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LES VOIES DE DIEU ET CELLES DES HOMMES (1)


La voie, le chemin, le sentier
Les voies de Dieu lui-même
            Comment Dieu agit
            Caractères des voies de Dieu
            Fais-moi connaître ton chemin
            Ta voie est dans le lieu saint
 

La voie, le chemin, le sentier

            Ces mots sont fréquemment utilisés dans le langage biblique pour exprimer la manière d'agir, le comportement habituel. Nos actions sont ponctuelles. Mais ce qui caractérise de façon générale nos actions, notre ligne de conduite: constitue notre voie, notre chemin, notre sentier. C'est une image du même ordre que nous employons quand nous parlons de notre marche.
            Voie (au pluriel) est le mot le plus fréquemment utilisé, soit dans la Bible soit dans le langage chrétien, mais les autres mots se rencontrent aussi :
                  - chemin (Job 36 : 23 ; Nahum 1 : 3)
                  - sentier (Ps. 25 : 10 ; 65 : 11 ; 77 : 19)
                  - marche - ou marcher (Ps. 68 : 7, 24 ; Ex. 33 : 16 ; 34 : 9)

            Pour parler de ce qui Le concerne, Dieu utilise un langage adapté à la compréhension humaine. C'est ainsi qu'Il nous parle de ses yeux, de ses oreilles, de sa bouche, de sa main, de son cœur…, comme aussi de ses voies, de son chemin, de son sentier et de sa marche. C'est un langage figuré, qui nous est bien accessible, mais il ne nous faut pas oublier que « Dieu est esprit » (Jean 4 : 24). Nous n'avons pas à donner un sens matériel à ces mots. Israël n'avait vu « aucune forme » lorsque Dieu s'était révélé à lui, et le peuple est solennellement mis en garde contre toute représentation concrète de l'Eternel, toute « image taillée » (Deut. 4 : 12-16).
            Les voies de Dieu occupent une place très importante dans la Parole. L'expression s'y trouve avec deux sens distincts :
                  - les voies dans lesquelles Dieu lui-même marche, c'est-à-dire sa manière d'agir ;
                  - les voies de caractère divin dans lesquelles Il appelle les siens à marcher.


Les voies de Dieu lui-même

                        Comment Dieu agit

            « Mes pensées ne sont pas vos pensées, et vos voies ne sont pas mes voies, dit l'Eternel : car comme les cieux sont élevés au-dessus de la terre, ainsi mes voies sont élevées au-dessus de vos voies, et mes pensées au-dessus de vos pensées » (Es. 55 : 8-9).

            Ce passage d'Esaïe nous met à notre place devant Dieu. Ses pensées et ses voies sont infiniment au-dessus des nôtres. Gardons nos esprits de juger Dieu d'après nos normes humaines, faibles et limitées. Nous ne voyons jamais qu'un petit bout des choses, alors que Lui les voit dans leur ensemble. Et observons, pour notre encouragement, que ces versets sont encadrés par la déclaration de la grâce de Dieu : « il pardonne abondamment » et « vous sortirez avec joie ».
            Néanmoins, même si elles nous dépassent de beaucoup, nous sommes profondément intéressés aux voies de Dieu, en particulier à ses voies envers l'homme et envers la terre. Elles nous concernent directement ou indirectement, et elles ont un rapport très étroit avec la gloire de Christ, à qui notre vie est liée.
            L'Ancien Testament, soit dans sa partie historique soit dans sa partie prophétique, nous fait connaître les voies de Dieu envers Israël. Ces voies sont remarquablement résumées par ce verset du Psaume 99 : « Eternel, notre Dieu! tu leur as répondu, tu as été pour eux un Dieu qui pardonnait, et prenait vengeance de leurs actes » (v. 8). Quel contraste : pardon, jugement ! Dieu agit toujours en accord avec sa propre nature, qui est « amour » et qui est « lumière ». Dans sa miséricorde, Il a toujours répondu à la foi des siens et a été prompt à leur pardonner. Mais sa sainteté s'est aussi toujours manifestée dans le jugement du mal.
            « Le secret de l'Eternel est pour ceux qui le craignent » (Ps. 25 : 14). C'est seulement dans la communion avec Dieu et dans la crainte qui Lui est due que l'on peut recevoir de Lui quelque connaissance de ses voies. Moïse, le conducteur d'Israël au travers du désert, avait saisi davantage que le peuple la portée et la raison des œuvres de l'Eternel. « Il a fait connaître ses voies à Moïse, ses actes aux fils d'Israël » (Ps. 103 : 7).

                        Caractères des voies de Dieu

            A la fin du voyage à travers le désert, Moïse rend ce témoignage : « Il est le Rocher, son œuvre est parfaite ; car toutes ses voies sont justice » (Deut. 32 : 4).

