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MOI, JE NE T'OUBLIERAI PAS. VOICI, JE T'AI GRAVE SUR LES PAUMES DE MES MAINS
(Es. 49 : 15-16).
 
 

Le bien-aimé dans le Cantique des cantiques
Le ministère du Seigneur
A la Croix
Après la résurrection du Seigneur


    Le privilège de la foi, le secret de son assurance, c'est d'être occupée avant tout d'une Personne (2 Cor. 3 : 18). Contemplant le Seigneur, le psalmiste s'écrie : « Tu es plus beau que les fils des hommes, la grâce est répandue sur tes lèvres : c'est pourquoi Dieu t'a béni à toujours » (Ps. 45 : 2). En effet toutes les gloires Lui appartiennent. Sa gloire officielle va briller sur tout l'univers. Sa gloire personnelle était voilée quand il est venu comme un Homme ici-bas mais  elle sera bientôt visible pour tous. Sa gloire morale, elle, n'a jamais été cachée. En regardant Jésus qui marchait, Jean le baptiseur s'est écrié : « Voilà l'Agneau de Dieu » (Jean 1 : 36).

    Qu'il s'agisse de Ses pensées, de Ses paroles ou de Ses actes, en Lui tout est perfection (Jean 8 : 25). Il a été sur la terre la pleine révélation de Dieu : « Celui qui m'a vu, a vu le Père » (Jean 14 : 9). Son sentier comme Fils de l'homme était empreint de grandeur, de grâce et de gloire. Bientôt les rachetés contempleront à jamais Ses splendeurs dans les parvis célestes. 

    Mais la volonté de Dieu était que les siens puissent avoir déjà sur la terre communion avec Lui et avec Son Fils, Celui en qui Sa plénitude s'est plu à habiter corporellement (Col. 2 : 9). Il doit donc être l'Objet continuel de nos coeurs. La Parole de Dieu invite les rachetés à fixer constamment leurs regards sur Lui, de manière à Le considérer avec attention (Héb. 3 : 1 ; 12 : 2-3). Ainsi notre amour pour le Seigneur pourra augmenter et se renouveler sans cesse !

    Le verset cité en tête de ces lignes attire notre attention sur une merveilleuse promesse du Seigneur. Elle rappelle que chacune de ses brebis a son nom gravé sur les paumes de Ses mains. Elles ont été percées pour chacun de Ses rachetés (Jean 10 : 28 ; 17 : 12) ! Occupons-nous ensemble du Seigneur et voyons en particulier comment la Parole de Dieu attire l'attention sur Ses mains, ànullesautrespareilles.

 

Le bien-aimé dans le Cantique des cantiques

    Le bien-aimé du Cantique des Cantiques est un type du Seigneur Jésus. Seul il pouvait remplir le coeur de la Sulamithe et à maintes reprises, elle fait l'expérience, comme nous la faisons avec le Seigneur, des soins de son amour. Et pourtant son amour s'atténue, elle cherche ses aises et tarde à lui ouvrir, alors qu'il avance sa main par le guichet (Cant. 5 : 2-5) ! Et si enfin elle se lève de son lit de paresse c'est pour constater que son bien-aimé est allé plus loin. Or elle éprouve maintenant le besoin impérieux de retrouver la joie partagée de leur communion, mais ses recherches restent vaines ! Emues devant sa détresse (Cant. 5 : 7-8), les filles de Jérusalem interrogent avec affection : « Ton bien-aimé, qu'est-il de plus qu'un autre bien aimé, que tu nous adjures ainsi ? » (Cant. 5 : 9). Alors, dans l'abondance de son coeur, la bien-aimée parle aisément de lui (Matt. 12 : 34). Les épreuves ont eu pour effet heureux de ranimer et d'augmenter son amour. Et souvent il faut que nous suivions le même chemin pour retrouver la joie de Sa présence (Ps 51 : 12). Le coeur de cette Sulamithe bouillonne à nouveau d'une bonne parole : elle décrit avec minutie son bien-aimé. La délicatesse des détails montre l'ardeur de ses affections. Elle conclut en affirmant : « Toute sa Personne est désirable » (Cant. 5 : 16).

   
La Sulamithe compare les mains de son bien-aimé à « des rondelles d'or, où sont enchâssés des chrysolithes » (Cant. 5 :14). Si l'on applique au Seigneur ces caractères remarquables, on comprend que Ses mains, comme toute sa Personne, sont l'expression de la gloire divine chez un Homme. Les chrysolithes sont en effet des pierres précieuses qui ont l'éclat de l'or. Elles évoquent des oeuvres parfaites et infinies, en accord avec la justice divine.

