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Le message de Malachie pour nos cœurs


L’amour de Dieu pour son peuple
Un petit « résidu » fidèle reconnu par l’Eternel comme son « trésor particulier »
Est-ce en vain que l’on sert Dieu ?
Quel profit y a-t-il ?

 

            « Alors ceux qui craignent l’Eternel ont parlé l’un à l’autre, et l’Eternel a été attentif et a entendu, et un livre de souvenir a été écrit devant lui pour ceux qui craignent l’Eternel, et pour ceux qui pensent à son nom. Et ils seront à moi, mon trésor particulier, dit l’Eternel des armées, au jour que je ferai ; et je les épargnerai comme un homme épargne son fils qui le sert. Alors vous reviendrez, et vous ferez la différence entre le juste et le méchant, entre celui qui sert Dieu et celui qui ne le sert pas » (Mal. 3 : 16-18).

            Le livre de Malachie, le dernier de l’Ancien Testament, se termine par ce mot solennel : « malédiction ». Un mauvais état moral prévalait alors au milieu de ceux qui prétendaient faire partie du peuple de Dieu. Les versets du début du livre montrent leur arrogance, leur façon éhontée de parler à Dieu, et de s’opposer à Lui : « Je vous ai aimés, dit l’Eternel ; et vous dites : En quoi nous as-tu aimé ? » (1 : 2). Il y a ensuite beaucoup d’autres expressions similaires. « Un fils honore son père, et un serviteur, son maître. Si donc je suis père, où est mon honneur ? et si je suis maître, où est la crainte qui m’est due ? dit l’Eternel des armées, à vous, sacrificateurs, qui méprisez mon nom » (v. 6). Il est question ensuite de la table de l’Eternel. Elle était jugée méprisable par ces impies (v. 7). Ils le montraient dans leur façon pratique d’agir. Ils apportaient une bête aveugle en sacrifice. Dieu leur dit : « N’est-ce pas mal ? et si vous en présentez une boiteuse et malade, n’est-ce pas mal ? Offre-la donc à ton gouverneur : t’agréera-t-il, ou te recevra-t-il avec faveur ? » (v. 8). Ces paroles sont bien humiliantes. Il est attristant de voir où en était arrivé ce peuple qui avait été constamment béni de façon si merveilleuse !


L’amour de Dieu pour son peuple

            Israël avait été arraché à l’Egypte ; puis ils ont traversé la mer Rouge, et ont été nourris pendant quarante ans dans le désert avec la « manne venue du ciel ». Ces soins se sont poursuivis tout au long de leur histoire. Même dans des situations où le peuple était tombé très bas, Dieu a montré, ce qui est tellement merveilleux chez Lui, cette grâce que rien n’arrête !

                        L’ingratitude et l’insolence du peuple

            Dans ces chapitres du prophète Malachie, on arrive à la fin de l’économie de la Loi, Dieu dit : « Un homme frustrera-t-il Dieu ? Toutefois, vous me frustrez, et vous dites : En quoi te frustrons-nous ? Dans les dîmes et dans les offrandes élevées. Vous êtes chargés de malédiction, et vous me frustrez toujours » (3 : 8-9). On voit donc chez eux des cœurs complètement refroidis. La crainte de Dieu manque complètement. On osait dire n’importe quoi, et, hélas, on le pensait dans son cœur. Alors Dieu le met en évidence ; il faut ne jamais oublier que Celui auquel nous avons affaire connaît tout. Il lit tout ce qui est dans nos cœurs (voir Héb. 4 : 13).
            Qu’y trouve-t-Il, chers frères et sœurs ? La question est à nouveau posée aujourd’hui ! Sans nul doute, nous avons été grandement bénis de la part du Seigneur. Nous connaissons maintenant le Fils unique et bien-aimé, l’image parfaite de Dieu (Jean 14 : 9). Comment nos cœurs répondent-ils ? C’est la question que chacun de nous doit se poser, jour après jour. Y a-t-il de l’amour pour Lui ?

