Les marques du Seigneur Jésus

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LES « MARQUES » DU SEIGNEUR JESUS
 

La conversion de Paul et le début de sa vie pour Christ
La formation de Paul, ses premières épreuves
Les « marques du Seigneur » dans le corps de Paul (Gal. 6)
L'oreille percée du serviteur hébreu (Ex. 21)

 

            A la fin de l'épître aux Galates, l'apôtre Paul évoque les persécutions et les mauvais traitements qu'il a endurés dans son service pour Christ en disant : « Désormais, que personne ne vienne me troubler, car moi je porte en mon corps les marques du Seigneur Jésus » (6 : 17). Nous rappellerons d'abord brièvement comment cet homme, Saul de Tarse, un ardent persécuteur des chrétiens, a été converti et choisi pour porter le nom du Seigneur devant les nations, les rois et les fils d’Israël, mais avant tout pour souffrir pour Christ (Act. 9 : 15-16). Puis nous nous arrêterons un peu sur les souffrances traversées, à la gloire de Dieu, par ce fidèle témoin. Animé par son amour ardent, il a suivi de près et servi continuellement Celui qui a tant souffert pour nous - le grand Modèle (1 Pier. 2 : 21). Et il exhortait tous ses frères qu’il aimait tant : « Soyez mes imitateurs, comme moi aussi je le suis de Christ » (1 Cor. 11 : 1 ; 2 Cor. 12 : 15).

 

La conversion de Paul et le début de sa vie pour Christ

            Le Seigneur voulait que son disciple Ananias, de Damas, se rende au chevet d’un homme appelé Saul. Ananias lui répond : « Seigneur, j’ai entendu beaucoup de personnes dire, à propos de cet homme, tout le mal qu’il a fait à tes saints dans Jérusalem ; et ici il a pouvoir, de la part des principaux sacrificateurs, de lier tous ceux qui invoquent ton nom » (Act. 9 : 13-14). Il est clair que ce disciple n’avait pas eu le temps d’apprendre l’immense changement intervenu dans la vie de Saul, sur la route qui, justement, le conduisait à Damas.
            Saul, le futur apôtre Paul, raconte lui-même la scène : « Vers midi, tout à coup, une grande lumière, venant du ciel, brilla comme un éclair autour de moi. Je tombai à terre et j’entendis une voix qui me disait : Saul ! Saul ! Pourquoi me persécutes-tu ? Et moi, je répondis : Qui es-tu, Seigneur ? Il me dit : Je suis Jésus le Nazaréen que tu persécutes… Et je dis : Que dois-je faire, Seigneur ? Le Seigneur me dit : Lève-toi, va à Damas ; là on te parlera de tout ce qu'il t’est ordonné de faire. Mais, comme je ne distinguais rien, à cause de l’éclat de cette lumière, j’arrivai à Damas, conduit par la main de mes compagnons » (Act. 22 : 6-11). C’est là que Saul se trouvait, toujours aveuglé, dans la maison d’un certain Judas. Il venait de rester trois jours sans voir, sans manger ni boire (Act. 9 : 9).
            Le Seigneur sait tout ce qui se passe dans chacune de nos consciences et chacun de nos cœurs. Il nous suit de ses yeux (Héb. 4 : 13). Il révèle à Ananias que Saul est en prière. Un travail profond s’est opéré chez celui qui affirmera plus tard qu’il était « le premier » des pécheurs, « un blasphémateur, un persécuteur et un violent » (1 Tim. 1 : 13-15).
            Saul, dans une vision, voit un homme nommé Ananias entrer et lui imposer les mains pour qu’il retrouve la vue (Act. 9 : 12). Le Seigneur dit à son disciple Ananias : « Va ; car cet homme est un instrument que je me suis choisi » (v. 15). Ces « confidences » du Seigneur à l’un des siens - dont Il connaissait la fidélité - résumaient de façon remarquable ce que serait la carrière chrétienne de ce cher apôtre. Il a pu dire, en toute vérité : « Pour moi, vivre, c’est Christ » (Phil. 1 : 21). En écrivant plus tard aux Galates, Paul rendra ce témoignage : « Il plut à Dieu, qui m'a mis à part dès le ventre de ma mère et qui m’a appelé par sa grâce, de révéler son Fils en moi, afin que je l’annonce parmi les nations… » (Gal. 1 : 15-16).
            