    L'éclat d'une telle justice est intolérable pour un pécheur. Quand Jésus guérit un démoniaque, aveugle et muet, les Pharisiens, ces adversaires infatigables, au lieu d'être repris dans leur conscience, osent dire devant ce miracle indéniable : « Celui-ci ne chasse les démons que par Béelzébul, le chef des démons ! » (Matt. 12 : 22-24). Peu après, ces hommes qu'Il était venu sauver vont percer Ses mains et Ses pieds et Le clouer sur la Croix (Act. 2 : 23 ; Ps. 22 :16). Pourtant, dans son merveilleux amour, Jésus demande encore : « Père, pardonne-leur, car ils ne savent ce qu'ils font » (Luc 23 : 34). Les hommes voulaient l'empêcher d'agir, mais Ses mains dans leur incomparable onction restent toujours ouvertes pour bénir. Il en est très souvent question dans les Evangiles, en particulier dans celui de Marc, qui insiste sur son caractère de Serviteur et dans celui de Luc, qui le présente comme le Fils de l'homme.

 
Le ministère du Seigneur

    Les mains du Seigneur mettent en évidence la perfection de son service : « Il était puissant en oeuvres et en paroles » (Luc 24 : 19 ; Ps. 111 : 7-8). A chaque moment de sa vie, Jésus se trouve là où le Père veut qu'Il soit (Jean 7 : 6  ; 11 : 6). Dans la puissance du Saint-Esprit, Il passe « de lieu en lieu, faisant le bien, et guérissant tous ceux que le diable avait asservis à sa puissance » (Act. 10 : 38). Tout en Lui était un parfum de bonne odeur devant Dieu. Son ministère en faveur de l'homme va de pair avec la recherche de la gloire de son Père (Jean 8 : 29).

    Que le Seigneur touche quelqu'un, qu'Il prenne ou donne quelque chose, Ses mains sont toujours employées à répondre aux besoins de sa créature et à la protéger. Il guérit ces plaies qui défigurent, et celles que l'on prend grand soin de cacher. (Luc 4 : 40 ; Matt. 8 : 16-17). Dans l'une des villes où le Seigneur passe, un homme plein de lèpre, voyant Jésus, s'approche, malgré l'interdiction de la Loi, (Lév. 13 : 45 ; Luc 5 : 12). Il le supplie : «Si tu veux, tu peux me rendre net ». Il n'a pas encore une entière confiance dans la grâce qui est en Jésus mais il ne doute pas de sa puissance. C'est le cri de la foi : alors « Jésus, ému de compassion, étendant la main, le toucha » (Marc. 1 : 40-41). Il entre en contact avec les plaies rebutantes de cet homme, dont tous s'écartaient avec un effroi légitime. Sa sainteté absolue lui permet de toucher un lépreux sans être souillé par la corruption, conséquence évidente du péché. Aussitôt cet homme est nettoyé de sa lèpre.

    Jésus n'a nul besoin de Ses mains pour guérir : une parole suffit. Mais dans sa grâce Il se sert souvent de ses mains pour établir un contact direct, intime, rempli de délicatesse C'est Son coeur qui fait toujours mouvoir sa main. Elle est l'instrument intelligent de son service, de l'activité de sa grâce parfaite en faveur des hommes. Celui qui a été touché par la main de Jésus en garde un souvenir vivant ! Il n'est pas un seul homme qui ne doive être nettoyé, guéri, purifié et relevé par le Seigneur. Non seulement le lépreux est rendu net, mais la santé est redonnée à la belle-mère de Pierre. En s'approchant d'elle, Il la prend par la main. Elle se lève et aussitôt la fièvre la quitte (Marc 1 : 31).

    Ailleurs c'est la vie qui est rendue à la fille de Jaïrus. Elle avait douze ans à peine, l'âge où Jésus est déjà assis au milieu des docteurs, les écoutant et les interrogeant (Luc 2 : 41-42, 46).

    Le Seigneur honore toujours la foi, mais Il montre sa souveraineté. Dans cette dernière scène, Il met d'abord dehors tous les moqueurs. Puis en présence du père et de la mère et d'un cercle intime de trois disciples, Pierre, Jacques et Jean, Il prend « la main de l'enfant, et Il lui dit : Talitha coumi ; ce qui interprété est : Jeune fille, je te dis, lève-toi. Et aussitôt la jeune fille se leva et marcha » (Marc 5 : 37-42). Celui qui a dit : « Que la lumière soit et la lumière fut » (Gen. 1 : 3), s'est approché avec compassion de cette enfant et lui a rendu la vie. A ses parents transportés d'admiration, Jésus commande : « Donnez-lui à manger ». La vie reçue du Seigneur doit être entretenue (Jean 6 : 56).  

