bible-notes.org

Imprimer ou partager la page :

« Je rechercherai ton bien »

Psaume 122 : 9


La paix de l'assemblée, condition de sa prospérité
Rechercher le « bien » de l’assemblée
Des ressources à notre disposition
Diverses responsabilités
 

            Quelle joie pour le cœur du psalmiste - pour le résidu de Juda plus tard - à la pensée d'aller à « la maison de l'Eternel » ! Eprouvons-nous cette même joie quand nous nous rendons dans le lieu du rassemblement ? Et est-ce bien la pensée de rencontrer le Seigneur et de jouir de sa présence qui fait brûler nos cœurs ? Certes, cette joie peut être plus ou moins assombrie lorsque l'assemblée, au lieu d'être comme « une ville bien unie ensemble » (v. 2), est marquée par la désunion, affaiblie par des discordes ou des dissentiments, déchirée parfois par d'attristantes querelles. Le cœur peut même éprouver de la peine, de l'accablement parfois, lorsqu'il n'y a plus guère de communion au sein d'une assemblée dans la souffrance. Tant il est vrai que la paix de l'assemblée conditionne la joie que nous pouvons y goûter. Cela nous fait comprendre pourquoi, dans ce magnifique Psaume 122, David insiste pareillement sur la paix : « Demandez la paix de Jérusalem… Que la paix soit dans tes murs… Que la paix soit en toi ! » (v. 6-8).


La paix de l'assemblée, condition de sa prospérité

            La paix de l’assemblée est liée à la prospérité individuelle et à la prospérité de l'ensemble (v. 6-7). La paix, la prospérité, la joie, étroitement liées, dépendent de la réalisation de certains caractères, mentionnés dans ce psaume et qui doivent être tenus pour essentiels à la vie de l'assemblée : l'assemblée a des «portes» et des «murs» (v. 2, 7), les « trônes de jugement » (v. 5) ; c'est un « palais », la « maison de l'Eternel » et ce doit être véritablement « une ville bien unie ensemble » (v. 7, 9, 3).
            Avec quelle crainte et quelle vigilance il faut veiller aux « portes » pour que le mal, sous quelque caractère que ce soit, ne puisse pénétrer dans cette enceinte, faute de quoi la paix selon Dieu ne pourrait y être connue - avec quelle énergie il convient de maintenir intacte la « muraille » de la séparation, tout en pensant avec amour à tous les enfants de Dieu dispersés dans les dénominations de la chrétienté - avec quel soin il faut prendre garde aux responsabilités qui incombent à l'assemblée comme ayant à exercer l'autorité de la part du Seigneur, dans la réalisation pratique de sa présence et dans la dépendance dont la prière est l'expression (voir Matt. 18 : 18-20) - avec quelle piété et quelle admiration reconnaissante il est nécessaire de garder la pleine conscience de la grandeur et de la beauté de l'assemblée, « l'assemblée du Dieu vivant, la colonne et le soutien de la vérité » (1 Tim. 3 : 15), un organisme saint et vivant au milieu d'un monde caractérisé par le péché et la mort, un domaine où doit briller quelque chose de la gloire divine (voir Ps. 29 : 9) - avec quel respect nous devons nous tenir dans un lieu qui est « la maison de Dieu » - avec quelle application nous devons « garder l'unité de l'Esprit par le lien de la paix » (Eph. 4 : 3), de telle manière qu'il soit vu pratiquement que l'assemblée est « bâtie comme une ville bien unie ensemble » ! Tout cela doit être gardé et maintenu si nous voulons goûter une vraie joie dans une assemblée en paix et prospère. Lorsque nous ne pouvons nous réjouir sans réserve, lorsque la paix est troublée, regardons en premier lieu si nous n'avons pas, sur l'un ou l'autre de ces points, de sérieuses défaillances à confesser et à juger. Commençons par là, avec droiture de cœur, nous serons sur le seul chemin qui conduise à la paix et à la joie retrouvées.


