Méditations suivies : Philippiens, chapitre 3

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NOTES SUR L'EPITRE AUX PHILIPPIENS (3)

 
 CHRIST, NOTRE BUT : Chapitre 3
           1 - La joie en Christ en face des dangers : Phil. 3 : 1-3
           2 - L'excellence de la connaissance du Christ Jésus : Phil. 3 : 8-11
           3 - La course chrétienne et son but glorieux : Phil. 3 : 12-16
                         - Poursuivre la course
                         - Faire « une chose » : courir « droit au but »
                         - Marcher dans le même sentier
           4 – Le salut du corps : Phil. 3 : 17-21


 
CHRIST, NOTRE BUT : Chapitre 3
 
            « Je cours droit au but pour le prix de l'appel céleste de Dieu dans le Christ Jésus » (v. 14).
           
           
            Rien sur la terre n'a un prix suffisant pour retenir l'attention de l'apôtre et le détourner de la contemplation de Christ, le but glorieux de sa course. Ainsi le chrétien puise l'énergie pour surmonter les dangers et il goûte déjà, avant d'atteindre sa patrie céleste, la véritable joie dans le Seigneur. 
 
 
1 - La joie en Christ en face des dangers : Phil. 3 : 1-3
 
            L'apôtre place devant les saints de Philippes le sujet de joie le plus élevé : « Réjouissez-vous dans le Seigneur ». Au chapitre 4, il ajoute : « Réjouissez-vous toujours dans le Seigneur ». Il convient de le faire en connaissant et en possédant tout ce que nous avons en Lui. « J'ai de la joie en ta parole, comme un homme qui trouve un grand butin » (Ps 119 : 162). Ici, le sujet de la joie est centré sur la Personne même du Seigneur, connue telle qu'elle est, dans ce qu'Il a fait, dans son amour, dans les résultats de son oeuvre ; n'est-ce pas la sécurité de notre âme, au milieu des circonstances difficiles et en face des dangers signalés dans ces versets ?
 
            Paul met en garde contre les « chiens », les « mauvais ouvriers » et « la concision » (v. 2). Il signale les dangers d'un mauvais enseignement, qui priverait nécessairement le croyant de la joie dans le Seigneur.
            Le premier terme (« chien ») fait probablement allusion à ceux qui, venant du dehors avec des éléments de la philosophie païenne, détournaient de Christ ; il pourrait s'agir des Nicolaïtes, que nous retrouvons dans l'épître de Pierre et dans celle de Jude.
            Les mauvais ouvriers ne viennent pas nécessairement du dehors : ce sont des corrupteurs. Or, « si quelqu'un corrompt le temple de Dieu, Dieu le détruira, car le temple de Dieu est saint, et tels vous êtes » (1 Cor. 3 : 15).
            La concision fait allusion aux judaïsants qui cherchaient à placer les saints sous les principes judaïques, comme cela avait eu lieu en Galatie. La concision désigne une forme de judaïsme. Ce terme est un blâme pour la circoncision limitée à la chair (sous sa signification corporelle). C'est un terme ironique, méprisant, qui désigne quelque chose d'incomplet. Il suppose une simple mutilation appliquée à la chair, mais sans effet sur le coeur.
            Ces dangers existent encore aujourd'hui. C'est une mise en garde contre la religion de la chair. Par ces 3 expressions différentes, l'apôtre nomme peut-être des personnes, chez lesquelles peuvent se retrouver simultanément ces trois caractères.
 
