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Vous serez mes témoins


L’ordre du Seigneur à ses apôtres : être ses témoins « jusqu’au bout de la terre »

            « Ils (les apôtres) l'interrogèrent : Seigneur, est-ce en ce temps-ci que tu rétablis le royaume pour Israël ? Et il leur dit: Ce n'est pas à vous de connaître les temps ou les saisons que le Père a réservés à sa propre autorité; mais vous recevrez de la puissance, le Saint Esprit venant sur vous; et vous serez mes témoins à Jérusalem et dans toute la Judée et la Samarie, et jusqu'au bout de la terre. Après avoir dit ces paroles, il fut élevé de la terre » (Act. 1 : 6-9).

            Juste avant de quitter les siens et d'être Lui-même élevé de la terre au ciel, le Seigneur Jésus leur indique clairement ce qu'ils auront à faire sur la terre. Les apôtres, qui l'ont reconnu comme le Christ, le Messie promis à Israël, ont leurs pensées centrées sur « le royaume pour Israël » et Jésus doit diriger leur regard sur un cercle plus vaste : être ses témoins « jusqu'au bout de la terre ». C'est quelque chose d'entièrement nouveau pour eux, même si cela était déjà annoncé depuis longtemps dans les Ecritures au sujet du Messie : « C'est peu de chose que tu me sois serviteur pour rétablir les tribus de Jacob et pour ramener les préservés d'Israël ; je te donnerai aussi pour être une lumière des nations, pour être mon salut jusqu'au bout de la terre » (Es. 49 : 6). Il leur indique aussi qu'ils vont être « baptisés de l'Esprit Saint dans peu de jours » (Act. 1 : 5), recevant ainsi par Lui la puissance nécessaire pour rendre ce témoignage. Cette venue du Saint Esprit, pour habiter en chacun d'eux, et les unir pour former l'Eglise de Christ, était aussi quelque chose d'entièrement nouveau (voir 1 Cor. 12 : 13, 27 ; Eph. 1 : 23).
            Ensuite, nous voyons comment s'est réalisée cette venue du Saint Esprit et comment Il a conduit ceux en qui Il était ainsi venu habiter à rendre ce témoignage auquel le Seigneur les avait appelés. D'un côté, le Saint Esprit conduit les croyants à entrer par la foi dans le ciel même où se trouve leur Seigneur pour exercer le « saint sacerdoce » de l'adoration auquel ils sont appelés dès maintenant et qu'ils poursuivront éternellement dans la gloire (voir 1 Pier. 2 : 5 ; Phil. 3 : 3 ; Héb. 10 : 19-22). D'un autre côté, le Saint Esprit les conduit aussi à exercer, tant qu'ils sont sur la terre, le « sacerdoce royal » consistant à « annoncer les vertus de Celui qui les a appelés des ténèbres à sa merveilleuse lumière » (1 Pie. 2. 9).
            Adorateurs devant Dieu et témoins devant les hommes : ce sont les deux sacerdoces auxquels nous sommes appelés, les deux grands volets de notre appel comme chrétiens. Dans quelle mesure sont-ils maintenant l'objectif prioritaire de notre vie sur la terre ?


D’autres personnes conduites à annoncer l’évangile

            « Ceux qui avaient été dispersés, à la suite de la persécution qui arriva à l'occasion d'Etienne, passèrent jusqu'en Phénicie, à Chypre et à Antioche, n'annonçant la Parole à personne, si ce n'est à des Juifs seulement. Mais certains d'entre eux étaient des Chypriotes et des Cyrénéens qui, venus à Antioche, parlaient aussi aux Grecs, annonçant le Seigneur Jésus. La main du Seigneur était avec eux: un grand nombre crurent et se tournèrent vers le Seigneur » (Act. 11 : 19-21).

