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Le pardon, son étendue et ses limites (1)


L’offense faite à Dieu
Jugement et pardon divin

            « Il (Christ) vous a vivifiés ensemble avec lui ; il nous a pardonné toutes nos fautes » (Col. 2 : 13)
            « Vous pardonnant les uns aux autres, comme Dieu aussi, en Christ, vous a pardonné » (Eph. 4 : 32)

            Ces deux passages de la Parole de Dieu placent devant nous à la fois l’étendue du pardon de Dieu envers ceux qui ont, par pure grâce, le droit d’être appelés ses enfants et la conduite qui devrait alors les caractériser. Nous désirons nous arrêter sur ce qu’est le pardon divin d’une part et d’autre part sur ce que Dieu attend de nous en retour.
            Pardonner ou remettre une faute, c’est ne plus la compter à charge à celui qui l’a commise. C’est comme une dette qui a été payée ; on n’en demande pas le paiement une seconde fois. Celui qui pardonne renonce à réclamer ses droits au sujet d’une faute qui a été commise envers lui ; il considère l’auteur de cette faute comme entièrement dégagé de toute responsabilité et redevance. Celui qui a été offensé oublie ce qui a été dit ou fait contre lui : il ne le rappellera pas et agira comme si cela n’avait jamais eu lieu. Le coupable est alors tenu pour innocent.
 

L’offense faite à Dieu

            S’il est question de pardon c’est parce que quelqu’un a été offensé. Dieu a été offensé tant par Satan et ses anges que par l’homme.
            Les anges sont, comme les hommes, des créatures responsables. « Il a fait ses anges des esprits, et ses serviteurs une flamme de feu » (Héb. 1 : 7 – citation de Ps. 104 : 4). La note (version Darby) précise : « il a fait (ou créé) ses anges tels, des esprits ». Comme tels, ils sont responsables d’obéir à Dieu dans la soumission à sa volonté. L’orgueil, la faute du diable (1 Timothée 3 : 6), a conduit Satan à s’élever ; il a voulu être « semblable au Très-Haut » (voir Es. 14 : 12-15 ; Ezé. 28 : 11-19). Dans sa chute, il a entraîné avec lui des anges. Ils subiront le jugement de Dieu, « le feu éternel qui a été préparé pour le diable et ses anges » (Matt. 25 : 41).
            De même l’homme est responsable devant Dieu. Comme créature, il devait se soumettre à son Créateur. Formé poussière du sol, Dieu souffla en lui un esprit de vie ; il devint une âme vivante (Gen. 2 : 7). Dieu le plaça dans le jardin d’Eden avec la responsabilité de le cultiver et de le garder. Il pouvait en jouir librement et manger de tout arbre du jardin. Une seule interdiction lui était faite : il ne devait pas manger de l’arbre de la connaissance du bien et du mal. Mais Eve a écouté la voix du serpent (Satan) ; elle a douté de la parole de Dieu et a désobéi à cette seule défense, entraînant dans la chute Adam qui n’a pas su la reprendre et s’est rendu solidaire de cette faute en mangeant lui aussi du fruit défendu. Adam et Eve ont ainsi transgressé le seul commandement que Dieu leur avait donné. C’est une offense grave faite à Dieu que de douter de sa parole. C’est le péché de l’homme contre Dieu, suivi de la transgression.


Jugement et pardon divin

                        Dieu passe-t-il par-dessus le péché ?

            Cette question est parfois posée : Pourquoi Dieu exige-t-Il la repentance de la part de l’homme ? Pourquoi a-t-il fallu le sacrifice du Seigneur Jésus pour que Dieu pardonne à ceux qui se repentent ? Dieu ne pouvait-il pas passer par-dessus les péchés ?
            Si un homme est offensé par quelqu’un, n’attend-il pas que le coupable reconnaisse sa faute, n’exige-t-il pas réparation de la part de celui qui lui a fait tort ? Voudrait-on donc que Dieu passe légèrement par-dessus le péché et les offenses que les hommes lui ont faites ? Dieu est un Dieu juste : il fallait que réparation soit faite. Dieu ne peut pas pardonner au coupable à moins que celui-ci reconnaisse sa culpabilité, se repente et se soumette au moyen que Dieu donne pour que ses péchés soient ôtés.

