Les quarante jours de l'Ecriture (10)

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LES QUARANTE JOURS DE L’ECRITURE (10)

 

LES QUARANTE JOURS DE SATAN (Matt. 3 : 16-17 ; 4 : 1-11, 23-25 ; Marc 1 : 12-13 ; Luc 4 : 1-15) – Tentation et défaite – L'homme fort, et son palais pillé


Présentation de Christ au Jourdain
Christ mené au désert
Les trois tentations
          Première tentation
          Deuxième tentation
          Troisième tentation
          Ordre des tentations dans Luc
Satan
Gethsémané
 

            Dieu a trouvé bon de nous donner trois récits de la tentation de notre Seigneur Jésus. Chaque évangile présente des particularités remarquables, que les autres n’ont pas. Matthieu donne la suite historique de la tentation, tandis que Luc donne l’ordre moral des événements. Considérant qui était Celui qui a été tenté, il nous convient de marcher sur ce terrain avec des pieds déchaussés et d’écouter ce que Dieu nous dit avec une oreille circoncise. Il s’agit d’un Homme véritable, assailli par l’ennemi de Dieu. Il est dit : « Il fut tenté par le diable quarante jours. Et il ne mangea rien pendant ces jours-là ; lorsqu’ils furent achevés, il eut faim » (Luc 4 : 2). Après avoir été quarante jours et quarante nuits sans nourriture, Il eut faim. Alors le tentateur vient ; c’est le tentateur de l’homme, notre tentateur, et ce jour-là le tentateur du Seigneur Jésus. Satan devait penser qu’il ferait à cet Homme ce qu’il avait fait avec le premier homme qu’il avait tenté : le mener à sa perte.
            Nous savons tous que le premier homme a été entièrement vaincu ; il est important de nous souvenir que nous appartenons à une lignée vaincue, une race vaincue par la puissance du tentateur. Mais voici un autre Homme, le second Homme, le dernier Adam (1 Cor. 15 : 45, 47) ; Il n’y en a pas d’autre à venir ; Il n’y a que le premier et le dernier. Le premier était le père de la famille à laquelle nous appartenons par nature. Le second Homme, le Seigneur venu du ciel, le dernier Adam est venu ici-bas avec la perfection morale qui était la sienne comme Homme dépendant et obéissant. Dieu nous permet de voir la victoire de Christ, et la déroute absolue et complète du diable, dans le désert.
            C’est une grande nouvelle pour les pécheurs, une grande nouvelle pour les saints, une grande nouvelle pour les hommes et les femmes comme nous, qui appartenons au premier homme, enfants de cet Adam qui a été incapable d’affronter Satan. Il nous est permis de voir Jésus vaincre complètement l’Ennemi, avant de commencer dans ce monde son ministère d’amour. C’est vraiment une bénédiction pour nous de voir la façon dont l’Esprit de Dieu introduit le Seigneur ici-bas, avant qu’Il commence son ministère public. Celui qui a causé la perte du premier homme, et réduit la terre à la misère par le péché, puis qui a amené la corruption et la violence, pense mettre sa main sur cet Homme béni et saint, mais ce n’est que pour être complètement vaincu. Le diable a tenté Christ exactement comme il nous tente. Il l’a attaqué sur ce qu’il pensait être un point faible. Comme Jésus avait faim – et il n’y avait rien de mauvais dans le fait d’avoir faim – Satan soulève la question de savoir comment Jésus peut obtenir Lui-même du pain pour satisfaire sa faim. Nous verrons que le Seigneur a vaincu le diable par l’obéissance et la dépendance envers Dieu. Il n’y a pas d’autre moyen de remporter la victoire que d’être dans le même sentier que le Seigneur Jésus.


Présentation de Christ au Jourdain

            Le Seigneur commence à être connu publiquement après avoir été baptisé par Jean. Notons qu’au moment d’être baptisé, il est dit qu’Il priait (Luc 3 : 21). C’était un Homme dépendant. Quand Il est sorti de l’eau après son baptême, les cieux se sont ouverts. On les voit ouverts à quatre occasions dans le Nouveau Testament :
                    - ici, quand Dieu regarde sur la terre un Homme qu’Il peut contempler avec plaisir ;
                    - quand Etienne regarde au ciel et y voit ce même Homme, glorifié (Act. 7 : 56) ;
                    - quand Pierre voit un vase descendre comme une grande toile liée par les quatre coins et dévalée en terre, contenant tous les quadrupèdes et les reptiles de la terre, et les oiseaux du ciel, et qui fut aussitôt élevée au ciel (Act. 10 : 11-16) - une signification de cela est qu’il ne peut entrer au ciel que ce que Dieu a purifié. Comment pouvons-nous alors y aller ? C’est une question sérieuse. Il faut l’œuvre de Dieu dans nos âmes, sans laquelle nous ne pourrions pas imaginer aller au ciel. C’est une leçon de ce passage d’Actes 10.
                    - la quatrième fois où le ciel sera ouvert est encore à venir (cf. Apoc. 19 : 11) : ce même Homme va paraître et prendre possession de toutes choses, sur lesquelles Il a des droits, sur la base de ce qu’Il est personnellement comme Fils de l’homme, et sur la base de la rédemption ; car Il a acquis ces droits comme Homme, en entrant dans la mort. C’est ainsi qu’Il prendra possession du royaume du monde. Le diable, dans le désert, proposait de le Lui donner en évitant le sentier de souffrance, mais aux dépens de la vérité et de l’hommage qui était dû à Dieu – hommage que le diable a toujours cherché à détourner pour lui-même. Le Seigneur a refusé la proposition de Satan, au prix de sa vie, béni soit son Nom. Il est allé à la mort, et cette mort nous a délivrés, nous qui croyons, et Lui a permis de nous associer à Lui-même. Grâces à Dieu, Il va bientôt paraître dans le ciel, possesseur de ce qu’Il a refusé de la main du diable ce jour-là, et nous serons avec Lui au jour de sa gloire. Quel grand jour vient pour le monde, quand Christ recevra ses droits !

