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Notre réaction face à une offense


Les réactions d'une personne offensée
Des enseignements pour nous, chrétiens
 

Lecture proposée : Luc 15 : 25-32

            Lors du retour du fils perdu, toute la maison était heureuse. Mais voici que le frère aîné rentre des champs et entend le bruit d'une joyeuse fête. Il demande ce qui se passe et apprend que son père a préparé un festin à cette occasion. Cette nouvelle ne lui plaît pas du tout. Il se sent mis de côté, frustré, jusqu'à en être profondément blessé.


Les réactions d'une personne offensée

                        Se mettre en colère

            C'est la première caractéristique d'une âme offensée ! Mais est-elle toujours tout à fait injustifiée ? Ne puis-je pas parfois justement m'indigner ? Suis-je obligé de me laisser tout faire sans réagir ? Si quelqu'un se permet de m'offenser, dois-je l'accepter sans rien dire ?
            Le problème se ramène à deux autres questions. D'abord, y a-t-il vraiment une raison pour me sentir offensé ? Ensuite, si une telle raison existe effectivement, est-ce que je fais bien de réagir comme je le fais ? Souvent nous cherchons de mauvaises intentions derrière l'action ou la parole de notre prochain, alors qu'il ne nous voulait nullement du mal. Mais même si l'on nous fait du tort, notre réaction devrait bien s'inspirer de la question de Paul aux Corinthiens : « Pourquoi ne supportez-vous pas plutôt des injustices ? Pourquoi ne vous laissez-vous pas plutôt causer du tort ? » (1 Cor. 6 : 7).
            Il existe évidemment des choses qui nous font mal et qui peuvent à juste titre nous irriter : toute attaque contre la Parole de Dieu et son autorité, toute atteinte à la foi de nos frères et soeurs, tout préjudice porté à la vie de communion dans une assemblée... Dans de tels cas, il ne s'agit pas de notre moi blessé. Mais malheureusement, il arrive que l'on essaie de qualifier de juste colère une réaction qui n'est au fond rien d'autre qu'un amour propre blessé.

                        S'isoler, refuser les contacts : « Il ne voulait pas entrer »

            Voilà une deuxième caractéristique du coeur blessé: le frère aîné refuse d'entrer dans la maison paternelle et de se réjouir avec son frère et tous les invités. Il se retire. Il ne recherche pas de contacts. Il s'isole.
            Connaissons-nous par expérience une telle phase dans notre vie ? Nous ne voulons plus rien avoir à faire avec telle personne qui nous a offensé. Par exemple, dans l'assemblée locale, on nous a blessé, et immédiatement nous tournons le dos à nos frères et soeurs avec la ferme intention de ne plus jamais revenir au milieu d'eux. Au lieu de rechercher la restauration des uns et des autres, nous n'avons en vue que la restauration de notre propre gloire.
            Or si nous nous détournons de notre frère ou de notre soeur, nous nous détournons de ce fait des membres du corps de Christ ; comment alors cultiver une vraie communion avec la Tête de ce corps, glorifiée dans le ciel ?

                        Etre occupé de soi-même : « Voici tant d'années que je te sers »

            « Son père sortit, et il le priait d'entrer ». Rien à faire ! Et voici, dans la réaction du fils, le moi qui revient à la surface. Il est occupé de lui-même. « Jamais je n'ai désobéi à un de tes commandement ». Je peux être content et fier de moi. Voici une troisième caractéristique : le cœur blessé est d'abord et intensément occupé de lui-même. Nous connaissons très bien ce langage. Par exemple : j'ai fait de mon mieux dans cette affaire, et voilà, au moment où tout va bien, on me laisse tout simplement tomber. Nous commençons à énumérer tout le bien que nous avons fait et justifions ainsi notre irritation.
            Seulement, examinons pourquoi nous avons fait tout ce bien. Vraiment pour le Seigneur ? Ou aussi un peu pour notre propre gloire ? Lorsque nous sommes offensés au point de prendre la décision d'interrompre tel ou tel service, c'est que nous sommes beaucoup trop occupés de nous-même, et cela est foncièrement mauvais.

