bible-notes.org

Imprimer ou partager la page :

 

Les « heures » du Seigneur et celles des chrétiens dans l'évangile de Jean


Les « heures » du Seigneur - des moments déterminés par Dieu
          L’heure de ses souffrances infligées par les hommes (Jean 7 : 30 ; 8 : 20)
          L’heure où Jésus a été abandonné par ses disciples (Jean 16 : 32)
          L’heure de la solitude suprême du Seigneur - abandonné de Dieu (Jean 12 : 27)
          L’heure de retourner au Père dans la gloire (Jean 13 : 1 ; 17 : 1)
          L'heure de sa glorification devant le monde (Jean 2 : 4 ; 12 : 23)
          Son heure comme Juge (Jean 5 : 28)
Les « heures » des chrétiens - d’abondantes bénédictions pour eux
          
L'heure de la foi (Jean 5 : 25)
          L’heure de la manifestation du Père (Jean 16 : 25)

          L’heure de l’adoration du Père « en esprit et en vérité » (Jean 4 :23)
          L
’heure de la persécution (Jean 16 : 4)

 

            Pour le Seigneur Jésus, il y a eu l'heure unique et extraordinaire de ses souffrances et de sa mort à la croix ; cependant, en lisant l'évangile de Jean, nous remarquons que le mot « heure » est parfois employé sans qu’il s’agisse nécessairement des souffrances du Seigneur.
            
Quant aux « heures » des chrétiens, le même évangéliste les présente comme étant liées à d'abondantes bénédictions.

 

Les « heures » du Seigneur - des moments déterminés par Dieu

                        L’heure de ses souffrances infligées par les hommes (Jean 7 : 30 ; 8 : 20)

            Déjà dans l’Ancien Testament, les prophètes avaient rendu témoignage que le Christ, l’Oint de Jéhovah, devrait souffrir (Act. 3 : 18). Lorsque le Seigneur Jésus est venu sur la terre et a commencé son ministère, à l’âge de 30 ans, Il a dû faire face, dès le début, à « la  contradiction de la part des pécheurs contre lui-même » (Héb. 12 : 3). Toutefois, le moment le plus intense de ses souffrances de la part des hommes a commencé par son arrestation et s’est terminé par sa crucifixion.
            C’est dans ce sens que l’évangéliste rapporte que le Seigneur a parlé de « son heure », en Jean 7 : 30 : « Personne ne mit la main sur lui, parce que son heure n'était pas encore venue » et 8 : 20 : « Personne ne le prit, parce que son heure n'était pas encore venue ». Les hommes auraient déjà voulu se saisir de Lui ou le tuer en certaines occasions (Marc 6 : 19 ; Luc 4 : 29 ; 19 : 47 ; Jean 7 : 1 ; 11 : 8, 53), néanmoins le moment que Dieu avait déterminé n'était pas encore venu.
            C’est seulement après son émouvante prière à Gethsémané que « l’heure est arrivée » : le Fils de l'homme allait être « livré entre les mains des pécheurs » (Matt. 26 : 45 ; Marc 14 : 41). C’était l’heure des hommes : « c'est maintenant votre heure et le pouvoir des ténèbres », a dit Jésus (Luc 22 : 53) - et en même temps, c'était « son heure » !


                        L’heure où Jésus a été abandonné par ses disciples (Jean 16 : 32)

            
L’heure des souffrances de la part des hommes était aussi le moment où les disciples se sont dispersés et que tous l’ont abandonné. Néanmoins, cette grande solitude et cet abandon ont été plus que « compensés » par sa communion parfaite avec son Père : « Voici l’heure vient, et elle est venue, où vous serez dispersés chacun chez soi et où vous me laisserez seul. Mais je ne suis pas seul, car le Père est avec moi » (Jean 16 : 32).


                        L’heure de la solitude suprême du Seigneur - abandonné de Dieu (Jean 12 : 27)

            On ne peut pas comparer les souffrances physiques et morales qui ont été infligées par les hommes à notre Rédempteur aux souffrances expiatoires de la part de Dieu durant les heures de ténèbres. Cette heure de souffrance était sans cesse présente dans la pensée du Seigneur depuis le début de sa vie et Il a toujours eu cette ombre de la croix devant Lui. C’est ainsi que, dans la détresse de l’anticipation, Il s’est écrié en Jean 12 : 27 : « Maintenant mon âme est troublée ; et que dirai-je ? Père, délivre-moi de cette heure ». Mais c’était précisément pour cette heure de l’expiation de nos péchés qu’Il était venu, et Il voulait glorifier son Père par sa mort. C’est pourquoi Il ajoute : « Mais c’est pour cela, pour cette heure, que je suis venu. Père, glorifie ton nom » (v. 27). Qu’Il est merveilleux ce Rédempteur qui a glorifié Dieu et a obtenu notre rédemption au prix de l’abandon de Dieu !


