Le livre de l'Apocalypse (20)

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LE LIVRE DE L’APOCALYPSE  (20)


CHAPITRE  20 : 4-15


Jugement en gouvernement et première résurrection (v. 4-6)

            Ce court paragraphe, qui rapporte la cinquième vision de l’apôtre Jean, contient la seule description du règne millénaire dans l’Apocalypse. Au contraire, les bénédictions de la terre sous le sceptre de Christ sont abondamment développées dans les prophètes de l’Ancien Testament, Esaïe en particulier.
            Le livre de l’Apocalypse insiste longuement sur les jugements qui doivent introduire le règne, et montre comment les desseins de Dieu s’accompliront à l’égard de son Fils. Quant au règne lui-même, seules sont décrites les relations du ciel avec la terre, et la position privilégiée de l’Eglise, métropole céleste de l’univers et source des bénédictions de la terre (22 : 1-2). Aucune prophétie de l’Ancien Testament ne pouvait encore révéler cet aspect de la pensée de Dieu, car le mystère de l’assemblée était encore caché.


                        • Les saints sur les trônes et le jugement

            L’apôtre Jean voit des trônes, sans préciser où ils se trouvent (dans le ciel ou sur la terre). Déjà Daniel en avait eu la vision prophétique (Dan. 7 : 9), mais seul l’Ancien des jours, le Dieu d’éternité, était assis. Ici, nous apprenons quelque chose de plus : « Ils étaient assis dessus ». Qui sont-ils et quel est leur droit à cet honneur ? Trois catégories de rachetés les composent :

                   – 1. Les saints célestes, à la fois ceux de l’Ancien Testament et de l’Eglise. Déjà vus plusieurs fois comme rois et sacrificateurs (1 : 6 ; 5 : 10), ils sont maintenant des juges. Le Seigneur avait fait une promesse spéciale à ses douze apôtres, ceux qui avaient persévéré avec lui dans ses tentations. Il leur conférerait un royaume et les inviterait à s’asseoir avec lui sur des trônes pour juger les douze tribus d’Israël (Luc 22 : 29-30). Les saints de l’Eglise ont aussi l’assurance de régner avec Christ et de juger le monde et les anges (2 Tim. 2 : 12 ; 1 Cor. 6 : 2-3). Les vainqueurs à Thyatire et à Laodicée auront aussi une place particulière dans ce gouvernement à venir (2 : 26 ; 3 : 21).

                   – 2. Les martyrs décapités pour le témoignage de Jésus et pour la parole de Dieu, après que l’Eglise ait été enlevée de la terre. Les âmes de ces croyants étaient vues sous l’autel à l’ouverture du cinquième sceau (6 : 9-11) ; ils étaient exhortés à la patience. Ils ne perdent pas leur récompense, et le Seigneur se plaît à les honorer.

                   – 3. Les victimes de la tyrannie de la Bête romaine. Mis à mort pour avoir refusé de porter sa marque et de lui rendre hommage, ces martyrs, maintenant ressuscités, sont ajoutés aux rachetés précédents pour jouir du royaume terrestre de Christ et partager avec lui son gouvernement.

            Le « jugement » (v. 4) confié à tous ces rachetés n’est plus guerrier, car les conflits sont terminés sur la terre. Il n’est plus essentiellement judiciaire non plus, car le Seigneur réserve à sa propre autorité de retrancher chaque matin le méchant de son royaume (Ps. 101 : 8). Il s’agit du gouvernement et de l’administration du royaume de justice et de paix que le Roi partage avec ses rachetés.
            Le règne de Christ dure mille ans, c’est-à-dire un jour aux yeux du Seigneur Dieu (2 Pier. 3 : 8). Il s’agit du septième jour symbolique de l’histoire du monde, durant lequel on racontera l’œuvre de Dieu et de Christ (Nom. 23 : 23 ; Ps. 22 : 31). La nouvelle génération d’hommes qui se lèvera pendant cette période millénaire sera chargée de cette mission. L’expression « mille ans », citée six fois ici, ne se trouve nulle part ailleurs dans la Bible pour préciser la durée du règne de Christ ; elle apparaît trois fois en rapport avec Satan (v. 2-3, 7), deux fois en rapport avec les saints associés au règne de Christ (v. 4-5), et une dernière fois à l’occasion de la première résurrection (v. 6).
 
