bible-notes.org

Imprimer ou partager la page :

Un si grand salut (6)


Chapitre 6  -  LA SANCTIFICATION
        6.1   Une mise à part pour Dieu
        6.2   Les deux sanctifications
        6.3   La sanctification de position
        6.4   La sanctification pratique
Questions        
 

Chapitre 6  -  LA SANCTIFICATION

            La sainteté est un attribut essentiel de Dieu. Elle caractérise aussi les croyants puisque nous sommes désignés comme les « sanctifiés dans le Christ Jésus » (1 Cor. 1 : 2). Pour ces raisons, la sanctification occupe une place importante dans toute la Bible. Elle doit d’autant plus retenir notre attention que ses différents aspects sont généralement peu connus.

                        6.1   Une mise à part pour Dieu

            Dans l’Ancien comme dans le Nouveau Testament, la sanctification signifie dans son sens initial : séparation, mise à part pour Dieu (voir par exemple 1 Chr. 23 : 13 ; Jér. 1 : 5). Cela suggère un détachement de la vie ordinaire afin que le croyant appartienne à Dieu pour son service et sa satisfaction. En contraste avec le terme « sanctification » nous avons celui de « profanation ». Sous la loi chaque sacrificateur était sanctifié pour l’Éternel. Il ne devait pas se souiller, c’est-à-dire se profaner (Lév. 21 : 4). Pendant le millénium, les sacrificateurs devront instruire le peuple « à distinguer entre ce qui est saint et ce qui est profane, et lui feront connaître la différence entre ce qui est impur et ce qui est pur » (Ézé. 44 : 23). Le terme hébreu traduit par « profane » peut l’être également par « commun ». Quand une chose est employée à l’usage commun, elle devient souillée comme nous le constatons dans les affaires ordinaires de la vie.
            La première mention de la sanctification dans la Bible est en rapport avec la création et concerne un élément impersonnel. Dieu sanctifie le septième jour et se repose (Gen. 2 : 3). La deuxième mention est en rapport avec la rédemption quand Dieu fit sortir Israël d’Égypte. Il s’agissait alors de la sanctification de personnes. L’Éternel dit : « Sanctifie-moi tout premier-né » (Ex. 13 : 2). Ceux qui avaient été rachetés par le sang, étaient mis à part pour Dieu et formaient une classe spéciale. Pour cette raison, un mode de vie particulier convenait aux lévites qui leur furent substitués plus tard (voir Nom. 3 : 45 ; 8 : 5-19).
            Le livre de l’Exode contient un riche enseignement typique. Au chapitre 12, les fils d’Israël sont protégés par le sang : c’est la justification. Au chapitre 15, ils sont dégagés du pouvoir du Pharaon et retirés d’Égypte : c’est le salut, l’ensemble de ces deux délivrances représentant la rédemption. Mais entre ces deux chapitres nous trouvons la sanctification au chapitre 13 : Le peuple justifié est mis à part pour Dieu. Personne ne pourra revendiquer un quelconque droit sur lui. L’Éternel s’est acquis ce peuple pour lui-même, Il le bénira ensuite pleinement.
            Ainsi, pour bénir une personne, Dieu commence par la mettre à part pour Lui-même afin qu’elle ne soit plus associée au mal.

                        6.2   Les deux sanctifications

            Dans l’Ancien Testament, la sanctification concerne les choses et les personnes, alors qu’elle est limitée à ces dernières dans le Nouveau Testament. La sanctification des personnes possède deux significations différentes qu’il convient de clarifier pour éviter les fausses interprétations courantes à cet égard.