                        L’heure de retourner au Père dans la gloire (Jean 13 : 1 ; 17 : 1)

            
Le Seigneur Jésus connaissait toutes les souffrances par lesquelles Il aurait à passer (Jean 18 : 4). Mais Il connaissait aussi la joie qui était devant Lui : quitter ce monde pour aller au Père, après avoir accompli l'œuvre « qu'Il lui avait donnée à faire » (17 : 4). « Son heure était venue pour passer de ce monde au Père » (13 : 1).
            Comme souvent dans l’évangile de Jean, Jésus dirige ses pensées en avant, et regarde au-delà de ses souffrances et de sa mort. Aussi en Jean 17 : 1, est-Il est occupé du grand thème de sa glorification auprès de son Père : « Père, l’heure est venue ; glorifie ton Fils, afin que ton Fils te glorifie ». C’est parce qu’Il était au même niveau que son Père qu’Il pouvait demander à être glorifié : comme homme, Il désirait recevoir la même gloire au côté de son Père que celle qu’Il avait de toute éternité comme Fils de Dieu (v. 5). Les disciples auraient dû se réjouir que le Seigneur aille vers son Père (Jean 14 : 28). Nous réjouissons-nous de ce qu’Il est dans la gloire ?


                        L'heure de sa glorification devant le monde (Jean 2 : 4 ; 12 : 23)

            
En Jean 1 : 35 et 2 : 11, l’évangéliste décrit trois jours et donne ainsi un bref aperçu de trois aspects d’époques à venir :
                  - premièrement, le temps du christianisme (1 : 35-42) : Christ, l’Agneau de Dieu, en est le centre ;
                  - ensuite la conversion des Juifs qui recevront Christ comme leur Messie (1 : 43-51, Christ étant ici le Roi et le Messie;
                  - enfin, le temps du règne millénaire sur toute la terre (2 : 1-11), Christ étant dans « la Galilée des nations », selon Matt. 4 : 15. Ce dernier et troisième jour a pour sujet les noces de Cana. Le Seigneur répond à la demande faite par sa mère : « Mon heure n’est pas encore venue » (v. 4). (Selon d’autres commentateurs, ce verset de Jean 2 se réfère aux souffrances du Seigneur, signifiant qu’à son heure, l’homme userait de son pouvoir sur Lui. Avant cette heure, Il s’occupait des affaires de son Père (Luc 2 : 49) et par conséquent, Il ne permettrait pas qu’un être humain – Marie – lui dicte ce qu’Il avait à faire). Il n’avait pas encore la position de Seigneur, de Souverain sur les hommes et sur la nature, mais Il attendait ce moment. Il est vrai que dans le miracle de la transformation de l’eau en vin qu’Il accomplit tout de suite après, Il révèle sa gloire future (v. 11), ce n’était toutefois qu’une anticipation de son règne futur.

            Au chapitre 12, lorsque des Grecs ont voulu voir Jésus, Il a dit : « L’heure est venue pour que le Fils de l’homme soit glorifié » (Jean 12 : 23).
            En Jean 13 : 31, le Seigneur Jésus répète la même phrase, mais dans un tout autre sens : il s'agit cette fois de la manifestation de sa gloire personnelle à la croix. Le contexte dans lequel se trouve ce verset permet d’en saisir le sens. Comme roi d’Israël (12 : 13) le moment de sa glorification était venu, en tant que Fils de l’Homme, pour régner sur toute la terre (Ps. 8 : 5-7). Mais Il devait d’abord passer par la mort, afin de pouvoir porter « beaucoup de fruit » (12 : 24). Les chrétiens constituent les premiers fruits de cette moisson encore à venir et ils se réjouissent déjà de la gloire du Seigneur Jésus.