Ananias part donc faire cette visite et le Saint Esprit qui est en lui, lui donne au fur et à mesure de leur entretien les paroles convenables pour s’adresser à cet homme désorienté. Paul avait dû réaliser que tous ses plans s’étaient effondrés en un instant dans sa vie. Ananias commence par lui dire : « Saul, frère, le Seigneur, Jésus qui t’est apparu dans le chemin par où tu allais, m’a envoyé pour que tu retrouves la vue et que tu sois rempli de l’Esprit Saint » (Act. 9 : 17b).
            Aussitôt, il tombe des yeux de Saul comme des écailles et il recouvre la vue. Il se lève et il est baptisé. Il mange et reprend des forces. Il restera quelque temps à Damas avec les disciples et aussitôt se mettra à prêcher Jésus dans les synagogues, disant qu’Il est le Fils de Dieu ! Tous ceux qui l’entendent sont stupéfaits.
            S'agit-il bien de ce Saul qui auparavant faisait tant de ravages à Jérusalem parmi ceux qui invoquaient le nom du Seigneur ? Chacun savait qu’il était venu à Damas tout exprès pour lier les chrétiens et les ramener aux principaux sacrificateurs à Jérusalem (v. 18-21). Mais à l’évidence Saul se fortifiait de plus en plus et confondait les Juifs qui demeuraient à Damas, en démontrant que Jésus était le Christ. Il s’appuyait certainement sur les Ecritures de l’Ancien Testament. Il les connaissait fort bien, ayant été instruit aux pieds de Gamaliel, un célèbre docteur en ce temps-là (Act. 22 : 3).

 

La formation de Paul, ses premières épreuves

            De grandes épreuves vont émailler la carrière désormais chrétienne de cet apôtre : dès ce moment, et souvent ensuite, les Juifs se concerteront pour le tuer ! Ils surveillent les portes de la ville, jour et nuit, dans cette intention. Mais leur complot est découvert par les disciples. Ils prennent Saul, de nuit, et le font descendre le long de la muraille, dans une corbeille ! Ainsi, de façon inattendue et plutôt humiliante, il échappe à ses persécuteurs (v. 22-25 ; 2 Cor. 11 : 32-33).
            Durant les trois années suivantes, Saul va être enseigné de la part de Dieu qui « lui parle au cœur ». Il se trouve avec Lui d’abord dans le désert d’Arabie (Gal. 1 : 17 ; Osée 2 : 14), puis Saul revient à Tarse, sa ville natale. La Parole ne dévoile rien concernant cette période de sa vie. Elle semble s’être déroulée entre les versets 25 et 26 de ce chapitre 9 des Actes.
            C’est au cours d’entretiens intimes qu’il « reçoit du Seigneur » ce que l’on a appelé la « doctrine de Paul ». Elle porte essentiellement sur quatre points de grande importance : le corps de Christ (Eph. 3) ; son unité (1 Cor. 10 : 17) ; la première résurrection (1 Cor. 15 : 51-57) et l’enlèvement des saints, à la venue du Seigneur sur la nuée (1 Thes. 4 : 15-18).
            Un grand désir de Saul était de retourner dès que possible à Jérusalem ; cette ville a toujours occupé une place à part dans ses affections. Il s’y rend et cherche, sans succès, à se joindre aux disciples de Christ. Tous le craignaient, ne pouvant pas arriver à croire qu’il soit devenu un vrai disciple. Dieu se sert de Barnabas, un autre serviteur (voir 4 : 36-37). Avec une vive affection agissante pour Saul, il le conduit auprès des apôtres et il leur explique dans quelles circonstances cet homme a vu le Seigneur, qui lui a parlé de façon solennelle. Après cet entretien, tout change dans l’accueil jusqu’ici réservé à cet ancien tortionnaire. Ils ne doutent plus que Saul soit un enfant de Dieu et lui-même se met aussitôt à parler ouvertement au nom du Seigneur à Jérusalem, exactement comme il l’avait déjà fait à Damas (9 : 26- 27).
            Ainsi un heureux témoignage, donné par un frère qui a leur confiance, convainc les disciples de recevoir Saul ; il est désormais l’un d’entre eux ! Il entre en discussion avec les Hellénistes, qui, à leur tour, cherchent à le faire mourir.
            
