Le livre de l'Apocalypse (16)

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LE LIVRE DE L’APOCALYPSE  (16)


CHAPITRE  16


 Les six premières coupes

                        • L’annonce des sept coupes (v. 1)

            C’est aussi du temple qu’une grande voix se fait entendre pour donner l’ordre aux sept anges, au moment fixé par Dieu, de verser sur la terre les sept coupes de sa colère, c’est-à-dire de déclencher les fléaux qui vont frapper ceux qui habitent sur la terre.
            Avant de les considérer l’une après l’autre, remarquons le parallélisme entre ces coupes et les sept trompettes des chapitres 8 et 9 : les quatre premières trompettes, les quatre premières coupes provoquent des fléaux successivement sur la terre, la mer, les fleuves et les fontaines d’eau, le soleil.
            La cinquième trompette et la cinquième coupe apportent des ténèbres et de grandes douleurs qui tourmentent personnellement les hommes.
            La sixième trompette et la sixième coupe dirigent les regards vers l’Euphrate, limite de l’Orient d’où doit surgir une grande invasion.
            La septième trompette et la septième coupe, après une sorte de parenthèse, introduisent des malheurs qui clôturent la scène de jugement.
            Ce rapprochement a suggéré la pensée que les sept coupes ne correspondraient pas à une période de jugements distincte de celle des trompettes, mais à l’étape finale de chacun d’eux, marquée par l’aggravation brutale et l’extension des jugements. En effet, les anges reçoivent sept coupes, et les sept coupes ne sont pas directement introduites par la septième trompette, comme les sept trompettes l’avaient été par l’ouverture du septième sceau.


                        • Les six premières coupes (v. 2-12)

            – 1. La première coupe (v. 2). Ce jugement est un fléau qui atteint personnellement de façon rongeante tous ceux qui ont accepté de prendre sur eux la marque de la Bête ou de rendre hommage à son image. Il intervient à la fin de la période où la Bête exerce sa terrible domination. Sans pouvoir exclure une maladie corporelle, le caractère symbolique des jugements dans ce chapitre suggère plutôt un mal qui pénètre les esprits. Il s’étend dans tout le système organisé sous le pouvoir de la Bête, spécialement le territoire de la Palestine (la terre).
            – 2. La deuxième coupe (v. 3). Ce jugement est plus étendu, il concerne la mer agitée des peuples : tout ce qui soutient la prospérité économique et les relations entre les peuples est marqué par la mort. Cela suggère peut-être de vastes et sanglants conflits. Alors qu’un jugement semblable a frappé « le tiers de la mer », lors de la deuxième trompette (8 : 9), il s’étend ici à « la mer » tout entière. C’est le même cas pour la terre, la mer, les fleuves et les fontaines d’eau, et pour le soleil lors des quatre premières coupes.
            – 3. La troisième coupe (v. 4-7). Ce troisième jugement est semblable au précédent quant à sa nature, mais il atteint spécifiquement les fleuves et les fontaines d’eau. Tout ce qui est source d’influence morale ou moyen de communication entre les hommes est source de mort.
                 Ce jugement qui frappe les persécuteurs « des saints et des prophètes » est l’occasion d’une louange adressée à Dieu pour célébrer sa justice et sa sainteté. Si la grâce de Dieu est la source d’abondantes louanges, la justice de ses jugements est proclamée à plusieurs reprises et par plusieurs voix différentes : ici, d’abord par un ange, puis, en provenance de l’autel, par ceux qui ont été mis à mort lors des persécutions (6 : 9-11).
            – 4. La quatrième coupe (v. 8-9). Sous la figure du soleil brûlant, on peut discerner que l’autorité supérieure qui a pouvoir sur la terre devient terriblement oppressante et meurtrière. Voir le mal, dans la conduite de leurs dirigeants, causer tant de souffrances devrait amener les hommes à reconnaître ce qu’est en réalité le cœur de tous, et les pousser à se repentir de leurs œuvres. Mais au lieu de se tourner vers Dieu qui seul est juste, pour le craindre et Lui donner gloire, selon la proclamation de l’évangile éternel (14 : 6-7), les hommes attribuent leurs malheurs à Dieu et blasphèment son Nom.
            – 5. La cinquième coupe (v. 10-11). L’objet du jugement est maintenant le trône de la Bête et son royaume. Tout le monde occidental a donné pouvoir à la Bête afin de promouvoir une prospérité inégalée, mais sans Dieu. Il se trouve maintenant frappé dans sa structure entière : tout ce développement dont les hommes sont si fiers ne produit que misère et douleurs. Le royaume de la Bête devient ténébreux. Plus que jamais, le monde sera dirigé par le mensonge. Loin d’y trouver un motif pour revenir de leur mauvaise voie et de leur orgueil, les hommes s’élèvent et blasphèment contre « le Dieu du ciel ». Si, lors de la quatrième coupe, ils blasphèment « le nom de Dieu qui détient le pouvoir sur ces plaies », en lui imputant la cause de leurs souffrances, ils s’élèvent maintenant plus ouvertement contre Lui, le Dieu souverain, dont ils refusent l’autorité.
            – 6. La sixième coupe (v. 12). Jusque-là, la scène se limitait aux nations occidentales réunies sous l’autorité de la Bête. Maintenant, alors que le dénouement final approche, la barrière qui avait jusqu’ici mis un frein aux ambitions des peuples de l’Orient est ôtée ; les eaux de l’Euphrate sont asséchées pour laisser passer leurs armées. Un formidable affrontement est en vue entre l’Orient et l’Occident. Ces armées ne savent pas qu’elles se pressent pour rencontrer le Seigneur lui-même. Lorsqu’Il viendra pour établir son règne, Il détruira successivement :
                      . La Bête et les rois de la terre et leurs armées (19 : 19), qui se seront rassemblés à Armaguédon (v. 16) ;
                      . Le roi du nord et ses alliés du nord et de l’est, près de Jérusalem (Ezé. 38-39 ; Dan. 11 : 45 ; Zach. 14 : 3). Si l’attitude des hommes qui s’obstinent dans leur opposition à Dieu sous ses jugements nous paraît être une folie, combien plus devons-nous être attentifs à nous laisser arrêter et instruire par son gouvernement, voire ses châtiments à notre égard. Nous avons affaire non à un juge, mais à un Père qui nous aime.