                        Son heure comme Juge (Jean 5 : 28)
 
            
Le Seigneur Jésus, comme Fils de l’Homme, a aussi reçu du Père le pouvoir, la compétence de juger, de prononcer la condamnation et de l’exécuter. En Jean 5 : 25 : « L'heure vient... », Il résume en une seule parole toute la période d’activité comme Juge, quand bien même cette heure comprend divers moments. Dieu a donné autorité au Fils «d'exercer le jugement »(v. 27). Lors de la première résurrection, celle de la vie (qui se déroule en diverses étapes, selon 1 Thes. 4 : 16 ; Apoc. 20 : 4-6), ceux qui entendront sa voix vivront. La deuxième résurrection sera celle du jugement (v. 29b ; Apoc. 20 : 14 : « la seconde mort ») ; le Sauveur de Golgotha sera alors le Juge de l’univers !

 

Les « heures » des chrétiens - d’abondantes bénédictions pour eux

                        L'heure de la foi (Jean 5 : 25)

            Jean l’évangéliste attire toujours à nouveau l’attention sur la nécessité de croire au Seigneur Jésus et de L’écouter. Pour cela, il faut se réveiller de notre sommeil spirituel mortel. «  En vérité, en vérité, je vous dis : L’heure vient, et c'est maintenant, où les morts entendront la voix du Fils de Dieu, et ceux qui l’auront entendue vivront ».
            L'expression : « et elle est maintenant » ne figure pas dans le verset 28 ; il s’agit là d’une époque future. Ce complément signale que le Seigneur anticipait le temps d’après l’accomplissement de son œuvre – un élément important pour comprendre l’évangile selon Jean. Le Seigneur Jésus, comme Homme glorifié, voulait et veut donner la vie éternelle à ses créatures, c’est pourquoi Il a demandé à être glorifié (Jean 17 : 1-2). Cette heure est encore actuelle, la mettons-nous à profit pour nous et/ou pour d’autres ?


                        L’heure de la manifestation du Père (Jean 16 : 25)

            La nuit précédant sa crucifixion, le Seigneur expliqua à ses disciples, lents à comprendre, qu’il était nécessaire qu’Il s’en aille, car c’était la condition pour que l’Esprit Saint puisse venir pour être le nouveau Consolateur et les guider dans la vérité. Et puis viendrait l’heure à laquelle Il parlerait à ses disciples, et à nous-mêmes – par le moyen de l’Esprit – « ouvertement du Père » (Jean 16 : 25). Connaître le Père comme le Père du Seigneur Jésus, comme une Personne avec laquelle on peut jouir de la communion au sujet de son Fils (1 Jean 1 : 3-4), c’est une des plus grandes bénédictions pour nous chrétiens !


                        L’heure de l’adoration du Père « en esprit et en vérité » (Jean 4 :23)

            Du temps de l’Ancien Testament, les Juifs adoraient Dieu selon la connaissance qu’ils en avaient. Mais, avec l’œuvre de la rédemption, la venue du Saint Esprit et l’obtention de la vie éternelle, les hommes sont maintenant à même d’adorer « en esprit et en vérité ». Ils ont reçu l’Esprit Saint et ils peuvent adorer Dieu, qui est Esprit, spirituellement et de la manière qui convient. En outre, Dieu a révélé toute la vérité au sujet de Lui-même et de son Fils, et Il a ainsi rendu capables les croyants de l’adorer en accord avec cette entière vérité.
            Jouissons-nous de ce privilège et en faisons-nous usage ? Le Père en cherche de « tels qui l'adorent » (v. 23b).


                        L’heure de la persécution (Jean 16 : 4)

            Les disciples et ceux qui ont cru au Seigneur Jésus par sa parole (Jean 17 : 20) n’ont rien à attendre de bon de la part du monde : « Si le monde vous hait, sachez qu’il m’a haï avant vous » (Jean 15 : 18). Les personnes religieuses d’alors pouvaient même aller jusqu’à penser qu’en persécutant et en traitant les vrais chrétiens comme des « apostats », ils rendraient service à Dieu : « l'heure vient même où quiconque vous tuera pensera accomplir un service envers Dieu », a dit Jésus (Jean 16 : 2 ; comp. Act. 22 : 3-4).
            Quand cette heure serait venue (Jean 16 : 4), les paroles du Seigneur se réaliseraient. Et qu’en est-il pour nous ? Ne devrions-nous pas être prêts à supporter, de temps à autre, des inconvénients ou des moqueries en échange des excellentes bénédictions liées à notre merveilleux Seigneur ?

            Que ces courtes réflexions contribuent à une meilleure compréhension des textes bibliques cités et encouragent les lecteurs à les étudier personnellement.

 

D'après Martin Schäfer - « Folge mir nach »