Aperçu du livre de Josué (1)

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APERCU DU LIVRE DE JOSUE (1)
 

 

Introduction
        Son auteur
        Durée des événements
        Contenu de ce livre
        Place du récit dans l’histoire du peuple juif
        Importance du récit
        But de ces pages
        Plan du livre
        Josué : les Ephésiens de l’Ancien Testament
QUESTIONS AVANT D'ABORDER LE CONTENU DU LIVRE
        Pourquoi Moïse s'est-il vu refuser l'accès au pays promis 
(Nom. 20 : 1-13) ?
        Qui a désigné le nouveau chef d'Israël (Nom. 27 : 15-23) ?
        Comment le peuple sera-t-il en mesure de reconnaître en Josué le successeur de Moïse choisi par l'Eternel (Nom. 27 : 18-23 ; Deut. 34 : 9) ?
        A qui l'Eternel adresse-t-il désormais ses ordres ?
        Quelles sont les limites du pays à conquérir ?
LES GRANDES ETAPES DE LA VIE DE JOSUE
        Sa jeunesse en Egypte
        Dans le désert : sa préparation à l'école de Moïse
        Successeur de Moïse (Nom. 27 : 12-23 ; 32 : 28-30)



Introduction

            Le Livre de Josué est le sixième livre de la Bible. Il fait suite au Deutéronome dont il continue le récit. Un commentateur d’autrefois notait que dans la Bible « les récits historiques se succèdent sans interruption de telle sorte que chaque livre nouveau de l’Ecriture reprend le fil des événements là où le précédent s’était arrêté afin de ne pas laisser de lacunes dans l’histoire du peuple élu ». Cette remarque se trouve vérifiée ici. En effet, le Pentateuque se termine par le récit de la mort de Moïse (Deut. 34 : 5), alors que le livre de Josué débute par le rappel de ce même événement (1 : 1).

 

                        Son auteur

            La traduction juive a, de tout temps, attribué à Josué la rédaction de l’ensemble du livre (à l’exclusion ces cinq derniers versets qui relatent sa mort). Bien que le chapitre 24 mentionne son rôle d’écrivain - « Josué écrivit ces paroles dans le livre de la loi de Dieu » (v. 26) -, la Bible n’indique nulle part avec certitude l’identité de l’auteur du texte tout entier.
            Une chose est certaine : le rédacteur était contemporain des faits rapportés dans le livre, car le pronom « nous » relevé dans les deux citations suivantes inclut la personne de l’auteur : « jusqu’à ce que nous fussions passés » (5 : 1) et « l'Eternel avait juré à leurs pères de nous donner » (5 : 6).
            Ajoutons que l’abondance des détails et la vivacité du récit font pressentir un témoin oculaire. Quoiqu’il en soit, le livre a été écrit de très bonne heure, au plus tard quinze ou vingt années après la mort de Josué puisque Rahab vivait encore au moment de la rédaction de ce texte (6 : 25). Selon certains commentateurs, ce livre serait de la plume de l’un des anciens qui survécurent au successeur de Moïse.


                        Durée des événements

            Ce livre, avons-nous dit, débute par le rappel de la mort de Moïse que l’on situe vers le milieu du 15è siècle av. J.-C. Il se termine peu de temps après la mort de Josué (env. 1430 av. J.-C). Le récit couvre donc une période relativement courte ; vingt à vingt-cinq années, tout au plus.

 

                        Contenu de ce livre

            Il contient une brève portion de l’histoire d’Israël. Jusqu’au Deutéronome, le peuple est en marche vers le pays de la promesse. Le Dieu sage a jugé bon de le conduire par le chemin difficile de l’Egypte et du désert. En Egypte, dans la riche province de Goshen, Israël grandit à l’écart, loin de l’influence idolâtre de ces nations païennes ; il devient un peuple nombreux, de taille à affronter les tribus cananéennes (voir Ex. 1 : 7, 9). Dans le désert, au pied du Sinaï en particulier, le peuple s’organise et devient une armée disciplinée, apte à entreprendre la conquête de Canaan. La plaine de Moab marque la dernière étape de sa vie nomade et patriarcale.
            Dans le livre de Josué, Israël, sous la direction de son nouveau chef, conquiert le pays promis, puis s’y installe. Alors commence pour cette nation une vie sédentaire.
            