            Obéissants à l'ordre du Seigneur et conduits par le Saint Esprit, les apôtres avaient rendu « avec une grande puissance le témoignage de la résurrection du Seigneur Jésus » à Jérusalem (Act. 4 : 33). Mais nous ne les voyons pas porter ce témoignage hors de Jérusalem, même lorsque la persécution « à l'occasion d'Etienne » disperse les croyants en Judée et en Samarie (8 : 1).
            Le Seigneur se sert alors d'autres personnes : « Ceux qui avaient été dispersés allèrent donc de lieu en lieu, annonçant la Parole » (v. 4). « Philippe l'évangéliste » (21 : 8) prêche le Christ en Samarie où son message est reçu avec beaucoup d'attention : « il y eut une grande joie dans cette ville-là » (8 : 5-8). Il est aussi conduit à annoncer l'évangile à un Ethiopien, intendant des trésors de la reine Candace, qui repartait de Jérusalem en lisant le prophète Esaïe (v. 26-39).
            Mais le Seigneur se sert aussi du témoignage de croyants qui, sans avoir spécifiquement un don d'évangéliste, ont à cœur de parler de Lui à ceux qui les entourent. Ils comprennent qu'ils n'ont pas à limiter ce témoignage à leurs coreligionnaires juifs, mais s'adressent aussi à leurs compatriotes non juifs. « La main du Seigneur était avec eux : un grand nombre crurent et se tournèrent vers le Seigneur ».
            Tous les croyants et les croyantes reçoivent des dons de grâce qu'ils ont à faire valoir pour la gloire de leur Maître, mais ce sont des dons différents, et tous ne sont pas évangélistes (voir Rom. 12 : 5-6 ; 1 Pier. 4 : 10 ; 1 Cor. 12 : 18, 28-30). Cependant chacun, chacune, est appelé(e) à être un témoin pour Christ, indépendamment du don reçu. Ici nous voyons comment le Seigneur a béni le témoignage d'apôtres, d'évangélistes, mais aussi celui de tous ceux qui avaient à cœur, d'une manière ou d'une autre, de parler de Lui à ceux qui les entouraient.
            Faisons-nous partie, nous aussi aujourd'hui, de ceux qui « annoncent la Parole », qui « annoncent le Seigneur Jésus », de manière à ce que notre Maître puisse bénir ce témoignage ?


L’encouragement des nouveaux convertis à s’engager de tout leur cœur pour Christ

            « Quand il (Barnabas) y fut arrivé (à Antioche) et qu'il eut vu la grâce de Dieu, il se réjouit ; et il les exhortait tous à demeurer attachés au Seigneur de tout leur cœur, car il était homme de bien, et plein de l'Esprit Saint et de foi. Et une grande foule fut ajoutée au Seigneur » (Act. 11 : 23-24).

            En arrivant à Antioche, Barnabas se réjouit de voir ce que la grâce de Dieu a fait. Mais il n'en reste pas là, il exhorte et enseigne ces nouveaux convertis. Le Seigneur ne l'a pas encore appelé à aller porter son message au loin, comme nous le verrons plus tard (ch. 13). Mais devant les besoins spirituels qu'il discerne à Antioche, il sent sa responsabilité de faire part de ce que le Seigneur lui a fait la grâce de connaître.
            Il leur dit d'abord de « demeurer attachés au Seigneur de tout leur cœur ». Il prêche Christ et exhorte à s'engager de tout son cœur pour Christ. Retenons cet exemple. Demeurer attaché de tout son cœur au Seigneur est primordial. Ces nouveaux convertis aimaient déjà leur Sauveur et Seigneur; mais ce que Barnabas place devant eux, c'est qu'ils devaient s'attacher à lui de tout leur cœur : pas à 90, 95 ou même 99 %, mais à 100 % ! C'est de la mesure de l'engagement de notre cœur pour Christ que dépend tout le reste de notre vie. « Garde ton cœur plus que tout ce que l'on garde, car de lui sont les issues (ou : les résultats) de la vie » (Prov. 4 : 23). Comme Paul le dira plus tard aux Corinthiens, ces chrétiens d'Antioche devaient réaliser qu'ils avaient été « achetés à prix » et qu'ils n'étaient plus à eux-mêmes, mais appartenaient à Celui qui pour eux était mort et avait été ressuscité (voir 1 Cor. 6 :19-20 ; 2 Cor. 5 : 14-15). Notre vie appartient-elle à 100 % au Seigneur, ou voulons-nous la vivre encore un petit peu pour nous-même ?
            Mais l'attachement à Christ, si important et primordial qu'il soit au début de la vie chrétienne, se construit progressivement. Il faut apprendre à le connaître, apprendre de Lui (voir Matt. 11 : 29) par sa Parole. Barnabas en est bien conscient; il ne peut pas laisser ces croyants ainsi, sans nourriture spirituelle. Il va donc rester une année entière à Antioche pour les enseigner dans la Parole de Dieu (Act. 11 : 26).