Rechercher le « bien » de l’assemblée

            David termine ce Psaume par cette expression : « Je rechercherai ton bien ». N'est-il pas vrai que si nous avions constamment une plus haute conscience de ce qu'est l'assemblée nous serions conduits à rechercher avec plus de zèle et de fidélité « son bien » ? Et si chaque frère, chaque sœur recherchait véritablement le bien de l'assemblée, la paix et la prospérité seraient en elle, et la joie remplirait tous les cœurs à la seule pensée « d'aller à la maison de l'Eternel », combien plus dans le lieu même où sa présence se trouve ! Posons-nous la question : est-ce que nous recherchons toujours et en toutes choses le bien de l'assemblée, est-ce là un mobile constant de nos paroles et de nos actes ?
            Il y a dans cette « recherche » un aspect négatif : ne rien dire, ne rien faire qui serait susceptible de nuire à l'assemblée. Veillons sur nos paroles, prenons garde à nos diverses activités, à tout ce qui risquerait de troubler la paix et de nuire à la prospérité de l'assemblée, de quelque manière que ce soit ! Qui pourra dire le mal fait à l'assemblée, à telle assemblée locale, par des propos inconsidérés, des réflexions qu'il eût fallu retenir, des actes qu'il n'eût jamais fallu accomplir ? Puissions-nous comprendre et mesurer le tort qui peut ainsi être fait à l'assemblée. Soyons profondément exercés à ce sujet, jugeons le passé si nous avons à le faire et, pour l'avenir, veillons sur nous mêmes.
            Mais il y a aussi un aspect positif. Pour « rechercher le bien » de l'assemblée, chacun doit d'abord prier beaucoup pour elle. Qui pourrait dire qu'il n'a pas de capacité pour le faire ? Le faisons-nous diligemment ? Pour prier en faveur de l'assemblée, avec intelligence et persévérance, il faut « l'aimer » ! Une bénédiction particulière - la prospérité spirituelle - est assurée à celui qui aime l'assemblée et demande sa paix. Si la prière est le service le plus important et celui que chaque frère et chaque sœur, sans exception, peuvent et doivent remplir, il en est pourtant d'autres encore qui sont indispensables à la prospérité et à la joie de l'assemblée. Il importe que chacun ait le discernement de sa place dans le corps et remplisse le service qui lui incombe, nécessaire au développement harmonieux de l'ensemble. Aucun des membres du corps n'est inutile, chacun a sa fonction propre. Un membre qui ne fonctionne pas s'ankylose et finit à la longue par s'atrophier, tout le corps en souffre. Quelle responsabilité par conséquent pour celui qui est caractérisé par une inactivité totale ! Pense-t-il qu'il « recherche le bien de l'assemblée », le croyant qui se contente de ne rien faire qui soit susceptible de lui nuire mais qui ensuite se borne à suivre régulièrement les réunions, y venant pour recevoir quelque chose sans jamais rien apporter lui-même ?


