Les quarante jours de l'Ecriture (13)

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LES QUARANTE JOURS DE L’ECRITURE (13)

 

LES QUARANTE JOURS DU SEIGNEUR JESUS (Luc 24 : 13-35) – Scènes de la résurrection – Le voyage vers Emmaüs


Rencontre avec Pierre
Sur le chemin d’Emmaüs
Qui étaient les disciples d’Emmaüs ?
Les disciples d’Emmaüs exposent la raison de leur tristesse
Le Seigneur leur expose les Ecritures
Le Seigneur se révèle à eux
Retour à Jérusalem


            Dans les deux chapitres précédents, nous avons considéré les deux premières apparitions du Seigneur aux siens, après sa résurrection. Il est d’abord apparu à Marie de Magdala, puis à ses amies de Galilée. Les versets devant nous maintenant présentent les trois autres manifestations du Seigneur le jour où Il est ressuscité. Ils vont nous apprendre une vérité spéciale concernant la résurrection telle qu’elle est présentée par Luc. La lecture du chapitre 24 laisserait penser que le Seigneur n’est resté qu’un jour sur la terre après avoir été ressuscité, contrairement aux autres évangiles, car le récit de Luc commence et se termine avec des faits qui paraissent tous s’être passés le même jour.
            Le jour commence avec les femmes qui Le voient ; ensuite les deux disciples qui vont à Emmaüs sont en sa compagnie pendant au moins deux heures ; puis il est dit qu’Il a déjà été vu par Pierre ; enfin, on le trouve au milieu des siens où Il se fait Lui-même connaître à eux, mange en leur présence, leur donne une mission, les mène jusqu’à Béthanie et est élevé dans le ciel. Si nous n’avions que l’évangile de Luc, nous pourrions penser qu’Il n’est resté ici-bas qu’un jour et si nous n’avions que celui de Matthieu qui ne nous donne pas le récit de son ascension, nous pourrions penser que le Seigneur serait toujours sur la terre. Dans un sens, c’est bien cela, nous sommes bien dans le jour de la résurrection caractérisé par la bénédiction, la liberté, la joie et la connaissance de la pensée et de l’amour de Dieu. C’est une grande chose pour un chrétien de réaliser qu’il vit dans le jour de la résurrection.
            Il y a une grande instruction à tirer de l’apparition du Seigneur aux disciples dans la chambre haute ; nous verrons plus tard ce qu’en dit l’évangile de Jean. Des choses magnifiques sont soigneusement notées dans cette entrevue que Luc seul présente. Son évangile dépeint spécialement le Seigneur sous le côté humain de sa Personne. N’oublions pas qu’Il est toujours un Homme réel, vivant, au cœur plein de tendresse, aujourd’hui comme aux jours de sa chair ici-bas. Plus d’un croyant ne le réalise pas, ce qui explique leur détresse et leur découragement dans la souffrance et les difficultés ici-bas. Ils n’ont pas compris que Jésus ressuscité et glorifié est le même que ce Jésus plein de sympathie qui parcourait cette terre. Tout ce que Dieu est dans sa nature et dans son Etre a été révélé en Christ qui était à la fois Dieu, et à la fois un Homme réel, au cœur plein de tendresse et de grâce, saint, parfait, ayant toutes les belles sensibilités de l’homme, que ce soit envers Dieu ou envers l’homme. Et s’Il était parfait durant les jours de sa chair ici-bas, en traversant cette scène d’afflictions, Il n’a pas changé en résurrection ; la preuve en est devant nous dans la manière dont Luc le présente quand, ressuscité d’entre les morts, Il cherche les siens et les réconforte dans leurs divers états d’âme, durant la journée qui se déroule sous nos yeux.


