom. 6 : 17), et non en vue de nos « propres intérêts » (Phil. 2 : 21).


L’obéissance des fils de Récab récompensée

           Les Récabites mentionnés dans le chapitre 35 de Jérémie étaient des Kéniens qui, longtemps auparavant, s’étaient séparés des Amalékites et étaient venus vivre parmi les Israélites. Quelque 300 ans plus tôt, Jonadab avait commandé à ses fils de rester fidèles à leur statut d’étrangers dans le pays. Ils ne devaient pas boire de vin, ni bâtir de maisons, ni semer de semence, ni planter de vignes. Ils devaient plutôt vivre dans des tentes. C’est l’image, pour les chrétiens, de leur position d’étrangers dans ce monde : ils se gardent de s’y installer et de goûter à ses plaisirs.
        Au fils des années, les Récabites avaient vécu en gardant fidèlement le commandement de leur ancêtre. C’est seulement quand le pays a été menacé par l’armée de Nebucadnetsar qu’ils sont venus habiter à Jérusalem. Ils refusent alors le vin offert par Jérémie. L’Éternel les loue pour leur fidélité à garder le commandement de Jonadab : « Les paroles de Jonadab, fils de Récab, qu’il a commandées à ses fils, de ne pas boire de vin, ont été observées, et ils n’en ont pas bu jusqu’à ce jour ; car ils ont écouté le commandement de leur père » (Jér. 35 : 14). Dieu promet de les préserver et de les récompenser : « Parce que vous avez écouté le commandement de Jonadab, votre père, et que vous avez observé tous ses commandements et avez fait selon tout ce qu’il vous a commandé ; à cause de cela, ainsi dit l’Éternel des armées, le Dieu d’Israël?: Jonadab, fils de Récab, ne manquera jamais d’un homme qui se tienne devant moi » (v. 18-19).
         Dans sa patience, Dieu avait souvent envoyé des prophètes à son peuple : « Et je vous ai envoyé tous mes serviteurs les prophètes, me levant de bonne heure et les envoyant, disant?: Revenez donc chacun de sa mauvaise voie, et amendez vos actions, et n’allez pas après d’autres dieux pour les servir, et vous habiterez sur la terre que j’ai donnée à vous et à vos pères » (v. 15). Mais Israël n’avait pas écouté ces messagers. Ils n’avaient pas maintenu leur séparation pour l’Éternel. Dieu fait ressortir avec tristesse le contraste frappant entre eux et les Récabites.
           Et qu’en est-il de nous ? Dieu s’attend à ce que son peuple vive, aujourd’hui aussi, séparé du monde. Agissons-nous ainsi, ou bien sommes-nous des chrétiens installés dans le monde et associés à tous ses plaisirs ? Au cours de ce dernier siècle, on a pu constater un grand déclin dans les critères moraux. Encourageons-nous à écouter la voix de Dieu et à faire exception à la tendance générale !


