Méditations suivies : Psaumes 127-130

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LES CANTIQUES DES DEGRES (3)


  8- Bâtir et garder : Psaume 127 
  9- Les bénédictions dans la famille : Psaume 128
 10- Les souffrances du Seigneur : Psaume 129
 11- La confession des péchés et le repentir : Psaume 130
 

8- Bâtir et garder : Psaume 127
 
 
           8.1 : Activité dans le monde (v. 1-2)
 
                        Ce Psaume parle de nos responsabilités et de notre activité dans ce monde. Apprendre un métier, exercer une profession, élever une famille doit avoir Dieu pour fondement.
 
                        Comme croyants nous admettons volontiers que le Seigneur doit être à la base de la famille (voir le psaume suivant). Reconnaissons qu'Il doit aussi être à la base de toutes nos autres activités (v. 1). Qui est à l'origine de tous nos projets ? Si, par exemple, nous refusons de faire intervenir Dieu dans nos activités professionnelles, frustration, inefficacité et insomnies en résultent. Notre vie professionnelle appartient à Dieu. Le Seigneur ne récompense jamais l'oisiveté, mais Il condamne l'agitation (v. 2).
 
                        Le travail est un mandat divin confié à l'homme avant qu'il pèche (Gen. 1 : 26 ; 2 : 15). A la chute, le sol a été maudit, non le travail que Dieu se plaît à bénir (Deut. 30 : 9 ; Ps. 90 : 17). Le travail est un privilège, non un droit, ni une punition.
                        Pour le chrétien, le principe est de vivre sans être à charge à personne (1 Thes. 4 : 11, 12 ; 2 Thes. 3 : 6-13). Il est soumis à son patron (l'autorité au-dessus de lui) dans les limites de l'honnêteté (Eph. 6 : 5-8 ; Col. 3 : 22-25).
 
                        De même, dans la vie sociale et civique, le chrétien doit assumer ses responsabilités, mais cela exclut de « faire de la politique », car comment s'allier à un monde dont le prince est Satan ?
                        Respectueux de l'autorité, accomplissant au mieux de ses connaissances et de ses capacités les tâches qui lui sont confiées, le chrétien se fera à peine remarquer ; le monde n'en attend pas moins de lui ! L'incrédule a une idée très élevée de ce que doit être le comportement d'un chrétien dans la société.
                        L'état est institué par Dieu ainsi que les autorités qui le gouvernent (Rom. 13 : 1). Les pouvoirs civils et religieux sont séparés, mais le chrétien respecte l'un et l'autre (Matt. 22 : 21). Il s'acquitte de ce qui est dû à l'Etat (Rom. 13 : 7). La forme de gouvernement ne change pas la responsabilité du chrétien et ses devoirs envers l'Etat. Que l'Etat soit laïque ou religieux, despotique ou constitutionnel, monarchique ou démocratique..., le principe d'obéissance reste intact. Une seule limite nous est donnée dans le cas où l'obéissance à un gouvernement terrestre entraîne la désobéissance envers Dieu (Act. 4 : 19-20 ; 5 : 29).
 
 
            8.2 : La famille (v. 3-5)
 
                        La maison d'un croyant est bâtie en élevant des enfants dans le respect du Seigneur. C'est dans le foyer que l'homme en devenir se forme, sous le regard attentif des parents chrétiens. Quand les parents s'aiment et sont fidèles l'un à l'autre, l'enfant découvre ce qu'est l'amour de Dieu. C'est là qu'il apprend la soumission, le respect d'autrui, la discipline.
                        Ayant été élevés dans une famille chrétienne, dans le respect de la parole de Dieu, les enfants en garderont les principes. Ils seront comme des flèches qui ne manquent pas leur but (v. 4). A leur tour, ils garderont la ville en empêchant les ennemis d'y pénétrer (v. 5).
                        La famille est la base de la société. Sa structure est combattue de toute part. Veillons à ne pas être influencés par des conceptions acceptées par la société, mais qui ne visent qu'à détruire la famille chrétienne.
 