                        Sur quelle base Dieu pardonne-t-Il à l’homme coupable ?

            Dieu a été offensé. Ses droits devaient être revendiqués. Le péché devait être ôté de devant Lui car ses yeux sont « trop purs pour voir le mal » (Hab. 1 : 13). Chaque péché, chaque acte contraire à la volonté de Dieu, entraine le jugement et la condamnation du coupable. Ce n’est pas à l’homme de décider comment l’offense faite à Dieu peut être ôtée. Il doit se soumettre aux justes exigences de la justice et de la sainteté de Dieu : seule une victime offerte à la place du pécheur permet à Dieu de pardonner. Le peuple d’Israël en Egypte était aussi coupable devant Dieu que les Egyptiens. Dans chaque maison le fils aîné aurait dû mourir comme les fils aînés des Egyptiens. Mais il a été épargné de la mort par le sang d’un agneau placé sur les poteaux et le linteau de la porte. C’était ce qu’avait demandé Dieu pour qu’Il passe par-dessus les maisons des Israélites (Ex : 12 : 13). Un sacrifice était donc nécessaire pour que le peuple soit épargné du jugement qui devait tomber sur le pays d’Egypte. C’est aussi l’enseignement donné par les sacrifices ordonnés sous la Loi : lorsqu’un Israélite avait péché par erreur en désobéissant à l’un des commandements, il devait amener une offrande, un animal pur, poser sa main sur sa tête, confesser son péché et égorger le sacrifice. Le sang était présenté devant Dieu ; il était fait propitiation pour le coupable, pour son péché qu’il avait commis, et celui-ci était pardonné (Lév. 4 : 27-35).
            Il nous faut noter cependant les limites de ces ordonnances. Ces sacrifices n’étaient que des actes remettant en mémoire les péchés : ils rappelaient la gravité du péché et la nécessité d’un sacrifice pour que le coupable soit pardonné, mais il était impossible que le sang de ces victimes apportées par ceux qui avaient conscience de leur culpabilité ôte le péché (Héb. 10 : 3-4). Dieu avait en vue le sacrifice excellent du Seigneur Jésus, le seul par lequel un coupable peut être « rendu parfait à perpétuité » (voir Héb. 10 : 11-17). Aussi est-il écrit que Dieu, dans sa patience, avait du support pour les péchés des croyants qui ont vécu avant que soit accomplie l’œuvre de la croix. (Rom. 3 : 25).
            Un autre point met en évidence la faiblesse des ordonnances de la loi lévitique : elle faisait une différence suivant les caractères du péché. Il y avait les péchés par erreur, pour lesquels un sacrifice était prescrit et les péchés avec fierté (ou à main levée), c'est-à-dire commis dans la conscience du mal qui était fait, pour lesquels il n’y avait pas de pardon (Nom. 15 : 27-36).

                        Le seul sacrifice par lequel Dieu pardonne.

