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FIXANT LES YEUX SUR JESUS
Hébreux 12 : 2


            Seulement 5 mots très courts, mais dans ces 5 mots, il y a tout le secret de la vie.

                 Fixant les yeux sur Jésus
            dans les Ecritures,
            pour y apprendre ce qu’Il est, ce qu’Il a fait, ce qu’Il donne, ce qu’Il désire ; pour y trouver Son caractère qui sera notre modèle ; pour trouver dans Ses enseignements les instructions dont nous avons besoin ; pour trouver notre règle dans Ses préceptes ; pour trouver dans Ses promesses le soutien dont nous avons besoin ; pour trouver dans Sa personne et dans Son œuvre la pleine réponse à tous les besoins de nos âmes.

                 Fixant les yeux sur Jésus
            crucifié,
            pour trouver dans son sang notre rançon, notre pardon, et notre paix.

                 Fixant les yeux sur Jésus
            ressuscité,
            pour trouver en Lui la justice qui seule peut nous rendre justes ; pour nous permettre, malgré notre indignité complète, de nous approcher, avec hardiesse et en Son Nom, de Celui qui est Son Père et notre Père, Son Dieu et notre Dieu.

                 Fixant les yeux sur Jésus
            glorifié,
            pour trouver en Lui notre Avocat céleste, notre médiateur qui intercède pour nous, et continue ainsi Son œuvre d’amour pour notre salut (1 Jean 2 : 1) ; qui paraît pour nous devant la face de Dieu (Héb. 9 : 24), sacrificateur royal, victime sans tache, portant continuellement l’iniquité des choses saintes (Ex. 28 : 28).

                 Fixant les yeux sur Jésus
            révélé par le Saint Esprit,
            pour trouver, dans une communion permanente avec Lui, la purification de nos cœurs souillés par le péché, l’illumination de nos cœurs enténébrés et la transformation de nos volontés rebelles ; étant rendu capables, par Lui, d’être victorieux en face de toutes les attaques du monde et du méchant ; résistant à leur violence par Jésus notre Force, et surmontant leur ruse par Jésus notre sagesse ; étant soutenus par la sympathie de Jésus, - Lui à qui aucune tentation n’a été épargnée - et avec l’aide de Jésus - Lui qui n’a cédé devant aucune tentation.

                 Fixant les yeux sur Jésus
            qui donne la repentance,
            aussi bien que le pardon des péchés (Act.  5 : 31), parce que c’est Lui qui donne la grâce de reconnaître nos transgressions, de les déplorer, de les confesser et de les oublier

                 Fixant les yeux sur Jésus
            pour recevoir de Lui, chaque jour,
            la mission à exécuter et la croix à porter, avec la grâce suffisante pour l’une et l’autre ; pour recevoir la grâce qui nous rend capables d’être patients de Sa patience à Lui, actifs de Son activité, aimant de Son amour ; ne demandant jamais « de quoi suis-je capable » mais plutôt «  de quoi n’est-Il pas capable, Lui ? » ; et comptant sur Sa force qui est manifestée parfaite dans notre faiblesse (2 Cor. 12 : 9).

                 Fixant les yeux sur Jésus
            pour aller de l’avant en nous oubliant nous-mêmes,
            en sorte que nos ténèbres disparaissent devant l’éclat de Sa face ; en sorte que nos joies soient saintes, et notre douleur adoucie ; aussi bien s’Il nous abaisse ou nous élève, s’Il nous afflige ou nous console, s’Il nous dépouille ou nous enrichit, s’Il nous montre comment prier ou s’il répond à nos prières ; en sorte que s’Il nous laisse dans ce monde, Il nous en sépare pourtant, notre vie étant cachée avec Lui en Dieu (Col. 3 : 3) et notre comportement Lui rendant témoignage devant les hommes.

                 Fixant les yeux sur Jésus
            dans la maison du Père où Il est retourné pour nous y préparer une place,
            en sorte que cette perspective heureuse nous donne de vivre dans l’espérance, - étant prêts à mourir en paix, si le Seigneur n’est pas venu préalablement, et si le jour vient de rencontrer ce dernier ennemi, déjà vaincu par Lui pour nous, et que nous vaincrons par Lui - en sorte que cet ancien roi des épouvantements, la mort, devient pour nous aujourd’hui l’annonciation du bonheur éternel.

