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Abraham devant Dieu et ses leçons pour nous
Genèse 18


Abraham, assis à l’entrée de la tente, pendant la chaleur du jour (v. 1)
Abraham levant les yeux et regardant (v. 2a)
Abraham courant à la rencontre des visiteurs célestes (v. 2b)
Abraham et Sara en communion pour pratiquer l'hospitalité (v. 6)
La promesse de l'Eternel confirmée à Abraham (v. 10, 14)
Le secret divin confié au fidèle que Dieu « connaît » (v. 17-19)
L'intercession d'Abraham (v. 22-32)
Le résultat de la prière dans le coeur d’Abraha(v. 33)


            Au chapitre 17 de la Genèse, Abraham est béni par Dieu à Hébron. Agé de 99 ans, il reçoit un nouveau nom de la part du Dieu Tout-puissant. Ce nouveau nom convient à celui qui est un homme de foi : le « père élevé » devient le « père d’une multitude », alors même qu’il n’a plus en lui de force selon la chair pour avoir une postérité (Héb. 11 : 17). Dieu établit une alliance perpétuelle entre Lui-même, Abraham, et sa future descendance. Saraï, renommée Sara, reçoit, elle aussi, une promesse qu’elle saisit par la foi (Rom. 9 : 9 ; Héb. 11 : 11). Elle enfantera à Abraham un fils, Isaac, avec lequel Dieu confirmera son alliance. Le signe en sera la circoncision d’Abraham et de sa descendance. Dieu donne au patriarche tout le pays de Canaan « en possession perpétuelle », et à sa postérité après lui.


Abraham, assis à l’entrée de la tente, pendant la chaleur du jour (v. 1)

            « Abraham était assis à l’entrée de la tente, pendant la chaleur du jour » (18 : 1). Le patriarche est paisiblement installé à côté des chênes de Mamré, à Hébron (voir 13 : 18). Il est bien loin de Ur des Chaldéens, ce pays idolâtre d’où Dieu l’avait appelé ; il est loin du monde, de l’Egypte où il était descendu pour échapper à la famine. Il se trouve à présent dans un lieu où il connaît la communion avec son Dieu et une pleine énergie spirituelle (Hébron signifie communion ; Mamré, vigueur). Il ne possède que deux choses dans le pays de Canaan, une tente et un autel (13 : 18). L’autel témoigne de sa relation avec Dieu ; la tente montre qu’il n’a pas de place fixe dans ce monde, pas un lieu « où poser son pied » (Act. 7 : 5).
            Abraham, le pèlerin, est assis devant sa tente, à la chaleur du jour. La tente est l’habitation qui convient à celui qui n’avait pas sur la terre de cité permanente, mais qui attendait « la cité qui a les fondements, de laquelle Dieu est l’architecte et le constructeur » (Héb. 11 : 9-10). Peut-être médite-t-il sur les entretiens qu’il a eus récemment avec son Dieu (ch. 17) ? Son âme est en repos, confiante dans les promesses de l’Eternel (Ps. 62 : 5). Plus tard, nous trouverons Isaac méditant dans les champs à l’approche du soir (24 : 63). C’est une heureuse disposition prise par ces deux patriarches. Nous arrive-t-il, à nous qui sommes scellés du Saint Esprit de la promesse, de nous tenir assis à méditer sur les immenses bénédictions de Dieu en Christ dont nous sommes les objets (voir Eph. 1 : 3-14) ? Elles sont bien plus élevées que celles faites à Abraham ! Penser à ce que Dieu a fait pour nous et de nous, en Christ, nous conduit à nous prosterner dans nos cœurs devant Lui et à l’adorer.


