Mitspa et Eben-Ezer

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Mitspa et Eben-Ezer


Le peuple d'Israël opprimé par les Philistins
Samuel parle au peuple
Le retour du peuple à l'Eternel
L'humiliation collective à Mitspa
La victoire d'Eben-Ezer
Le service de Samuel au milieu du peuple de Dieu

 

Lecture de 1 Samuel 7 :

            « Et les hommes de Kiriath-Jéarim vinrent, et firent monter l’arche de l’Eternel et l’apportèrent dans la maison d’Abinadab, sur la colline et ils sanctifièrent Eléazar, son fils, pour garder l’arche de l’Eternel.
            
Et il arriva que, depuis le jour où l’arche demeura à Kiriath-Jéarim, il se passa un long temps, vingt années ; et toute la maison d’Israël se lamenta après l’Eternel. Et Samuel parla à toute la maison d’Israël, disant : Si de tout votre cœur vous retournez à l’Eternel, ôtez du milieu de vous les dieux étrangers, et les Ashtoreths, et attachez fermement votre cœur à l’Eternel, et servez-le lui seul ; et il vous délivrera de la main des Philistins. Et les fils d’Israël ôtèrent les Baals et les Ashtoreths, et servirent l’Eternel seul.
            
Et Samuel dit : Assemblez tout Israël à Mitspa, et je prierai l’Eternel pour vous. Et ils s’assemblèrent à Mitspa, et ils puisèrent de l’eau et la répandirent devant l’Eternel ; et ils jeûnèrent ce jour-là, et dirent là : Nous avons péché contre l’Eternel. Et Samuel jugea les fils d’Israël à Mitspa. Et les Philistins apprirent que les fils d’Israël s’étaient assemblés à Mitspa, et les princes des Philistins montèrent contre Israël ; et les fils d’Israël l’apprirent, et eurent peur des Philistins. Et les fils d’Israël dirent à Samuel : Ne cesse pas de crier pour nous à l’Eternel, notre Dieu, afin qu’il nous sauve de la main des Philistins. Et Samuel prit un agneau de lait, et l’offrit tout entier à l’Eternel en holocauste ; et Samuel cria à l’Eternel pour Israël, et l’Eternel l’exauça.
            
Comme Samuel offrait l’holocauste, les Philistins s’approchèrent pour livrer bataille à Israël ; et l’Eternel fit tonner ce jour-là un grand tonnerre sur les Philistins, et les mit en déroute, et ils furent battus devant Israël. Et les hommes d’Israël sortirent de Mitspa et poursuivirent les Philistins, et les frappèrent jusqu’au dessous de Beth-Car. Et Samuel prit une pierre et la plaça entre Mitspa et le rocher, et il appela son nom Eben-Ezer, et dit : L’Eternel nous a secourus jusqu’ici. Et les Philistins furent abaissés, et ils n’entrèrent plus dans les confins d’Israël ; et la main de l’Eternel fut sur les Philistins pendant tous les jours de Samuel. Et les villes que les Philistins avaient prises sur Israël retournèrent à Israël, depuis Ekron jusqu’à Gath ; et Israël délivra leur territoire de la main des Philistins. Et il y eut paix entre Israël et l’Amoréen.
            
Et Samuel jugea Israël tous les jours de sa vie. Et il allait d’année en année, et faisait le tour, à Béthel, et à Guilgal, et à Mitspa, et jugeait Israël dans tous ces lieux-là ; et il s’en retournait à Rama, car là était sa maison, et là il jugeait Israël ; et il bâtit là un autel à l’Eternel ».

            Ce chapitre est assez connu ; quelques versets sont souvent lus à certaines périodes de l'année, comme au Nouvel an, quand nous nous souvenons combien Dieu nous a aidés. Nous avons raison de prononcer aussi un Eben-Ezer, c'est-à-dire : le Seigneur nous a secourus jusqu’ici. Ce sont des sentiments de reconnaissance que nous ressentons alors.
            Ce chapitre nous parle également de ce qui pourrait être exprimé en deux mots : faiblesse et victoire : faiblesse du côté d’Israël, victoire du côté de Dieu pour Israël. C’est une chose merveilleuse à considérer. Ce chapitre contient un précieux exemple de la façon dont Dieu agit premièrement dans les cœurs, puis pour la délivrance du peuple en général.