            Dans le verset 3 sont donnés quatre magnifiques éléments qui déterminent les caractères du vrai christianisme, particulièrement en contraste avec le judaïsme :
                  - nous sommes la circoncision : il s'agit de quelque chose de complet, d'une vraie séparation pour Dieu et à Dieu. C'est alors réellement la circoncision du coeur (Jér. 4 : 4), la mise de côté totale de l'homme dans la chair, de l'homme en Adam, qui a eu lieu à la croix.
                  - nous rendons culte par l'Esprit de Dieu : Israël ne rendait pas culte de cette manière. Les fonctions du culte juif étaient réglées par des ordonnances charnelles. En Jean 4, le Seigneur parle des vrais adorateurs en contraste avec les Juifs, aussi bien qu'avec les Samaritains : les vrais adorateurs adoreront le Père « en esprit » (en contraste avec le culte des Juifs), et « en vérité » (en contraste avec le culte erroné des Samaritains). Tout culte qui n'est pas sous l'action de l'Esprit n'est pas un culte chrétien. Tel le premier grand privilège appartenant au croyant : rendre culte par l'Esprit de Dieu. Alors, nous sommes la circoncision, puisque nous rendons un culte spirituel, qui correspond à la nature même de Dieu, qui est Esprit.
                 - nous nous glorifions dans le Christ Jésus : alors que les hommes se glorifient généralement de ce qu'ils font, de ce qu'ils ont ou de ce qu'ils sont, le croyant n'a pas à se glorifier lui-même puisqu'il est sauvé par la grâce et que tout ce qu'il a vient de Dieu (Eph. 2 : 8 ; 1 Cor. 4 : 7).
                 - nous n'avons pas confiance en la chair : le mot « chair » n'est pas pris dans son sens de péché en activité en nous. Pourtant les Juifs auraient pu avoir confiance dans la chair ; ils étaient le peuple de Dieu ; les oracles de Dieu leur avaient été confiés (Rom. 3 : 2) et ils pouvaient ainsi se glorifier de bien des choses que les nations n'avaient pas !  Et l'apôtre, plus encore que d'autres Juifs, aurait eu de quoi se glorifier dans la chair.
 
            Paul aurait pu se glorifier, en raison de ses privilèges de naissance et d'éducation religieuse :
                 - il avait été circoncis comme tout vrai Israélite, descendant direct du peuple élu de Dieu.
                 - il était originaire de Tarse, ville de renom.
                 - il appartenait à la secte la plus stricte du culte juif, celle des pharisiens.
                 - il était sans aucun reproche quant à la justice légale.
            Ayant connu Christ et l'excellence de sa personne, l'apôtre estime ses avantages religieux comme une perte : « les choses qui pour moi étaient un gain, je les ai regardées, à cause du Christ, comme une perte » (v. 7). L'apôtre prend conscience de la nullité de ses avantages dans la chair, comme il ne pouvait pas le faire auparavant. Le contraste entre l'excellence de Christ et la vanité de ces avantages, l'amène à une telle estimation !
            Il ajoute : «  et je regarde même aussi toutes choses (c'est-à-dire tout ce qui, dans sa marche, pourrait être de nature à l'entraver) comme étant une perte » ; il les « estime même comme des ordures », toujours à cause de l'excellence de la connaissance de Christ. Au verset 7, l'apôtre possède une Personne ; au verset 8, il avance, il cherche à faire des progrès dans l'excellence de la connaissance de Celui qui a captivé son coeur.
 
 
 
