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LA DEUXIÈME ÉPÎTRE AUX CORINTHIENS (13)


LE SERVITEUR DE CHRIST, SON MINISTÈRE ET SES ÉPREUVES (fin)
            CHAPITRE 13
                      Le dernier message de Paul aux Corinthiens (suite)
                              Un avertissement
                              Un message d’amour
                              Salutations (v. 11-13)

 

LE SERVITEUR DE CHRIST, SON MINISTÈRE ET SES ÉPREUVES (fin)

                        CHAPITRE 13

                                    Le dernier message de Paul aux Corinthiens (suite)

                                                Un avertissement

                                                            - La patience a son terme (v. 1-2)

            Comme rappelé plus haut, l’apôtre avait fait un premier séjour de 18 mois à Corinthe. L’évangile avait pu être librement annoncé. « Parle, ne te tais pas », lui avait dit le Seigneur (Act. 18 : 9).
            Au contraire, la deuxième fois, il fut retenu par le Saint Esprit. Ce ne fut donc qu’en pensée et par cette deuxième épître qu’il a été auprès d’eux : « Comme si j’étais présent pour la seconde fois » (v. 2).
            Cette troisième fois, maintenant, aura le caractère d’une solennelle mise au point. Rien ne sera laissé dans l’ombre. Le ton est péremptoire. Paul ne cache pas ses intentions ; il commencera par observer, scruter, en s’informant avec soin. Ensuite, il appréciera et jugera leur état. Enfin, en dernier ressort, si cela s’avère nécessaire, il fera une chose qu’il a différée jusqu’alors : il usera de son autorité apostolique, sans faiblesse. Tout cela était très sérieux, il n’y avait aucun chantage.
            L’apôtre Paul, grâce au don de « discernement d’esprit » (1 Cor. 12 : 10), aurait pu se dispenser d’établir les faits par deux ou trois témoins. Mais cela était conforme à la pensée divine de l’Ancien Testament (Deut. 19 : 15) et du Nouveau Testament (Matt. 18 : 16 ; Jean 8 : 17 ; 1 Tim. 5 : 19), et de plus il était bon que la justice soit rendue pour que personne ne puisse contester, ou croire que cette justice reposait sur les médisances et les insinuations (12 : 20).
            Paul agira comme il l’aurait fait s’il était venu d’emblée à la suite du témoignage de « ceux qui sont de chez Chloé » (1 Cor. 1 : 11) ; au lieu de venir, il leur avait écrit la première épître. Puis, plutôt que de leur rendre visite après la venue de Tite, il avait préféré leur écrire la deuxième épître, afin de les épargner (1 : 23).
            Maintenant il n’y aurait pas de troisième épître. Il viendrait en personne et n’épargnerait pas les coupables, sans préciser toutefois de quelle manière. Ayant été si abondamment instruits par ces deux épîtres, ils seraient d’autant plus responsables.
            Dans la première épître, il les avait engagés à agir eux-mêmes pour redresser ce qui était tordu, et se purifier. Dans la seconde, il développait le ministère de l’Esprit, la grâce, la liberté, la puissance de l’évangile dans le monde. Ensuite, il avait présenté les exhortations d’ordre moral puis celle de la solidarité matérielle. Il leur a montré ensuite où est la source de la puissance nécessaire (et suffisante) pour traverser et surmonter toutes les épreuves. Cette démonstration s’appuyait sur sa propre expérience.
            Ce n’est qu’en dernier ressort qu’il en vient aux menaces (v. 2, 10). Le désir de l’apôtre était de construire. La seule destruction utile était celle des forteresses (10 : 4).

                                                            - Un doute choquant (v. 3)

            Les Corinthiens, ou du moins certains d’entre eux, en étaient encore à chercher des preuves que Paul parlait au nom de Christ. Son autorité n’aurait donc pas été suffisamment confirmée par les signes, prodiges et miracles (12 : 12) ? Ils risquaient bien d’apprendre à leurs dépens que cette autorité était bien réelle. Que ce mépris persistant pour l’apôtre est choquant ! Mépriser l’apôtre, c’était mépriser le Seigneur.
            De tout temps, l’autorité établie par Dieu a été contestée. C’est la répétition du « Quoi, Dieu a dit ? » de Satan (Gen. 3 : 1). Souvenons-nous de l’histoire de Coré et de la réponse de Moïse (Nom. 16 : 1-11, 28-30). Qu’en fut-il du Seigneur ici-bas ? « Si tu es Fils de Dieu », lui dit Satan (Luc 4 : 3). Plus tard on Lui demandera un signe (Matt. 12 : 38) ou un miracle (Jean 6 : 30). Enfin, les principaux sacrificateurs Le mettront au défi de descendre de la croix afin de croire en Lui (Marc 15 : 32).
            Les époques se succèdent, mais le cœur de l’homme est toujours le même.