            Il est impossible à l’homme de réparer le tort fait à Dieu par sa désobéissance ni de faire propitiation pour un seul de ses péchés. « Un homme ne pourra en aucune manière racheter son frère, ni donner à Dieu sa rançon. (Car précieux est le rachat de leur âme, et il faut qu'il y renonce à jamais) » (Ps. 49 : 7-8). Telle est la déclaration de la Parole de Dieu.
            Dieu seul pouvait pourvoir au sacrifice par lequel sa justice serait satisfaite. Dès les temps anciens cela avait été révélé. Une promesse avait été faite : après la chute et l’entrée du péché dans le monde, Dieu avait déclaré que la semence de la femme briserait la tête du serpent (Gen. 3 : 15) ; Abraham a entrevu le jour où Dieu se pourvoirait de l’agneau pour l’holocauste » (Gen. 22 : 8). Élihu pouvait dire à Job de la part de Dieu : « J’ai trouvé une propitiation (ou rançon) » (Job 33 : 24). La Pâque célébrée par Israël en Egypte préfigurait le jour où le sacrifice de Christ serait offert en faveur de tous ceux qui croient. Avant que le péché entre dans le monde, Dieu avait pourvu au sacrifice nécessaire pour que l’homme soit racheté. Christ est l’agneau de Dieu « préconnu avant la fondation du monde » (1 Pier. 1 : 20), vérité précieuse, qui courbe l’âme du croyant dans l’adoration.
            Ainsi Christ, le Fils de Dieu, le créateur des mondes, est venu. Il a pris la forme d’un homme. Il a participé au sang et à la chair (Héb. 2 : 14). Il est la Parole faite chair (Jean 1 : 14), Dieu manifesté en chair (1 Tim. 3 : 6). Il est venu pour donner sa vie en rançon pour des pécheurs : « Car, aussi, le Fils de l'homme n'est pas venu pour être servi, mais pour servir et pour donner sa vie en rançon pour un grand nombre » (Marc 10 : 45 ; voir aussi Matt. 20 : 28). Au début de son ministère public, en voyant Jésus venir à lui, Jean le Baptiseur a déclaré : « Voilà l'agneau de Dieu qui ôte le péché du monde ! » (Jean 1 : 29). Sa vie a été une vie de perfection aux yeux de Dieu. Il a pu dire : « Je fais toujours ce qui lui est agréable » (Jean 8 : 29) et le Père a fait entendre « une voix qui venait des cieux, disant : Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui j'ai trouvé mon plaisir » (Matt. 3 : 17 ; voir aussi 17 : 5 ; Marc 1 : 11 ; Luc 3 : 22 ; 2 Pier. 1 : 17). Il est Celui « qui n’a pas commis de péché » (1 Pier. 2 : 22), « qui n’a pas connu le péché » (2 Cor. 5 : 21) ; « il n’y a point de péché en Lui » (1 Jean 3 : 5). Sa perfection le rendait propre pour accomplir l’œuvre de la rédemption. Il est l’Agneau sans défaut et sans tache. « Lui-même a porté nos péchés en son corps sur le bois » (1 Pier. 2 : 24) et Il a entièrement expié les péchés de tous ceux qui croient. Il a ôté nos péchés (1 Jean 3 : 5), de telle sorte que Dieu peut dire : « Je ne me souviendrai plus jamais de leurs péchés ni de leurs iniquités » (Héb. 10 : 17). C’est sur la base de son sacrifice à la croix que Dieu peut pardonner aux hommes qui s’approchent de Lui par Christ.
            Un autre côté de l’œuvre de la croix est à considérer : « Il a été fait péché pour nous, afin que nous devenions justice de Dieu en lui » (2 Cor. 5 : 21). Le sacrifice de Christ à la croix a réglé la question du péché devant Dieu. Non seulement nos péchés ont été expiés, mais Il a aussi subi la juste condamnation que devait subir notre nature pécheresse. « Ce qui était impossible à la Loi, du fait que la chair la rendait sans force, Dieu - ayant envoyé son propre Fils en ressemblance de chair de péché, et pour le péché - a condamné le péché dans la chair » (Rom. 8 : 3). Ainsi le croyant est vu par Dieu non pas selon ce qu’il est dans sa nature adamique, mais en Christ, comme revêtu des perfections mêmes de Christ.

                        A qui Dieu offre-t-Il son pardon ? Quels en sont les bénéficiaires ? Qui sont ceux qui rencontreront le jugement de Dieu ?