Le peuple d'Israël opprimé par les Philistins

            Rappelons d'abord les circonstances qui précèdent ce que nous avons dans ce chapitre. Les Philistins étaient venus dans le pays que Dieu avait promis à son peuple. Ils y étaient arrivés par un autre chemin. Ils n’étaient pas passés par la mer Rouge. Ils avaient pris le chemin par la côte et étaient entrés dans ce pays qui ne leur appartenait pas. C’était le pays de la promesse pour le peuple d’Israël. Les Philistins l'avaient, pour ainsi dire, « dérobé » au peuple d’Israël.
            Cela nous parle, car dans ce chapitre, comme dans beaucoup d'autres de l’Ecriture, nous avons une suite d’événements qui nous rappellent quelque chose de nos vies, de nos situations ou de nos circonstances. N’avons-nous pas eu aussi quelquefois beaucoup de peine avec ceux qui sont entrés pour ainsi dire dans le pays, mais qui n’en avaient pourtant pas le droit et qui nous ont pris des choses qui nous appartenaient, comme les Philistins ont pris ce que possédait le peuple d’Israël ?
            Les Philistins étaient là, bien qu’étant des ennemis du peuple de Dieu ! Auparavant, il y avait déjà eu un grand combat et le peuple d’Israël avait pensé les battre. Ils avaient pensé : On va le faire, on va arriver à les battre, mais en réalité ils ont subi une défaite. Ensuite, ils ont dit : Il faut que nous ayons Dieu avec nous et pour avoir Dieu avec nous, il suffit que nous prenions l’arche de l’Eternel, que nous l’amenions dans la bataille et avec Dieu nous aurons la victoire. Mais Dieu ne voulait pas que son arche aille, comme cela, sur le champ de bataille, Il aurait aimé des cœurs humiliés devant Lui, des cœurs caractérisés par la crainte et la fidélité envers Dieu. Mais le peuple ne pensait pas à cela. Nous connaissons ce qui est arrivé : l’arche de l’Eternel a été prise. Mais Dieu ne laisse pas ce témoignage dans les mains des Philistins qui finissent par renvoyer l’arche. Par la grâce de Dieu, elle est apportée dans la maison d’Abinadab sur la colline, à Kiriath-Jéarim ; c’est ce que nous lisons au premier verset du chapitre 7. Mais ce n’était pas la place prévue pour elle. Jusque-là, elle devait être dans la tente d’assignation qui existait encore avec Eli, le souverain sacrificateur. L’arche de l’Eternel n’est donc plus à sa place, et en fait, ils en ont peur ; c’est pourquoi ils l’ont laissée là. En effet, Dieu avait porté un jugement sur ceux qui avaient regardé dans l’arche.
            Alors, ils se sont contentés de cette situation pendant vingt ans, « un long temps, vingt années ! ». Il en est ainsi parfois dans notre vie. Quelque chose se passe et nous ne changeons pas, nous ne comprenons pas. Cela peut durer aussi vingt années, jusqu’à ce que nous prenions conscience de ce qui nous arrive. Alors là, tout à coup - c’est sûrement le travail de Dieu dans leur cœur -, ils se lamentent, ils remarquent que quelque chose ne va pas très bien, mais ils ne savent pas pourquoi ; ils n’y pensent pas. Alors, à ce moment-là, Dieu, dans sa grâce, envoie un homme – Samuel.


Samuel parle au peuple

            Il est intéressant de noter que pendant ces vingt ans Samuel s’est tu. Il a regardé, il a tout vu, mais n’a rien dit. Cependant, il a certainement fait une chose, et c’est ce qu’il fait aussi ici : il a prié. Samuel était un homme de prière (voir Ps. 99 : 6). Il a prié pour que le peuple d’Israël comprenne enfin la situation dans laquelle il était ; il arrive donc que le peuple se lamente et pense que quelque chose ne va pas et n’est pas en ordre chez eux. « Toute la maison d’Israël se lamenta après l’Eternel ». Alors Dieu est fidèle en envoyant Samuel leur dire de quoi il s’agit. « Et Samuel parla à toute la maison d'Israël… » (v. 3). Il dit quatre choses : « Si de tout votre cœur vous retournez à l’Eternel, ôtez du milieu de vous les dieux étrangers, et les Ashtoreths, et attachez fermement votre cœur à l’Eternel, et servez-le lui seul ».

                        Retournez à l’Eternel

            Samuel leur dit : Votre cœur est occupé d’autre chose, retournez à l’Eternel. Il ne faut pas seulement retourner, il faut retourner à l’Eternel. Pour nous c’est la même chose, il faut retourner au Seigneur. Nous nous lamentons peut-être aussi au sujet de quelque chose qui ne va pas dans le rassemblement local. Cela peut nous conduire aussi à nous lamenter, et à dire : Ça ne va pas, nous devons retourner. Retournez à l’Eternel de tout votre cœur. Des décisions doivent être prises, et doivent l’être dans le cœur. Dieu veut nos cœurs, il veut avoir pour Lui les décisions du cœur. Et alors on dira : Comment faire, comment faut-il retourner à l’Eternel ?