En suivant Josué et ses soldats, nous côtoyons des hommes farouchement décidés à conquérir le sol promis. Le vocabulaire, le récit lui-même, les exhortations du capitaine ainsi que les ordres de l’Eternel créent une atmosphère bien particulière, celle du combat, surtout dans la première partie du livre. Le mot-clé qui nous paraît le plus approprié est celui de conquête.


                        Place du récit dans l’histoire du peuple juif

            Le chapitre 24 énumère les faits principaux qui ont marqué la vie du peuple de Dieu depuis Abraham. L’auteur rappelle ainsi concernant :
                   - le livre de la Genèse : l’appel d’Abraham (v. 3) ; la naissance d’Isaac et la descente en Egypte (v. 4) 
                   - l'Exode : les plaies d’Egypte (v. 5) ; la fuite du peuple (v. 6) ; le passage de la mer Rouge (v. 7a)
                   - les Nombres : la marche dans le désert (v. 7b)
                   - le Deutéronome : le séjour en Moab, dernière étape du désert - l’histoire de Balaam (v. 8-10)


                        Importance du récit

            Ce livre rapporte des événements importants. S’il nous manquait, nous ignorerions tout de la conquête du pays promis et de l’installation d’Israël en Canaan. Nous perdrions du même coup les grandes leçons de ces pages historiques.
            L’antique promesse se réalise. Jadis, l’Eternel dit à Abraham son serviteur : « Tout le pays que tu vois (celui de Canaan), je te le donnerai, et à ta semence, pour toujours » (Gen. 13 : 15). Plus tard, cette même promesse fut confirmée et répétée aux patriarches (Gen. 26 : 3 ; 28 : 13 ; 35 : 12 ; 50 : 24) ainsi qu’à Moïse (Ex. 3 : 8, 17). C’est sous Josué que devait se réaliser cette promesse. Israël put conquérir le pays et s’y établir.


                        But de ces pages

            C’est d’attacher la descendance d’Abraham à l’Eternel par le double lien de la reconnaissance et de la dépendance. En lisant ce livre, l’Israélite apprendra :
                   - qu’il doit tout à l’Eternel : « Ce ne fut point par ton épée ni par ton arc » (24 : 12) ; «L’Eternel, votre Dieu, est celui qui a combattu pour vous » (23 : 3).
                   - qu’il ne peut rien sans l’Eternel : « Si vous retournez en arrière… l’Eternel, votre Dieu, ne continuera pas à déposséder ces nations devant vous » (23 : 12-13).

 

                        Plan du livre

            On peut le découvrir dans les versets 11 à 14 du chapitre 24 :
                   - chap. 1 à 5 : l’entrée en Canaan (24 : 11a)
                   - chap. 6 à 12 : la conquête du pays (24 : 11b-12)
                   - chap. 13 à 22 : le partage du pays (24 : 13)
                   - chap. 23 à 24 : les adieux de Josué (24 : 14-15)

 

