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Le berger

Quelques caractères requis

 

1- Abel
2- Jacob
3- Moïse
4- David
5- Contre-exemples de bergers
6 Le bon Berger
7- Les surveillants au temps de l’Église
 

Introduction

            Dans la prière, nous avons demandé que nous puissions refléter quelque chose du Seigneur Jésus ; et c’est bien une chose à désirer. J’avais devant moi seulement un petit côté du Seigneur que l’on pourrait refléter. N’est-Il pas infini ! Nous prendrons le côté du berger ; nous pourrons considérer quelque chose de ce que sont les bergers et de ce que cela requiert de leur part. Nous commencerons par le premier berger mentionné dans les Écritures.

1- Abel

            En Genèse 4 : 4, il est dit : « Abel apporta lui aussi une offrande, des premiers-nés de son troupeau, et leur graisse. L’Éternel eut égard à Abel et à son offrande ». Il ne nous est pas dit grand-chose d’Abel : juste qu’il paissait le petit bétail (un troupeau de brebis ou de chèvres) (v. 2) et qu’il a offert à l’Éternel des premiers-nés de son troupeau et leur graisse. Mais le peu qu’il nous en est dit nous permet de discerner un caractère que doit porter un berger.
            L’explication habituelle que l’on donne à ce passage est qu’il présente la façon de s’approcher de Dieu par le moyen d’un sacrifice ; un type du Seigneur Jésus.
            Mais je voudrais considérer une autre pensée. Abel apporte à Dieu quelque chose de son troupeau et l’offre à Dieu comme quelque chose qui plaît à Dieu. Autrement dit, son but, comme berger, était de plaire à Dieu et d’offrir à Dieu quelque chose de ce service de berger. Pour comprendre cette pensée, je lirai un verset en Romains 15 : « La grâce m’a été donnée par Dieu, pour que je sois ministre du Christ Jésus envers les nations, exerçant le sacerdoce dans l’évangile de Dieu, afin que l’offrande des nations soit agréable, étant sanctifiée par l’Esprit Saint » (v. 15-16). Le service de Paul était de présenter l’évangile aux nations pour amener des âmes à Dieu d’entre les nations.
            En fait, l’apôtre dit que le résultat de ce service est un fruit pour Dieu, une offrande : l’offrande des nations agréable à Dieu. N’avons-nous pas cette pensée avec Abel qui apporte un fruit de son troupeau pour le plaisir de Dieu ?

            Le premier caractère que doit donc porter le berger est de considérer que le résultat de son service soit un fruit agréable à Dieu, pour Sa gloire.