                 Fixant les yeux sur Jésus
            dont le retour est certain,
            à un moment non encore connu, et qui est d’âge en âge la vive attente et la bienheureuse espérance de l’Église fidèle, celle-ci étant encouragée à la patience, à veiller avec joie à la pensée que le Seigneur est proche (Phil. 4 : 4-5 ; 1 Thes. 5 : 23).

                 Fixant les yeux sur Jésus
            le chef et le consommateur de la foi (Héb. 12 : 2),
            autrement dit regardant à Celui qui est le modèle, la source et l’objet de la foi ; Celui qui du premier au dernier pas accompagne les croyants en restant à leur tête ; en sorte que notre foi est inspirée par Lui, encouragée et soutenue, et conduite jusqu’à son accomplissement suprême.

                 Fixant les yeux sur Jésus
            et sur rien d’autre,
            les détournant de tout autre objet.

                 Les yeux sur Jésus
            et non pas sur nous-mêmes,
            ni sur nos pensées, nos raisonnements, nos imaginations, nos inclinations, nos désirs ou nos plans ;

                 Les yeux sur Jésus
            et non pas sur le monde,
            ni sur ses coutumes, son exemple, ses règles et ses jugements ;

                 Les yeux sur Jésus
            et non pas sur Satan,
            bien qu’il cherche à nous terrifier par sa fureur, ou à nous séduire par ses flatteries - Oh ! combien nous nous épargnerons de vaines questions, de scrupules perturbants, de perte de temps, de tergiversations devant le mal, de perte d’énergie, de rêves creux, de déceptions amères, de luttes douloureuses, et de chutes retentissantes - si simplement nous fixons les yeux constamment sur Jésus et le suivons où qu’Il nous mène. Nous serons alors bien trop occupés à ne pas perdre de vue le chemin qu’Il nous trace, et à ne pas gaspiller un seul instant dans des domaines où Il estime inutile de nous conduire.

                 Les yeux sur Jésus
            et non pas sur nos professions de foi,
            aussi évangéliques soient-elles. La foi qui sauve, qui sanctifie et qui console, ce n’est pas donner son consentement à la doctrine du salut ; c’est être uni à la personne du Sauveur. Adolphe Monod disait : il ne suffit pas de connaître beaucoup de choses sur Jésus-Christ, il faut L’avoir Lui-même. On peut ajouter à ces mots que personne ne Le connaît en réalité si d’abord il ne Le possède. Selon l’expression si profonde du disciple bien-aimé, « en Lui était la vie et la vie était la lumière des hommes » ; c’est en Jésus qu’est la vie (Jean 1 : 4).

                 Les yeux sur Jésus
            et non pas sur nos méditations,
            ou sur nos prières, ou sur nos conversations pieuses, ou sur nos bonnes lectures, ou sur les bonnes réunions de croyants, pas même sur notre participation à la Cène du Seigneur. Ne manquons pas de faire usage fidèlement de ces moyens de grâce, mais ne les confondons pas avec la grâce elle-même ; et ne détournons pas nos yeux de Celui qui seul les rend profitables, lorsqu’Il s’en sert pour se révéler à nous.

                 Les yeux sur Jésus
            et non pas sur notre position
            dans l’église chrétienne, ni sur la famille à laquelle nous appartenons, ni sur notre baptême, ni sur l’éducation que nous avons reçue, ni sur la doctrine que nous professons, ni sur l’opinion des autres sur notre piété, ni sur notre opinion personnelle en rapport avec notre piété. Certains auront prophétisé au nom du Seigneur Jésus, et un jour, ils L’entendront dire : Je ne vous ai jamais connu (Matt. 7 : 22-23) ; par contre Il ne manquera pas de confesser devant le Père et ses saints anges le plus humble de ceux qui ont regardé à Lui.