            Sur les bords du Jourdain, les cieux sont ouverts, et le Père dit : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui j’ai trouvé mon plaisir » (Matt. 3 : 17). Pendant trente ans Il avait vécu retiré à Nazareth, et les hommes n’avaient rien vu de Lui. Encore enfant, à douze ans, Il était monté à Jérusalem et on l’avait trouvé dans le temple, « assis au milieu des docteurs, les écoutant et les interrogeant » (Luc 2 : 46). Puis Dieu laisse tomber un voile sur sa vie, pendant dix-huit ans. Tout ce que nous savons de cette période est que quand Il parut, les hommes dirent : « Celui-ci n’est-il pas le charpentier, le fils de Marie ? » (Marc 6 : 3) Nous pouvons en conclure que le Fils de Dieu, ici-bas sous une forme humaine, a travaillé de ses mains. Que personne ne pense alors que le service ou le labeur soit une chose subalterne à éviter. Le labeur a été ennobli par le chemin de Christ, comme le tombeau a été sanctifié par le fait qu’Il y est entré. Que ce chemin de Christ est merveilleux !
            Maintenant, ces trente années étant écoulées, Jésus paraît sur la scène. Alors que l’Esprit de Dieu, descend sur Lui comme une colombe, le cœur du Père trouve alors son plaisir à dire : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé ». Aux jours de Noé, la colombe sortit de l’arche mais revint parce qu’elle ne trouvait pas de lieu de repos. Pendant 4 000 ans, l’Esprit de Dieu a cherché en vain, sur toute la terre, un homme sans péché, un homme à tous égards selon le cœur de Dieu. Il n’a trouvé aucun lieu de repos. Enfin est venu un Homme sur qui le Saint Esprit a pu descendre et demeurer (Jean 1 : 32). C’est là le lieu de repos que l’Esprit de Dieu a trouvé, un homme convenant à Dieu dans tous les mobiles de son Etre, dans toutes les pensées de son cœur, dans tous les actes de sa vie. Il est venu dans ce monde pour faire la volonté de Dieu ; et Il l’a faite, et a ainsi été gardé quand l’Ennemi est venu à Lui.
            Quelle joie cela a dû être pour Lui d’entendre la voix du Père dire : « Tu es mon Fils bien-aimé ; en toi j’ai trouvé mon plaisir » (Luc 3 : 22). Certains ont parfois des doutes au sujet de la Trinité. Nous la trouvons ici : « L’Esprit Saint descendit sur lui sous une forme corporelle, comme une colombe », et « il y eut une voix qui venait du ciel : Tu es mon Fils bien-aimé ; en toi j’ai trouvé mon plaisir ». Ici, le Fils est un vrai Homme, un Homme dont la seule pensée était de faire la volonté de Dieu. Ceux qui doutent de la Trinité ne progresseront jamais dans la vérité de Dieu. Quand bien même le mot Trinité ne se trouve pas dans l’Ecriture, la vérité contenue dans ce mot s’y trouve. Dieu le Père, Dieu le Fils et Dieu le Saint Esprit sont chacun devant nous dans cette scène. Le Fils était venu ici-bas pour faire connaître le Père. Et dans la puissance de l’Esprit, Il était venu faire l’œuvre par laquelle l’homme est délivré, et Satan absolument vaincu.
            Il est vital d’être au clair sur ce que la Trinité implique et de nous en réjouir. Christ a révélé l’amour du Père. Il s’est incarné afin de révéler Dieu, racheter l’homme, et écraser entièrement la puissance de l’Ennemi. L’Homme qui est sur le trône de Dieu maintenant a vaincu Satan. S’Il n’a pas encore ôté le péché du monde, et si le diable a encore de l’emprise sur l’esprit des hommes, le droit sur toutes choses est néanmoins dans la main de Christ. Il a rencontré Satan au désert et l’a vaincu moralement ; puis sur la croix et dans sa mort, Il a anéantit sa puissance. Maintenant, la rédemption est accomplie et Christ est ressuscité. En conséquence, ceux qui viennent à Lui dans leurs péchés et leur misère, peuvent aller avec le sentiment que leurs péchés sont ôtés, car sur la croix, le Seigneur Jésus a porté les péchés des pécheurs afin de les ôter à jamais. S’Il ne les avait pas ôtés, Il ne pourrait jamais plus le faire parce qu’Il ne mourra pas à nouveau. Ainsi, cette œuvre qui a été faite par cet Homme béni permet à Dieu de nous faire savoir que nos péchés sont effacés. En s’emparant de la vérité de la rédemption révélée à la croix, nous pouvons poursuivre notre route avec un cœur attaché à Christ, en cherchant à faire ce qu’Il a fait parfaitement dans son chemin : la volonté de Dieu.
            Il est dit : « Tu es mon Fils bien-aimé ; en toi j’ai trouvé mon plaisir ». Pourquoi ne trouvons-nous pas ici l’expression « écoutez-le », comme sur la montagne de la transfiguration en Matthieu 17 ? Il semble que dans cette partie de la vie de Christ, l’homme est mis à l’épreuve ; il va sans dire que tous devaient L’écouter. Ne devons-nous pas l’écouter s’Il est le Fils de Dieu ? C’est bien la question. A ce stade, donc, l’expression « écoutez-le » est absente. En Matthieu 17, quand Pierre dit maladroitement : « Faisons ici trois tentes : une pour toi, une pour Moïse et une pour Elie » (v. 4) – Moïse le législateur, Elie le réformateur, et Jésus le Fils de Dieu – il les met au même niveau. Le Père ne pouvait admettre cela. Aussi, Il enlève Moïse et Elie de la scène tandis qu’une nuée les couvre et qu’on entend la voix du Père : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui j’ai trouvé mon plaisir ; écoutez-le » (v. 5).
            Le temps de Moïse et celui d’Elie sont passés, c’est le temps de Jésus. C’est le jour de Jésus ; il faut l’écouter. Que chacun puisse être attiré par Christ, s’attacher à Lui, se confier en Celui qui a fait le plaisir du cœur de Dieu et a vaincu l’Ennemi !


