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Élie et Élisée

2 Rois 2 : 1-14


Les dernières étapes du voyage d’Élie (v. 1-8)
            Guilgal - « Élie et Élisée partirent de Guilgal » (v. 1)
            Béthel - « Reste ici, je te prie ; car l’Éternel m’envoie jusqu’à Béthel » (v. 2)
            Jéricho - « Élisée, je te prie, reste ici ; car l’Éternel m’envoie à Jéricho » (v. 4)
            Le Jourdain - « L’Éternel m’envoie au Jourdain » (v. 6)
Les derniers entretiens entre Élie et Élisée (v. 9-10)
Élie enlevé au ciel (v. 11-12a)
Le retour d’Élisée dans la terre d’Israël (v. 12b-14)


            Ce passage présente les derniers pas du prophète Élie sur la terre. Il préfigure la dernière étape de la vie de notre Seigneur montant à Jérusalem pour y être crucifié (Matt. 20 : 18 ; Marc 10 : 33). Malgré les défaillances de son serviteur, l’Éternel l’a honoré à l’ultime étape de sa vie, en lui donnant d’être une figure de Celui que Dieu a de plus précieux : son Fils bien-aimé.
            Le thème est donné dès le premier verset : « Il arriva que lorsque l’Éternel fit monter Élie aux cieux... ». Toute la vie de notre Seigneur était empreinte de son caractère céleste. Il était l’étranger céleste et le but de toute sa marche sur la terre était de passer de ce monde au Père.
            D’autres passages se présentent de la même manière, en donnant d’abord l’aspect spirituel et moral d’un récit :
                  - Josué 7 : 1 : Avant de parler de la tragique bataille qui opposera Israël à Aï, c’est le péché du peuple contre l’Éternel qui est souligné comme clé de tout ce passage.
                  - Jean 13 : 1 : Ce premier verset introduit toute la suite ; non seulement le lavage des pieds des disciples, mais aussi les enseignements que le Seigneur leur donnera (ch. 14, 15, 16) pour le temps de son absence.
                  - Jean 21 : 1 : La manifestation du Seigneur à ses disciples après sa résurrection est aussi la clé de tout le dernier chapitre de l’évangile de Jean.
            N’y a-t-il pas aussi un enseignement pour nous chrétiens qui sommes invités à ressembler à notre Seigneur ? A l’image de la sienne, toute notre vie devrait être marquée par notre appel céleste (Héb. 3 : 1) Puissions-nous mieux réaliser que nous n’appartenons pas à cette terre, mais que notre vocation est céleste.


Les dernières étapes du voyage d’Élie (v. 1-8)

                        Guilgal - « Élie et Élisée partirent de Guilgal » (v. 1)

            C’est à Guilgal que le peuple d’Israël a campé après avoir traversé le Jourdain (Jos. 4 : 19). C’est là aussi que la nouvelle génération a été circoncise (Jos. 5 : 2-9). Guilgal parle donc de séparation et de mise à part.
            Dès avant sa naissance, le Seigneur est présenté à Marie, comme « l’être saint qui naîtra » (Luc 1 : 35). Hébreux 7 : 26 parle de Lui comme étant « saint, exempt de tout mal, sans souillure, séparé des pécheurs ». Sa sainteté absolue est liée à sa nature même, alors qu’il n’en est pas ainsi de nous, qui sommes marqués par le péché dès notre naissance.
            A Guilgal, les 12 pierres dressées dans le lit du Jourdain, fleuve de la mort (Jos. 4 : 9), parlent de notre mort avec Christ (Rom. 6 : 8 ; Gal. 2 : 20). Sa mort, c’est la nôtre ! Les 12 autres pierres dressées sur la berge à Guilgal (Jos. 4 : 20) représentent notre identification à Christ ressuscité (Rom. 6 : 5 ; Col. 3 : 1). Nous sommes en danger d’abandonner ces vérités fondamentales pour adopter un christianisme qui ménage la chair, lui laissant une certaine place et oubliant que notre vieil homme a été crucifié à la croix de Christ. En frappant son Fils, Dieu a donné son appréciation sur l’homme dans la chair. Avons-nous à cœur de réaliser cela de manière pratique dans la mise de côté de notre vieil homme ?
            Très vite le peuple d’Israël avait abandonné Guilgal. L’Ange de l’Éternel était monté de Guilgal, où il n’y avait plus personne, pour aller à Bokim (pleurs). Oublier pratiquement notre mort et notre résurrection avec Christ est une source de chagrin pour notre Seigneur. Cet abandon ne peut qu’entraver l’épanouissement de notre vie chrétienne.
            On imagine aussi la tristesse d’Élie, passant une dernière fois dans ce lieu si chargé de souvenirs, que l’incrédulité d’Israël avait pourtant délaissé. Au lieu d’être un endroit marqué par la séparation du mal, Guilgal était devenu aussi un lieu corrompu (Amos 4 : 4)