Barnabas et Saul, un exemple de disponibilité face aux besoin des croyants

            « Il (Barnabas) s'en alla ensuite à Tarse, pour chercher Saul ; après l'avoir trouvé, il le mena à Antioche. Et, pendant une année entière, ils se réunirent dans l'assemblée et enseignèrent une grande foule. Ce fut aussi à Antioche que, pour la première fois, les disciples furent nommés chrétiens » (Act. 11 : 25-26).

            Bien qu'il soit « homme de bien, et plein de l'Esprit Saint et de foi » (v. 24), Barnabas sent ses limites face aux besoins de cette « grande foule ». Mais il ne se laisse pas arrêter pour autant : il va simplement chercher Saul pour qu’ils enseignent ensemble la Parole à cette nouvelle assemblée. Nous voyons ici la réalisation de ce que Paul dira plus tard à Timothée : « Dieu ne nous a pas donné un esprit de crainte, mais de puissance, et d'amour, et de sobre bon sens » (2 Tim. 1 : 7). Barnabas ne se laisse pas influencer par des raisonnements humains, ni décourager par sa faiblesse qu'il ressent bien, mais il agit dans « un esprit de sobre bon sens », en se confiant dans la grâce et la puissance de son Maître.
            On remarque aussi la disponibilité de Barnabas et Saul face aux besoins de ceux à qui ils ont affaire. Barnabas avait été envoyé par les frères de Jérusalem qui avaient entendu parler de ce témoignage rendu à Antioche. Il ne se contente pas de constater ce travail de Dieu, de s'en réjouir, ni même d'exhorter et encourager ces nouveaux convertis de manière à ce que, avant son départ, une grande foule soit encore « ajoutée au Seigneur » (v. 24). Il ne se limite pas à ce que ses frères à Jérusalem lui ont explicitement demandé, ni ne sent la nécessité de retourner auprès d'eux pour prendre leur avis avant d'envisager éventuellement de revenir avec leurs instructions. Il dépend du Seigneur seul. Il sait également que ses frères lui font confiance. Saul se montre aussi disponible; il répond simplement à la demande de Barnabas, en faisant confiance au Seigneur. Et ils vont rester ensemble, « une année entière », occupés à nourrir ces âmes de Christ d'une manière telle que, « pour la première fois, les disciples furent nommés chrétiens » !
            Avons-nous les yeux ouverts pour discerner les besoins spirituels de ceux qui nous entourent ? Ou cherchons-nous des prétextes à notre faiblesse et à notre incapacité dans ce que penseront ou diront nos frères et sœurs ? En réalité, aucun prétexte ne peut nous dispenser de nous laisser employer par le Seigneur pour remplir pleinement notre rôle de témoin auprès de ceux qu’Il met en contact avec nous.


D’autres frères contribuant à l’édification de l’assemblée à Antioche

            « En ces jours-là, des prophètes descendirent de Jérusalem à Antioche. L'un d'entre eux, nommé Agabus, se leva et déclara, par l'Esprit, qu'une grande famine aurait lieu dans toute la terre habitée: cette famine eut lieu sous Claude. Alors les disciples, chacun selon ses ressources, décidèrent d'envoyer un secours aux frères qui demeuraient en Judée. C'est ce qu'ils firent, l'envoyant aux anciens par les mains de Barnabas et de Saul » (Act. 11 : 27-30).

