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LES QUARANTE JOURS DE L’ECRITURE (16)

 

LES QUARANTE JOURS DU SEIGNEUR JESUS (Luc 24 : 44-53 ; Act. 1 : 9-11) – Scènes de la résurrection – Galilée et Béthanie

La huitième apparition
La onzième et dernière apparition
La mission que le Seigneur confie
Le Seigneur bénissant les siens en partant
Conclusion
 

            Nous avons déjà dit, les fois précédentes, qu’après sa résurrection d’entre les morts, le Seigneur est apparu à onze occasions. Nous avons déjà considéré sept d’entre elles - les cinq fois où Il a été vu le premier jour : par Marie, par les femmes de Galilée, par Pierre, par ceux qui allaient à Emmaüs et par le groupe dans la chambre haute sans Thomas. Ensuite, une semaine plus tard, Il est apparu à ceux qui étaient réunis, Thomas étant présent, et par la suite, aux sept disciples à la mer de Tibérias.
            Mais elles étaient plus nombreuses que celles-ci. En effet, en 1 Corinthiens 15, le Saint Esprit rappelle quelques occasions que nous ne trouvons pas dans les évangiles. Parmi celles-ci nous avons : « Ensuite il a été vu de plus de cinq cents frères à la fois » (v. 6). La question se pose pour savoir si cette apparition coïncide avec celle qui est rapportée en Matthieu 28. Le Seigneur avait dit aux femmes : « Allez annoncer à mes frères qu’ils aillent en Galilée, et là ils me verront » (v. 10). Le message n’était pas pour « les apôtres » mais pour « mes frères » ; cela suggère que cette invitation en a rassemblé un bon nombre, car ce n’était pas seulement les apôtres qui devaient aller Le voir là, mais les frères. L’affection pour Christ amènera toujours un cœur vrai là où Il est ; Il ne demande que ça. Nous accordons une grande place à l’intelligence parce qu’elle nous valorise. S’il nous est dit : « Ne soyez pas sans intelligence, mais comprenez quelle est la volonté du Seigneur », soyons persuadés néanmoins qu’Il apprécie l’affection qu’on Lui porte, et non pas seulement l’intelligence.
            Au sujet des apôtres, il est dit : « Quant aux onze disciples, ils se rendirent en Galilée, sur la montagne où Jésus leur avait ordonné d’aller » (v. 16). Les onze ont manifestement obéi à sa parole. Quant aux cinq cents, s’ils L’avaient vu à ce moment-là, ils auraient eu leur affection récompensée. « Et, le voyant, ils lui rendirent hommage ; mais quelques-uns doutèrent » (v. 17). Le doute mentionné ici est certainement la raison pour laquelle cette apparition aux onze est omise en 1 Corinthiens 15, car Paul a soigneusement éliminé toutes les occasions où certains ont douté quant au fait que le Seigneur avait été vu. Ceci renforce la pensée que nous ne devons pas identifier l’apparition aux « onze », qui n’est pas citée à cause des doutes manifestés qui en invalideraient le témoignage, et celle aux « cinq cents », qui sont cités comme des témoignages incontestables. Nous pouvons donc penser que l’apparition aux onze était la huitième et que celle aux cinq cents était distincte, et vraisemblablement la neuvième.
            « Ensuite il a été vu de Jacques » (1 Cor. 15 : 7) : c'est le bref et seul compte rendu que nous ayons de cette apparition. Il semblerait que ce soit la dixième. Dieu a jeté un voile sur ce qui a eu lieu lors de ces deux apparitions. Les cinq cents ont vu le Seigneur, et tant de témoins ne pouvaient se méprendre ; leur témoignage était par conséquent inestimable du point de vue de Paul. La position que Jacques a occupée ensuite dans l’Eglise a conduit à penser qu’il aurait reçu à ce moment-là des instructions de la part du Seigneur qui, plus tard, ont été utiles pour ses saints.