                        Un homme épargne le fils qui le sert

            « Ils seront à moi, mon trésor particulier... je les épargnerai comme un homme épargne son fils qui le sert ». Nous avons souvent lu ce verset en pensant à la personne du Seigneur, parce que la Parole de Dieu nous parle ici d’un homme qui épargne son fils qui le sert… Mais qu’en a-t-il été pour le Seigneur ?
            Le Seigneur a été seul sur la croix parce qu’Il était chargé de nos péchés. Alors Dieu a détourné sa face : « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné, te tenant loin de mon salut - des paroles de mon rugissement ? » (Ps. 22 : 1 ; Matt. 27 : 46). C’est quelque chose d’extrêmement solennel qui devrait certainement nous faire pleurer devant Dieu. Le Seigneur Jésus, celui qui était venu accomplir cette œuvre de salut – qui nous a aimés jusque-là – a dû traverser ces heures terribles. Pour Lui, la communion avec le Père occupait certainement toute la place dans son cœur. Pourtant il y a eu un moment où cette communion a été interrompue. Demandons au Seigneur de mettre dans nos cœurs à chacun un désir renouvelé d’aimer Celui qui nous a tant aimés et qui a été tellement bafoué dans ce monde et l’est encore parmi ceux que nous côtoyons tous les jours. Il faut se souvenir que « l’Eternel a été attentif et a entendu ».

                        L’annonce de l’envoi d’un messager

            Ce qui est aussi frappant dans ce dernier livre de l’Ancien Testament, c’est que nous y voyons Dieu qui prépare son évangile. Nous lisons au chapitre 3 : « Voici, j’envoie mon messager, et il préparera le chemin devant moi ; et le Seigneur que vous cherchez viendra soudain à son temple » (v. 1). Et à la fin du chapitre 4, il est dit : « Voici, je vous envoie Elie, le prophète, avant que vienne le grand et terrible jour de l’Eternel » (v. 5). Et quel est ce prophète ? Nous savons que c’est Jean le baptiseur. Quel est le travail de ce messager de Dieu ? C’est de préparer la venue du Seigneur Jésus, du Sauveur. Voilà ce que Dieu a en vue dans ce livre où il fait état des tristes dispositions de cœur de ceux qui dans l’ensemble ont perdu tout contact avec Lui.

                        Apportez toutes les dîmes

            Le livre de Malachie fait état de l’absence de relations avec Dieu en des termes vraiment désolants comme nous en avons déjà vu quelques-uns. Et d’un autre côté nous avons en face de cela un Dieu qui aimerait tant renouer contact avec son peuple, le pressant de revenir à lui (3 : 7) et désirant verser sur lui une abondance de bénédiction. « Apportez toutes les dîmes à la maison du trésor, afin qu’il y ait de la nourriture dans ma maison, et éprouvez-moi par ce moyen, dit l’Eternel des armées, si je ne vous ouvre pas les écluses des cieux, et ne verse pas sur vous la bénédiction, jusqu’à ce qu’il n’y ait plus assez de place » (3 : 10).


Un petit « résidu » fidèle reconnu par l’Eternel comme son « trésor particulier »

            Ce qui nous encourage, ce sont les versets en tête de notre article : ils montrent ce que faisaient ceux qui craignaient l’Eternel au moment où certains disaient : « Nous tenons pour heureux les orgueilleux ; ceux même qui pratiquent la méchanceté sont établis ; même ils tentent Dieu et sont délivrés » (3 : 15) ! On peut en arriver à dire des choses aussi énormes. Combien sommes-nous reconnaissants au Saint Esprit de fixer notre attention sur ces versets bénis, dans des temps de misère profonde ! Ils montrent clairement que Dieu s’est réservé un « résidu » (ou : reste fidèle).