2- Jacob

            Un peu plus loin dans la Genèse, nous avons quelque chose de tout à fait différent. C’est au sujet de Jacob. Nous ne prendrons qu’un verset ou deux montrant les caractères d’un berger.
            Nous faisons une petite digression en passant. Jacob avait un frère aîné, Ésaü, comme Abel avait un frère aîné, Caïn. En 1 Corinthiens 15 : 46, il est dit : « Ce qui est spirituel n’est pas le premier, mais ce qui est animal ; ensuite ce qui est spirituel ». Ceux qui viennent en premier, Caïn et Ésaü évoquent le premier Adam, des hommes « naturels » ; Abel et Jacob qui viennent en second évoquent le dernier Adam, des hommes « régénérés ». Même si Jacob a eu une marche chaotique, il n’était pas un incrédule comme Ésaü ; il attachait du prix au privilège du premier-né, une bénédiction spéciale de Dieu, alors qu’Ésaü méprisait ce privilège. Hébreux 12 nous dit ce qu’il en est d’Ésaü à ce sujet.
            Mais donc, quelle que soit la marche de Jacob, c’était un croyant. Nous passons sur sa marche chaotique, et relevons juste un verset, en Genèse 33, qui nous montre un des caractères que doit avoir le berger. Il s’agit de sa rencontre avec Ésaü. Il était très effrayé de rencontrer son frère après ce qu’il lui avait fait. Dans cette rencontre, il doit répondre à Ésaü qui lui proposait de le suivre. Il dit : « Mon seigneur sait que les enfants sont délicats, et que je suis chargé de petit et de gros bétail qui allaite ; si on les presse un seul jour, ils mourront – tout le troupeau. Que mon seigneur, je te prie, passe devant son serviteur ; moi, je cheminerai tout doucement au pas de ce bétail qui est devant moi, et au pas des enfants, jusqu’à ce que j’arrive auprès de mon Seigneur, à Séhir » (v. 13-14).
            Il s’agit, bien évidemment, d’une manigance de Jacob, pour fuir son frère Ésaü, parce que sa conscience n’est toujours pas à l’aise. Il le laisse partir devant, et lui, il ira tout doucement puis bifurquera et ne tiendra pas sa parole. Néanmoins, nous relevons ces deux points : il est chargé de mener du bétail qui allaite et qu’il ne faut pas presser ; il marchera au pas de ce bétail qui est devant lui, et au pas des enfants.
            Le berger a soin de chacune des brebis et tient compte des plus faibles, de celles qui vont plus doucement que d’autres. C’est ce qui doit nous caractériser quand nous avons des exercices collectifs. Nous devons bien tenir compte de ceux qui, peut-être, ont de la peine à marcher au même pas. Il faut peut-être ralentir ensemble, pour ne pas presser quelqu’un dans sa conscience, ce qui pourrait le faire chuter. Et ce temps où l’on va plus doucement, c’est justement un temps où le berger peut s’approcher davantage de ces brebis plus faibles qui bataillent ; il peut ainsi les encourager, leur apporter les soins nécessaires, les amener à comprendre ? et les fortifier afin qu’elles puissent marcher au pas auquel il faudrait marcher.

            Cette compassion, cette patience, ces soins, sont des caractères importants à saisir pour exercer ce si précieux service de berger.


3- Moïse

            Nous passons un peu plus loin, en Exode, pour voir un autre berger. Ce berger s’appelle Moïse. Il avait cherché à défendre un des Israélites contre un Egyptien ; il avait alors tué l’égyptien et l’avait caché dans le sable. L’affaire s’était ébruitée, et le pharaon voulait le faire mourir. Il avait donc dû fuir d’Égypte pour aller assez loin, au pays de Madian de l’autre côté du Sinaï. C’est là qu’on le retrouve, au chapitre 2.

                        3.1 Début du service de berger
            
« Moïse s’assit près d’un puits. Or le sacrificateur de Madian avait sept filles. Elles vinrent puiser de l’eau et remplirent les auges pour abreuver le bétail de leur père. Mais les bergers vinrent et les chassèrent ; alors Moïse se leva, les secourut et abreuva leur bétail » (Ex. 2 : 15-17).
            C’est la première fois où Moïse est vu en rapport avec la question du bétail. Il a pitié de ces bergères qui étaient molestées par d’autres bergers madianites montrant de la dureté. Il prend leur défense et les secourt ; et non seulement cela, mais il abreuve leur bétail pour le rafraîchir.
            Il nous rappelle son aïeule Rebecca, pour laquelle ce dévouement, cet empressement pour répondre aux besoins de ceux qui ont soif, était, pour le serviteur d’Abraham, le signe que c’était celle qui était désignée pour Isaac (voir Gen. 24 : 15-21).
            Dans ces quelques détails au sujet du service de Moïse, on voit ce côté de la compassion et du dévouement.

            Pour résumer, on a donc le but premier qui est la gloire de Dieu ; on a cette compassion que l’on voyait aussi en Jacob par rapport aux plus faibles ; et ici on a en plus ce dévouement pour les brebis assoiffées.