            Pendant que Barnabas et Saul continuent le service que le Seigneur place devant eux à Antioche, d'autres frères de Jérusalem rendent visite à cette nouvelle assemblée et vont contribuer à son édification. Cet exemple nous encourage à faire de telles visites pour l'avancement des croyants et à créer ainsi des liens entre les assemblées.
            Les circonstances et les conditions de vie de l'assemblée juive à Jérusalem et celles de l'assemblée nouvellement formée de gens des nations non juives à Antioche étaient certainement très différentes. Plus tard, ces différences feront naître des tensions qui nécessiteront que des frères d'Antioche se rendent à Jérusalem pour que des questions de doctrine soient précisées (voir Act. 15). Mais ces visites ont permis aux frères de se connaître, d'apprécier les circonstances des uns et des autres, et lorsque cette « grande famine » est annoncée, nous voyons comment se déploie l'amour fraternel des frères d'Antioche à l'égard de ceux de Jérusalem. Ces derniers, par amour pour leur Seigneur et pour l'avancement de son œuvre, avaient vendu leurs biens et se trouvaient particulièrement démunis face à cette famine. Leurs frères d'Antioche, qui avaient reçu aide et nourriture spirituelles de frères provenant de cette assemblée à Jérusalem, envoient maintenant par ces mêmes frères une aide matérielle à Jérusalem. Les liens de communion et d'amour fraternels sont ainsi resserrés et contribueront certainement à aborder et à résoudre d'une manière positive et heureuse les controverses de doctrine qui surgiront plus tard.
            Cela ne nous montre-t-il pas l'importance qu'il y a aussi pour nous aujourd'hui, frères d'assemblées différentes, à « parler l'un à l'autre » (Mal. 3 : 16), surtout s'il y a des différences d'appréciation liées peut-être à des origines et des conditions de vie différentes ? Ainsi, nos liens d'amour dans le Seigneur pourront être affermis et il nous sera possible d'aborder les questions que peuvent engendrer ces différences dans un esprit de confiance mutuelle et de confiance dans le Seigneur les uns à l'égard des autres (voir Gal. 5 : 10).


La dépendance du Maître pour discerner sa volonté et répondre à son appel à être ses témoins

            « Il y avait à Antioche, dans l'assemblée locale, des prophètes et des docteurs… Comme ils servaient le Seigneur et jeûnaient, l'Esprit Saint dit : Mettez-moi maintenant à part Barnabas et Saul, pour l’œuvre à laquelle je les ai appelés. Alors, après avoir jeûné et prié, ils leur imposèrent les mains et les laissèrent aller » (Act. 13 : 1-3).

            Après avoir apporté à Jérusalem l'aide matérielle des frères d'Antioche, Barnabas et Saul sont de retour (Act. 12 : 25). Avec d'autres frères d'Antioche, ils sont maintenant amenés à réfléchir profondément devant le Seigneur à cette question: Comment poursuivre cette mission que le Seigneur leur a confiée : « Vous serez mes témoins… jusqu'au bout de la terre » (1 : 8) ?
            Pour eux tous, ce n'est pas simplement une parole du Seigneur, dont ils savent qu’elle est juste et bonne. Ils l'ont déjà mise en pratique là où le Seigneur les a placés, à Antioche. Le Seigneur a béni leur témoignage (voir ch. 11). Mais doivent-ils se contenter de vivre maintenant une vie d'assemblée paisible et heureuse ? Ne sont-ils concernés que par le témoignage qu'ils continuent de rendre à Antioche ? Quelle est la pensée du Maître ? Ne reste-t-il pas encore « un grand peuple » (Act. 18 : 10) à Lui amener ? N'a-t-Il pas dit « jusqu'au bout de la terre » ? Ils ne prient pas simplement d'une façon vague pour que la pensée du Seigneur s'accomplisse et qu'Il bénisse le témoignage que d'autres rendent ailleurs. Ils se sentent eux-mêmes concernés, ils désirent une réponse claire. Pour cela, ils jeûnent afin de se concentrer pleinement sur ce sujet de leurs prières collectives. Sommes-nous alors étonnés qu'ils reçoivent cette réponse si claire au sujet de l'appel de Barnabas et Saul à partir là où l'Esprit Saint les conduira ?
            Comment prions-nous aujourd'hui au sujet de ce rôle de témoins que le Seigneur nous donne, individuellement et collectivement ? Pensons-nous que dans ces temps difficiles de la fin de l'histoire de l’Eglise, il n'est plus temps d'être les témoins du Seigneur ? Demandons-Lui qu'Il nous éclaire lui-même sur ce qu'Il veut placer devant nous, devant moi. Apprenons aussi à « jeûner », à renoncer aux choses même légitimes et nécessaires. Alors le Seigneur pourra réellement révéler sa pensée à des cœurs qui Lui seront vraiment consacrés. Bien des problèmes que nous rencontrons dans la vie collective de « l'assemblée locale » ne seraient-ils pas résolus si les frères « jeûnaient et priaient » pour savoir vraiment comment répondre, chacun et ensemble, à cet ordre du Seigneur : « Vous serez mes témoins » ?


J. M. Allovon - « LE SEIGNEUR EST PROCHE » (mai-juin 2019) –  www.labonnesemence.com