La huitième apparition

            Ce que le Seigneur a dit aux onze est d’un grand intérêt et très réconfortant. Bien qu’elles soient adressées à eux, ses paroles ont une immense valeur pour nous : « Toute autorité m’a été donnée dans le ciel et sur la terre » (v. 18). Si nous nous emparions de cette inestimable vérité, nous ne serions pas spirituellement pauvres comme nous le sommes parfois. Cette triste condition arrive souvent parce que nous ne réalisons pas sa toute-puissance qui est à la disposition de la foi. L’ordre d’enseigner et de baptiser toutes les nations se rapportait certainement aux apôtres, mais ses dernières paroles ici-bas : « Et voici, moi je suis avec vous tous les jours, jusqu’à l’achèvement du siècle » (v. 20), ont apporté la plus profonde consolation et le plus grand soutien à tous les siens, jusqu’à maintenant. Nous pouvons vraiment nous reposer sur elles avec foi. Notre espérance est d’être avec Lui. En attendant, cette parole : « Je suis avec vous » soutient nos cœurs. Le Seigneur va revenir pour nous prendre là où Il est, mais jusqu’à ce moment-là Il est avec nous. L’évangile de Matthieu se termine en nous montrant le Seigneur au milieu des siens, disant : « Je suis avec vous tous les jours », c’est-à-dire qu’Il reste ici-bas.
            Maintenant, voyons comment l’évangile de Marc se termine. « Puis il leur dit : Allez dans le monde entier, et prêchez l’évangile à toute la création » (16 : 15). Il désirait que ce dont ses disciples jouissaient, en réjouisse d’autres. Certains disent que cette parole était pour les apôtres. Oui, premièrement, mais Il parlait aux siens, et je crois que le caractère de ces paroles demeure. D’autres disent : Ce n’est pas le jour où Dieu travaille parmi les païens. - Voyez comment Marc débute : « Commencement de l’évangile de Jésus Christ, Fils de Dieu » (1 : 1). Où et quand cette bonne nouvelle doit-elle être annoncée ? Partout et en tout temps, assurément ! En relation avec ceci, il y a une parole très frappante au chapitre 13. Après avoir annoncé à ses disciples la tristesse qui va venir sur Israël, le Seigneur ajoute : « Mais il faut qu’auparavant l’évangile soit prêché dans toutes les nations » (v. 10). Vous direz probablement : Ne s’agit-il pas de l’évangile du royaume ? - En Matthieu 24, nous lisons ceci : « Et cet évangile du royaume sera prêché dans la terre habitée tout entière, en témoignage à toutes les nations. Et alors viendra la fin » (v. 14). Mais Matthieu 24 n’est pas Marc 13. Tandis que Matthieu 24 nous dit que l’évangile du royaume sera prêché en témoignage à toutes les nations avant que le Messie revienne, dans l’évangile de Marc, la pensée est que pendant l'absence du Seigneur, ses disciples soient toujours occupés à apporter l’évangile. Sa pensée rapportée par Marc me paraît tout à fait différente de celle rapportée par Matthieu. Celui-ci présente un témoignage qui sera bientôt répandu à toute nation, par les Juifs surtout, annonçant qu’Il est sur le point de revenir. Mais Marc, dans son évangile, présente le désir du Seigneur opéré de nos jours par l'Esprit de Dieu : que des hommes et des femmes dévoués sortent dans le monde, au péril de leurs vies, pour apporter les bonnes nouvelles de sa grâce à ceux qui ne les ont jamais entendues.
            Aujourd’hui, presque partout, des serviteurs de Christ parlent du Fils de Dieu aux pauvres âmes fatiguées. Puissions-nous prier le Seigneur de les soutenir et les bénir. Soyons reconnaissant pour tous ceux qui, à leurs risques et périls, et avec un réel dévouement de cœur au Seigneur, vont parler de la gloire du Seigneur Jésus Christ et de la valeur de son œuvre aux âmes fatiguées dans les ténèbres du paganisme. La mission de Marc 16 est très claire : « Allez dans le monde entier, et prêchez l’évangile à toute la création. Celui qui aura cru et qui aura été baptisé sera sauvé » (v. 15-16). Au fait de croire, est associée la confession de Son nom, représentée par le baptême – qui est une façon de confesser le nom du Seigneur. Cette mission était sans doute premièrement apostolique, mais qui oserait dire qu’elle a cessé à la mort des apôtres.
            L’évangile de Marc se termine en montrant la récompense accordée au vrai Serviteur pour son labeur. « Le Seigneur donc, après leur avoir parlé, fut élevé dans le ciel et s’assit à la droite de Dieu » (v. 19). Maintenant notez la différence : Il n’est pas vu restant ici-bas sur la terre comme dans Matthieu ; Il est à la droite de Dieu. Toute puissance est entre les mains de l’Homme oint à la droite de Dieu, sur lequel nos yeux devraient être constamment fixés. « Quant à eux, ils allèrent prêcher partout, le Seigneur coopérant avec eux » (v. 20). Le faisons-nous ? Il y a là une grande leçon et nous pouvons en tirer un grand encouragement. Si le Seigneur vous ordonne d’aller avec sa Parole, et que vous suivez ce qu’Il vous dit avec simplicité, vous verrez que le Seigneur travaille avec vous comme Il l’a fait alors avec eux. Christ régnant à la droite de Dieu et travaillant avec les siens sur la terre est la conclusion de l’évangile de Marc. L’évangile de Matthieu se termine avec Christ demeurant sur la terre, celui de Marc avec son règne dans le ciel, celui de Luc avec son élévation de la terre¸ et celui de Jean avec son retour sur la terre.