                                                            - L’exemple parfait (v. 4)

            Au milieu d’une parenthèse (v. 3-4) qui se rapporte au caractère du ministère de Paul, apparaît la troisième allusion directe à la personne du Seigneur dans l’épître.
                    - La première (5 : 21) évoque la victime sainte expiatoire, offerte par Dieu lui-même.
                    - La deuxième (8 : 9) rappelle la vie d’abaissement volontaire et de pauvreté de Celui qui, pourtant, est l’héritier de toutes choses.
                    - La troisième, enfin (v. 4), parle du Ressuscité dans la puissance d’une vie impérissable. La résurrection du Seigneur est selon l’opération de l’excellente grandeur de la puissance de Dieu (Eph. 1 : 19-20).

            Le premier passage met en avant la justice implacable de Dieu ; le deuxième magnifie sa grâce, et le troisième dévoile sa puissance. Ensemble, ces deux derniers passages nous donnent l’exemple parfait. Le Seigneur est le précurseur que l’on doit suivre. L’esclave n’est pas plus grand que son Maître. Si Paul est faible, c’est en Christ. Vivant dans sa communion, il imitait l’Agneau divin. Si le Seigneur a été méprisé, il en sera de même pour les siens. On vous persécutera, on vous tuera, avait-Il annoncé (Jean 15 : 20 ; 16 : 2). Mais la douceur de l’amour de Dieu en Lui laissait intacte toute sa puissance. Il en sera de même pour Paul, pour les Corinthiens et pour tous les croyants. Le témoin est identifié à son Maître. Le premier ressuscité vit par la puissance de Dieu, de même ceux qui sont vivifiés ensemble avec Lui. Seule une vie de résurrection par la puissance de Dieu est à sa gloire ; elle se manifeste dans les croyants conscients de leur faiblesse.

                                                            - Les Corinthiens, sceau de l’apostolat de Paul (v. 5-6)

            Une dernière fois, l’apôtre est obligé de défendre son ministère en face des doutes exprimés sur son authenticité. Les Corinthiens n’étaient-ils pas eux-mêmes le sceau de son apostolat (1 Cor. 9 : 2) et sa lettre de recommandation (3 : 2) ? Non seulement ils avaient reçu l’évangile, mais ils étaient rassemblés en un seul corps. Son message avait été accepté. Si donc on recevait le message, ne reconnaîtrait-on pas le messager ? Dieu utilise de faibles serviteurs, certes, mais jamais de faux témoins.
            Ce n’était pas l’apôtre qui devait être l’objet de leur examen, mais bien eux-mêmes. L’expression : « examinez-vous vous-mêmes » comporte une certaine emphase. Ils ressemblaient à un fondeur qui se trompait de métal. C’était eux-mêmes et non Paul qu’il fallait mettre dans le creuset. Etaient-ils un métal affiné, purifié, ou non ? C’est en eux-mêmes qu’ils trouveraient la réponse à leurs doutes sur l’authenticité du ministère de l’apôtre. Quant à lui, il savait bien que les Corinthiens avaient la vie et constituaient un vrai témoignage de Dieu.
            L’apôtre les invite ensuite à s’éprouver pour évaluer leur état spirituel : « éprouvez-vous vous-mêmes ». Ils devaient se juger, le cas échéant, afin que la communion ne soit pas interrompue (1 Cor. 11 : 31). Sans y passer un temps excessif, nous devons tous avoir cet exercice de conscience : s’examiner, s’éprouver, se juger. C’est la condition pour que notre communion avec le Père et avec son Fils Jésus Christ ne soit pas une illusion mais une heureuse réalité.
            Malgré tout, l’apôtre a des raisons de penser que les Corinthiens, au fond, savent qu’il est approuvé du Seigneur. Cette deuxième épître ne ferait que les conforter dans cette conviction. Nous avons des indices favorables. En effet, lorsque Paul sera à Corinthe, il sera reçu comme apôtre chez Gaïus (Rom. 16 : 23). De là, il écrira l’épître aux Romains. Il leur transmettra les salutations de son hôte chez qui se réunit toute l’assemblée. Il parlera aussi, librement, du geste de solidarité de toute l’Achaïe (Rom. 15 : 26).