2 - L'excellence de la connaissance du Christ Jésus : Phil. 3 : 8-11
 
            Saisi par Christ sur le chemin de Damas, Paul a réalisé alors le verset 7, tandis qu'il réalisera le verset 8 durant toute sa vie. N'a-t-on pas ici l'exemple frappant d'un homme complètement affranchi ? Il ne voit plus que Christ, il ne contemple plus que Lui, il court droit au but ; tout ce qui peut le retenir est estimé comme une ordure.
            Si l'amour pour Christ nous fait rejeter quelque chose, la perte est bénéfique. Quand on estime une chose comme une ordure, on l'abandonne sans peine. La difficulté pour le faire provient de l'attrait que nous avons encore pour les choses du monde. Ce qui peut nous donner une estimation différente, c'est la connaissance de la personne de Christ. Il est tellement grand, tellement beau, que les plus attirantes choses de la terre deviennent des ordures. Ainsi, Paul était devenu lui-même « comme les balayures du monde et le rebus de tous » (1 Cor. 4 : 13).
            Son premier but était de « gagner Christ » (v. 8), c'est-à-dire le posséder entièrement, après avoir mis de côté tout ce qui l'aurait détourné de lui. Etre «  trouvé en lui » (v. 9), c'est être vu, connu, là où Il se trouve, dans toute l'excellence de sa beauté et des gloires qui l'environnent. L'apôtre ne dit pas : « afin que je gagne Christ et que je sois justifié », mais que « je sois trouvé en lui  n'ayant pas ma justice qui est le la loi, mais celle qui est par la foi en Christ ». Il ne s'agit pas de la justification présente, mais d'être trouvé, manifesté, vu devant Dieu en possession de la justice qui est de Lui. C'est la justice découlant de toute l'oeuvre de Christ, de laquelle nous serons revêtus en gloire. Cela correspond à l'expression du verset 23 de Jean 17 : « moi en eux et toi en moi » ; c'est le Fils vu dans les saints et le Père vu dans le Fils. Tous les croyants seront trouvés en Christ, ayant la justice de Dieu.
            Pourtant l'apôtre ne présente pas cette chose comme une vérité doctrinale, mais comme le résultat de ce qu'il fait : « afin que je sois trouvé en lui ». C'est le côté de la responsabilité. Dans l'épître aux Philippiens, l'apôtre conduit par l'Esprit, parle beaucoup de lui-même : au chapitre premier, on a ainsi l'exemple d'un croyant qui désire « vivre Christ » ; au chapitre 2, d'un croyant qui garde ses yeux fixés sur Christ et désire lui ressembler dans son abaissement ; au chapitre 3, ce croyant court droit au but et au chapitre 4, il peut « toutes choses en celui qui le fortifie ». Là encore, il parle comme chrétien. Nulle part dans l'épître aux Philippiens, Paul ne parle comme apôtre : il prend le caractère d'esclave de Jésus Christ, caractère qui appartient à tous les chrétiens. Nous avons donc, en Paul, le chrétien-type. Ce qui est dit dans cette épître peut aussi être réalisé par n'importe quel chrétien. Pour bien comprendre ce passage, il faut se rappeler ce qui précède : l'apôtre nous a parlé de la justice de la loi, selon laquelle il était sans reproche. Il fait peu de cas de cette justice en disant : « n'ayant pas ma justice, qui est de la loi » (v. 9). Il désire être trouvé au jour de Christ avec la justice de Dieu. C'est pourquoi, il « court droit au but, pour le prix de l'appel céleste de Dieu » (v. 14). Il est très important de penser au terme de la course. Si notre foi est bien réelle et vivante, il y aura en nous, dans une mesure, ce qui se trouvait chez Paul. Dans l'épître à Timothée, la course, c'est le service. Elle se termine sur cette terre, tandis qu'ici, le point d'arrivée, c'est Christ dans la gloire. De sorte que si nous sommes occupés de ce but, nous aurons le désir et la force de regarder toutes les choses de la terre comme des ordures. On ne joue pas avec les ordures, on les jette ! Ce n'est pas simplement une exhortation de l'apôtre ; c'est simplement un fait.
            « Pour le connaître Lui » (v.10), c'est présent et c'est futur aussi. «  La puissance de sa résurrection », c'est le moyen d'arriver au but, présenté au verset 9, et de le connaître déjà ici-bas, tel qu'Il est dans la gloire. Cette puissance de la résurrection était en Christ, dans sa marche et elle s'est manifestée jusqu'au bout. C'est la puissance du Saint Esprit qui se manifeste dans la vie pratique. Il faut connaître cette puissance de résurrection et vivre en ressuscité pour être capable de traverser les souffrances que Christ a connues ici-bas, comme le témoin fidèle : les pleurs, la fatigue, la tempête. On peut alors avoir une part commune à ses souffrances. C'est ce que signifie l'expression : « la communion de ses souffrances ».
            « Etant rendu conforme à sa mort » (v. 10) : Christ est passé par la mort et Paul était prêt à passer par le même chemin (« étant rendu conforme à sa mort » - v. 10), pour connaître la puissance de la résurrection jusqu'au bout : « Si, en quelque manière que ce soit, je puis parvenir à la résurrection d'entre les morts » (v. 11). Cette résurrection-là est l'expression de la faveur toute spéciale de Dieu à l'égard de ceux qui y ont part.
 