                        Béthel - « Reste ici, je te prie ; car l’Éternel m’envoie jusqu’à Béthel » (v. 2)

            Comme Élie, notre Seigneur dépendait totalement de son Père dans tout son chemin sur la terre. Il disait lui-même qu’Il ne pouvait rien faire indépendamment de la volonté de Celui qu’Il était venu servir à chaque instant (Jean 5 : 19).
            Élie ne force pas Élisée à le suivre. Contrairement à la loi de Moïse qui contraignait, le Seigneur n’oblige personne à Le suivre. Pourtant, c’est la joie de ceux qui L’aiment de Le suivre de près et de vivre dans sa proximité (Jean 1 : 37).
            Élisée répond : « L’Éternel est vivant, et ton âme est vivante, que je ne te laisserai point » ( v. 2). L’expression «l’Éternel est vivant » donne de la solennité à ce qui est dit. C’est une manière de prendre l’Éternel à témoin de ses propres paroles. C’est la première expression que nous entendons de la bouche d’Élie lui-même (1 Rois 17 : 1). Cette réponse qui jaillit du cœur d’Élisée traduit son profond attachement à son maître. Que notre amour pour le Seigneur nous engage à sa suite ! Nos pieds suivent notre cœur. Si nos cœurs Lui sont attachés, tout naturellement nous désirerons sa compagnie.
            Béthel signifie « maison de Dieu ». Jacob a donné ce nom à cet endroit bien que sa mauvaise conscience lui ait fait redouter la présence de l’Éternel : « Que ce lieu est terrible ! », s’écrie-t-il (Gen. 28 : 17). Comme Adam et Ève se cachant de l’Éternel, il ne réalise pas alors que la présence de l’Éternel est une bénédiction.
            Bien qu’étant un homme sur la terre, le Seigneur vivait dans l’intimité de son Père. Il restait « le Fils unique qui est dans le sein du Père » (Jean 1 : 18). Il réalisait en perfection le souhait du psalmiste : « J’ai demandé une chose à l’Éternel, je la rechercherai : c’est que j’habite dans la maison de l’Éternel tous les jours de ma vie » (Ps. 27 : 4 ; voir aussi Ps. 91 : 1).
            Suivant son exemple, chaque croyant est invité à vivre dans la proximité de son Seigneur. La terre n’est pas notre patrie. Nous pouvons, d’ores et déjà, goûter par la foi la joie des enfants de Dieu dans la maison de leur Père.
            Hélas, Béthel est devenu un lieu idolâtre. Oubliant le triste épisode du veau d’or (Ex. 32), Roboam y a établi une idole semblable dans le lieu même qui s’appelait « la maison de Dieu ». Plus tard, l’Antichrist installera une odieuse idole dans le temple même (Matt. 24 : 15 ; Marc 13 : 14).
            Quelle tristesse pour Élie de passer dans ces lieux où l’Éternel s’était révélé et qui étaient maintenant voués à l’idolâtrie (Amos 4 : 4 ; 5 ; 4 ; Osée 10 : 5) ! Quelle douleur aussi pour notre Seigneur de rencontrer, durant toute sa marche ici-bas, l’endurcissement et l’éloignement des cœurs !
            « Les fils des prophètes qui étaient à Béthel sortirent vers Élisée » (v. 3). Sans avoir forcément un lien familial avec les prophètes, ces fils des prophètes sont leurs disciples. Ils ont été bien enseignés par des prophètes pieux qui leur ont communiqué les pensées de Dieu. Beaucoup d’entre nous peuvent se reconnaître en eux. Comme Timothée, nous connaissons les Saintes Lettres qui peuvent nous rendre sage à salut par la foi qui est dans le Christ Jésus (2 Tim. 3 : 15). Seulement il peut y avoir une très grande différence entre ce que nous connaissons et ce que nous réalisons. On ne voit pas que le savoir des fils des prophètes les engage à la suite d’Élie. Ils sont prêts à en parler avec Élisée sans que leur connaissance influence leur conduite.
            Le Seigneur dira à ses disciples : « Si vous savez ces choses vous êtes bienheureux si vous les faites » (Jean 13 : 17).
            « Je le sais, moi aussi, taisez-vous » (v. 3). En contraste avec l‘attitude des fils des prophètes, la connaissance d’Élisée ne reste pas lettre morte, mais l’engage à la suite de son maître. Aussi n’est-il pas disposé à échanger avec ceux pour qui la vérité reste une théorie.