La onzième et dernière apparition

            Considérons maintenant Luc 24. L’une des beautés de ce chapitre est qu’il nous présente la dernière occasion, la onzième, dans laquelle le Seigneur était avec les siens ici-bas. Si nous n’avions que cet évangile, comme nous l’avons déjà dit, nous penserions que les événements de ce chapitre sont tous arrivés le même jour. Dans un sens c’est bien cela, moralement c’est un seul jour ; c’est le jour de la résurrection, et il a un caractère particulier. Il est rapporté ce jour-là : « Alors il leur ouvrit l’intelligence pour comprendre les Ecritures » (v. 45). Il dit aux disciples : « il fallait que soit accompli tout ce qui est écrit de moi dans la loi de Moïse, dans les Prophètes et dans les Psaumes » (v. 44). Il faut insister sur l’importance des Ecritures, celles de l’Ancien Testament. Vous ne pouvez avoir la véritable valeur des choses de Dieu si vous ne vous en tenez pas à toute sa Parole. Certains parlent avec légèreté de cette partie de la Parole de Dieu. Voyez comment le Seigneur Jésus en parle et met le sceau de son autorité sur toutes les Ecritures. Quand Il marchait avec les deux disciples en direction d’Emmaüs, nous avons déjà vu comment « il leur expliquait, dans toutes les Ecritures, les choses qui le concernent » (v. 27). Combien cela a dû être merveilleux de L’entendre développer les Ecritures à Son sujet, par la révélation des types, des figures et des ombres ! Quel moment inoubliable !
            Nous voyons qu’Il ouvre aux siens les Ecritures et leur intelligence. Il le fait parce qu’ils n’avaient pas encore reçu le Saint Esprit. Quant à nous, chrétiens, nous l’avons reçu, aussi le Seigneur s’attend à ce que nous ayons l’intelligence ouverte. Si nous ne comprenons pas, c’est parce qu’il est arrivé quelque chose qui empêche nos âmes d’être enseignées par Christ. Quant à eux, le Seigneur les enseignait avec douceur, et tous - les apôtres comme les autres - ont reçu une grande mission, quand Il leur a dit : « Il est ainsi écrit ; et ainsi il fallait que le Christ souffre, qu’il ressuscite d’entre les morts le troisième jour, et que la repentance et la rémission des péchés soient prêchées en son nom à toutes les nations, en commençant par Jérusalem » (v. 46-47).