 
 
3 - La course chrétienne et son but glorieux : Phil. 3 : 12-16
 
                 - Poursuivre la course
 
            « Non que j'aie déjà reçu le prix » (v. 12) : Christ est proposé au fidèle comme le prix qu'il doit atteindre. Si on a la foi, c'est qu'on a été saisi par Christ. En ceci, on trouve la raison de tendre vers Lui et de poursuivre, en cherchant à le saisir. Selon une fausse logique, puisque nous avons été saisis par Christ, nous devrions rester bien tranquilles, sans plus nous mettre en souci. Selon une raison plus pure, le fait d'avoir été saisi par Christ doit nous remplir de zèle pour chercher à imiter l'apôtre.
            Paul cherchait donc à saisir Celui qui était déjà sa portion ici-bas, mais il désirait Le posséder dans la gloire, dans la conformité à lui-même, étant revêtu de la justice de Dieu, bien qu'il soit déjà justifié par la foi. « Saisir » implique une force déployée, de l'énergie, celle de l'Esprit, pour obtenir quelque chose. L'apôtre aura véritablement saisi Christ, quand il lui sera semblable, revêtu d'un corps glorieux et qu'il le verra tel qu'Il est.
            « Je poursuis » (v. 12) : voilà vraiment le caractère de la course. L'exhortation est pour nous, puisque l'apôtre se propose comme modèle. Il n'a qu'un objet devant lui : Christ dans la gloire. N'avons-nous pas non plus cette même pensée dans Héb. 12 : 1 : « Rejetant tout fardeau et le péché qui nous enveloppe si aisément, courons avec patience la course qui est devant nous » ? La patience se montre dans les difficultés, dans les peines, dans tout ce qui est de nature à accabler, à décourager. Etre patient, c'est endurer les choses dans la soumission à la volonté de Dieu, attendant la délivrance que Dieu veut donner. Jacques 5 : 7 exhorte : « Usez donc de patience jusqu'à la venue du Seigneur ». La patience doit durer jusque-là, pour avoir son oeuvre parfaite. Il peut y avoir entre temps des délivrances partielles : « Car vous avez besoin de patience, afin que, ayant fait la volonté de Dieu, vous receviez les choses promises » (Héb. 10 : 36). La patience implique l'obéissance et la dépendance ; elle est caractérisée par l'absence de volonté propre dans l'adversité et les difficultés, afin d'être soumis à celle de Dieu. « Poursuivre » implique un but que l'on cherche à atteindre ; « suivre », c'est marcher à la suite de quelqu'un. Les hommes de Gédéon étaient « fatigués, mais poursuivant toujours » (Jug. 8 : 4). Timothée nous exhorte à « fuir les convoitises de la jeunesse » (2 Tim. 2 : 22). Il faut fuir ce qui nous poursuit et poursuivre ce qui nous fuit ! Nous pouvons poursuivre la course et ne pas saisir Christ, si des choses, même légitimes, occupent dans notre coeur la place qui appartient à Christ seul.
 
 
                 - Faire « une chose » : courir « droit au but »
 