 

L’intervalle avant la septième coupe

                        • La trilogie du mal (v. 13)

            L’approche du dénouement final conduit à la manifestation ouverte des puissances sataniques de méchanceté qui se présentent sous la forme d’une trinité de mal : le Dragon, la Bête et le faux prophète. Leur collusion est déjà mentionnée au chapitre 13. Le Dragon a donné « sa puissance et son trône, et un grand pouvoir » à la Bête (v. 2), le chef de l’empire romain reconstitué. La seconde Bête appelée dorénavant le faux prophète, ce qui démontre son caractère religieux, parlait comme un dragon et exerçait tout le pouvoir de la première Bête (v. 11, 12) : c’est l’Antichrist qui exerce sa puissance à Jérusalem. Maintenant, quelle que soit l’apparence extérieure de leur conduite, Dieu dévoile ici la réalité de leur puissance : des esprits de démons sortent de leur bouche comme leurs ambassadeurs pour aller ensemble séduire plus sûrement encore tous les rois de la terre en vue d’une gigantesque confrontation.
            Ces trois puissances ne sont pourtant pas sur le même plan. Le grand ennemi, c’est « le grand dragon, le serpent ancien, celui qui est appelé diable et Satan » (12 : 9). La Bête et le faux prophète sont des hommes, des instruments que Satan a suscités et à qui il a donné sa puissance, en cherchant à imiter, si c’était possible, la Trinité divine. Il réussit à les regrouper avec lui pour avoir une unité d’action dans le mal : ces trois esprits de démons agissent de concert. Ces puissances ainsi coalisées subiront la même destruction, mais en des moments différents, comme nous le verrons aux chapitres 19 et 20. Quand Christ viendra pour établir son règne de mille ans, la Bête et le faux prophète seront jetés vivants dans l’étang de feu et de soufre. Satan sera alors lié dans l’abîme pendant les mille ans, puis il séduira une dernière fois les nations à la fin du règne avant d’être, lui aussi, jeté dans l’étang de feu et de soufre.