 
                        • La dernière phase de la première résurrection

            Les martyrs mentionnés ici sont vus comme des vivants pour régner avec le Christ (v. 4b). Or, ils avaient connu la mort, la première mort, comme martyrs. Ils sont donc ressuscités : leur esprit et leur âme (la partie immatérielle de l’être humain) sont à nouveau réunis à un corps physique, devenu glorieux et incorruptible. Ainsi, ils sont au bénéfice de la première résurrection, comme tous les saints célestes de l’Ancien Testament et de l’Eglise, avec lesquels ils partagent le règne de Christ.
            Le mot « ressusciter » est employé dans deux sens différents dans la parole de Dieu :
                   - soit pour désigner la résurrection des corps (qui implique tous les hommes),
                   - soit en rapport avec la vivification de l’âme des croyants (Eph. 2 : 6 ; Col. 2 : 12 ; 3 : 1).
Il s’agit ici du premier sens.
            La Bible parle clairement de deux résurrections des corps. Le fait général est enseigné par le Seigneur (Jean 5 : 29), sans distinction de date ou de caractère entre les deux résurrections. L’apôtre Paul en parle aussi (Act. 24 : 15). La première résurrection ne concerne que ceux qui ont la vie de Dieu (« les justes ») ; c’est une « résurrection de vie », une « résurrection d’entre les morts » ; elle s’accomplira en quatre phases successives :
                   – 1. D’abord, Christ, les prémices (1 Cor. 15 : 20), comme premier-né d’entre les morts (Col. 1 : 18)
                   – 2. Ensuite, ceux qui sont du Christ, à sa venue (1 Cor. 15 : 23). Elle comprend tous les croyants de l’Ancien Testament et de l’Eglise.
                   – 3. Les deux témoins à Jérusalem (11 : 11-12).
                   – 4. Tous les martyrs croyants de la période apocalyptique, ressuscités pour jouir du royaume terrestre :
                          . les âmes sous l’autel, déjà mentionnées plus haut ;
                          . les martyrs juifs (7 : 13-17) ;
                          . les victimes de la Bête romaine, mentionnées aussi plus haut ;
                          . les martyrs d’entre les nations (15 : 2-4). Ces rachetés vivent pour régner avec Christ.
            Des morts incrédules, il est dit : « Le reste des morts ne vécut pas jusqu’à ce que les mille ans fussent accomplis ». Leur sort sera réglé à la fin du règne. Tous les morts incrédules (« les injustes ») de l’histoire de l’humanité seront rappelés alors à l’existence pour se tenir devant le grand trône blanc et recevoir leur jugement final. Cette seconde résurrection est une « résurrection de jugement » ; elle aura lieu en une seule fois, à la fin du millénium.


                        • La béatitude de la première résurrection

            C’est la cinquième des sept béatitudes du livre de l’Apocalypse.
            C’est un bonheur incomparable d’avoir part à la première résurrection ! Rien ne peut surpasser le privilège d’être avec Christ, pour partager sa joie et sa sainteté.
            Le fait d’avoir part à la première résurrection est aussi l’assurance de ne point connaître la seconde mort, c’est-à-dire l’étang de feu, dans le bannissement définitif et éternel de la présence de Dieu (v. 14b). Enfin, ces croyants ressuscités sont sacrificateurs de Dieu et du Christ pendant le règne de mille ans. Christ, roi et sacrificateur, sera lui-même « sacrificateur sur son trône », selon la prophétie de Zacharie (Zach. 6 : 13). Ses rachetés seront aussi de sa part des canaux de bénédiction pour la terre. Ils exerceront alors, à l’égard des sujets du royaume millénaire, une sacrificature de bénédiction (de Dieu vers l’homme) selon l’ordre de Melchisédec. Auparavant, et pour Israël en particulier, le sacrificateur représentait l’homme devant Dieu, à la ressemblance de la sacrificature d’intercession d’Aaron.


Le dernier conflit et le feu du ciel (v. 7-10)

            « Quand les mille ans seront accomplis » : le règne de Christ sur la terre ne sera jamais détruit (Dan. 7 : 14), mais, à son terme, le Fils de l’homme remettra à son Père un royaume dans un ordre parfait, contrairement à toutes les successions de pouvoir dans l’histoire des hommes.