            « Les choses qui sont derrière » (v. 13) étaient, pour l'apôtre, ses privilèges dans la chair. Pour nous, ce sont toutes les choses qui sont une réponse aux satisfactions de notre chair. Qui n'a pas connu ces choses auxquelles nous étions attachés avant notre conversion… et même peut-être après ? Ce qui est derrière, n'est pas devant ; ce qui est devant, c'est Christ. Tout ce qui n'est pas Christ est donc désormais derrière. Nous sommes exhortés à ne pas oublier ce que nous étions, mais il s'agit d'un état passé, et non plus de choses actuelles : « Souviens-toi d'où tu as été tiré ; tu te souviendras que tu as été serviteur en Egypte ; souviens-toi de ce que t'a fait Amalek en chemin » (Deut. 24 : 18 ; 25 : 17) ! Quant aux « choses qui sont derrière », non seulement il faut les laisser, mais il faut les oublier. Nous avons souvent de la peine à oublier les torts qu'on nous a faits. A certains égards pourtant, une autre forme d'oubli peut fâcheusement nous caractériser : nous oublions les bienfaits de Dieu, nous oublions Dieu lui-même ! « Personne ne se souvint de cet homme pauvre » (Ecc. 9 : 15). Pourtant, il y a bien des choses qu'il faut oublier : « Oublie ton peuple et la maison de ton père ; et le roi désirera ta beauté, car il est ton Seigneur : adore-le » (Ps 45 : 10,11).
            Employons toutes les capacités de notre être, « tendant avec effort » (v. 13), pour atteindre le but : Christ. Ne retournons pas, même dans nos pensées, aux choses laissées derrière. Les paroles de Paul dans cette épître rappellent celles de David : « O Dieu, tu es mon Dieu, je te cherche au point du jour ; mon âme a soif de toi, ma chair languit après toi, dans une terre aride et altérée, sans eau » (Ps. 63 : 1). Evidemment on n'est pas, dans ce Psaume, sur le terrain chrétien, mais on y trouve une piété comparable. Comme Christ est l'objet suprême de l'âme de l'apôtre, Dieu est l'objet suprême du psalmiste. De même que l'épître aux Philippiens est caractérisée par la joie, ce Psaume exprime l'allégresse, parce que Dieu est l'objet de l'âme. C'est une joie profonde, solennelle : « Mes oeuvres te loueront… à l'ombre de tes ailes, je chanterai de joie ». Il fallait à David une Personne : « Mon Dieu, ô Dieu, tu es mon Dieu ! », et Paul pouvait dire : « Mon Dieu pourvoira à tous vos besoins » (Phil. 4 : 19).
L'apôtre déploie de l'énergie spirituelle (« avec effort »). Non seulement il court, mais il court droit au but, sans faire de détours ou de haltes inutiles. Dans l'Ecriture, nous sommes souvent exhortés à déployer cette énergie : « Tiens ferme ce que tu as » (Apoc. 3 : 11).
            « Pour le prix de l'appel céleste de Dieu » (v.14) : le prix, c'est Christ ; l'appel céleste (l'appel d'en haut) comprend tout ce qui constitue notre héritage céleste, dont Christ est l'Objet suprême. Nous sommes les héritiers de Dieu, les co-héritiers de Christ. « Dieu qui nous a appelés à la communion de son fils Jésus Christ, notre Seigneur, est fidèle » (1 Cor. 1 : 9). Avoir communion, c'est avoir une part commune. Cette part est avec Christ déjà maintenant et nous en jouirons dans l'éternité. Le prix, c'est Christ tout d'abord, puis tout ce qui s'y rattache : jouissance présente et future (« de Dieu » : c'est la source ; « dans le Christ Jésus » : c'est l'objet). Il y a la part commune dont tous les croyants jouiront : « Dieu nous a appelés à la communion de son fils Jésus Christ » (1 Cor. 1 : 9). Mais il y aura aussi des couronnes comme une récompense et une marque spéciale de l'approbation du Seigneur. L'appel commence à la conversion, comme expérience, comme jouissance par la foi, mais il deviendra effectif quand nous aurons atteint le port, que nous serons trouvés en Lui. En Ephésiens 1 : 18, nous avons l'appel à sa source : « l'espérance de son appel ».
 
 
                 - Marcher dans le même sentier
 
            « Nous tous donc, qui sommes parfaits… » (v. 15) : il s'agit ici d'une perfection présente, celle qui appartient aux croyants qui ont la connaissance d'un Christ à la droite de Dieu, auquel ils sont unis par le Saint Esprit. Elle va donc bien plus loin que la connaissance du pardon des péchés. Le mot « parfaits » correspond ici à l'expression « hommes faits » dans les Hébreux (6 :1), qui est en contraste avec ce qui caractérise un « enfant». Plus haut, l'apôtre dit : « Non que je sois déjà parvenu à la perfection » (v. 12), ce qui signifie qu'il n'était pas encore semblable à Christ dans la gloire. C'est le même sens que l'on trouve dans Héb. 11 : 40 : « afin qu'ils ne parvinssent pas à la perfection sans nous ».
 