                        Ôtez les dieux étrangers

            Pour le peuple d’Israël il s’agissait entre autres de Baal et d’Ashtoreth. Si nous n’avons pas ces dieux, n’avons-nous aucune idole ? N’avons-nous pas des choses qui occupent notre cœur ? Les autres dieux ou les « idoles » comme le Nouveau Testament les appelle (1 Jean 5 : 21), sont les choses qui prennent les affections qui appartiennent au Seigneur ; tout ce qui prend dans notre cœur une partie de nos affections est une idole. Un frère disait : Le Seigneur ne veut pas avoir une place dans notre cœur, Il veut avoir la place dans notre cœur, Il veut la première place. - Le Seigneur Jésus ne prend jamais la deuxième place. Il veut vraiment avoir notre cœur. Alors il faut ôter les autres choses qui veulent prendre la place dans notre cœur. « Ôtez du milieu de vous » : ça commence par moi. L’état d’un rassemblement dépend de l’état de chacun, de chaque frère, de chaque sœur. Si nous ne retournons pas au Seigneur, chacun individuellement, nous ne pouvons pas dire que toute la maison retourne. Il est dit ici : « Ôtez du milieu de vous les dieux étrangers, et les Ashtoreths ». C’est un peu étonnant, quand on y réfléchit. Ashtoreth était parmi les dieux étrangers, alors pourquoi cette idole est-elle nommée spécifiquement, ici ? Ashtoreth est une déesse, c’est la Vénus des Romains, la déesse impudique. Il semble que ce péché était très répandu parmi le peuple – péché qui peut aussi prendre place parmi les chrétiens aujourd’hui. Il y a tant de choses qui veulent prendre le cœur et prendre nos affections, des choses desquelles nous pouvons être occupés. Pensons tout simplement à tout ce qui est présenté aujourd’hui dans les classes, sur Internet ou dans des médias. Ashtoreth est partout. Que font les entreprises pour faire une publicité qui accroche ? Elles y introduisent Ashtoreth. C’est très dangereux parce que, sans que nous le remarquions, cela occupe nos cœurs. C’est pourquoi il est dit ici d’ôter les Ashtoreths.

                        Attachez fermement votre cœur à l’Eternel 

            Attacher veut dire « lier » fermement à Dieu. Cette liaison ne doit pas être interrompue. Il est très important que nous ne laissions pas couper ce lien par des choses que nous rencontrons ou par des choses de notre chair - c’est un grand danger !

                        Servez-Le Lui seul

            Si tout ce que nous avons vu avant est vrai, si notre cœur est vraiment pour le Seigneur, et rempli du Seigneur, s’il y a de l’affection pour Lui, alors à ce moment-là nous serons capables de Le servir, sinon nous ne le pouvons pas. Nous pouvons faire semblant de servir le Seigneur, et en être en réalité très éloigné. « Et l’Eternel vous délivrera de la main des Philistins ». Il vous donnera aussi cette victoire, parce qu’elle est nécessaire tant que les Philistins sont là.


Le retour du peuple à l'Eternel

            Alors, suit une phrase toute simple : « Et les fils d’Israël ôtèrent les Baals et les Ashtoreths, et servirent l’Eternel seul ». Dans une courte phrase, l’Esprit Saint nous montre le résultat de la parole de Dieu. Quant à nous, quand nous écoutons la Parole, quand nous entendons l’Esprit nous mettre en garde contre quelque chose, quand Il nous montre les dangers dans lesquels nous vivons, y faisons-nous vraiment attention ? Est-ce que nous y prenons garde de cette façon-là, de sorte que Dieu puisse dire : Je leur ai dit et ils ont fait ; je leur ai montré le chemin et ils ont suivi ce chemin.
            « Et Samuel dit : Assemblez tout Israël à Mitspa, et je prierai l’Eternel pour vous » (v. 5). Là, nous voyons que Samuel est un vrai serviteur de Dieu. Il a d’abord parlé, et maintenant il prie. Prier, c’est toujours une expression de dépendance. Si nous connaissions tout et possédions tout, nous n’aurions pas besoin de prier. Mais nous n’avons rien, alors il nous faut vraiment prier. Ces prières sont toujours une expression de notre dépendance. Lorsque nous sommes sur nos genoux, à la réunion de prière, nous exprimons quelque chose par cette attitude même qui montre que nous sommes petits, et que Dieu est grand. Nous nous prosternons devant Lui. Nous sommes dépendants, nous pouvons lui dire que nous sommes faibles, que nous n’avons rien et que nous avons besoin de Lui. Mais nous avons confiance, c’est l’autre aspect. Dépendance, connaissance de notre état de faiblesse et confiance en l’Eternel qui écoute, voilà ce qu’exprime la prière. Le Seigneur a dit plusieurs fois qu’Il écoute les prières des siens. Nous savons qu’Il écoute, c’est une conviction que nous avons et cette conviction nous permet de prier comme Samuel le fait ici. Il leur dit : « Je prierai l’Eternel pour vous ».