                        • Le dernier combat

            Satan, délié de sa prison dans l’abîme, tente une dernière révolte contre Dieu, et séduit encore une multitude d’humains. C’est la démonstration éclatante que le cœur de l’homme ne peut être amélioré, même après mille ans de paix et de prospérité : « La pensée de la chair est inimitié contre Dieu, car elle ne se soumet pas à la loi de Dieu ; en effet, elle ne le peut même pas » (Rom. 8 : 7).
            Egarées et conduites par Satan, les nations accourent de tous les bouts de la terre pour un dernier combat. Elles sont constituées d’hommes incrédules dont David parlait déjà prophétiquement dans son cantique : « Les fils de l’étranger se sont soumis à moi en dissimulant » (2 Sam. 22 : 45 ; Ps. 18 : 44). Au milieu de la génération née pendant le millénium, beaucoup d’hommes n’auront pas la vie de Dieu, et répondront aussi à la séduction de Satan. Ensemble, ils sont appelés « Gog et Magog ». Cette appellation ne doit pas être confondue avec celle qui désignait les peuples du nord (conduits par l’Assyrien) ayant combattu contre Christ juste avant le règne (Ezé. 38 : 1). On retrouve toutefois chez les uns et les autres, le même caractère de haine aveugle contre Christ et les siens. Ils investissent « le camp des saints » et « la cité bien-aimée », c’est-à-dire Jérusalem (v. 9). Lorsqu’elle était livrée aux nations, la ville était devenue « Sodome et Egypte » (11 : 8). Sous le règne de Christ, la capitale de la terre est à nouveau la ville du grand roi, « la cité bien-aimée ». C’est sur elle que s’acharnent les rebelles. Le combat contre eux est bref, et son issue fulgurante : le feu du ciel les dévore tous. Ils rejoignent ainsi dans le monde invisible tous les autres morts incrédules pour comparaître ensemble devant le grand trône blanc (v. 12).


                        • Le jugement final de Satan

            La dernière étape de la longue histoire de sa rébellion et de sa ruine finale est atteinte : un jugement inexorable et final, l’étang de feu et de soufre, préparé pour lui depuis longtemps. La trinité du mal (le diable, la Bête romaine et le faux prophète) s’y trouve maintenant.
            L’expression : « Ils seront tourmentés, jour et nuit, aux siècles des siècles » implique qu’en enfer la notion de temps ne sera pas perdue pour les hommes incrédules ou les anges déchus. Mais c’est un temps qui n’a pas de fin. Malheur éternel !
            Par contraste, les rachetés du Seigneur habitent la lumière d’éternité, sans nuit (22 : 5), et pour eux, le temps ne compte plus. Bonheur Eternel !


Le grand trône blanc et le jugement des morts (v. 11-15)

            « La fin de toutes choses s’est approchée » (1 Pier. 4 : 7). Les sixième (v. 11) et septième visions (v. 12) de l’apôtre la décrivent brièvement : le jugement des morts et la dissolution de toutes choses, remplacées par les nouveaux cieux et la nouvelle terre.


                        • Le grand trône blanc (v. 11)

            La scène est à dessein décrite de façon immatérielle et intemporelle, bien que profondément réelle dans son existence et ses résultats. Contrairement aux scènes précédentes de jugement, il n’est pas question ici d’une venue de Christ, mais d’un trône : le dernier siège du jugement judiciaire avant l’introduction de l’état éternel, où tout sera définitivement scellé pour toujours.
            La couleur même du grand trône blanc rappelle que le jugement est selon la pureté et la sainteté de celui qui y siège, le Dieu dont les yeux sont « trop purs pour voir le mal » (Hab. 1 : 13).
            Qui est assis sur le trône ? Dieu le Fils, Christ, Fils de l’homme, à qui le Père a remis tout jugement (Jean 5 : 22), « lui qui est établi de Dieu juge des vivants et des morts » (Act. 10 : 42).
            La terre et le ciel « de maintenant » (2 Pier. 3 : 7) s’enfuient devant le Juge. Ils devaient passer, selon la parole même du Seigneur (Matt. 24 : 35), pour faire place aux nouveaux cieux et à la nouvelle terre, selon la promesse de Dieu (2 Pier. 3 : 3).