            Dieu a été offensé par le péché de l’homme. Son juste jugement doit atteindre les coupables. Le pardon de Dieu est offert à l’homme sur la base de la foi et en vertu de l’œuvre de Christ à la croix. Ce pardon de Dieu est offert à tous les hommes, quels qu’ils soient.
            Il n’est pas question de pardon pour Satan et ses anges. Dieu a prononcé leur jugement : le feu éternel est préparé pour eux (Matt. 25 : 41). La Parole déclare que Satan était « un chérubin oint » ; Dieu l’avait établi tel (Ezé. 28 : 14). Il est tombé à cause de son orgueil : l’iniquité s’est trouvée en lui (v. 15) ; il a voulu être « semblable au Très-haut » (Es. 14 : 14). Il a entraîné des anges avec lui ; ce sont les anges de Satan. Le diable qui a égaré les hommes sera jeté dans « l’étang de feu et de soufre » avec ceux qui l’ont suivi. Ils connaîtront le jugement éternel, ils seront tourmentés, jour et nuit, au siècle des siècles (Apoc. 20 : 10).
            La femme s’est laissée séduire et tromper par Satan, le serpent rusé (Gen. 3 : 13 ; 1 Tim. 2 : 14). Elle a écouté sa voix, cette voix qui semait le doute sur ce que Dieu avait dit et qui l’incitait à s’emparer de ce que Dieu avait réservé pour Lui-même, la connaissance du bien et du mal. Elle est alors tombée et a entraîné l’homme, son mari, dans la transgression. « C'est pourquoi, comme par un seul homme le péché est entré dans le monde, et par le péché la mort, et qu'ainsi la mort a passé à tous les hommes, du fait que tous ont péché ... » (Rom. 5 : 12) Ainsi tous les hommes sont par nature dans les ténèbres et la mort morale (Eph. 2 : 1) ; ils ont devant eux la mort physique, et après cela le jugement (Héb. 9 : 27). Comme le dit Bildad dans le livre de Job, l’homme « est forcé de marcher vers le roi des terreurs » (Job 18 : 14).
            Mais dès la chute, Dieu, dans son amour envers l’homme, a prononcé une parole de foi et d’espérance pour Adam et Eve : il y aura inimitié entre la semence de Satan et la semence de la femme. La semence de la femme brisera la tête du serpent (Gen. 3 : 15). Aussi quand l’accomplissement du temps est venu, Dieu a envoyé son Fils, né de femme, afin qu’il nous rachète et que nous recevions l’adoption – (c'est-à-dire la position de fils, ou d’enfant de Dieu, comme don) (Gal. 4 : 4-5). L’amour de Dieu a alors été révélé dans la grâce qui nous a été apportée par le Christ Jésus. Lui a participé au sang et à la chair ; par la mort, Il a rendu impuissant celui qui avait le pouvoir de la mort, c'est-à-dire le diable, et délivre tous ceux qui, par la crainte de la mort étaient, pendant toute leur vie, tenus en esclavage (Héb. 2 : 14-15).
            Sur la base de cette œuvre, de la victoire remportée par Christ à la croix sur Satan, celui qui a le pouvoir de la mort, Dieu offre son pardon à tous les hommes. « Car Dieu a tant aimé le monde, qu'il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne périsse pas, mais qu'il ait la vie éternelle. » (Jean 3 : 16). La Parole dit bien « quiconque », personne n’est exclu. La justice de Dieu par la foi en Jésus Christ est envers tous, c'est-à-dire peut être accordée à tous les hommes (Rom. 3 : 22).
            Pour que l’homme en bénéficie, Dieu lui demande de croire, c'est-à-dire de recevoir Sa Parole comme étant vraie :
                    - Il doit reconnaître son état de pécheur, sa culpabilité devant Dieu.
                    - Il doit reconnaître qu’il lui est impossible de donner à Dieu sa rançon (Ps. 49 : 7)
                    - Il doit accepter le seul moyen que Dieu lui donne pour être sauvé : confesser que Jésus est le Fils de Dieu et que seule sa mort efface nos péchés.