L'humiliation collective à Mitspa

            « Et ils s’assemblèrent à Mitspa » (v. 6). Mitspa sera mentionné encore une fois, plus tard. Mitspa est une tour d’observation, une tour de guet d’où nous pouvons voir les dangers arriver, et il faut y être vraiment attentif. Ils arrivent donc là et s’assemblent.

                        L'eau répandue

            Puis « ils puisèrent de l’eau et la répandirent devant l’Eternel ». C’est la première fois que nous trouvons dans la Parole qu’on ait pris de l’eau et qu’on l’ait répandue. Qu’est-ce que cela veut dire ? Nous pouvons trouver une réponse un peu plus loin au deuxième livre de Samuel : « Nous mourrons certainement, et nous sommes comme de l’eau versée sur le terre, qu’on ne peut recueillir » (14 : 14). C’est l’expression de la plus extrême faiblesse. On ne peut pas reprendre l’eau qui a coulé par terre, on ne peut plus rien faire. Nous trouvons encore cette expression au Psaume 22, quand le Seigneur dit : « Je suis répandu comme de l’eau, et tous mes os se déjoignent ; mon cœur est comme de la cire, il est fondu au-dedans de mes entrailles » (v. 14). Nous savons que le Seigneur Jésus parle prophétiquement. « Je suis répandu » : c’est la plus grande faiblesse dans laquelle le Seigneur se trouve. Ainsi, quand nous lisons qu’ils répandirent l’eau devant l’Eternel, c’est comme s’ils disaient : Oh ! Eternel notre Dieu, nous ne sommes rien, nous ne pouvons rien, nous sommes faibles, dans la plus grande faiblesse ! - Ils reconnaissent donc leur incapacité.

                        Le jeûne

            Ensuite, ils jeûnent ce jour-là. Jeûner est aussi un signe d’humiliation, c’est renoncer à toute nourriture. Jeûner, c’est donc dire qu’on renonce à tout ce qui peut être une joie, un plaisir pour l’homme naturel. C’est aussi pour vraiment s’humilier devant Dieu. Ils dirent : « Nous avons péché contre l’Eternel ». C’est très court : « Nous avons péché contre l’Eternel », mais c’est un cœur sincère qui le dit. L’avons-nous déjà dit une fois ? Nous faisons bien des choses, chaque jour, qui ne plaisent pas au Seigneur. Avons-nous déjà dit : J’ai péché contre toi ? Quand quelque chose nous est arrivé - ou plutôt que nous l'avons commis – et a déshonoré le Seigneur, comme un mensonge ou une infidélité, l’avons-nous confessé le soir même ? Nous disons cela pour nous tous, c’est valable pour chacun de nous. Il y a des choses dans notre vie pour lesquelles nous devrions vraiment dire : Oh ! Seigneur, j’ai péché contre toi. - Un péché est toujours contre Dieu. Un péché peut être aussi contre un homme, mais quoi qu’il en soit, un péché est toujours contre Dieu ! Dieu le voit, Il voit dans notre cœur, Il voit plus profond que nous. Alors, si nous confessons, Dieu répond à une telle confession. C’est ce que nous verrons par la suite. « Nous avons péché contre l’Eternel » : voilà l’attitude que prend le peuple.

