Aperçu du livre de Josué (7)

bible-notes.org

Imprimer ou partager la page :

APERCU  DU  LIVRE  DE  JOSUE (7)


La conquête du pays (chapitres 6 à 11)
          Limites du pays à conquérir
          Relief du pays
          Dimensions du pays
          Plan de la conquête
          Fin de la lutte
          Durée des combats

          Déroulement de la conquête


La conquête du pays (chapitres 6 à 11)

            Une brève description de la Palestine s’impose au début de cette étude, tant les indications géographiques sont nombreuses dans ce livre.
 

                        Limites du pays à conquérir

            Disons tout de suite que Josué, pas plus que ses successeurs, ne s’empara du vaste territoire délimité par l’Eternel au chapitre premier : « Vos frontières seront depuis le désert et ce Liban jusqu’au grand fleuve, le fleuve Euphrate, tout le pays des Héthiens, et jusqu’à la grande mer, vers le soleil couchant » (1 : 4).
            Le pays conquis par Israël était beaucoup moins étendu. Lorsque les auteurs sacrés voudront indiquer les frontières de leur pays, ils emploieront deux formules équivalentes, qui les résument dans leurs grandes lignes : « Depuis Dan jusqu’à Beer-Shéba » (Jug. 20 : 1), ou « depuis l’entrée de Hamath jusqu’au torrent d’Egypte » (1 Rois 8 : 65).

            La Palestine avait pour limites :
                  - Au nord : le Leontès, ou « fleuve de la séparation », et les derniers contreforts du Liban et de l’Hermon.
                  - A l’est : de la contrée volcanique du Hauran, la limite suivait plus au sud la piste appelée la « route des pèlerins ». L’Arnon séparait les tribus d’Israël du pays de Moab.
                  - Au sud : la frontière descendait plus bas que la mer Morte, formant un arc de cercle vers Kadès, puis remontait en suivant le torrent d’Egypte.
                  - A l’ouest : elle était limitée par la frontière incertaine de la Philistie et les rives de la Méditerranée.

            La situation géographique de la Palestine en faisait le trait d’union naturel entre la Babylonie et l’Egypte, deux pays de vieille culture.


                        Relief du pays

            Les traits caractéristiques du relief, qui constituent l’ossature de la Palestine, sont très simples dans leurs grandes lignes. Ils forment quatre bandes longitudinales parallèles, orientée nord-sud.
                  - Une zone côtière, succession de riches plaines basses et sablonneuses, anciennes plages soulevées.
                  - La Cisjordanie, à l’ouest du Jourdain, formée par une chaîne de montagnes et de collines enchevêtrées, allant du Liban au désert de Paran.
                  - Une longue dépression axiale, le fossé palestinien, qui coupe le pays dans toute sa longueur, pour constituer une vallée profonde dont le niveau est au-dessous du niveau de la mer Méditerranée ; elle comprend la mer de Galilée, la plaine du Jourdain, la mer Morte et la dépression de l’oued Dgeîb (Araba), qui ne sont qu’une partie de cette longue faille syro-africaine qui va du Taurus à la mer Rouge.
                  - La Transjordanie, à l’est du Jourdain, est formée par une série de plateaux ondulés de direction générale nord-sud ; élevés de plus de mille mètres, ils paraissent être un lointain prolongement de l’Anti-Liban (Dict. de la Bible, Al. W.).
 

                        Dimensions du pays

           
La Palestine est un quadrilatère allongé, mesurant 240 km. de long sur 120 de large environ.
Elle représente en gros la superficie de quatre départements français, ou des trois-quarts de la Suisse.

                  - La Palestine cisjordaine est une zone qui va s’élargissant du nord au sud. Sa largeur est de :
                      ¤ 37 km. au nord,
                      ¤ 78 km. au niveau de Jaffa,
                      ¤ 94 km. au niveau de Gaza,
                      ¤ 120 à 150 au sud.

                  - La région transjordaine large de 90 km. environ, entre le lac de Tibériade et le Djebel Hauran, se resserre à 50 et 40 km. le long du Jourdain.

            Nous conseillons à nos lecteurs de dessiner la carte de la Palestine en portant toutes les indications géographiques mentionnées dans cette leçon. Il est utile, pour qui veut bien étudier la Bible, de connaître la contrée qui sert de cadre aux récits de l’Ecriture.


                        Plan de la conquête

            Israël, installé à Guilgal au centre-est de la Palestine, va partir à la conquête du pays. Soumis à Dieu, Josué se révélera un excellent stratège. Le plan de la conquête est fort bien conçu.