Christ mené au désert

            Ensuite, nous lisons : « Jésus, plein de l’Esprit Saint, revint du Jourdain et fut mené par l’Esprit dans le désert ; il fut tenté par le diable quarante jours » (Luc 4 : 1-2). Notons la différence entre la tentation de Christ et celle d’Adam et d’Eve. Ils étaient dans le paradis, ayant tout ce dont la bonté de Dieu pouvait les entourer, et ils tombèrent. Le Seigneur Jésus n’était pas dans le paradis, mais dans le désert, ayant tout contre Lui. Il est là pendant quarante jours.
            Quels quarante jours nous avons là ! Ce sont, jusque-là, les plus merveilleux de l’Ecriture. Quand Moïse est monté sur le sommet de la montagne, c’était pour passer « quarante jours » avec Dieu. Quand Elie est allé pendant quarante jours avec la force d’une nourriture donnée par Dieu, c’était pour rencontrer Dieu à la fin, et avoir de merveilleuses communications de sa part. Ici, nous avons un Homme qui a toujours marché avec Dieu, et qui est maintenant conduit par le Saint Esprit dans le désert pour avoir quarante jours de combat avec Satan. Cette scène frappante n’est pas rapportée exactement dans les mêmes termes dans chaque passage. Luc dit : « Il fut tenté par le diable quarante jours ». Il ne nous est pas dit quel a été le caractère de cette tentation continue, mais les trois exemples qui sont cités ici suffisent. Il semble que Dieu a jeté un voile sur le caractère de la tentation que le Seigneur a subie de la part de l’Ennemi pendant les quarante jours, mais l’assaut final de celui-ci est rapporté entièrement pour notre profit et notre encouragement.
            Une fois les quarante jours terminés, Jésus eut faim. Alors le tentateur vint, fort de ses quatre mille ans d’expérience pour savoir comment tenter l’homme. Il connaît nos points faibles ! Au fond de tout cœur il y a de la convoitise pour une chose ou une autre. Le diable sait exactement comment y faire appel pour tenter chacun de nous. Avec l’un, c’est par l’amour de l’argent ; avec un autre c’est par quelque convoitise charnelle, peut-être un verre d'alcool ; pour un autre qu’Il sait à deux doigts d’une chute morale, il l’y entraînera en lui présentant un appât. Satan connaît les points faibles de tout chrétien. Il tente les enfants de Dieu parce qu’ils ont échappé à sa domination. On ne peut pas dire qu’il tente les pécheurs, mais il sait comment agir pour leur perte. Il domine effectivement les pécheurs incrédules, car pour de tels il est écrit : « le dieu de ce siècle a aveuglé les pensées des incrédules, pour que la lumière de l’évangile de la gloire du Christ, qui est l’image de Dieu, ne resplendisse pas pour eux » (2 Cor. 4 : 4). Et ainsi il les conduit à la destruction.