                        Un reste fidèle à l’Eternel dans un temps sombre

            Dans toute l’Ecriture, une chose nous frappe beaucoup et nous encourage : même dans les temps les plus sombres : il y a un résidu, par un effet de la grâce de Dieu. Dans les chapitres 2 et 3 de l’Apocalypse, il est question de temps successifs dans l’Eglise de Christ sur la terre. Pour Thyatire, cette église qui a maltraité la vérité, semé l’erreur et le fait encore, Dieu adresse un message spécial à un « résidu » qui se trouve là - ce qui peut nous sembler une chose extraordinaire ! « Mais à vous je dis, aux autres qui sont à Thyatire, autant qu’il y en a qui n’ont pas cette doctrine, qui n’ont pas connu les profondeurs de Satan, comme ils disent : je ne vous impose pas d’autre charge ; mais seulement, ce que vous avez, tenez-le ferme jusqu’à ce que je vienne. Et celui qui vaincra, et celui qui gardera mes œuvres jusqu’à la fin,  je lui donnerai autorité sur les nations… et je lui donnerai l’étoile du matin » (Apoc. 2. 24-26, 28). C’est bien à cela que nous avons à faire ici aussi dans Malachie. Peut-être se moquait-on d’eux et les méprisait-on simplement parce qu’ils étaient en petit nombre, et qu’ils n’avaient pas de cathédrales. Mais Dieu dit ici : « Alors ceux qui craignent l’Eternel ont parlé l’un à l’autre » (3. 16). Chers frères et sœurs, de quoi sommes-nous occupés quand nous avons l’occasion de nous rencontrer en dehors des réunions du rassemblement ? Notre sujet d’échange par excellence, n’est-il pas Celui qui occupe et réjouit nos cœurs, Christ lui-même ? C’est Lui qui doit être notre étude selon Jean 5 : 39. Ceux qui formaient ce résidu, craignaient l’Eternel et ils le montraient en pratique.

                        La communion réalisée dans la crainte de Dieu

            C’est aussi ce que Dieu veut mettre dans nos cœurs : que nous soyons aussi de ceux qui craignent l’Eternel – d’une manière pratique déjà dans notre vie, mais aussi dans nos entretiens avec ceux qui pensent à son Nom et qui L’ont à cœur. Dans le monde, où nous sommes, c’est une chose qui surprendra. Dans le chapitre 11 du livre des Actes, nous lisons : « Pendant un an tout entier, ils se réunirent dans l’assemblée et enseignèrent une grande foule, et que ce fut à Antioche premièrement que les disciples furent nommés chrétiens » (v. 26). On sait que beaucoup se réclament du nom de Christ. La profession chrétienne est très répandue, mais que se cache-t-il derrière toutes ces « formes » ? Dieu le sait. Ce que Dieu désire c’est que nous ayons un cœur qui L’aime, qui soit rempli de ferveur pour Lui, qui craigne son Nom, qui désire Le servir - rendre un peu d’amour au Seigneur qui nous a tant aimés et a donné sa vie pour nous. Apprenons à connaître Dieu comme notre Dieu et Père. Ici, dans le livre de Malachie, il y a cette merveilleuse promesse qui peut être pour nous si seulement nous faisons partie du petit résidu. Que le Seigneur nous garde de toute prétention et nous accorde de bien comprendre que ce qui peut se trouver dans nos cœurs, c’est le Saint Esprit qui l’y place et que c’est à la gloire de Dieu seul.
            Il est tellement bon de rencontrer ceux qui craignent l’Eternel et de saisir l’occasion de se parler l’un à l’autre. Pourtant, ce n’est pas toujours facile. Parfois, c’est au dernier moment que l’on arrive à parler ensemble des choses d’en haut. C’est dommage. Nous devrions avoir vraiment cet objectif quand nous nous rencontrons : de parler ensemble des choses d’en haut, de chanter des cantiques, de prendre un moment pour prier ensemble. Pourquoi ne commencerait-on pas par ces choses avant qu’elles ne nous échappent ? Il est dit ici que « l’Eternel a été attentif ». Il écoute avec attention ce que nous partageons ensemble sur la terre des choses d’en haut. Nous trouvons aussi ici la mention d’un livre qui est écrit devant Dieu – on écrit un livre quand on veut retenir quelque chose d’important. Il y a bien des choses que Dieu consigne dans ses livres comme nous le savons. Ici, la fidélité du résidu ne doit pas être oubliée.
            Ces fidèles ne pouvaient rien changer autour d’eux, mais ils ont parlé l’un à l’autre, parlé ensemble de « ce qui est en haut » (Col. 3 : 1-2) ; ces choses à venir sont si précieuses, mais surtout, il y aura cette Présence que nos cœurs attendent ardemment. Un jour, quelqu’un se moquait d’une petite fille en lui disant : Tu parles du ciel. Qu’est-ce que c’est donc ce ciel ? - Elle a répondu : Le ciel, c’est la présence du Seigneur Jésus !