                 Les yeux sur Jésus
            et non pas sur nos frères,
            pas même les meilleurs, ni ceux que nous aimons le mieux. En suivant l’homme, nous courons le risque de nous tromper de chemin ; en suivant Jésus nous sommes certains de ne jamais nous égarer. En outre, en interposant quelqu’un entre Jésus et nous, l’homme va croître peu à peu, et Jésus décroître, et bientôt nous ne saurons plus trouver Jésus quand l’homme viendra à manquer ; et si ce dernier tombe, tout tombera. Au contraire, si Jésus reste à sa place entre nous et notre meilleur ami, notre attachement à ce dernier sera moins prenant, mais plus profond ; moins passionné, mais plus tendre ; moins nécessaire, mais plus utile ; ce sera un instrument de riche bénédiction entre les mains de Dieu quand il Lui plaira de s’en servir ; et son absence même sera encore une bénédiction, s’il plait à Dieu de le retirer, pour nous rapprocher du seul Ami dont ni mort ni vie ne peut nous séparer (Rom. 8 : 38-39).

                 Les yeux sur Jésus
            et non pas sur Ses ennemis ou les nôtres.
            Au lieu de les haïr ou de les craindre, nous saurons les aimer et les vaincre.

                 Les yeux sur Jésus
            et non pas sur les obstacles
            rencontrés dans le chemin. Dès que nous nous arrêtons pour y prêter attention, ils nous surprennent, nous mettent en confusion, nous surmontent, car nous sommes incapables de comprendre la raison pour laquelle ils sont permis ni les moyens qui nous serons donnés pour les vaincre. Pierre a commencé à enfoncer quand il a regardé aux vagues soulevées par le vent de tempête ; quand il regardait à Jésus, il marchait sur la mer comme sur un rocher. Plus notre tâche est difficile, plus nos tentations sont terribles, plus il est vital de fixer les yeux sur Jésus seul.

                 Les yeux sur Jésus
            et non pas sur nos sujets de trouble,
            ni pour les compter, ni pour les peser, ni pour avoir l’étrange plaisir de goûter leur amertume. En dehors de Jésus, le trouble ne sanctifie pas, mais il endurcit et froisse. Il ne produit pas la patience, mais la rébellion ; pas la sympathie, mais l’égoïsme ; pas l’espérance, mais le désespoir (Rom. 5 : 3-4). Ce n’est qu’à l’ombre de la croix que nous pouvons peser le vrai poids de notre croix, et l’accepter chaque jour de Sa main, pour la porter avec amour, avec reconnaissance, et avec joie ; et y trouver une source de bénédiction tant pour nous que pour les autres.

                 Les yeux sur Jésus
            et non pas sur les plus chères
            et les plus légitimes de nos joies terrestres, de peur d’en être si rempli qu’elles nous privent de la contemplation de Celui qui justement nous les donne. Si nous regardons à Lui avant tout, c’est de Lui que nous recevrons ces choses bonnes, et elles seront rendues mille fois plus précieuses parce que nous les tiendrons comme des dons reçus de sa main d’amour, que nous confions à Sa garde, pour en jouir dans la communion avec Lui, et pour s’en servir pour Sa gloire.

                 Les yeux sur Jésus
            et non pas sur les instruments
            quels qu’ils soient, dont Il se sert pour former le chemin qu’Il veut pour nous. Regarder au-delà de l’homme, au-delà des circonstances, au-delà des mille et une causes si justement appelées secondaires, remontons à la cause première - Sa volonté. Remontons même à la source de cette volonté - Son amour. Alors, notre gratitude, sans cesser d’être moins vive à l’égard de ceux qui sont bons pour nous, ne se limitera pas à eux ; alors au jour d’épreuve, sous le coup du bouleversement le plus inattendu, le plus inexplicable et le plus accablant, nous pourrons dire avec le Psalmiste : « Je suis resté muet, je n’ai pas ouvert la bouche, car c’est toi qui l’a fait » (Ps. 39 : 9). Et dans le silence muet de l’épreuve, la voix céleste, douce et subtile, viendra nous dire : « Ce que je fais, tu ne le sais pas maintenant, mais tu le comprendras par la suite » (Jean 13 : 7).

                 Les yeux sur Jésus
            et non pas sur les intérêts
            de notre cause, de notre parti, de notre église, - encore moins sur nos intérêts personnels. Le seul objet de notre vie est la gloire de Dieu ; si nous n’en faisons pas le but suprême de nos efforts, il faut nous passer de Son aide, car Sa grâce est au seul service de Sa gloire. Si au contraire, nous recherchons Sa gloire par-dessus tout, nous pouvons toujours compter sur Sa grâce.

