Aperçu du livre de Josué (8)

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APERCU  DU  LIVRE  DE  JOSUE (8)


JERICHO (chapitre 6)
          Généralités
          Un ordre étrange
          Tactique divine
          Les conditions de la victoire
          Les fruits de l’obéissance de Josué
          Malédiction prononcée par Josué sur la ville de Jéricho
          Effondrement des murailles

 

JERICHO (chapitre 6)

                        Généralités

            Jéricho est le premier obstacle qui barre la route à l’envahisseur et il est de taille à ôter toute velléité de conquérir le pays.
                  a) La ville était bâtie vis-à-vis de la plaine de Moab, de l’autre côté du Jourdain, en face des monts Pisga et Nébo (13 : 32 ; Deut. 32 : 49). La cité se trouvait à l’extrémité ouest de la plaine fertile qui porte son nom (5 : 10), au pied des montagnes qui s’étendent jusqu’à Béthel (18 : 12).

                  b) Jéricho, appelée autrefois « la ville des palmiers » (Deut. 34 : 3) était une ville importante à l’époque de la conquête, apparemment beaucoup plus peuplée que sa voisine, la ville d’Aï, qui comptait cependant douze mille personnes (8 : 25).

                  c) La plaine de Jéricho était des plus fertiles. C’est là que les Israélites moissonnèrent leur premier blé, en quantité suffisante pour nourrir plus d’un million de personnes durant des jours et des mois (5 : 11). La richesse de la contrée explique un peu l’opulence de sa population. En effet, le butin amoncelé après la prise de la ville fut énorme. Jéricho abritait même des troupeaux et pouvait ainsi soutenir un long siège (6 : 21). Sans doute les habitants de la plaine, alertés par l’arrivée de l’armée israélite, s’étaient-ils réfugiés avec leur bétail derrière les fortifications de la ville. Quoi qu’il en soit, de grandes richesses furent apportées au trésor de l’Eternel après la chute de la cité (6 : 24).

                  d) Entourée de hautes et puissantes murailles, la ville paraissait imprenable et ses habitants pouvaient légitimement se croire à l’abri de l’envahisseur.

 

                        Un ordre étrange

            La prise de la ville n’était pas une entreprise facile. Ses soldats étaient invincibles derrière leurs hautes murailles. Mais puisque Dieu avait promis de livrer Jéricho (v. 2), il n’y avait pas à hésiter. Les murailles s’écrouleraient selon la Parole de Dieu (v. 5).

                          Que doit faire Israël ?

            a) Les soldats, sans dire un mot (v. 10), feront treize fois le tour des remparts. Puisque les portes sont barricadées et que « personne ne sort » (v. 1), le cortège ne rencontrera aucune résistance.

            b) L’arche viendra derrière les hommes armés, sitôt après les sept sacrificateurs qui portent les trompettes (v. 4, 6).

            c) Les sacrificateurs sonneront sans relâche de la trompette durant les treize tours de la ville (v. 9, 13). Ces sonneries rappelleront à Israël que le combat est d’ordre spirituel. Elles doivent aussi frapper d’épouvante les adversaires et ce bruit obsédant, jour après jour, les obligera à penser à quelque intervention surnaturelle (le miracle du Jourdain est trop récent pour qu’ils ne l’évoquent pas durant ces sept jours).

            d) Au signal donné, toute l’armée poussera de grands cris (v. 5).

            e) Alors les murailles s’écrouleront, et chaque soldat montera à l’assaut d’une cité saisie de panique.

                          Remarques :

            - Il faut noter la répétition du chiffre 7 : sept prêtres, sept trompettes, sept jours, sept fois le tour de la ville le septième jour. Un chiffre qui évoque la perfection, l’achèvement.
            - Les « trompettes retentissantes » : Le terme hébreu yôbel ne se trouve qu’ici et dans Exode 19 : 13c, où il a le même sens religieux, ce qui suggère que les trompettes des sacrificateurs se référaient plutôt à un rituel qu’à une action guerrière. C’était une entreprise religieuse et non militaire.

 

                        Tactique divine

            Les ordres de Dieu sont pour le moins étranges. Un cortège, des trompettes, de grands cris – voilà tout le matériel employé pour ouvrir une brèche dans les hautes murailles. Dieu n’a que faire des moyens humains. Et puis, Il ne nous demande pas tant de comprendre que d’obéir. Cependant, rassurons-nous : le Maître n’exige pas des siens - sinon occasionnellement - un comportement étrange qui défie le bon sens et porte au ridicule. L’attaque de Jéricho n’est-elle pas unique en son genre ? C’est face à une impossibilité que le chrétien est amené à prendre des décisions ou des chemins inattendus que lui inspire l’Esprit de Dieu.