Abraham levant les yeux et regardant (v. 2a)

            « Et Abraham leva les yeux et regarda » (18 : 2a). L’Eternel avait dit, quelque temps plus tôt, à Abram : « Lève tes yeux, et regarde... tout le pays que tu vois, je te le donnerai, et à ta semence, pour toujours » (13 : 14). Dieu l’invite à regarder le pays qui est autour de lui : tout ce qu’il peut contempler sera sa possession. Sa foi se fonde sur la promesse divine. Il regarde aussi en haut, vers les choses invisibles que seule la foi peut discerner. Homme de foi par excellence, il est habitué à « lever les yeux ». Au moment où Dieu éprouva la foi et l’obéissance du patriarche, il « leva ses yeux et vit le lieu de loin » (22 : 4). Le lieu du sacrifice de son fils unique et bien-aimé était devant lui. Abraham a pris ce qui était nécessaire pour le sacrifice (le feu et le couteau), il a chargé Isaac du bois sur lequel il sera lié, et ils se sont dirigés les deux ensemble vers le lieu montré par Dieu (Morija) ; Abraham a « estimé que Dieu pouvait le (Isaac) ressusciter d’entre les morts, d’où aussi, de manière figurée, il le reçut » (Héb. 11 : 17-19). Arrivé « au lieu que Dieu lui avait dit », il lie Isaac sur l’autel et lève le couteau. A ce moment précis, l’épreuve de la foi prend fin. Dieu arrête le bras d’Abraham afin qu’il ne frappe pas son fils. Alors il « lève les yeux, et voici, il y avait derrière lui un bélier retenu à un buisson par les cornes » (v. 13). Il découvre le substitut que Dieu a préparé pour prendre la place d’Isaac comme holocauste et sa foi peut entrevoir Celui qui, dans sa pleine consécration et son entier dévouement à Dieu, sera le parfait sacrifice dont Dieu se pourvoira dans son « dessein arrêté » et sa « préconnaissance » (Act. 2 : 23).
            Vers quels objets se portent nos regards, alors que nous traversons la terre ? Nos yeux sont-ils fixés sur les choses qui se voient ? La Parole de Dieu nous rappelle qu’elles ne sont que pour un temps, bien court. Nos regards sont-ils dirigés, par la foi, sur celles qui ne se voient pas, mais sont éternelles ? Cherchons-nous « ce qui est en haut, où le Christ est assis à la droite de Dieu » ? Nos pensées sont-elles occupées par « ce qui est en haut, non pas à ce qui est sur la terre » ?Car « notre vie est cachée avec le Christ en Dieu » (voir 2 Cor. 5 : 18 ; Col. 3 : 1-3) Sommes-nous habitués à porter nos regards vers le ciel, vers Christ, pour qu’Il use de grâce envers nous et pour trouver en Lui notre secours au moment où nous en avons besoin ? (Ps. 123 : 1-3a ; 121 : 1-2a) ?


Abraham courant à la rencontre des visiteurs célestes (v. 2b)