                        Samuel « juge » les fils d’Israël

            Nous trouvons ce mot « juger » encore plusieurs fois dans ce chapitre ; que veut-il dire ? Juger, signifie que la Parole de Dieu - ce que Dieu pense et dit - est mis en lumière. La Parole éclaire les choses par sa lumière et nous sommes ainsi jugés par elle ; alors, nous nous jugeons nous-mêmes. Nous comprenons, et nous apprenons peut-être aussi, ce qui a été mal dans notre vie, nous le confessons, et nous le jugeons. Nous ne trouvons pas cette expression ici, mais c’est ainsi et c’est valable aussi pour nous chaque jour. Dans le cas de quelqu’un qui demande à être reçu à la Table du Seigneur, quelques conditions sont nécessaires ? Est-il converti, a-t-il la vie nouvelle, vit-il dans le péché ? Mais il y a encore une question à nous poser : vit-il dans le jugement de lui-même ? C’est important. C’est ce que nous trouvons ici, ainsi que dans plusieurs passages de la Parole. Combien c’est important ! Nous pensons par exemple à 1 Corinthiens 11 où l’apôtre parle de quelqu’un qui mange le pain indignement. C’est parce qu’il n’a pas jugé ce qui était dans sa vie et dans son cœur. Nous devons nous juger nous-mêmes pour être purifiés avant de prendre part à la Cène.


La victoire d'Eben-Ezer

                       La mise à l'épreuve du peuple

            Les Philistins apprennent que les fils d’Israël se sont assemblés à Mitspa (v. 7). Lorsqu’il y a un bon état ou que quelque chose va bien dans le peuple de Dieu, l’Ennemi est tout de suite là. Il est intéressant de voir comment l’Esprit de Dieu lie les choses directement. Les Philistins montent immédiatement, se disant : Maintenant, il faut absolument les combattre. - Le peuple d’Israël le remarque et a peur : « Les fils d’Israël l’apprirent, et eurent peur des Philistins ». Il peut nous arriver d’être effrayés. Il existe une bonne peur et une mauvaise peur. La peur est bonne quand elle se rapporte à notre faiblesse personnelle. Nous avons peur de tomber, de ne pas être à même de faire quelque chose. Elle nous amène à chercher du secours chez Celui en qui est le secours et qui peut nous protéger. Cette peur-là est très salutaire parce qu’elle est le contraire de la confiance en soi-même. Nous pouvons très vite être confiants en nous-mêmes. Quand une tentation arrive, que faisons-nous ? Nous savons bien que pendant la journée, aujourd’hui ou demain, quelque chose peut être une tentation pour nous. Dans l’épître de Jacques il est dit que la tentation est une bonne chose. Pourquoi ? Parce qu’elle peut amener à montrer qu’on est approuvé. C’est une épreuve dans laquelle nous pouvons montrer la fidélité, la dépendance, l’obéissance envers notre Seigneur. Mais si nous faisons face à une tentation avec notre propre force, nous avons perdu d’avance. Une fois, un jeune homme disait : Ah ! maintenant que j’ai prié, je pense que je ne serai pas tenté, ça va bien aller ! - Cette pensée : « ça va bien aller », est le début de la chute. Il fallait plutôt demander : Dieu protège-moi, donne-moi l’énergie spirituelle, l’énergie de la foi pour résister et pour t’honorer dans la tentation. - Alors, la victoire aurait été celle du Seigneur pour ce jeune frère.
            Un jeune homme pouvait prendre deux chemins pour aller à son travail. Dans une des rues, il y rencontrait une tentation en passant devant une mauvaise maison, mais dans l’autre rue il n’y en avait pas. A la bifurcation, il y avait une décision à prendre : Est-ce que je passe par là où il y a quelque chose d’excitant, ou est-ce que je prends l’autre chemin ? C’était déjà prendre la décision ! Il aurait dû prier ainsi : Seigneur, garde-moi, protège-moi, donne-moi de prendre le bon chemin, pour ne pas tomber dans une tentation. - C’est très pratique et très simple, mais il est important qu’on fasse attention et qu’on se remette vraiment entre les mains du Seigneur. Les fils d’Israël l’avaient alors bien compris.

                        Samuel crie à l'Eternel

            « Et les fils d’Israël dirent à Samuel : Ne cesse pas de crier pour nous à l’Eternel, notre Dieu, afin qu’il nous sauve de la main des Philistins » (v. 8). « Ne cesse pas de crier pour nous » : voilà quelqu’un qui prie pour le peuple d’Israël. Nous pouvons aussi nous poser la question : Prions-nous pour le peuple de Dieu aujourd’hui ? Les jeunes ont-ils déjà prié pour l’assemblée ? Est-ce que nous prions pour l’assemblée, pour le bien de l’assemblée ? Est-ce que nous prions pour les frères, pour les sœurs ? Est-ce l’un des sujets de notre prière journalière ? C’est une bonne chose et cela se ressent d’ailleurs. Combien de fois avons-nous entendu dire par quelqu’un : Nous sommes encouragés parce que nous savons qu’on prie pour nous. Ceux qui ne se portent pas très bien dans leur santé savent que l’assemblée prie et cela les encourage. Cet encouragement qui vient du Seigneur les fortifie dans la foi et par cette foi, ils honorent le Seigneur. Voilà la conséquence des prières personnelles ou dans l’assemblée pour l’un ou l’autre des frères et sœurs. « Ne cesse pas de crier pour nous à l’Eternel, notre Dieu ». « Crier ». Nous avons le mot « prier » d’une part, nous avons aussi ce mot « crier ». Crier, c’est prier avec instance. Nous devons peut-être encore apprendre cela dans certaines situations ? Un frère m’avait dit un jour : Je prie pour mes enfants. - Plus tard, il m’a dit : Tu sais, je crie pour mes enfants. - J’ai compris qu’il voulait dire qu'il priait davantage.