Les trois tentations

                        Première tentation

            Voyons comment l’Ennemi assaille Christ qui a faim. « Alors le diable lui dit : Si tu es Fils de Dieu, dis à cette pierre qu’elle devienne du pain » (Luc 4 : 3). Nous pouvons considérer ce mot « si » de deux manières : jeter le doute sur la relation de Jésus avec Dieu, ou L’amener à agir du fait de cette relation. L’audace de Satan est parfois surprenante. Il dit à Jésus : « Si tu es Fils de Dieu ». C’est aussi la manière par laquelle il cherche à nous troubler, en remettant en question le fait que nous soyons un enfant de Dieu. Au Seigneur il dit ici : Si tu es réellement le Fils de Dieu, commande à cette pierre qu’elle devienne du pain. - Autrement dit : Dieu t’a affamé, mais l’occasion est venue pour te soustraire à ses mains, car tu peux faire que cette pierre devienne du pain, et satisfaire ta faim. - Jusque-là, le Seigneur Jésus n’avait apparemment accompli aucun miracle, mais Satan savait qui Il était. Il cherchait à ébranler le Seigneur et à Le faire broncher de la manière la plus spécieuse possible.
            Il n’y a pas de péché dans le fait d’avoir faim ; c’est une chose normale pour l’homme, sur la terre. En devenant un homme, le Fils de Dieu s’est exposé aux vicissitudes de la vie humaine. Ainsi, Il a faim ! Alors Satan lui suggère : Eh bien, sers-toi. - Ecoutons ce que répond Jésus. Il avait dit auparavant : « Voici, je viens ; il est écrit de moi dans le rouleau du livre. C’est mes délices, ô mon Dieu, de faire ce qui est ton bon plaisir » (Ps. 40 : 7-8). Il n’était ici-bas que pour faire la volonté de Dieu, aussi lorsque Satan Lui dit : « Dis que cette pierre devienne des pains », sa réponse est très belle : « Il est écrit que l’homme ne vivra pas de pain seulement, mais de toute parole de Dieu » (v. 4). Notons que le Seigneur Jésus cite non seulement l’Ecriture, mais Il la cite comme étant l’Ecriture. Il ne dit pas seulement : « L’homme ne vivra pas de pain seulement », mais « Il est écrit… ». Il avait un profond respect pour ce que Dieu avait écrit. Remarquons bien cela, parce que de nos jours, certains disent que les livres de Moïse ne doivent pas être reçus, car ce ne sont que des compositions humaines. Souvenons-nous que Christ a vaincu le diable en citant l’un de ces livres. La première citation est tirée du chapitre 8 du Deutéronome et les deux autres du chapitre 6 du même livre. Christ met et remet son cachet sur les écrits de Moïse, affirmant leur authenticité et qu’ils étaient la Parole de Dieu.
            Chers jeunes, sachez que le diable s’active à jeter le doute sur l’Ecriture. Certains disent qu’on ne peut pas se fier à la Parole de Dieu. Regardez au Seigneur, Il en connaissait la valeur et la fiabilité. Ce qu’Il a toujours été, Il l’est resté dans son humanité. Il était le Fils de Dieu incarné, et comme Dieu, Il connaissait parfaitement ce qui était de l’Ecriture et ce qui ne l’était pas. Il prend une position de dépendance, et cite ce verset frappant que Moïse avait dit aux fils d’Israël : « afin de te faire connaître que l’homme ne vit pas de pain seulement, mais que l’homme vivra de tout ce qui sort de la bouche de l’Eternel » (Deut. 8 : 3). Le diable rencontre Jésus dans le désert où Israël avait été, et le tente, comme il les avait tentés. Sa ressource est l’Ecriture, « l’épée de l’Esprit », la Parole de Dieu (Eph. 6 : 17). Il s’en tient à la Parole de Dieu. Il est ici Celui qui est véritablement obéissant et absolument dépendant, et Satan est défait. C’est de cette façon que nous pouvons rencontrer Satan.

                        Deuxième tentation

            Passons maintenant à la deuxième tentation donnée par Matthieu. Satan est très rusé et a une grande sagacité. S’il est défait par notre dépendance de Dieu, il reviendra encore à nous. S’il ne peut entrer par la porte principale, il essaiera de revenir par la porte de derrière. Et il reviendra probablement avec un texte de l’Ecriture, puisqu’il voit que nous y croyons. Il en est ainsi ici. « Alors le diable le transporte dans la ville sainte, et le place sur le faîte du temple, et lui dit : Si tu es Fils de Dieu (remarquons de nouveau le « si »), jette-toi en bas, car il est écrit : Il donnera des ordres à ses anges à ton sujet, et ils te porteront sur leurs mains, de peur que tu ne heurtes ton pied contre une pierre » (Matt. 4 : 5-6). Cette citation tronquée est tirée du Psaume 91 qui décrit le chemin du Seigneur comme Messie. Que dit ce Psaume. Il commence ainsi : « Celui qui habite dans la demeure secrète du Très-haut logera à l’ombre du Tout-puissant » (v. 1). C’est un oracle qui décrit ce que Christ serait comme Messie sur la terre. Il dit ensuite : « J’ai dit de l’Eternel : Il est ma confiance et mon lieu fort ; il est mon Dieu, je me confierai en lui » (v. 2) et effectivement l’Eternel était son refuge. Alors l’Esprit s’adresse au Messie ainsi : « Car il te délivrera du piège de l’oiseleur, de la peste calamiteuse » (v. 3). Ici, dans cet épisode de la tentation au désert, on voit l’oiseleur tendre un piège.
            Plus loin dans le Psaume, il est dit : « Parce que toi tu as mis l’Eternel, mon refuge, le Très-haut, pour ta demeure, aucun mal ne t’arrivera, et aucune plaie n’approchera de ta tente » (v. 9-10). Notons bien ce qui suit : « Car il commandera à ses anges à ton sujet, de te garder en toutes tes voies : ils te porteront sur leurs mains, de peur que tu ne heurtes ton pied contre une pierre » (v. 11-12). Satan n’a pas cité la totalité du verset ! Il a omis ces quatre mots « en toutes tes voies ». Ah, combien l’Ennemi est rusé ! Il suggérait ceci au Seigneur : Il est clair que cette promesse de l’Ecriture s’applique à toi, voilà l’occasion pour que tu le montres. - Et il Lui suggère de se jeter du faîte du temple. En montrant que l’Ecriture s’appliquait à Lui, Il ferait de Lui-même un centre d’intérêt pour les hommes.
            Cependant ce n’est jamais le chemin pour un saint de mettre Dieu à l’épreuve ; aussi le Seigneur Jésus dit : « Il est encore écrit : Tu ne tenteras pas le Seigneur ton Dieu » (Matt. 4 : 7), citant cette fois Deutéronome 6 : 16. A-t-on besoin de mettre Dieu à l’épreuve pour savoir qu’Il nous aime et qu’Il prend soin de nous ? Non. C’était là le but de cette tentation du Seigneur. Si Satan Lui suggère ce passage, tronquant l’Ecriture audacieusement, la dépendance du Seigneur envers Dieu Le garde, comme Il le dit : « Tu ne tenteras pas le Seigneur ton Dieu ».
            Satan pensait avoir un solide argument avec le Seigneur, mais quand le cœur est droit, il est toujours gardé. Il n’y avait dans le cœur de Jésus que le désir de faire la volonté de Dieu, et Il était maintenu dans la plus belle et parfaite confiance en Dieu. Son attitude montre qu’il n’était pas nécessaire pour Lui de mettre Dieu à l’épreuve. Homme béni, parfait et saint, Il connaissait le cœur et l’amour de Dieu. Il se confiait en Dieu ! Cela le préserve du piège de l’oiseleur, et l’Ennemi est totalement battu. Ainsi, pour nous, le seul moyen de battre l’Ennemi, c’est de mettre notre confiance en Dieu et, dans l’humilité, de citer l’Ecriture qui alors devient l’épée de l’Esprit par laquelle l’ennemi de nos âmes est chassé.