                        Le « trésor particulier » de Dieu

            « Ils seront à moi, mon trésor particulier » (3 : 17). Il y a des choses sur la terre qui ont du prix pour le cœur de Dieu et aussi pour le cœur du Seigneur Jésus. « Ils seront à moi », ils m’appartiennent personnellement, je suis le propriétaire de ces âmes qui me craignent et qui m’aiment. Il y aura un jour où ce trésor sera ôté de la terre et amené dans la présence de Dieu. Quel encouragement pour nous pour penser aujourd’hui à son beau Nom, pour craindre Celui qui est au-dessus de tout et de tous, pour nous entretenir ensemble de ces choses qui sont en haut, là où le Seigneur Jésus est assis à la droite de Dieu !


Est-ce en vain que l’on sert Dieu ?

            « Vos paroles ont été fortes contre moi, dit l’Eternel ; et vous dites : Qu’avons-nous dit contre toi ? Vous dites : C’est en vain qu’on sert Dieu, et quel profit y a-t-il à ce que nous fassions l’acquit de la charge qu’il nous a confiée, et que nous marchions dans le deuil devant l’Eternel des armées ? Et maintenant, nous tenons pour heureux les orgueilleux ; ceux même qui pratiquent la méchanceté sont établis ; même ils tentent Dieu et sont délivrés » (3 : 13-15).
            Comme Asaph au Psaume 73, nous pouvons être troublés par la prospérité de ceux qui vivent sans Dieu. Mais le verset 18 nous dit : « Alors vous reviendrez, et vous ferez la différence entre le juste et le méchant, entre celui qui sert Dieu et celui qui ne le sert pas ». C’est un encouragement pour le résidu fidèle et pour chaque croyant aujourd’hui.
            « Vous dites : C’est en vain qu’on sert Dieu ». Dans le livre de Job nous avons aussi deux choses semblables. Dans le chapitre 34, Job dit : « Il ne profite de rien à l’homme de trouver son plaisir en Dieu » (v. 9), et dans le chapitre suivant : « Car tu as demandé quel profit tu en as : Quel avantage en ai-je de plus que si j’avais péché ? » (v. 3). Ce sont des pensées qui sont montées à un moment donné dans le cœur troublé de Job ; mais il était un croyant authentique, et Dieu l’a merveilleusement redressé. Mais ce sont là de tristes pensées.
            Dans Malachie, il est évident qu’une telle parole, « C’est en vain qu’on sert Dieu », est forte contre Lui. Cela revient à dire que respecter Dieu, le servir, l’aimer, cela ne sert à rien. On peut être un orgueilleux, ça se passe tout aussi bien… Mais est-ce que l’on sert Dieu pour obtenir quelque chose, pour avoir un profit, comme disait Job : « Quel avantage en ai-je ? ». Ou est-ce que Dieu nous doit quelque chose lorsque nous l’honorons ? Non, mais on sert Dieu parce qu’on L’aime. C’est ce que le Seigneur veut produire dans notre cœur, une réponse à son amour à Lui. Ce n’est pas afin d’en retirer du profit, d’avoir des bénédictions, des délivrances, du bonheur. On sert Dieu par amour. On ne peut pas le servir autrement, on ne peut pas le craindre autrement. Le Seigneur Jésus sur la terre, a toujours servi Dieu de cette manière : Il l’a servi parce qu’il l’aimait !


