Aperçu du livre de Josué (14)

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APERCU  DU  LIVRE  DE  JOSUE (14)


LES VILLES DE REFUGE (ch. 20)
          Les noms des villes de refuge (20 : 7-9)
          Le rôle de ces villes
          Qui pouvait trouver refuge dans ces villes ?
          La conduite du meurtrier
          La signification spirituelle des villes de refuge ? 
L’AUTEL TEMOIN  (ch. 22)
          Sa fidélité
          Son unité
          Sa discipline
          La bonne volonté de tous


LES VILLES DE REFUGE (ch. 20)

                       Les noms des villes de refuge (20 : 7-9)

            L’Eternel répète à Josué l’ordre déjà donné à son prédécesseur (v. 1 ; Nom. 35 : 1-8), celui de choisir, de part et d’autre du Jourdain, des villes dites « de refuge » vers lesquelles pourront s’enfuir les meurtriers « involontaires » (v. 3). Ces villes sont au nombre de six, trois à l’est du Jourdain et trois à l’ouest. Leurs noms ont tous une valeur symbolique (indiquée ci-dessous entre guillemets) :

                                         au nord : KEDESH « saint »
   A l’ouest du Jourdain    au centre : SICHEM « épaule »
                                         au sud : HEBRON « communion »

                                          au nord : GOLAN « joie »
   A l’est du Jourdain        au centre : RAMOTH « exalté »
                                         au sud : BETSER « forteresse »

            Ces villes étant ainsi situées, le coupable avait à couvrir une distance maximum de 40 km pour atteindre la ville la plus proche. L’Eternel ne tenait pas à ce que le meurtrier ait à faire un chemin trop long, de peur que le vengeur ne finisse par le rejoindre (Deut. 19 : 6).
            Signalons que ces villes sont souvent mentionnées dans l’Ecriture (Nom. 35 ; Deut. 19 : 1-13 ; Jos. 20).
 

                        Le rôle de ces villes

            Elles offraient un asile sûr à l’homicide jusqu’à ce que son cas pût être examiné. Aussi longtemps qu’il se trouvait dans la cité, cet homme était à l’abri du vengeur. Ainsi, par le moyen de ces villes, les innocents pouvaient échapper à la mort. On appelait « vengeur » le plus proche parent de la victime, qui avait le devoir de poursuivre le meurtrier pour le frapper à mort (Nom. 35 : 19 ; Deut. 19 : 12).


                        Qui pouvait trouver refuge dans ces villes ?

            Tous les meurtriers ne pouvaient pas venir trouver refuge dans ces villes, mais seulement ceux qui pouvaient prouver :
                    a) Que le coup malheureux ayant entraîné la mort d’un homme était involontaire (Deut. 19 : 4) : « … car c’est sans le savoir qu’il a frappé son prochain » (Jos. 20 : 5).
                    b) Qu’il n’y avait ni préméditation ni haine à l’égard de sa victime : « il ne le haïssait pas auparavant » (v. 5).
            Si un homme avait frappé son prochain subitement, sans inimitié, sans préméditation, par mégarde, sans qu’il y ait eu de la haine… alors l’assemblée devait délivrer le meurtrier involontaire de la main du vengeur et le faire retourner dans la ville de refuge où il s’était enfui » (Nom. 35 : 21-25).
                    c) Qu’il n’avait utilisé ni pierre, ni instrument de fer ou de bois (Nom. 35 : 16-18). Cette loi était valable pour l’Israélite comme pour l’étranger établi ou de passage en Palestine (Jos. 20 : 9).


                        La conduite du meurtrier

                                    Fuite vers la ville (v. 4)
            Son premier souci était d’échapper au vengeur. Aussi, sans plus attendre, laissant famille, travail et maison, s’enfuyait-il vers la cité de refuge la plus proche. Pour faciliter son déplacement, l’Eternel avait ordonné d’entretenir les routes qui conduisaient à ces villes (Deut. 19 : 3).

                                    Interrogatoire (v. 4).
            L’homicide exposait son cas aux anciens qui siégeaient en permanence à l’une des portes de la ville. Ceux-ci devaient d’abord lui assigner une demeure et s’occuper ensuite de le faire comparaître devant l’Assemblée de sa propre ville, où avait été commis le meurtre. Dans cette assemblée, chargée de juger le cas, se trouvait inévitablement des personnes qui connaissaient bien le meurtrier. Elles étaient donc en mesure de témoigner avec exactitude de son innocence ou non, étant au courant de ses rapports avec la victime. Si l’homicide était reconnu involontaire et sans préméditation, le meurtrier retournait dans la ville de refuge qui l’avait accueilli (Nom. 35 : 24-25 ; Josué 20 : 6).

                                    A l’abri dans la cité (v. 6).
            Lorsque le meurtrier était reconnu coupable, il restait dans la ville et se gardait d’en sortir. Hors de ce territoire, il courait le danger d’être frappé par le vengeur qui alors, avait le droit de le tuer (Nom. 35 : 26-27).

                                    Retour à la maison (v. 6).
            Ce n’est qu’à la mort du souverain sacrificateur alors en fonction que le meurtrier pouvait sortit librement de la ville et réintégrer sa maison en toute sécurité. Son séjour forcé pouvait être assez long puisque certains grands prêtres sont restés plus de quarante ans en service. La gêne qui résultait de cet internement était compensée par la sécurité dont jouissait le meurtrier. Elle constituait pour les enfants d’Israël un avertissement sérieux : il fallait apporter une grande prudence dans les rapports avec le prochain. Cette mesure était aussi destinée à empêcher les vendettas entre familles.