Les frères prennent soin de Saul et le conduisent à Césarée. De là, il retournera à Tarse. A ce moment-là, dans ce livre des Actes, le Saint Esprit s’occupe à nouveau du service confié par Dieu à l’apôtre Pierre. Celui-ci est appelé par Dieu à quitter Joppé pour se rendre à Césarée chez le centurion Corneille. Il y annonce le salut offert à quiconque, au milieu des nations, confesse ses péchés, se repent et croit en l’œuvre de Christ (9 : 28-30 à 11 : 25). Le chemin est ainsi désormais ouvert au ministère de l’apôtre Paul, « l’apôtre des nations ».
            Les voies de Dieu ne sont pas les nôtres ! Pour nous « faire du bien à la fin » (Deut. 8 : 16), Il peut commencer par détruire nos plans (Job 17 : 11). Sous sa main d’amour, nous apprenons à devenir plus patients.
            Ce n’est que 14 ans plus tard que les frères à Antioche, conduits par le Saint Esprit, lui donneront, en même temps qu’à Barnabas, la main d’association dans le service que le Seigneur lui a confié (Act. 13 : 1-3). Cette assemblée est ainsi le point de départ de l’œuvre que Paul poursuivra parmi les nations.
            Ces deux serviteurs partent, accompagnés des prières de l’assemblée. C’est le premier voyage missionnaire pour celui qui est désormais appelé Paul, c'est-à-dire « petit ». Conduit par le Saint Esprit, cet apôtre avertit un « fils du diable », Elymas, qu’il sera aveugle pour un temps, suite à son opposition violente à l’œuvre de Dieu - cette cécité survient instantanément (Act. 13 : 9).
            Ce voyage de Paul sera suivi de deux autres dont parle aussi Luc ; ensuite, à deux reprises, semble-t-il, Paul - appelé le « prisonnier de Jésus Christ » - est captif des Romains et il y subira probablement le martyr, du temps de l’empereur Néron. Bientôt, il lui sera donné la couronne de justice que le Seigneur lui a réservée (2 Tim. 4 :6-8) !

 

Les « marques du Seigneur » dans le corps de Paul (Gal. 6)

            Avant de conclure son épître aux Galates par une bénédiction : « Que la grâce de notre Seigneur Jésus-Christ soit avec votre esprit, frères ! Amen », Paul parle des « marques du Seigneur Jésus » qu'il porte sur son corps. Ce mot « marques » désigne probablement des « cicatrices » que Paul avait sur son corps, conséquences visibles des souffrances endurées au cours de son service pour son Maître.
            Les cicatrices, souvent indélébiles, s’installent au moment où des plaies guérissent. Un tissu fibreux remplace une « perte de substance osseuse ou suit une lésion inflammatoire ». On parle plutôt de « stigmates » quand il y a eu coupure ou écorchure à l'origine.
            Dans ce verset, l’apôtre fait un reproche aux Galates, ce qui est inhabituel de sa part. Il a eu « comme serviteur de Dieu », une grande patience dans les tribulations, dans les détresses, sous les coups, dans les prisons, dans les désordres, dans les labeurs, dans les veilles (2 Cor. 6 : 4-5). Mais il avait dû faire face ici à un péché d’ordre doctrinal. Ces péchés-là ont en général de sérieuses conséquences ! En effet, un certain nombre de croyants sont souvent en danger d’être contaminés. Paul avait appris que la plupart des croyants en Galatie étaient sur le point d’abandonner le terrain de la grâce, pour retourner aux œuvres de loi, qu’ils étaient pourtant incapables d’accomplir ! « O Galates insensés, qui vous a ensorcelés ? », s’écrie-t-il (3 : 1). Il prend fermement position contre un tel péché. Et il achèvera pourtant son épître comme il l'avait commencée : par la grâce et ce vœu que désormais personne ne vienne le troubler !
            Ces adversaires, qui insistaient tellement sur la circoncision - indispensable à leur avis - auraient été dans l’incapacité de montrer sur leurs corps des cicatrices d’un même ordre que celles de l’apôtre. Bientôt, chers lecteurs chrétiens, nous pourrons contempler - durant l’éternité - celles du Seigneur ; ineffaçables, elles resteront le souvenir éternel de ses souffrances au moment de la croix (Apoc. 5 : 6).
            Quelqu’un parmi les lecteurs s’interroge-t-il sur l’origine de toutes ces cicatrices sur le corps de l’apôtre ? Déjà dans la première épître aux Corinthiens, l'apôtre Paul dit que les apôtres étaient « comme des gens voués à la mort » (4 : 9). Au chapitre 11 de la seconde épître, le Saint Esprit a voulu que nous ayons une idée plus précise des multiples souffrances endurées par ce serviteur fidèle. En abordant ce sujet, l'apôtre déclare humblement qu’en parlant ainsi, il ressemble à « un homme hors de sens ». Pourtant, c’est sans nul doute conduit par le Saint Esprit, qu’il rappelle plusieurs de ses épreuves exceptionnelles !
            En parlant de ses adversaires, acharnés à détruire son enseignement, il pose une question et en donne la réponse : « Tout ce dont quelqu'un peut se prévaloir…., je peux m'en prévaloir… Ils sont serviteurs de Christ ?… moi plus encore : dans les travaux bien davantage, sous les coups excessivement, dans les prisons bien plus souvent, en danger de mort souvent (cinq fois j’ai reçu des Juifs quarante coups moins un, trois fois j’ai été battu de verges, une fois j’ai été lapidé, trois fois j’ai fait naufrage, j’ai passé un jour et une nuit dans les profondeurs de la mer), en voyages souvent, dans les dangers sur les fleuves, dans les dangers de la part des brigands, dans les dangers de la part de mes compatriotes, dans les dangers de la part des nations, dans les dangers à la ville, dans les dangers au désert, dans les dangers en mer, dans les dangers parmi les faux frères, en peine et en labeur, en veilles souvent, dans la faim et la soif, dans les jeûnes souvent, dans le froid et le dénuement. En plus de ces circonstances exceptionnelles, il y a ce qui me tient assiégé tous les jours, la sollicitude pour toutes les assemblées (2 Cor. 11 : 21-28). Qui parmi nous pourrait prétendre parler de cette manière ? Quel courageux témoin le Seigneur a choisi et soutenu !
            Cherchons à saisir la portée de cette dernière phrase. La coupe de l’apôtre semblait vraiment sur le point de déborder à force d’amertumes. Or, en dépit de tant d’épreuves, Paul est rempli d’une vive sollicitude à l’égard de toutes les assemblées ! Il veille à ce que celles qu’il ne connaissait que par la prière, reçoivent aussi les lettres envoyées à des assemblées voisines, par exemple de Colosses à Laodicée. Il pensait à toutes devant le Seigneur, jour et nuit ! Ces dispositions du cœur de l’apôtre venaient du fait que le Saint Esprit n’était pas attristé chez lui.
            « Beaucoup d’eaux ne peuvent éteindre l’amour et des fleuves ne le submergent pas » (Cant des cant. 8 : 6b). Le Seigneur a montré cet amour parfait par ses souffrances infinies ! Il continue à prendre aussi grand soin de chacune de ses chères brebis, comme Il l'a fait pour Pierre (Luc 22 : 31-32).
            L’apôtre Paul a suivi de près les traces du Seigneur ; il nous encourage à le faire aussi. Il présentait tous les rachetés à Dieu dans ses prières persévérantes.
            Si nous aimons Christ, nous serons prêts à porter son opprobre (Act 5 : 41 ; Phil. 1 : 2). N’ayons pas honte de porter son opprobre, de prendre part aux « souffrances de l’évangile » en bon soldat de Jésus Christ (2 Tim. 1 : 8) !