Des ressources à notre disposition

            Comme il est important, en vue du bien de l'assemblée, que chacun se nourrisse régulièrement, quotidiennement, de la Parole, y trouvant l'aliment dont sa vie spirituelle a besoin pour se développer ! Que nul ne pense qu'il lui suffit, pour être nourri et rafraîchi, de jouir du ministère de la Parole dans l'assemblée, si utile et précieux soit-il. Une lecture personnelle du saint Livre est tout aussi nécessaire. Cette nourriture, il convient de se l'approprier et ensuite de l'assimiler, de façon qu'elle devienne partie de nous-mêmes, assurant ainsi le développement de l'homme intérieur comme la nourriture donnée au corps produit l'accroissement de l'homme extérieur. Il n'est pas possible qu'un enfant de Dieu qui lit, avec prière, la Parole « vivante et opérante » (Héb. 4 : 12) n'en retire pour son âme quelque fruit, un enrichissement spirituel. Chaque frère pourra alors, ainsi nourri, formé, préparé, être un instrument que le Saint Esprit sera à même d'employer, au moment opportun, pour proposer le chant d'un cantique, prier, rendre grâces, lire une portion de la Parole, ajouter peut-être les « cinq paroles » (1 Cor. 14 : 19) qui édifient l'assemblée lorsque c'est l'Esprit de Dieu qui les donne.
            Cet exercice personnel fait trop souvent défaut, peut-être parce qu'au lieu d'aimer l'assemblée comme nous devrions l'aimer, le cœur est occupé de bien autre chose ! Peut-être aussi parfois parce que, ayant le sentiment de son incapacité, on mésestime la valeur des ressources que Dieu met à notre disposition : sa Parole, la prière, l'opération de l'Esprit Saint, et cela contribue à produire ou à maintenir l'état de faiblesse de l'assemblée. L'on est ainsi conduit à s'attendre à quelques-uns seulement, à se reposer sur tel ou tel don ; le véritable caractère de l'assemblée est alors perdu, en partie tout au moins ; on voit de la sorte des frères qui ont l'habitude d'agir et d'autres qui ont pris l'habitude de garder le silence. Et le cas est peut-être moins rare qu'on ne croit d'une assemblée qui, n'ayant dans son sein aucun frère spécialement doué pour présenter la Parole, n'a de réunion d'édification que lorsqu'elle est visitée par un frère qualifié auquel est laissée la charge de la réunion. N'est-ce pas méconnaître dans la pratique ce qu'est l'assemblée et ce que sont les ressources dont elle dispose ? Cela est beaucoup plus grave que nous ne pensons. Le Seigneur ne pourrait-Il pas, en effet, dire aux frères : Est-ce que ma présence au milieu de vous, la Parole « vivante et opérante, l'action de l'Esprit, ne vous suffisent pas ? Vous faut-il nécessairement, pour vous rassembler en vue de l'édification, l'exercice d'un don ? Mais ne croyez-vous pas que si vous vous réunissiez même en l'absence de tout don particulier, vous ne pourriez jouir de ma présence, lire une ou plusieurs portions de l'Ecriture, éprouver la saveur de la Parole, son action puissante dans les cœurs et les consciences, goûter l'onction de l'Esprit ? Vous réaliseriez la valeur des ressources qui, quoi qu'il en soit, demeurent à votre disposition, à la disposition d'une foi vivante, et vous seriez richement bénis ? - Nous connaissons les vérités de l'Ecriture concernant l'assemblée, les réunions de l'assemblée ; sont-elles pour nous autre chose que des mots - une vivante réalité ?
            Si nous étions assez simples pour nous attendre entièrement au Seigneur et aux directions de l'Esprit, si nous étions vraiment, chacun dans notre particulier, nourris de la Parole divine, nourris de Christ, nous goûterions des bénédictions d'une valeur infinie, de précieux moments de rafraîchissement dans une réunion d'assemblée, qu'il y ait ou non l'exercice d'un don spécial.
            Qu'est-ce qu'une assemblée prospère ? Non pas tellement celle dont le nombre s'accroît, mais celle dans laquelle chaque frère, chaque sœur, nourri de la Parole dans sa vie personnelle et dans l'assemblée, exercé devant le Seigneur au sujet des besoins de l'assemblée, prie pour elle, demandant son bien, sa paix. Il y a alors un accroissement, un enrichissement individuel et collectif : un affermissement dans la connaissance de la vérité, de la réalité dans la marche, de la profondeur dans les affections, de la puissance dans le témoignage. Qu'en vérité nos cœurs désirent et recherchent la prospérité de l'assemblée !


Diverses responsabilités

                        Un exemple à donner

            Nous avons des responsabilités envers les générations qui nous suivent, et qui nous observent. Puissions-nous non pas seulement leur dire mais surtout leur montrer pratiquement ce qu'est l'assemblée de Dieu, ce que doivent être les réunions de l'assemblée ! Donnons-leur pleine conscience de ce que sont la présence du Seigneur réalisée au milieu des deux ou trois assemblés en son nom, la puissance et l'autorité de la Parole pour édifier (voir Act. 20 : 32), l'action de l'Esprit dans l'assemblée ! Nous désirons faire beaucoup pour intéresser la jeunesse des assemblées, mais c'est en agissant dans la crainte, dans la dépendance, dans une simplicité si souvent perdue, que nous pourrons être vraiment utiles à ceux qui viennent après nous dans le chemin du témoignage et qui demain seront à la brèche, s'il y a encore des jours pour l'Eglise ici-bas. Il ne suffit pas de faire entendre, d'amener à recevoir certaines vérités ; il faut aussi, et surtout, vivre les vérités professées, les faire voir en action. L'enseignement par les faits, par les actes, est d'une valeur incomparablement supérieure à tout autre !