                        Josué : les Ephésiens de l’Ancien Testament

            En comparant le message de l’épître aux Ephésiens à celui du livre de Josué, on découvre la merveilleuse unité d’inspiration de la Bible tout entière. Josué a été appelé « les Ephésiens de l’Ancien Testament ».
            Josué nous raconte la conquête de la Terre Promise. Tout le pays est donné en principe aux enfants d’Israël, qui l’ont reconnu par le moyen des espions (Jos. 1 : 3 ; 2 : 1). Pour y entrer, ils traversent les eaux du Jourdain, symbole de la mort et de la résurrection spirituelle (chap. 3). L’Eternel lui-même les précède et combat pour eux (5 : 13-14). L’ennemi est terrible, mais vaincu d’avance (6 : 1-2). Le peuple doit cependant prendre les armes et livrer bataille, mais il ne triomphe que par la foi (chap. 6 et 8...). Dès qu’un interdit attriste le Seigneur, celui-ci cesse de manifester sa puissance, et une lamentable défaite en est la conséquence (chap. 7). Grâce à son aide, le peuple marche de victoire en victoire, et jouit finalement du repos en possédant le pays (21 : 43-45).
            L’épître aux Ephésiens illustre aussi la conquête de la Terre Promise du croyant ici-bas. En principe, toutes les bénédictions lui sont assurées en Jésus Christ (1 : 3) ; mais il doit reconnaître son héritage (1 : 17-19), et y pénétrer par la mort et la résurrection spirituelle (2 : 5-6, 8). Christ est constamment avec lui et lui communique sa puissance infinie (3 : 17-20). Dans la lutte sans merci que le croyant soutient contre Satan, il doit s’armer comme un guerrier (6 : 12-17). Qu’il prenne garde de ne pas attrister l’Esprit de Dieu, duquel il est scellé (4 : 30) ; sinon, ce serait la défaite. Mais qu’il en soit au contraire rempli (5 : 18). Alors il connaîtra toujours davantage la victoire et une plénitude sans mesure (3 : 16-20).
            Ce rapprochement, à peine esquissé, montre une fois de plus que les révélations les plus spirituelles et les plus profondes du Nouveau Testament sont déjà contenues sous une forme imagée dans l’Ancien.



QUESTIONS AVANT D'ABORDER LE CONTENU DU LIVRE

                        Pourquoi Moïse s'est-il vu refuser l'accès au pays promis (Nom. 20 : 1-13) ?

            A Mériba, le patriarche s’était montré rebelle à l’ordre de l’Eternel en frappant le rocher avec sa verge alors que Dieu lui avait expressément ordonné de parler au rocher (v. 8). Faute apparemment bénigne mais aux graves conséquences pour le chef d’Israël. En dépit d’un passé exceptionnel de fidélité et de dévouement, Moïse s'est vu interdire l’entrée en Canaan, le grand objectif de sa carrière : « Et l’Eternel dit à Moïse et à Aaron : Parce que vous ne m’avez pas cru, pour me sanctifier aux yeux des fils d’Israël, à cause de cela vous n'introduirez pas cette congrégation dans le pays que je leur donne » (v. 12).
            Moïse a eu beau supplier l’Eternel pour qu’il revienne sur sa décision, la frontière de Canaan lui est restée fermée. Une seule faveur lui a été accordée, celle de contempler le pays depuis le sommet d’une montagne de Moab, peu de temps avant sa mort (Deut. 34 : 1-4) : « Monte sur cette montagne d’Abarim, et regarde le pays que j'ai donné aux fils d’Israël. Tu le regarderas, et tu seras recueilli vers tes peuples, toi aussi, comme Aaron, ton frère, a été recueilli » (Nom. 27 : 12-13). Ce refus d’autoriser le patriarche à pénétrer en Canaan à la tête de son peuple peut paraître injuste et excessif. Il cache cependant une intention de Dieu et renferme un précieux enseignement. En effet, Moïse est, par excellence, l’homme de la Loi, celui qui reçut jadis les deux tables de pierre sur le mont Sinaï. Or, jamais la Loi ni son observation scrupuleuse ne pourront introduire quiconque dans le royaume de Dieu ni amener un seul pécheur à mériter la faveur divine. Le langage de Jésus envers des pharisiens en est la preuve. Certes, la Loi joue un rôle qui n’est pas négligeable : elle éclaire et condamne l’homme (par elle, il se découvre transgresseur de la loi, donc perdu devant Dieu), le conduit à désespérer de lui-même pour attendre tout d’un Dieu sauveur. Moïse, l’homme de la Loi, conduit Israël jusqu’au Jourdain et là, parce qu’il ne peut franchir le fleuve, désigne Josué, l’homme que l’Eternel appelle à passer en Canaan à la tête du peuple élu. C’est notre Josué, le Christ Jésus, qui seul a le pouvoir de faire des pécheurs que nous sommes des enfants du Royaume.

 

                        Qui a désigné le nouveau chef d'Israël (Nom. 27 : 15-23) ?

