Méditations suivies : 1 Thessaloniciens, chapitre 3

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 LA PREMIERE EPITRE AUX THESSALONICIENS (3)
 

1 THESSALONICIENS : chapitre 3 
            1- La sollicitude de Paul à l'égard des Thessaloniciens : v. 1-5
            2- Le rapport de Timothée : v. 6-8
            3- Les actions de grâce et la prière de l'apôtre : v. 9-13
 

 
1 THESSALONICIENS : chapitre 3
               
 
            Le rappel de ce que la grâce de Dieu avait opéré chez les Thessaloniciens amène maintenant l'apôtre à faire part de ses craintes quant à l'effet de la persécution qui était survenue parmi eux à la fin de son séjour. Connaissant par expérience la dureté d'une telle épreuve, Paul redoutait que la foi de ces jeunes croyants ne soit ébranlée. Il réalisait donc la nécessité de les soutenir et de les encourager ; Timothée avait été envoyé à Thessalonique dans ce but. Il était revenu vers l'apôtre pour lui transmettre de bonnes nouvelles ; la foi et l'amour des Thessaloniciens étaient pour lui un motif de joie et de reconnaissance envers Dieu.
 
 
 
            1- La sollicitude de Paul à l'égard des Thessaloniciens : v. 1-5
 
                        1-1 : L'inquiétude de l'apôtre
 
            Paul avait éprouvé un grand souci pour les Thessaloniciens en apprenant les persécutions qu'ils enduraient de la part des Juifs qui s'opposaient à l'évangile. Son amour pour eux l'avait fait renoncer à la présence de Timothée avec lui à Athènes. Il réalisait pratiquement ce qu'il écrivait aux Corinthiens : « l'amour ne cherche pas son propre intérêt » (1 Cor. 13 : 5). Lui-même ne pouvant aller à Thessalonique, il leur envoie son fidèle collaborateur. Il préférait que celui-ci soit utile pour affermir ces croyants qui connaissaient les violentes attaques de Satan.
 
            Quelle sollicitude avait Paul pour ces croyants jeunes dans la foi et exposés aux dangers et aux souffrances suscités par l'Ennemi ! C'est un encouragement pour nous à prier pour les âmes qui viennent d'accepter l'évangile, afin qu'elles reçoivent les soins pastoraux dont elles ont besoin.
 
 
                        1-2 : La mission de Timothée
 
            Timothée était « un frère et compagnon d'oeuvre pour Dieu dans l'évangile de Christ » (v. 2) ; ce titre résume le service béni accompli par ce serviteur. Paul avait pleine confiance en lui ; il lui rend un beau témoignage en écrivant aux Philippiens : « vous savez qu'il a été connu à l'épreuve, savoir qu'il a servi avec moi dans l'évangile comme un enfant sert son père » (Phil. 2 : 22).
 
            La communion réalisée entre Paul et Timothée montre comment deux serviteurs d'âges différents peuvent travailler ensemble, pour la bénédiction de l'oeuvre du Seigneur.
           
            Timothée se voit confier ici sa première mission qu'il doit accomplir sans l'appui direct de l'apôtre. Il recevra plusieurs services particuliers en faveur des saints, concernant :
                        - le maintien de l'ordre dans l'assemblée à Corinthe (1 Cor. 4 : 17)
                        - l'édification à Ephèse (1 Tim. 1 : 3, 4)
                        - l'encouragement de l'apôtre prisonnier à Rome (2 Tim. 4 : 9, 21)
 
            La mission du compagnon d'oeuvre de l'apôtre consiste ici à « affermir et encourager » les chrétiens de Thessalonique. L'affermissement de leur foi nécessitait un enseignement adapté à leur état spirituel ; l'encouragement dans la foi était dispensé par des soins pastoraux appropriés. Après avoir « planté » (par la présentation de l'évangile), il convient d'« arroser » (par les soins pastoraux et l'enseignement de la doctrine) : c'est ce qu'avaient réalisé successivement Paul et Apollos à Corinthe, comme collaborateurs de Dieu qui donne « l'accroissement » (1 Cor. 3 : 69).
 