 
            8.3 : Application prophétique
 
                        Le Psaume 127 est de Salomon, le roi qui a bâti la maison de l'Eternel selon le plan de l'Eternel (1 Rois 6 : 1), lorsque tous les ennemis de David ont été soumis à son empire.
                        Le temple de Salomon, brûlé par les Chaldéens (2 Rois 25 : 9), a été reconstruit après la captivité de Babylone. Embelli par Hérode, ce deuxième temple a été détruit par les Romains en 70 après Jésus Christ, comme le Seigneur l'avait annoncé (Luc 21 : 6).
                         Israël rebâtira un troisième temple, qui ne peut être qu'à Jérusalem, où l'Antichrist se fera adorer (2 Thes. 2 : 4). Ce temple sera renversé, comme les précédents, pour que le Seigneur puisse lui-même bâtir pour son peuple le temple nouveau (Zach. 6 : 12- 13), décrit en détail par Ezéchiel (Ezé. 40-46) : « Si l'Eternel ne bâtit la maison, ceux qui la bâtissent travaillent en vain » (v. 1). Une ère nouvelle de prospérité commencera pour Israël (v. 3-5). Ils se multiplieront (Es. 60 : 4) et ils pourront tenir tête à leurs ennemis (Es. 11 : 14).
 
 
 
 
9- Les bénédictions dans la famille : Psaume 128
 
 
            La crainte du Seigneur (v. 1) est à la base d'une activité fructueuse (v. 2), du bien-être personnel (v. 2) et d'un foyer heureux (v. 3), avec toutes les bénédictions qui en découlent pour la famille et pour le peuple de Dieu (v. 4-6).
 
            Par la conversion, le renouvellement de l'homme atteint toutes les relations humaines et tous les domaines de la vie, même les plus intimes. Le couple et la famille doivent rester un espace protégé de l'influence du monde, mais aussi un espace de liberté dans la soumission à Dieu.
 
 
            9.1 : Craindre le Seigneur (v. 1)
 
                        La crainte du Seigneur, cette attitude intérieure de respect envers Dieu, se traduit en actes. Les Juifs pieux ne faisaient pas de différence entre le profane et le sacré. Dieu, par sa loi, était présent dans tous les actes qu'ils accomplissaient. La prospérité matérielle par le travail et une heureuse vie de famille récompensaient la piété. La crainte de l'Eternel atténuait la dureté du labeur de l'homme et la malédiction prononcée sur le sol (Gen. 3 : 17). « La bénédiction de l'Eternel est ce qui enrichit, et il n'y ajoute aucune peine » (Prov. 10 : 22).
 
 
            9.2 : La vie de famille (v. 2-3)
 
                        La crainte du seigneur est à la base d'une famille vivant dans l'harmonie avec Dieu et avec le peuple de Dieu. Les rayons divins se focalisent sur le foyer d'un croyant fidèle qui devient un centre de rayonnement pour ceux qui l'entourent. Le foyer est l'endroit primordial où doit s'exercer et s'affirmer notre action chrétienne. En mettant la crainte de Christ à la base de la vie de famille, l'Evangile fait de la vie de famille le triomphe de la vie chrétienne. Dans ce psaume comme souvent ailleurs, la Parole de Dieu insiste davantage sur les responsabilités du chef de famille que sur ses droits.
 
                        L'éthique familiale est basée sur le principe d'amour, de soumission et d'obéissance.
 
                        L'éducation des enfants repose sur trois piliers : la prière, l'enseignement et l'exemple. Quand ils sont jeunes, le devoir des enfants est d'obéir à leurs parents (Eph. 6 : 1 ; Col. 3 : 20). Plus tard, il sera de s'occuper de leurs parents (1 Tim. 5 : 8). En tout temps, il est de les honorer.
 
                        Les parents sont exhortés à ne pas décourager leurs enfants (Eph. 6 : 4), soit par une sévérité excessive, soit par manque d'attention. Les parents doivent élever, discipliner, instruire leurs enfants. De l'obéissance dépend toute l'éducation et de l'éducation dépend la condition de la société tout entière.
                        En face de la complexité des problèmes dans l'éducation des enfants, les parents chrétiens peuvent se sentir mal préparés. Qu'ils se souviennent que la Bible est une source d'enseignement plus riche et plus fiable que n'importe quel manuel de psychologie.
 