            « Ayons ce sentiment » (v. 15) : c'est celui que Paul avait à l'égard des choses qu'il laissait en arrière et de celles qu'il avait devant ses yeux. Le sentiment est la disposition d'un coeur qui s'attache. C'est le jugement subjectif qui appartient à l'âme, au coeur, tandis que la pensée porte un jugement objectif, qui appartient à l'esprit. Il peut arriver qu'il y ait divers sentiments chez les croyants sur un même sujet : « Si en quelque chose vous avez un autre sentiment ». Il peut être question d'un autre sentiment à l'égard de vérités chrétiennes, qui n'ont pas été comprises ; il faut alors avoir du support, attendre le moment où Dieu le révèlera. Il n'est pas question ici de doctrines contradictoires. Il peut arriver qu'un même passage donne lieu à des explications différentes, qui s'harmonisent très bien, mais il arrive aussi que les explications proposées soient plus ou moins contradictoires.
            « Dieu vous le révèlera » : après avoir eu affaire au Seigneur, il arrivera, à l'égard d'un passage de la Parole de Dieu, que l'on doive changer d'appréciation. Ainsi, le frère J.N. Darby a pu écrire : « Après un examen plus attentif de la prophétie, je suis arrivé à la conviction que… ». Cette conclusion diffère de celle que l'on trouvait dans ses premiers écrits.
 
            Il y a cependant un ensemble de vérités dont nous avons à jouir ensemble, et dans lesquelles nous devons marcher ensemble : « cependant, dans les choses auxquelles nous sommes parvenus, marchons dans le même sentier » (v. 16). C'est une de ces choses merveilleuses du chapitre 30 des Proverbes : « les sauterelles n'ont point de roi, mais elles sortent toutes par bandes ». C'est ainsi que nous sommes ensemble « une sainte sacrificature » pour offrir des sacrifices agréables à Dieu par Jésus Christ (1 Pier. 2 : 5). Mais il n'y a pas de chrétien qui ne puisse être un sacrificateur. Le plus grand privilège des croyants est de rendre culte. L'Eternel dit : « J'ai formé ce peuple pour moi-même ; ils raconteront ma louange » (Es. 43 : 21). C'est la première chose que Dieu attend des siens : « Célébrez l'Eternel ! Car il est bon ; car sa bonté demeure à toujours » (Ps. 136 : 1). « Bienheureux ceux qui habitent dans ta maison, ils te loueront sans cesse » (Ps. 84 : 4). « Celui qui sacrifie la louange me glorifie » (Ps. 50 : 23). La louange est le repos de l'âme ; celui qui la présente plaît au Seigneur, car elle est bienséante (Ps. 147 : 1).
 
 
 
4 – Le salut du corps : Phil. 3 : 17-21
 
           « Soyez tous ensemble mes imitateurs, frères » (v. 17) : ici, l'apôtre se considère comme un vase dans lequel Christ vit et auquel il donne de la puissance, et non comme imitateur du Seigneur. Christ n'a pas eu à oublier « les choses qui sont derrière » ; il n'a pas dû estimer certaines choses comme une perte ; il n'est donc pas notre modèle à cet égard, mais notre but. C'est l'apôtre ici qui est notre modèle.
            Tout de suite, Paul s'associe ses compagnons : « Portez vos regards sur ceux qui marchent ainsi, suivant le modèle que vous avez en nous ». Il avait de la joie quand, dans une assemblée, les frères réalisaient en commun les exhortations qu'il leur adressait. Il demandait à être imité en tant que croyant marchant dans ce monde, mais non comme apôtre. Quand nous sommes exhortés à nous souvenir de ceux qui nous ont annoncé la parole de Dieu, il n'est pas dit : « imitez-les », mais « imitez leur foi. » (Héb. 13 : 7) Nous avons à « considérer l'issue de leur conduite », c'est-à-dire l'épanouissement de leur foi.
            Nous sommes exhortés à « détourner les regards de tout autre objet pour les fixer sur Jésus » (Héb. 12 : 2). « Fixer », c'est arrêter son regard sur un seul objet, sur Jésus. « Voir » implique la pensée que nous avons des facultés spirituelles, par lesquelles nous sommes en rapport avec l'objet, mais cela ne veut pas dire que nous le regardons constamment. « Considérer », c'est plus que voir, c'est avoir la capacité de garder les yeux arrêtés sur l'objet, avec application, dans le désir d'en connaître le mieux possible les parfaites proportions. Alors, lorsqu'on en voit toute l'excellence, on laisse facilement tout ce qui est à côté et on fixe les yeux sur lui seul.
 