Rencontre avec Pierre

            Maintenant, une question : Qui a vu le Seigneur la troisième fois ce jour-là ? Nous ne pouvons pas trancher, parce que l’Ecriture ne le dit pas, mais ce doit être Pierre qui a vu le Seigneur après les femmes de Galilée. La raison pour laquelle nous pouvons le penser est que lorsque les deux disciples d’Emmaüs sont revenus à Jérusalem et sont entrés dans la chambre haute, on leur a dit immédiatement : « Le Seigneur est réellement ressuscité, et il est apparu à Simon » (v. 34). S’ils ont entendu cela en franchissant la porte, c’est que l’entrevue avec Pierre avait eu lieu auparavant. De plus, nous pouvons penser que si le Seigneur a les yeux sur un des siens plus que sur un autre, encore aujourd’hui, c’est sur celui qui a un cœur attristé d’avoir déshonoré Son nom, d’avoir peiné les frères, d’avoir été un jouet dans les mains de l’ennemi et d’avoir agi à son propre détriment, comme Pierre l’avait fait. Si le Seigneur a ses yeux spécialement sur quelqu’un, c’est bien sur celui qui s’écarte ! C’est terrible de s’éloigner. Pierre s’éloignait-il ? Là n’est pas la question ; mais le Seigneur avait les yeux sur lui.
            Ce qui est beau de voir ici, c’est le profond intérêt de Christ pour restaurer et redresser un cœur qui va mal. Vous pouvez ne pas être allé jusqu’aux serments et aux imprécations, mais si, comme Pierre, vous connaissez moins Jésus qu’auparavant, si sa compagnie et son amour vous sont devenus moins primordiaux, c’est parce que les choses du monde et la chair vous ont éloigné. Il sait bien que votre cœur n’est ni heureux, ni en paix, et Il voudrait vous restaurer et vous rendre plus heureux que jamais.
            Nous verrons la restauration de Pierre plus tard, lors de sa restauration publique, la septième fois où le Seigneur a été vu. Ce que Luc rapporte ici, c’est sa restauration privée avec son Seigneur. Il fallait une restauration publique : elle aura lieu près de la mer de Galilée comme cela est rapporté en Jean 21. Pierre a certainement ressenti, à chaque fois, une profonde restauration.