                        Eprouver un manque de considération : «Tu ne m'as jamais donné un chevreau…»

            Voici une quatrième caractéristique du cœur blessé : Je me sens négligé, quelqu'un d'autre me porte préjudice. Comme cela peut nous froisser lorsque par exemple nous ne recevons pas assez d'éloges ou de marques d'approbation ! Et surtout au moment où d'autres, qui à notre avis ne le méritent pas, en reçoivent en abondance !
            Le Seigneur Jésus exprime magistralement ce qui se passe dans nos cœurs lorsqu'Il présente la parabole des ouvriers engagés par un maître de maison pour sa vigne : ceux qui avaient travaillé toute la journée ne recevaient pas davantage de salaire que ceux qui n'avaient travaillé qu'une heure (Matt. 20). Combien facilement une telle façon de faire peut nous paraître injuste ! Nous nous offenserions vite si un tel traitement nous était appliqué ! Mais écoutons ce que dit le Maître : « Mon ami, je ne te fais pas tort… Ne m'est-il pas permis de faire ce que je veux de ce qui m'appartient ? Ton oeil est-il méchant, parce que moi je suis bon ? » (v. 13-15).

                        Avoir une attitude égocentrique : « Faire bonne chère avec mes amis »

            Le fils aîné aurait bien aimé avoir une fois sa fête à lui, mais pas avec son père, et encore moins avec son frère. Il semblait attiré par d'autres personnes. Peut-être cette tendance avait-elle toujours habité en lui. A cette occasion elle apparaît clairement. Une des caractéristiques de l'homme blessé est de mépriser les liens entre les membres de la famille de Dieu. On veut bien reconnaître les liens avec les enfants de Dieu qui nous conviennent, mais non avec ceux qui ne nous conviennent pas. Il y a une bonne dose d'égocentrisme dans cette attitude. Centré sur moi-même, je ne suis pas spirituel.
            Quel contraste avec l'apôtre Paul prisonnier, lorsqu'il encourage plusieurs frères à propager l'évangile avec beaucoup de zèle ! Certains se sentent appelés à continuer l'œuvre de l'apôtre. D'autres font de l'évangélisation pour pouvoir se glorifier de leur propre oeuvre. Trop longtemps ils ont vécu à l'ombre du grand serviteur ; profitant de sa mise à l'écart, ils peuvent enfin occuper le devant de la scène ! Paul est-il offensé ? Va-t-il espérer que leur activité n'ait pas de résultat ? Est-ce qu'il ne les reconnaît plus comme frères ou comme ouvriers dans l'œuvre de Dieu ? Non, il se réjouit de ce qu'ils annoncent l'Evangile, même s'il peut discerner leur intention de se mettre en avant à son propre détriment. Quel modèle il est pour nous !

                          Parler, sans amour, des fautes des autres : « Il a mangé ton bien avec des prostituées »

            Comment le frère aîné sait-il cela ? Qui le lui a raconté ? La parabole n'en dit rien. Peut-être l'a-t-il simplement supposé. Peu importe ! Retenons cette sixième caractéristique du cœur blessé : rechercher les faiblesses et les fautes de la personne qui lui a fait du tort. Parfois ces faiblesses et ces erreurs sont dramatiquement montées en épingle.
            Peut-on encore parler d'amour fraternel ? L'amour de Dieu est versé dans nos cœurs (Rom. 5 : 5). Seulement cet amour ne peut plus opérer en nous lorsque nous entretenons un cœur blessé. Nous ne voyons plus rien d'autre que le tort que nous avons subi, et nous jugeons notre frère. Souvent injustement. Combien de fois lui prêtons-nous de mauvaises intentions qui en réalité n'existent pas ? Nous pensons le pire de notre frère au lieu de présumer d'emblée le meilleur (1 Cor. 13 : 6). Et même si notre frère a mal agi envers nous, essayons de l'aider afin qu'il soit restauré.