            « Car plusieurs marchent, dont je vous ai dit souvent, et dont maintenant je le dis même en pleurant, qu'ils sont ennemis de la croix de Christ » (v. 18). La croix est ce qui nous sépare du monde. Qu'est ce qu'un ennemi de la croix de Christ ? C'est quelqu'un qui aime le monde ! L'apôtre Jacques précise cela très clairement : « Ne savez-vous pas que l'amitié du monde est inimitié contre Dieu ? Quiconque donc voudra être ami du monde se constitue ennemi de Dieu. » (Jac. 4 : 4). Dans notre épître, il s'agit de gens qui professaient le christianisme. Leur dieu était leur ventre ; ils ne cherchaient que leur satisfaction charnelle. Leur gloire était dans leur honte ; Christ n'a aucun prix pour de tels chrétiens professants ; leur satisfaction est dans des choses odieuses, dans l'obscurité morale, dans l'erreur de leur jugement, dont ils tirent gloire. Paul pouvait bien pleurer devant un tel état de choses.
 Ils ont « leurs pensées aux choses terrestres » (v. 19) : Paul fait allusion à ce qui est en rapport avec la terre uniquement, dans laquelle il n'y a rien pour Dieu.
 
            « Notre bourgeoisie est dans les cieux » (v. 20) : le terme « bourgeoisie » pouvait être illustré par la condition terrestre des habitants de Philippes (une colonie romaine) qui, bien que vivant en Grèce, étaient associés d'une manière étroite à l'empire romain. Non seulement, nous sommes du ciel et nous y allons, mais nous avons dès maintenant une relation définitive avec lui.
             Nous attendons le Seigneur Jésus Christ comme le Sauveur de nos corps d'abaissement, parce qu'ils sont tirés de la terre ; ils viennent d'en bas, ils sont poussière. C'est leur origine, leur nature, leur destination : « Tu es poussière, tu retourneras à la poussière» (Gen. 3 : 19). « Le premier homme est tiré de la terre… le second homme est venu du ciel » (1 Cor. 15 : 47). Pour le second homme, Christ, l'origine de son humanité est céleste : « la sainte chose qui naîtra » (Luc 1 : 35) Il a été conçu du Saint Esprit.
            A la venue du Seigneur, nos corps seront transformés « en la conformité du corps de sa gloire » (v. 21) : « comme nous avons porté l'image de celui qui est poussière, nous porterons aussi l'image du céleste. » (1 Cor. 15 : 49) Nous n'aurons pas un corps tel que Christ a eu avant de mourir, mais tel qu'il le possède maintenant : un corps glorieux. Lorsque les disciples se sont trouvés en présence de Christ ressuscité, ils ont cru voir un esprit, mais Jésus leur a dit : « Un esprit n'a pas de la chair et des os, comme vous voyez que j'ai » (Luc 24 : 39). Christ a donc un corps véritable, mais avec une autre condition de vie que le sang, et c'est à cette condition de vie céleste que nous allons participer, au retour du Seigneur.
Cette transformation se fera « selon l'opération de ce pouvoir qu'il a de s'assujettir même toutes choses. » Le Seigneur nous délivrera de cette terre de péché. Tout lui sera soumis ; il règnera, jusqu'au moment où il remettra le royaume à Dieu le Père (1 Cor. 15 : 24).
 
 
            Chrétiens, le ciel est notre patrie : là, est notre droit de cité ! Jésus va bientôt nous y introduire. Nos corps, encore assujettis à tous les maux de la terre, seront alors transformés par sa puissance et rendus capables de participer à la gloire céleste.
            Que cette glorieuse espérance occupe nos coeurs afin que, comme l'apôtre, nous « courions droit au but pour le prix de l'appel céleste de Dieu dans le Christ Jésus ».