            Pensant à sa mort prochaine et préoccupé de l’avenir de son peuple, Moïse voit les enfants d’Israël privés de leur guide et les compare, non sans inquiétude, « à un troupeau qui n’a pas de berger » (v. 17). Ne pouvant prendre part à la conquête de Canaan, il demande avec instance à l’Eternel un successeur capable de conduire le peuple à la victoire : « Moïse parla à l’Eternel, disant : Que l'Eternel, le Dieu des esprits de toute chair, établisse sur l’assemblée un homme qui sorte devant eux et entre devant eux… » (v. 16-17).
            La conquête de Canaan - Moïse en est conscient - ne sera pas chose aisée. Sa population nombreuse est vaillante et bien protégée. Les espions envoyés jadis depuis Paran pour explorer le pays l’en avaient suffisamment informé (Nom. 13 : 28-29). Il fallait donc, pour un peuple tenté de se décourager et d’abandonner la lutte, un guide sûr, un chef compétent et consacré à Dieu, un homme revêtu de l’autorité d’En-haut… en un mot un second Moïse pour prendre la relève. Seul l’Eternel était en mesure de le désigner (Nom. 27 : 18).
            Une question vient alors à l’esprit : Pourquoi Moïse demande-t-il un successeur alors qu’il forme et prépare depuis plus de quarante ans son serviteur Josué en vue de cette tâche exceptionnelle mais difficile ? A-t-il des doutes quant au choix qu’il a fait en la personne du fils de Nun ? Souhaite-t-il une confirmation d’En-haut ? Peut-être. Il tient surtout à ce que Josué soit reconnu comme le chef désigné par l’Eternel lui-même. Ici, Moïse nous enseigne. L’homme ne devrait jamais être passif, attendant tout du ciel, même lorsqu’il s’agit de décisions ou de choix importants comme celui-ci. Il a toujours son rôle à jouer, sa part à accomplir, dans l’obéissance à la Parole de Dieu et dans la dépendance par la prière, pour que Dieu agisse et intervienne. Si l’agriculteur néglige de préparer et d’ensemencer le terrain, le Créateur ne pourra lui accorder la moindre récolte.
            C’est donc en réponse à la prière de Moïse que l’Eternel désigne Josué, « un homme en qui est l’Esprit » (Nom. 27 : 18).
 

                        Comment le peuple sera-t-il en mesure de reconnaître en Josué le successeur de Moïse choisi par l'Eternel (Nom. 27 : 18-23 ; Deut. 34 : 9) ?

            « L’Eternel dit à Moïse : Prends Josué… et pose ta main sur lui. Et tu le feras se tenir devant Eléazar, le sacrificateur, et devant toute l’assemblée » (Nom. 27 : 18-19).
            C’est donc solennellement et devant tous que Moïse pose les mains sur Josué. Par ce geste symbolique et public, il lui communique, de la part de Dieu, l’esprit de sagesse qui l’anime. Ainsi, tout Israël sait que Josué est le chef désigné par l’Eternel, qualifié d’En-haut, ayant reçu des mains de celui qui s’en va la capacité d’assumer sa lourde tâche : « Josué, fils de Nun, était rempli de l’esprit de sagesse, car Moïse avait posé ses mains sur lui » (Deut. 34 : 9).
            Le choix a été des plus heureux car Josué s'est montré comme successeur du patriarche, à la hauteur de sa difficile mission.
            L’Eternel révèle clairement à Moïse le but de cette cérémonie : « Tu mettras sur lui de ta gloire (ou dignité), afin que toute l’assemblée des enfants d’Israël l’écoute » (Nom. 27 : 20).
            Le peuple devait garder le souvenir de cette journée ; il s’est attaché à Josué et l'a suivi jusqu’au bout dans la conquête. Rarement, un chef a exercé un pareil ascendant sur ses troupes, car tous les ordres qu’il a transmis ont été ponctuellement exécutés : « Comme nous avons écouté Moïse en toutes choses, ainsi nous t'écouterons» (Jos. 1 : 17 ; Deut. 34 : 9).


                        A qui l'Eternel adresse-t-il désormais ses ordres ?

            A Josué lui-même (1 : 1), sans doute dans le parvis du sanctuaire, devant la tente d’assignation (ou de la rencontre - 7 : 6). Cette tente était le temple portatif du désert, un édifice provisoire où le Seigneur rencontrait son peuple. L’expression : « L’Eternel parla à Josué » se trouve ici pour la première fois (1 : 1) ; dès lors, nous la retrouverons tout au long du livre que nous étudions. Avant chaque nouvelle étape, Josué recevra directement d’En-haut des directives précises pour mener à bien les opérations.
 