Quel profit y a-t-il ?

                        - Nous acquitter de la charge que Dieu nous a confiée

            Ces hommes du temps de Malachie disaient aussi : « Quel profit y a-t-il à ce que nous fassions l’acquit de la charge qu’il nous a confiée ? » (3 : 14a). Dieu nous confie des charges et nous le prenons également à cœur lorsque que nous aimons Dieu. Ce n’est pas de dire : Qu’est-ce que Dieu va me donner si je fais cela pour lui ? - Je le fais parce que j’aime Dieu et je sais qu’Il veut m’utiliser pour le bien qu’il désire répandre encore sur les croyants et les incroyants ici-bas.
            Dans la chrétienté, un faux évangile de la prospérité prétend que pour servir Dieu, si nous nous efforçons de faire au mieux, nous pouvons acquérir la faveur de Dieu, avoir une bonne santé ou des biens matériels et qu’on sera béni à tous égards. Cette conception terrestre était vraie au temps d’Israël. L’Eternel avait promis la bénédiction matérielle à ceux qui craignaient son nom et qui marchaient selon ses voies. Ce n’est plus le cas pour nous maintenant. Mais si nous n’avons pas à faire quelque chose pour en obtenir un profit ici-bas, nous avons néanmoins à regarder à la rémunération. Nous avons à regarder plus haut, parce que notre vie ne s’arrête pas ici-bas, nous ne sommes pas d’ici. Là est toute la différence. Nous devons marcher en accord avec notre caractère céleste parce que nous ne sommes plus des êtres terrestres ; l’apôtre le dit dans l’épître aux Philippiens au chapitre 3 : « notre cité à nous est dans les cieux » (v. 20). Notre patrie s’y trouve, nous ne sommes plus d’ici-bas. Dans le sermon sur la montagne, le Seigneur dit : « Ne vous amassez pas des trésors sur la terre… mais amassez-vous des trésors dans le ciel » (Matt. 6. 19-20). Pourquoi ? Parce que nous sommes de là-haut. Et il est dit de l’Eglise, dans l’Apocalypse : « il lui a été donné d’être vêtue de fin lin, éclatant et pur, car le fin lin, ce sont les justices des saints » (19. 8). Ces justes actes des saints sont tout ce que nous aurons fait ici-bas par la grâce, avec l’aide du Saint Esprit ; non pas évidemment de nous-mêmes, mais selon que la grâce divine aura opéré dans nos cœurs. Selon ce que dit 1 Corinthiens 3, c’est tout ce qui aura résisté à l’épreuve du feu : « si quelqu’un édifie sur ce fondement de l’or, de l’argent, des pierres précieuses, du bois, du foin, du chaume, l’ouvrage de chacun sera rendu manifeste » v. 12-13). Certaines choses seront brûlées. Tout ce qui n’aura pas été fait selon Lui et pour Lui, mais avec les pensées de l’homme, tout cela sera brûlé au feu, il n’en restera rien. En revanche tout ce qui aura été fait selon Sa pensée et pour lui, l’or, l’argent, les pierres précieuses, toutes ces choses demeureront éternellement. Donc, dans un sens, nous n’avons pas de profit à attendre pour nous-mêmes ici-bas pour notre vie journalière. En revanche, puisque nous sommes du ciel, nous avons, si l’on peut parler ainsi, à chercher un « profit » qui n’est pas pour nous, mais pour Christ, pour sa gloire, quelque chose qui le glorifiera durant l’éternité. Et ainsi, il y a un réel profit à prendre à cœur les choses que Dieu nous donne à garder, d’être à Lui son trésor particulier.
            C’était le cas des Lévites autrefois. Lorsqu’il y avait eu l’idolâtrie au milieu du peuple (Ex. 32), et que Dieu avait dû agir en jugement sur ce peuple, Moïse avait dit : « A moi, quiconque est pour l’Eternel » ; seule la tribu de Lévi s’était levée pour se mettre du côté de Moïse, du côté de Dieu ! Cette tribu seule s’est déterminée pour Dieu, et n’a pas fait intervenir ses relations selon la chair, pour prendre sa décision. Pourtant, auparavant, une malédiction avait été prononcée sur Lévi. C’est ce que l’on trouve dans Genèse 49. Il est dit concernant Siméon et Lévi qui avaient été violents : « Je les diviserai en Jacob, et les disperserai en Israël » (v. 7). Pour Siméon, cela s’est traduit en ce qu’il a été dispersé en Juda, sans avoir de lot pour lui ; sa tribu a été effectivement décimée, comme on le voit dans les dénombrements. Quant à Lévi, la malédiction s’est tournée en bénédiction, suite à sa détermination pour Dieu. Il a été, lui aussi, dispersé en Israël. Lui aussi n’a pas eu de lot ; la prophétie de Jacob s’est bien réalisée, mais il est dit : « l’Eternel est son héritage » (Deut. 10. 9). Cela change tout. C’est le trésor de Dieu : « ils seront à moi, mon trésor particulier ». Faire l’acquit de la charge, comme Lévi, avoir dans son cœur le désir de se décider pour l’Eternel, pour Lui, parce que Dieu est Dieu et qu’il doit être craint ! Ce qui nous motive, comme on l’a dit, ce n’est pas une crainte servile. C’est l’amour qui produit cette crainte. Si l’on considère tout ce qu’il a fait pour faire de nous ses enfants, tout ce qu’il Lui en a coûté, l’amour infini qu’il a manifesté à notre égard, combien nos cœurs devraient le craindre et désirer le servir, dans un élan qui n’est pas ralenti par les choses de la terre, par quelques considérations que ce soit, y compris celles qui sont naturelles et légitimes, comme les liens de famille – puisque c’est ce point-là qui est relevé chez Lévi.