    Au pays de Décapolis on Lui amène un « sourd qui parlait avec peine et on Le prie pour qu'Il lui impose la main ». Mais il ne convient pas de Lui dicter comment Il doit agir. Le malade est tiré à l'écart, hors de la foule. Jésus veut avoir un contact direct avec lui : il met ses doigts dans les oreilles du malade ; Il crache et lui touche la langue. Puis Jésus regarde vers le ciel(Jac. 1, 17). Il soupire (ou : gémit) et Lui dit : « Ephphatha » c'est-à-dire, ouvre-toi. « Et aussitôt les oreilles de cet homme s'ouvrirent et le lien de sa langue se délia, et il parlait distinctement » (Marc 5 :32-35).

    A Bethsaïda, c'est un aveugle que le Seigneur prend par la main. Il le mène hors de la bourgade (Marc 8 : 23-25). Il faut se laisser attirer par Sa grâce au seul lieu de la bénédiction, celui où l'on se trouve dans Sa compagnie (Ps. 27 : 4 ; Prov. 8 : 17). Il peut paraître étrange d'entendre la Parole de Dieu affirmer que nous sommes aveugles. Nous qui pouvons pourtant contempler le ciel qui scintille durant la nuit et qui durant le jour voyons toutes les merveilles de la Création. Mais c'est spirituellement que nous sommes aveugles : nos yeux ont besoin d'être ouverts (Act. 26 : 18 ; Ephés. 1 : 18)). Il se peut que la guérison soit graduelle. Ici, le Seigneur crache d'abord sur les yeux de l'aveugle, puis Il pose une première fois les mains sur lui et lui demande s'il voit quelque chose. Chacun doit réaliser l'étendue de ses besoins. La vision de cet homme était encore bien imprécise : les autres étaient pour lui comme des arbres qui marchent. Gardons-nous de donner trop d'importance à ceux qui nous entourent. Alors dans son amour inlassable, Jésus pose encore sesmains sur les yeux de l'infirme. Puis Il le fait regarder ; il est rétabli, et voit tout clairement (Marc 8 : 25). Cet homme peut désormais contempler le Seigneur et s'attacher à Le suivre, Lui seul. Ne retournons pas dans la « bourgade » où si souvent l'on s'agite fiévreusement. Notre oreille pourrait se laisser distraire par les voix du monde et notre vue spirituelle baisser (2 Pier. 1, 9).

    Sur le chemin de Naïn, suivi d'une grande foule, le Seigneur rencontre un cortège funèbre formé lui aussi de beaucoup de personnes. « On portait dehors un mort, fils unique de sa mère et elle était veuve ». La voyant, le Seigneur est ému de compassion envers elle et lui dit : « Ne pleure pas » (Luc 7 : 12-13). La mort est semblable à une épée toujours suspendue sur nos têtes. Jésus s'approche, Il touche la bière, et instinctivement, ceux qui la portaient, s'arrêtent. Tous les assistants ont le sentiment que quelque chose va se passer ! Alors, à Sa parole de sympathie, Jésus ajoute une parole de puissance : « Jeune homme, je te dis, lève-toi ». Le mort se lève sur son séant et commence à parler. Aussitôt Jésus « le donna à sa mère » (Luc 7 : 14-15). Une fois encore Sa gloire, Son amour et Sa grâce ont été manifestés devant tous. Bientôt, à la Croix, Il remportera une victoire définitive sur Satan et sur la mort, ce roi des épouvantements. Il sortira du tombeau Lui-même en résurrection, à l'aube du troisième jour, dans la puissance d'une vie impérissable (Héb. 7 : 16).

    Frappés d'étonnement, les hommes se demandaient : « Quelle est cette sagesse qui Lui est donnée, et d'où vient que de tels miracles s'opèrent par Ses mains ? » (Marc 6 : 2 ; Luc 7 : 16).

    Le soleil se couche, le jour de la grâce s'achève. Il est encore temps, car la nuit vient, en laquelle personne ne peut travailler (Jean 9 : 4). Il faut saisir l'occasion : de toutes parts, on apporte au Seigneur tous ceux qui se portaient mal et les démoniaques.

