Aperçu du livre de Josué (15)

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APERCU  DU  LIVRE  DE  JOSUE (15)


DERNIERES EXHORTATIONS (ch. 23 et 24)
            Les rassemblements de Sichem
            Pourquoi le choix de Sichem ?
            Comment se déroulait la cérémonie ?
            Les deux chemins (ch. 23)
            Rétrospectives (ch. 24)
            L’alliance de Sichem
            Le monument de Sichem (v. 25-27)
            Une prophétie de Josué (v. 19)


DERNIERES EXHORTATIONS (ch. 23 et 24)

                        Les rassemblements de Sichem

            a) Josué convoqua au moins à trois reprises le peuple tout entier. La première de ces assemblées eut lieu à Sichem, entre le mont Ebal et le mont Garizim, sitôt après la victoire d’Aï. Ce rassemblement avait été ordonné par Dieu à Moïse (Deut. 27 : 2-8), et Josué se conforma à l’ordre de l’Eternel : « Tout Israël, et ses anciens, et ses magistrats, et ses juges, se tenaient des deux côtés de l’arche, devant les sacrificateurs, les Lévites… une moitié vis-à-vis de la montagne de Garizim, et l’autre moitié vis-à-vis de la montagne d’Ebal » (8 : 33).

            b) Deux autres rencontres du même genre sont mentionnées dans les chapitres 23 et 24 : « Il arriva que Josué appela tout Israël… » (23 : 2). « Josué assembla toutes les tribus d’Israël à Sichem (24 : 1).
           Ces deux rassemblements sont certainement les derniers qui ont été présidés par Josué, peu avant sa mort : « Josué était vieux, avancé en âge… » (23 : 1). « Et il arriva, après ces choses, que Josué, fils de Nun, serviteur de l’Eternel, mourut, âgé de cent dix ans… » (24 : 29).

            c) Il semble que du temps de Josué les rassemblements de Sichem avaient lieu périodiquement, peut-être même chaque année.
            Lors de ces assemblées solennelles, les tribus étaient exhortées à rester unies et à servir fidèlement l’Eternel. Leurs liens entre elles étaient resserrés et leurs membres affermis dans la pensée qu’ils appartenaient à un même peuple, le peuple de Dieu.
 

                        Pourquoi le choix de Sichem ?

            a) D’abord à cause de sa situation géographique. Ce lieu occupe le centre de l’antique Canaan. Il se trouve à égale distance des frontières nord et sud, sur la ligne de faîte des versants du Jourdain et de la Méditerranée. Sichem était dominé au nord par le mont Ebal et au sud par le mont Garizim.

            b) Surtout parce que Sichem est le lieu désigné par Dieu lui-même : « Et il arrivera que, quand l’Eternel, ton Dieu, t’aura fait entrer dans le pays où tu vas pour le posséder, tu mettras la bénédiction sur la montagne de Garizim, et la malédiction sur la montagne d’Ebal » - donc à Sichem (Deut. 11 : 29).
 

                        Comment se déroulait la cérémonie ?

            a) Au cours de ces rassemblements, les tribus se rangeaient en ordre sur les pentes des monts Ebal et Garizim, conformément à la volonté de Dieu (8 : 33) qui avait dit : « Quand vous aurez passé le Jourdain, ceux-ci se tiendront sur la montagne de Garizim pour bénir le peuple : Siméon, et Lévi, et Juda, et Issacar, et Joseph, et Benjamin ; et ceux-ci se tiendront sur la montagne d’Ebal pour maudire : Ruben, Gad, et Aser, et Zabulon, Dan et Nephtali » (Deut. 27 : 12-13).

            b) C’est à Sichem que Josué devait bénir le peuple et les Lévites devaient lire la loi, plus particulièrement les bénédictions et les malédictions contenues dans les chapitres 27 à 30 du Deutéronome (Deut. 27 : 14).

            c) Le cadre dans lequel se déroulait la cérémonie était très significatif. Ebal signifie « malédiction » et Garizim « bénédiction ». Placé entre ces deux hauteurs, Israël ne pouvait pas voir les deux en même temps. Leur position montrait qu’il y avait un choix à faire, un chemin à prendre pour obtenir la faveur divine ou demeurer sous la colère du souverain Juge.
            Les allocutions de Josué contenues dans les chapitres 23 et 24 ne sont en réalité que le commentaire des lectures proposées par Dieu lui-même. Dans ces discours pathétiques, le vieux conducteur place tour à tour Israël devant la bénédiction et la malédiction, l’invitant ensuite à choisir lucidement.
                  - Les bénédictions (23 : 5-11 ; Deut. 28 : 1-14)
                  - Les malédictions (23 : 12-16 ; Deut. 28 : 14-68)
                  - Le choix (24 : 15 ; Deut. 30 : 15)

            d) Le livre de Josué se termine par le récit de l’ensevelissement du corps de Joseph. Ce patriarche, avant de mourir, avait fait jurer les enfants d’Israël, en disant : « Certainement Dieu vous visitera, et vous ferez monter d’ici mes os » (Gen. 50 : 25 ; lire encore Héb. 11 : 22 ; Ex. 13 : 19). Transporté pendant toute la traversée du désert, il connut enfin le repos de la Terre Promise dans le sol sacré de Sichem. Ses os furent déposés dans la portion du champ que Jacob acheta jadis aux fils de Hamor, père de Sichem (24 : 32).
 