                 Les yeux sur Jésus
            et non pas sur la sincérité de nos intentions, ni sur la force de nos résolutions.
            Hélas ! combien souvent les meilleures intentions ont frayé la voie aux chutes les plus humiliantes ! Reposons-nous non pas sur nos intentions, mais sur Son amour ; non pas sur nos résolutions, mais sur Ses promesses.

                 Les yeux sur Jésus
            et non pas sur notre force
            Notre force est tout juste bonne à nous glorifier nous-mêmes ; pour glorifier Dieu, il faut la force de Dieu.

                 Les yeux sur Jésus
            et non pas sur notre faiblesse
            En nous lamentant sur notre faiblesse, sommes-nous jamais devenus plus forts ? Regardons à Jésus, et Sa force se communiquera elle-même à nos cœurs, et Sa louange jaillira de nos lèvres.

                 Les yeux sur Jésus
            et non pas sur nos péchés,
            ni sur leur source (Matt. 15 : 19) ni sur le châtiment qu’ils méritent. Ne regardons à nous-mêmes que pour reconnaître combien nous avons besoin de regarder à Lui ; et regardons à Lui, non pas, bien sûr, comme si nous étions sans péché, mais au contraire, parce que nous sommes pécheurs, mesurant la grandeur de l’offense par la grandeur du sacrifice qui l’a expié et la grandeur de la grâce qui l’a pardonné. Quelqu’un a dit : « Pour un regard jeté sur nous-mêmes, jetons-en dix sur Jésus ». - « Ce n’est certainement pas en regardant à Jésus Christ crucifié, qu’on perdra de vue notre état de méchanceté, - parce que cette méchanceté, c’est comme si elle était gravée sur la croix - il est par contre certain qu’en regardant à notre méchanceté, nous perdrons de vue Jésus Christ et sa croix ». Il ajoutait : « Ne regardez à vous-mêmes qu’en présence de la croix et à travers Jésus Christ  ». Regarder au péché ne fait que procurer la mort ; regarder à Jésus donne la vie. Ce qui guérissait les Israélites dans le désert, ce n’était pas de regarder à leurs blessures, mais de lever les yeux vers le serpent d’airain (Nom. 21 : 9 ; Jean 3 : 14) ;

                 Les yeux sur Jésus
            et non pas sur nos prétentions de propre justice
            (est-il vraiment besoin de le dire ?). Les pires malades sont ceux qui croient être en bonne santé ; les pires aveugles sont les aveugles qui croient voir (Jean 9 : 41). S’il est dangereux de s’appesantir à regarder notre méchanceté, hélas que trop réelle ! il est encore bien plus dangereux de nous attarder avec complaisance sur des mérites imaginaires.

                 Les yeux sur Jésus
            et non pas sur la loi.
            La loi donne des commandements, mais non pas la force de les accomplir ; la loi condamne toujours, et ne pardonne jamais. Si nous nous remettons sous la loi, nous nous écartons de la grâce. Dès que nous faisons de notre obéissance le moyen de notre salut, nous perdons la paix, la joie, la force, car nous avons oublié que Jésus est la fin de la loi pour justice à tout croyant (Rom. 10 : 4). Dès que la loi nous contraint de chercher en Lui notre seul Sauveur, alors il n’appartient qu’à Lui le droit de nous commander, et ce n’est qu’à Lui que l’obéissance est due : cette obéissance n’inclut rien moins que notre cœur tout entier, et nos pensées les plus secrètes, mais elle a cessé d’être un joug de fer ou un fardeau insupportable, ce n’est qu’un joug aisé et un fardeau léger (Matt. 11 : 30). Une obéissance qu’Il rend pleine de délices sans nous obliger moins ; une obéissance qu’Il inspire en même temps qu’Il exige ; une obéissance qui est à la fois une conséquence du salut et une partie de ce salut, - et, comme tout le reste, elle est librement donnée.

                 Les yeux sur Jésus
             et non pas sur ce que nous faisons pour Lui.
            A trop être occupé de l’œuvre, on oublie le Maître - on peut avoir les mains pleines et le cœur vide. Si nous sommes occupés du Maître, nous ne pourrons pas oublier l’œuvre ; si le cœur est plein de Son amour, comment être inactif à Son service ?