           
                        1-3 : Les tribulations des croyants
           
            Satan qui avait empêché Paul de revenir à Thessalonique (2 : 18), cherchait encore à « rendre vain son travail » dans le coeur des Thessaloniciens (v. 5) ; le « tentateur » insinuait que leur confiance en Dieu était inutile puisqu'Il ne leur épargnait pas la tribulation. En même temps, la parole de Dieu présentée par l'apôtre pouvait être réduite à néant. Mais Dieu les avait prévenus « d'avance », par le moyen de Paul : ils devraient « subir des tribulations » (v. 4).
 
            La vie du chrétien n'est pas exempte de difficultés et d'épreuves. Le Seigneur lui-même a dit à ses disciples : « vous avez de la tribulation dans ce monde ; mais ayez bon courage, moi j'ai vaincu le monde » (Jean 16 : 33).
 
            Les Thessaloniciens ne devaient donc pas être surpris par les souffrances qui les atteignaient : n'étaient-ils pas « destinés à cela » (v. 3) ? « C'est par beaucoup d'afflictions qu'il nous font entrer dans le royaume de Dieu », dit Paul en Act. 14 : 22. A la fin de sa vie, il dira encore : « tous ceux qui veulent vivre pieusement dans le Christ Jésus, seront persécutés » (2 Tim. 3 : 12). Pierre, écrivant aux croyants juifs dispersés, associe également la foi et les épreuves (1 Pier. 1 : 6, 7).
 
            La tribulation est présentée dans la Parole de Dieu comme une épreuve nécessaire pour le croyant, car il en résulte des fruits à la gloire de Dieu :
                        - elle démontre la réalité de la foi et produit la patience (Rom. 5 : 3 ; 2 Cor. 6 : 4 ; Jac. 1 : 2)
                        - elle fortifie l'espérance (2 Cor. 4 : 17)
                        - elle rend le croyant plus zélé pour annoncer l'évangile (Act. 4 : 19)
                        - elle s'accompagne même de joie (1 Thes. 1 : 6)
                        - elle rend le chrétien capable d'encourager ceux qui passent par les mêmes souffrances (2 Cor. 1 : 4).
 
            Dieu avait donc permis que le diable s'oppose aux croyants de Thessalonique, afin de mettre leur foi à l'épreuve. Ne pensons pas que les tentations qui ont leur source dans notre nature pécheresse soient de Dieu (Jac. 1 : 13).
 
            L'apôtre désirait ardemment que son travail à Thessalonique ne soit pas rendu « vain » par les efforts de l'Ennemi pour miner la foi des croyants (2 Cor. 7 : 5). Malgré son anxiété à leur sujet, il ne doutait pas de la puissance du Seigneur pour les préserver de ces attaques. Préoccupé des résultats de son ministère pour la gloire de Dieu, il désirait, comme l'apôtre Jean dans sa deuxième épître, en recevoir « un plein salaire » (2 Jean 8). Pensons aux serviteurs qui nous ont annoncé la Parole de Dieu (Héb. 13 : 7), ne nous laissons pas séduire par Satan.
            La seconde épître aux Thessaloniciens montrera que les craintes de l'apôtre étaient, hélas, justifiées : des agents de Satan allaient réussir à semer le trouble dans les esprits et à laisser s'évanouir l'espérance du retour du Seigneur (2 Thes. 2 : 1-3).
 
 
            2- Le rapport de Timothée : v. 6-8
 
                        Après s'être rendu de Thessalonique à Bérée, puis à Athènes (Act. 17 : 10-15), l'apôtre avait poursuivi son voyage jusqu'à Corinthe. C'est dans cette ville que Timothée, porteur de bonnes nouvelles au sujet de la foi et de l'amour des Thessaloniciens, l'avait retrouvé (v. 6).
 
 
                        2.1 : Les bonnes nouvelles au sujet des Thessaloniciens
 
            Timothée avait pu rendre témoignage de la foi et de l'amour des Thessaloniciens (v. 6). Il ne fait pas mention de leur espérance, cette troisième vertu qui les caractérisait lors de leur conversion (1 : 3) : peut-être est-ce déjà la preuve d'un léger refroidissement à cet égard ?
 
            La foi liait chacun de ces croyants aux choses invisibles (Héb. 11 : 1 ; 2 Cor. 4 : 18), tandis que l'amour les liait les uns aux autres. L'oeuvre de Dieu se poursuivait, pour le moment, d'une manière bien encourageante pour l'apôtre.
 