                        Les deux chemins (ch. 23)

            Dans le chapitre 23, Josué décrit les deux voies opposées (et leur aboutissement) qui s’ouvrent devant Israël :

                          La voie de la bénédiction

            C’est celle de la fidélité à l’Eternel : « Vous vous attacherez à l’Eternel, votre Dieu » (v. 8, 11). « Inclinez votre cœur vers l’Eternel, le Dieu d’Israël » (24 : 23).
            Ce qui implique :
                  - La séparation d’avec les peuplades idolâtres. « … que vous n’entriez pas parmi ces nations » (23 : 7). Israël est un peuple « saint », c’est-à-dire « séparé », mis à part pour Dieu. Cet ordre a aussi une signification pour les chrétiens (2 Cor. 6 : 17).
                  - Le refus de toute idolâtrie. « … que vous ne vous prosterniez pas devant eux » (23 : 7). « Ôtez les dieux étrangers » (24 : 23). Une recommandation analogue est adressée aux chrétiens (1 Jean 5 : 21 ; 1 Cor. 10 : 14 ; Col. 3 : 5).
                  - La poursuite de la lutte (23 : 5).

            Les conséquences de cette attitude fidèle (23 : 5) sont la bénédiction, la victoire et la possession d’un pays plus vaste.

              La voie de la malédiction

            Ceux qui se détournent de l’Eternel pour servir d’autres dieux connaîtront :
                  - La souffrance : Les nations « vous seront un filet, et un piège, et un fouet dans vos côtés, et des épines dans vos yeux… » (23 : 13).
                 Le filet est ici un signe d’esclavage ; il évoque la souffrance, et les épines dans les yeux sont synonymes de ténèbres. Le croyant qui pactise avec le monde devient l’esclave de ses passions, il perd sa joie, et son intelligence est obscurcie.
                  - L’impuissance du peuple à chasser les ennemis ou à se les assujettir : « L’Eternel, votre Dieu ne continuera pas à déposséder ces nations devant vous » (v. 13).

                  - La destruction (v. 13, 16) : « Vous périrez… entièrement » (Deut. 4 : 26).


                        Rétrospectives (ch. 24)

            Avant d’inviter Israël à choisir l’une ou l’autre de ces voies, Josué juge utile de faire un retour sur le passé et d’énumérer les faits marquants de la vie du peuple élu. C’est une histoire prodigieuse, souvent racontée dans la Bible (Ps. 78 ; 105 ; 106 ; Act. 7).
            Josué mentionne dans le chapitre :
                  - L’appel d’Abraham (v. 2, 3).
                  - La naissance d’Isaac (v. 3).
                  - La descente en Egypte (v. 4).
                  - Les plaies d’Egypte (v. 5).
                  - Le passage de la mer Rouge (v. 6-7).
                  - Le long séjour dans le désert (v. 7 fin).
                  - L’arrivée du peuple à l’est du Jourdain (v. 8).
                  - L’histoire de Balaam (v. 9-10).
                  - Le passage du Jourdain (v. 11).
                  - la conquête du pays (v. 11-12).
                  - L’installation dans un pays d’abondance (v. 13).

            Le but de cette rétrospective est clair : précédant l’ordre de choisir entre les deux voies, elle veut l’influencer. Peut-on se détourner d’un Dieu qui a merveilleusement conduit et protégé son peuple ? Ce bref rappel du passé doit faire naître dans le cœur de chacun à la fois la reconnaissance en pensant au chemin parcouru, la confiance en envisageant l’avenir, et l’obéissance pour conserver la faveur de ce Dieu de bonté. Israël serait vraiment coupable de se détourner de Lui (v. 18, 24).


