Melchisédec

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MELCHISEDEC


GENESE 14 : 18
PSAUME 110 : 4 
HEBREUX  5, 6 et 7


            Melchisédec est ce mystérieux personnage qui, après la défaite des rois, apparaît à Abraham et le bénit (Gen. 14). Son sacerdoce est, dans ce chapitre, le premier qui est mentionné dans l'Ecriture. Il ne lui est attribué ni généalogie, ni descendance ; il peut être assimilé au Fils de Dieu (Héb. 7 : 3). Il est établi sacrificateur pour l'éternité avec serment (Ps. 110 : 4), et c'est comme tel que notre Seigneur sera salué à son entrée dans la gloire céleste (Héb. 5 : 10).
            Nous proposons de lire et méditer ces différents passages de la Parole de Dieu, en demandant à Celui qui nous « enseigne pour notre profit » (Es. 48 : 17) le secours et la direction de son Esprit (Jean 16 : 13-14).

 

GENESE 14 : 18

            Après le déluge, l’idolâtrie avait fait d’effrayants ravages. Dieu appelle alors un homme, Abram, à se séparer de toute cette méchanceté (Gen. 6 : 5). Par la foi, il obéit, quitte son pays et sa parenté, et s’en va, « sans savoir où il allait » (Héb. 11 : 8). Il possède désormais essentiellement une tente et un autel. Lot, son neveu, le suit. Ils entrent ensemble au pays de Canaan. Mais la famine survient et ils descendent, de leur propre chef, en Egypte - une figure de ce monde, domaine de Satan.
            Du point de vue spirituel, le séjour d'Abram dans ce pays-là sera du temps perdu. Il remonte finalement en Canaan avec Lot. Ils ont acquis en Egypte de grandes richesses en troupeaux, mais ce sera une source de querelle entre les bergers. Quel fâcheux témoignage vis-à-vis des Cananéens qui habitent ce pays ! En effet, Dieu appelait les patriarches à vivre en « étrangers ». Il faut se séparer, et sagement Abram laisse Lot choisir ; celui-ci prend ce qui attire son cœur devenu « mondain » ! Cette plaine du Jourdain ressemble à l’Egypte, où il a séjourné et qu’il regrettait secrètement.
            Abraham laisse l’Eternel décider à sa place (Ps. 47 : 4 ; Ps. 22 : 5). Dieu lui confirme la possession encore à venir du pays de la promesse. En attendant, il doit se lever et se promener dans le pays en long et en large, « car je te le donnerai » (Gen. 13 : 17).
            Lot, lui, se rapproche de plus en plus de Sodome et habite finalement dans cette ville extrêmement corrompue. Sa conscience y sera quotidiennement tourmentée ; c’est le résultat inévitable de la marche « double » qu’il a adoptée !
            Abraham vit paisiblement dans la montagne ; il jouit d’une communion habituelle avec Dieu ! Il habite à Hébron, près des chênes de Mamré, un signe de vigueur (v.18). Dans notre conduite, à qui ressemblons-nous : à Abraham ou à Lot ?
            Un conflit survient alors entre les rois de la plaine ; Abram s’abstient sagement de prendre parti dans des débats qui ne le concernent pas (Prov. 26 : 17, Es. 45 : 9). Mais soudain il apprend que Lot est prisonnier (Gen. 14 : 13-14). Rien ne va l’arrêter pour le délivrer ! Il n’invoque pas sa faiblesse bien réelle devant le potentiel représenté par ces 4 rois jusqu’ici victorieux ; ni le fait que Lot, hélas, mérite malheureusement cette captivité, résultat direct de son habitation anormale à Sodome !
            Soutenu par son amour, et accompagné de 318 hommes, « nés dans sa maison », Abraham poursuit dans la nuit ces ennemis aguerris, jusqu’à Dan (v.14). Il remporte une victoire complète et délivre les captifs ! Pour un croyant, combattre « par la foi » est le secret de la victoire. Tout autre qui n’aurait pas bénéficié, comme Abraham, du soutien d’en haut, aurait jugé le succès impossible !
            Cependant notre grand Ennemi sait fort bien qu’un « vainqueur » est souvent plus vulnérable. Il risque en effet de se montrer trop confiant et d’oublier sa faiblesse naturelle. Ce fut le cas plus tard de tout le peuple d’Israël devant Aï, après la grande victoire que l’Eternel lui avait donnée à Jéricho. Nous saisissons toute l’importance de cette exhortation de l’Ecriture : « Après avoir tout surmonté, tenir ferme » (Eph. 6 :13), et nous devons la serrer dans notre cœur.
            En dissimulant soigneusement ses mauvaises intentions, l'ennemi attend Abram dans la vallée de Shavé. Satan compte bien en effet se servir de l’un des rois vaincus, comme celui de Sodome, pour parvenir à ses fins et faire tomber Abram dans un piège grossier qui, hélas, a fait ses preuves. Depuis longtemps déjà, le diable connaît la convoitise toujours latente dans le cœur de l’homme et prête à se manifester. Le roi de Sodome, un instrument dans la main de Satan, cherche à s’emparer des « âmes » et pour les obtenir, il propose ici généreusement au patriarche : « Donne-moi les personnes, et prends les biens pour toi » (v. 21).
            Mais cet effort de l’Adversaire va échouer, Dieu intervient, qu’Il en soit béni ! Melchisédec, « roi de justice et de paix », arrivera avant cet émissaire du diable sur les lieux de la rencontre. C’est la première fois que l’Ecriture mentionne Melchisédec. Il est très encourageant de se rappeler que Dieu s’est ainsi plu à envoyer à Abram ce messager royal avant l’heure de l’épreuve. Il va fortifier le patriarche et le garder d’une chute. Le Seigneur agit de même pour tous ceux qui ont appris à s’attendre entièrement à Lui.
            Appuyé sur l’Eternel, son Dieu, Abraham vient déjà de vaincre, mais on peut bien supposer qu’il était fatigué après une lutte violente, apparemment si inégale. Il avait grand besoin de soins divins, et tous les croyants aussi. Dans nos combats, l’Ennemi cherche sans cesse à nous accabler de coups, mais Dieu nous fortifie et ses précieuses ressources sont à notre disposition.
            Melchisédec, « roi de Salem », fait apporter à Abram du pain et du vin. Ces aliments lui redonnent de la force et de la joie. Ce sont des bénédictions venues d’en haut. Elles lui suffisent amplement - nous n’avons besoin de rien d’autre !
            Melchisédec était donc « sacrificateur du Dieu Très-haut ». Il dit à ce croyant fidèle : « Béni soit Abram de la part du Dieu Très-haut, possesseur des cieux et de la terre ! » (v. 19). Mais il déclare aussi : « Et béni soit le Dieu Très-haut, qui a livré tes ennemis entre tes mains ! » (v. 20). A lui soit toute la gloire ! La louange doit toujours monter vers Dieu seul.
            Ensuite, Abraham donne à Melchisédec la dîme de tout (v. 19-20). C’était reconnaître sa supériorité !