            En résumé, la vie et la réintégration de l’homicide dépendaient :
                      a) Du vengeur qui pouvait le frapper s’il s’éloignait de la ville.
                      b) Des anciens de la ville, qui pouvaient le livrer au parent de la victime.
                      c) Du jugement de l’Assemblée.
                      d) Du souverain sacrificateur, qui pouvait mourir avant le meurtrier lui-même.


                        La signification spirituelle des villes de refuge ?

            a) Ces villes sont l’image du Christ, en qui nous trouvons un abri sûr, un refuge qui nous sauve de la colère de Dieu. Cette similitude est incomplète en ceci que le pécheur est vraiment coupable et que son innocence ne pourra jamais être établie.
            b) Cette institution semble se rapporter plutôt à Israël, meurtrier par ignorance de son Roi (Luc 23 : 34 ; 1 Tim. 1 : 13). Longtemps exilé de son pays, il reste sous la garde de Dieu jusqu’au jour où notre grand souverain sacrificateur reviendra (Héb. 9 : 28). Alors Israël réintégrera sa vraie patrie, et la miséricorde divine lui rendra son héritage.

 


L’AUTEL TEMOIN  (ch. 22)

            C’est dans le livre de Josué qu’Israël est vu sous son jour le plus favorable. Il y apparaît comme un peuple soumis et fidèle à l’Eternel.


                        Sa fidélité

            Après les avoir chaudement félicitées, Josué invite les trois tribus de la Transjordanie (Ruben et la demi-tribu de Manassé) à retourner dans leurs possessions, à l’est du Jourdain (relire Nom. 32). Avant de les laisser partir :
                      a) Il reconnaît publiquement la fidélité et le dévouement de ces tribus (22 : 2-3),
                      b) Il note leur esprit de sacrifice : les hommes ont accepté une longue séparation d’avec leurs familles (1 : 14 ; 22 : 2, 8).
                      c) Josué les exhorte comme par le passé (v. 2) à continuer d’obéir à Dieu (v. 5).
                      d) Enfin, il les bénit au nom de l’Eternel (v. 8).


                        Son unité

           
Sitôt arrivées en Galaad, ces trois tribus érigent un autel colossal, un autel « de grande apparence », sur la rive est du Jourdain, autel visible depuis Canaan (v. 10-12). Initiative sans doute coupable, car ces Israélites n’ont point consulté l’Eternel, ni Josué, ni les anciens à ce sujet. Cette négligence entraîne l’incident rapporté dans ce chapitre 22.
            Quelle est ici l’intention de ces trois tribus ? Elle est louable car, par cette imposante construction, ils désirent rappeler aux générations futures leur appartenance au peuple de Dieu. Ce monument commémoratif dira à tous que le Jourdain ne constitue pas une frontière, le pays de Galaad n’étant que le prolongement de la Palestine. En somme, les trois tribus veulent prouver par ce moyen leur attachement aux tribus sœurs de la Cisjordanie (v. 24-25, 28-29).


                        Sa discipline

           
L’initiative des gens de Galaad est mal interprétée. Les tribus de l’ouest les soupçonnent de vouloir édifier un second autel des sacrifices, contrairement à la loi de Dieu. En effet, nul n’ignore en Israël que l’Eternel doit désigner, le moment venu, le lieu unique où sera dressé le sanctuaire (Deut. 12 : 1-4). Donc il ne peut y avoir d’autre autel que celui du sanctuaire, érigé dans son parvis. En élever un autre, c’est commettre une grave infraction qui entraîne un châtiment exemplaire (Lév. 17 : 8-9) D’où l’indignation et les reproches véhéments des tribus de Cisjordanie, qui taxent leurs frères de « rebelles » (v. 16). Pour cette raison :
                      a) Les enfants d’Israël de l’ouest s’organisent aussitôt pour attaquer les tribus supposées infidèles (v. 12).
                      b) Une délégation conduite par Phinées, le fils du souverain sacrificateur, est envoyée depuis Silo (le centre culturel d’Israël où était dressé le tabernacle), afin d’enquêter sur la prétendue trahison des tribus de Galaad. Rappelons que Phinées était connu pour son zèle pour Dieu et son opposition farouche aux pratiques païennes (Nom. 25 : 6-13).
                      c) Ils proposent même à ces tribus de s’installer au milieu d’eux (acceptant de donner une partie de leur territoire) dans le pays « où est le tabernacle de l’Eternel » (v. 19).
                      d) Cet incident se termine par une heureuse réconciliation (v. 33).
            Ce fait honore le peuple ; il donne la preuve qu’il ne peut tolérer une aussi grave infidélité. Son intervention est :
                - immédiate (v. 12),
                - sans faiblesse (v. 12-20),
                - dans un esprit de sacrifice (v. 19).



                        La bonne volonté de tous

            Toutes les tribus étant de bonne foi, l’ordre ne tarde pas à être rétabli. Ainsi se termine dans la louange (v. 33) un incident qui aurait pu diviser le peuple.

            Apprenons de ce récit une précieuse leçon : lorsque nos actes risquent d’être mal interprétés, prenons le temps d’informer de nos intentions les membres de notre famille ou de notre communauté en tenant compte de leurs réactions et de leurs conseils.

 

D'après A. Adoul

 

A suivre