                        3.2 Moïse fait paître le troupeau
            
Au chapitre 3 de l’Exode, on voit que pendant les 40 ans passés en Madian, Moïse était un berger, il faisait paître le bétail de Jéthro son beau-père sacrificateur de Madian (v. 1).
            Il faisait paître le bétail ; c’est un point important. Il le conduit à l’endroit idéal pour qu’il puisse se nourrir. Il ne le conduit pas dans un endroit où il n’y a que des cailloux, mais là où il y a de verts pâturages (Ps. 23 : 2). C’est là où nous devons conduire le bétail pour qu’il puisse se nourrir d’une nourriture saine, riche.
            Il ne faut pas se contenter, comme dit l’apôtre Paul, des « premiers rudiments des oracles de Dieu » ; il faut prendre une « nourriture solide » (Héb. 5 : 12). Le but, c’est d’édifier, de fortifier et d’avancer vers l’état d’homme fait (Eph. 4 : 13). Et pour avancer vers cet état, il ne faut pas se contenter des rudiments, des choses basiques nécessaires ; on ne les renie pas, mais il faut avancer. Il ne faut pas se nourrir seulement de lait, mais de nourriture solide (Héb. 5 : 13-14).
            Voilà le travail du berger : faire paître le troupeau là où il y a de la nourriture solide Ici, on voit donc qu’il « fait paître » seulement ; on verra une nuance, un peu plus loin. On avance un peu pour voir un autre côté, au chapitre 18 de l’Exode.

                        3.3 Moïse dévoué au troupeau
            
Le peuple est donc maintenant sorti, il a été racheté. Au chapitre 18, tout un peuple est là devant Moïse. Il est dit au verset 13 : « Le lendemain, Moïse s’assit pour juger le peuple ; le peuple se tint auprès de Moïse depuis le matin jusqu’au soir ». A la question de son beau-père : « Que fais-tu là avec le peuple…? », Moïse répond : « C’est que le peuple vient à moi pour consulter Dieu. Quand ils ont quelque affaire, on vient à moi, et je juge entre l’un et l’autre ; je leur fais connaître les statuts de Dieu et ses lois » (v. 15-16). Nous voyons là le caractère de dévouement de ce berger qui était à la tête d’un grand peuple. On le voit seul avec ce grand peuple ; beaucoup venaient à lui quand ils avaient quelque affaire, quand il y avait besoin d’un conseil pour juger entre une chose et une autre, ou d’apporter une réponse à des questions difficiles.
            On venait à Moïse et il était disponible. Il était là disponible pour tout le peuple et avec un dévouement exceptionnel. Pourquoi exceptionnel ? Nous lirons, aux chapitres 14 et 15, deux expressions au sujet de ce peuple par rapport à Moïse :
                 - Quelle était l’attitude du peuple par rapport à Moïse ? Tout à la fin du chapitre 14, il est dit : « Le peuple craignit l'Éternel, et ils crurent à l'Éternel, et à Moïse son serviteur ».
                 - Au chapitre 15, après avoir fait trois pas dans le désert, ils arrivent à Mara, et il est dit : « le peuple murmura contre Moïse » (v. 24). Juste quelques jours après avoir cru à l’éternel et à Moïse son serviteur, ils murmurent contre Moïse ! Tout au long du livre des Nombres, toute la période du désert, ce sera une caractéristique du peuple, que de murmurer contre Moïse.
            C’est dans ce contexte que l’on peut dire que ce dévouement est exceptionnel parce que malgré tous les murmures, toute la rébellion du peuple contre lui, Moïse reste disponible et répond aux besoins spécifiques de l’un et de l’autre.

            Ce caractère de renoncement à soi-même, de dévouement pour le peuple est donc nécessaire pour exercer la tâche de berger, de conducteur.


4- David

            Nous passons au berger suivant, à David, dans le premier livre de Samuel.