                        - Marcher dans le deuil

            Ils disaient encore : « … quel profit y a-t-il… que nous marchions dans le deuil devant l’Eternel des armées ? » (3 : 14b). Et pourtant marcher ainsi dans le deuil devant Lui, c’est une chose tellement importante pour un homme. Le Seigneur a dit : « Bienheureux ceux qui mènent deuil, car c’est eux qui seront consolés » (Matt. 5 : 4). Nous comprenons qu’il y a une immense bénédiction de se reconnaître pécheur devant Dieu, de Lui confesser son état, de sentir ses misères. Nous trouvons encore cela dans l’épître de Jacques : « C’est pourquoi il dit : Dieu résiste aux orgueilleux, mais Il donne la grâce aux humbles. Soumettez-vous donc à Dieu. Résistez au diable, et il s’enfuira de vous. Approchez-vous de Dieu, et il s’approchera de vous. Nettoyez vos mains, pécheurs, et purifiez vos cœurs, vous qui êtes doubles de cœur. Sentez vos misères, et menez deuil et pleurez. Que votre rire se change en deuil, et votre joie en tristesse. Humiliez-vous devant le Seigneur, et il vous élèvera » (4 : 5-11).
            Alors pouvons-nous encore dire : Ça ne sert à rien de mener deuil ? - Il faut que nos âmes ressentent cet état devant notre Dieu pour qu’Il puisse nous élever, pour que nous recevions son évangile, sa grâce et son amour. Il n’y a pas d’autre chemin. Un orgueilleux ne trouvera jamais l’amour de Dieu. C’est comme une porte qui est fermée devant lui. Ce ne sont que ceux qui s’abaissent devant Dieu qui trouveront cette immense grâce qu’Il a en réserve pour ceux qui Le craignent. Alors nous devons être bien au clair sur ces choses, car il y a beaucoup d’orgueil, beaucoup d’orgueilleux sur la terre, que nous côtoyons chaque jour et qui s’encouragent les uns et les autres dans leur fierté, à étaler leur force et leur puissance. Leur comportement est un défi contre Dieu tous les jours. Ils ne peuvent pas avoir raison, Dieu ne leur donnera jamais raison ! Nous avons vu dans l’épître de Jacques que Dieu résiste aux orgueilleux. Ici, le peuple était dans un tel état, que les orgueilleux étaient en honneur : « Nous tenons pour heureux les orgueilleux ; ceux même qui pratiquent la méchanceté sont établis ; même ils tentent Dieu et sont délivrés » (3 : 15). Cela peut être pour un temps. Nous lisons en Ecclésiaste 8 : 11 : « Parce que la sentence contre les mauvaises œuvres ne s’exécute pas immédiatement, à cause de cela le cœur des fils des hommes est au-dedans d’eux plein d’envie de faire le mal ». C’est bien l’état d’esprit que nous pouvons trouver autour de nous. Ces personnes sont-elles vraiment heureuses comme elles l’affirment ? Le Seigneur n’a-t-il pas dit : « Bienheureux les débonnaires » (Matt. 5 : 5) ?

