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Les sept paroles de Jésus sur la croix (2)


 

La parole de salut

            « Il (l'un des malfaiteurs) disait à Jésus : Souviens-toi de moi, Seigneur, quand tu viendras dans ton royaume ; Jésus lui dit : En vérité, je te dis : Aujourd'hui tu seras avec moi dans le paradis » (Luc 23 : 42-43)

            Cette deuxième parole du Christ sur la croix est une réponse à la requête du malfaiteur crucifié à côté de lui. Ce brigand avait commencé par injurier Jésus. Mais, repris par sa conscience, il en vient à faire cet aveu, en s'adressant à l'autre malfaiteur crucifié : « Nous recevons ce que méritent les actes que nous avons commis; mais celui-ci (Jésus) n'a rien fait qui ne doive pas se faire » (v. 41). Alors que Jésus va mourir, comment cet homme peut-il discerner qu'Il est le Roi et qu'Il reviendra, et espérer que Jésus lui accordera son attention, à lui, un criminel, un exclu de la société qui va bien vite être oublié. Mais là, tout près de lui, se trouve Celui à qui il ose adresser sa supplication : « Seigneur, souviens-toi de moi... ». La réponse de Jésus est immédiate : « Aujourd'hui, tu seras avec moi dans le paradis ». Elle nous révèle son amour et sa puissance pour nous sauver.
            Ainsi cette seconde parole du Sauveur sur la croix ouvre au pécheur repentant l’accès du paradis et lui révèle la douceur de la bienheureuse intimité avec le Seigneur de gloire, dans le ciel.

                        Deux classes de personnes représentées par les malfaiteurs crucifiés

            Les deux brigands ont tout d'abord, l'un et l'autre, insulté Jésus (Matt. 27 : 44 ; Marc 15 : 32). Mais, bientôt, la scène change, et la distinction se précise : tandis que l'un continue d’insulter le Fils de Dieu, l'autre, atteint dans sa conscience par la grâce du Sauveur, discerne et reprend la perversité de son camarade ; il reconnaît sa propre culpabilité, proclame la justice du châtiment qu’ils endurent tous les deux, et rend à la parfaite innocence du Seigneur un hommage éclatant. Puis il se tourne vers Christ seul. Il Lui demande de se souvenir de lui. Par la foi, il appelle « Seigneur » cet Homme crucifié et qui semble, comme lui, réduit à l’impuissance. Par la foi, il sait que le royaume du Seigneur viendra. Oubliant ses propres maux et tout ce qui l’entoure, il voit les souffrances du Christ et les gloires qui suivront. Alors, le Seigneur lui promet le bonheur immédiat.
            L'autre brigand ne diffère pas de son compagnon quant à ses péchés : comme lui, il reçoit ce que mérite le mal qu'il a commis. Leur culpabilité était la même devant Dieu ; il n'y avait pas non plus de différence dans leurs circonstances extérieures : la mort est devant leurs yeux et leurs vies s'achèvent dans la même agonie. Mais ce qui les distinge, c'est que l'un confesse qu'il est un pécheur, recevant le juste châtiment de ses crimes, alors que l'autre reste indifférent à son état de péché, et ne croit pas que Jésus ait le pouvoir de le sauver. « Qui croit au Fils a la vie éternelle ; mais qui désobéit au Fils ne verra pas la vie, mais la colère de Dieu demeure sur lui » (Jean 3 : 36).
            Toute personne est destinée à se trouver un jour avec l'un de ces deux hommes, dans la paradis, ou dans le lieu des tourments éternels.

                        Une promesse dépassant de beaucoup la demande du brigand

            Le Seigneur occupait lui-même, par amour, la place du misérable pécheur condamné à mort, et celui-ci, converti par grâce, va partager, le jour même, la bienheureuse place du Sauveur, avec lui, dans le paradis !
            Le nom du paradis est un mot d’emprunt, d’origine persane. Ce terme s’applique à un parc, à un jardin de délices. Le paradis, dans le Nouveau Testament, c’est pour ainsi dire l’Eden céleste, où tout est grâce ineffable, pure fraîcheur et parfait repos. C’est le «paradis de Dieu» (Apoc. 2 : 7).
            En vertu de l’oeuvre expiatoire du Sauveur, l’âme du malfaiteur repentant est entrée dans le paradis, le même jour, selon la parole du Seigneur :
                  - Aujourd’hui : quelle promptitude !
                  - Tu seras : quelle certitude !
                  - Avec moi : quelle compagnie !
                  - Dans le paradis : quel repos !

                        La condition immédiate des croyants qui meurent « en Christ »

            C’est la bienheureuse intimité avec le Sauveur, en attendant les gloires de la résurrection. Et cette part bénie constitue pour la foi des pécheurs repentants une réalité immédiate.
            L’apôtre Paul a écrit aux Philippiens : « J'ai le désir de partir et d'être avec Christ, car c’est, de beaucoup, meilleur » (1 : 23). Il est préférable d’être maintenant au ciel, avec Christ, plutôt que de servir le Maître sur la terre. Paul avait vu le Seigneur (Act. 26 : 13), puis il avait été enlevé dans le paradis et il avait pu rendre témoignage à la gloire ineffable du ciel (2 Cor 12). Mais le brigand sur la croix a cru sans rien connaître de cela. Combien sa requête a dû être précieuse pour notre Seigneur ! Et quelle consolation de savoir que ceux qui ont été « endormis par Jésus » (1 Thes. 4 : 14) jouissent dès maintenant de la joie et du repos de la présence du Seigneur, en attendant la gloire de la résurrection du corps (1 Cor. 15 : 51-54) !
            Au sujet de cette magnifique scène de son enlèvement au « troisième ciel », jusque dans la présence de Dieu, l'apôtre Paul écrit : «Je connais un homme en Christ qui, il y a quatorze ans (si ce fut dans le corps, je ne sais ; si ce fut hors du corps, je ne sais ; Dieu le sait), je connais un tel homme qui a été enlevé jusqu’au troisième ciel. Et je sais que cet homme-là (si ce fut dans le corps, si ce fut hors du corps, je ne sais, Dieu le sait), je sais qu’il a été enlevé dans le paradis, et a entendu des paroles ineffables qu’il n’est pas permis à l’homme d’exprimer » (2 Cor. 12 : 2-4). En disant : « un homme en Christ » et « un tel homme », l’apôtre prouve que le séjour au paradis ne lui était pas strictement personnel, mais qu’il s’applique, après la mort, réellement à tout croyant qui a cru au Seigneur Jésus (Act. 16 : 31) et qui a réalisé ce que c’est que d’être « en Christ » (2 Cor. 5 : 17). Les expressions employées par Paul - « si ce fut dans le corps, si ce fut hors du corps, je ne sais, Dieu le sait » - montrent que, dans l’état de béatitude ineffable où il s’était trouvé au paradis, il n’avait pas conscience de l’absence ou de la présence de son corps ; celui-ci n’avait pas participé aux béatitudes du paradis. Le paradis a ses mystères qu’il n’appartient pas à l’homme d’exprimer.
            L’enseignement de l’apôtre Paul est donc rigoureusement conforme à la seconde parole du Seigneur sur la croix.


D'après P. Regard