            « Et quand il les vit (les trois hommes), il courut de l’entrée de la tente à leur rencontre et se prosterna en terre… » (18 : 2b). Abraham n’est ni surpris, ni effrayé par l’apparition de ces trois hommes venant du ciel et surgissant devant lui. Son regard est tourné vers le lieu d’où ils viennent. La « méditation de son cœur » (Ps. 9 : 3) et sa communion avec Dieu, l’ont préparé à cet événement inattendu. Sa conscience est à l’aise devant Dieu, il est sans crainte et ne s’enfuit pas pour échapper à la présence divine (voir Gen. 3 : 8). Sa conduite montre qu’il est rempli d’énergie et de discernement spirituel. Aussitôt qu’il les voit, il court vers eux et se prosterne car il a reconnu qu’entre les trois se trouve l’Eternel Lui-même. Il ouvre alors la bouche et Lui adresse une première prière : « Seigneur, si j’ai trouvé grâce à tes yeux, ne passe pas outre, je te prie, d’auprès de ton serviteur » (v.3). Il n’est ni dérangé, ni pris au dépourvu par l’arrivée impromptue de ces visiteurs qui, se rendant à Sodome pour le jugement, font une halte d’un moment chez lui. Il désire et réclame la présence de son Dieu, comme d’autres fidèles le feront à leur tour : David, Marie de Magdala, les disciples d’Emmaüs (Ps. 63 : 1 ; Jean 20 : 13 ; Luc 24 : 29)…
            Sommes-nous toujours dans un état tel que nous désirions recevoir le Seigneur Jésus chez nous, dans notre cœur ? « Si quelqu’un m’aime », dit le Seigneur, « il gardera ma parole, et mon Père l’aimera ; et nous viendrons à lui, et nous ferons notre demeure chez lui » (Jean 14 :23). Il nous faut pour cela un amour vrai pour Lui, des cœurs occupés de Lui, méditant, connaissant et mettant en pratique sa parole ; et aussi une conscience sans reproche (Act. 24 : 16).
            Lorsque nous sommes occupés de Lui dans nos méditations, rendons-nous à notre Dieu l’hommage qui Lui revient, nous prosternant dans nos cœurs devant Lui et, par Christ, Lui « offrant sans cesse… un sacrifice de louange, c’est-à-dire le fruit des lèvres qui confessent son nom » (Héb. 13 : 15) ?
            Et encore, sommes-nous prêts pour la venue du Seigneur, les yeux dirigés vers le ciel « d’où nous l’attendons comme Sauveur » (Phil. 3 : 20) ? Il nous faut, pour cela, être en contraste avec « ceux qui habitent sur la terre » (Apoc. 3 : 10), qui y sont bien établis car ils n’ont pas l’espérance d’une demeure céleste à venir. Comme croyants nous devons être détachés de ce monde, vivants comme des pèlerins qui ne font que le traverser, leurs intérêts et leur but se trouvant au ciel. Nous avons à rechercher la cité à venir, celle dont le Seigneur écrira bientôt le nom sur ceux qui, pendant le temps de son absence, auront combattu et vaincu (Héb. 13 : 14 ; Apoc. 3 : 12)
            Nous sommes encouragés à désirer « avec ardeur revêtir notre domicile qui est du ciel » (2 Cor. 5 : 2). Il nous faut réaliser que, comme Abraham, nous n’avons pas sur cette terre de domicile fixe, étant dans le monde, mais pas du monde (Jean 17 : 11, 14), et que notre demeure est dans les cieux, dans la maison du Père (voir Jean 14 : 2-3). Nous regardons alors en haut car « le Seigneur lui-même… descendra du ciel ; … nous serons enlevés… dans les nuées à la rencontre du Seigneur, en l’air : et ainsi nous serons toujours avec le Seigneur » (1 Thes. 4 : 16-17). Notre attente, notre espérance et notre avenir sont en Christ dans le ciel.


Abraham et Sara en communion pour pratiquer l'hospitalité (v. 6)

            « Abraham alla en hâte dans la tente vers Sara... Et Abraham courut au troupeau… » (18 : 6, 8). Le patriarche désire honorer ses visiteurs et il sait ce qu’il convient de leur offrir. Plein de zèle, il fait préparer des gâteaux par Sara et apprêter « un veau tendre et bon » par un jeune homme ; il veut « le meilleur » pour ses hôtes divins. Il n’offrira pas une bête boiteuse et malade (Mal. 1 : 8).
            Les gâteaux de fleur de farine évoquent la personne de Christ, sans péché, qui, lorsqu’Il était sur cette terre, a glorifié dans sa marche Celui qui l’avait envoyé. Le veau tendre et bon dirige nos yeux vers Christ considéré dans la vigueur de l’activité de son service.
            Abraham se tient auprès des trois hommes, sous l’arbre : il goûte la communion avec ces personnes venues du ciel. Il ne mange pas avec eux (v. 8), mais demeure simplement en leur présence, ce qui satisfait son âme – « Ta face est un rassasiement de joie » (Ps. 16 : 11). « Ta présence est le bien suprême », exprimons-nous dans un cantique. Nous avons une part encore plus bénie que celle du patriarche : le Seigneur Jésus dit au croyant fidèle, dans un temps qui précède de peu le jugement : « Si quelqu’un entend ma voix et qu’il ouvre la porte, j’entrerai chez lui, et je souperai avec lui, et lui avec moi » (Apoc. 3 : 20).


