bible-notes.org

LE LIVRE DU PROPHÈTE JOËL  (ch. 1)


INTRODUCTION
PLAN DU LIVRE DE JOËL
CHAPITRE PREMIER - Une désolation sans précédent
          1. L’invasion de sauterelles et l’avertissement (v. 1-12)
          2. Un vibrant appel (v. 13-14)
          3. Le jour de l’Éternel (v. 15-20)
 

INTRODUCTION

            « Joël » signifie : « L’Éternel est Dieu ». Ce nom correspond au but du message que l’Éternel lui a confié : amener le peuple d’Israël à reconnaître que « moi, l’Éternel, je suis votre Dieu » (2 : 27 ; 4 : 17) et à en jouir pleinement. Joël s’adresse aux Juifs à Jérusalem, et annonce à la fois le jugement du « grand jour de l’Éternel » (expression mentionnée cinq fois dans ce livre : 1 : 14 ; 2 : 1, 11 ; 3 : 4 ; 4 : 14) et la délivrance finale de Juda et Jérusalem et d’Israël. La prophétie a été donnée à l’occasion d’une grande famine due à l’invasion d’une nuée de sauterelles qui ont détruit toute la végétation. Mais elle ne mentionne ni personnage ni événement contemporain qui pourrait permettre d’en fixer la date.
            Le prophète avertit solennellement les Juifs que les armées destructrices de l’Assyrien, celui qui vient du Nord, vont envahir le pays. Il les invite à jeûner, à s’humilier et à supplier. Peut-être l’Éternel se laissera-t-il fléchir et épargnera-t-il son peuple ?
        Historiquement l’invasion de l’Assyrien s’est produite au temps d’Ézéchias (2 Rois 17-19). Elle a entraîné la déportation des dix tribus qui constituaient alors le royaume d’Israël dont la capitale était Samarie. Le royaume de Juda (les tribus de Juda et Benjamin) a été en partie envahi, Jérusalem assiégée, mais les armées assyriennes ont été frappées par un ange de l’Éternel et Sankhérib, roi d’Assyrie, a dû se retirer.
            Une centaine d’années plus tard, l’Assyrie était vaincue par les Chaldéens de Babylone. Le livre de Nahum annonce la destruction de Ninive, la capitale de l’Assyrie.
            La prophétie de Joël a une portée qui est encore future. Comme plusieurs autres prophéties, elle montre qu’au temps de la fin, après la destruction de l’empire des nations (sous sa dernière forme : l’empire romain reconstitué), l’Assyrien reparaîtra comme le grand ennemi qui cherchera à détruire Israël au moment où Christ sera sur le point d’établir son règne ; la destruction de l’Assyrien sera un fait majeur parmi les jugements, qui, au « jour du Seigneur » précéderont l’établissement du règne de Christ.
            L’Éternel annonce qu’Il délivrera les Juifs par la destruction de leur grand ennemi et qu’il rétablira la prospérité. Cette promesse se réalisera dans la bénédiction finale des Juifs (et d’Israël) sous le règne de Christ.
            Mais certaines expressions ont trouvé un accomplissement partiel dans la venue de l’Esprit Saint à la Pentecôte et la prédication de l’évangile comme le montrent les apôtres Pierre et Paul (Act. 2 : 17-21 ; Rom. 10 : 13).
            La certitude des jugements divins sur notre civilisation nous engage à avertir nos contemporains et à revenir nous-mêmes vers Dieu de tout notre cœur, « car il est plein de grâce et miséricordieux » (Joël 2 : 13).