                        4.1David, jeune berger
            
Samuel est envoyé par l’Eternel pour oindre, à la place de Saül, un roi pour Israël (1 Sam. 16 : 1). Tous les fils d’Isai passent devant Samuel. Regardant à l’apparence du premier, Samuel dit : c’est celui-là, vu sa prestance. Eh bien, non !
            « Samuel dit à Isaï : Les jeunes gens sont-ils tous là ? Il répondit : Il reste encore le plus jeune, et voici, il fait paître le petit bétail » (v. 11). On envoie donc chercher David, puis il est dit : « Or il avait le teint rosé, avec de beaux yeux, et était beau de visage. L’Éternel dit : Lève-toi, oins-le ; car c’est celui-là » (v. 12).
            Saül n’était pas berger ; il aurait dû l’être car il était le conducteur du troupeau d’Israël. Mais il n’en avait pas les caractères, aucun. Il était dur. En revanche, l’Éternel avait posé ses yeux sur David pour conduire tout le peuple d’Israël.
            David avait les caractères d’un berger ; c’est ce qu’il fallait pour conduire un peuple. Les frères de David, eux, étaient des hommes de guerre. Humainement parlant, c’est ce qu’il faut pour conduire un peuple, pour le défendre par la force, la force de l’homme. Mais non pour le peuple de Dieu : il faut un berger pour qu’il puisse être conduit dans les voies de Dieu. Et David avait ce caractère-là.
            De David, il est dit au verset 11, dans la version JN. Darby 1966 : « il paît le menu bétail ». Il n’est pas dit, comme pour Moïse, en Exode 3 : « il fait paître le menu bétail ». Il est dit qu’il « paît » le bétail.
            Moïse menait le bétail à l’endroit qui lui convenait, mais c’est tout. On pourrait dire qu’il les surveillait peut-être de loin, globalement. David, lui, paît le petit bétail. Autrement dit, il s’occupe de chaque brebis : telle brebis qui a besoin d’être soignée, qui a une patte blessée, telle autre qui a l’air de se disperser et qu’il faut ramener, ou celle qui est fatiguée et qu’il faut fortifier, ou encore celle qui a du mal à marcher et qu’il faut porter. Paître, c’est apporter le soin à chacun ; les soins ne sont pas globaux, collectifs ; ils sont individuels. « Faire paître » et « paître », ce n’est pas la même chose !
            Le Seigneur a dit à Pierre : « Pais mes agneaux… Pais mes brebis » (Jean 21 : 15, 17 - version JND 1966). Il devait s’engager directement pour chacune. Il ne devait pas les « faire paître » seulement, mais s’impliquer lui-même dans les soins qu’il devait apporter aux brebis du troupeau.

                        4.2 Amour de David pour ses brebis
            Nous avons donc ici pour David, le côté de l’amour des âmes, l’amour des brebis et la compassion pour chacune. On le voit aussi au chapitre 17, quand il s’avançait pour aller contre Goliath. Saül lui dit qu’il ne peut pas aller contre lui, car Goliath est un homme de guerre, et lui est un jeune homme. Mais David peut alors témoigner d’une chose qu’il n’avait certainement jamais dite à personne : « David dit à Saül : Ton serviteur faisait paître le petit bétail de son père. Un lion vint, et un ours : il enleva un mouton du troupeau. Je sortis à sa poursuite et le frappai, et je délivrai le mouton de sa gueule ; il se leva contre moi, je le saisis par sa barbe, le frappai et le tuai. Ton serviteur a frappé le lion et l’ours ; et ce Philistin, cet incirconcis, sera comme l’un d’eux » (1 Sam. 17 : 34-35).
            David semblait être le petit dernier, trop jeune pour avoir été estimé digne de venir à la table de Samuel, le prophète. Seuls les aînés avaient été invités. Lui, aux yeux des hommes, n’était rien ; c’était un petit jeune. Eh bien, pour un petit jeune, quelle énergie ! Qui aurait fait ce qu’il a fait ? Ce qu’il a fait montre, comme le dit l’apôtre Paul, qu’il ne faisait « aucun cas de sa vie » (Act. 20 : 24). Il allait au-devant d’une mort certaine : devant un lion, un ours !  Ses yeux étaient fixés sur sa brebis qui était en train de se faire prendre, il ne regardait pas à l’ours ni au lion. Il y allait au péril de sa vie et l’a arrachée de la gueule du lion ou de l’ours.

            David a l’énergie de la foi, mais surtout l’énergie de l’amour pour ses brebis. C’est un caractère supplémentaire du berger, après avoir vu la compassion, la patience, le dévouement.

