Le livre de l'Apocalypse (2a)

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LE LIVRE DE L’APOCALYPSE  (2a)


Le tableau général de l’Assemblée sur la terre
Ephèse
 

CHAPITRE  2


Le tableau général de l’Assemblée sur la terre

            Les chapitres 2 et 3 décrivent « les choses qui sont », relatives à l’époque actuelle, celle de la grâce. Le message est d’une importance fondamentale pour chacun de nous, pour chaque église locale et pour l’Eglise entière.

                        • La triple portée du message

            Les lettres aux sept assemblées peuvent être considérées de trois points de vue différents :

                 1. Portée historique : Parmi les nombreuses églises locales qui existaient à la fin du premier siècle de l’ère chrétienne, l’Esprit Saint en retient 7 en Asie mineure (une province romaine) pour leur adresser un message spécial, valable pour toutes les assemblées de cette époque. Deux de ces assemblées seulement sont mentionnées ailleurs dans le Nouveau Testament :
                      . Ephèse (la capitale de la province), qui reçoit ici un dernier avertissement. L’apôtre Paul y avait séjourné trois ans (Act. 20 : 31) et son ministère avait apporté révélations et bénédictions divines. Son adieu aux anciens d’Éphèse, comme aussi l’épître écrite pendant la première captivité de l’apôtre et les deux épîtres à Timothée (qui était à Éphèse) avaient été autant d’occasions d’apporter de la nourriture à l’assemblée et de la mettre en garde. Le dernier avertissement adressé par Jean n’a pas été reçu et la lampe (symbole du témoignage) a été ôtée par le Seigneur (2 : 5).
                      . Laodicée, ville voisine de Colosses. Paul avait écrit à ces deux assemblées (Col. 4 : 13, 16), mais Laodicée n’a pas tenu compte de l’exhortation à « tenir ferme le Chef », Christ (Col. 2 : 19). Là aussi, la lampe a été ôtée, comme, au reste, dans les cinq autres assemblées d’Asie. Combien cela est solennel !

                 2. Portée morale et pratique : Les sept messages sont aussi un appel à recevoir aujourd’hui les exhortations et les avertissements qu’ils contiennent pour la vie de chaque chrétien ou de chaque rassemblement.

                 3. Portée prophétique : L’Apocalypse est prophétique, y compris cette partie du livre (ch. 2 et 3). L’Esprit décrit par avance ce que devait être l’histoire triste (sous l’angle de notre responsabilité humaine) et merveilleuse (sous l’angle de la réalisation des desseins de Dieu) de l’Assemblée sur la terre, depuis sa formation (au jour de la Pentecôte à Jérusalem) jusqu’à son enlèvement (au retour du Seigneur). Pour nous, cette histoire arrive à son terme. Dans les chapitres 2 et 3, l’assemblée est vue dans sa responsabilité sur la terre ; dans les chapitres 20 à 22, elle est vue comme l’épouse de Christ qu’Il va bientôt se présenter glorieuse, et qui actuellement attend et désire sa venue.

                        • Tableau de l’histoire prophétique de l’Eglise

            Les quatre premiers messages (ch. 2) décrivent l’histoire morale de l’Eglise de Christ sur la terre, l’Eglise primitive fortifiée par le service des apôtres (Act. 15 : 41), depuis la Pentecôte jusqu’au retour du Seigneur. Les caractères de ces quatre églises qui se succèdent dans ce chapitre, décrivent prophétiquement cette histoire. A Thyatire, la dernière, le retour du Seigneur est présenté pour la première fois.
            Les trois derniers messages (ch. 3) racontent l’histoire particulière du protestantisme, après le réveil de la Réforme jusqu’au retour de Christ. C’est un sujet parallèle. Apparaissant sur la scène à des dates successives, ces trois assemblées subsistent (avec Thyatire) jusqu’à la fin.

                 1. Ephèse (de l’an 57 à l’an 167). Elle représente l’église du début, vue dans son ensemble. Elle abandonne vite son premier amour.
                 2. Smyrne (de 167 à 313). Pour ramener le cœur de l’assemblée vers Lui, le Seigneur permet la persécution. Satan se déchaîne contre elle comme un lion rugissant ; il persécute l’assemblée de l’extérieur et cherche aussi à la corrompre à l’intérieur.

                 3. Pergame (de 313 à 600 env.). Le pouvoir romain cesse ses persécutions, pour soutenir la cause de l’Eglise et la protéger. Alors, Satan, qui se présente subtilement comme « ange de lumière », l’entraîne dans le monde, là même où lui habite.