PLAN DU LIVRE DE JOËL

            1 - Une désolation sans précédent : ch. 1
                    1. L’invasion de sauterelles (v. 1-12)
                    
2. Un vibrant appel (v. 13-14)
                    
3. Le jour de l’Éternel (v. 15-20)

            2 - Le grand jour de l’Éternel : ch. 2
                    1. La trompette sonne pour la guerre (v. 1-14)
                 
2. La trompette sonne pour le jeûne, l’humiliation et la supplication (v. 15-17) 3. La réponse de l’Éternel (v. 18-27)

            3 - Des promesses et des signes : ch. 3
                    1. L'Esprit de Dieu répandu sur toute chair (v. 1-2)
                    
2. Les signes dans le ciel et sur la terre (v. 3-4)
                    
3. Quiconque invoquera le nom de l'Éternel sera sauvé (v. 5)

            4 - Les derniers jours : ch. 4
                    1. Le jugement des nations (v. 1-17)
                    
2. La bénédiction finale d’Israël (v. 18-21)


CHAPITRE PREMIER - Une désolation sans précédent

            La prophétie est « la parole de l’Éternel » (v. 1) ; elle a été donnée par le moyen de Joël, fils de Pethuel, sans que rien ne soit ajouté pour situer le prophète et le moment où il a parlé. Cela donne à son message un caractère particulièrement grave pour tous les temps. Il faut attendre le début du chapitre 2 pour savoir qu’il s’adresse aux habitants de Jérusalem et de Juda.

                        1. L’invasion de sauterelles et l’avertissement (v. 1-12)

            Jamais, de mémoire d’homme, on n’a entendu parler d’une telle invasion de sauterelles. Les vieillards peuvent l’attester et ce sont eux d’abord, les plus responsables, qui doivent comprendre que ce n’est pas une simple conjoncture, mais un avertissement que Dieu envoie. Ils doivent le dire aux générations suivantes.
            Toute la végétation a été détruite par les quatre vagues successives de ces insectes. Les mots hébreux du verset 4 traduits par « chenille », « sauterelle », « locuste », « criquet » dans la version J.N. Darby désignent peut-être les états successifs de la métamorphose de l’insecte (notamment les deux premiers), ou différentes variétés de sauterelles. Les invasions de sauterelles peuvent dévorer toute plante verte sur des milliers d’hectares, en laissant le sol comme brûlé.
            Ce cataclysme a entraîné une grande pénurie. Le prophète interpelle vivement les ivrognes, et leur enjoint de se réveiller de l’effet abrutissant du vin. Ils doivent se lamenter car la source de leur plaisir a été détruite.
            Cinq fois, ce chapitre parle de lamentations, celle des sacrificateurs (v. 5), celle du pays (v. 8-10), et celle des laboureurs (v. 11). L’ivrognerie est le seul péché mentionné dans ce livre, qui caractérise l’état du peuple coupable. La culpabilité du peuple et sa souillure sont encore soulignées à la fin du livre lorsque l’Éternel interviendra en grâce pour purifier son peuple « du sang dont je ne les avais pas purifiés » (4 : 21).
            Cet état n’est pas décrit aussi sévèrement que par d’autres prophètes (Ésaïe 1, par exemple). Mais il est dénoncé par le châtiment que l’Éternel envoie sur le peuple : l’invasion de sauterelles annonce le prochain déferlement de l’armée d’une nation puissante qui va ravager le pays.
        Certains pensent que l’invasion des sauterelles ne serait pas un événement historique, mais une description imagée de l’invasion à venir de l’armée assyrienne (comp. 2 : 11, 25). Toutefois, on peut voir qu’une description très directe et détaillée en est donnée au chapitre 2. On remarquera que le prophète Nahum compare aussi les guerriers de l’Assyrie à des sauterelles, d’une part à cause de leur accroissement rapide, d’autre part à cause de leur disparition subite : « Le criquet se répand, puis s’envole » (voir Nah. 3 : 15-17).
            L’Éternel appelle Israël : « ma vigne » et « mon figuier ». Ces termes évoquent d’une part la sollicitude dont l’Éternel a toujours entouré son peuple, d’autre part la responsabilité de celui-ci de répondre à ses soins en portant du fruit pour sa gloire (És. 5 : 4 ; Ps. 80 : 9-17).
            L’Éternel compare plusieurs fois Israël à la vigne et au figuier. Ces deux arbres dont le bois est sans usage (Ezé. 15) ne valent que par le fruit qu’ils portent :
                  - La vigne a peu de hauteur et nécessite beaucoup de soins attentifs de la part du vigneron en vue d’obtenir du fruit. Dieu compare Israël à une vigne pour souligner les soins vigilants qu’il a dispensés à ce peuple qu’iI avait tiré de l’esclavage en Égypte Ps. 80 : 9). Mais Il a été frustré du fruit qu’Il en attendait (És. 5 : 1-7). En Jean 15, Jésus se présente comme le « vrai cep » (v. 1), en contraste avec Israël. Les croyants sont alors les « sarments » qui, attachés au cep, sont appelés à porter du fruit pour Dieu, le Père, présenté comme le « cultivateur ».
                  - Le figuier est un arbre qui a plus d’apparence que la vigne. Adam et Ève ont employé ses feuilles pour essayer de cacher leur nudité (Gen. 3 : 7). Ses fleurs paraissent avant les feuilles et laissent présager du fruit. En l’absence de celui-ci le feuillage abondant est l’image d’une apparence de piété sans vie réelle qui a caractérisé Israël. La parabole de Luc 13 : 6-9 montre la patience avec laquelle Dieu a supporté son peuple jusqu’à la croix. Cette patience a eu son terme; le Seigneur a maudit le figuier stérile (Marc 11 : 12-14, 20-21).
            Dieu ne peut voir son peuple ainsi ravagé sans en être affligé. Même l’adoration dans la maison de l’Éternel a cessé. Quels ravages produit le péché dans tous les domaines de la vie !
            Ceux qui travaillent les champs, laboureurs et vignerons, image de ceux qui ont la charge de nourrir le peuple, sont appelés à ressentir la honte et la tristesse.