Sur le chemin d’Emmaüs

            Revenons à ceux qui vont à Emmaüs. Il n’y a pas de voyage plus béni que celui en compagnie de Jésus vers Emmaüs. Certains diront qu’ils allaient dans la mauvaise direction. Peut-être, mais ce qui est beau, c’est que Christ va à côté d’eux pour les remettre dans le bon chemin. Ce devait être un couple qui habitait Emmaüs ; ce n’était pas un mal en soi d’y aller. On dira que Jérusalem qu’ils avaient quitté aurait dû être leur centre ! Certes, mais comme Christ remplissait leurs cœurs, ces onze kilomètres pour retourner à la maison n’étaient rien pour eux. Quand le jour aura baissé, ils diront à Jésus de rester ; et quand Il remplira leurs cœurs à les faire déborder, ils ne trouveront plus qu’il est trop tard pour faire les onze kilomètres en sens inverse pour dire aux autres les bonnes nouvelles qu’ils détenaient. Comme des abeilles rentrant à la ruche après une bonne journée de récolte, ils retrouveront les leurs pour partager avec eux le merveilleux butin recueilli.
            Voyons comment cela s’est passé. La nouvelle de la résurrection du Seigneur s’était évidemment répandue. Marie de Magdala était venue raconter son récit aux apôtres ; ses amies de Galilée étaient aussi venues raconter le leur. Mais l’Esprit de Dieu nous dit que leur témoignage avait été considéré comme des « contes » (Luc 24 : 11) ! Il peut sembler étrange que le témoignage de ces pieuses femmes n’ait pas été cru, mais c’est ainsi. Même les Siens ont alors considéré comme un conte le témoignage à la résurrection de Jésus, à la victoire de l’amour rédempteur, et à tout ce que sa mort a accompli. Il n’est pas donc étonnant qu’il y ait de l’incrédulité parmi le peuple de Dieu aujourd’hui. Ne voit-on pas de l’incrédulité au sujet de l’inspiration des Ecritures ; « que celui qui croit être debout prenne garde de ne pas tomber » (1 Cor. 10 : 12).
            « Et voici, deux d’entre eux étaient ce même jour en chemin, pour aller à un village dont le nom était Emmaüs, éloigné de Jérusalem de soixante stades (environ onze kilomètres). Ils parlaient entre eux de tous ces événements » (Luc 24 :13-14). Leurs cœurs étaient profondément occupés de Christ. Dieu prend soin de nous dire qu’ils parlaient de Lui. Ils ne pouvaient penser à rien d’autre ; ils étaient perplexes devant ce qui était arrivé à Celui qu’ils aimaient. « Il arriva, comme ils s’entretenaient et s’interrogeaient, que Jésus lui-même s’approcha et se mit à marcher avec eux » (v. 15). Remarquons ce petit mot « lui-même ». Je pense que le point saillant de Luc 24 est « lui-même ». Un peu après nous trouvons : « Jésus se tint lui-même au milieu d’eux » (v. 36) ; ensuite : « Voyez mes mains et mes pieds : c’est moi-même ! » (v. 39). Le grand sujet de ce chapitre est un Homme ressuscité, le même Jésus, mais ressuscité.
            Aujourd’hui, beaucoup de chrétiens pensent à Jésus comme Homme vivant ici-bas, pourtant leurs cœurs ne sont pas à l’aise avec Lui. Pourquoi ? Parce que pour eux, Jésus ressuscité n’est pas le même Jésus, il est plus distant, quelque chose L’a changé. Je ne doute pas que c’est pour cette raison que l’Esprit de Dieu dit de façon si remarquable dans l’épître de Jean : « Or nous savons que le Fils de Dieu est venu, et il nous a donné une intelligence afin que nous connaissions le Véritable ; et nous sommes dans le Véritable, c’est-à-dire dans son Fils Jésus Christ : lui est le Dieu véritable et la vie éternelle. Enfants, gardez-vous des idoles » (1 Jean 5 : 20-21) Je ne pense pas qu’il s’agisse de se garder d’idoles terrestres ici, mais de toute pensée au sujet de Dieu qui ne se trouve pas en Jésus. Parce que Dieu n’est connu qu’en Lui. Si j’ai une pensée au sujet de Dieu qui n’est pas exprimée en Jésus, j’ai une idole devant mon esprit et non le vrai Dieu. Je pense que c’est pour cela que l’Esprit de Dieu met fortement l’accent ici sur cette expression « Jésus lui-même ».
            Ce qui a attiré le Seigneur vers ces voyageurs allant à Emmaüs est certainement sa parfaite connaissance de ce qui était dans leurs cœurs. En effet, outre la restauration de quelqu’un qui s’éloigne, s’Il voit un des siens troublé, perplexe ou dans la détresse, Il se plaît à s’en approcher et à le relever. Ne l’avez-vous pas expérimenté quand vous étiez en souci parce que vous ne pouviez pas démêler vos circonstances ? Ne vous a-t-Il pas aidé par sa Parole ou par l’un de ses serviteurs, comme en Jean 13, quand Il prit un bassin d’eau et un linge, et lava les pieds de ses disciples afin qu’ils soient vraiment en paix dans sa présence. Ah, combien Il nous aime ! Ressentons-nous son amour personnel pour nous ? On peut savoir qu’Il aime l’Eglise et être encore misérable. Mais quand on en arrive à : Il m’a aimé et s’est livré lui-même pour moi (Gal. 2 : 20), cela devient personnel. Le Seigneur se plaît à nous voir jouir de son amour et à jouir de l’amour de nos cœurs qui y répond. Hélas, nos cœurs sont souvent tièdes ; or le Seigneur recherche un cœur où il y a de la chaleur. Il recherche deux sortes de cœur : un « cœur bouillant » et un « cœur brûlant ». Dans le psaume 45 il est parlé d’un cœur qui bouillonne : c’est la manière dont l’amour se manifeste ; ici, nous avons la manière dont il est produit.
            Si vous désirez que votre cœur brûle, faites un voyage « à Emmaüs » avec Jésus, et vous verrez que votre cœur brûlera quand vous y arriverez. Revenons au moment où Jésus se joint aux deux voyageurs. Il est dit : « Mais leurs yeux étaient retenus, de sorte qu’ils ne le reconnurent pas » (Luc 24 : 16). De même aujourd’hui, les yeux de beaucoup de croyants sont « retenus ». Pourquoi ? Parce que nous laissons bien des choses pénétrer nos âmes et les encombrer. Mais notons que leurs yeux étaient « retenus » au verset 16 et qu’ils étaient « ouverts » au verset 31. Ils n’avaient peut-être pas d’intelligence, mais leur cœur brûlant a ouvert leurs yeux. Une affection véritable permet de vite voir les choses. Ceux qui disent : Nous ne voyons pas, désirent-ils vraiment voir ? Voir la vérité nous aiderait à délaisser probablement beaucoup d’occupations, mais désirons-nous la voir ? Nos cœurs sont comme celui de Séphora qui a dit : « Epoux de sang ! à cause de la circoncision » (Ex. 4 : 26). Elle n’aimait pas plus la mort que nous, mais elle savait très bien que si elle voulait garder son mari, son fils devait être circoncis - elle devait accepter la mort. C’est une grande chose d’avoir le « cœur brûlant » et les yeux « ouverts ». Que le Seigneur nous donne les deux !
            « Alors il leur dit : Quels sont ces propos que vous échangez en marchant ? Et vous êtes tristes ! » (v. 17) Si le Seigneur croisait notre chemin aujourd’hui et nous disait : De quoi parlez-vous ? nous trouverait-il parlant de Lui, et de ses intérêts ? Ce serait bien qu’il en soit ainsi, sinon il nous faudrait reconnaître que cette parole : « mon peuple m’a oublié pendant des jours sans nombre » (Jér. 2 : 32) est pour nous. Béni soit Son nom, Lui ne nous oubliera jamais.