 

PSAUME 110 : 4 

            Ce Psaume de David parle aussi de Melchisédec. Ce psaume a une place centrale dans le livre. Avec le Psaume 22, ils font partie des plus riches passages de l’Ecriture. Le Psaume 110 est cité huit fois dans le Nouveau Testament  (Matt. 22 : 44 ; Marc 12 : 36 ; Luc 20 : 42-43 ; Act. 2 : 34-35 ; Héb. 1 : 13 ;  5 : 6, 10 ; 7 : 17). Il sert aussi de « fil conducteur » à l’épître aux Hébreux. C’est le Seigneur qui le cite dans les trois premiers évangiles, tandis que l’apôtre Pierre le fait dans les Actes (2 : 34-35).
            Le désir de Dieu est que nous soyons constamment occupés de son Fils qui remplit son propre cœur (1 Jean 1 : 4). Aussi dans plusieurs autres Psaumes - en particulier les Psaumes 2, 8, 16 et 22 -, Christ est la seule Personne dont il est question ! Christ est une source jaillissante de joie, un immense trésor pour tous les chrétiens. Il aide grandement à comprendre la doctrine de l’Ecriture.
            Ce Psaume 110 commence par cette déclaration très importante : « L’Eternel a dit à mon Seigneur : Assieds-toi à ma droite, jusqu’à ce que je mette tes ennemis pour le marchepied de tes pieds » (v.1). Or ce premier verset indique, comme c’est le cas dans beaucoup d’autres psaumes, la pensée maîtresse de l’Esprit : elle est dictée au psalmiste.
            Le verset 4, rappelé dans Héb. 5 : 6, déclare : « L’Eternel a juré, et il ne se repentira pas : Tu es sacrificateur pour toujours, selon l’ordre de Melchisédec ». Le souverain sacerdoce de Christ est donc éternel. Il contraste en cela absolument avec celui qui a été établi parmi les hommes, selon l’ordre d’Aaron. Durant ce sacerdoce-là, les sacrificateurs établis par l’Eternel se sont succédés ; ils étaient « plusieurs ». Après la mort d’un souverain sacrificateur, un autre - dont la généalogie avait été soigneusement établie - était appelé à remplacer le défunt (Héb. 7 : 23)
            On trouve aussi dans ce Psaume, l’idée d’autorité : « Dieu a juré et il ne se repentira point ». L’office réservé à Christ est indiqué avec précision : « Tu es Sacrificateur ». La durée de son service est illimitée : « pour toujours » ! Il s’agit donc ici d’un ordre plus élevé, antérieur à celui d’Aaron, un ordre « royal » - celui de Melchisédec ! Ce nom signifie : « Roi de justice » et « Roi de paix ».
            Que Christ soit le Roi, et même « le Roi des rois », nombre de Psaumes le confirment. Mais ce Psaume est le seul à présenter le Messie comme étant en même temps Sacrificateur.
            C’est ainsi que le livre de Zacharie le présente aussi. Ce prophète parle du « Germe » - un des titres de gloire de Christ – et précise qu’Il sera sacrificateur « sur son trône », ce qui n’a jamais été le cas pour un roi  dans le passé ! Ozias, qui avait prétendu le devenir, a été instantanément lépreux jusqu’à sa mort (2 Chr. 26 : 21).
            Le Roi des rois, vainqueur de tous ses ennemis, aide les siens, encore sur la terre, dans leurs combats. Ils peuvent être ainsi « plus que vainqueurs » (Rom. 8 : 37). En tant que Sacrificateur, le Seigneur Jésus conduit la louange et la conduira pour l’éternité : Il bénit Dieu de la part de son peuple !