                        2. Un vibrant appel (v. 13-14)

          Alors que dans d’autres livres prophétiques, les sacrificateurs sont désignés comme les premiers coupables de la déchéance du peuple, Joël leur adresse de la part de Dieu un vibrant appel à montrer le chemin du deuil et de l’humiliation. Ils doivent d’abord le rechercher pour eux-mêmes, et ensuite rassembler le peuple pour l’humiliation collective et la supplication.
            Cet appel sera développé au chapitre 2 : 15-17. Il est la preuve qu’il y a encore de l’espoir pour que le jugement soit écarté, tout au moins différé, si ceux qui l’entendent y répondent. Dieu demeure le Dieu de son peuple.

                        3. Le jour de l’Éternel (v. 15-20)

            Quoi qu’il en soit, la pensée du prophète ne s’arrête pas aux circonstances de son temps. Il contemple ce qui arrivera lorsque le jugement déferlera sur le peuple à la fin. Ce sera « le jour de l’Éternel », expression caractéristique dans l’Ancien Testament (És. 2 : 12 ; 13 : 6, 9 ; 58 : 13 ; Ézé. 13 : 5 ; 30 : 3) qui correspond au « jour du Seigneur » dans le Nouveau Testament (1 Thes. 5 : 2 ; 2 Thes. 2 : 2 ; 2 Pi. 3 : 10). Il désigne la période de jugements qui précédera l’établissement du royaume de Christ sur la terre.
         L’instrument n’est pas nommé ici ; « c’est une destruction du Tout-puissant » (v. 15). Cette affirmation montre la gravité du jugement comme aussi sa justice. Rien ne pourra y faire obstacle. Mais il est rassurant de savoir que c’est l’Éternel lui-même qui dirige les instruments du châtiment. Il aime celui qu’Il châtie et Il le fera avec mesure.
            La destruction décrite ici prophétiquement dépasse celle qui est décrite au début du chapitre. Non seulement les récoltes ont été dévorées, mais les semences ne peuvent germer ; les cours d’eau sont à sec et le feu a consumé les pâturages et les arbres.


Extrait de « Sondez les Écritures » (vol. 11 - p. 305-320)


À suivre