Qui étaient les disciples d’Emmaüs ?

            Puis il est dit : « L’un d’eux, dont le nom était Cléopas, lui répondit : Est-ce que tu séjournes tout seul dans Jérusalem... ? ». Nous avons déjà dit qu’il devait s’agir d’un couple. Voyons pourquoi nous pouvons l’affirmer. Ici nous avons le nom de l’homme : Cléopas. Au chapitre 19 de Jean, nous voyons apparemment sa femme. « Or, près de la croix de Jésus, se tenaient sa mère et la sœur de sa mère, Marie, femme de Clopas, ainsi que Marie de Magdala » (v. 25). On pourrait dire : Ce n’est pas probant. Certes, mais leur invitation adressée au Seigneur : « Demeure avec nous » (v. 29) montre qu’ils vivaient ensemble, sans aucun doute. Maintenant, examinons pourquoi l’Esprit de Dieu, au chapitre 15 de la première épître aux Corinthiens, ne choisit que cinq des onze apparitions quand Il présente les témoignages de la résurrection du Seigneur Jésus.
            « Car je vous ai communiqué en tout premier lieu ce que j’ai aussi reçu : Christ est mort pour nos péchés, selon les Ecritures ; il a été enseveli, et il a été ressuscité le troisième jour, selon les Ecritures ; il a été vu de Céphas, puis des douze. Ensuite il a été vu de plus de cinq cents frères à la fois, dont la plupart sont demeurés en vie jusqu’à présent, mais quelques-uns aussi se sont endormis. Ensuite il a été vu de Jacques, puis de tous les apôtres » (1 Cor. 15 : 3-7). Seules cinq des onze fois où Il a été vu sont mentionnées ; sont omises, les apparitions à Marie de Magdala et ses amies galiléennes, aux deux qui vont à Emmaüs, aux disciples dans la chambre haute le premier jour de la semaine, aux sept au bord de la mer de Galilée, et aux disciples en Galilée (Matt. 28). Dans tous ces cas, l’incrédulité quant au témoignage de la résurrection de Christ s’était manifestée, et dans la plupart des cas, des femmes étaient présentes. Pour une raison ou une autre il a plu à Dieu d’omettre tous les exemples où les femmes étaient présentes.
            Le premier jour de la semaine, dans la chambre haute, quand Thomas était absent, des femmes devaient être présentes (Luc 24 : 33 ; Jean 20 : 19). Il n’est pas dit que la semaine suivante, quand Il a été vu des disciples, elles étaient présentes. La première fois, ce n’était manifestement pas un rassemblement strictement apostolique, comme nous le voyons en Luc 24, parce que Thomas n’était pas là et beaucoup d’autres étaient présents, outre les apôtres. Le verset 33 suggère qu’il y avait un grand rassemblement. Tous les disciples étaient assemblés, le Seigneur étant au milieu d’eux, ce qui représente l’assemblée. Mais ce n’est pas le sujet.
            Toutes ces considérations, nous conduisent à penser que l’un de ceux qui allaient à Emmaüs était une femme. Il est beau de voir ce couple d’un seul cœur. Ils s’entretenaient et raisonnaient ensemble en marchant ; Jésus était le sujet de leur conversation. Ah, que tous les couples puissent faire ainsi ! Il est touchant de voir qu’en donnant le récit de cette belle scène de la résurrection, Dieu nous montre un homme et une femme étant un cœur et une âme, parlant ensemble de Son Fils en rentrant chez eux, et le Seigneur se joignant à eux. Quelle maison heureuse ce soir-là ! Bien triste est la maison où il n’en est pas ainsi !