 
                        2.2 : L'encouragement et la joie de Paul
 
            Paul était réjoui de savoir que ses chers Thessaloniciens pensaient à lui et désiraient le revoir. S'il leur avait parlé de souffrances et d'épreuves, il ne l'avait pas fait de façon théorique seulement, car lui-même savait de quoi il parlait, par son expérience personnelle. Il évoque, dans sa deuxième épître aux Corinthiens, les souffrances excessives qu'il avait connues ; après avoir fait l'énumération de ces « choses exceptionnelles », il parle de sa « sollicitude pour toutes les assemblées » (2 Cor. 11 : 23-28).
            Ayant apporté consolation et encouragements à ses frères et soeurs (2 : 11), l'apôtre était maintenant « consolé » par eux. De même, il avait écrit aux Romains en leur faisant part de son désir de les voir, afin qu'ils soient « consolés ensemble... chacun par la foi qui est dans l'autre » (Rom. 1 : 11-12). Savons-nous éprouver tous les bienfaits de rencontres fraternelles ayant un tel but ? Voir nos frères et soeurs manifester une entière confiance dans le Seigneur est toujours une source de force et de bénédiction, en particulier si nous avons tendance à perdre vite courage.
 
            Paul exprime sa joie de savoir que les Thessaloniciens tenaient ferme dans le Seigneur et restaient inébranlables dans la foi, malgré les attaques de l'Ennemi. Souvent chargé et affligé par la conduite de croyants, il était comme « mort ». Mais, recevant un nouveau courage par les bonnes nouvelles apportées par Timothée, il pouvait revivre : « car maintenant nous vivons » (v. 8). Un réel encouragement est produit chez un serviteur lorsqu'il apprend que Dieu bénit son travail : il se réjouit de savoir que les âmes qui ont trouvé le salut croissent dans la foi et tiennent ferme.
 
            Chez Paul, le ministère de l'évangile était accompagné de son service en faveur des croyants. Par ses lettres, par ses visites, ou par l'envoi de compagnons d'oeuvre, il avait constamment à coeur l'affermissement des saints. Lors de son deuxième voyage missionnaire, nous le voyons retourner visiter ses frères et fortifier les assemblées ; celles-ci étaient « affermies dans la foi et croissaient en nombre chaque jour » (Act. 16 : 5).
 
 
            3- Les actions de grâce et la prière de l'apôtre : v. 9-13
                                  
                        La joie éprouvée « devant Dieu » par l'apôtre à cause des Thessaloniciens s'accompagnait d'actions de grâces et conduisait ce serviteur à prier pour eux. Dans le cinquième chapitre, il exhortera les Thessaloniciens à se réjouir, à prier et à rendre grâces (5 : 16-18).
 
 
                        3.1 : La reconnaissance de Paul
 
            Bel exemple pour nous, l'apôtre trouve un sujet pour bénir le Seigneur lorsqu'il voit des chrétiens vivre à la gloire de Dieu. A nouveau, comme dans le premier chapitre (v. 2) et le deuxième (v. 13), Paul rend grâces à Dieu.
 
            Au lieu de formuler des plaintes les uns à l'égard des autres, essayons de voir chez nos frères et soeurs ce qui est un sujet de reconnaissance envers Dieu.
 
 
                        3.2 : La prière du serviteur
 
            L'apôtre n'avait pas seulement travaillé nuit et jour pour n'être à charge à personne (2 : 9) ; son activité dans la prière avait eu lieu également « nuit et jour » (v. 10). Informé sur l'état des croyants de Thessalonique, Paul peut prier de façon précise en leur faveur ; il le fait « très instamment ». Cet exemple de Paul est un encouragement pour chacun de nous à prier l'un pour l'autre, non par habitude ou par simple devoir, mais avec une profonde affection pour nos frères. Il nous exhorte aussi à nous réjouir avec eux au sujet de la bénédiction spirituelle que Dieu leur accorde, au lieu d'être occupés uniquement de nos propres circonstances et de nos difficultés.
 
            L'apôtre désirait revoir ses frères afin de compléter l'enseignement qu'il leur avait déjà communiqué. Mais son désir était soumis à la volonté de Dieu : il attendait paisiblement qu'Il veuille lui « frayer le chemin » pour venir auprès d'eux.
            Avons-nous appris à attendre nous-mêmes le moment où le Seigneur ouvrira le chemin pour que nos projets s'accomplissent selon sa volonté ? (Jac. 4 : 15). Il nous arrive trop souvent de manifester de l'impatience et même de prier, après avoir déjà délibérément choisi le chemin de notre propre volonté.
 