                        Le vin et l'huile, fruits de la vigne et de l'olivier, sont les symboles de la joie et de l'Esprit, des bénédictions divines qui ne peuvent être reçues que dans la crainte du Seigneur (v. 3-4).
 
 
            9.3 : Bénédictions (v. 4-6)
 
                        Les bénédictions que Dieu accorde à la famille d'un croyant fidèle (v. 4) s'étendent au peuple de Dieu (v. 5) et aux générations à venir (v. 6). Quand la famille chrétienne est structurée selon des principes bibliques, la famille de la foi s'organise sur les mêmes bases.
 
                        Veillons à ne pas mener une vie de famille égoïste : « Poursuivez la paix avec tous, et la sainteté, sans laquelle nul ne verra le Seigneur » (Héb. 12 : 14). Pratiquons l'hospitalité pour que la paix repose sur l'assemblée locale (Héb. 13 : 2 ; 1 Pier. 4 : 9).
 
 
            9.4 : Application prophétique
 
                        Le Psaume 128 décrit la bénédiction finale des fidèles, quand le Seigneur qui habite en Sion régnera. Jérusalem deviendra le centre du peuple et sera la source de toute bénédiction (Es. 2 : 3).
 
 
 
 
10- Les souffrances du Seigneur : Psaume 129
 
 
            10.1 : Le serviteur souffrant (v. 1-3)
 
                        Les versets 1 à 3 ont d'abord une portée historique : le peuple d'Israël y est personnalisé. Il a été opprimé dès sa formation. Il a souffert en Egypte, mais Dieu l'en a délivré pour s'acquérir un peuple de sacrificateurs (Ex. 19 : 5-6). Même au temps de sa puissance, Israël a été constamment opprimé par les nations qui environnaient son pays. Par la suite, les Juifs ont été dispersés, aucune atrocité ne leur a été épargnée, et pourtant ils ont conservé leur identité, ils sont restés un peuple séparé. N'oublions jamais non plus les souffrances que les croyants des siècles passés ont endurées pour pouvoir servir Dieu et défendre la foi.
 
                        Pour les chrétiens, ces versets prennent un sens particulier. Ils annoncent prophétiquement les souffrances du Seigneur, qui a pris la place d'Israël ; Il a consenti à devenir esclave dès sa jeunesse (Zach. 13 : 5). Il a été opprimé dès sa jeunesse aussi (v. 1). Peu de temps après sa naissance, ses parents ont dû fuir en Egypte. A leur retour, ils vont habiter à Nazareth, un village sans renommée. Là, Jésus n'a même pas été reconnu par ses propres concitoyens. Quand Il leur annonce l'arrivée d'un temps nouveau (Luc 4 : 16-30), ils cherchent à le mettre à mort. A la fin de sa vie, Christ a pu dire par l'Esprit prophétique : « J'ai donné mon dos à ceux qui frappaient, et mes joues à ceux qui arrachaient le poil ; je n'ai pas caché ma face à l'opprobre et aux crachats » (Es. 50 : 6). Il a été opprimé et combattu de toute part, mais les hommes n'ont pas prévalu sur Lui (v. 2) : Jésus est sorti victorieux du tombeau.
 
                        Une appréciation plus profonde des souffrances et de la solitude de Christ (« Qu'Israël le dise ! ») nous aidera à surmonter les épreuves (Ps. 130) et à mieux comprendre notre prochain. Que le souvenir des souffrances du Seigneur occupe nos pensées ! (1 Cor. 11 : 23-26 ; Luc 22 : 14-21). La paix et la joie que nous connaissons dans la famille de la foi et dans nos vies personnelles (Ps. 128) ne doivent pas nous faire oublier que le Seigneur a souffert pour que nous puissions jouir de ces bénédictions.
 