La mission que le Seigneur confie

            Notez qu’en Matthieu et en Luc, la mission était de prêcher à « toutes les nations », et en Marc à « tout le monde ». C’est très vaste. C’est au serviteur de réaliser la mission. « Allez » ne s’applique pas à l’Eglise, parce qu’Eglise n’enseigne pas ou ne prêche pas – l’Eglise est enseignée. C’est l’individu qui est responsable, parce que le ministère est l’exercice du don accordé à l’individu par Christ. Lui seul communique ce don et l’emploie. Il tient les sept étoiles dans sa main droite (Apoc. 2 : 1), car elles appartiennent à Lui seul. Celui qui a un don n’est donc responsable qu’envers le Seigneur pour l’exercer.
            De plus, remarquez que la repentance et la rémission des péchés devaient être proclamées « en commençant par Jérusalem ». Jérusalem était le pire endroit, le lieu où Il avait été mis à mort. Notez aussi à qui Il dit : « Et vous, vous êtes témoins de ces choses ». Il n’y avait pas que les onze quand le Seigneur est venu au milieu d’eux, ce n’était donc pas une compagnie apostolique. Il est bon de se le rappeler, et l’Ecriture est très claire à ce sujet. « Se levant à l’heure même, ils retournèrent à Jérusalem ; ils trouvèrent assemblés les onze et leurs compagnons » (v. 33). Les apôtres étaient là, mais aussi les frères, et les sœurs probablement. Les deux venant d’Emmaüs les ont rejoints, puis le Seigneur vient et communique son Esprit à toute la compagnie assemblée, en disant à la fin : « Voici, moi, j’envoie sur vous la promesse de mon Père. Mais vous, demeurez dans la ville, jusqu’à ce que vous soyez revêtus de puissance d’en haut » (v. 49). Ils devaient attendre la venue du Saint Esprit. Nous n’avons pas à l’attendre maintenant, car le Saint Esprit est venu de la part de l’Homme dans la gloire, et avec Lui est venue la puissance pour tout ce qui nous est demandé d’être et de faire comme enfants de Dieu et serviteurs du Seigneur Jésus Christ. Hélas, le Saint Esprit est sans doute souvent attristé en nous, parce que la chair est tolérée ; l’écoulement « des fleuves d’eau vive » dont a parlé le Seigneur (Jean 7 : 38) est arrêté ou entravé.
            Quelle en est la raison ? On raconte qu’une ville était alimentée avec une bonne eau de montagne venant d’un grand lac ; puis un jour l’eau cette source s’est arrêtée de fournir de l'eau à la ville. Les gens sont allés voir si le lac était sec, mais il était normal, la source n’avait pas changé. Alors, on a su qu’un individu mal intentionné avait bouché le tuyau d’alimentation. C’était ce qui retenait l’eau ; une fois le bouchon enlevé l’eau a coulé comme auparavant. Quant à nous, le canal de notre approvisionnement n’est-il pas parfois bouché ? Examinons-nous pour savoir quel « bouchon » nous empêche d’être un véritable chrétien vivant, apportant Christ partout, étant ainsi une source de bénédiction pour tous. Nous ne pouvons pas retirer le « bouchon » d’autrui ; nous devons avoir à faire au Seigneur individuellement afin qu’Il puisse ôter ce qui empêche l’arrivée de l’eau vive. Des « fleuves d’eau vive » doivent couler par nous pour rafraîchir et bénir les autres. Nous n’avons qu’une faible perception de la manière dont le Seigneur voudrait nous employer, comme des canaux de communication entre Lui-même et les âmes dans le besoin ! Ce n’est pas tant une question de don que d’état spirituel. Quelqu’un qui a un don en fait souvent trop et on lui en demande souvent trop ; c’est vraiment une question de dévouement individuel pour Christ, et de marche par l’Esprit non attristé. Si tel était notre état, le Seigneur pourrait nous utiliser, car la grâce est plus importante que le don.
            Les disciples devaient attendre pour être revêtus de puissance. Maintenant, ce n’est plus le cas, car le Saint Esprit est venu et demeure dans tous ceux qui croient au Seigneur Jésus. Il est la toute-puissance, c’est donc une anomalie de parler d’un chrétien faible. Un saint sans puissance n’est pas envisagé dans l’Ecriture. Si nous sommes remplis de la puissance du Saint Esprit, nous ne parlerons ni de faiblesse, ni de nous-mêmes. Nous serons remplis de Christ et de nous coulera « l’eau vive », c’est-à-dire que Christ deviendra visible dans notre vie et notre témoignage, et d’autres seront bénis par notre moyen.