            La prière de l'apôtre a trois objets :
                        - elle exprime le désir, déjà mentionné, de revoir ses frères (v. 11) : ce souhait sera exaucé plus tard, après l'envoi de la deuxième lettre de l'apôtre aux Thessaloniciens (Act. 20 : 3).
                        - elle formule le voeu que l'amour des Thessaloniciens (les uns envers les autres et envers tous) abonde (v. 12) : l'amour pour Dieu (1 Jean 4 : 7) et l'amour pour les frères (1 Jean 3 : 14) caractérisent le chrétien ; toutefois, il ne se limite pas à ceux de la maison de la foi mais s'exerce envers tous, même à l'égard des ennemis (Matt. 5 : 44). Communion d'amour et témoignage d'amour ont à être manifestés par les croyants.
                        - elle concerne la sainteté des Thessaloniciens, leur mise à part pour Dieu (v. 13): leurs coeurs devraient être affermis par l'amour et dans la sainteté.
 
            Les croyants sont exhortés plusieurs fois dans le Nouveau Testament à avoir des coeurs affermis :
                        - en rapport avec la foi (Col. 2 : 7)
                        - en relation avec l'espérance (Jac. 5 : 8)
            Dans notre chapitre, cette exhortation se lie à l'amour inséparable de la sainteté.
 
            La sainteté présente deux aspects :
                        - la position dans laquelle Dieu place le croyant qui est « sanctifié par l'offrande du corps de Jésus Christ faite une fois pour toutes » (Héb. 20 : 10 ; 1 Cor. 6 : 11) 
                        - la sainteté « pratique » liée à notre position. Dieu attend de ses rachetés une vie de séparation de tout mal (1 Pier. 1 : 15-16).
 
            Une vie de sainteté est une vie consacrée à Dieu et séparée du mal ; elle doit être réalisée en liaison avec l'amour qui reste le motif de notre sanctification. L'exhortation à la sainteté pratique se lie à la « venue de notre Seigneur Jésus avec tous les saints » (v. 13).
 
 
                        3.3 : La mention de la venue du Seigneur avec les siens
 
            A la fin du chapitre, l'apôtre qui désire l'accroissement de la foi et de l'amour des Thessaloniciens, dirige leurs pensées vers la venue de Christ. L'espérance qui n'a pas été mentionnée dans les premiers versets du chapitre est placée à nouveau devant leurs coeurs, comme au début de l'épître (1 : 3).
 
            La foi, l'amour et l'espérance devraient caractériser l'activité (chap. 1), la marche (chap. 3) et le combat du chrétien (chap. 5).
 
            L'apôtre ne parle pas précisément ici de la venue du Seigneur pour ravir les siens auprès de Lui. S'il est vrai qu'il ne mentionne pas l'apparition du Seigneur (« épiphanie ») comme il le fera dans la deuxième épître (1 : 10), il présente sa venue (« parousie »), avec tous les saints, comme à son apparition. Le mot « apparition » évoquant sa venue pour le jugement n'est pas employé dans ce passage car il s'agit de paraître « devant notre Dieu et Père » (v. 13). Les croyants sont introduits devant Dieu et non devant le monde.
            La responsabilité chrétienne n'est jamais en rapport avec la venue du Seigneur pour prendre les siens auprès de lui, alors qu'elle est mise en avant lorsqu'il est question, comme dans ce passage, de la seconde phase de sa venue.
 
            A l'apparition glorieuse du Seigneur, les croyants seront « manifestés avec lui en gloire » ; alors leur séparation d'avec le monde sera pleinement visible. Cette certitude de l'apparition de Christ doit inciter à la sainteté pratique tous ceux dont la vie est « cachée avec le Christ en Dieu » (Col. 3 : 3-4). Dans le chapitre suivant, Paul développera le sujet de la sainteté, c'est-à-dire la séparation du monde pour Dieu.
 
            Le grand but placé devant les Thessaloniciens est donc la venue du Seigneur Jésus « avec tous ses saints ». Aucun de ceux qui lui appartiennent ne manquera ! Que nos coeurs puissent anticiper cette scène glorieuse où, avec tous « ceux qui sont du Christ » (1 Cor. 15 :23), nous paraîtrons en gloire et en sainteté avec le Seigneur.