                        Un sacrifice offert à l'Eternel

            « Samuel prit un agneau de lait, et l’offrit tout entier à l’Eternel en holocauste » (v. 9). Les fils d’Israël avaient montré leur incapacité et leur humiliation, par le fait de répandre de l’eau et de jeûner. Mais ce qui manquait encore, semble-t-il, c’est un sacrifice. Il est un peu étonnant que ce ne soit pas un sacrifice pour le péché - « nous avons péché » - mais un sacrifice en holocauste. Cela semble indiquer qu’à ce moment-là, le péché était déjà pardonné et que Samuel pouvait prendre un « petit agneau » – un agneau de lait est un petit agneau – pour le sacrifier en holocauste. Samuel n’a pas pris un taureau pour cela. Un grand sacrifice n’aurait pas correspondu à leur situation et à leur état. C’est un petit agneau, mais entièrement pour Dieu. Ils veulent dire par là : Nos cœurs battent pour l’Eternel. Il « l’offrit tout entier à l’Eternel en holocauste ; et Samuel cria à l’Éternel pour Israël ». Suit une phrase très courte : « et l’Eternel l’exauça ». Dans la Parole, l’Ecriture est quelquefois très brève mais profonde. Nous avons déjà vu cela au verset 4 et maintenant de nouveau : « l’Eternel l’exauça ». Dieu est un Dieu qui écoute ; Il n’entend pas seulement la prière, mais Il écoute la prière et Il y répond toujours au bon moment. Parfois il faut attendre, nous le savons, mais Dieu a écouté et il répondra certainement. Nous connaissons ce passage de Philippiens 4 : 6-7 où il n’est pas dit, quand nous présentons nos requêtes à notre Dieu, qu’elles sont toutes exaucées, mais – et c’est très beau – que la paix de Dieu qui surpasse toute intelligence gardera nos cœurs. « L’Eternel l’exauça ».

                        L'exaucement de la prière

            « Comme Samuel offrait l’holocauste, les Philistins s’approchèrent pour livrer bataille à Israël ; et l’Eternel fit tonner ce jour-là un grand tonnerre sur les Philistins, et les mit en déroute, et ils furent battus devant Israël » (v. 10). Dieu peut prendre parti pour son peuple parce qu’il s’est maintenant humilié devant Lui et qu’il est obéissant, comme nous l’avons vu au verset 4. C’était vraiment de l’obéissance à a Parole et Dieu répond. « Et les hommes d’Israël sortirent de Mitspa et poursuivirent les Philistins, et les frappèrent jusqu’au dessous de Beth-Car » (v. 11).
            Au verset 13, il est encore parlé des Philistins. Il est dit que le peuple d’Israël a aussi pu délivrer le territoire que les Philistins avaient pris. En effet, Israël avait perdu du terrain. Et nous, n’avons-nous pas peut-être « perdu du terrain » ici ou là, en ce que Dieu voulait nous donner davantage que nous n’avons ? Ici, dans sa grâce, Il donne une victoire telle, qu’Israël peut délivrer et regagner ce qui était perdu, et même les villes que les Philistins avaient prises sans en avoir le droit. Dans le livre des Juges nous voyons qu’Israël n’a pas tout dépossédé, ils auraient pu prendre davantage de pays. Maintenant, nous voyons que Dieu leur donne ce qui était perdu et aussi ce qu’ils n’avaient pas gagné au début.