            Concernant la patience, nous avons oublié de dire la chose suivante : nous sommes parfois impatients quand les choses vont trop doucement. Dans certains exercices difficiles, il peut nous manquer de la patience.
            L’apôtre Paul se recommandait comme serviteur de Dieu « par une grande patience » (2 Cor. 6 : 4) !  Cela est dit pour les serviteurs au sens large, pas seulement pour les bergers. Il y a parfois des exercices qui nécessitent une grande patience, pour marcher au pas des brebis afin qu’aucune ne s’égare.


5- Contre-exemples de bergers

            Nous pourrions considérer – rapidement, parce que c’est moins édifiant, mais nécessaire quand même – un contre-exemple en Ézéchiel 34.

                        5.1 Faillite des conducteurs
            
« Ainsi dit le Seigneur, l’Éternel : Malheur aux pasteurs d’Israël, qui se paissent eux-mêmes ! Les pasteurs ne doivent-ils pas paître le troupeau ? Vous mangez la graisse, et vous vous habillez de la laine ; vous égorgez ce qui est engraissé ; vous ne paissez pas le troupeau » (v. 2-3). Un peu plus loin, au verset 8, il est dit : « Les pasteurs se paissaient eux-mêmes, et ne paissaient pas mes brebis ! ». Voilà ce qui était advenu en Israël !
            Les pasteurs ici, ce sont ceux qui étaient à la tête du peuple : le roi en premier, et les princes, les sacrificateurs, les prophètes, ceux qui devaient conduire le peuple. Voilà le constat que fait l’Éternel : les pasteurs se paissaient eux-mêmes et ne tenaient aucun compte du troupeau, ils n’avaient aucune compassion, aucun dévouement. Au lieu de se dévouer pour les brebis, ils étaient égoïstes, ils étaient occupés d’eux-mêmes. Et cela, sur le dos des brebis : ils mangeaient leur graisse, s’habillaient de leur laine. Cela n’a-t-il pas encore cours dans la chrétienté ? Mais nous avons à prendre ces paroles pour nous-mêmes, en premier lieu.
            Au lieu d’exercer le service qui était attendu, on ne regardait plus aux brebis, mais à soi-même. C’était l’égoïsme, la dureté, parce que l’égoïsme rend dur envers les autres. C’est moi d’abord ; quant aux autres, s’ils gênent, ils sont éjectés. Ils en étaient arrivés là.
            C’est donc un contre-exemple à ne pas suivre. Ces caractères sont à l’opposé de ceux que nous avons vus. Soyons gardés de tels caractères.

                        5.2 Fidélité de Dieu
            Mais l’Éternel dit ensuite dans ce chapitre d’Ezéchiel : « Me voici, moi, et je rechercherai mes brebis, et j’en prendrai soin. Comme un berger prend soin de son troupeau au jour où il est au milieu de ses brebis dispersées, ainsi je prendrai soin de mes brebis, et je les sauverai de tous les lieux où elles ont été dispersées… Moi-même je ferai paître mes brebis, et moi je les ferai reposer » (v. 11-12, 15).
            Dieu lui-même prend la relève. Quand ses serviteurs faillissent complètement sur la terre, Lui, reste fidèle. Il voit toujours ses brebis, et quand elles sont délaissées, Il s’engage à les faire paître lui-même. « Moi-même, je ferai paître mes brebis ».
            C’est toujours l’office du Seigneur aujourd’hui : « Voici, moi je suis avec vous tous les jours » (Matt. 28 : 20). Et même s’Il est dans le ciel, Il prend toujours soin de chacune des brebis. Il est le bon Berger qui prend soin de ses brebis (Jean 10) – voir partie 7. Mais cela ne nous dispense pas de faire ce service qui nous est demandé.