 
            10.2 : La rétribution (v. 4-8)
 
                        Sous la loi, les Juifs pouvaient demander la rétribution des méchants (v. 5-6) et souhaiter que personne ne leur dise jamais : « La bénédiction de l'Eternel soit sur vous : » (v. 7). Comme chrétien, nous devons au contraire bénir ceux qui nous persécutent (Rom. 12 : 14). La vengeance ne nous appartient pas. Le jour vient où le Seigneur mettra tout en lumière et anéantira ceux qui persécutent les croyants (2 Thes. 1 : 6-10). Lui-même peut demander la vengeance, puis l'exécuter personnellement, sur ceux qui n'ont pas voulu qu'Il domine sur eux.
 
 
            10.3 : Application prophétique
 
                        Les Cantiques 129 à 131 révèlent les exercices de conscience que les épreuves produisent dans le coeur des fidèles. Le Psaume 129 décrit les événements qui ont eu lieu dès le commencement de l'histoire du peuple de Dieu, opprimé dès sa jeunesse. Les nations ont infligé des blessures profondes aux Juifs, mais le moment viendra où le Seigneur jugera les ennemis du « reste » fidèle de son peuple.
 
 
 
 
11- La confession des péchés et le repentir : Psaume 130
 
 
            11.1 : Supplication (v. 1-4)
 
                        Le pèlerin est sans cesse exposé aux dangers d'un parcours souvent difficile et plein d'embûches. Sa vie peut ressembler à une course d'obstacles, alors qu'elle devrait être semée de victoires. Le croyant trébuche parfois et peut même tomber à cause d'un grave péché dans un puits si profond qu'il pense ne jamais pouvoir s'en extraire.
                        Comment sortir d'une telle situation ? La seule voie de salut est :
                                   - confesser son péché
                                   - se repentir (vouloir changer radicalement d'attitude)
                                   - croire que le Seigneur pardonne abondamment (v. 4).
 
                        Dieu résiste aux orgueilleux (Prov. 3 : 34 ; Jac. 4 : 6), mais Il ne peut pas résister au repentir et à la foi des siens. La grâce, loin d'induire la licence, conduit à la sainteté (Jean 5 : 14 ; Rom. 6 : 1-2).
 
                        Pourquoi vouloir chercher partout de l'aide autour de soi dans les difficultés, plutôt que se tourner vers Dieu ? La miséricorde commence quand la justice s'arrête et elle en triomphe (Jac. 2 : 13). Nous savons que le Seigneur est un juge (v. 3). Connaissons-Le aussi comme Celui qui fait grâce (v. 4), en admettant notre état devant Lui.
 
 
            11.2 : Attente (v. 5-6)
 
                        Le psalmiste attendait impatiemment que l'Eternel agisse en sa faveur ; il attendait plus que les sentinelles n'attendent le matin (v. 6). Nous voyons les délais souvent d'une manière négative. Le temps paraît long quand il ne se passe rien. Mais Dieu permet des temps d'attente pour des raisons salutaires. Nos impatiences montrent bien que nous ne sommes pas prêts à vraiment faire confiance à Dieu. Si Dieu reste silencieux, Il n'est pas muet. Au moment convenable, Il se révèle (Jac. 5 : 11). L'attente patiente permet de se préparer spirituellement dans la prière. La patience est une vertu des forts.
 
 
            11.3 : Rédemption (v. 7-8)
 
                        L'Eternel a répondu au psalmiste en lui accordant son pardon. La grandeur de la rédemption est à la mesure de la détresse. Le psalmiste peut alors en témoigner et exhorter son propre peuple à s'attendre à l'Eternel. Le jugement de soi-même conduit à l'espérance, non au désespoir, à la connaissance de Dieu, un Dieu qui pardonne abondamment (Es. 55 : 7 ; Rom. 5 : 20). Notons que chaque verset du Psaume 130 identifie l'auteur du pardon.
 
 
            11.4 : Application prophétique
 
                        Israël a connu des situations désespérées. Il a été plusieurs fois menacé de disparaître. Le « reste » juif, sur le point d'être englouti, s'attendra au Seigneur lui-même et connaîtra la rédemption lorsque le Seigneur se manifestera. La reconnaissance individuelle des iniquités propres et collectives de chaque personne du « reste » conduira à un rachat collectif (v. 8).
 
 
                                                         Extrait de « Sondez les Ecritures » (volume 14)