                        La pierre de secours

            « Et Samuel prit une pierre et la plaça entre Mitspa et le rocher, et il appela son nom Eben-Ezer - la pierre de secours » (v. 12). Il la met pour se souvenir. Cette pierre était connue dans le peuple d’Israël. Nous employons ce mot aussi très volontiers : pierre de secours. Mais il est dit ici : « L’Eternel nous a secourus jusqu’ici ». Il semble que cela signifie qu’une bataille a été gagnée, mais que ce n’est pas la dernière. « Jusqu’ici » c’était la foi, l’énergie de la foi, malgré la faiblesse qui les caractérisait, parce qu’ils se sont vraiment confiés en l’Eternel : ils ont prié, ils ont crié à l’Eternel. Cette attitude d’humiliation, lors de leur confession, convenait devant l’Eternel. Alors Dieu leur donne la victoire, il est une pierre de secours, « jusqu’ici ». Pour nous aussi c’est toujours un « jusqu’ici ». Dieu demande de la fidélité aussi pour demain. Nous ne pouvons pas nous reposer sur la fidélité d’hier ou de l’année passée. Dieu demande cela aussi pour nous aujourd’hui.
            C’est pour cela que nous trouvons ensuite, dans les versets 15 à 17, les soins de Dieu pour le peuple. Dieu n’arrête pas de prendre soin de son peuple. Ils sont maintenant sauvés des Philistins, ils ont délivré des territoires et regagné du terrain perdu. Dieu leur a accordé tout cela et ils peuvent s’en réjouir. Et maintenant, Dieu continue à prendre soin d’eux par le moyen de son serviteur qui, conduit par l’Esprit, travaille sans arrêt parmi le peuple.


Le service de Samuel au milieu du peuple de Dieu

            Les derniers versets du chapitre résument le déroulement de la vie de Samuel et son service continuel envers le peuple de Dieu Dans un rassemblement ou dans l’Assemblée en général, il est aussi nécessaire qu’il y ait de la continuité dans le service. On a vu, hélas, un rassemblement appauvri parce que le Seigneur avait repris à Lui tel frère puis tel autre frère. Mais Dieu veut toujours prendre soin de son peuple ; Il veut qu’un service continuel soit assuré. Ici, nous voyons que « Samuel jugea Israël tous les jours de sa vie ». Cette expression nous montre que le service de Samuel a repris après les vingt ans de silence. Le peuple étant dans un autre état, ce service est maintenant possible. Il est continuel : d’année en année, il faisait le tour en passant par plusieurs villes : Béthel, Guilgal, Mitspa et Rama. Ces divers lieux, choisis par Dieu à dessein, ont une application spirituelle pour nous ; nous pouvons en être convaincus.

                        Béthel

            Ce nom signifie « maison de Dieu ». Il faut nous rappeler ce qu’est la maison de Dieu. L’Assemblée, dont nous faisons partie, est la maison de Dieu. Dans la maison de Dieu, Dieu a toute autorité. Dans l’assemblée, le Seigneur a toute autorité. Nous sommes rassemblés autour de Lui. Voilà une pensée qu’on pourrait peut-être appliquer ici en pensant à Béthel. Sommes-nous toujours conscients que le Seigneur est là. Est-ce que nous venons aux réunions parce que le Seigneur est là ? Nous pouvons y venir par habitude ; c’est une bonne habitude, c’est vrai, mais ça ne doit pas rester une simple habitude. Nous devons être attirés par Celui qui se trouve au milieu des siens. Nous ne Le voyons pas de nos yeux, mais Il est pourtant là, personnellement. Les enfants disent quelquefois : Mais je ne vois pas le Seigneur. - Certes, nous ne le voyons pas, mais nous pouvons Le voir avec les yeux de la foi. Si le Seigneur conduit vraiment, si nous laissons à l’Esprit la liberté de nous conduire, nous en goûterons la bénédiction, et ce sera aussi à la gloire du Seigneur. C’est ce que nous pouvons certainement voir dans le fait que Samuel jugea Israël à Béthel. Ce lieu nous rappelle aussi Jacob. Il avait dit : « Ce n’est autre chose que la maison de Dieu » (Gen. 28 : 17).