                                    Premier sens 

            La sanctification se rapporte d’abord à l’acte par lequel Dieu met à part pour lui-même, et une fois pour toutes, un croyant lors de sa conversion. C’est un fait d’une nature absolue. Chaque croyant est ainsi séparé pour Dieu. C’est la sanctification de position.
            Trois exemples de sanctification de position peuvent être donnés pour en expliquer le sens :
                  - L’autel, la cuve et les ustensiles étaient sanctifiés sous la Loi. Il n’y avait, bien sûr, aucun changement de nature dans ces choses. Toutefois elles étaient mises dans une position séparée, entièrement consacrées au service de Dieu.
                  - Le Seigneur Jésus lui-même fut sanctifié et envoyé ici-bas (Jean 10 : 36). Sa sainteté personnelle était divinement parfaite et ne pouvait être accrue. Par contre, le Seigneur pouvait être mis à part par le Père pour sa mission dans le monde.
                  - Dans l’expression « sanctifiez le Seigneur le Christ dans vos cœurs » (1 Pi. 3 : 15), l’unique sens possible pour le terme « sanctifier » est celui de mettre à part quant à la position. Dans nos cœurs, nous devons mettre le Seigneur dans une position tout à fait unique. Là, Il doit être exalté, sans aucun rival. L’expression « que ton nom soit sanctifié » (Matt. 6 : 10), s’explique de la même manière.

                                    Deuxième sens 

            Dans son deuxième sens, la sanctification concerne le processus par lequel un croyant est rendu, d’une manière pratique, de plus en plus pur et séparé du mal. Dans son comportement, il se met à part pour Dieu : c’est la sanctification pratique. Sa nature est spirituelle mais elle est vécue par le croyant dans les détails concrets de la vie.
            Notre vie chrétienne commence par la sanctification de position, conférée par une action divine. Ensuite, nous avons à rechercher une sanctification pratique qui soit conséquente avec cette position. La première est pour nous uniquement une affaire de foi, alors que la seconde est liée à notre comportement journalier. Pour la sanctification, comme pour beaucoup de bénédictions chrétiennes, la foi doit précéder l’expérience. Tout se déforme et perd sa valeur dans le domaine de la sanctification si nous ne tenons pas ferme ce principe.

                        6.3   La sanctification de position

            Combien l’homme a été profané par le péché ! Son esprit, son cœur, son être tout entier ont été envahis par le mal. Heureusement la grâce s’applique à le gagner. Pour cela, elle sépare pour Dieu, elle sanctifie, elle donne aux croyants le titre de « saints ».
            Le cas des Corinthiens fournit un exemple frappant. Parmi les croyants mentionnés dans le Nouveau Testament, les Corinthiens semblent être ceux qui sont le moins marqués par une sanctification à caractère pratique. Leur comportement donne lieu à beaucoup de critiques sur les plans moral et doctrinal. Pourtant l’apôtre Paul s’adressa à eux comme à des « saints » parce qu’ils étaient sanctifiés en Jésus Christ (1 Cor. 1 : 2). Plus loin, après l’énumération des abominations des hommes des nations sans Dieu, il affirme : « quelques-uns de vous, vous étiez tels ; mais... vous avez été sanctifiés... » (1 Cor. 6 : 11).
            Ainsi est établi le fait que nous sommes sanctifiés par Dieu indépendamment de notre niveau de sainteté pratique. S’il en était autrement, nous serions sous un principe légal qui n’apporte aucune paix et qui ne fait que manifester l’impuissance de l’homme à mener par lui-même une vie exempte de mal. À l’opposé, rien n’est plus stimulant pour croître dans la sainteté pratique que de se savoir mis à part pour Dieu, sanctifié quant à la position.
            Cette sanctification de position est obtenue de deux manières : « Vous avez été sanctifiés... au nom du Seigneur Jésus et par l’Esprit de notre Dieu » (1 Cor. 6 : 11). Premièrement quand nous avons cru, nous avons été mis à part pour Dieu au nom du Seigneur. Par Christ, notre sanctification est aussi entière que notre justification. Les deux reposent sur son œuvre à la croix. « Par cette volonté (celle de Dieu)... nous avons été sanctifiés, par l’offrande du corps de Jésus Christ faite une fois pour toutes » Héb. 10 : 10). Jésus, « afin de sanctifier le peuple par son propre sang, a souffert hors de la porte » (Héb. 13 : 12). Dans ce premier sens, c’est Christ lui-même qui a agi pour notre sanctification.
            D’un autre côté, nous sommes sanctifiés par le Saint Esprit. L’apôtre Paul écrit : « Dieu vous a choisis dès le commencement pour le salut, dans la sainteté de l’Esprit et la foi de la vérité » (2 Thes. 2 : 13). L’apôtre Pierre écrit également : « Élus... en sainteté de l’Esprit » (1 Pi. 1 : 2). Cette sanctification de position est effective à la nouvelle naissance où « ce qui est né de l’Esprit est esprit » (Jean 3 : 6). Le Saint Esprit est le moyen de notre sanctification. Quand l’évangile est reçu par la foi, l’Esprit vient habiter dans le croyant, le scellant pour le jour de la rédemption (Éph. 1 : 13-14). Par ce sceau le croyant est reconnu comme appartenant à Dieu. II fait partie de « ceux qui sont sanctifiés par la foi » en Christ (Act. 26 : 18).