                        L’alliance de Sichem

            Israël doit se déterminer pour l’Eternel ou les faux dieux (v. 15).
                  a) Avant d’attendre la réponse de son peuple, Josué fait publiquement son choix. Pourquoi ? Sans doute parce qu’il connaît la valeur de l’exemple ; en se tournant résolument vers l’Eternel, il souhaite entraîner les autres sur ses traces : « Moi et ma maison, nous servirons l’Eternel » (v. 15).
                  b) Avec enthousiasme et d’une seule voix, les enfants d’Israël se déclarent pour leur Dieu, faisant solennellement alliance avec Lui : « Nous, nous servirons l’Eternel, car c’est lui qui est notre Dieu » (v. 18).
                  c) Cependant, Josué se méfie de l’enthousiasme et sait qu’on ne prend pas devant Dieu des engagements à la légère. Aussi juge-t-il utile et bon de revenir sur les exigences divines (v. 23). Et, à plusieurs reprises, le peuple confirme sa ferme décision de rester fidèle à l’Eternel (v. 21, 24).
                  d) Israël demeura-t-il fidèle à ses engagements ? Oui, durant la vie de Josué et des anciens qui lui survécurent (v. 31). L’influence du conducteur et d’hommes tels que Caleb maintint le peuple dans la bonne voie, choisie solennellement à Sichem. Hélas ! il n’en fut pas de même avec les générations suivantes : « Les enfants d’Israël firent ce qui est mauvais aux yeux de l’Eternel… et servirent les Baals et les ashères » (Jug. 3 : 7).


                        Le monument de Sichem (v. 25-27)

            A l’occasion de ce rassemblement, Josué dressa une pierre destinée à rappeler à son peuple l’engagement qu’il venait de prendre : Josué « prit une grande pierre… et dit … : Voici, cette pierre sera témoin contre nous, car elle a entendu toutes les paroles de l’Eternel, qu’il nous a dites ; et elle sera témoin contre vous, de peur que vous ne reniiez votre Dieu » (v. 26-27). Plus tard, lorsque les enfants d’Israël se détourneraient de leur Seigneur, la pierre de Sichem devait témoigner contre un peuple qui n’avait pas tenu ses engagements, lui rappelant sa désobéissance et la malédiction qui en était la conséquence.


                        Une prophétie de Josué (v. 19)

            Josué tient devant le peuple un langage étonnant qui a, pour nous qui connaissons son histoire, valeur de prophétie : « Vous ne pourrez pas servir l’Eternel » (v. 19). Josué connaissait bien le cœur de l’homme, par nature indocile et peu enclin à se soumettre à Dieu. « La chair ne se soumet pas à la loi de Dieu… elle ne le peut même pas » (Rom. 8 : 7). Aussi longtemps que le « cœur de pierre » n’a pas été ôté et remplacé par « un cœur de chair », l’obéissance est impossible et tout engagement demeure sans lendemain.

            En terminant ce livre si vivant et si riche d’enseignements, retenons comme mot d’ordre l’exhortation du chef qui allait quitter son peuple : « Prenez bien garde à vos âmes pour aimer l’Eternel, votre Dieu » (23 : 11).
            Ces pages ont retracé l’une des plus belles périodes de la vie d’Israël. Soumis à Dieu et à son chef, ce peuple s’empare du pays par une succession de campagnes victorieuses rapidement menées. Il vient à bout d’un adversaire nombreux et puissant, parce que l’Eternel le précède et combat pour lui. Une fois de plus, Dieu a tenu parole : « Tout lieu que foulera la plante de votre pied, je vous le donne. » Cette fidélité aux promesses faites jadis stimule le chrétien aujourd’hui.
            Les leçons qu’inspirent ces récits ne manquent pas. Par exemple :
                  - L’Eternel est puissant pour accomplir, en son temps, tout ce qu’il a promis.
                  - Rien n’est impossible à Dieu. Pas plus le Jourdain que les puissantes murailles de Jéricho ne sont un obstacle pour lui.
                  - Si le peuple doit passer à l’action avec les risques que cela comporte, il est certain qu’il ne triomphe que par la foi.
                  - Dieu n’ordonne jamais d’accomplir une tâche sans donner les moyens de la mener à bien.
                  - Toutefois, si l’Eternel comble les siens, les dotant d’un héritage fabuleux (le mot n’est pas trop fort), il reste aussi vrai que le croyant ne peut en jouir, que s’il s’en empare dans un acte de confiance et d’abandon.
                  - La foi en l’action de l’Eternel va de pair avec une réelle consécration. Donc pas d’interdit mais une entière dépendance de Dieu.

            Bénissons Dieu pour son livre, tout entier « inspiré et utile » (2 Tim. 3 : 16) pour vivre une vie chrétienne dynamique. Continuons à lire sans relâche la Parole, toujours soucieux de communiquer aux autres notre intérêt pour elle et notre amour pour son Auteur.
            « Veillez : votre adversaire, le diable, comme un lion rugissant, rôde autour de vous, cherchant qui dévorer. Résistez-lui, étant fermes dans la foi… Le Dieu de toute grâce, qui vous a appelés à sa gloire éternelle dans le Christ Jésus, lorsque vous aurez souffert un peu de temps, lui-même vous rendra accomplis, vous affermira, vous fortifiera, et vous établira sur un fondement inébranlable. A lui la gloire et la puissance, aux siècles des siècles ! » (1 Pier. 5 : 8, 10-11).

 

D'après A. Adoul