 

HEBREUX  5, 6 et 7

            Dieu, dans sa grâce immense, nous a donné un grand Souverain sacrificateur, plein de compréhension (car Il a été un Homme ici-bas) et peut sympathiser parfaitement avec nous. Le contraste est grand entre le saint Fils de Dieu - et l’un quelconque des sacrificateurs de la famille d’Aaron, « pris entre les hommes » et capable d’être indulgent, pour les ignorants et les errants, à cause de sa propre faiblesse (Héb. 5 : 1-2).
            Les croyants - nous espérons que tous les lecteurs en font partie - ont besoin d’apprendre l’obéissance, car ils sont désobéissants par nature, comme tous les autres hommes. Si le Fils, auteur du salut éternel, salué par Dieu souverain sacrificateur selon l’ordre de Melchisédec (v.10), a dû apprendre l’obéissance, la raison est bien différente ! Créateur souverain, le Fils n’avait pas à se soumettre à personne. Obéir était donc pour Lui totalement nouveau ! Il est, désormais, un exemple parfait qui s’impose à ceux qui Lui obéissent (v. 9).
            L’auteur de cette épître - peut-être l’apôtre Paul - déclare d’emblée qu’il a beaucoup de choses à dire au sujet de Melchisédec. Or elles étaient difficiles à expliquer, en effet il constate que les Hébreux étaient devenus « paresseux à écouter » (5 : 11).
            La fin du chapitre 6 montre clairement que le chrétien connaît son port d’attache, quoiqu’il soit encore invisible. Mais « par la foi », cet enfant de Dieu a jeté une ancre de l’âme, « sûre et ferme » (6 : 20) ; elle le relie d’ores et déjà au lieu où se trouve l’Objet de son espérance. Jésus y est entré « comme précurseur pour nous » ! Conduit par l’Esprit Saint, l’auteur de l’épître réaffirme que Jésus est devenu « Souverain sacrificateur pour l’éternité, selon l’ordre de Melchisédec ».
            Le chapitre 7 revient sur Melchisédec lui-même, un personnage assez « mystérieux » pour les croyants - aussi longtemps que nous sommes sur la terre, notre compréhension reste forcément très limitée (1 Cor. 13 : 9-12).
            Melchisédec agit comme un médiateur. Nous avons déjà rappelé qu'il est intervenu à un moment précis dans la vie d’Abram – un patriarche qui occupe une place tout à fait remarquable dans les plans divins. Melchisédec est allé à sa rencontre, après la défaite des rois, avant qu’Abraham ne doive affronter le roi de Sodome, un envoyé de Satan. Melchisédec devait bénir le patriarche de la part du Dieu Très-haut !
            La Genèse précise avec soin l’origine des patriarches. Elle donne habituellement le nom de leur père et de leur mère et celui de leurs ancêtres. Or, pour Melchisédec, tout cela est laissé volontairement dans l’ombre, tout ce qui permettrait au lecteur de le « situer », d’avoir quelque indice sur son origine. Ce roi de Salem - ce qui signifie « roi de paix » - est décrit  ainsi : « sans père, sans mère, sans généalogie, n’ayant ni commencement de jours, ni fin de vie mais assimilé au Fils de Dieu » (Héb. 7 : 2-3). Ce verbe assimiler ne se retrouve qu’une fois dans le livre d'Esaïe, lorsque Dieu interroge son peuple : « A qui… m’assimilerez-vous, pour que nous soyons semblables ? » (46 : 5). Les relations de Melchisédec avec Dieu ont de toute façon un caractère « unique » ! Il demeure sacrificateur à perpétuité devant Dieu !