Les disciples d’Emmaüs exposent la raison de leur tristesse

            On pourrait se demander pourquoi ils ne Le reconnaissaient pas. Marc nous en donne la raison : « Après cela, il apparut sous une autre forme à deux d’entre eux qui étaient en chemin, allant à la campagne. Et ils allèrent l’annoncer aux autres ; mais eux non plus, ils ne les crurent pas » (Marc 16 : 12-13). Leur témoignage n’a pas été cru, pas plus que celui des femmes qui, de grand matin, les ont fortement étonnés en disant qu’Il était vivant (Luc 24 : 22-23).
            C’est peut-être la raison pour laquelle leurs yeux étaient retenus. Le Seigneur vient parfois nous rencontrer pour nous apprendre où nous en sommes. Nous pouvons être hypocrites devant les autres, cherchant à paraître ce que nous ne sommes pas - c’est bien un danger qui nous guette. Il aime voir la vérité et la sincérité chez les siens. Le Seigneur peut nous blâmer pour notre incrédulité, mais Il ne sera pas en colère contre nous si nous sommes vrais. Ici, ce devait être une joie pour son cœur de voir ce couple avoir un grand intérêt pour Lui et pour les choses qui le concernent, même s’ils étaient tristes et inintelligents. Cela L’amène à leur demander : « Quels sont ces propos que vous échangez en marchant ? Et vous êtes tristes ! ». « L’un d’eux, dont le nom était Cléopas, lui répondit : Est-ce que tu séjournes tout seul dans Jérusalem, que tu ne saches pas ce qui y est arrivé ces jours-ci ? Il leur dit : Quoi donc ? Ils lui dirent : Ce qui concerne Jésus le Nazaréen ; c’était un prophète puissant en œuvre et en parole devant Dieu et devant tout le peuple » (v. 17-19).

            Quelle joie pour le cœur du Seigneur d’entendre ce couple parler de ce qu’ils ressentaient, Le concernant ! Il aime nous entendre parler de Lui. Il est dit : « Alors ceux qui craignent l’Eternel ont parlé l’un à l’autre, et l’Eternel a été attentif et a entendu, et un livre de souvenir a été écrit devant lui pour ceux qui craignent l’Eternel, et pour ceux qui pensent à son nom » (Mal. 3 : 16). Ici, Il prêtait l’oreille à deux pèlerins fatigués, qui Lui parlaient de façon si belle de leurs sentiments à son égard, alors qu’ils ne Le reconnaissaient pas à ce moment-là. Il les écoutait attentivement continuer : « mais les principaux sacrificateurs et nos chefs l’ont livré pour être condamné à mort et l’ont crucifié » (v. 20). Puis ils disent leur désappointement : « Or nous, nous espérions qu’il était celui qui doit délivrer Israël ». Ils pensaient au Roi, à la gloire et à l’établissement du royaume ; ils étaient déçus et découragés. Ne l’avons-nous jamais été ? Quelle douceur quand le Seigneur s’approche de nous et se présente Lui-même comme la source de la paix, de la joie et de l’allégresse pour nos cœurs oppressés ; c’est ainsi qu’Il répond à notre déception et notre découragement. Sa mort avait détruit toutes leurs espérances en Lui. Pour eux, apparemment tout était fini, même s’ils avouaient leur étonnement au sujet de ce qu’ils avaient entendu mais qu’ils ne croyaient pas.
            Ils racontent les choses très simplement. « Mais encore, avec tout cela, c’est aujourd’hui le troisième jour depuis que c’est arrivé. Pourtant, quelques femmes d’entre nous nous ont fortement étonnés ; elles se sont rendues de grand matin au tombeau et, n’ayant pas trouvé son corps, elles sont venues et ont dit aussi qu’elles avaient eu aussi une vision d’anges qui déclarent qu’il est vivant. Certains des nôtres sont allés au tombeau et ont trouvé les choses absolument comme les femmes les avaient dites ; mais lui, ils ne l’ont pas vu » (v. 21-24). Ces derniers mots « Lui, ils ne l’ont pas vu » en disent long. Ils ne L’avaient pas vu parce qu’Ils ne L’attendaient pas. Avons-nous vu le Seigneur dimanche dernier lors de la réunion pour la fraction du pain ? Vous direz : Oh ! l’état de choses n’est pas brillant, la réunion n’était pas heureuse ! Christ en est-Il la cause ? Vous ne l’avez pas vu parce que vous ne veniez pas Le voir. Vous y êtes allé pour quelqu’un d’autre, ou vous espériez entendre quelqu’un d’autre. Ce n’est pas Christ seul qui vous attirait.
            Plus d’une fois on a pu dire au sujet de croyants pourtant réunis sur le bon terrain : « Lui, ils ne l’ont pas vu ». Pourquoi ? Parce qu’ils n’allaient pas le voir Lui seul, aussi leur a-t-Il laissé récolter le fruit de leur incrédulité. Le secret d’une réunion heureuse, chaleureuse, empreinte d’adoration, c’est quand chaque croyant ne vient que pour le voir, le rencontrer et l’adorer. « Lui, ils ne l’ont point vu » est un constat solennel. Si vous quittez une réunion où l’on était assemblé à Son nom sans l’avoir vu, ce n’était pas sa faute, et ce ne serait pas juste de mettre la faute sur vos frères. Vous pouvez être certain qu’il y avait en vous un mal que vous n’aviez pas jugé.