            La justice de Dieu est offerte à tous : elle est « envers tous ». Mais la Parole de Dieu ajoute « et sur tous ceux qui croient » (Rom. 3 : 22), établissant que seuls ceux qui croient sont déclarés justes devant Dieu. Dieu ne se souviendra plus jamais de leurs péchés ni de leurs iniquités (Héb. 10 : 17). Il leur donne la vie éternelle : « Qui croit au Fils a la vie éternelle » (Jean 3 : 36). Ils ont « le droit d’être appelés enfants de Dieu » (Jean 1 : 12). Ils ont reçu l’Esprit d’adoption dans leurs cœurs par lequel ils peuvent crier « Abba, Père ! » (Rom. 8 : 15 ; Gal. 4 : 6). Une place leur a été préparée par le Seigneur Jésus dans la maison de son Père (Jean 14 : 2). Le Seigneur Lui-même descendra du ciel ; les croyants, les morts en Christ ressuscités et les vivants transformés, seront enlevés à sa rencontre en l’air. Ils seront pour toujours avec Lui (1 Thes. 4 : 16-17). C’est l’espérance bienheureuse de tous ceux qui croient en Jésus, le Fils de Dieu.
            Ce pardon est offert à tous. Même un brigand qui a reconnu que les actes qu’il avait commis méritaient la condamnation a reçu du Seigneur l’assurance d’être pardonné (Luc 23 : 40-43). Même un persécuteur de l’assemblée, comme l’a été Saul de Tarse, a obtenu miséricorde, « Moi », dit-il, « qui auparavant étais un blasphémateur, un persécuteur et un violent. Mais miséricorde m'a été faite … » (1 Tim. 1 : 13). Il est devenu un exemple de ceux qui viendraient à croire. Il ajoute : « Mais... miséricorde m'a été faite, afin qu'en moi, le premier, Jésus Christ montre toute sa patience, comme exemple de ceux qui viendront à croire en lui pour la vie éternelle » (v. 16)
            Il y a donc aussi ceux qui ne croient pas, qui refusent le salut offert par Dieu. Ils le méprisent parce qu’ils ne s’estiment pas coupables devant Lui, ou bien parce qu’ils doutent de ce que déclare la Bible, la Parole de Dieu. Ceux-là ne peuvent pas être sauvés. La colère de Dieu demeure sur eux (Jean 3 : 36). Ils n’ont pas la vie (1 Jean 5 : 12). Ils rencontreront la juste colère de Dieu contre le péché. Par l’évangile, cette « colère de Dieu est révélée du ciel contre toute impiété et toute iniquité des hommes qui possèdent la vérité tout en vivant dans l'iniquité » (Rom. 1 : 18). Dieu, dans sa bonté, sa patience et sa longue attente, pousse l’homme à la repentance. Mais, selon leur dureté et selon leur cœur sans repentance, ceux qui refusent de se repentir et de croire amassent pour eux-mêmes la colère dans le jour de la colère et de la révélation du juste jugement de Dieu (Rom. 2 : 5). Ils connaîtront le jugement éternel. Ils comparaîtront devant le grand trône blanc, seront jugés chacun selon leurs œuvres et seront jetés dans l’étang de feu, la seconde mort (Apoc. 20 : 11-15). Pour tous ceux qui rejettent le salut que Dieu offre, combien est solennelle cette déclaration de l’évangile : « Qui croit au Fils a la vie éternelle ; mais qui désobéit au Fils (ou : ne croit pas) ne verra pas la vie mais la colère de Dieu demeure sur lui » (Jean 3 : 36)
            Dieu s’est occupé de la question de nos péchés. Il a manifesté l’étendue de sa grâce envers nous, mais aussi de sa justice, en n’épargnant pas son propre Fils mais en le livrant pour nous. Nous ne pouvons que reconnaître que Dieu est juste en justifiant « celui qui est de la foi en Jésus » (Rom. 3 : 26). Une dette acquittée n’est pas remise en compte. Mais Il est juste en condamnant celui qui refuse le salut offert, sa dette n’a pas été payée. Car ne pas croire, c’est faire une nouvelle offense à Dieu. C’est non seulement douter de sa parole comme l’ont fait Adam et Eve dans le jardin d’Eden, mais mépriser ce qu’Il a fait par le moyen de son Fils et la valeur de l’œuvre de Christ à Ses yeux. Comment échapperont-ils ceux qui négligent un si grand salut, un salut annoncé par le Seigneur et confirmé par ceux qui l’avaient entendu (Héb. 2 : 2-3). Il y a donc deux classes d’hommes : ceux qui croient et qui ont la vie éternelle et ceux qui ne croient pas (ou qui refusent de croire) et qui connaîtront le jugement et la condamnation éternelle.