                        • Le rassemblement des nations (v. 14)

            La Bête et le faux prophète exercent leur pouvoir sur l’Occident. Il semble bien que cette entreprise pour rassembler les rois de la terre soit destinée à s’opposer à l’invasion qui déferle depuis l’Orient (v. 12). Plusieurs passages montrent en effet qu’une puissante confédération conduite par l’Assyrien envahira aux derniers temps la Palestine : « L’Eternel des armées a juré, disant : Pour certain, comme j’ai pensé, ainsi il arrivera, et, comme j’ai pris conseil, la chose s’accomplira, de briser l’Assyrien dans mon pays » (Es. 14 : 24-25). La puissance occidentale romaine voudra lui opposer une formidable armée, mais l’affrontement n’aura pas lieu.


                        • L’avertissement final et l’encouragement des fidèles (v. 15)

            Le Seigneur intervient ici pour avertir : « Voici, je viens comme un voleur », celui qu’on n’attend pas (1 Thes. 5 : 2). Alors que, au cours de l’histoire, maintes fois des combats meurtriers ont opposé nation contre nation, le Seigneur se réserve, à la fin, de détruire Lui-même ses ennemis rassemblés, chacun à son tour : « Et j’assemblerai toutes les nations contre Jérusalem, pour le combat… Et l’Eternel sortira et combattra contre ces nations comme au jour où il a combattu au jour de la bataille » (Zach. 14 : 2-3).
            Comme Dieu avait permis à un mauvais esprit de convaincre le roi Achab d’entrer en guerre contre Ammon pour qu’il y trouve la mort (1 Rois 22 : 22), Dieu permettra que ces esprits de démons convainquent par des miracles les rois de la terre de se rassembler.
            L’annonce de ce combat final est accompagnée d’un dernier avertissement à veiller. La venue du Seigneur comme un voleur sera une terrible surprise pour ceux qui se sont élevés contre Lui dans leur impiété orgueilleuse, mais le Seigneur pense à chacun de ceux qui veillent : « Bienheureux celui qui veille et qui garde ses vêtements, afin qu’il ne marche pas nu » (v. 15). Cette sollicitude divine pour le fidèle méprisé et souffrant, au milieu de cette scène terrifiante, est d’un grand réconfort pour la foi dans tous les temps, et particulièrement pour ces derniers jours. Quel changement va tout à coup se produire ! D’immenses armées se mettent en marche pour soutenir la puissance du faux prophète qui opprime les fidèles jusqu’à les faire mourir. Qui pourrait les délivrer ? Mais en lisant ce verset 15, chacun d’eux pourra dire : « Le Seigneur pense à moi. Tu es mon secours et celui qui me délivre. Mon Dieu ! ne tarde pas » (Ps. 40 : 17).


                        • Armaguédon (v. 16)

            En poussant les rois de la terre à rassembler leurs armées, Satan se trompe lui-même plus qu’il ne l’a jamais fait. A leur insu, les esprits immondes travailleront au dessein de Dieu qui veut assembler les nations en vue d’un autre combat, « en vue du combat du grand jour de Dieu le Tout-puissant » au lieu assigné : Armaguédon.
            Ce nom paraît devoir être pris au sens littéral pour désigner un emplacement géographique, probablement la vallée de Meguiddo, nom d’une ville du pays d’Israël, au bord de la plaine de Jizréel, non loin du Carmel, où de grandes batailles ont déjà eu lieu dans le passé (Jug. 5 : 19 ; 2 Rois 23 : 29 ; 2 Chr. 35 : 20-23). Seulement, au lieu de s’affronter entre elles, les armées de l’Occident sous l’autorité de la Bête et du faux prophète et celles du Nord et de l’Orient dans la confédération de l’Assyrien seront successivement détruites directement par le Seigneur lui-même.

 

La septième coupe
 
            La septième coupe est versée « dans l’air » (v. 17) ; cette expression désigne toute l’atmosphère morale de ce monde dont Satan est le chef, « le chef de l’autorité de l’air » (Eph. 2 : 2). C’est le signe que le déploiement de sa puissance arrive à sa fin.


