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Jamais homme n’a parlé comme cet homme (2)

 

4ème exemple : une double mise à l’épreuve
5ème exemple : « Maître, dis à mon frère de partager avec moi l’héritage »
6ème exemple : « Ceux qui seront sauvés sont-ils en petit nombre ? »
7ème exemple : « Retire-toi et va-t’en d’ici, car Hérode veut te tuer »
 

4ème exemple : une double mise à l’épreuve

            En Luc 11 on trouve un nouvel épisode où le Seigneur est simultanément attaqué et mis à l’épreuve : « Mais certains d’entre eux dirent : C’est par Beelzébul, le chef des démons, qu’il chasse les démons. D’autres, pour le mettre à l’épreuve, lui demandaient un signe venant du ciel » (v. 15-16).
            Insinuer que le Seigneur chassait les démons par le pouvoir de Béelzébul était un grave blasphème, car c’était par le pouvoir de l’Esprit Saint que le Seigneur avait chassé ce démon. C’était aussi une grande provocation, mais la réponse du Seigneur est empreinte de calme et de clarté. Il prend l’exemple d’un royaume divisé aux prises avec un conflit interne, qui n’a plus de puissance et ne peut pas survivre. Il explique que Satan n’est pas insensé au point de combattre ses propres serviteurs. Mais le Seigneur ne fait pas que corriger une conception erronée. Sa réponse va bien au-delà d’une simple réfutation intellectuelle.
            Au verset 20, il souligne qu’il n’y a qu’une seule explication plausible : si l’homme fort (Satan) était vaincu par plus fort que lui, ce ne pouvait être que par Dieu. Ainsi leur opposition contre Christ était une opposition contre Dieu : « Si c’est par le doigt de Dieu que je chasse les démons, alors le royaume de Dieu est parvenu jusqu’à vous » (v. 20).
            Le Seigneur n’avait pas encore répondu à la seconde mise à l’épreuve (donne-nous un signe) qu’une femme l’interrompt et, élevant « sa voix du milieu de la foule… lui dit : Bienheureux le ventre qui t’a porté, et les seins qui t’ont allaité ! » (v. 27). Comment le Seigneur va-t-Il réagir ? Il donne aussitôt une réponse magnifique : « Bienheureux plutôt sont ceux qui écoutent la parole de Dieu et qui la gardent ! » (v. 28). La femme avait réalisé que Christ n’était comparable à aucun autre, et que sa mère ne pouvait qu’être éminemment bénie. Mais pour elle, les liens naturels surpassaient tout. Certes, Marie était bénie parmi les femmes, mais il y avait en Christ des bénédictions pour d’autres, qui surpassaient les siennes : « Bienheureux...ceux qui écoutent la parole de Dieu et qui la gardent ! ». Ce qui compte, c’est une relation spirituelle avec Christ en recevant la Parole de Dieu : écouter et garder.
            Après avoir géré cette interruption avec grâce, le Seigneur revient à la demande d’un signe du ciel. Ils voulaient voir un miracle, et il fallait que ce soit tellement extraordinaire qu’on serait obligé de reconnaître que c’était « du ciel ». Le Seigneur savait qu’ils disaient cela « pour le mettre à l ‘épreuver » (v. 16). A nouveau, le Seigneur apporte une réponse avec grâce mais assaisonnée de sel : « Cette génération est une méchante génération ; elle demande un signe ; et il ne lui sera pas donné de signe », et Il ajoute « si ce n’est le signe de Jonas » (v. 29). Le « signe de Jonas » n’était pas un signe du ciel, mais un signe des profondeurs de la mer ! Jonas dans le ventre du poisson était une figure de Christ entrant dans la mort (Matt. 12 : 40). Le signe dont ils avaient besoin n’était pas un miracle spectaculaire, mais un signe provenant des profondeurs : le Fils de l’homme endurant la mort pour les péchés commis par d’autres. Même quand Il est confronté à un tel endurcissement et une telle opposition, le Seigneur se présente avec grâce comme Celui qui était venu pour souffrir pour des pécheurs et les sauver.


5ème exemple : « Maître, dis à mon frère de partager avec moi l’héritage »

            Dans le chapitre suivant, quelqu’un lui dit du milieu de la foule : « Maître, dis à mon frère de partager avec moi l’héritage » (Luc 12 : 13). On se demande à nouveau ce que le Seigneur va dire. Il répond très calmement : « Homme, qui m’a établi sur vous pour être votre juge et faire vos partages ? » (v. 14). Le principe de l’héritage était inscrit dans la Loi (Nom. 27 : 11 ; Deut. 21 : 16-17). Y a-t-il quelque chose de faux à recevoir un héritage, ou à le partager justement ? Certainement pas. Mais le Seigneur était venu « chercher et sauver ce qui était perdu », et non pour rendre les gens plus riches matériellement. La question qu’Il pose ici le montre clairement. Sa parole est toujours pleine de grâce, et assaisonnée de sel.