                        5.3 Le troupeau lui-même
            
Non seulement les chefs du peuple portaient des caractères contraires à ceux qu’ils auraient dû porter, mais cela se trouvait même dans le troupeau ! Au verset 17 d’Ezéchiel 34, Dieu s’adresse maintenant au troupeau : « Mais vous, mon troupeau, - ainsi dit le Seigneur, l'Éternel : Voici, je juge entre brebis et brebis », puis : « Me voici, moi ; et je jugerai entre la brebis grasse et la brebis maigre. Parce que vous poussez avec le côté et avec l’épaule, et que vous heurtez de vos cornes toutes les brebis faibles, jusqu’à ce que vous les ayez dispersées au dehors … » (v. 20-21). Quel terrible état dans lequel se trouvait le troupeau ! Cela était dû certainement à la défection des chefs du peuple, des pasteurs qui auraient dû faire paître le troupeau. Ils étaient égoïstes ; eh bien, ce caractère va se retrouver dans le troupeau, entre brebis.
            C’est terrible. Les brebis ne peuvent pas se paître l’une l’autre, il faut un pasteur, il faut le Seigneur. Pour que le troupeau soit paisible, il ne doit pas être livré à lui-même, sinon les disputes arrivent, on se heurte, on se pousse d’un côté, de l’autre, jusqu’à ce qu’il y en ait une qui parte et se disperse au loin.
            Cela dit, si une brebis s’est dispersée, on ne peut pas en conclure hâtivement que c’est parce qu’elle a été poussée ; il peut y avoir d’autres causes. Il faut toujours faire attention et être prudent dans les questions de relations de cause à effet.

            Voilà pour les contre-exemples.

            Mais au verset 23 une lumière paraît : « Je susciterai sur eux un pasteur qui les fera paître, mon serviteur David : lui les fera paître, et lui sera leur pasteur ».
            Bien entendu, il s’agit ici, non pas de David lui-même qui a vécu à peu près quatre siècles auparavant, mais du Fils de David.


6- Le bon Berger

                        6.1Laisser sa vie pour les brebis
            
Quand on parle du Fils de David et du caractère de berger, on arrive à Jean 10. Nous ne relèverons qu’une expression au verset 15 : « Je laisse ma vie pour les brebis » ; voilà la caractéristique particulière de ce Berger dont nous avons déjà parlé. Son dévouement va jusqu’au renoncement à soi, jusqu’à donner sa vie.
            Dans l’expression « je laisse ma vie pour les brebis » (littéralement : je mets ma vie), nous pensons à la croix, bien sûr. Nous ne pouvons pas imiter cela, mais ce que nous pouvons imiter, c’est ce qu’était le Seigneur pendant toute sa vie sur la terre. On ne Le voit jamais prendre un moment pour Lui. On peut dire que sa vie était entièrement consacrée aux brebis. Il allait de lieu en lieu faisant du bien. Il mettait sa vie pour les brebis. L’apôtre Paul pouvait dire aussi, dans ce verset déjà mentionné : « je ne fais aucun cas de ma vie » (Act. 20 : 24). Voilà ce que nous pouvons imiter. Sa vie était entièrement orientée pour les brebis, si l’on peut dire. C’est cela qui est requis de la part d’un berger : qu’il soit disponible.
            Nous sommes parfois fatigués, on aimerait bien se reposer un peu ; on en a besoin. Et voilà qu’à ce moment-là, peut-être, on entend dire que telle brebis a besoin d’encouragement, telle brebis est seule, telle brebis est malade, telle brebis est dans une grande peine. Eh bien, « laisser sa vie », c’est oublier ce petit moment que l’on aurait désiré pour soi-même, et pour l’amour de la brebis, on va faire cette visite nécessaire. On n’y perd jamais, on y gagne toujours. Visiter une brebis, c’est un rafraîchissement, et pour la brebis et pour le berger, très souvent. C’est un encouragement que donne le Seigneur dans ce service.

                        6.2 Nourrir les brebis
            Voyons un des caractères du Seigneur par rapport aux brebis. « En sortant, Jésus vit une grande foule ; il fut ému de compassion envers eux, parce qu’ils étaient comme des brebis qui n’ont pas de berger ; et il se mit à leur enseigner beaucoup de choses » (Marc 6 : 34).
            Quand Jésus est venu sur la terre, au milieu de son peuple, les siens ne l’ont pas reçu (Jean 1 : 11). On comprend que le peuple en était au point où ils étaient comme des brebis qui n’ont pas de berger. Alors, ému de compassion, Il se met à les enseigner, leur donner la nourriture dont elles manquaient.