Des enseignements pour nous, chrétiens

                        Notre réaction dépend de notre état spirituel

            Notre tristesse en voyant notre frère ou notre sœur agir d'une manière fâcheuse devrait déclencher en nous le désir d'arriver à une modification de son attitude. Ce serait alors une colère juste et une réaction selon Dieu. Mais au contraire si nous cultivons notre blessure, nous risquons de parvenir à un état dont il est dit : «Un frère offensé est plus difficile à gagner qu'une ville forte» (Prov. 18 : 19). Nous entretenons notre irritation et restons inabordables. Cela peut durer des années. C'est triste pour le croyant lui-même et pour son entourage, mais surtout pour le Seigneur Jésus. Nous ne pouvons cacher un tel état d'âme à ceux qui nous entourent, et à plus forte raison à Dieu. Chacun de nous a son « rayonnement » personnel, qui est l'expression soit de la paix et de la joie dont son cœur est rempli, soit du mécontentement et de l'amertume qui y habite. Quel dommage lorsque notre rayonnement est négatif parce que nous sommes blessés !

                        N'oublions pas notre position devant Dieu et nos privilèges !

            « Tout ce qui est à moi est à toi », doit dire le père à son fils accusateur. Celui-ci a oublié sa position. Le père doit lui rappeler qu'il est son enfant, son fils. Le fils n'apprécie plus la compagnie de son père. Il n'est plus conscient de la proximité du père ni de sa présence. Il a perdu le sens de ses privilèges et de ses droits.
            Si nous vivons avec un cœur meurtri et rempli de pitié pour nous-même, nous ne sommes plus conscients de notre position devant Dieu ni de nos privilèges. Tout cela nous est égal. Dans un tel état d'âme, il n'y a plus de communion heureuse avec le Père. Nous perdons de vue la merveilleuse assurance que le Père est toujours avec nous et nous avec Lui. Foncièrement occupés de nous-même, nous ne jouissons plus de nos immenses bénédictions. En persistant dans cet état d'âme, nous nous faisons du mal à nous-même. Sans vraie communion avec le Père, nous ne nous réjouissons plus du pardon de nos péchés ; nous ne réalisons plus ce que c'est que d'être enfant de Dieu. Notre vie spirituelle demeure à un niveau très bas. Nous pouvons même nuire à notre santé physique.
            Nous faisons aussi du mal à nos frères et sœurs ; car « si un membre souffre, tous les membres souffrent avec lui » (1 Cor. 12 : 26). Nous ne sommes plus une bénédiction pour les autres, mais un souci et une charge. Nous refusons leur aide, nous restons inabordables, et cela augmente leur souci.
            Avec un cœur blessé, nous n'accordons plus à Dieu ni au Seigneur Jésus ce qui leur revient. Plus d'actions de grâces, plus de louange, ou alors des fausses notes insupportables dans le chant de l'assemblée ! Comment évoquer encore notre vocation de sacrificateur ? N'est-ce pas un état affreusement triste pour un enfant de Dieu ?

            Chers amis, examinons notre état d'âme à la lumière de Dieu. Allons vers notre frère et témoignons-lui notre amour. S'il a mal agi, essayons de l'aider dans sa restauration spirituelle et ne recherchons pas premièrement la restauration de notre propre honneur, de notre propre réputation. Que le Seigneur nous accorde son puissant secours dans une telle démarche ! Car sa réussite ramènera la paix et la joie dans le cœur de ce frère ou de cette sœur, comme aussi dans le nôtre, pour le bien de toute l'assemblée et la gloire de notre Dieu.

 

D'après un texte traduit de l'allemand - (« Messager évangélique » 1992 p. 271-276)