                        Ce que révèle le pardon que Dieu offre à l’homme

            Ce salut, offert par Dieu à tout homme, fait connaître ce que Dieu est dans sa nature : sa justice, sa sainteté et son amour, l’immensité de son amour.
            En effet Il est juste : le pécheur ne pouvait pas paraître en sa présence sans que la question de ses péchés soit réglée. Jésus Christ les a portés à la place de tous ceux qui acceptent l’œuvre de la croix. Il en a subi le jugement : Dieu l’a frappé, Lui le juste, à la place d’injustes (1 Pier. 3 : 18). Dans sa justice, Dieu ne redemandera rien à ceux qui se placent au bénéfice de ce que Jésus Christ a fait pour eux. Il a connu à leur place le juste jugement de Dieu qu’ils méritaient. Dieu ne demandera pas que soit payée une seconde fois la dette de nos péchés. Il a dit Lui-même : « Je ne me souviendrai plus jamais de leurs péchés ni de leurs iniquités» (Héb. 10 : 17).
            Dieu demeure aussi juste en condamnant ceux qui refusent le salut offert : Il est juste envers Celui qui s’est présenté volontairement pour porter nos péchés. Non seulement les incroyants auront méprisé un si grand salut, mais aussi offensé par cela même Celui qui l’offre et Celui qui a payé si cher pour que la grâce soit offerte aux hommes pécheurs.
            Dieu est saint : la nature pécheresse de l’homme, « le péché dans la chair » (Rom. 8 : 3) devait être condamnée. Cette condamnation, Christ l’a portée. « Ce qui était impossible à la Loi, du fait que la chair, la rendait sans force, Dieu - ayant envoyé son propre Fils en ressemblance de chair de péché, et pour le péché, a condamné le péché dans la chair, afin que la juste exigence de la loi fût accomplie en nous » (Rom. 8 : 3-4) « Il n'y a donc maintenant aucune condamnation pour ceux qui sont dans le Christ Jésus », c'est-à-dire ceux qui sont vus par Dieu à travers l’œuvre accomplie par Christ (Rom. 8 : 1). La condamnation que méritait leur nature pécheresse a été subie par Jésus Christ.
            Dieu est amour : Il ne veut pas « qu'aucun périsse, mais que tous viennent à la repentance » (2 Pier. 3 : 9). Il « a tant aimé le monde, qu'il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne périsse pas, mais qu'il ait la vie éternelle. » (Jean 3 : 16). Il « n'a pas épargné son propre Fils, mais l'a livré pour nous » (Rom. 8 : 32).

                        Le croyant peut-il perdre son salut ?

            Le pardon de Dieu quant à nos péchés est définitif. Il n’est jamais remis en question même lorsqu’un croyant vient à manquer, à commettre une faute ; seulement la communion entre lui et le Père et le Fils est interrompue. Pour qu’elle soit retrouvée, il faut la confession liée à la contrition de cœur et l’humiliation. C’est ce que nous présente la première épître de Jean (1 : 6 ; 2 : 2)
            Plusieurs raisons peuvent être données pour montrer que le croyant ne peut pas perdre son salut :
                    - Le croyant est appelé enfant de Dieu. « A tous ceux qui l’ont reçu (Jésus, le Fils de Dieu), il leur a donné le droit d’être enfants de Dieu, c’est-à-dire à ceux qui croient en son nom –qui sont nés … de Dieu » (Jean 1 : 12-13) Dans les relations de cette vie terrestre le titre d’enfant ne peut pas être renié. Il en est de même dans le domaine spirituel : on devient enfant de Dieu par la nouvelle naissance ; ce droit ne peut plus être mis en question.
                    - Le salut est gratuit. Ce qui est donné gratuitement ne peut pas nous être repris. S’il pouvait être perdu, le salut ne serait pas gratuit ; il nécessiterait d’accomplir des œuvres. « C’est par la grâce que vous êtes sauvés, par le moyen de la foi, et cela ne vient pas de vous, c’est le don de Dieu ; non pas sur la base des œuvres, afin que personne ne se glorifie » (Eph. 2 : 8-9)
                    - Le Seigneur affirme que personne ne peut arracher un des siens de sa main ni de la main de son Père : « Mes brebis… moi, je leur donne la vie éternelle ; elles ne périront jamais, et personne ne les arrachera de ma main. … et personne ne peut les arracher de la main de mon Père » (Jean 10 : 27-29)
                    - Si quelqu’un pèche, il n’a plus besoin d’un sauveur mais d’un avocat. Cet avocat, il l’a auprès du Père, dans la personne même du Seigneur Jésus, son sauveur. « Si quelqu’un a péché, nous avons un avocat auprès du Père, Jésus Christ, le Juste ; et lui est la propitiation pour nos péchés » (1 Jean 2 : 1-2) L’office d’avocat exercé par le Seigneur Jésus auprès du Père est la preuve que le croyant ne perd pas le salut par un manquement. Ce qui est altéré, ce n’est pas la position d’enfant de Dieu, mais la jouissance de cette relation avec Dieu connu comme Père. et la communion avec Lui et avec son Fils, Jésus Christ.