                                                Un message d’amour

                                                            - L’état des Corinthiens prime sur la renommée de Paul (v. 7)

            Que veut dire l’apôtre dans ce verset ?
            Du verset 4 au verset 9, il abandonne le singulier pour utiliser le « nous ». Quand il s’agit de son ministère (v. 3), ou du maniement du bâton (v. 10), lui seul est concerné. Mais quand il est question de l’état d’esprit et de cœur du serviteur, il inclut dans sa pensée ses collaborateurs qui marchaient avec lui dans le même esprit et sur les mêmes traces (12 : 18). Et ils étaient solidaires dans l’approbation ou la réprobation. Paul demandait à Dieu que les Corinthiens ne fassent aucun mal, mais, au contraire, ce qui est bon. Il importait peu que l’apôtre et ses compagnons paraissent approuvés, ou même, à l’extrême, soient « comme » des réprouvés. L’honneur des serviteurs passait après les intérêts des Corinthiens. Une fois de plus, Paul manifeste l’esprit d’abnégation et de désintéressement le plus complet. Il ne souhaitait pas être obligé d’affirmer son autorité par l’usage du bâton. Jusqu’alors, il n’avait pas été « éprouvé » à ce titre. Si tout était en ordre chez les Corinthiens, il serait heureux de ne pas avoir à faire cette démonstration de puissance, même si une telle démonstration éliminait tout doute dans l’esprit de certains d’entre eux.
            Paul priait donc pour qu’ils soient gardés du mal (v. 7) ; plus loin, il priera pour leur perfectionnement (v. 9). Un principe moral apparaît ici, que l’on retrouve ailleurs : il n’est pas question de faire ce qui est bon si on continue à faire le mal. « Cessez de mal faire et apprenez à bien faire », avait dit Esaïe au peuple (Es. 1 : 16).
            Faisons attention à ces deux mots : « paraissions » et « comme ». Ce qui importe, c’est ce qui est vrai. Quoi qu’en pensent les Corinthiens, c’est celui que le Seigneur recommande qui est approuvé de Lui (10 : 18).

                                                            - Vérité divine invulnérable (v. 8)

            Nous avons vu (v. 7) le renoncement personnel de celui qui porte la vérité. Mais celle-ci est en elle-même invulnérable. Personne ne peut l’annihiler : « L’écriture ne peut être anéantie » (Jean 10 : 35). Paul était du côté du Seigneur, et son cœur lui interdisait quoi que ce soit contre la vérité qu’il avait fidèlement « manifestée » (4 : 2). Elle était, en quelque sorte, plus forte que lui.
            C’est l’épée victorieuse qui sort de la bouche du Seigneur. Ceux qui heurtent contre elle rencontreront une pierre d’achoppement et un rocher de chute (1 Pier. 2 : 8 ; Rom. 9 : 32-33).

                                                            - Douceur préférable à la sérénité (v. 9-10)

            La faiblesse dont Paul se réjouit, c’est, en fait, de ne pas avoir à utiliser le bâton pour juger le mal. La force de Paul en répression n’apparaîtra pas si les Corinthiens sont forts spirituellement. Une seule chose comptait pour lui : leur bien et non sa propre réputation. Combien il diffère en cela de Jonas qui en arrivait à regretter la repentance des Ninivites et le pardon de l’Eternel. Au contraire, l’attitude de Paul nous rappelle celle de Moïse qui, dans un élan de cœur qui nous confond, a intercédé pour le peuple en disant : « Efface-moi, je te prie, de ton livre que tu as écrit » (Ex. 32 : 32), pour que ses frères soient épargnés.
            Puis nous avons le deuxième sujet de prière de Paul : « leur perfectionnement ». Il ne s’agit pas de la perfection acquise d’une manière totale et définitive par l’œuvre de la croix : « Par une seule offrande, il a rendu parfaits à perpétuité ceux qui sont sanctifiés » (Héb. 10 : 14). Ce n’est pas non plus la perfection promise dans la gloire future, à laquelle tous ceux qui ont la foi parviendront ensemble (Phil. 3 : 12 ; Héb. 11 : 40).
            C’est la perfection requise, qui implique une évolution et un progrès. Le sens est confirmé par l’expression : « perfectionnez-vous » (v. 11). Cela équivaut à cette autre expression : « avancez vers l’état d’hommes faits » (Héb. 6 : 1 ; Eph. 4 : 13). Cette perfection morale doit être recherchée par la prière et l’exercice de la piété.
            Une dernière fois l’apôtre confirme son but le plus cher (v. 10). Il ne va pas terminer sa lettre sur le ton sévère qu’il a pris depuis le début du chapitre 11. Si ses lettres ont été graves et même alarmantes, c’est pour qu’il puisse ensuite venir sans sévérité. Si les cœurs et les consciences ont été touchés, il pourra alors manifester sa puissance.