                        Quelles sont les limites du pays à conquérir ?

            D’emblée, il faut noter que Josué, pas plus que ses successeurs, ne se sont emparés du vaste pays délimité par l’Eternel : «  Vos frontières seront depuis le désert et ce Liban jusqu’au grand fleuve, le fleuve Euphrate, tout le pays des Héthiens, et jusqu’à la grande mer, vers le soleil couchant » (Jos. 1 : 4). En réalité, le pays conquis par Israël fut beaucoup moins étendu. Et plus tard, lorsque les auteurs sacrés évoqueront les frontières de Canaan, ils useront de deux formules équivalentes : « Depuis Dan jusqu’à Beër-Shéba » (Jug. 20 : 1) ou « depuis l'entrée de Hamath jusqu’au torrent d’Egypte » (1 Rois 8 : 65).
            La Palestine avait pour limites :
                        - au nord, le Léontès ou « fleuve de la séparation », ainsi que les derniers contreforts du Liban et de l’Hermon.
                        
- à l’est, elle comprenait la région volcanique du Hauran ; la frontière suivait en direction du sud la piste appelée « route des Pèlerins » ; l’Arnon séparait les tribus d’Israël du pays de Moab.
                        - au sud, la frontière descendait plus bas que la mer Morte, formant un arc de cercle vers Kadès, puis elle remontait en suivant le torrent d’Egypte.
                        - à l’ouest, elle avait pour limites la frontière incertaine de la Philistie et les rives de la Méditerranée.

            La situation de ce territoire en faisait le trait d’union entre la Babylonie et l’Egypte, deux pays de vieille culture.
            La Palestine est un quadrilatère allongé de 240 km de long sur quelque 120 de large. Elle représente en gros la superficie de quatre départements français ou des trois quarts de la Suisse.
            La Palestine (Cisjordanie) est une zone qui va s’élargissant du nord au sud. Large de 37 km au nord, elle atteint 94 km au niveau de Gaza et 120 à 150 km dans le Negev. La région dite de Transjordanie, large de 90 km environ, entre le lac de Tibériade et le Djébel Hauran, se resserre pour atteindre 40 km le long du Jourdain.
            Puisque le livre de Josué contient plus que tout autre livre de la Bible un nombre important d’indications géographiques, nous vous conseillons, non seulement de consulter avec soin une carte de ce pays, mais plus encore de la dessiner pour vous familiariser avec le territoire qui sert de cadre aux récits de l’Ecriture.



LES GRANDES ETAPES DE LA VIE DE JOSUE

                        Sa jeunesse en Egypte

            Le successeur de Moïse est né en Egypte, qu’il a quitté âgé d’au moins 45 ans. En effet, il est mort à 110 ans (Jos. 24 : 29), après avoir vécu environ 40 ans dans le désert et 20 à 25 ans en Canaan. Josué a donc été le témoin ou du moins le contemporain des événements rapportés dans les livres de l’Exode, des Nombres, du Deutéronome et, bien sûr, de Josué.
            Son premier nom était : Osée, c’est-à-dire « salut » (Nom. 13 : 9). Moïse le changea en Josué, qui signifie : Jehova est salut (Nom. 13 : 17). Ce nom a la même signification que celui de Jésus (Jésus, de l’hébreu Jeshua, est une forme tardive de Joshua, c’est-à-dire Josué).
            Le nouveau conducteur d’Israël était le fils de Nun (1 : 1 ; 2 : 23) et appartenait à la tribu d’Ephraïm, dont il est devenu plus tard le chef (Nom. 13 : 8)
            Josué a passé les premières années de sa vie sous le régime des pharaons hostiles aux Hébreux. Il a connu en Egypte les dures épreuves et les multiples vexations infligées à Israël et dont mention est faite dans le premier chapitre de l’Exode (v. 11, 13, 14). Ainsi, il a dû partager les souffrances de son peuple, se sentir profondément solidaire de lui, prendre à cœur sa cause et travailler avec passion au bonheur de sa nation.
            Il a vu aussi s’abattre sur la riche contrée du Nil les dix plaies, jugements de l’Eternel envoyés pour faire fléchir le pharaon et son peuple. Ces terribles fléaux lui ont révélé la justice de Dieu et l'ont rendu conscient, « qu’il est terrible de tomber entre les mains du Dieu vivant » (Héb. 10 : 31).
            Il a été encore le témoin du miracle de la mer Rouge. Vision inoubliable de la toute-puissance de Dieu dont il gardera le souvenir vivant, combien précieux au moment de franchir le Jourdain.