La promesse de l'Eternel confirmée à Abraham (v. 10, 14)

            Après ce moment de communion paisible, l’Eternel s’adresse à Abraham. Le Tout-puissant, à qui rien n’est impossible (v. 14 ; Job 42 : 2), confirme une fois de plus au patriarche la promesse déjà faite au sujet d’un fils - non pas Ismaël, le fils selon la chair, déjà né à ce moment, mais Isaac, le fils à venir (voir Gal. 4 : 22-23, 29). Sa postérité sera nombreuse et puissante (v. 18). En effet, « Celui qui a promis est fidèle » et la Parole de Dieu nous rappelle que « d’un seul homme, déjà comme mort, sont nés des gens nombreux comme les étoiles du ciel et comme le sable du rivage de la mer, qui ne peut pas se compter » (Héb. 11 : 12 ; voir Gen. 12 : 2 ; 13 : 16 ; 15 : 4-5 ; 17 : 4-6, 19, 21).
            « Y a-t-il quelque chose qui soit trop difficile pour l’Eternel ? » (18 : 14). Nous connaissons la réponse à cette question qui nous sonde. Notre foi est exercée par les circonstances de nos vies ; mais s’empare-t-elle de cette parole de Dieu ?


Le secret divin confié au fidèle que Dieu « connaît » (v. 17-19)

            « Les hommes se levèrent de là… et Abraham allait avec eux pour leur faire la conduite » (18 : 16). Abraham ne laisse pas partir ses visiteurs sans prolonger ce moment heureux de communion auprès d’eux. Il désire encore entendre les paroles de l’Eternel. Beaucoup plus tard, les disciples qui se rendaient à Emmaüs ne se résoudront pas à laisser s’en aller Celui qui les ayant rejoints sur le chemin a été leur compagnon de route jusqu’au bout de leur trajet (Luc 24 : 13-33). Lui « fit comme s’il allait plus loin », mais « ils le pressèrent, en disant : Reste avec nous » (v. 29). Il avait fait « brûler leur cœur » au-dedans d’eux en leur parlant en chemin et en leur faisant comprendre les Ecritures qui révèlent sa glorieuse Personne (v. 32 ; Jean 5 : 39). Et c’est à table avec Lui, dans la communion de sa présence, que leurs yeux ont été ouverts et qu'ils l’ont reconnu (v. 31 ; comp. v. 16).
            Cherchons-nous à prolonger les moments de communion que nous pouvons avoir avec le Seigneur qui désire, avec son Père, venir à nous et demeurer dans notre cœur par son Esprit ? Si nous nous tenons dans sa proximité, nous saurons mieux discerner sa volonté à l’égard de notre marche et de notre vie, pour nous-mêmes et nos familles.
            C’est à ce moment que l’Eternel va faire savoir ce qu’Il s’apprête à faire, à celui dont Il connaît la fidélité à son égard. « Cacherai-je à Abraham ce que je vais faire... ? » (v. 17). Dieu révèle sa pensée à celui qui demeure près de Lui et marche fidèlement avec son Dieu. Une autre Ecriture dit : « Approchez-vous de Dieu, et Il s’approchera de vous » (Jac. 4 : 8). Lorsqu’on est loin de quelqu’un, on n’entend pas ce qu’il nous dit ; pour entendre sa voix, il faut se tenir près de lui. Le psalmiste nous apprend que « le secret (les communications intimes) de l’Eternel sont pour ceux qui le craignent » (Ps. 25 : 14). C’est donc à celui qui se tient dans son intimité, celui que le Seigneur peut appeler « ami » - ainsi qu’Abraham lui-même a été appelé par Dieu (2 Chr. 20 : 7 ; Es. 41 : 8 ; Jac. 2 : 23) - et qui montre un saint respect pour son Dieu, qu’Il a plaisir à communiquer ses pensées. Il dit à ses disciples : « Je vous ai appelés amis, parce que je vous ai fait connaître tout ce que j’ai entendu de mon Père » (Jean 15 : 15). Quel autre que Jean, parmi les disciples, pouvait poser au Seigneur la question qui était sur le cœur de tous ? Il était celui qui avait le mieux réalisé l’amour du Seigneur pour lui – « le disciple que Jésus aimait ». Il se tenait tout près du Seigneur, se reposant sur son cœur. Et il reçoit de Lui la réponse que tous attendaient (Jean 13 : 23-26).
            Le prophète Amos écrit : « Or le Seigneur, l’Eternel, ne fera rien qu’Il ne révèle son secret à ses serviteurs, les prophètes » (Amos 3 : 7) – nous voyons au verset 6 de ce chapitre d’Amos qu’il est fait allusion à du mal dans une ville, comme à Sodome et Gomorrhe du temps d’Abraham. Abraham était un prophète. L’Eternel va alors lui faire savoir qu’Il s’apprête à détruire les villes de Sodome et Gomorrhe, dont la méchanceté et la corruption étaient arrivées à leur comble.
            Si Dieu révèle à son serviteur ce qu’il s’apprête à faire, réalisons-nous combien nous sommes privilégiés et bénis, parce que, dans son immense grâce, Il s’est plu à nous faire connaître « le mystère de sa volonté, selon son bon plaisir... de réunir en un toutes choses dans le Christ » (Eph. 1 : 9-10) ? Désirons-nous entrer toujours plus dans la connaissance de Celui en qui et par qui toutes bénédictions, présentes et éternelles, nous sont assurées ?