            Le côté de l’enseignement est très important pour le service de berger.

            Nous l’avons vu avec Moïse, le berger doit faire paître les brebis dans de riches pâturages ; le côté de l’enseignement de la brebis est capital pour un berger. On ne peut pas visiter un frère ou une sœur malade sans ouvrir la Parole.
            En Nombres 27, Moïse avait déjà le souci que les brebis ne se dispersent pas. Il avait dû avoir affaire avec un peuple rebelle tout au long du désert ; et à cause de cette rébellion, un jour il s’était hélas irrité. C’est pourquoi Dieu lui avait dit qu’il ne passerait pas le Jourdain et n’entrerait pas dans le pays – et cela, à cause du troupeau (voir Nom. 20 : 7-13).
            À la fin du désert, au moment d’entrer dans le pays, Moïse sait qu’il n’ira pas plus loin. Et quel est son souci ? « Moïse parla à l'Éternel. Il dit : Que l’Éternel, le Dieu des esprits qui animent toute chair, établisse sur l’assemblée un homme qui sorte devant eux et entre devant eux, et qui les fasse sortir et les fasse entrer ; et que l’assemblée de l’Éternel ne soit pas comme un troupeau qui n’a pas de berger » (Nom. 27 : 15-17).
            Malgré tout ce que ce peuple lui avait occasionné comme « châtiment », Moïse supplie l’Éternel de ne pas les laisser comme un troupeau qui n’a pas de berger mais de susciter un homme après lui. Quel exercice ! L’exercice du berger n’est pas égoïste, n’est pas égocentrique. Il ne regarde pas à son malheur ; s’il ne peut pas entrer dans le pays, c’est à cause d’eux ! Eh bien son seul souci, c’est justement le bien de ce troupeau.

            Ce côté de la compassion du troupeau est un côté fondamental pour être berger.


7- Les surveillants au temps de l’Église

            Nous avons vu plusieurs bergers dans l’Ancien Testament ; nous avons vu le Seigneur ; qu’en est-il pour nous ? Prenons juste encore deux exemples.

                        7.1 Actes 20
            « Prenez donc garde à vous-mêmes et à tout le troupeau au milieu duquel l’Esprit Saint vous a établis surveillants pour paître l’assemblée de Dieu » (v. 28).
            L’apôtre Paul dit aux anciens, aux surveillants, d’avoir ce caractère de berger, de surveiller le troupeau. Il ne leur dit pas de le faire paître, mais de le paître, de veiller sur chaque âme individuellement. Superviser le troupeau collectivement, sans entrer dans les détails, est important ; mais le caractère du berger va plus loin, il s’occupe des âmes individuellement. Voilà ce qui était requis des surveillants.

                        7.2  1 Pierre 5
            
Chacun pense à ce passage où l’apôtre Pierre exhorte les anciens. Au verset 2, il dit : « Faites paître le troupeau de Dieu qui est avec vous, en veillant sur lui non par contrainte, mais de plein gré, ni pour un gain honteux, mais de tout cœur, ni comme dominant sur des héritages mais en étant les modèles du troupeau ».
            S’occuper des brebis ne doit pas être une contrainte. Il n’y a pas d’hommes à gages dans l’Assemblée, on ne fait pas ce service pour un salaire, pour le gain honteux d’aspirer à être reconnu des autres.
            Le gain n’est pas seulement pécuniaire, ce peut être un profit moral que l’on tire du service. Je ne parle pas des bénédictions que Dieu accorde par rapport à un service qui est selon Lui et qui Lui plaît. Je parle de l’état moral du serviteur qui fait un service non pas pour le Seigneur, mais pour lui-même.
            C’est donc un service « de plein gré », non pas par contrainte, non avec la volonté de l’homme, mais en se mettant volontairement à la disponibilité de Dieu. C’est un service de cœur envers Dieu et envers les âmes ; le cœur y est disposé non pas pour des gains personnels, mais pour le bien du troupeau, pour le bien des âmes, et pour la gloire de Dieu

            Rappelons que les bergers sont plus que nécessaires, dans l’assemblée. S’il est dit : « Ne soyez pas nombreux à être docteurs » (Jac. 3 : 1), cela n’est pas dit des bergers !