Jehoïakim coupe et brûle le rouleau

            « Le roi était assis dans la maison d’hiver, au neuvième mois ; et le brasier brûlait devant lui. Et il arriva que, quand Jehudi en eut lu trois ou quatre pages, le roi le coupa avec le canif du scribe et le jeta au feu qui était dans le brasier, jusqu’à ce que tout le rouleau soit consumé au feu qui était dans le brasier. Et ils ne craignirent pas, et ne déchirèrent pas leurs vêtements, ni le roi ni tous ses serviteurs qui entendirent toutes ces paroles » (Jér. 36 : 22-24).
          Le rouleau mentionné ici était celui sur lequel Baruc, le secrétaire de Jérémie, avait écrit « de la bouche de Jérémie… toutes les paroles de l’Éternel, qu’il lui dit » (v. 4). Il avait été lu d’abord au peuple de Juda rassemblé dans le temple au jour du jeûne. Puis il avait été lu aux princes de Juda, à leur demande (v. 14-15). Et maintenant il était lu au roi Jehoaïkim en présence de tous ses princes. Dieu s’adressait solennellement à Juda « afin qu’ils reviennent chacun de sa mauvaise voie », et qu’Il « leur pardonne leur iniquité et leur péché » (v. 3).
            L’attitude insolente et méprisante de ce méchant roi n’est qu’un exemple typique de la façon dont certains hommes impies ont traité Dieu et sa Parole au cours des siècles. En Égypte, le Pharaon en colère s’était écrié : « Qui est l’Éternel pour que j’écoute sa voix et que je laisse aller Israël ? Je ne connais pas l’Éternel et je ne laisserai pas non plus aller Israël » (Ex. 5 : 2). Dans leur haine contre la vérité de Dieu, ceux qui persécutaient les chrétiens ont fait des feux de joie en brûlant des Bibles en public, tandis que beaucoup d’autres ont manqué de respect pour la Parole de Dieu, comme par exemple en déchirant une à une les pages de Nouveaux Testaments pour rouler leurs cigarettes.
          Dieu aura toujours le dernier mot ! Il a dit à Jérémie et à Baruc d’écrire sur un autre rouleau les paroles qui étaient sur celui qui avait été brûlé, « et il y fut encore ajouté beaucoup de paroles semblables » (v. 32). Jehoïakim devait connaître une fin des plus misérables, selon la parole de l’Éternel (voir 2 Chr. 36 : 6). La Parole de Dieu demeure à toujours !


Le dévouement d’Ébed-Mélec pour délivrer Jérémie

            Pendant une courte accalmie dans le siège de Jérusalem, Jérémie a essayé de quitter la ville pour rejoindre sa ville natale dans le pays de Benjamin. Accusé de déserter, il est emprisonné. Le roi Sédécias, faible et indécis, cède ensuite aux fortes pressions de ses princes ; ils jettent le prophète dans une fosse boueuse. « Et ils prirent Jérémie et le jetèrent dans la fosse… et il n’y avait pas d’eau dans la fosse, mais de la boue, et Jérémie enfonça dans la boue » (Jér. 38 : 6).
            Ébed-Mélec, un serviteur éthiopien, fait remarquer au roi la situation tragique de Jérémie et obtient la permission de tirer le prophète de la boue où il est englué. « Ébed-Mélec prit les hommes sous ses ordres, et alla dans la maison du roi… Et il prit de là de vieux lambeaux d’étoffes et de vieux haillons, et les descendit avec des cordes à Jérémie dans la fosse ; et Ébed-Mélec, l’Éthiopien, dit à Jérémie : Mets ces vieux lambeaux et ces haillons sous les aisselles de tes bras, sous les cordes. Et Jérémie fit ainsi. Et ils tirèrent Jérémie dehors avec les cordes, et le firent monter hors de la fosse » (v. 11-13). Dieu attire notre attention sur la prévenance et la compassion avec lesquelles Ébed-Mélec accomplit cette tâche. Avec soin, il fait parvenir des lambeaux de douces étoffes à Jérémie, pour lui éviter de graves blessures quand il sera tiré de la boue au moyen de cordes rudes. Plus tard, Dieu préservera la vie d’Ébed-Mélec lors de la chute de Jérusalem (39 : 17-18).
            Dieu retient toujours non seulement ce que nous faisons, mais aussi la façon dont nous le faisons. Au milieu des Thessaloniciens, l’apôtre Paul était plein de douceur, « comme une nourrice chérit ses propres enfants » (1 Thes. 2 : 7). Il exhorte les Corinthiens « par la douceur et la bonté du Christ » (2 Cor. 10 : 1). Il préférait venir vers eux, ses enfants bien-aimés, « avec amour et un esprit de douceur », plutôt qu’avec le « bâton » (1 Cor. 4 : 14, 21). Dans toute la Parole de Dieu, nous trouvons ainsi de nombreux exemples où nous pouvons voir l’attitude et la manière de faire de Christ.


D’après E. P. Vedder - « Le Seigneur est proche » – année 2014

À suivre