                        • Les condamnés et leur jugement

            Ce sont tous les morts qui n’ont pas la vie de Dieu, depuis Caïn, le premier meurtrier de la terre, jusqu’aux derniers rebelles de Gog et Magog, qui viennent d’être frappés par le feu du ciel (v. 9). Ils sont tous ressuscités pour être jugés. L’esprit, l’âme et le corps de tout être humain sont à nouveau réunis pour constituer la même personne que celle qui vivait auparavant sur la terre. Leur jugement est selon les livres qui contiennent le témoignage de leurs œuvres (Dan. 7 : 10). Les secrets des cœurs, mobiles et motifs des œuvres, sont aussi révélés et jugés (Rom. 2 : 6, 16 ; 1 Cor. 4 : 5).
            Le livre de vie, tenu à jour dans le ciel (3 : 5), ne contient aucun nom de ceux qui paraissent ici devant le grand trône blanc. Il n’y a ni avocat pour défendre leur cause perdue, ni cour d’appel, ni cour de cassation. Un juste jugement final atteint tous les coupables, qui devront reconnaître le bien-fondé de leur condamnation, « afin que toute bouche soit fermée, et que tout le monde soit coupable devant Dieu » (Rom. 3 : 19).
            La mer (matériellement parlant), la mort (en rapport avec le corps séparé de l’âme) et le hadès (en rapport avec l’âme séparée du corps) rendent respectivement tous leurs morts. Le jugement de tous est d’être jeté dans l’étang de feu, le lieu des pleurs (une souffrance éternelle) et des grincements de dents (une irritation permanente), la géhenne, la seconde mort, le sceau de la séparation finale d’avec Dieu. Ce n’est pas une cessation de l’existence, car pour Dieu tous vivent (Luc 20 : 38). De ce point de vue, l’âme de tout homme est immortelle, bien que Dieu « seul possède l’immortalité », et que seuls les croyants qui ont la vie de Dieu la revêtent effectivement (1 Tim. 6 : 16 ; 1 Cor. 15 : 53). Le tableau figurant à la fin de la section précédente donne quelques éléments de comparaison entre les deux sessions de jugement des vivants et des morts.


                        • La fin de la mort et de l’hadès (v. 14)

            La mort (la première) et le hadès résultaient du péché de l’homme séduit par Satan, qui s’était emparé à la fois du pouvoir de la mort et des portes de l’hadès (Héb. 2 : 14 ; Matt. 16 : 18). Personnifiés l’un et l’autre comme des ennemis, ils ont été vaincus à la croix par Christ, qui en possède maintenant les clefs (1 : 18). Jusqu’au jugement des morts qui étaient retenus en eux (mort et hadès), les conséquences de la victoire de Christ ne pouvaient pas être pleinement manifestées. Mais après ce jugement, le hadès est vide et la première mort ne retient plus personne :
                          . pour les incrédules, tous connaissent la seconde mort ;
                          . pour les croyants, ce qui est mortel est absorbé par la vie, la mort est à eux (1 Cor. 3 : 22 ; 2 Cor. 5 : 4).
            Le sort de Satan et des morts incrédules étant définitivement scellé, Dieu accomplit sans délai son dernier acte de jugement judiciaire, à l’égard de l’hadès et de la mort, le dernier ennemi qui doit être aboli (Es. 25 : 8 ; Osée 13 : 14 ; 1 Cor. 15 : 26, 54). La mort et l’hadès ne sont pas jugés (comme Satan et les incrédules) ; ils sont détruits, pour ne jamais réapparaître.
            Ainsi, la seconde mort (un état) et l’étang de feu (un lieu) constituent le terme solennel du jugement du mal et de tous les méchants. Quant aux saints célestes, dont le nom est écrit dans le livre de vie « dès avant la fondation du monde », ils étaient sortis de l’hadès depuis longtemps, pour ne pas souffrir de la seconde mort (2 : 11). La Parole ne nous révèle rien sur la part future des rachetés terrestres qui auront joui des bénédictions du règne. Leur nom aussi est écrit au livre de vie de l’Agneau « dès la fondation du monde » (13 : 8 ; 17 : 8). Par quel acte de puissance et sous quelle forme Dieu les amènera-t-il dans les nouveaux cieux et la nouvelle terre, et quelle y sera leur part ? Cela ne nous est pas révélé maintenant.


D’après « Sondez les Ecritures » (vol. 15)


A suivre