                        • « C’est fait ! » (v. 17)

            Tout le dessein du gouvernement de Dieu à l’égard des nations s’achève. La voix qui l’annonce sort du temple du ciel, « venant du trône », parole de jugement et d’autorité : « C’est fait ! ». On peut rapprocher plusieurs occasions où de telles paroles ont été prononcées :
                    – La première, c’est la parole du Seigneur sur la croix : « C’est accompli » ; elle marque l’achèvement du dessein de Dieu dans la rédemption, de l’œuvre de grâce que le Père avait donnée à faire au Fils (Jean 17 : 4). Christ remet alors son esprit entre les mains du Père qui met aussitôt son sceau sur cette œuvre accomplie : « Voici, le voile du temple se déchira en deux, depuis le haut jusqu’en bas ; la terre trembla, les rochers se fendirent, les tombeaux s’ouvrirent. Beaucoup de corps des saints endormis ressuscitèrent » (Matt. 27 : 51-52).
                    – La deuxième est prononcée ici ; Dieu achève ses voies en gouvernement vis-à-vis des nations. Sous l’ardeur des jugements de Dieu, la terre tremble comme elle ne l’avait jamais fait.
                    – La troisième se trouve en Apocalypse 21 : 5-6 : « Celui qui était assis sur le trône dit : Voici, je fais toutes choses nouvelles. Et il me dit : Ecris, car ces paroles sont certaines et véritables. Puis il me dit : C’est fait. Moi, je suis l’alpha et l’oméga, le commencement et la fin ». A ce moment-là, le premier ciel et la première terre ont déjà disparu (21 : 1) pour faire place aux nouveaux cieux et à la nouvelle terre. C’est alors l’aboutissement de tout ce que Dieu s’est proposé dans son amour et pour sa gloire qui trouve sa plénitude dans l’introduction de l’état éternel.


                        • Un ébranlement général (v. 18)

            Aussitôt « il y eut des éclairs, des voix, des tonnerres, un grand tremblement de terre et une forte grêle » (11 : 19). Jamais ne s’était produit un tel ébranlement atteignant toutes les nations. Ce sera le signe annonciateur des derniers jugements précédant l’introduction du royaume millénaire de Christ (Agg. 2 : 7). Depuis Babel, les hommes ont cherché à s’élever en bâtissant sur la terre comme si elle leur fournissait une fondation solide. Et Dieu rappelle fréquemment aux hommes qu’ils sont exposés à un jugement subit, soit du ciel par la foudre, soit d’en bas par l’ébranlement de la terre.


                        • La grande ville et les villes des nations frappées (v. 19-20)

            La grande ville dont il est question au verset 19 ne doit pas être confondue avec celle qui était mentionnée au chapitre 11 (v. 8) ; il s’agissait alors de Jérusalem, puisqu’il est dit : « là, où leur Seigneur a été crucifié ». Ici, cette « grande ville », divisée en trois parties, représente la puissance romaine partagée, ébranlée. « La grande Babylone » qui est nommée juste après, identifiée avec la femme, la grande prostituée décrite au chapitre suivant (17 : 5, 18), représente le pouvoir religieux corrompu qui subsiste après l’enlèvement de l’Eglise, au début étroitement lié au pouvoir romain. La destruction de la grande Babylone a déjà été annoncée (14 : 8) ; elle va maintenant subir effectivement le jugement mérité. Elle a accumulé tant de mal que Dieu doit lui faire boire « la coupe du vin de la fureur de sa colère », expression saisissante du jugement le plus sévère. La fureur et la colère sont deux termes fréquemment employés ensemble pour exprimer l’exécution du jugement de Dieu (Deut. 9 : 19 ; Ps. 2 : 5).
Les conséquences politiques et sociales de cette destruction sont telles que beaucoup de villes des nations, même en dehors de l’empire romain, sont entraînées dans sa chute. Les îles (les contrées maritimes, le commerce) et les montagnes (les puissances établies ; peut-être aussi les refuges naturels) subissent également le contrecoup de cet ébranlement général. Les liens économiques mondiaux favorisent de telles répercussions dont nous ressentons déjà les premiers effets.


                        • D’énormes grêlons (v. 21)

            C’est le dernier fléau mentionné : un jugement qui vient directement du ciel, auquel nul ne peut échapper (8 : 7 ; 11 : 19 ; Ex. 9 : 25 ; Es. 30 : 30). Le poids d’un talent (environ 49 kg) donne une idée de l’intensité du fléau qui peut être compris au sens littéral. Comme le talent est la plus grande unité monétaire mentionnée dans la Parole, cela peut aussi suggérer une catastrophe économique sans précédent, d’origine monétaire, alors que tant d’efforts auront été faits pour assurer la stabilité de la monnaie. Il s’agit ici du dernier des jugements généraux qui atteignent tous les hommes, mais sans doute d’une façon plus directe et personnelle que ne le ferait un désastre économique de grande ampleur.


D’après « Sondez les Ecritures » (vol. 15)


A suivre