            Dans le cantique qu'il adresse à l'Eternel « le jour où l'Eternel l'eut délivré de la main de tous ses ennemis » (2 Sam. 22 : 1), David jette un regard en arrière et dit : « Quant à Dieu, sa voie est parfaite ; … il est un bouclier à tous ceux qui se confient en lui » (v.31). Et il confirme au Psaume 145 : « L'Eternel est juste dans toutes ses voies : et bon dans toutes ses œuvres » (v. 17).
            Après avoir développé les voies de Dieu, passées et futures, envers son peuple Israël, le prophète Osée conclut : « Qui est sage ? il comprendra ces choses ; et intelligent ? il les connaîtra ; car les voies de l'Eternel sont droites » (14 : 9).
            L'épître aux Romains place devant nous les desseins éternels de la grâce de Dieu envers l'homme et les moyens par lesquels Il les a réalisés. Et si, quant à la culpabilité, quant au moyen de salut, et quant à la portée du salut, Juifs et nations sont sur un pied d'égalité, à la fin de l'épître, l'apôtre montre comment la place particulière d'Israël sera maintenue et comment les promesses faites aux patriarches trouveront leur accomplissement. Après cet exposé, il s'exclame : « O profondeur des richesses et de la sagesse et de la connaissance de Dieu ! Que ses jugements sont insondables, et ses voies introuvables ! » (Rom. 11 : 33).
            Et le livre de l'Apocalypse, au sein des jugements qui frappent la terre, nous fait entendre cet ultime témoignage : « Justes et véritables sont tes voies, ô Roi des nations ! » (15 : 3).

                        Fais-moi connaître ton chemin

            « Et maintenant, je te prie, si j'ai trouvé grâce à tes yeux, fais-moi connaître: je te prie, ton chemin - hébr.: tes voies - et je te connaîtrai » (Ex. 33 : 13). C'est une prière de Moïse, juste après l'affaire du veau d'or. Le conducteur ne demande pas ici quel est le chemin dans lequel le peuple doit marcher, mais il désire savoir ce que Dieu fera, quelles vont être ses voies. Acceptera-t-il d'accompagner lui-même son peuple rebelle ou enverra-t-il un ange devant lui ? (voir v. 2-3, 12-16.) Et Dieu se laisse fléchir par l'intercession de Moïse (v. 17).
            Cette instante prière contient encore un enseignement important pour nous. La connaissance des voies de Dieu conduit à la connaissance de Dieu lui-même: « Fais-moi connaître ton chemin… et je te connaîtrai ». Moïse désirait progresser dans cette connaissance.
            En effet, dans le même chapitre, nous l'entendons dire à l'Eternel : « Fais-moi voir, je te prie, ta gloire » (v. 18). Son désir ne pourra pas être entièrement satisfait : « Tu ne peux pas voir ma face », lui répond l'Eternel. Avant la venue de Christ, il était impossible de contempler la plénitude de ce que Dieu est. Cependant Dieu répond à l'attente de Moïse, dans la mesure de ce qui pouvait être connu alors. Il dit: « Je ferai passer toute ma bonté devant ta face » (v. 19). Et Il va le cacher dans la fente du rocher, le couvrir de sa main jusqu'à ce qu'il soit passé, puis retirer sa main. Et ainsi Moïse pourra le voir « par derrière » (v. 22-23).
            Le voir « par derrière » correspond bien à la demande de Moïse : « Fais-moi connaître ton chemin ». Les voies de Dieu demeurent un mystère. Bien souvent, l'homme ne peut savoir à l'avance ce que Dieu va faire. Va-t-Il user de grâce et pardonner, ou va-t-Il agir en jugement ? Mais après qu'Il a agi, on peut, en quelque mesure, discerner ses traces, voir comment Il a agi. C'est aussi ce qu'exprime Asaph au Psaume 77 : « Ta voie est dans la mer : et tes sentiers dans les grandes eaux ; et tes traces ne sont pas connues » (v.19). Les voies de Dieu demeurent un mystère.

                        Ta voie est dans le lieu saint

            Dans ce même Psaume 77, on voit Asaph dans la détresse. Après s'être tourmenté dans son esprit, après s'être demandé si la bonté de Dieu avait cessé pour toujours, il trouve enfin sa consolation : « O Dieu ! ta voie est dans le lieu saint » (v. 13). Les voies de Dieu se déploient sur la terre, là où nous pouvons en discerner quelques traces, mais elles ont leur source dans le lieu saint, dans la demeure éternelle de Dieu. Il agit toujours en parfait accord avec sa nature.
            Cette déclaration du Psaume 77 est éclairée par l'expérience d'Asaph au psaume 73. En voyant « la prospérité des méchants » alors que lui-même était éprouvé, Asaph était bouleversé dans ses pensées; il ne comprenait pas la manière d'agir de Dieu. Il est allé jusqu'à se demander s'il valait la peine de marcher dans la crainte de Dieu. Puis, à la fin, il est « entré dans les sanctuaires de Dieu », et il a compris quelle était la fin des méchants (v. 17). Alors, il a été amené à juger ses pensées et à confesser sa stupidité (v. 22). C'est là, « dans le lieu saint », pour autant que nous sachions y entrer et nous y tenir, que nous pouvons saisir quelque chose des voies de Dieu, de sa manière d'agir.


J-A Monard - « Messager évangélique » 2001 p. 33-38

A suivre (les prochains lundis)