            Quelle paix pour tout croyant ! Il sait, par la Parole du Dieu qui ne peut mentir (Tite 1 : 2), que ses péchés sont ôtés pour jamais, qu’ils sont entièrement pardonnés et qu’ils ne reviendront jamais en mémoire devant Dieu (Héb. 10 : 17). Il a le privilège d’être enfant de Dieu et peut dès maintenant jouir de cette relation. « Voyez de quel amour le Père nous a fait don, que nous soyons appelés enfants de Dieu… Bien-aimés, nous sommes maintenant enfants de Dieu » (1 Jean 3 : 1-2) Mais combien il est solennel pour tous ceux qui ont entendu l’évangile de refuser volontairement la grâce et le salut que Dieu offre. « Si nous péchons volontairement après avoir reçu la connaissance de la vérité, il ne reste plus de sacrifice pour les péchés, mais une certaine attente terrible de jugement, et l'ardeur d'un feu qui va dévorer les adversaires » (Héb. 10 : 26-27) Dieu ne donnera pas un moyen de salut autre que celui qui est offert par son Fils, Jésus Christ. « Il n'y a de salut en aucun autre ; car il n'y a pas nom plus d'autre nom sous le ciel qui soit donné parmi les hommes, par lequel il nous faut être sauvés » (Act. 4 : 12).

                        Manquements, chutes et restauration du chrétien

            Si un manquement ou une chute ne remet pas en cause le droit à être appelé enfant de Dieu, cela amène du trouble dans les relations du croyant avec Dieu connu comme Père. Ayant sur la conscience une faute envers Celui qui a agi en grâce envers lui, il ne peut pas jouir de l’intimité que peut avoir un enfant avec son Père. Pour qu’une relation heureuse soit retrouvée, il faut souvent un long travail de conscience et de cœur. Le Seigneur agit en notre faveur comme avocat : « Mes enfants, je vous écris cela afin que vous ne péchiez pas ; et si quelqu'un a péché, nous avons un avocat auprès du Père, Jésus Christ, le Juste ; et lui est la propitiation pour nos péchés » (1 Jean 2 : 1-2). Il opère en nous par son Esprit et Sa parole pour nous faire mesurer la gravité de notre faute aux yeux de Dieu. Dans la douleur et l’humiliation causées par le sentiment du déshonneur apporté sur le nom du Seigneur, Il veut nous conduire à Lui confesser nos fautes. C’est ce que représente le lavage des pieds présenté en Jean 13. La confession est nécessaire pour que l’âme retrouve la jouissance du pardon de Dieu. « Si nous confessons nos péchés, il est fidèle et juste pour nous pardonner nos péchés et nous purifier de toute iniquité » (1 Jean 1 : 9). David a connu ce chemin douloureux après sa chute dans l’affaire de Bath-Shéba. Ses exercices de cœur et de conscience pour aboutir à une pleine restauration et à la jouissance des ses relations avec Dieu sont décrites dans le Psaume 51. Simon Pierre, de même, a connu les pleurs amers après avoir renié son maître ; ensuite il a été l’objet des soins du Seigneur pour être pleinement restauré. De tels exercices vécus avec le Seigneur, suivis du pardon éprouvé, amèneront toujours l’âme au sentiment profond de la gravité du péché et de ce qu’il a d’horrible devant Dieu.
            Notons bien que si nous n’acceptons pas le travail que le Seigneur veut opérer en nous après un manquement, s’il n’y a pas l’humiliation devant Dieu et la confession de notre faute, il ne peut pas y avoir de restauration ; c’est ce que le Seigneur dit à Pierre en Jean 13 : 8. A ces mots de Pierre : « Tu ne me laveras jamais les pieds ! », Jésus a répondu : « Si je ne te lave pas, tu n'as pas de part avec moi ». Proverbes 28 : 13 est clair à ce sujet : « Celui qui cache ses transgressions ne prospérera point, mais celui qui les confesse et les abandonne obtiendra miséricorde ». Ce pardon dont on jouit après la confession d’une faute conduit à la crainte du Seigneur. Nous soulignons le « afin que tu sois craint » dans le Psaume 130 : « Mais il y a pardon auprès de toi, afin que tu sois craint » (v. 4).


Ph. M

A suivre