                                Campagne du centre

           
Josué fait successivement la conquête des villes suivantes :
                  - Guilgal (ch. 4)
                  - Jéricho (ch. 6)
                  - Aï (ch. 7-8)
                  - Gabaon (ch. 9)
                  - Beth-Horon (ch. 10 : 10)
                  - Azéka (ch. 10 : 10)
                  - Makkéda (ch. 10 : 10)

            Cette dernière ville, située dans la plaine côtière de Séphéla, est située à une dizaine de kilomètres de la mer Méditerranée. En envahissant ces contrées, Josué tenait le centre de la Palestine. Il coupait le pays en deux, affaiblissant ainsi l’ennemi qui perdait la possibilité d’une coalition générale. Le sud se trouvait désormais privé de l’appui des tribus du nord.

                                Campagne du midi (chap. 10)

            Les rois du Midi sont les premiers à réagir et à mesurer la gravité de la situation (v. 3). Cinq d’entre eux se liguent, non pour attaquer Israël mais pour punir Gabaon la ville traître (v. 4). Lié par son serment, Josué vole au secours de la cité menacée (v. 7) et défait l’adversaire à Beth-Horon, puis s’empare d’une série de villes par un mouvement rapide d’encerclement.
            Voici les villes prises au cours de cette opération :
                  - Makkéda (v. 28) - Eglon (v. 34-35)
                  - Libna (v. 29-30) - Hébron (v. 36-37)
                  - Lakis (v. 31-33) - Débir (v. 38-39)

            Le territoire conquis au sud est vaste : il va de Gaza (à l’ouest) au pays de Gosen et de Kadès-Barnéa (au sud), jusqu’à Gabaon plus au nord. Josué s’emploie à détruire toute résistance dans ces régions avant de s’engager dans la Palestine du Nord. « Josué frappa tout le pays, la montagne, le midi, et le pays plat, et les pentes des montagnes, et tous leurs rois. Il ne laissa pas un réchappé » (v. 40).

                                Campagne du nord (chap. 11)

            Alarmées par les succès de Josué, les tribus du nord s’unissent en une formidable coalition. Leurs armées se massent près des eaux de Mérom (lac supérieur alimenté par les eaux du Jourdain, appelé aujourd’hui lac Houlé, qui a été asséché depuis 1951), sans doute avec la pensée d’avancer en direction de Guilgal. Divinement averti (v. 6), Josué se porte immédiatement vers l’ennemi, le surprend (v. 7), et le taille en pièces. Il poursuit les Cananéens en déroute jusqu’à Sidon, à l’extrême nord, à Misrephoth-Maïm, sur la côte, et jusqu’à la vallée de Mitspé à l’orient. Au retour de cette expédition, il prend les villes des rois vaincus (v. 10-13). La liste de ces rois donnée au chapitre 12 : 9-24 nous permet de connaître le nom des dernières cités conquises, soit :
                  - Aphek (v. 18) et Kédesh (v. 22), dans l’extrême nord.
                  - Thaanac et Meguiddo (v. 21), dans la plaine d’Esdrelon.
                  - Dor (v. 23), au sud du Carmel.
                  - Tappuakh (v. 17), près de Silo.
                  - Hépher (v. 17), au nord de Thabor. – Etc.


                        Fin de la lutte

                                Quand Josué s’arrête-t-il de combattre ?

            Lorsque toute résistance est brisée et le pays entièrement soumis : « Josué prit tout le pays, selon tout ce que l’Eternel avait dit à Moïse… Et le pays se reposa de la guerre » (11 : 23). Et, à la fin du livre, nous lisons que « longtemps après que l’Eternel eut donné du repos à Israël de tous leurs ennemis à l’entour… il arriva… » (23 : 1).

                                La conquête est-elle terminée au moment du partage ?

            - Non. En vérité, tous les Cananéens ne sont pas exterminés lorsque cessent les combats puisque, avant de mourir, Josué conseille de ne pas entrer « parmi ces nations qui restent parmi vous » (23 : 7). En effet, on trouvera des Anakim à Gaza, Gath et Asdod (11 : 22) et des Cananéens dans la plupart des villes du pays (par exemple à Meguiddo, 17 : 11-12, à Jérusalem, Juges 1 : 21 ; à Bézek, Juges 1 : 4 ; etc.). A la guerre de conquête menée par le fils de Nun succède un temps d’armistice entre le vainqueur, qui ne demande qu’à s’installer dans son héritage, et les vaincus, rendus tributaires et trop heureux de conserver la vie (17 : 13). Etat provisoire, puisque les hostilités reprendront peu après la mort de Josué (Juges 1-3).
            - Le territoire donné à Israël est loin d’être conquis lorsque Josué arrête le combat. L’Eternel le rappelle à son serviteur, sans cependant lui faire de reproche : « Tu es devenu vieux, tu avances en âge, et il reste un très-grand pays à posséder » (13 : 1). Il est notoire que le chef d’Israël n’a pas atteint l’Euphrate ni conquis la Philistie et la Phénicie (13 : 2-6). Alors :

                                Pourquoi la conquête reste-t-elle inachevée ?