                        6.4   La sanctification pratique

            Lorsque nous avons compris notre position de « sanctifiés dans le Christ Jésus » (1 Cor. 1 : 2), nous sommes à même de faire face à nos responsabilités relativement à la sanctification pratique. Ces responsabilités découlent de cette mise à part pour Dieu. Dans l’épître aux Hébreux, les croyants sont appelés « frères saints », c’est leur position, mais ils sont aussi exhortés à poursuivre la sainteté (Héb. 3 : 1 ; 12 : 14). De même, l’apôtre Pierre dit : « Soyez saints », à ceux auxquels il affirme : « Vous êtes... une nation sainte » (1 Pi. 1 : 15 ; 2 : 9). Étant saints devant Dieu, nous avons à être saints ici-bas. Combien devons-nous être attentifs à cette sanctification pratique ! Pour y progresser, il nous faut user des moyens donnés par Dieu pour cela.
            D’abord la sainteté pratique est un résultat de notre libération de l’esclavage du péché. La loi de l’Esprit de vie dans le Christ Jésus nous a affranchis de la loi du péché et de la mort (Rom. 8 : 2). Plus nous serons sous ce principe moteur de l’Esprit de vie, plus nous serons dégagés de la tendance au péché. La marche par l’Esprit est une condition primordiale de la sanctification pratique.
            Que fait le Saint Esprit pour notre sanctification ? Il élève nos pensées vers Christ dans le ciel. Ainsi, « contemplant à face découverte la gloire du Seigneur, nous sommes transformés en la même image, de gloire en gloire, comme par le Seigneur en Esprit » (2 Cor. 3 : 18). Bientôt nous serons comme lui dans la gloire, alors dès à présent nous nous purifions pour Lui être moralement toujours plus semblables (1 Jean 3 : 2-3). Le Seigneur s’est d’ailleurs mis à part dans cette position céleste afin que nous soyons sanctifiés dans notre conduite (Jean 17 : 19 ; voir aussi Héb. 7 : 26). Du ciel, Il intercède pour nous et se révèle à nous, attire nos cœurs et nous détache d’ici-bas.
            La Parole de Dieu a également un pouvoir sanctifiant. Le Seigneur priait : « Sanctifie-les par la vérité ; ta Parole est la vérité » (Jean 17 : 17). L’Esprit de Dieu - qui est aussi la vérité (1 Jean 5 : 6) - et la Parole de Dieu sont intimement liés. Ils le sont à la nouvelle naissance de chaque croyant et ils le sont pour le faire progresser dans la sainteté pratique. La Parole l’instruit de la pensée de Dieu dans les choses de chaque jour et le Saint Esprit lui donne la force de la réaliser.
            Nous pouvons également croître dans la sainteté pratique par l’amour : « Que le Seigneur vous fasse abonder et surabonder en amour... pour affermir vos cœurs sans reproche en sainteté » (1 Thes. 3 : 12-13). À mesure que l’amour augmente, nos cœurs sont établis en sainteté. La sainteté pratique n’est pas quelque chose de figé, de légal, mais une vie d’amour active comme celle de Jésus l’a été en perfection.
            Enfin, la sainteté pratique est évidemment liée à la séparation de tout ce qui est impur, et à la crainte de Dieu (2 Cor. 7 : 1). Cette séparation s’exerce par rapport aux actes incompatibles avec la présence du Seigneur et également par rapport aux personnes qui pratiquent de telles actions ou enseignent de fausses doctrines (2 Tim. 2 : 21).
            Dieu désire notre sanctification pratique : « C’est ici la volonté de Dieu, votre sainteté » (1 Thes. 4 : 3). Il ne la considère pas comme quelque chose de facultatif ou de passager, mais Il travaille en nous pour que nous progressions en elle constamment. L’apôtre exprime le désir que « le Dieu de paix lui-même vous sanctifie entièrement » (1 Thes. 5 : 23). Le Seigneur priait pour que les siens soient sanctifiés (Jean 17 : 17) et Il sanctifie lui-même son assemblée. Il la purifie par la Parole afin de se la présenter bientôt, « glorieuse, n’ayant ni tache, ni ride, ni rien de semblable » (Éph.5 : 27).