6ème exemple : « Ceux qui seront sauvés sont-ils en petit nombre ? »

            En Luc 13, quelqu’un demande : « Seigneur, ceux qui seront sauvés sont-ils en petit nombre ? » (v. 23). Dans d’autres occasions, le Seigneur avait parlé de l’abondance du fruit (par exemple une multiplication par 30, 60 et 100 en Marc 4 : 20 ; « beaucoup de fruit » en Jean 12 : 24) ; mais ici, ce n’était pas le nombre de ceux qui seront sauvés qui préoccupait l’auteur de la question : c’était de savoir s’il serait lui-même sauvé. Avec une sagesse admirable, le Seigneur perçoit le besoin de celui qui pose la question et répond à son besoin (pas à sa curiosité) : « Luttez pour entrer par la porte étroite ; parce que beaucoup, je vous le dis, chercheront à entrer et ne pourront pas » (v. 24). Il le presse de s’assurer qu’il entrera, et de le faire rapidement avant qu’il ne soit trop tard (v. 25).
            Cette personne s’était adressée à lui comme au Seigneur, un autre détail que le Seigneur prend en compte pour répondre. Un temps viendra où certains diront : « Seigneur, ouvre-nous » et recevront en réponse : « Voici, ne sais pas d’où vous êtes » (v. 25). Une profession des lèvres sans réalité intérieure ne procure absolument aucun avantage.


7ème exemple : « Retire-toi et va-t’en d’ici, car Hérode veut te tuer »

            Peu après, nous lisons que quelques pharisiens viennent au Seigneur et lui disent avec aplomb : « Retire-toi et va-t-en d’ici, car Hérode veut te tuer » (Luc 13 : 31). C’était leur opposition frontale avec le Seigneur ou la prétention de vouloir Le protéger qui les faisait parler ainsi, une offense pour Celui qui était le vrai Messie, le Fils, l’héritier. A nouveau, la réponse du Seigneur est très instructive. D’abord, Il met en évidence le caractère d’Hérode en le traitant de renard. Puis Il souligne sa propre action : chasser des démons et guérir des malades. Il avait une œuvre positive a accomplir, une œuvre de grâce, et Hérode ne pouvait rien contre Lui. Mais Il allait mourir aux temps et lieu fixés. Pour le dire, le Seigneur utilise deux expressions : « Je suis consommé (ou : accompli - tout est achevé pour moi et par moi) » et « il est impossible qu’un prophète périsse hors de Jérusalem » (v. 32-33).
                    -  Consommé » est l’aspect divin. Le ministère et la vie du Seigneur sur la terre n’allaient pas être raccourcis ni interrompus, mais accomplis, jusqu’à la fin. Le Seigneur lui-même allait être «  accompli » ou « rendu parfait », son œuvre d’expiation était son chemin et Il allait devenir le Sauveur (comparer avec Héb. 2 : 10 et 5 : 9, où le même terme est utilisé).
                    - « Périr » est l’aspect de la responsabilité, celle d’Hérode, des pharisiens et de toute la nation. Beaucoup de prophètes avaient été mis à mort ; Jérusalem était réputée comme « la ville qui tue les prophètes » (Matt. 23 : 37) et leur culpabilité allait atteindre son paroxysme en tuant (pour ce qui concernait leur responsabilité) le plus grand des prophètes, le Sauveur lui-même.

            Mais Jésus ajoute autre chose avec une saisissante analogie. Alors qu’Hérode est un renard, Il se compare lui-même à une poule : « Que de fois j’ai voulu rassemblé tes enfants, comme une poule rassemble sa couvée sous ses ailes » (Luc 13 : 34) ! La poule prend soin de sa couvée et la protège, alors que le renard attaque et ravage. Ils avaient rejeté la poule et étaient devenus la proie du renard. Le Seigneur les aurait réunis et protégés, mais Il ajoute solennellement : « et vous ne l’avez pas voulu ! »


            Un croyant peut-il méditer ces paroles sans en admirer la beauté et se prosterner devant le Seigneur, Lui qui était calme face à l’insulte et dont l’amour n’était pas refroidi par l’opposition ? Nous avons brièvement médité un petit échantillon seulement des paroles qu’Il a prononcées. Devant une telle profondeur pleine de simplicité, les nôtres sont pâles et superficielles. Encourageons-nous à rechercher ses paroles et à les « manger » (Jér. 15 : 16). Pensons à la grâce et à la beauté des plus brèves : « Donne-moi à boire » (Jean 4 : 8), « Va en paix » (Luc 7 : 50), « Ne crains pas » (8 : 50) et « Jeune fille, lève-toi » (v. 54).
            Qui voudrait adresser cette libre invitation : « Venez à moi... », non pas à des personnes avenantes ou populaires, mais à tous ceux qui sont lourdement « chargés » ? Et qui aurait été capable d’ajouter la promesse « et je vous donnerai du repos » (Matt. 11 : 28) ? Réfléchissons à ses paroles et nous nous étonnerons, comme ceux de la synagogue de Nazareth, « des paroles de grâce qui sortaient de sa bouche » (Luc 4 : 22). Méditons encore ses interpellations : « Pourquoi êtes-vous craintifs, gens de petite foi ? » (Matt. 8 : 26) ; « Suis(moi » (8 : 22) ; « Et vous, voulez-vous aussi vous en aller ? » (Jean 6 : 67) ; « Et les neuf, où sont-ils. » (Luc 17 : 17), et nous sentirons la puissance et la profondeur de ses paroles.
            Qu’Il s’adresse à des hommes ou des femmes, des individus ou des foules, qu’Il se trouve dans une situation de confort relatif ou sous pression, ses paroles étaient toujours « dites à propos » (Prov. 25 : 11), et pleines de beauté. « Que tes paroles ont été douces à mon palais, plus que le miel à ma bouche ! » (Ps. 119 : 103).


M. H - « Messager évangélique » (2017 p. 330-340)