                        Jéricho - « Élisée, je te prie, reste ici ; car l’Éternel m’envoie à Jéricho » (v. 4)

            Toujours dépendant, Élie suit le chemin que la volonté divine lui trace. Cet itinéraire peut heurter la logique humaine. En effet, il aurait été plus logique d’aller directement de Guilgal à Jéricho, qui sont proches, plutôt que de faire l’immense détour par Béthel.
            Mais le chemin de la foi défie souvent la logique humaine. Nous sommes en danger de marcher selon notre logique humaine plutôt que de dépendre de notre Seigneur pour chaque pas de notre chemin, comme Il nous en a donné l’exemple.
            Jéricho est une ville marquée à la fois par une grande délivrance et une malédiction.
            Une grande délivrance y a été opérée par la présence de l’arche (Jos. 6) ; elle préfigure le salut opéré par notre Seigneur à la croix, l’arche étant une image de sa Personne. Josué prononce alors une malédiction sur cette ville ennemie : « Josué jura en ce temps-là, disant : Maudit soit devant l'Éternel l'homme qui se lèvera et bâtira cette ville de Jéricho ! Il la fondera sur son premier-né, et en posera les portes sur son plus jeune fils » (v. 26)
            Avec tristesse, Élie a pu constater que la ville était rebâtie par Hiel, le Béthélite, au mépris de la parole de l’Éternel prononcée par Josué. Le bâtisseur y a perdu ses enfants (1 Rois 16 : 34). Aujourd’hui, l’abandon de la Parole de Dieu est la source de beaucoup de malheurs et particulièrement dans les familles chrétiennes. La lecture en famille est tellement importante pour le bien de tous, et de nos enfants en particulier.
            « Sais-tu qu’aujourd’hui l’Éternel va enlever ton maître d’au-dessus de ta tête ? » ( v. 5). Le début du chapitre parlait de la destination d’Élie : « l’Éternel fit monter Élie aux cieux ». Les fils des prophètes ne parlent que de sa disparition. N’est-ce pas l’attitude des disciples lors des derniers entretiens du Seigneur avec eux ? Ils étaient tristes du départ du Seigneur mais n’entrevoyaient pas la glorieuse destination de leur maître  (Jean 14 : 28 ; 16 : 5-7).

                        Le Jourdain - « L’Éternel m’envoie au Jourdain » (v. 6)

            Le Jourdain est le fleuve de la mort. C’est vers Golgotha, vers la mort de la croix que notre Seigneur a marché, manifestant sa parfaite obéissance à la volonté de son Père.
            Élie quitte la terre d’Israël. Comme les cultivateurs de la parabole qui ont jeté le fils du propriétaire hors de la vigne (Marc 12 : 7-8), le peuple d’Israël a rejeté Christ pour le livrer aux nations. « Il sortit portant sa croix » (Jean 19 : 17).
            « Je ne te laisserai point » (v. 6). Le Seigneur a été tout seul dans le chemin qu’Il a suivi pour accomplir l’œuvre de l’expiation de nos péchés à la croix (Jean 13 : 36), mais comme Il le dit à Pierre, c’est dans un chemin de mort que le croyant est invité à Le suivre (Matt. 16 : 24).
            « Et cinquante hommes d’entre les fils des prophètes allèrent et se tinrent vis-à-vis, à distance » (v. 7). Malgré leurs connaissances doctrinales, les fils des prophètes se tiennent à distance. Serions-nous comme eux ? En contraste avec eux, l’apôtre Paul réalisait journellement son identification avec la mort de Jésus. Aussi pouvait-il déclarer « …portant toujours partout dans le corps la mort de Jésus » (2 Cor. 4 : 10), ou encore : « je suis crucifié avec Christ » (Gal. 2 : 20). L’attitude du grand nombre n’influence pas Élisée. Il continue à suivre son maître alors même qu’ils sont cinquante à se tenir à distance.
            « Élie prit son manteau et le plia, et frappa les eaux, et elles se divisèrent deçà et delà » (v. 8). Le manteau était le signe distinctif d’un prophète (Zach.13 : 4). Il parle aussi du témoignage rendu pendant notre vie. Il suggère la marche parfaite de notre Seigneur ici-bas.
            Élie plie son manteau ; sa vie terrestre prend fin. Nous savons aussi que le suaire qui enveloppait le visage du Seigneur était plié à part dans le tombeau vide. (Jean 20 : 7) : la résurrection s’est opérée sans précipitation et dans une totale sérénité.
            Frappées, les eaux du Jourdain se séparent ouvrant un passage à sec. L’œuvre de Christ à la croix délivre du jugement. Les eaux en sont fréquemment l’image dans l’Écriture - les eaux du déluge par exemple. Par la victoire remportée à la croix, la mort a perdu son terrible pouvoir.