            Josué aurait-il manqué à ses devoirs ? Aurait-il signé l’armistice trop tôt ? Certainement pas, et cela pour plusieurs raisons :
                  - Première raison : Josué et ses soldats ont pleinement rempli leur mission et Dieu ne leur en demande pas davantage. C’est aux générations suivantes de poursuivre la lutte et à chaque tribu de chasser les Cananéens de leur territoire, comme cela devait se faire sitôt après la mort de Josué (Juges 1 : 3 ; Josué 17 : 18 ; 23 : 5).
                  - Deuxième raison : Le territoire conquis par Josué est suffisamment vaste pour le peuple qu’il conduit. Lorsque sa population s’accroîtra, il appartiendra à chaque tribu d’étendre ses frontières en faisant de nouvelles conquêtes (17 : 14-15 – l’histoire nous apprend que les frontières varièrent peu par la suite).
                  - Troisième raison : Il était dans la pensée de Dieu que les Cananéens ne soient pas tous exterminés durant la conquête du pays. Par leur présence, il donnait à chaque génération l’occasion de se déterminer, de prouver son obéissance en chassant les païens idolâtres et en se séparant de leurs faux dieux.

            « Ce sont ici les nations que l’Eternel laissa subsister pour éprouver par elles Israël » (Juges 3 : 1). « Elles étaient laissées pour éprouver par elles Israël, pour savoir s’ils écouteraient les commandements de l’Eternel, qu’ils avaient commandés à leurs pères par Moïse » (Juges 3 : 4).

            Hélas ! très vite les Israélites s’accommodèrent de la présence de ces populations sur leur territoire, en dépit des sérieux avertissements de Josué (23 : 6-13). Le résultat fut qu’ils n’étendirent pas leurs possessions et que ces tribus païennes devinrent pour eux un fouet, des épines, un « piège » (pensez aux difficultés qu’entraînèrent les Philistins) : Israël devait subir l’influence idolâtre des Cananéens épargnés (Juges 2 : 3).


                        Durée des combats

            Le texte précise qu’elle fut longue (11 : 18). On peut évaluer la durée de la conquête en rapprochant les v. 7 et 10 du chapitre 14.
                  - Caleb a 40 ans à Kadès Barnéa (v. 7 ; Nom. 13)
                  - Depuis Kadès, il a erré 38 ans environ dans le désert
                  - Il a donc 78 ans au début de la conquête
                  - Caleb a 85 ans au moment du partage.

            La bataille a donc duré tout au plus 7 ans, mais 7 ans de guerre incessante, c’est long.


                        Déroulement de la conquête

                                D’une manière rapide et quasiment ininterrompue

            A part de brèves haltes à Guilgal, l’armée d’Israël poursuivit la lutte sans relâche. Visiblement, Josué fut toujours le premier à livrer l’assaut, comptant sur l’effet de surprise (10 : 9 ; 11 : 7). Les textes suivants montrent que le fils de Nun savait faire vite :
                   6  : 12 : « De bonne heure le matin… »
                  10  : 9 : Josué arriva sur eux tout à coup ; il monta de Guilgal toute la nuit…
                  10  : 19 : Ne vous arrêtez pas ; poursuivez vos ennemis et frappez-les en queue...
                  10  : 28 : Josué prit Makkéda en ce jour-là…
                  10  : 35 : Ils prirent Eglon ce jour-là.
                  11  : 7 : Il vint contre eux à l’improviste… et ils tombèrent sur eux…                                         
                  11 : 21 : En ce temps-là, Josué vint et retrancha les Anakim…

 

                                Josué et l’ordre de « dévouer par interdit ? » le pays de Canaan

            Oui, Josué s’est conformé à l’ordre de l’Eternel. Il se montre sans pitié à l’égard de ces tribus païennes :
                  - Hommes, femmes et enfants sont passés au fil de l’épée. Les rois eux-mêmes ne sont pas épargnés (6 : 21, 24 ; 11 : 8, 14, etc.).
                  - Le bétail est également passé au fil de l’épée (à moins que Dieu ne le destine à son peuple)  (6 : 21 ; 11 : 9).
                  - Les villes sont incendiées (6 : 24 ; 8 : 19 ; 11 : 11, 21). Pourquoi ? Sans doute parce qu’elles étaient insalubres et qu’on y découvrait partout les traces de la plus abjecte idolâtrie. Ces cités durent être rebâties (19 : 50). A ce sujet, précisons que les cités cananéennes étaient exiguës, donc malsaines. On a constaté, par exemple que Guézer, l’une des cités de Palestine les plus populeuses, n’atteignait pas 1200 m de périmètre (d’après des fouilles).
                  - Les trésors sont consacrés à l’Eternel (6 : 24). Dans certaines circonstances, Israël se partage le butin, conformément à la volonté de Dieu (8 : 27).
                  - Le matériel de guerre est détruit (11 : 9).
                 

Sans doute, Dieu veut-Il, par ces destructions massives, donner aux siens une idée de sa sainteté.

 

D'après A. Adoul

 

A suivre