                 4. Thyatire (de 600 env. au retour du Seigneur) : L’Eglise devient un pouvoir dans le monde, et ce système religieux se développe pendant les longs siècles du Moyen âge.
Au sein d’une église où règne la corruption, Dieu suscite alors (de 1400 à 1700 env.) un extraordinaire réveil, connu sous le nom de la Réforme depuis 1517. Mais, après la fin des persécutions religieuses, l’église protestante s’endort et se place sous la protection du pouvoir politique.

                 5. Sardes (de 1 700 env. au retour du Seigneur). Cette assemblée montre prophétiquement ce qu’allait être l’état de profond sommeil spirituel de cette église (assimilé à la mort), jusqu’au retour du Seigneur.

                 6. Philadelphie (du début du 19e siècle jusqu’au retour du Seigneur) est issue de cet état de ténèbres et de mort par une nouvelle grâce divine. Un dernier réveil, « le cri de minuit », retentit pour réveiller l’église et la ramener vers Christ, dans l’attente de son retour.

                 7. Laodicée (de la fin du 19e siècle jusqu’au retour du Seigneur) montre l’état de tous ceux qui tirent orgueil et vanité des richesses spirituelles reçues, alors qu’ils en ont abandonné la substance : « Ceux qui regardent aux vanités mensongères abandonnent la grâce qui est à eux » (Jon. 2 : 9).

            Ces indications très générales n’empêchent pas que l’état de chacune des sept églises mentionnées dans ces chapitres n’ait trouvé son prolongement ou son développement local tout au long de l’histoire de la chrétienté.

                        • Le fil d’argent de la grâce et du témoignage

            Tout au long de cette longue histoire, Dieu « n’a pas manqué, pourtant, de rendre témoignage de ce qu’il est par ses bienfaits » (Act. 14 : 17). En voici le fil d’argent pendant vingt siècles :

                 A Ephèse, l’église, dans son ensemble, reflète la lumière de Dieu sur la terre, malgré le déclin de ses affections pour Christ. Elle est encore « la colonne et le soutien de la vérité » (1 Tim. 3 : 15).

                 A Smyrne, l’église, vue à nouveau dans son ensemble, souffre sous les persécutions du monde. La fidélité à Christ peut conduire à la mort.

                 A Pergame, pour la première fois, l’Esprit distingue un « résidu » : Antipas, le fidèle témoin, avec ceux qui, comme lui, résistent aux attraits du monde.

                 Au cours des siècles, Thyatire a dégénéré en un système jugé par Dieu (2 :  22-23). Pourtant le Seigneur, pour sa joie, y maintient quelques fidèles : ce sont les « autres qui sont à Thyatire » (2 : 24). En même temps, Il appelle hors de Thyatire d’autres témoins pour leur confier la lampe de son témoignage, qui a désormais changé de mains : ce sont les réformateurs.

                 Au milieu de Sardes, endormie d’un sommeil mortel, « quelques-uns… n’ont pas souillé leurs vêtements » (3 : 4). Quelle joie pour Christ !

                 Philadelphie est fidèle à son Seigneur. Elle garde sa Parole et ne renie pas son nom. Précieuse à son cœur, elle reflétera l’éclat de sa gloire devant le monde.

                 Par contraste, dans Laodicée, il n’y a plus de témoignage visible pour Lui. Pourtant, celui qui ouvre son cœur aux appels de Celui qui frappe n’est-il pas un témoin ?

                        • Le déclin des affections pour Christ. L’église et le monde

            Au début de la vie de l’assemblée sur la terre, « la multitude de ceux qui avaient cru était un cœur et une âme » (Act. 4 : 32). Les affections pour Christ s’exprimaient dans toute leur fraîcheur. D’une façon parallèle, le prophète Jérémie parle de cet heureux état à propos d’Israël : « Je me souviens de toi, de la grâce de ta jeunesse, de l’amour de tes fiançailles » (Jér. 2 : 13). Cet état a été malheureusement très fugitif ; un peu plus loin, le peuple est accusé d’avoir abandonné « la source des eaux vives » (v. 32). L’Eglise n’a pas fait mieux qu’Israël :

                 Le premier amour a été vite abandonné (Ephèse) quoique l’Eglise soit séparée du monde.
                 Les persécutions permises par le Seigneur pour parler à son assemblée (Smyrne) n’ont pas produit l’effet durable de ramener son cœur vers Lui. Elle a pourtant supporté la persécution du monde sans se mêler à lui.
                 L’Eglise a aimé le monde et s’est associée à lui (Pergame).
                 Le triste terme de cette dégradation dans les affections est l’infidélité caractérisée de l’Eglise vis-à-vis de son Seigneur. Le système de Thyatire, représenté par la femme Jézabel, prendra même plus tard le caractère de prostitution (spirituelle) dans la grande Babylone, la fausse épouse qui s’est vendue aux rois de la terre.
                 Il est bien triste de constater que ce déclin d’affection dans l’église primitive s’est répété de la même manière après la Réforme dans l’histoire du protestantisme : Sardes a donné ses affections au monde, se placera sous sa protection et partagera son jugement.
                 En revanche, le réveil de Philadelphie est précieux au cœur de Christ.
                 Laodicée, quant à elle, sombre dans le manque d’amour, la tiédeur, l’indifférence.          
            « Personne ne peut servir deux maîtres » (Matt. 6 : 24). On ne peut pas aimer Christ et le monde en même temps. Aussi, le peu d’amour pour Christ explique-t-il le retour progressif de l’Eglise dans le monde d’où elle avait été appelée à sortir.