                 Les yeux sur Jésus
            et non pas sur le succès apparent de nos efforts.
            L’apparence du succès n’est pas la mesure du vrai succès ; en outre, Dieu ne nous demande pas de réussir, mais de travailler ; Il nous demande compte de notre travail, pas de nos réussites - pourquoi donc nous en faire du souci ? À nous de répandre la semence, à Dieu de récolter le fruit ; si ce n’est pas aujourd’hui, ce sera demain ; s’Il ne nous emploie pas pour récolter, Il emploiera autrui. Même quand le succès est garanti, il est dangereux d’en être occupé : d’une part nous sommes tentés de nous en attribuer quelque mérite, et d’autre part, nous prenons l’habitude d’être moins zélé quand nous ne voyons plus de résultat, alors que ce serait justement le moment de redoubler d’énergie. Regarder au succès, c’est marcher par la vue ; regarder à Jésus, et persévérer en Le suivant et Le servant malgré tous les sujets de découragements, c’est cela marcher par la foi.

                 Les yeux sur Jésus
            et non pas sur les dons spirituels reçus, présents ou futurs.
            La grâce d’hier était pour le travail d’hier, elle est passée ; on ne peut plus en tirer parti, ou s’y attarder. La grâce d’aujourd’hui est donnée pour le travail d’aujourd’hui ; elle nous est confiée non pour la regarder, mais pour en faire bon usage. On ne peut la contempler comme un trésor, en comptant ses richesses, mais il faut la dépenser immédiatement, et rester pauvre, « fixant les yeux sur Jésus ».

                 Les yeux sur Jésus
            et non pas sur la somme de douleurs
            par lesquelles nos péchés nous ont fait passé, ou à la somme d’humiliations causées par ces péchés. Si seulement nous en étions humiliés au point de ne plus être satisfaits de nous-mêmes ; si seulement nous en étions troublés au point que cela nous fasse regarder à Jésus pour qu’Il nous en délivre : c’est tout ce qu’Il demande de nous ; et ce sont aussi ces yeux fixés sur Jésus qui, plus que tout autre chose, font jaillir les larmes et chuter l’orgueil. Et quand il nous est donné, comme à Pierre, de pleurer amèrement (Luc 22 : 62), oh ! que nos yeux obscurcis par les larmes puissent alors, plus que jamais, rester fixés sur Jésus ; et même notre repentance peut devenir un piège si nous imaginons pouvoir, en quelque manière, ôter ces péchés par nos larmes, ce que seul le sang de l’Agneau de Dieu peut faire.

                 Les yeux sur Jésus
            et non pas sur notre joie, même brillante,
            ni sur la force de notre assurance, ni sur la chaleur de notre amour. Sinon, dès que l’amour se refroidit tant soit peu, dès que cette assurance se dissipe, dès que la joie fait défaut, - soit en raison de notre faiblesse ou de l’épreuve de notre foi, - ayant ainsi perdu ces émotions intérieures, nous pensons de suite que nous n’avons plus de force, et nous nous laissons aller à un abîme de douleur, ou même à une oisiveté peureuse, ou à des plaintes coupables. Ah ! qu’il vaudrait mieux nous souvenir, que si la douceur des sentiments fait défaut, la foi et sa force demeurent avec nous. Pour être en mesure de toujours abonder dans l’œuvre du Seigneur (1 Cor. 15 : 58), fixons les yeux sur Jésus, non pas sur nos cœurs changeants, car Lui demeure le même.

                 Les yeux sur Jésus
            et non pas au degré de sainteté auquel nous sommes parvenus.
            Si quelqu’un ne s’estime pas être un enfant de Dieu tant qu’il voit encore une tache sur son cœur, et des pierres d’achoppements dans sa vie, qui pourra jamais goûter la joie du salut ? Cette joie ne s’achète pas à prix d’argent. La sainteté est le fruit, non pas la racine de la rédemption. C’est l’œuvre de Jésus Christ pour nous qui nous réconcilie avec Dieu ; c’est l’œuvre du Saint Esprit en nous qui nous renouvelle à Sa ressemblance. C’est vrai qu’une foi, même réelle, mais qui n’est pas encore affermie, a des carences et ne porte pas beaucoup de fruit, mais cela n’amoindrit point la perfection de l’œuvre du Seigneur, ni la certitude de ses promesses immuables, ni la garantie de la vie éternelle à quiconque se confie en Lui. Et ainsi, se reposer dans le Rédempteur est le sûr moyen de Lui obéir ; et l’âme ne peut faire face à des conflits que lorsqu’elle jouit de la paix du pardon. Mais si, par manque de scrupule, quelqu’un abuse de cette vérité bénie pour se livrer à l’oisiveté spirituelle, s’il s’imagine pouvoir remplacer la sainteté qu’il n’a pas par la foi qu’il pense avoir, qu’une telle personne se rappelle les avertissements solennels de l’apôtre Paul : « ceux qui sont du Christ ont crucifié la chair avec les passions et les convoitises » (Gal. 5 : 24), ainsi que de l’apôtre Jean : « celui qui dit : je le connais, et qui ne garde pas ses commandements, est menteur, et la vérité n’est pas en lui » (1 Jean 2 : 4), et aussi l’avertissement du Seigneur Jésus lui-même : « tout arbre qui ne produit pas de bon fruit est coupé et jeté au feu » (Matt. 7 : 19).