 

L'oreille percée du serviteur hébreu (Ex. 21)

            Ces « marques » de l’apôtre évoquent celle que le serviteur hébreu recevait en déclarant son « attachement » à son maître. Il l’avait servi six ans et, la septième année, il aurait pu sortir libre. Mais si, à ce moment-là, il disait positivement : « J’aime mon maître, ma femme et mes enfants, je ne veux pas sortir libre », alors son maître le faisait venir devant les juges. Il s’approchait de la porte - ou du poteau - et son oreille était percée avec un poinçon ; ainsi il devenait « son serviteur à toujours » (v. 1-2, 5-6).
            Citons Deutéronome 15, où il est question de « ton frère… qui t’a été vendu ». « S’il arrive qu’il te dise : je ne sortirai pas de chez toi - car il t’aime, toi et ta maison, et il se trouve bien chez toi -, alors tu prendras un poinçon et tu lui en perceras l’oreille contre la porte, et il sera ton serviteur pour toujours ; et tu feras aussi de même avec ta servante »  (v. 16-17).
            Derrière cette belle image, on reconnaît le Seigneur Jésus (Zach. 13 : 5-6). Il a été l’Homme obéissant ; seul, Il a accompli la Loi. Parfait Serviteur, Il aurait pu sortir libre, retourner dans la gloire sans passer par la mort. Toutefois, dans son amour infini, Christ a voulu acquérir une épouse et Il a payé le grand prix nécessaire. Son sang versé, ses blessures ineffaçables, en gardent la preuve ; elles proclament pour l’éternité l’abaissement volontaire de Celui qui a pris « la forme d’esclave » (Phil. 2 : 7).

            C’est un précieux privilège de faire partie, avec l'apôtre Paul, des esclaves du Seigneur (Rom. 1 : 1 ; Phil. 1 : 1). Ecoutons la demande à Dieu de Pierre et de Jean après avoir été relâchés de la prison où ils avaient été jetés par fidélité : « Et maintenant, Seigneur, regarde à leurs menaces et donne à tes esclaves d’annoncer ta parole avec toute hardiesse… » (Act. 4 ; 29). Paul exhorte aussi ses frères : « Comme esclaves de Christ, faites de coeur la volonté de Dieu ; servez de bon gré, comme servant le Seigneur » (Eph. 6 : 6-7). Quel privilège de s’appliquer à suivre avec l’apôtre le modèle parfait laissé à notre intention par le Seigneur.

 

Ph. L le 13-01-2018