 

                        Les conditions de la victoire

            La prise de Jéricho tient à plusieurs choses :

                          La présence de l’arche au milieu du cortège

            Cet objet n’a pas de valeur magique en soi, elle n’a rien d’un fétiche ou d’un porte-bonheur qui assure automatiquement la victoire. Les Israélites de l’époque d’Eli, le souverain sacrificateur, commirent cette méprise, eux qui poussèrent de grands cris en voyant l’arche entrer dans le camp. Or, ils essuyèrent une cuisante défaite devant les Philistins, qui s’emparèrent du meuble sacré (1 Sam. 4 : 10).
            Ici, l’arche a toute son importance, car elle est la preuve visible de la présence du Dieu invisible parmi les siens. Sans Lui, il serait inutile d’engager le combat. Josué sait que l’Eternel seul sera l’artisan de la victoire.

                                    La foi en Dieu et en sa Parole - non en l’arche (Héb. 11 : 30).

            La confiance en l’Eternel et en sa promesse (v. 2) ont donné à Josué et à ses troupes l’audace de partir à la conquête de Jéricho : « Criez ; car l’Eternel vous a donné la ville » (v. 16). Pour les attaquants, la prise de la ville est déjà chose faite. « La foi vient de ce qu’on entend - et ce qu’on entend par la parole de Dieu » (Rom. 10 : 17).

                          L’obéissance sans faille aux ordres reçus (v. 8-25).

            Dans les rangs d’Israël, personne ne discute, ni ne trouve étrange de tourner autour des murailles ou refuse d’avancer. Chacun se conforme strictement aux directives d’en-haut. Notez que Josué ne tergiverse pas. Son obéissance est sans la moindre hésitation : il « se leva de bonne heure le matin… ils se levèrent de bonne heure, au lever de l’aurore » (v. 12, 15).

                          La persévérance dans la lutte (v. 20-21).

            Pas de relâchement, mais poursuite des combats jusqu’au succès total. L’épître aux Hébreux nous encourage à imiter ceux qui, par la foi et la persévérance, héritent des promesses (Héb. 6 : 12).

 

                        Les fruits de l’obéissance de Josué

            a) L’intervention miraculeuse de Dieu. Les murailles s’écroulent (v. 20).

            b) La victoire totale et définitive (v. 24-26). La ville est détruite, les habitants sont exterminés, et les richesses apportées au trésor de l’Eternel.

            c) Des personnes libérées. Rahab et les siens ont la vie sauve (v. 25), mais sont momentanément mis hors du camp d’Israël (v. 23), car tout païen est rituellement impur. Ils seront finalement identifiés au peuple de Dieu.

            d) L’approbation de l’Eternel. Il assiste son serviteur : « L’Eternel était avec Josué » (v. 27a).

            e) La renommée de Josué. « Sa renommée se répandit dans tout le pays » (v. 27b).

            f) La gloire de Dieu. Des richesses colossales sont apportées au trésor de l’Eternel (v. 24).

 

                        Malédiction prononcée par Josué sur la ville de Jéricho

            Josué maudit quiconque rebâtira la ville : « Maudit soit devant l’Eternel l’homme qui se lèvera et bâtira cette ville de Jéricho ! Il la fondera sur son premier-né, et en posera les portes sur son plus jeune fils » (v. 26).
            Pourquoi cette étonnante menace ? Parce qu’il est dans le plan de Dieu que ces ruines subsistent d’âge en âge afin d’être, pour les générations futures, un témoignage tangible de la puissance et de la sainteté de l’Eternel. D’après 1 Rois 16 : 34, cette malédiction, attribuée à l’Eternel, se réalisa littéralement quelques siècles plus tard : « De son temps, Hiel, le Béthélite bâtit Jéricho ; il la fonda sur Abiram, son premier-né, et posa ses portes sur Segub, son plus jeune fils, selon la parole de l’Eternel, qu’il avait dite par Josué, fils de Nun » (1 Rois 16 : 34).
            On ne brave pas impunément le Dieu souverain.

 

                        Effondrement des murailles

            Dans ce chapitre 6 du livre de Josué, le narrateur ne cherche nullement à mettre en doute le prodige qui assura la prise de Jéricho : « Le peuple jetait un grand cri, la muraille tomba sous elle-même » (v. 20). Faut-il imaginer ou tenter d’expliquer cet événement ? Faut-il prendre au sérieux ceux qui prétendent que le but de ces cortèges était de détourner l’attention des gardes qui veillaient sur les remparts pendant que des sapeurs israélites minaient la base des murs ? Le plus simple et le plus vrai sera toujours de prendre tel quel le récit biblique en laissant à Dieu ce qu’Il n’a pas jugé bon de nous révéler. L’important n’est-il pas de savoir qu’Il est le Tout-Puissant, donc en mesure de faire s’écrouler les plus fortes murailles ou disparaître les plus impressionnants obstacles ? « Par mon Dieu, proclame le psalmiste, je franchirai une muraille » (Ps. 18 : 29).

            « Par la foi, les murs de Jéricho tombèrent, après qu’on en eut fait le tour sept jours durant » (Héb. 11 : 30).

 

D'après A. Adoul


A suivre