            Assurément, il y a un grand profit pour l’éternité à nous acquitter de la charge qui nous a été confiée et à marcher dans le deuil ! « Si nous souffrons, nous régnerons aussi avec lui » (2 Tim. 2. 12). Si nous ne regardons qu’à la terre, évidemment, ce n’est pas facile de souffrir, si nous avons à passer par là. Mais si nous regardons à ce qui nous attend, à notre part réelle, éternelle, celle qui sera la nôtre très prochainement – car nous allons entrer dans le ciel, peut-être tout à l’heure – cette espérance nous ranime. Alors, si nous souffrons ici pour Lui, nous régnerons avec Lui. N’y aura-t-il pas un « profit » d’avoir souffert pour Lui ? Certainement. Il nous faut vraiment regarder « en haut », aux choses célestes, qui sont réelles, qui ne sont pas pour un temps, mais qui sont éternelles et dans lesquelles nous allons entrer prochainement. Que cela aussi nous encourage à craindre son Nom, à parler l’un à l’autre, à Le refléter ici-bas, à briller pour Lui ! Briller ne nécessite pas forcément des actions d’éclat. Dans ce monde, il suffit de refléter Christ, c’est-à-dire de porter ses caractères, pour que ce soit forcément une lumière. C’est quelque chose de précieux pour le cœur de Dieu. Que cela puisse nous encourage à marcher dans un tel chemin et à dire de tout notre cœur la strophe de cantique ci-dessous !

                    Pendant la nuit, veillant avec prière,
                    
Nous t’attendons du ciel comme Sauveur.

………………………………………..

            « Vous aussi, usez de patience ; affermissez vos cœurs, car la venue du Seigneur est proche. Ne murmurez pas les uns contre les autres » » (Jac. 5 : 8-9).
            « Vous êtes la lumière du monde : une ville située sur une montagne ne peut être cachée. Aussi n’allume-t-on pas une lampe pour la mettre ensuite sous le boisseau, mais sur le pied de lampe ; et elle luit pour tous ceux qui sont dans la maison. Que votre lumière luise ainsi devant les hommes, en sorte qu’ils voient vos bonnes œuvres, et qu’ils glorifient votre Père qui est dans les cieux » (Matt. 5 : 14-16).
            « La fin de toutes choses s’est approchée ; soyez donc sobres et veillez pour prier ; et avant tout, ayez entre vous un amour fervent, car l’amour couvre une multitude de péchés ; soyez hospitaliers les uns envers les autres, sans murmures. Suivant que chacun de vous a reçu quelque don de grâce, employez-le les uns pour les autres, comme bons dispensateurs de la grâce variée de Dieu. Si quelqu’un parle, qu’il le fasse comme oracle de Dieu ; si quelqu’un sert, qu’il serve comme par la force que Dieu fournit, afin qu’en toutes choses Dieu soit glorifié par Jésus Christ, à qui est la gloire et la puissance, aux siècles des siècles ! Amen » (1 Pier. 4 : 7 : 11).


D’après différentes pensées exprimées lors d’une lecture de la Parole de Dieu (15-09-2019)