                        • Application morale

            Un principe de toute importance se dégage de l’enseignement de ces lettres.
            Les assemblées ont été établies initialement selon la pensée de Dieu : les lampes sont d’or, en rapport avec la justice divine. Si ces assemblées ne persévèrent pas dans le témoignage qu’elles ont à rendre, elles ne manifestent plus leur caractère de refuge pour la vérité (1 Tim. 3 : 15) au milieu d’un monde de mensonge. Aussi, seront-elles mises de côté : la lampe est ôtée par le Seigneur. Dieu renvoie alors les croyants à sa propre Parole immuable qui s’adresse à eux individuellement. Chacun est appelé à écouter ce que dit l’Esprit. Parallèlement, la promesse au vainqueur est aussi individuelle (« à celui qui vaincra »), quelle que soit sa portée.
            Lorsque toutes les ressources sont épuisées, le Seigneur ôte la lampe de son lieu. Autrefois la gloire de l’Eternel avait quitté le temple, comme à regret, s’élevant d’entre les chérubins, se tenant sur le seuil de la maison, à l’entrée de la porte orientale, et montant enfin de la montagne qui est à l’orient de la ville (Ezé. 9 : 3 ; 10 : 18, 19 ; 11 : 23). Ainsi, la lampe à Ephèse a été effectivement ôtée. L’assemblée à Ephèse avait été le fruit du travail de l’apôtre Paul qui lui avait communiqué les révélations de l’Eglise vue dans les pensées éternelles de Dieu. Au temps de l’apôtre Jean, elle était devenue le témoin de son propre déclin, avant d’être l’objet du jugement du Seigneur.


Ephèse

            La première lettre est adressée à Ephèse qui est, aux yeux de Dieu, une assemblée locale ayant porté les caractères de l’assemblée telle qu’Il l’a formée au commencement.

                        • L’assemblée à Ephèse
 
            Le nom « Ephèse » signifie « plénitude des desseins (divins) ». Aucune assemblée nommée dans le Nouveau Testament n’a reçu autant de révélations sur ces desseins merveilleux, grâce au service de l’apôtre Paul. Pourtant, environ trente ans plus tard seulement, la racine du déclin apparaît déjà dans l’assemblée par l’abandon du premier amour.

                        • Le caractère de Christ

            Il « tient les sept étoiles dans sa main droite » et « marche au milieu des sept lampes d’or ». Le sens des symboles a été révélé (1 : 20) : les étoiles sont les anges (ou messagers) des assemblées et les lampes sont les assemblées elles-mêmes. A Ephèse, Christ se présente dans le caractère général sous lequel Il était déjà apparu comme Fils de l’homme à l’assemblée dans son ensemble (1 : 13, 16).
            La fonction des étoiles est de donner une direction. Les anges sont des messagers ; ainsi était communiquée à l’assemblée sur la terre la pensée ou la lumière de Dieu.

                        • Le bien produit par la grâce

            Le message commence par cette parole de Christ, à la fois si pénétrante et si encourageante : « Je connais ». Elle sera répétée six fois (à toutes les assemblées sauf à Pergame, à qui il est dit : « Je sais ») pour souligner le bien dans l’assemblée ou l’avertir des dangers qui la guettent. Comme Pierre, sondé au plus profond de lui-même par la parole de Jésus, nous pouvons lui dire : « Seigneur, toi tu sais tout » (Jean 21 : 17).

            A Ephèse, le Seigneur parle de trois fruits de sa grâce :

                 1. Les œuvres, le travail et la patience (v. 2a). Les œuvres d’Ephèse continuaient, mais ce n’était plus « les premières œuvres », fruit de l’amour pour Christ. On a souvent remarqué la différence entre l’état moral des Ephésiens et celui des Thessaloniciens, encore dans la fraîcheur de leurs affections pour Christ : Paul parlait de leur « œuvre de foi », de leur « travail d’amour » et de leur « patience d’espérance » (1 Thes. 1 : 3). Quarante ans plus tard seulement, à Ephèse, le ressort intérieur de toute l’activité chrétienne (la foi, l’espérance et l’amour) avait perdu sa puissance.
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                 2. L’horreur du mal et le jugement des faux docteurs (v. 2b, 3). Ephèse manifestait beaucoup d’énergie pour discerner le mal et ceux qui le propageaient : de faux apôtres. Patience, afflictions et persévérance accompagnaient leurs combats.