                        Les sœurs

            N'oublions pas aussi que les sœurs ont leur responsabilité propre à cet égard : nourries de la vraie nourriture de l'âme, ayant joui individuellement de la communion avec le Seigneur, prié pour l'assemblée, demandé son bien et sa paix, elles prendraient part à la réunion - et nombre d'entre elles le font, nous n'en doutons pas - dans une muette intercession du cœur, criant au Seigneur pour qu'Il réponde aux besoins de chacun et de l'assemblée tout entière, dirigeant et soutenant l'instrument qu'Il trouve bon d'employer pour cela. Quelle bénédiction il y aurait alors ! Le niveau spirituel de l'assemblée serait relevé, elle serait fortifiée, aurait un discernement accru et saurait faire face, le moment venu, aux attaques d'un Adversaire auquel nous donnons prise si souvent parce que nous ne savons pas réaliser comme nous le devrions ce qui doit vraiment caractériser l'assemblée, parce que nous ne savons pas, avec assez de zèle, « rechercher son bien ».

                        Veiller à la nourriture du troupeau

            Chaque frère, chaque sœur, nous l'avons rappelé, a dans l'assemblée ses responsabilités propres, mais il est des frères auxquels le Seigneur a conféré une position particulière de responsabilité. Dans le langage symbolique de l'Apocalypse, ce ou ces frères, dans une assemblée locale, sont désignés par l'expression « l'ange de l'assemblée qui est à… » (Apoc. 2 : 3). Un frère qui, de lui même, s'arrogerait une telle place ne pourrait être utile à l'assemblée et prendrait devant Dieu une très grave responsabilité : il aura affaire avec Lui selon la position même qu'il a voulu prendre, bien que n'étant pas qualifié pour l'occuper. C'est l'Esprit Saint qui « établit » les surveillants (voir Act. 20 : 28) et chacun d'eux est responsable de prendre garde d'abord à lui-même et ensuite à tout le troupeau. Ce service est d'autant plus important que « notre adversaire, le diable, comme un lion rugissant, rôde autour de nous, cherchant qui il pourra dévorer », il cherche à s'emparer d'une brebis du troupeau, c'est dire combien il est nécessaire de veiller et de prendre soin du « troupeau de Dieu » (voir 1 Pier. 5 : 2-3, 8). Pourvoir à la nourriture du troupeau est une responsabilité qui incombe notamment aux anciens, aux surveillants (voir Act. 20 : 28 ; 1 Pier. 5 : 2), mais n'ont-ils pas à veiller, précisément en vue de la nourriture du troupeau, à ce que soit réalisé ce qui doit caractériser la vie et les réunions de l'assemblée ? Un ancien dans l'exercice de sa charge, un pasteur dans l'accomplissement de son ministère sont responsables de conduire les brebis du troupeau, de les amener à vivre plus près du Seigneur, à se nourrir chaque jour de la Parole, de telle manière que les privilèges du rassemblement soient goûtés, chacun fonctionnant à sa place, apportant quelque chose en vue du bien de tous, les dons s'exerçant sans jamais porter atteinte au véritable caractère de l'assemblée. S'il y a des défaillances à cet égard dans les réunions de l'assemblée, il en sera demandé compte en tout premier lieu aux frères spécialement responsables devant le Seigneur de cet état : « J'ai contre toi… », est-il écrit « à l'ange de l'assemblée… ». Puissent-ils, eux tout particulièrement, dans la pleine conscience de leurs privilèges et de leurs responsabilités, « rechercher le bien de l'assemblée » ! Et que Dieu nous accorde à chacun, frères et sœurs, d'aimer l'assemblée, de prier pour sa paix, sa prospérité, de rechercher son bien !
            « Demandez la paix de Jérusalem ; ceux qui t'aiment prospéreront. Que la paix soit dans tes murs, la prospérité dans tes palais ! A cause de mes frères et de mes compagnons, je dirai : Que la paix soit en toi! A cause de la maison de l'Eternel, notre Dieu, je rechercherai ton bien » (Ps. 122 : 6-9).


D’après P. Fuzier (Messager évangélique - année 1966 p. 141-149)