    Devant leur incapacité à se guérir eux-mêmes, ces hommes comprennent que seul le Seigneur peut répondre aux besoins les plus désespérés ! Nul n'est exclu, mais certains, incapables de se mouvoir eux-mêmes, doivent être apportés (Marc 2 : 3-4). Chacun d'entre nous est moralement et spirituellement comparable à ces infirmes, à ces malades. Hâtons-nous d'avoir affaire au Sauveur avant la nuit (Es. 21 : 12).

    Le Seigneur était ému de compassion devant cet immense cortège de souffrances qui se dirigeait de toutes parts vers Lui. La Parole précise que la ville tout entière était rassemblée à la porte. Sans se lasser, « ayant imposé les mains à chacun d'eux, Il les guérit » (Luc 4 : 40 ; Marc 1 : 32-34). Les doigts paraissent de petits organes par rapport à l'ensemble du corps. Mais ils sont très sensibles, d'une grande précision et tellement utiles (1 Cor. 12 : 21) ! Voyons ceux du Seigneur à l'oeuvre !

    Jésus apporte un baume souverain sur les plaies les plus repoussantes et calme les douleurs les plus vives. Dans les maux, Jésus soulage. Il guérit l'esprit abattu et ranime le courage du coeur le plus oppressé (2 Thes. 2 : 17). La parole d'Esaïe s'accomplit : « Lui-même a pris nos langueurs et a porté nos maladies » (Matt. 8 : 16-17). Mais c'est avant tout notre âme qui a besoin de guérison. Dieu veut et peut pardonner le coupable, purifier celui qui réalise son état de souillure. Allons à Christ sans plus tarder, seul son sang versé à la Croix ôte tout péché et donne la vie éternelle (1 Jean 1, 7).

 

    On apportait aussi à Jésus des petits enfants « pour qu'il leur imposât les mains et qu'il priât ». Mais les disciples reprenaient ceux qui les apportaient ! Sans doute estimaient-ils ces enfants trop insignifiants ? Mais le Seigneur les prend entre Ses bras avec douceur et bonté : « Il posa ses mains sur eux et les bénit » (Marc 10 : 16 ; Matt. 19 : 13). Il rappelle que c'est « à de tels qu'est le royaume de Dieu », à ceux qui sont humbles de coeur et vraiment dépendants, en contraste avec « les sages et les intelligents », auxquels l'incrédulité cache souvent la grâce (Matt. 11 : 25).

    Les mains du Seigneur sont puissantes. Pierre Lui dit: « Si c'est toi, commande-moi d'aller à toi sur les eaux ». Jésus lui répond : « Viens ». Alors son disciple descend de la nacelle et, avec foi, marche sur les eaux pour aller à Jésus. Mais, tout à coup, il réalise que le vent est fort, il a peur et commence à enfoncer. Alors il s'écrie : « Seigneur, sauve-moi » !  Et aussitôt Jésus, étendant Sa main puissante, le prend et lui dit : « Homme de petite foi, pourquoi as-tu douté » ? (Matt. 14 : 28-31). Combien souvent nous faisons la même expérience ! Mais la main secourable du bon Berger est toujours prête à nous secourir, même s'Il doit l'étendre pour nous délivrer d'une situation due à notre incrédulité ou à notre volonté propre !

    Dans une autre circonstance, peu avant la Croix (Jean 13 : 1) Jésus lave les pieds de ses disciples, et les essuie avec le linge dont Il était ceint (Jean 13 : 5). Il veille à la sainteté pratique des siens et les encourage à agir de même entre eux. « Seigneur, me laves-tu, toi, les pieds ? » s'insurge Pierre (Jean 13 : 6). Il pensait certainement : « Je suis indigne qu'Il s'occupe ainsi de moi, en prenant la place d'un esclave ! Jésus se sert pour cette humble tâche de Ses mains, qui ont servi en tant d'occasions à ouvrir les yeux des aveugles, à purifier des lépreux et à ressusciter des morts !

    Au moment où Judas se fait le guide de ceux qui viennent prendre Jésus (Act. 1 : 16), voyant venir la troupe des soldats et des huissiers, Pierre, avec sa fougue habituelle, tire l'épée et frappe l'esclave du souverain sacrificateur. L'oreille droite de Malchus est emportée, ce que relatent les quatre évangiles (Jean 18 : 10). Mais seul Luc parle de la guérison de cet homme. Jésus use de compassion envers celui qui pourtant était sorti pour Le prendre, « comme après un brigand, avec des épées et des bâtons » (Matt. 26, 55) : « lui ayant touché l'oreille, il le guérit » (Luc. 22, 51). C'est le dernier miracle opéré avant la Croix.