Le Seigneur leur expose les Ecritures

            Cette déclaration de leur part conduit maintenant le Seigneur à leur dire une chose que nous devrions méditer et prendre à cœur. « Alors Il leur dit : Ô gens sans intelligence et lents de cœur à croire tout ce qu’ont dit les prophètes ! » (v. 25). Ah, ne sommes-nous pas souvent, nous aussi, insensés et lents de cœur à croire la Parole ? Puis Il leur dit : « Ne fallait-il pas que le Christ endure ces souffrances et qu’il entre dans sa gloire ? » (v. 26). Ce qu’attendait un Juif pieux à ce moment-là c’était, selon l’Ecriture, la venue du Messie en puissance, l’établissement du royaume et de la gloire. C’est pourquoi le Seigneur comprend leur désappointement. Bien qu’Il les blâme pour leur incrédulité, Il continue avec douceur en disant : « Ne fallait-il pas que le Christ endure ces souffrances et qu’il entre dans sa gloire ? ». Les souffrances et la gloire vont ensemble. Dans l’Ancien Testament, nous y trouvons que la souffrance précède la gloire. Dans le Nouveau Testament, nous voyons que Paul était préparé pour la souffrance parce qu’il avait le sentiment profond de la gloire de Christ. C’est la connaissance d’un Christ glorieux qui l’a fait désirer tout souffrir pour Christ.
            « Et commençant par Moïse et par tous les Prophètes, il leur expliquait, dans toutes les Ecritures, les choses qui le concernent » (v. 27). N’aurions-nous pas aimé être avec eux ce jour-là et l’entendre expliquer « dans toutes les Ecritures, les choses qui le concernent » ? Nos cœurs n’ont-ils jamais vibrés, en écoutant parler de Christ par le moyen d’un de ses serviteurs ? Pensons à ce que cela doit avoir été de l’entendre parcourir les Ecritures et relever ce qui était dit de Lui-même depuis Moïse, à partir de types, d’ombres, de figures, d’offrandes et de sacrifices, jusqu’à faire brûler leurs cœurs ! Ce n’était pas étonnant que leur cœur ait brûlé ; ils n’avaient jamais rencontré un tel Etranger, ils n’avaient jamais eu un tel ministère, et n’avaient jamais eu une telle compagnie auparavant.
            Ce magnifique exposé s’est passé pendant ces onze kilomètres. Nous pouvons bien comprendre quelle communion profonde cela a dû produire. Ce ministère a étroitement uni leurs cœurs à celui de l’Etranger qu’ils ne connaissaient pas. Il parlait d’une façon si belle de Celui qui était si cher à leurs cœurs, qu’ils aspiraient continuer à bénéficier de ce ministère et à jouir de cette communion. Dans l’Ecriture, il n’y a pas de scène qui montre mieux comment le véritable ministère de Christ unit étroitement le cœur à Christ et au serviteur. Ils ne savaient pas qui était celui qui leur présentait Christ de façon si précieuse. Il réjouissait leurs cœurs, en parlant de Lui-même, Lui qui était le thème principal et le témoignage de toute l’Ecriture. Christ était rendu toujours plus précieux à leurs âmes. C’est ainsi qu’une vraie communion est produite - et assurément, tout ministère qui ne produit pas cela est sans valeur.
            Ce chapitre présente un beau tableau sur la manière dont le Seigneur ressuscité ouvre les Ecritures aux Siens. Il commence par ouvrir leurs yeux (v. 31), puis Il leur ouvre l'intelligence (v. 45). Ce chapitre est par ailleurs remarquable concernant des choses divinement ouvertes : il commence par un sépulcre ouvert et se termine par un ciel ouvert.
            Ensuite nous lisons : « Ils approchèrent du village où ils allaient ; lui fit comme s’il allait plus loin » (v. 28). Ce détail est très beau ! Christ n’impose jamais sa compagnie, pas plus maintenant que ce jour-là ; mais Il nous l’accordera, si nous le désirons. « Lui fit comme s’il allait plus loin ». Leur bon état est maintenant manifesté : « Mais ils le pressèrent, en disant : Reste avec nous » (v. 29). On voit ici la délicatesse qui L’a toujours marqué et qui était l’une des perfections de sa marche comme Homme. Avait-Il le droit d’entrer dans cette maison ? Il l’avait, mais Il ne l’a pas fait pas valoir. La question était celle-ci : Le désiraient-ils ?
            Il ne s’imposera jamais à nous. Si la grâce contraint le pécheur de L’accepter, Il ne contraint pas le croyant ; Il veut que nos cœurs Le désirent. « Lui fit comme s’il allait plus loin ». Est-ce qu’ils disent : Voici notre maison, veux-tu entrer ? Oh ! Non. « Mais ils le pressèrent, en disant : Reste avec nous, car le soir approche et le jour a baissé ». Ils ont peut-être dû le Lui dire plusieurs fois. S’il est vrai que l’amour de Christ nous étreint, il est aussi vrai que l’amour des saints Le contraint ; c’est une contrainte réciproque.