Le Seigneur bénissant les siens en partant

            Ayant donné à ses disciples leur mission et leur ayant promis l’Esprit, Jésus les conduit jusqu’à Béthanie. Pourquoi Béthanie ? Apparemment, Il se plaisait dans ce lieu. C’est là qu’Il avait été reçu et aimé (Luc 10 : 38). C’est là que Marie s’était assise à ses pieds et avait écouté sa parole, et c’est là, quand Il a ressuscité Lazare, que sa gloire avait été démontrée comme Fils de Dieu (Jean 11 : 4-40). C’est là qu’on Lui avait fait un souper, et que Marie avait oint ses pieds (Jean 12 :1-3). C’est de là qu’Il était allé à Jérusalem. Il aurait pu recevoir là le royaume et la couronne, si son peuple les Lui avait donnés, mais comme ils ne l’ont pas fait, Il s’en est retourné à Béthanie (Marc 11 : 1-11). C’est l’endroit où Il était estimé et où il y avait des cœurs qui L’aimaient vraiment. Combien Il appréciait leur affection !
            A-t-Il changé depuis lors ? Là où Il est assis à la droite de Dieu, est-Il indifférent au battement de nos cœurs ? Non. En Actes 1 : 11, l’ange dit : « Ce Jésus... » (le même). Où était-Il hier ? A Béthanie. Où est-Il aujourd’hui ? A la droite du Père. Où sera-t-Il demain ? De nouveau à Béthanie (voir Zach. 14 : 4). Que trouvera-t-Il alors de nouveau ? Des cœurs qui L’apprécient. Il est venu sur la terre à Bethléhem pour que l’Ecriture soit accomplie. Il est parti au ciel depuis Béthanie, où Il avait été apprécié et aimé, et où on avait beaucoup fait pour Lui.
            C’est la dernière fois qu’Il avait les siens autour de Lui sur la terre ; c’est là que « levant les mains en haut, il les bénit. Et il arriva qu’en les bénissant, il fut séparé d’eux et fut élevé dans le ciel » (Luc 24 : 50-51). Il monte, ses mains étant élevées pour bénir. En Marc, Il monte comme un serviteur fidèle que Dieu honore, mais en Luc, Il monte dans un caractère sacerdotal, des mains élevées en bénédiction. Se sont-elles jamais abaissées ? Non, assurément. Nous en lisons une image dans la bataille entre Israël et Amalek : « Et il arrivait, lorsque Moïse élevait sa main, qu’Israël avait le dessus ; et quand il reposait sa main, Amalek avait le dessus. Mais les mains de Moïse étaient pesantes ; et ils prirent une pierre, et la mirent sous lui, et il s’assit dessus ; et Aaron et Hur soutenaient ses mains, l’un deçà, et l’autre delà ; et ses mains furent fermes jusqu’au coucher du soleil. Et Josué abattit Amalek » (Exode 17 : 11-13). Ni Aaron, ni Hur n’étaient nécessaires pour soutenir les mains de Celui dont nous parlons. Ses mains ne sont jamais lourdes. Il bénit depuis lors, accomplissant un ministère d’amour qui remplit le cœur de joie.
            Nos mains se lassent parfois, c’est pourquoi il nous est dit : « Redressez les mains lassées » (Héb. 12 : 12). Pourquoi nos mains se lassent-elles ? Parce que nos yeux ne sont pas fixés simplement sur Lui. La source pour garder la puissance est Christ. Un autre a bien dit : Le secret de la paix à l’intérieur, et de la puissance à l’extérieur, est d’être toujours et seulement occupé de christ. - Que ces paroles soient pour nous comme une devise.
            L’évangile de Luc se termine par une réunion de culte, ô combien appropriée à la fin de ces merveilleux « quarante jours ». « Eux, après lui avoir rendu hommage, s’en retournèrent à Jérusalem avec une grande joie. Et ils étaient continuellement dans le temple, louant et bénissant Dieu » (v. 52-53). C’est ainsi que ce devait être. L’évangile de Luc est vraiment un évangile de joie, il en est beaucoup parlé tout au long. Il commence, se poursuit et se termine par la joie (voir 1 : 14, 44 ; 2 : 10 ; 10 : 17 ; 15 : 7, 10, 23 ; 24 : 41, 52). Un chrétien sans joie est certainement un chrétien faible. Peut-être direz-vous : Vous ne connaissez pas mes circonstances. - C’est vrai, mais Celui qui est monté en haut connaît toutes vos circonstances, et l’Esprit de Dieu a dit : « La joie de l’Eternel est votre force » (Néh. 8. 10). Nous avons besoin de tremper nos pieds dans l’huile, comme Aser ; nous serons alors agréables à nos frères, et notre repos sera comme nos jours. (Deut. 33 : 24, 25). La joie et la force vont toujours ensemble. Nous devrions cultiver l’esprit de la scène qui nous occupe. Le Seigneur bénissait les siens, et on les voit Lui rendre hommage, puis retourner dans leurs maisons, pleins de joie. N’était-ce pas de la reconnaissance envers le Seigneur ? Puissions-nous chercher à être comme eux dans notre marche ici-bas.
            Le livre des Actes nous donne quelque chose de plus concernant cette scène touchante. Il nous est dit : « Après avoir dit ces paroles, il fut élevé de la terre, tandis qu’ils regardaient : une nuée le reçut et le déroba à leurs yeux. Comme ils fixaient leurs regards vers le ciel, tandis qu’il s’en allait, voici, deux hommes en vêtements blancs se tenaient là, à côté d’eux : Hommes galiléens, dirent-ils, pourquoi restez-vous ici, regardant vers le ciel ? Ce Jésus, qui a été élevé d’avec vous au ciel, viendra de la même manière que vous l’avez vu s’en allant au ciel » (Act. 1 : 9-11). Notez qu’ils regardaient fixement ; au chapitre 2 : 42 ils persévéraient ; et au chapitre 7 : 55, Etienne fixait les yeux vers le ciel. Il est important d’être ferme ; nous sommes souvent vacillants, et par conséquent il n’y a pas de puissance. Eux, alors qu’ils regardent fixement, entendent une nouvelle bénie : ce même Jésus devait revenir en puissance sur les nuées du ciel. Les anges disent : Vous L’avez vu monter, mais vous Le verrez revenir ici-bas pour instaurer toutes les pensées et les desseins de Dieu en relation avec la terre.
            Mais avant que cela ait lieu, Il viendra pour nous prendre dans le lieu où Il est Lui-même. Nous ne devrions pas considérer l’espérance de l’Église (le retour du Seigneur pour nous comme il est écrit en 1 Thessaloniciens 4 : 15-17) comme ce qui nous sortira simplement de la scène des difficultés. Nous devrions désirer vivre ici-bas pour le Seigneur. C’est une chose bénie de poursuivre ici-bas et une chose sérieuse d’être retranché au milieu de nos jours.
            Chers lecteur, êtes-vous fatigué de la route ? Vous avez besoin de la puissance et la grâce du ciel pour vous soutenir et vous fortifier là où vous êtes, et vous pouvez l’obtenir. Paul pouvait dire : « Je peux tout en celui qui me fortifie » (Phil. 4 : 13). Christ était sa ressource à chaque épreuve. Il avait le désir de partir et d’être avec Christ, mais il savait qu’il valait mieux pour eux qu’il reste, et aide les autres, c’est pourquoi il est resté (Phil. 1: 23, 24).
            Mais le Seigneur revient bientôt. Jusque-là, Il désire que nos cœurs soient gardés dans la jouissance de son amour, et dans une vraie affection pour Lui-même, en attendant son retour dans le monde duquel Il a été rejeté, mais où Il aura alors ses droits et où son nom sera honoré d’un pôle à l’autre, et sera le thème de toute langue. Mais, avant ce jour, Il vient prendre son Eglise pour être avec Lui dans le lieu où règne l’amour. Quel moment béni quand cela arrivera !