                        Troisième tentation

            Mais si Satan est battu deux fois, il reviendra ; et il vient une troisième fois vers le Seigneur. « Le diable le transporte sur une très haute montagne ; il lui montre tous les royaumes du monde et leur gloire, et lui dit : Tout cela, je te le donnerai si, te prosternant, tu me rends hommage » (Matt. 4 : 8-9). Combien d’hommes sont tombés et ont adoré Satan, ne serait-ce qu’un peu ! Le dieu de ce siècle trompe facilement les hommes. Ici, en montrant à Christ tous les royaumes du monde et leur gloire, Satan propose de les Lui donner, s’Il se prosterne et lui rend hommage. Il sait que les hommes aiment la gloire, le pouvoir et l’autorité. Mais Christ est le seul qui en soit digne ; c’est à Lui seul que ces choses sont attribuées, dans les cantiques entendus dans l’Apocalypse. Tous ces attributs sur lesquels les hommes mettent tant l’accent pour s’exalter eux-mêmes, les voix célestes, dans un élan universel, les rendront bientôt à Jésus, disant : « Digne est l’Agneau qui a été immolé de recevoir la puissance, et richesse, et sagesse, et force, et honneur, et gloire, et bénédiction » (Apoc. 5 : 12). Beaucoup d’hommes ont détenu ces choses et en ont abusé ; mais finalement, un seul Homme sera estimé digne de tenir le sceptre du pouvoir : c’est Celui qui a d’abord vaincu Satan dans le désert, puis qui a été cloué sur la croix pour expier le péché et sauver des pécheurs. C’est notre joie d’anticiper ce jour et de dire dès maintenant que seule la main de Christ est digne de tenir le sceptre de l’autorité et du pouvoir.
            Notons la ruse de l’Ennemi en s’efforçant de détourner le Seigneur. Satan, qui est une créature, cherche à obtenir pour lui-même ce qui est dû à Dieu seul. Mais chaque tentation révèle une beauté particulière de Jésus. Dans un langage simple, l’obéissance se manifeste dans la première tentation, la dépendance marque la deuxième, et la fidélité du cœur de Jésus à Dieu est mise en évidence dans la troisième. L’homme doit adorer Dieu seul, par conséquent Il dit : « Va-t’en, Satan, car il est écrit : Tu rendras hommage au Seigneur ton Dieu, et tu le serviras lui seul » (v. 10). Alors Satan Le laisse ; il est maintenant vaincu, défait et battu.