    Le Seigneur est toujours un exemple pour les siens. Pour annoncer l'évangile, il faut d'abord chausser nos pieds de la préparation de l'évangile de paix. Agir avec amour vis-à-vis d'une âme, la rendra plus accessible au message de la grâce divine (Eph. 6, 15).

 
A la Croix

    Lorsque « son heure est venue », le Seigneur s'est livré Lui-même à ses ennemis, leur disant : « Je vous ai dit que c'est moi ; si donc vous me cherchez, laissez aller ceux-ci » (Jean 18 : 8). Les hommes ont mis leurs mains sur Lui ; c'était aussi « leur heure et le pouvoir des ténèbres » (Luc 22 : 53). « Alors tous les disciples le laissèrent et s'enfuirent » (Matt. 26 : 56), laissant seul le Berger contre lequel l'épée de l'Eternel s'était réveillée (Zach. 13 : 7). Le Seigneur avait dit à Pierre : « Là où je vais, tu ne peux me suivre maintenant » (Jean 13 ; 36). Comme l'arche, type de Christ, entrant seule dans les eaux du Jourdain pour ouvrir le chemin au peuple (Jos. 3 : 4), le Prince de la vie allait « livrer son âme à la mort » (Es. 53 : 12).

     « La compagnie des soldats donc, et le chiliarque, et les huissiers des Juifs se saisirent de Jésus et le lièrent » (Jean 18 : 12). Ses mains secourables, qui n'avaient cessé de faire le bien, et de guérir, ont été liées par ces hommes conduits par Satan (Jac. 5 : 6).

     « Elevé de la terre », le Fils de Dieu a été « crucifié en infirmité », Il a « enduré la Croix », ayant méprisé la honte » (Jean 12 : 32 ; 2 Cor. 13 : 4 ; Héb. 12 : 2). La Parole de Dieu reste sobre en ce qui concerne les détails de la crucifixion. « Et quant ils furent venus au lieu appelé Crâne, ils le crucifièrent là, et les malfaiteurs, l'un à la droite, et l'autre à la gauche » (Luc 23 : 33).

     Ecoutons encore ces paroles prophétiques du Psalmiste : « Des chiens m'ont environné ; une assemblée de méchants m'a entouré, ils ont percé mes mains et mes pieds ; je compterais tous mes os » (Ps. 22 : 16-17). Jésus le Nazaréen était là dans une position infiniment douloureuse, entre le ciel et la terre, « étant devenu malédiction » pour chaque croyant (Gal. 3 : 13) !

     Ses mains percées à la Croix gardent pour l'éternité leurs blessures, témoignage constant rendu à Son amour infini et à Sa grâce. Le jour approche où « on lui dira : quelles sont ces blessures à Tes mains ? Et Il dira : Celles dont j'ai été blessé dans la maison de mes amis » (Zach. 13 : 6). Oui, chers rachetés du Seigneur, réjouissons-nous, nous sommes gravés à jamais sur les paumes de Ses mains (Es. 49 : 16 ; Cant. 5 : 4 ; Ps. 22 : 16).


                            Aux célestes parvis, terme de notre attente
                            Où dès l'éternité Tu voulais des humains,
                            Nous pourrons contempler ta beauté ravissante,
                            Et les blessures de Tes mains.

 

Après la résurrection du Seigneur

    Après Sa résurrection, le Seigneur s'approche sur le chemin de deux disciples qui s'éloignent de Jérusalem. Il voit leur tristesse et leur ignorance. Alors Il leur explique dans toutes les Ecritures « les choses qui Le regardent » (Luc 24 : 27). Le soir approche, ils Le forcent à entrer dans leur maison, à Emmaüs. Quelle bénédiction s'ensuit ! Avec quelle autorité Il prend le pain dans Ses mains et Il le rompt. Leurs yeux s'ouvrent, ils se souviennent des heures bénies, vécues si peu de temps auparavant dans la chambre haute (Luc 22 : 19). Ils Le reconnaissent: c'est Lui, c'est Leur Seigneur ! Ses mains en bénissant ont fait tomber le voile qui était devant leurs yeux. Mais Il devient invisible et disparaît. Alors, se levant à l‘heure même, ils retournent en hâte à Jérusalem et trouvent les onze assemblés. Ils racontent comment le Seigneur s'est fait connaître à eux dans la fraction du pain (Luc 24 : 30-35). Et soudain Jésus se trouve là au milieu d'eux, et pour rassurer ses disciples effrayés et remplis de crainte, Il « leur montra ses mains et ses pieds » (Luc 24 : 39 ; Jean 20 : 20). Ils attestent de l'identité du Seigneur, de l'achèvement de Son oeuvre expiatoire, de Sa victoire totale sur l'Ennemi et sur la mort. Quelle joie sans mélange : plus de tristesse, de deuil, de découragement, d'angoisse ! Il est ressuscité ! Cette vision du Seigneur au milieu des deux ou trois assemblés à son nom remplit-elle aussi nos coeurs de bonheur, comme ce fut le cas pour les disciples au soir de la résurrection ? (Matt.18 : 20).