                                                            - Exhortations ultimes (v. 11)

            Les dernières paroles sont douces et tendres. Les Corinthiens sont tous des frères dans le Seigneur. Paul leur fait sentir la chaleur de son cœur et la fermeté de ses liens. Ce sont d’abord des exhortations brèves et récapitulatives (v. 11), puis des salutations (v. 12-13), enfin des supplications (v. 13).
            Les cinq exhortations de ce verset supposent de sa part espoir et confiance en eux.
                    – « Réjouissez-vous ». Le mot original grec pourrait plutôt se traduire : « portez-vous bien » et correspondrait à notre « au revoir » ou « à bientôt ».
                    – « Perfectionnez-vous ». La prière du v. 9 est ici une exhortation. Maintenant, c’est un appel. Ce mot est utilisé pour la pêche : « raccommoder » les filets (Marc 1 : 19).
                   – « Soyez consolés ». Le Dieu de toute consolation (1 : 3) qui a consolé l’apôtre, les consolera aussi, tous, même les égarés. Ceux-ci, une fois repentis, ne doivent pas tomber dans le désespoir (2 : 7).
                    – « Ayez un même sentiment ». Que toutes leurs divisions intestines soient enfin terminées (1 Cor. 1 : 10-13).
                    – « Vivez en paix ». Cela n’avait pas été le cas auparavant (1 Cor. 3 : 3). La paix, un des aspects du fruit de l’Esprit, est toujours ce qui nous échappe et que nous avons à poursuivre.


                                                Salutations (v. 11-13)

            Pour se saluer en Occident, la poignée de main est le symbole habituel de l’amitié fraternelle. Néanmoins, le saint baiser entre enfants de Dieu est conforme à l’Ecriture (Act. 20 : 37 ; 21 : 6 ; 1 Thes. 5 : 25).
            Les Corinthiens recevaient les salutations de tous les saints de la Macédoine sans exception : ceux de Philippes, de Thessalonique, de Bérée.
            Ces salutations entre croyants qui ne se connaissaient pas et qui peut-être ne se verraient jamais ici-bas, concrétise l’unité de l’Esprit. Tous les croyants, quel que soit leur état, sont appelés des « saints », séparés du monde par Dieu.
                    – La grâce est le mot de la fin. Nous en avons tous besoin. Le Seigneur en est l’exemple et le canal (8 : 9).
                    – L’amour de Dieu a sa source dans le Dieu d’amour. Cette épître nous l’a montré comme le Dieu de consolation (1 : 3), de résurrection (1 : 9), de fidélité (1 : 18) et ici, à la fin, Il est le Dieu d’amour et de paix.
                    – La communion du Saint Esprit : c’est par son action que nous goûtons ensemble la grâce du Seigneur et l’amour de Dieu.

            Nous avons pu voir, dans cette lettre, le déploiement des voies de Dieu envers les siens, les caractères d’un serviteur fidèle tel que Paul, les défaillances possibles des saints qui ont toujours la chair en eux mais qui, par une grâce divine surabondante, peuvent être pleinement rétablis.
            Quelle abondance de richesses et d’enseignements ! Toute l’Écriture est admirable et « utile pour enseigner, pour convaincre, pour corriger, pour instruire dans la justice, afin que l’homme de Dieu soit accompli et parfaitement préparé pour toute bonne œuvre » (2 Tim. 3 : 16-17).
            Que ce soit le cas de tous les lecteurs.


D'après « Sondez les Ecritures » (vol. 6)

A suivre