Questions

                        Question 1 : Qu’est-ce qu’un saint ?

            Les croyants sont fréquemment appelés « saints » dans le Nouveau Testament. L’usage populaire du terme « saint » répond-il à son usage scripturaire ?
            
Non, il s’agit de deux sens différents. Il serait même utile d’employer deux termes différents s’ils existaient.
            Dans la pensée populaire un « saint » est une personne d’une piété exceptionnelle qui aurait atteint une prétendue perfection morale. Après sa mort, il peut être vénéré et diverses représentations, peinture ou statue, peuvent en être faites. Cela n’est pas spécifique au christianisme mais se retrouve dans d’autres religions. Bien sûr, le croyant instruit de la pensée de Dieu doit se tenir loin de ces choses.
            Dans la Parole, chaque croyant est un « saint », car il est séparé pour Dieu par le sang de Christ et par le Saint Esprit qui habite en lui.
            La pensée populaire est très tenace, parce que nous avons tendance à croire que la sainteté ne nous concerne pas tous personnellement mais s’adresse seulement à un petit nombre de croyants supérieurs. Eux seuls auraient à poursuivre la sainteté et cela nous servirait d’excuse pour nous contenter d’une vie chrétienne d’un niveau inférieur. Rejetons avec énergie cette tendance, et maintenons soigneusement la pensée scripturaire.

                        Question 2 : Délivrance du péché, complète et actuelle : est-ce possible ?

            Certaines personnes se prétendent entièrement sanctifiées dans la pratique, complètement délivrées du péché. La Parole de Dieu confirme-t-elle ces affirmations ?
            
Aussi longtemps que nous aurons nos corps naturels, issus d’Adam, le péché sera en nous. Affirmer que l’on peut être déjà sur la terre complètement délivré du péché est une erreur. L’apôtre Jean dit : « Si nous disons que nous n’avons pas de péché, nous nous séduisons nous-mêmes » (1 Jean 1 : 8).
            Nous n’avons aucune excuse pour céder au péché, puisque nous avons un pouvoir suffisant à notre disposition pour nous en préserver. Cependant l’Écriture affirme que « nous faillissons tous à plusieurs égards » (Jac. 3 : 2). Nous en faisons tous la triste expérience et nous le confessons facilement. S’il n’en est pas ainsi, notre sens du péché est tristement émoussé.
            L’apôtre Paul exprime ce souhait pour les Thessaloniciens : « Que le Dieu de paix lui-même vous sanctifie entièrement » (1 Thes. 5 : 23). Il ne fait pas allusion à une sainteté pratique totale, mais à l’homme tout entier dans sa nature tripartite, esprit, âme et corps. Rien n’est partiel dans l’œuvre de Dieu. Son influence sanctifiante atteint toutes les parties de notre être et se poursuit jusqu’à la venue du Seigneur. Alors, la sanctification de l’homme tout entier sera complète et parfaite, mais pas avant.
            Toutefois, une vie de sainteté pratique croissante est la vie chrétienne normale. Celui qui vit soigneusement une telle vie, en parlera le moins possible. Sa vie et ses paroles se résumeront en un seul nom : Christ.


F. B. Hole – commande possible de l’ouvrage imprimé : www.labonnesemence.com


À suivre