 

                        Dans le désert : sa préparation à l'école de Moïse

            Hors d’Egypte, Josué est devenu rapidement le serviteur et le collaborateur de Moïse. Près de cet homme de Dieu exceptionnel, il a appris son « métier » de chef.
            Citons des faits auxquels ont été mêlés ces deux hommes :
                   - La lutte contre les Amalékites (Ex. 17 : 8-16). C’est à cette occasion que Josué apparaît pour la première fois sur la scène de l’histoire. Tandis que Moïse, aidé de Hur et d’Aaron, prie les mains levées vers l’Eternel, Josué dirige les opérations dans la plaine contre un adversaire rusé et redoutable. Là, il discerne l’importance de la prière, qui fait mouvoir le bras de l’Eternel. Lui seul (et non les mains de Moïse) décide du sort de la bataille.
                   - Sur le Sinaï (Ex. 24 : 12-18). Comme serviteur de Moïse il gravit la montagne – sans doute jusqu’au sommet (13) – et là, il fait l’expérience de la sainteté et de la majesté redoutable de l’Eternel. En compagnie du patriarche, il apprend à contempler et à adorer le Dieu de gloire.
                 - Dans la plaine (Ex. 32 : 15-20). En descendant de la montagne, Josué est le premier à percevoir les cris de réjouissances des Israélites dansant devant le veau d’or. L’indignation de Moïse et sa sévérité à l’égard de ses frères lui donnent la notion de la gravité du péché (en particulier d’idolâtrie) ; elles lui révèlent la nécessité d’exercer la discipline envers les siens lorsque l’honneur de Dieu ou le bien du peuple sont en jeu.
                 - Dans le sanctuaire (Ex. 33 : 11). Josué sert Dieu dans le sanctuaire et apprend là à consacrer du temps à l’Eternel, à rechercher sa communion et à marcher dans sa présence.
                 - Parmi le peuple (Nom. 11 : 26-30). Josué veut empêcher deux hommes de prophétiser dans le camp, tant il est soucieux de l’autorité de celui qu’il sert. Les reproches de Moïse lui enseignent l’humilité et la soumission. Il découvre que Dieu peut se révéler à des humbles et les utiliser. Un chef ne craint pas « la concurrence ». Il n’étouffe pas systématiquement la voix de ses subordonnés.
                 - Avec les espions (Nom. 13 : 8 à 14 : 9). Josué est du nombre de ceux que Moïse envoie en Canaan pour explorer le pays. De retour, il s’efforce, avec Caleb, de calmer les esprits et de redonner courage à un peuple saisi de panique à la suite des comptes-rendus tendancieux des dix espions. Josué ne mésestime pas la puissance des Cananéens mais il vante la fertilité de la Terre Promise et encourage les enfants d’Israël à y entrer puisque l’Eternel est avec son peuple (Nom. 14 : 9). Le successeur de Moïse apprend à se singulariser et à courir des risques pour obéir à Dieu ; l’assemblée parle de le lapider (14 : 10).

 

                        Successeur de Moïse (Nom. 27 : 12-23 ; 32 : 28-30)

            Formé à l’école de Moïse (son apprentissage a duré au moins 40 ans). Josué a appris son métier de chef. Homme de foi soumis à l’Eternel, il s'est montré le digne successeur du patriarche. Sa fermeté et sa sagesse, son courage et son dévouement, son souci de l’équité lors du difficile partage du pays, ont fait de lui un homme d’état exceptionnel. Incontestablement, il est l’une des plus belles figures de l’Ancien Testament.


D'après A. Adoul

 

A suivre