L'intercession d'Abraham (v. 22-32)

            « Les hommes se détournèrent de là et ils allaient vers Sodome ; et Abraham se tenait encore devant l’Eternel. Et Abraham s’approcha… » (18 : 22-23). Les deux anges continuent leur chemin et se dirigent vers Sodome. Ils vont accomplir « l’œuvre étrange et le travail inaccoutumé » de Dieu (Es. 28 : 21). L’Eternel reste seul avec Abraham. Depuis qu’il s’est tenu auprès des visiteurs venus chez lui, le patriarche n’a pas quitté la compagnie de l’Eternel. Son cœur a été saisi en apprenant le dessein de Dieu de détruire les villes remplies d’hommes méchants et pécheurs, mais au milieu desquels s’était installé son neveu Lot, un juste parmi les injustes (19 : 1 ; 2 Pier. 2 : 7-8). Seul devant son Dieu, Abraham saisit l’occasion pour s’approcher afin de Lui présenter sa requête au sujet des justes qui pourraient habiter au milieu des méchants, et implorer son pardon afin que la ville soit épargnée à cause d’eux : « Feras-tu périr le juste avec le méchant ?… ne pardonneras-tu pas à la ville à cause des… justes qui seront en elles ? » (v. 23-24). Abraham connaît l’Eternel. Il sait qu’il est juste et qu’il ne peut qu’agir en justice, qu’Il est un Dieu qui ne tient pas le coupable pour innocent, mais qui est aussi miséricordieux et faisant grâce (Ps. 11 : 5-7 ; Ex. 34 : 6-7).
            Par la foi, Abraham adresse sa requête à l’Eternel et, à chaque nouvelle demande, il est exaucé ; quelle grâce de la part de Dieu ! Peut-être aurait-il pu insister, une septième fois, en faveur du seul juste qui habitait Sodome… Nous lisons, dans le livre du prophète Jérémie, que Dieu aurait pardonné à la ville infidèle (Jérusalem dans ce passage) s’il s’y était trouvé un homme juste et fidèle (Jér. 51 : 1 ; Jac. 5 : 16b-18). Mais, par la grâce de Dieu, même si Abraham n’a pas eu la hardiesse de faire une requête supplémentaire, l’Eternel a entendu cette prière non exprimée. Il s’est souvenu d’Abraham et Il a agi en puissance et en miséricorde envers le pauvre Lot. Malgré son aveuglement et ses réticences à quitter la ville corrompue, l’Eternel a eu pitié de lui et l’a délivré. Il est sauvé du feu et du soufre qui se sont abattus sur les villes de la plaine et les ont entièrement détruites. Lot sera arraché hors du feu, « sauvé comme à travers le feu » (19 : 16 ; 1 Cor ; 3 : 15 ; 2 Pi. 2 : 9). Nous n’osons peut-être pas toujours exprimer nos demandes à Dieu, par manque de foi ou de persévérance. Mais Il lit dans nos cœurs, et même ce que nous n’exprimons pas Lui est connu et, dans sa grâce, Il répond à ce que nous n’avons pas osé demander. Sachons cependant faire preuve de hardiesse dans nos prières, sachant que notre Dieu se plaît à répondre à la foi des siens, car une telle foi l’honore.