Les derniers entretiens entre Élie et Élisée (v. 9-10)

            « Il arriva, quand ils eurent passé… » (v. 9a). Élie et Élisée sont alors hors du pays d’Israël. La conversation qui va s’engager dépassera les limites d’Israël pour avoir une portée universelle.
            « Demande ce que je ferai pour toi avant que je sois enlevé d’avec toi » (v. 9b). Mieux qu’Élie, avant son départ le Seigneur ouvre aux siens des bénédictions qui dépassent tout ce que la Loi offrait. Ce verset ressemble un peu à ce que l’Éternel avait dit au jeune roi Salomon : « Demande ce que tu veux que je te donne » (1 Rois 3 : 5). Salomon comme Élisée ont répondu avec sagesse et discernement.
            Élisée dit : « Qu’il y ait, je te prie, une double mesure de ton esprit sur moi » (v. 9c). Les deux thèmes des chapitres 14 à 16 de l’évangile de Jean sont à la fois le départ du Seigneur et la venue du Saint Esprit.
            « Une double mesure » : le Seigneur dit aux disciples rassemblés qu’il leur est avantageux qu’Il s’en aille (Jean 16 : 7). Les siens feront des œuvres plus grandes même que les siennes (Jean 14 : 12). N’avons-nous pas déjà dans notre récit une préfiguration de la venue du Saint Esprit pour être non seulement sur nous, mais pour demeurer éternellement en nous ? La mesure est double, car le Saint Esprit révèle non seulement les vérités cachées dans l’Ancien Testament, mais aussi les immenses vérités liées à la glorification du Seigneur à la droite du Père. Prenons l’exemple de Simon Pierre ; avant la venue du Saint Esprit, lors de la transfiguration, ses paroles révèlent son peu d’intelligence de ce qui se passe sous ses yeux. Mais plus tard, lorsque le Saint Esprit a donné tout son sens à cette scène de gloire, quelle intelligence est celle de Pierre lorsqu’il en parle (2 Pier. 1 : 16-19) !
            « Si tu me vois quand je serai enlevé d’avec toi, il en sera ainsi pour toi » (v.10). La venue du Saint Esprit le jour de la Pentecôte (Act. 2 : 1-4) est indissociable de l’élévation de Christ à la droite de Dieu. Comme Élisée témoin de l’élévation d’Élie aux cieux, les disciples ont vu eux aussi le Seigneur élevé au ciel (Luc 24 : 51 ; Marc 16 :19 ; Act. 1 : 9). Le Saint Esprit les attachera désormais non plus à un Jésus vivant sur la terre, mais à un Christ glorifié dans le ciel. La résurrection de Christ sera la base de tout le ministère des apôtres. Enlevez la résurrection et tout s’écroule ! L’apôtre Paul développera ce thème en 1 Cor. 15.


Élie enlevé au ciel (v. 11-12a)