Le Seigneur se révèle à eux

            Alors « il entra pour rester avec eux » (v. 29). Ah, que leurs cœurs étaient heureux ! Ils étaient en compagnie de Celui qui avait fait brûler leurs cœurs par son ministère, eux qui n’avaient rien entendu de tel auparavant. « Et il arriva que, comme il était à table avec eux, il prit le pain et il bénit ; puis il le rompit et le leur distribua » (v. 30). Ici, bien sûr, Jésus prend sa vraie place. Il doit être le maître de la maison. Il n’est plus l’invité maintenant, tout est à Lui. Et s’asseyant à table, « Il prit le pain et il bénit ; puis il le rompit et le leur distribua. » Ils reconnaissent aussitôt le Seigneur et son autorité. « Alors leurs yeux furent ouverts et ils le reconnurent » (v. 31). Il ne s’agit pas ici de la Cène, cependant c’est vraiment ce qui devrait avoir lieu quand nous la prenons. Il rend grâces, rompt le pain, et le leur donne ; c’est son service pour toucher le cœur ! Alors les yeux s’ouvrent et découvrent sa présence et sa beauté.
            Je ne sais pas ce que vous avez appris dans le domaine spirituel, mais quant à moi, que ce soit dans la solitude de mon bureau, lors d’une réunion d’édification ou d’étude de la Parole, je n’ai jamais appris là, comme j’ai appris lors de la fraction du pain, là où le Seigneur lui-même est Celui qui sert à sa table. C’est précieux d’être sous le ministère direct de Christ, l’homme étant entièrement mis de côté. L’effet est immédiat : « Alors leurs yeux furent ouverts et ils le reconnurent ». Si nous désirons vraiment connaître la vérité, savoir ce qui lui convient et le suivre, Il nous l’accordera. C’est ce qui s’est passé ici.
            L’ayant reconnu, il est dit : « mais lui devint invisible et disparut de devant eux. Et ils se dirent l’un à l’autre : Notre cœur ne brûlait-il pas au dedans de nous, lorsqu’il nous parlait en chemin, et qu’il nous ouvrait les Ecritures ? » (v. 31-32) C’est précieux d’avoir les Ecritures ouvertes par Christ, car ce ministère fait toujours brûler le cœur. Quand l’Esprit de Dieu présente Christ dans son amour, sa grâce, sa beauté et sa gloire, le cœur répond à coup sûr. S’il ne répond pas, on peut bien se poser des questions. Il est facile de dire : Je suis chrétien ; mais si le cœur ne vibre pas quand Christ est présenté, on peut bien se demander si l’on est vraiment un enfant de Dieu. Si cette affirmation vous ébranle et conduit votre cœur à brûler par la suite, tant mieux. Etant seul avec le Seigneur, si votre cœur ne brûle pas quand Il vous parle, soyez convaincu qu’il y a quelque chose de vraiment mauvais en vous. Que le Seigneur nous donne un cœur toujours plus brûlant, un cœur qui se tourne d’abord vers Lui avec une affection réelle, puis qui se tourne vers les autres pour leur apporter quelque chose de Lui ; c’est aussi cela un cœur bouillant.
            Parlez-vous souvent aux autres de Jésus ? Si ce n’est pas le cas, vous n’avez peut-être pas un cœur brûlant. On aime rencontrer un croyant bouillant dont le cœur déborde. Certains chrétiens sont plutôt comme de grands blocs de glace qui vous refroidissent. Que Dieu nous garde d’être ce genre de croyant et nous accorde une chaleur qui fera fondre les autres, touchera les consciences, procurera de l’intelligence, et atteindra les cœurs. C’est ce que nous voyons au jour de la résurrection ; c’est ce que produit la compagnie de Christ, maintenant comme alors.