                 3. La haine des œuvres des Nicolaïtes (v. 6). Le mot « Nicolaïtes » signifie « conquérants du peuple (ou des laïques) ». L’expression « les œuvres des Nicolaïtes » désigne l’introduction de la corruption païenne dans la sphère même de l’assemblée et l’alliance du mal avec le nom de Christ. Plus tard, à Pergame, les corrupteurs enseigneront leurs erreurs comme une doctrine (2 : 15), ce qui est encore plus grave.
                 Un croyant fidèle est conduit à haïr ce que Dieu hait. Mais pour pouvoir s’occuper du mal, pour le juger, il faut être occupé du bien, s’en nourrir dans la communion avec le Seigneur individuellement et dans l’assemblée.
                 Derrière le danger des Nicolaïtes, se cache peut-être aussi l’introduction du clergé (et du principe clérical) qui est apparu très tôt dans l’église, dès la fin du premier siècle.

                        • Les dangers et le blâme (v. 4)

            L’assemblée à Ephèse rejetait bien les prétentions des faux docteurs et supportait avec patience des afflictions pour le nom du Seigneur, mais le premier amour pour Lui était abandonné. Le mot utilisé ici pour le « premier » amour est traduit dans la parabole du fils prodigue par la « plus belle » robe (Luc 15 : 22). Ainsi, Christ désire nos affections les plus élevées, les plus profondes et les plus pures ; en fait, Il veut que nous Lui donnions notre cœur (Prov. 23 : 26). Rien d’autre ne peut satisfaire Celui qui a tout donné pour nous acquérir pour Lui, Celui qui nous aime de l’amour même dont le Père l’a aimé de toute éternité (Jean 15 : 9 ; 17 : 26).
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                        • L’appel à la repentance et l’annonce du jugement

            Le déclin intérieur dans les affections pour Christ marque ainsi déjà toute l’histoire de l’assemblée sur la terre. Le Seigneur met le doigt sur les défaillances de l’assemblée, en ne négligeant jamais le bien qui est manifesté en elle, et en lui rappelant son amour pour elle. En conséquence, l’assemblée, vue dans sa responsabilité sur la terre, est soumise au jugement de Christ ; elle sera mise de côté si elle ne persévère pas dans l’énergie spirituelle de son premier amour.
            Avant d’exercer le jugement, le Seigneur appelle toutefois à se repentir et à se souvenir de l’état antérieur d’où l’assemblée est déchue. L’invitation : « repens-toi » est adressée 5 fois (pour toutes les assemblées sauf Smyrne et Philadelphie). Un chemin pour le relèvement est donc toujours ouvert pour la foi ; il passe par une vraie repentance devant le Seigneur.

                        • La promesse au vainqueur

            Celle-ci est toujours adressée à une personne dans l’assemblée. Dans le cas d’Ephèse, elle est très générale et en contraste complet avec la ruine amenée par la désobéissance d’Adam.
            Dans la première création, le jardin planté par l’Eternel Dieu en Eden possédait deux arbres : l’arbre de vie et celui de la connaissance du bien et du mal. Dans la seconde création, dont Christ est le commencement, c’est-à-dire le fondement (3 : 14), un seul arbre subsiste, celui de la vie (22 : 2). L’arbre de la connaissance du bien et du mal n’y a plus sa place, car la mort de Christ a répondu pleinement à la responsabilité de l’homme devant Dieu. L’arbre de vie est dans le paradis de Dieu (v. 7). Le « paradis », lieu de délices, n’est mentionné que deux autres fois dans le Nouveau Testament :
une place y est promise par le Sauveur au brigand repentant (Luc 23 : 43) ; Paul y a été ravi pour entendre des paroles ineffables (2 Cor. 12 : 4) – le paradis est identifié avec le « troisième ciel » (v. 2).
            Quel bonheur de manger de cet arbre de vie ! Et ce bonheur est conféré à ceux qui ont lavé leur robe dans le sang de l’Agneau (22 : 14). Ils ont ainsi « revêtu le nouvel homme, créé selon Dieu, en justice et sainteté de la vérité » (Eph. 4 : 24), part bien meilleure que celle qu’Adam a perdue par la chute.
            Le fruit de l’arbre de vie est la dernière nourriture spirituelle accordée au croyant. Elle est encore à venir pour lui. La promesse s’accomplira pour celui qui vaincra.


 D’après « Sondez les Ecritures » (vol. 15)


A suivre