                        Guilgal

            Se souvenaient-ils encore de Guilgal ? Quand ils avaient conquis le pays, ils devaient toujours retourner à Guilgal. Qu’y avait-il à Guilgal ? Là, ils avaient pris douze pierres pour les mettre dans le Jourdain et douze pierres qu’ils avaient sorties du Jourdain pour en faire un mémorial. C’était le souvenir de la manière dont ils étaient entrés dans le pays de la promesse. C’est par la mort qu’ils étaient entrés - la mort du Seigneur, en type. C’est un enseignement que nous devons, nous aussi, apprendre et retenir. C’est à cause de la mort de notre chair que nous pouvons vraiment vivre dans le pays de la promesse.
            Mais Guilgal, c’est encore autre chose. Ce lieu a plusieurs significations. Guilgal, c’est aussi le lieu où ils ont fêté la Pâque dans le pays pour la première fois. C’est le souvenir de la mort du Seigneur. Cela aussi, il ne faut pas l’oublier. Samuel met le doigt aussi sur ce point.
            A Guilgal il y a aussi une autre nourriture : le « grain rôti » qui était passé au feu. Cela parle du jugement que le Seigneur a porté pour nous. Le vieux blé du pays nous parle du Seigneur qui est maintenant élevé. Cela aussi se trouve à Guilgal. C'était encore l’endroit où Josué avait autrefois rencontré un homme, le chef de l’armée de l’Eternel. C’était lui qui conduisait. C’est une pensée très importante de savoir qui nous conduit, qui est venu là pour combattre, et qui va devant nous. C’est aussi une image du Seigneur Jésus. Tout cela se rattache à Guilgal.
            Il y eu aussi la circoncision à Guilgal, c’est-à-dire que nous devons vivre en mortifiant vraiment nos membres qui sont sur la terre comme le dit l’épître aux Colossiens (3 : 5). C’est vivre ainsi en pureté. Cela rappelle le jugement de nous-mêmes. Et cela peut être douloureux, comme ça a été douloureux pour le peuple quand ils ont été circoncis.

                        Mitspa

            Mitspa, nous l’avons déjà dit, c’est la tour d’observation. Celle-ci parle peut-être de voir, dans le lointain, Celui qui vient. Nous regardons vers Lui dans la gloire pour Le voir venir ; c’est une vue sur l’avenir. Mitspa pourrait donc nous dire ceci : regardons au Seigneur qui va venir. Nous avons un avenir et cet avenir est proche.

                        Rama

            Samuel « jugeait Israël dans tous ces lieux-là ; et il s’en retournait à Rama, car là était sa maison » (v. 17). Le mot Rama signifie tout simplement hauteur ; c’est une hauteur et c’est là qu’il a jugé aussi le peuple. Cela nous parle de la hauteur sur laquelle nous pouvons et devons nous tenir près du Seigneur.
            Cela nous rappelle la fin du livre du prophète Habakuk. « L’Eternel, le Seigneur, est ma force ; il rendra mes pieds pareils à ceux biches, et il me fera marcher sur mes lieux élevés » (3 : 19). Les lieux élevés, ce sont les lieux où nous sommes près de notre Seigneur, près de notre Dieu. C’est pour cela qu’il est dit à la fin : « Au chef de musique ». Nous chantons au Chef de musique, sur la hauteur. C’est aussi un sujet qui fait partie du service de Samuel pour le peuple, dans sa maison à Rama. C’est là qu’il est à la maison, sur la hauteur. Dieu veut aussi que nous soyons vraiment à la maison sur cette hauteur, dans la communion avec notre Dieu et avec notre Seigneur. C’est bien ce que nous pouvons trouver dans Rama, où il a jugé le peuple d’Israël, et nous avons encore cette dernière phrase : « Il bâtit là un autel à l’Eternel » . A cette hauteur-là où il arrive, il adore son Dieu, « il bâtit un autel ». C’était d’abord pour lui une question personnelle, mais il n’en restait pas là, parce que c’est à Rama qu’il jugeait aussi le peuple. Quant à cette pensée d’adoration qui lui était personnelle, il doit en être ainsi pour chacun de nous. Puissions-nous vraiment comprendre ce que Dieu aime à entendre, cette adoration au sujet de la grandeur de sa Personne. Il désire que soient célébrés sa grâce, son amour, sa majesté, sa force, sa puissance en grâce pour nous, personnellement et collectivement.
            Ainsi, ce beau chapitre se termine sur un autel où l’on ne fait que servir l’Eternel dans l’adoration. Nous pouvons Le servir de différentes manières, mais ici c’est certainement la plus élevée. Nous pouvons faire bien des choses pour notre Seigneur, c’est vrai ; mais n’oublions pas ce grand service à rendre. C’est ce que nous pouvons apprendre de Samuel.
            Nous pensons, avec raison, que Samuel est un grand homme de Dieu. N’est-il pas un exemple pour nous ? Sa fidélité, la vérité avec laquelle il a parlé, sa compréhension de ce qui plaît à Dieu et de ce qui ne lui plaît pas, sa prière, l’autel qu’il a bâti pour adorer l’Eternel, sont un exemple pour chacun de nous.


R. Br - D'après les notes prises lors d'une méditation de la Parole de Dieu (mai 2018)