                        Ordre des tentations dans Luc

            Il est important de remarquer l’ordre différent dans lequel les trois tentations sont consignées dans Matthieu et dans Luc. Matthieu nous donne l’ordre historique et Luc l’ordre moral. L’ordre historique montre que lorsque le Seigneur ordonne à Satan de partir, il obéit à Sa parole et Le laisse. Dans Luc, la tentation sur la haute montagne vient en second. L’Esprit de Dieu consigne ceci : « Jésus lui répondit : Il est écrit : Tu rendras hommage au Seigneur ton Dieu, et tu le serviras lui seul » (Luc 4 : 8). Remarquons que les paroles : « Va-t’en, Satan » ne sont pas mentionnées. Il s’avère que des versions de la Bible issues de celle des Elzévirs (la KJV anglaise entre autre), contiennent par erreur cette parole : « Va arrière de moi, Satan » qui est adressée à Pierre en Matthieu 16 : 23. Cette erreur doit être due à quelque copiste qui en recopiant un manuscrit a dû juger que le copiste précédent avait omis dans Luc les paroles : « Va-t’en, Satan », qui se trouvent justement dans Matthieu 3 : 10. Cependant, comme Luc l’a écrit, aucun commandement de partir n’ayant été donné à Satan, la tentation suivante survient, selon l’ordre moral, sans que cela donne la fâcheuse apparence que Satan est insoumis à Christ.
            Que veut dire « ordre moral » ? C’est l’ordre dans lequel les tentations de Satan nous atteignent habituellement, comme elles ont d’abord atteint Eve et tout le monde depuis. Il est écrit : « La femme vit que l’arbre était bon à manger » (la convoitise de la chair), « et qu’il était un plaisir pour les yeux » (la convoitises des yeux), « et que l’arbre était désirable pour rendre intelligent » (l’orgueil de la vie) ; « et elle prit de son fruit et en mangea ; et elle en donna aussi à son mari pour qu’il en mangeât avec elle, et il en mangea » (Gen. 3 : 6). Cet ordre est analogue à celui des tentations du Seigneur données par Luc, et le même que ce que l’Esprit de Dieu décrit ainsi : « Tout ce qui est dans le monde - la convoitise de la chair, la convoitise des yeux, l’orgueil de la vie - n’est pas du Père, mais est du monde » (1 Jean 2 : 16). Pauvre monde ! Sa nature n’est après tout que convoitise et orgueil. La convoitise cherche ce que l’on ne possède pas, l’orgueil est l’exaltation du moi à cause de ce que l’on possède. Ces principes modèlent et poussent le monde, loin de Dieu.
            Il n’y avait rien de cela en Jésus, aussi quand Satan cherchait à Le tenter au sujet des pains, qui feraient appel en nous à « la convoitise de la chair », il était déjoué. De même pour « la convoitise des yeux », il en était absolument exempt, et bien qu’Il ait vu les royaumes de la terre, cela ne L’attirait pas. En outre, se jeter du parapet du temple, être indemne, et devenir un objet d’admiration, ne présentait pas de charme pour Lui, car « l’orgueil de la vie » qui pourrait nous conduire facilement à agir dans ce sens, n’avait pas de place en Lui. Il était l’Homme béni, parfait, humble, dépendant, obéissant, pour qui, faire la volonté de Dieu était sa nourriture et ses délices (Jean 4 : 34) ; en la faisant, Il a échappé au piège de l’oiseleur et a entièrement vaincu l’ennemi de Dieu et de l’homme. Puissions-nous tous nous rappeler que « le monde s’en va, lui et sa convoitise, mais celui qui fait la volonté de Dieu demeure éternellement » (1 Jean 2 : 17).
            Jésus est vu ici comme le Vainqueur moral du Malin qui a trompé tous les hommes sauf Lui. Par la dépendance et l’obéissance, Il l’a vaincu et mis en déroute. A la fin des quarante jours de la tentation, quand Jésus a enfin dit : « Va-t’en, Satan », il a obéi et s’est retiré d’avec Lui. Quelqu’un dira : C’est parce que c’était Christ. - Certes, mais n’oublions pas qu’il est écrit : « Résistez au diable, et il fuira loin de vous » (Jac. 4 : 7). Emparons-nous de ceci : Satan est un ennemi battu et vaincu. Nous ne pouvons pas le vaincre, mais le Seigneur l’a fait, et Il partage sa victoire avec nous.
            Ensuite nous lisons : « Et voici, des anges s’approchèrent, et ils le servaient » (Matt. 4 : 11). Cette scène est touchante. Des anges avaient surveillé cette scène du désert avec le plus profond intérêt. Ils ont vu un Homme qui ne s’en est pas sorti aux dépens du caractère de Dieu ; quand le temps d’épreuve a été terminé et que Satan a été entièrement mis en déroute, les anges vinrent et Le servirent. Nous ne savons pas ce qu’ils ont apporté dans leurs mains, mais ils L’ont servi. Quelqu’un dira encore : C’est parce que c’était Christ. - Certes, mais n’oublions pas qu’il est écrit au sujet des anges : « Ne sont-ils pas tous des esprits administrateurs, envoyés pour servir en faveur de ceux qui vont hériter du salut ? » (Héb. 1 : 14). Nous ne saisissons peut-être que faiblement que nous sommes les objets du ministère angélique.
            Dans les évangiles, les anges paraissent souvent en relation avec Christ. Ils prédisent son incarnation (Luc 1 : 30-33). Ils annoncent sa naissance (Luc 2 : 9-12). Lors de la victoire de Jésus sur Satan, ils Lui apportent ce qui Lui convenait à ce moment-là (Marc 1 : 13). Ils fortifient le Seigneur à l’heure de sa profonde souffrance à Gethsémané (Luc 22 : 43). Ils roulent la pierre de sa tombe, s’asseyent sur elle, et annoncent sa résurrection (Matt. 28 : 2 ; Jean 20 : 12). Quand Il reviendra sur la terre, ils seront ses heureux accompagnateurs (Matt. 16 : 27 ; 2 Thes. 1 : 7).