Conclusion

            Ainsi, nous terminons notre revue de ces périodes frappantes. Les deux derniers « quarante jours » dépassent tous les autres par leurs leçons variées. Comment pourrait-il en être autrement, puisqu’ils exposent les voies de Celui qui est « l’alpha et l’oméga, le premier et le dernier, le commencement et la fin » (Apoc. 22 : 13) ?
            Si la première de la série a montré le nécessaire jugement de Dieu sur le péché du premier homme, qui a tout perdu en faisant sa propre volonté, la dernière décrit la victoire et les gloires bien méritées du dernier Adam qui a tout recouvré par son obéissance en accomplissant la volonté de Dieu. Tous les conseils et les desseins de Dieu sont centrés en Lui qui était l’Homme qu’Il avait en réserve. Ce que nous avons considéré dans sa vie, dans sa mort et dans sa résurrection, révèle la gloire morale et la valeur personnelle de Jésus d’une manière qui peut bien saisir nos cœurs, les lier à Lui, et faire de Lui l’objet de notre consécration.
            N’oublions pas un instant, que maintenant c’est la seule occasion que nous avons de montrer notre affection pour Lui. La vie sera bientôt finie pour chacun. Nous n’en avons qu’une, vivons-la pour Jésus. L’apôtre Paul dit bien : « L’amour du Christ nous étreint, en ce que nous avons discerné ceci, que si un est mort pour tous, tous donc sont morts, et qu’il est mort pour tous afin que ceux qui vivent ne vivent plus pour eux-mêmes, mais pour celui qui pour eux est mort et a été ressuscité » (2 Cor. 5 : 14-15). C’est un juste et sain jugement, et celui qui a réellement goûté la grâce de Dieu, cherchera à en faire sa maxime. Nous vivons dans un temps où un profond dévouement pour Christ est urgent.
            Puissions-nous prêter attention à son appel : « Suis-moi », et Lui remettre tout ce que nous avons et ce que nous sommes, pour son service. Nous entendrons bientôt sa voix bénie nous appelant en haut, pour Le voir et être toujours avec Lui.
            Quelle bénédiction alors si nous L’entendons nous dire : « Bien, bon et fidèle esclave ; tu as été fidèle en ce qui est peu, je t'établirai sur beaucoup : entre dans la joie de ton maître » (Matt. 25 : 23).


Extrait et adapté de la traduction de l'ouvrage : "Les quarante jours de l'Ecriture" (W.T.P. Wolston)