            Certains ont pensé que Melchisédec était peut-être une sorte de « type » de Jésus, qui est toujours « l’Antitype » parfait. Il faut s’en tenir aux déclarations de l’Ecriture, et respecter absolument ses silences. En tout cas rappelons que son sacerdoce est, en tous points, supérieur à celui d’Aaron. Melchisédec est bien plus excellent qu’Abraham !
            L’Ecriture nous invite : « Considérez combien grand était celui à qui même Abraham donna unea dîme du butin, lui le patriarche » (v. 4) ! Les fils de Lévi, qui sont sortis des reins d’Abraham, ont reçu le sacerdoce : ils avaient commandement, selon la Loi, de lever la dîme sur le peuple, c’est-à-dire sur leurs frères (v. 5).
            « Mais celui qui ne tire pas - généalogiquement - son origine d’eux a prélevé la dîme sur Abraham et Il a béni celui qui avait les promesses (v. 6) ! « Or, incontestablement, le moindre est béni par le plus excellent » (v. 7). C’est celui auquel le témoignage est rendu qu’Il vit éternellement qui reçoit les dîmes. On comprend toute sa supériorité vis-à-vis des fils de Lévi – eux qui étaient d’ailleurs mortels !
            On discerne également que même Lévi a été - pour ainsi dire - soumis à la dîme en la personne d’Abraham ! Car il était encore, lui aussi, « dans les reins d’Abraham », c'est-à-dire qu'il n'était pas encore né, au moment où Melchisédec est venu à la rencontre de son ancêtre (v. 9-10).
            Il n’y a pas eu de perfection avec le sacerdoce lévitique. Il fallait donc le changer, comme aussi la Loi. « Celui duquel il est question » appartient - d’après ce que dit cette épître - à une autre tribu, dont personne n’a été attaché au service de l’autel (v.12-13).
            L’auteur enchaîne et déclare qu’il est évident que notre Seigneur a surgi de Juda (Es. 11 : 1 ; Matt. 1 : 3 ; Luc 3 : 33 ; Rom. 1 : 3 ; Apoc. 5 : 5) ! Un autre sacerdoce commence alors « dans la puissance d’une vie impérissable » (v. 16) : ii est « selon l’ordre de Melchisédec » - il a donc été déjà établi avant qu’il ne soit question d’Israël dans l’Ecriture ! Il s’exerce en faveur de tous les croyants, quelle que soit leur origine, qu’ils viennent d’Israël ou des nations. Il n’est pas question de transmission en ce qui concerne cette alliance - elle ne se transmet pas ! En effet, Celui qui l’exerce est toujours vivant et assis à la droite de la Majesté dans les cieux (Rom. 8 : 34 ; Héb. 8 : 1).
            Christ est notre souverain sacrificateur : il est parfait et suffisant pour l’éternité (Héb. 10 : 21-22) ! Il ne peut jamais faire défaut aux siens : « Un tel souverain sacrificateur nous convenait,  saint, exempt de tout mal, sans souillure, séparé des pécheurs, et élevé plus haut que les cieux » (v. 26).
            Malheureusement, dans la chrétienté beaucoup croient pourtant utile et même nécessaire de recourir à des intermédiaires. Il peut s’agir de prêtres ou de « saints ; ou même d’invoquer Marie. Or, elle appelait Dieu son Sauveur ! Avec humilité, elle se nommait son humble esclave (Luc 1 : 46-47).

            Bientôt l’intercession du Seigneur en faveur des pèlerins que nous sommes n’aura plus sa raison d’être. Elle va prendre fin au moment où tous les rachetés auront achevé leur pèlerinage, à la venue du Seigneur pour chercher son Eglise. Toutefois, Il reste « sacrificateur pour l’éternité » (Héb. 5 : 6 ; 6 : 20 ; 7 : 17, 21). En effet, le sacrificateur conduit aussi la louange ! Christ remplira éternellement ce grand service, avec ses compagnons, dans la gloire (Héb. 2 : 12).

 

Ph. L                            le 12. 09. 2017