Satan

            Certains ne croient pas que Satan est un être. Or le fait même qu’on ne croit pas à son existence, le réjouit plus que tout. Ceux qui y croient ne peuvent que le craindre. Nous croyons bien que Christ est une Personne. Il est le Fils de Dieu, Il est un homme sans péché, Il est le Sauveur. Qu’est Satan, alors, s’il n’est pas un être ? Si nous croyons en un Sauveur parfait, n’affirmons pas que le diable n’est pas un être, sinon nous supprimons en même temps le Sauveur en tant que Personne. Les deux vont ensemble. Beaucoup disent aujourd’hui : Satan est la propension au mal qu’on trouve dans le cœur de l’homme. - Si c’est le cas, le péché y est donc associé. Or Christ a été tenté par le diable. Avait-Il des propensions au mal ? Non, certes. Comment alors a-t-Il été tenté par le diable ? Si Christ a été tenté par le diable, et que le diable soit la propension au mal dans le cœur de l’homme, alors Il doit avoir eu cette propension au mal, puisque l’Ecriture affirme qu’Il a été tenté par le diable. Mais dans ce cas, Il ne serait pas parfait, et Il ne serait pas un homme vraiment saint. Voilà où mènent de telles idées fausses quant à Satan. Elles mènent à nier entièrement le fait que Christ puisse être un Sauveur, parce que s’Il a des propensions au mal dans son cœur, il doit avoir une nature déchue puisque du coeur sont « les issues de la vie » (Prov. 4 : 23). Or un homme qui a une telle nature ne peut pas nous sauver. Un tel Christ ne peut pas répondre au cas de l’homme. De tels arguments ont supprimé et le diable et Christ, et l’homme reste un pécheur dans ses péchés, sur la route vers l’enfer, pour y trouver qu’il y a bel et bien un diable dont il sera le compagnon pour l’éternité.
            Par ailleurs, nous insistons sur le fait qu’il y a un Christ, et que ceux qui persistent dans leur triste et terrible condition actuelle, ne le rencontreront plus qu’une fois, pour recevoir de ses mains le jugement mérité. Ceux-ci peuvent dire : Je ne crois pas au jugement. - Satan est assez habile pour les empêcher de croire aussi cela. Beaucoup disent : Non, Dieu n’a pas préparé d’enfer pour les hommes, ni de feu éternel. - Le Seigneur Jésus dira : « Allez-vous-en loin de moi, maudits, dans le feu éternel qui est préparé pour le diable et ses anges » (Matt. 25 : 41). Ceux-ci n’auront pas la compagnie de l’Homme de Dieu pendant l’éternité, mais celle de l’ennemi de Dieu. Ils ne passeront pas l’éternité avec Christ qui a vaincu le diable, et qui veut délivrer et sauver l’homme par la foi en son sang, mais ils la passeront avec celui qui les a trompés. Satan aura trompé les hommes de tout temps (voir 1 Tim. 2 : 14 ; Apoc. 20 : 3, 8-10). Cher lecteur, il vaut mieux s’éveiller à la vérité maintenant, prendre votre place comme un pauvre pécheur perdu, bon à rien et ruiné, et laisser le Fils de Dieu, cet Homme Vainqueur de Satan, vous bénir et vous sauver.
            A la fin du chapitre 4 de Matthieu, Satan étant vaincu, Christ paraît pour bénir et délivrer l’homme : « Jésus parcourait toute la Galilée, enseignant dans leurs synagogues, proclamant l’évangile du royaume et guérissant toute maladie et toute infirmité parmi le peuple » (v. 23). En termes clairs, c’est l’accomplissement de ce passage frappant de l’évangile de Luc : « Quand l’homme fort, équipé de ses armes, garde son palais, ses biens sont en sûreté ; mais s’il en survient un plus fort que lui qui le vainque, il lui ôte son armure dans laquelle il se confiait, et fait le partage de ses dépouilles » (Luc 11 : 21-22). Que signifie ce verset ? Satan est l’homme fort, et il est armé de tout ce qui peut asservir son vassal, l’homme. Cet homme fort garde son palais. Son armure est la connaissance qu’il a de la faiblesse de l’homme, une arme qu’il a bien appris à utiliser en troublant et en dominant l’homme. Son palais est le monde. Ses biens sont les pécheurs. Tant qu’il les domine, ils sont en paix. Ceux qui n’ont jamais été angoissé quant à leur âme, qui sont insouciants et paisibles, qui ne croient pas à l’existence de Satan, ne font qu’illustrer cette vérité.
            Mais il y a un Homme plus fort : Celui qui a vaincu Satan, et l’a lié moralement dans le désert. Il lui a ôté son armure. Christ est venu délibérément dans le camp du diable : « C’est pour ceci que le Fils de Dieu a été manifesté : pour qu’il détruise les œuvres du diable » (1 Jean 3 : 8). Il est venu ici-bas pour réfuter le mensonge du diable, qui disait que Dieu n’aimait pas les hommes. Dieu est amour et Il a livré son propre Fils à la mort pour nous - un prix très élevé.