     Dans la scène de l'évangile de Jean, l'un des douze est absent. Le doute l'envahit, malgré la belle déclaration des autres disciples : « Nous avons vu le Seigneur ! » (Jean 20, 25). Une semaine s'écoule, le Seigneur revient au milieu des siens rassemblés dans la chambre haute. A nouveau il leur dit : « Paix vous soit ! ». Puis Il s'occupe avec amour de Thomas, présent cette fois-ci : « Avance ton doigt ici, et regarde mes mains ; avance aussi ta main et mets-la dans mon côté, et ne soit pas incrédule mais croyant (Jean 20 : 27 ; Ps. 22 : 16). Le disciple répond: « Mon Seigneur et mon Dieu ». La crainte est changée en joie, le doute fait place à la confession et à l'adoration. Toutefois le Seigneur déclare : « Parce que tu m'as vu, tu as cru ; bienheureux ceux qui n'ont point vu, et qui ont cru » (Jean 20 : 28-29). Sommes-nous de ceux-là ?

    Au moment d'être élevé dans le Ciel, le Seigneur, « levant Ses mains en haut, les bénit » (Luc 24 : 50-51). Seules Ses mains saintes et pures peuvent donner une bénédiction sacerdotale et, contrairement à Moïse, elles ne sont jamais pesantes (Ps. 24 : 3-4 ; Ex. 17: 12).

    Ce sont aussi des mains souveraines : les cieux sont l'ouvrage de Ses mains (Ps. 146 : 5-7). Leur puissance créatrice est mentionnée dans plusieurs passages de l'Ecriture (Ps. 8 : 3). Parlant du moment où il avait été fait dans le secret, façonné comme une broderie, le psalmiste peut dire : « Tes mains m'ont fait et façonné » (Ps. 119 : 73 ; 139 : 15). Le Père a mis toutes choses entre Ses mains (Jean 3 : 35 ; 13 : 3). Et un jour, cette puissance se déploiera en jugement : « Les oeuvres de Ses mains sont vérité et jugement » (Ps. 111 : 7). 

    Ses mains sont sûres :le gouvernement et le jugement lui appartiennent : « Il a son van dans Sa main, et Il nettoiera entièrement son aire et assemblera son froment dans son grenier ; mais Il brûlera la balle au feu inextinguible » (Matt. 3 : 12). Le froment correspond à ceux qui croient, la balle représente les incrédules.

    Toute autorité est dans Ses mains. Par dérision, cherchant à Lui dénier Ses droits à la royauté, les hommes ont mis un roseau dans Sa main droite (Matt. 27 : 29). Mais Dieu y a placé les sept étoiles, le livre scellé des sept sceaux, et la faucille tranchante (Apoc. 1 : 16 ; 2 :1 ; 5 : 1-7 ; 6 : 1 ; 14 : 14 ).

    La majesté et la douceur, la sainteté et l'humilité, la grandeur et la bonté se sont alliées en perfection dans chaque parole, dans chaque geste du Seigneur, durant son ministère ici-bas. Notre privilège dès ici-bas est, ne l'oublions jamais, de Le contempler par la foi !

    Tout dans sa personne adorable est amour, grandeur et beauté. Bientôt, au nom de Jésus, tout genou se ploiera, et toute langue confessera que Jésus Christ est Seigneur à la gloire de Dieu le Père (Phil. 2 : 10-11).  

 
 

                                       Ah ! Tes deux mains percées, saignantes sous les clous
                                       Par les hommes blessées quand tu mourais pour nous,
                                       Et des choses souffertes gardant le souvenir,
                                       Ces mains restent ouvertes, ouvertes pour bénir.                   

 
 

                                        Ph. L.   Le 12. 09. 2005