Retour à Jérusalem

            Que font ces deux disciples ? Beaucoup d’entre nous auraient probablement dit : Nous avons eu une très belle soirée, asseyons-nous tranquillement et jouissons de ce que nous avons entendu. Cela nous aurait suffi, mais pas à ce couple. Alors qu’ils venaient tout juste de rentrer chez eux, « se levant à l’heure même, ils retournèrent à Jérusalem » (v. 33a). Peu avant, il était trop tard pour que l’inconnu qui les enseignait aille plus loin, maintenant il n’était pas trop tard, et ils n’étaient pas trop fatigués pour refaire ces onze longs kilomètres et répandre la joyeuse nouvelle concernant Jésus et la résurrection. Il fallait absolument qu’ils partagent avec d’autres la merveilleuse découverte qu’ils venaient de faire. C’est le vrai christianisme : apporter aux autres et leur faire partager tout ce que Dieu nous a accordé de connaître et de jouir. Dieu veuille, chers amis croyants, que nous soyons comme ce couple.
            Tout joyeux, ce couple zélé retourne à Jérusalem dans les ombres de la nuit, et ils « trouvèrent assemblés les onze et leurs compagnons » (v. 33b). En franchissant le seuil, leur foi est confirmée admirablement, quand quelqu’un s’exclame aussitôt : « Le Seigneur est réellement ressuscité, et il est apparu à Simon » (v. 34). Dieu affermit toujours l’âme qui reçoit la vérité et qui agit en conséquence.
            « Eux-mêmes racontèrent ce qui leur était arrivé en chemin et comment il s’était fait connaître à eux dans la fraction du pain » (v. 35). Certains chrétiens ne rompent le pain qu’une ou deux fois par an. Ils doivent être bien affamés ! Certains disent : Je préfère écouter une prédication. - Ah, écouter un serviteur parler c’est bien, mais cela ne remplace pas la fraction du pain. Il y a une plus grande bénédiction dans la fraction du pain prescrite par le Seigneur que dans cinquante sermons. Par la Cène du Seigneur vous êtes en contact personnellement avec le Seigneur Lui-même ; vous avez le sentiment de son amour et de sa grâce comme nulle part ailleurs. Je suis persuadé que l’Esprit a une intention particulière en rappelant « comment il s’était fait connaître à eux dans la fraction du pain ».
            Ce qui suit est très intéressant. Le Seigneur en personne entre au milieu d’eux et leur dit : « Paix à vous ! », puis Il leur demande de le toucher et Il mange devant eux. Il établit ainsi qu’Il est véritablement ressuscité et parfaitement Homme. Nous parlerons de cette scène dans un autre chapitre.
            Puissions-nous mieux connaître le Seigneur et jouir davantage de son amour. Si nous nous sommes éloignés de Christ, puissions-nous retrouver le sentiment profond qu’être là où Il est, c’est notre tout. Il est important de savoir sous quel ministère on se place. Qui est votre serviteur ? Est-ce Celui qui est ressuscité dans la gloire ? Etes-vous vraiment sous le ministère du Saint Esprit ? Quant aux serviteurs, si leur ministère ne secoue pas les gens et ne les attache pas à Christ, ce n’est pas un bon ministère. Le vrai ministère est celui qui aide l’âme à s’approcher de Christ et qui rend Christ précieux à celle-ci. On voit alors qu’Il a sa vraie place dans les affections des siens. Puissions-nous avoir les yeux et l’intelligence ouverts, et ressentir que le jour où nous vivons - le jour de la résurrection - est un grand jour. Ce chapitre 24 de Luc est rempli de Christ, aussi voit-on les cœurs des disciples captivés par Lui. Il était tout pour eux et le but final est atteint : ils Lui rendirent hommage et eurent une grande joie (v. 52).


Extrait et adapté de la traduction de l'ouvrage : "Les quarante jours de l'Ecriture" (W.T.P. Wolston)

 

A suivre