Les croyants dans le monde (2)
La semaine dernière, nous avons vu trois points essentiels concernant les croyants dans le monde :
- ils auront à y connaître la haine du monde (Jean 17 : 14) ;
- ils auront besoin de toute la puissance divine pour être gardés du mal qui caractérise le monde (v. 15-17) ;
- ils ont à être les témoins de Christ dans le monde (v. 18).
Considérons aujourd’hui l’attitude du Seigneur Jésus relativement au monde dans le récit de Jean 7.
L’exemple du Seigneur Jésus (Jean 7)
Il s’agit là d’un monde à caractère religieux, entièrement éloigné de Dieu. Ce récit illustre de façon admirable plusieurs points dont nous avons été occupés. Le Seigneur nous donne l’exemple parfait.
« La fête des Juifs, celle des tabernacles, était proche » (v. 2). Cette fête annuelle de sept jours, que Dieu avait instituée autrefois pour son peuple terrestre, rassemblait une grande foule à Jérusalem. Excellente occasion, pensent les frères de Jésus, pour qu’Il montre publiquement ce qu’Il est capable de faire. Encore incrédules à ce moment-là, entièrement étrangers à la pensée de Jésus, ils Lui disent : « Pars d’ici et va en Judée, afin que tes disciples voient, eux aussi, les œuvres que tu fais ; car personne n’agit en secret, et cherche lui-même à être publiquement connu. Si tu fais ces œuvres, manifeste-toi au monde » (v. 3-4). C’est l’esprit du monde, aujourd’hui comme autrefois. On encourage les champions de toute nature, on les acclame ; ils font l’admiration des foules. C’est l’épanouissement de ce que l’apôtre Jean appelle « l’orgueil de la vie » (1 Jean : 2 : 16). Le Seigneur reste absolument à l’écart de tout cela. Il répond à ses frères : « Mon temps n’est pas encore venu, mais votre temps est toujours prêt. Le monde ne peut pas vous haïr ; mais il me hait, parce que moi je rends témoignage à son sujet que ses œuvres sont mauvaises. Vous, montez à cette fête ; moi, je ne monte pas à cette fête, car mon temps n’est pas encore accompli » (v. 6-8). Le jour de la gloire publique du Seigneur était - et il est encore - à venir. Il apportera avec Lui le jugement du monde. Maintenant, c’est encore le temps de la grâce, le temps de la repentance.
Ayant dit cela, le Seigneur demeure en Galilée, tandis que ses frères montent à Jérusalem. Mais un peu plus tard, « lui aussi monta à la fête, non pas publiquement, mais comme en secret » (v. 10). Il y monte, non pas pour participer à la fête, ni pour s’y faire admirer, mais pour y rendre témoignage. Dans sa parfaite sagesse, Il commence son service de façon effacée.
« Comme on était déjà au milieu de la fête, Jésus monta au temple, et il enseignait » (v. 14). Il se montre alors en public et Il enseigne ceux qui veulent bien L’écouter. Ses paroles suscitent des questions, de l’opposition, de la contestation, mais Jésus persévère fidèlement. « Alors qu’il enseignait, Jésus s’écria dans le temple... » (v. 28).
« En la dernière journée, la grande journée de la fête, Jésus se tint là, et il cria : Si quelqu’un a soif, qu’il vienne à moi, et qu’il boive. Celui qui croit en moi, comme l’a dit l’Écriture, des fleuves d’eau vive couleront de son ventre. (Or il disait cela de l’Esprit qu’allaient recevoir ceux qui croyaient en lui...) » (v. 37-39). Le moment était venu de se montrer clairement au monde, non pour se faire admirer des foules, mais pour faire retentir l’appel de la grâce divine.
Quel enseignement pour nous ! S’il y a, comme dit l’Ecclésiaste, « une saison pour tout, et... un temps pour toute affaire sous les cieux... un temps de se taire, et un temps de parler » (3 : 1-7), il en est ainsi aussi dans notre relation avec le monde. Il y a le temps où nous devons aller dans le monde pour y rendre témoignage, et il y a le temps où nous devons retenir nos pieds d’aller dans le monde. Mais dans tous les cas, notre relation avec le monde doit être marquée par la séparation morale et spirituelle.
Dans la dernière journée de la fête des tabernacles, le Seigneur fait retentir son appel à haute voix. Ce qu’Il dit a pour seul but de toucher des cœurs. Quelques-uns sont remués, peut-être à salut. Ils disent : « Celui-ci est véritablement le Prophète » ou : « Celui- ci est le Christ », tandis que d’autres contestent (v. 40-42). Les huissiers même, envoyés par les chefs religieux pour Le prendre, reviennent sans L’avoir saisi. Ils s’expliquent : « Jamais homme n’a parlé comme cet homme » (v. 46).
Dans son entretien avec la Samaritaine, le Seigneur avait parlé de « l’eau vive » qui désaltère l’âme. « Celui qui boira de l’eau que je lui donnerai, moi, n’aura plus soif, à jamais ; mais l’eau que je lui donnerai sera en lui une fontaine d’eau jaillissant en vie éternelle » (4 : 14). Ici le Seigneur offre aussi à celui qui a soif ce qui désaltère, mais Il fait un pas de plus. Faisant allusion à l’Esprit que recevront ceux qui croient en Lui, Il parle de « fleuves d’eau vive » qui découleront d’eux. Non seulement ils seront eux-mêmes désaltérés, mais, par la puissance de l’Esprit agissant en eux, ils pourront transmettre le message du Sauveur à d’autres, et les conduire à Lui.
D’après J-A Monard