            En réponse à l’intercession d’Abraham, nous voyons la grâce de Dieu qui se manifeste à l’égard du juste Lot. Nous constatons aussi la vérité de cette affirmation de Jacques : « la fervente supplication du juste peut beaucoup » (Jac. 5 : 16). Quel exemple d’une telle prière le patriarche nous donne ici !
            Par l’œuvre qu’Il a remportée à la croix, le Seigneur Jésus nous a retirés de ce monde, et par sa résurrection Il nous a introduits dans la relation qu’Il a Lui-même avec le Père (Gal. 1 : 4 ; Jean 20 : 17). Désormais, nous pouvons demeurer dans la communion des personnes divines. Ainsi, nous avons à cœur d’intercéder pour « nos frères qui sont dans le monde » et qui souffrent (1 Pier. 5 : 9), mais aussi pour les hommes qui ne connaissent pas le Dieu sauveur « qui veut que tous les hommes soient sauvés et viennent à la connaissance de la vérité » (1 Tim. 2 : 4). Ceux qui croiront au Seigneur Jésus échapperont au jugement qui vient sûrement et rapidement sur toute la terre. Lui-même nous encourage à prier pour ceux qui nous font du tort. Nous manifestons ainsi que nous sommes les fils de notre Père céleste (Matt. 5 : 44-45).


Le résultat de la prière dans le coeur d’Abraham (v. 33)

            « Abraham s’en alla en son lieu » (18 : 33b). Le moment de prière dans la présence de Dieu est passé. Abraham a remis sa prière à Dieu, Lui a exposé tout son souci et l’a rejeté sur l’Eternel (1 Pi. 5 : 6b). C’est en paix qu’il retourne à sa tente, à Hébron. Il réalise par avance ce que l’apôtre Paul écrira aux croyants de Philippes, lorsqu’il les exhortera à ne s’inquiéter de rien, mais à exposer leurs requêtes à Dieu, avec ce résultat immédiat : la réception de la paix de Dieu dans le cœur et les pensées, dans la communion avec le Seigneur (Phil. 4 : 6-7). Pour la suite, confiant dans son Dieu, il pourrait dire, comme le psalmiste : « Et maintenant, qu’est-ce que j’attends, Seigneur ? Mon attente est en toi » (Ps. 39 : 7).

            Sachons, comme cet homme de foi, vivre près de Dieu, rechercher sa communion et y demeurer, prier et intercéder sans nous lasser et sans craindre de fatiguer par notre insistance Celui qui nous écoute – « O toi qui écoutes la prière » dit le psalmiste (Ps. 65 : 2). Et, une fois que nous avons déposé notre demande devant Lui, retournons « en notre lieu », fortifiés dans la tranquillité et la confiance en notre Dieu (Es. 30 : 15).


Ph. F - Octobre 2018