Gethsémané

            Quand le diable a quitté Christ dans le désert, Luc dit que c’était « pour un temps » (4 : 13). Satan a de nouveau croisé le chemin de Jésus au jardin de Gethsémané. A propos de cette attaque, le Seigneur a dit à ses disciples : « Le chef du monde vient ; et il n’a rien en moi » (Jean 14 : 30). Bien qu’il ait été vaincu par Jésus lors de la rencontre précédente, le diable vient encore à Lui dans le jardin, nullement intimidé. Il Lui a alors manifestement présenté une mort horrible comme conséquence de Son chemin, s’Il ne s’arrêtait pas. Quelle a été l’attitude de Christ ? Nous lisons que, « durant les jours de sa chair », Christ a « offert, avec de grands cris et avec larmes, des prières et des supplications à celui qui pouvait le sauver de la mort ». Il a été « exaucé à cause de sa piété » (Héb. 5 : 7). Son agonie a été si profonde alors, que « sa sueur devint comme des grumeaux de sang qui tombaient sur la terre » (Luc 22 : 44).
            Satan Lui a sans doute suggéré de s’arrêter et de ne pas boire cette coupe, car elle Lui coûterait la vie et l’abandon de Dieu. Jésus a examiné la coupe et en a mesuré le contenu : tout le jugement de Dieu contre le péché. La boire, signifiait être abandonné de Dieu, être rejeté, sur la croix. Non seulement Il subirait la souffrance physique et la douleur que les hommes pourraient Lui infliger quand ils L’ont cloué sur la croix, mais le sentiment qu’Il devait inévitablement être séparé de Dieu. Aussi, quand Il a regardé la coupe, Il a dit : « Père, si tu voulais faire passer cette coupe loin de moi ! Toutefois, que ce ne soit pas ma volonté mais la tienne qui soit faite » (Luc 22 : 42). Il savait que s’Il ne buvait pas cette coupe du jugement sur la croix, nous aurions à la boire pour l’éternité. S’Il ne buvait pas la coupe à notre place, il n’y aurait pas de délivrance, pas de salut, pas de pardon, pas de purification possible pour nous. En regardant cette coupe, dans toute la parfaite sainteté de son Etre, Jésus était rebuté par elle au plus haut point. Mais Il l’a prise, et l’a bue jusqu’à la lie dans la perfection de son amour ; Bien-aimé Sauveur ! Que chaque racheté puisse s’écrier : Alléluia, je suis sauvé, sauvé par ta mort, Seigneur Jésus ! - Nous sommes sauvés parce qu’Il a bu la coupe de la colère de Dieu jusqu’à la lie, afin que, dans son tendre amour et sa justice divine, Il puisse mettre la coupe du salut de Dieu entre nos mains et la porter à nos lèvres. Puissions-nous dire avec joie : « Qu’est-ce que Dieu a fait ? » (Nom. 23 : 23).
            Ce n’est pas tout. Si Jésus est mort pour nous sauver, Il vit maintenant pour nous secourir. « Car nous n’avons pas un souverain sacrificateur incapable de compatir à nos faiblesses, mais nous en avons un qui a été tenté en toutes choses de façon semblable à nous, à part le péché » (Héb. 4 : 15). Cela évoque ce que nous avons considéré : la tentation dans le désert. Maintenant, Il est capable de nous secourir. « Car, du fait qu’il a souffert lui-même, étant tenté, il est à même de secourir ceux qui sont tentés » (Héb. 2 : 18). Il est capable de sauver, Il est capable de secourir, et Il est capable de compatir. Notons bien ce verset : « De là vient aussi qu’il peut sauver entièrement ceux qui s’approchent de Dieu par lui : il est toujours vivant afin d'intercéder pour eux » (Héb. 7 : 25). Quelle en est la signification ? Ce grand souverain sacrificateur, qui est maintenant à la droite de Dieu, comprend parfaitement tout le chemin du chrétien ici-bas, car Il l’a parcouru Lui-même. Il s’est chargé de toutes nos douleurs dans sa vie afin qu’Il puisse compatir, et Il s’est chargé de tous nos péchés dans sa mort afin qu’Il puisse sauver. Maintenant là-haut, Il peut secourir et délivrer parfaitement son peuple. Hébreux 4 : 15 fait allusion à la tentation dans le désert, et Hébreux 5 : 7 nous présente l’agonie dans le jardin, quand Il a considéré la coupe, en a été rebuté, mais l’a bue.
            Pour Lui, alors, c’était « des prières et des supplications ». Notons ce que l’apôtre relie à la prière et à la supplication, pour nous : « Ne vous inquiétez de rien, mais, en toutes choses, exposez vos requêtes à Dieu par des prières et des supplications avec des actions de grâces » (Phil. 4 : 6). Grâces à Dieu. Les prières et les supplications de Christ étaient associées à de grands cris et à des larmes, les nôtres sont associées à des actions de grâces, car sa mort et sa résurrection nous ont amenés dans la paix, la liberté et le repos devant Dieu.
            Qui ne voudrait avoir ce Bien-aimé comme Sauveur, Seigneur et Ami ? Qui ne chercherait pas à Le suivre ? Il est l’auteur du salut éternel pour tous ceux qui Lui obéissent, car Il a vaincu Satan et l’a dépouillé de ses biens. Nous étions autrefois serviteurs et esclaves du diable. Mais le Seigneur nous a recueillis, nous a sauvés, nous a purifiés, a rempli nos cœurs de paix et de joie, et nous a donné le privilège de parler de Lui-même aux autres.
            Quelle merveille que la grâce ! Elle prend des vases de la puissance de Satan, les délivre, les purifie puis y dépose des dons spirituels par lesquels d’autres peuvent être secourus. Christ est monté au ciel pour envoyer ici-bas le Saint Esprit annoncer la glorieuse nouvelle que ceux qui croient sont délivrés de la puissance de Satan et amenés des ténèbres à la lumière. C’est là la valeur de la prédication. Le prédicateur présente les simples bonnes nouvelles de l’amour de Jésus et de la valeur de son sang. Quiconque croit et se décide pour Christ, reçoit de Dieu son Esprit qui fait de lui le moyen de la bénédiction pour d’autres. C’est le chemin que présente l’évangile. Ceux qui reçoivent l’évangile pour eux-mêmes, sont contraints par son amour pour aller dire aux autres ce que Jésus a fait pour eux. Comme l’homme dont Jésus a ouvert les yeux, nous pouvons dire : « Je sais une chose, c’est que j’étais aveugle, et que maintenant je vois » (Jean 9 : 25). C’est Jésus qui a opéré cette merveille. Cher lecteur, croyez en Jésus, puis allez dans votre maison et dites à vos proches : J’ai trouvé le Seigneur, Je suis délivré. Je suis libéré. Son sang a lavé tous mes péchés.
            La bonne nouvelle n’est pas seulement que Christ a vaincu Satan moralement quand Il a été tenté dans le désert, mais qu’Il est descendu dans la mort et y a détruit sa puissance. De plus, Il est ressuscité, Il est à la droite de Dieu, triomphant, et le diable le sait bien. Cela nous donne la paix. L’Homme qui a vaincu Satan moralement dans le désert, alors qu’Il s’en retournait à Dieu, nous a tracé un chemin pour l’accompagner, et nous a ouvert l’accès à la présence de Dieu, par sa mort et sa résurrection. En mourant, Il a dit : « C’est accompli » (Jean 19 : 30). Une fois ressuscité, Il a dit : « Paix à vous ! » (Jean 20 : 19, 21). Le Saint Esprit est descendu pour nous dire que le Vainqueur est dans la gloire, et celui qui croit en Lui partage sa victoire et son butin.
            Cher lecteur, si vous ne vous êtes pas encore décidé pour Christ, croyez en Lui et confessez-Le maintenant. Vous pourrez traverser joyeusement ce monde et dire : Venez, voyez un Homme qui a vaincu Satan, qui a porté tous mes péchés, qui m’a sauvé pour toujours, et qui maintenant remplit mon cœur de paix et de joie. Son nom est Jésus. - Si c’est le cas, Dieu fera de vous un moyen de bénédiction pour les autres. Puisse-t-Il vous l’accorder à cause de son Nom.

 

Extrait et adapté de la traduction de l'ouvrage : "Les quarante jours de l'Ecriture" (W.T.P. Wolston)

 

A suivre