            Si l’on estime, pour une raison ou pour une autre, qu’il n’y a pas de berger, n’en faisons pas retomber la faute sur le Saint Esprit. Dans les dons qu’il distribue à chacun comme il lui plaît, il y a le pasteur. On ne peut imaginer que le Saint Esprit n’accorde pas le don nécessaire quand les besoins sont là. Il fait tout pour la gloire de Dieu et pour la gloire de Christ, ici-bas. De son côté, rien ne manque.
            Les dons de pasteurs doivent bien être là ; en tout cas, les dons que le Saint Esprit a donnés ; mais encore faut-il les exercer. C’est là qu’interviennent les caractères que nous avons à rechercher. Peut-être ne les avons-nous pas naturellement, mais nous avons des exhortations à être compatissants, à nous aimer l’un l’autre, à porter les charges les uns des autres. Les exhortations sont là pour qu’on puisse saisir ces caractères nécessaires pour exercer ce don de pasteur, de berger. Et, on l’a vu avec David, il n’est pas nécessaire d’attendre l’âge de 40 ans pour être un berger.
            Chacun a sa mesure, sa petite mesure peut-être, mais chacun, même jeune, peut exercer ce service qui n’est pas réservé aux frères. Les sœurs ont, à leur place bien sûr, un très grand service pastoral, très précieux, que Dieu apprécie particulièrement. Mais cela ne dispense pas les frères d’avoir cet exercice de berger pour faire paître le troupeau qui a besoin de tous les soins.

                        7.3 Au temps des combats.
            
Quand il y a eu des combats, il peut y avoir beaucoup de brebis blessées. Rappelons une pensée que l’on a déjà évoquée lors d’une réunion d’étude régionale, au sujet de David en 1 Samuel 17 ; il s’agit du moment où David s’avance contre Goliath.
            « David… prit son bâton en sa main, se choisit du torrent cinq pierres lisses qu’il mit dans son sac de berger, dans la poche » (v. 40). David ne met pas les cinq pierres lisses dans la poche, elles auraient été pourtant plus facile à prendre. Il met les cinq pierres lisses dans le sac de berger qu’il avait dans la poche.
            Quand David va à ce combat typique, nous allons le voir, il a toujours les caractères du berger, et il a toujours sur lui son sac de berger. Le sac de berger est un sac pouvant contenir des instruments pour guérir, soigner une patte blessée, ou autre. Il l’a toujours avec lui ; tel est David.
            En Jean 19 nous avons l’antitype de ce combat de David contre Goliath. Au verset 25, nous sommes juste avant les trois heures sombres, à la fin des trois premières heures de la croix. Le Seigneur est au cœur du combat, au seuil des trois heures sombres, si terribles pour Lui. Pense-t-il à Lui ? Il pense à sa mère, Il a de la compassion pour la brebis qui est là, au pied de la croix, et s’occupe de sa brebis blessée (voir Luc 2 : 35). Il a, pour ainsi dire, ce sac de berger avec Lui, bien qu’Il soit au cœur du combat.
            Nous sommes dans des temps fâcheux où les combats ne manquent pas, où les brebis blessées ne manquent pas – brebis que nous avons peut-être blessées nous-mêmes. N’oublions pas ce sac de berger.

            Quand le combat est là, il faut y être tout entier, mais cela ne doit pas occulter ces soins que nous devons avoir pour chacun.

            Que le seigneur nous y aide.
 

Résumé

            Pour résumer, les caractères nécessaires pour être un berger sont, entre autres :
                  - Compassion,
                  - Amour pour les brebis,
                  - Dévouement,
                  - Énergie de l’amour,

            Par-dessus tout, le berger doit avoir premièrement pour but la gloire de Dieu.


D’après une méditation de la Parole de Dieu