                 Les yeux sur Jésus
            et non pas sur nos défaites ou sur nos victoires.
            Si nous regardons à nos défaites, nous serons abattus ; si nous regardons à nos victoires, nous serons enflés d’un vain orgueil. Ni l’un ni l’autre ne nous aidera à combattre le bon combat de la foi (1 Tim. 6 : 12). Comme toutes nos bénédictions, la victoire et la foi qui la gagne, sont un don de Dieu par notre Seigneur Jésus Christ (1 Cor. 15 : 57), et à Lui revient toute la gloire !

                 Les yeux sur Jésus
            et non pas sur nos doutes.
            Plus nous regardons à ces doutes, plus ils paraissent immenses, jusqu’à engloutir notre foi, notre force et notre joie. Mais si nous en détournons nos regards pour les fixer sur notre Seigneur Jésus, Lui qui est la Vérité (Jean 14 : 6), les doutes seront dissipés par la lumière de Sa présence comme les nuages sous l’effet du soleil.

                 Les yeux sur Jésus
            et non pas sur notre foi.
            Le dernier artifice de l’Adversaire quand il ne peut pas nous amener à regarder ailleurs, est de détacher nos yeux de notre Sauveur pour les tourner vers notre foi, et alors, soit de nous décourager si elle est faible, soit de nous enorgueillir si elle est forte : dans tous les cas, nous en sortons affaiblis. Car la puissance ne vient pas de la foi, mais du Sauveur par la foi. Il ne s’agit pas de regarder à ce que nous paraissons, mais de fixer les yeux sur Jésus.

                 Les yeux sur Jésus
            et c’est de Lui et en Lui que nous apprenons
            à connaître ce qu’il nous faut savoir du monde, de nous-mêmes, de nos douleurs, des dangers qui nous guettent, de nos ressources et de nos victoires ; de Lui et en Lui, nous l’apprenons sans danger, et pour le profit de nos âmes ; il s’agit de tout voir dans la vraie lumière, parce qu’Il est Celui qui nous montre ces choses ; et Lui choisira le moment opportun et la mesure appropriée de connaissance de ces choses, pour que soient produits les fruits d’humilité, de sagesse, de gratitude, de courage, de vigilance et de prière. Tout ce qu’il est désirable que nous connaissions, le Seigneur Jésus nous l’enseigne ; tout ce que nous n’apprenons pas de Lui, il vaut mieux que nous ne le sachions pas.

                 Les yeux sur Jésus
            tant que nous restons sur la terre,
            les yeux fixés sur Jésus à tous les instants, sans nous laisser distraire par les souvenirs du passé (il nous faut le laisser derrière), ni par l’occupation du futur (nous n’en savons rien).

                 Les yeux sur Jésus maintenant
            si nous n’avons encore jamais regardé à Lui.

                 Les yeux sur Jésus de nouveau
            si nous avons eu une éclipse.

                 Les yeux sur Jésus seulement

                 Les yeux sur Jésus encore

                 Les yeux sur Jésus toujours
            en le fixant toujours plus constamment,
            avec toujours plus de confiance, « étant transformés en la même image, de gloire en gloire » (2 Cor. 3 : 18), attendant ainsi l’heure où nous serons appelés à passer de la terre au ciel, du temps à l’éternité, - heure promise, heure bénie ! - quand enfin nous lui serons semblables, car nous le verrons comme Il est (1 Jean 3 : 2).


D’après Théodore Monod, 1874 / Helen Willis