            « Comme ils allaient marchant et parlant… » (v. 11). Cette expression nous ramène aux dernières paroles que le Seigneur a dites à ses disciples avant de les quitter et qui remplissent les chapitres 14 à 16 de l’évangile de Jean.
            « Élisée le vit » (v. 12a). C’était la condition pour qu’Élisée ait une double mesure de l’esprit d’Élie sur lui. La résurrection de Christ ouvre un champ de bénédiction inconnu jusqu’alors. C’est bien dans la conscience de la résurrection de Christ que les apôtres ont établi l’ensemble de la doctrine chrétienne.
            On remarquera que si nous trouvons 7 miracles opérés durant le ministère d’Élie (1 Rois 17 : 1, 14, 17 ; 18 : 30, 41 ; 2 Rois 1 : 9-12 ; 2 : 8), nous en avons 14 durant le ministère d’Élisée (2 Rois 2 : 14, 19, 23 ; 4 : 1, 14, 32, 38, 42 ; 5 :14, 25 ; 6 : 5, 17, 18 ; 13 : 20).
            Élisée s’écria : « Mon père ! mon père ! »  (v. 12a). Jamais jusque-là, nous n’avons entendu Élisée appeler Élie ainsi. Le Seigneur nous a introduits aujourd’hui comme enfants en relation avec son Père. Élisée ne pouvait pas connaître une telle position en Christ. N’avons-nous pas là pourtant déjà une allusion à cette nouvelle relation dans laquelle les croyants d’aujourd’hui sont introduits par la résurrection de Christ ? Après la croix, le Seigneur charge Marie de Magdala d’annoncer aux disciples : « Je monte vers mon Père et votre Père… » (Jean 20 : 17).
            « Char d’Israël et sa cavalerie ! » (v. 12a). Cette expression nous ramène dans le cadre d’Israël. Elle annonce le moment encore à venir où la bénédiction sera apportée à Israël. Le premier char mentionné dans l’Écriture est celui sur lequel Joseph monte lorsque, retiré de la maison des prisonniers, il paraît pour la première fois en gloire (Gen. 41 : 43 ; voir aussi Ps. 45 : 4). C’est sur une croix que le peuple juif a vu le Seigneur pour la dernière fois. Mais lorsque le peuple restauré Le verra, ce sera dans l’éclat de sa gloire de Ressuscité, venant pour consumer ses ennemis et établir son royaume de justice et de paix.
            « Et il ne le vit plus » (v. 12b). Comme plus tard les disciples de Jésus, Élisée ne connaîtra plus son maître présent physiquement sur la terre. Comme lui nous sommes en relation avec un Christ invisible, céleste, que seule la foi discerne. C’est ce que le Seigneur enseigne à ses disciples rassemblés dans la chambre haute avant de les quitter : « Vous croyez en Dieu, croyez aussi en moi » (Jean 14 : 1). De la même manière qu’ils croyaient en un Dieu invisible, ainsi Lui aussi serait désormais invisible et l’objet de leur foi.


Le retour d’Élisée dans la terre d’Israël (v. 12b-14)

            « Et il saisit ses vêtements et les déchira en deux pièces » (v. 12c). Déchirer ses vêtements traduit une grande émotion. Le geste d’Élisée montre le profond attachement qui le liait à son maître. En même temps, en déchirant ses vêtements, Élisée renonce à son ancienne vie. Plus rien ne sera comme avant. Désormais son vêtement sera le manteau d’Élie. Nous sommes nous aussi invités à revêtir Christ (Gal. 3 : 27), pour vivre dans la puissance de sa résurrection.
            « Il releva le manteau d’Élie qui était tombé de dessus lui » (v. 13a). Le manteau d’Élie nous parle du témoignage que laisse ce serviteur de l’Éternel. Comme Élie, Christ n’est plus sur la terre. Pourtant, par le témoignage de sa vie, Il nous a laissé un modèle afin que nous suivions ses traces (1 Pier. 2 : 21).
            « Il s’en retourna, et se tint sur le bord du Jourdain » (v. 13b). Malgré le triste état du peuple d’Israël, Élisée retourne vers lui. Après le rejet de Christ par son peuple, l’évangile de la grâce lui est encore présenté.
            « Il prit le manteau d'Élie qui était tombé de dessus lui, et frappa les eaux, et dit : Où est l'Éternel, le Dieu d'Élie ? - Lui aussi frappa les eaux, et elles se divisèrent deçà et delà ; et Élisée passa » (v. 14). Même si Élie n’est plus là, le Dieu d’Élie demeure avec les siens. Le Seigneur a dit à ses disciples : « Je ne vous laisserai pas orphelins » (Jean 14 : 18). Nous partageons souvent la tristesse d’Élisée perdant son maître. Tant de chers serviteurs du Seigneur nous ont quittés, laissant derrière eux un grand vide. Comme Élisée, nous pouvons nous sentir tellement démunis ! Mais si Élie n’est plus là, la puissance qui l’a accompagné durant son ministère demeure. En frappant les eaux, Élisée fait l’expérience des ressources qui demeurent même en l’absence de son maître.
            « La parole… et mon Esprit, demeurent au milieu de vous » (Aggée 2 : 5). Que nous puissions nous attacher avec foi à cette promesse.


B. Durst