Le livre de Josué et les bénédictions en Christ (10)

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LE LIVRE DE JOSUE (10)
ou l'ombre de la plénitude des bénédictions à venir en Christ


A l’école de la défaite (Jos. 6 : 6-21)    
                 Le péché dans le camp, cause de la défaite 
                 Orgueil et oubli de la dépendance de Dieu
                 L’Eternel répond à un cœur humilié
                 « Israël a péché »
                 Conséquences collectives de la transgression d’un seul
                 La signification de l’anathème pour nous
                 « Sanctifiez-vous »
                

A l’école de la défaite (Jos. 6 : 6-21)

            « Je te conseille d'acheter de moi... un collyre pour oindre tes yeux afin que tu voies » (Apocalypse 3 : 18).

            Nous abordons maintenant des considérations d'ordre essentiellement pratique concernant le combat chrétien. La manière d'agir d'Israël devant Jéricho nous apprend quel devrait être le comportement des soldats de Jésus Christ dans le monde, tandis que les leçons d'Aï nous montrent ce que le combat chrétien est trop souvent en réalité. Finalement, à Aï comme à Jéricho, c'est par grâce que la victoire fut assurée, et il est écrit à notre intention que, quelles que soient nos défaites, « le Dieu de paix brisera bientôt Satan sous vos pieds » (Rom. 16 : 20).
            Avant toute victoire, chez les enfants de Dieu, on trouve invariablement la dépendance de Dieu, ainsi que l'obéissance à sa Parole dans la prière, et c'est par ces moyens que Dieu prépare les siens à être témoins de son œuvre glorieuse. Mais nos cœurs sont tels qu’après une victoire que Dieu nous donne, nous sommes portés à mettre notre confiance en nous-mêmes et à dénouer nos ceintures. Le sentier qui mène à la victoire est généralement plus sûr que le lieu élevé sur lequel nous nous trouvons, une fois le succès obtenu. Une grande prudence et un esprit de prière ne sont jamais plus nécessaires qu'en un temps de bénédictions exceptionnelles, et les soldats de Christ ont grand besoin de s'appliquer la vérité pratique de la circoncision si Dieu nous a accordé la victoire. La défaite, en effet, est souvent le résultat d'un manque de vigilance à l'heure du succès.

                        Le péché dans le camp, cause de la défaite

            Chaque heure de la semaine de combat, autour de Jéricho, avait montré la totale incapacité d’Israël de vaincre par ses propres forces, et avait prouvé que, à tout point de vue, la conquête était de Dieu. Au moment même de la victoire, Dieu avait averti Israël de ce que chaque soldat devait se garder de faire, « de peur que... vous ne vous rendiez vous-mêmes anathème » (Jos. 6 : 18). Mais Israël s'était, en esprit, départi de sa force. Le péché dans le camp fut la cause de la défaite, et l'orgueil de l'armée fit obstacle à la découverte du péché.
            Dans le récit divin des événements qui se déroulèrent devant Aï, Dieu soulève le voile bien avant de rapporter le moindre geste fait par Israël, afin que celui qui lit sa Parole ne manque pas d'entrer dans ses pensées quant au péché dans le camp. Il met le doigt sur le mal caché au milieu des fils d'Israël, bien avant que ceux-ci n'en découvrent sa présence (Jos. 7 : 1). S'ils avaient marché humblement, ils auraient recherché Dieu avant la bataille, et Il leur aurait fait savoir qu'il y avait du mal parmi eux ; alors leur humiliation serait restée secrète entre eux et Dieu, et, prosternés devant Lui, ils auraient reçu son ordre de se purifier. Mais leur orgueil fit obstacle à cette dépendance de Dieu.
            Un mal peut rester caché dans nos cœurs, ou même dans un groupe de croyants, mais Dieu le sait toujours. Aucune tromperie, aucun mensonge n'est compatible avec la présence de Dieu ni à celle de notre conducteur, le Saint Esprit. Si nous ne sentons pas le mal qui est parmi nous, c'est que nous manquons de communion avec Dieu ! Sur ce point, au lieu de nous trouver des excuses, nous devons être fermes et sévères envers nos propres cœurs. Sinon Dieu fait naître des pressentiments chez les siens et se sert de son Esprit qui demeure en nous. Il leur fait prendre conscience du fait que quelque chose ne va pas, à condition qu’ils se tiennent près de Lui dans leurs cœurs. En l'absence d’un état d'âme caractérisé par la piété, Dieu permet au mal de se développer, jusqu'au moment où, rassasiés des fruits misérables de ce mal, ses enfants sont vraiment humiliés. Alors ils sont enfin contraints de s'abaisser. La vigilance et l'esprit de prière sont retrouvés, et Dieu permet à nouveau la victoire.
            Dieu ne modifie jamais ses principes d'action en gouvernement sous prétexte que ses voies sont des voies de grâce. Israël était grisé par l'orgueil du succès, c'est pourquoi Dieu le laissa découvrir, par la défaite, sa colère contre eux ; en effet Il était au milieu d'eux. Ils avaient commis un crime en agissant frauduleusement, et même ils avaient péché en mentant effrontément ! Acan, le fauteur de troubles, était le représentant du peuple ; le péché d'un seul était le péché de tous. Le corps tout entier était affecté par la culpabilité d'un seul ! Aujourd'hui, en fait, les chrétiens découvrent généralement la présence parmi eux du péché - que Dieu hait - à cause du châtiment divin qui en découle, et ne le discernent que trop rarement comme de chers enfants, en sa présence, sous le doux regard de son amour. Le discernement spirituel auquel la plupart d'entre nous prétendent comme à une chose qui va de soi, est en réalité un fruit délicat de l'Esprit de Dieu, et nullement tel qu’une baie commune que l'on cueillerait au bord de la route, comme beaucoup semblent le croire.

                        Orgueil et oubli de la dépendance de Dieu

            Israël considérait Aï comme une ville méprisable. Son nom - qui signifie « monceau de ruines » - laisse à penser que, à la différence de Jéricho, ce n'était pas une ville puissante ni fortifiée. S'il s'était agi d'une place forte, Israël aurait peut-être interrogé Dieu quant à la manière de la détruire. Mais les espions, après être montés pour explorer le pays, expriment leur confiance en eux-mêmes. « Ne fatigue pas tout le peuple en l'envoyant là ; car ils sont peu nombreux » (Jos. 7 : 3). Ils ne se confient pas en Dieu seul, pour détruire Aï. Lorsque nous reconnaissons vraiment Dieu comme notre seule force, nous nous attendons à Lui devant ces ennemis qui nous paraissent peu dangereux tout autant que devant les plus puissants. N'avons-nous donc pas encore appris par l'expérience que les petits ennemis causent de grandes défaites ?
            C’est une triste chose que l'orgueil de la victoire ! Des chrétiens pourraient-ils tirer vanité du nombre des conversions s'ils croyaient vraiment que c'est par Dieu le Saint Esprit que chaque converti est né de nouveau ? Des docteurs pourraient-ils se vanter de leur connaissance de la Parole s'ils étaient persuadés d’être eux-mêmes enseignés de Dieu ? Dieu sait abaisser ceux qui marchent dans l'orgueil. Son « grand Nom » exige l'humilité dans l'homme, principe divin que nous sommes lents à apprendre.
            Israël allait son chemin, ignorant du péché qui l'avait séparé de Dieu. Les trois mille qu'il s'était choisi avaient confiance dans la victoire, « mais ils s'enfuirent devant les hommes d'Aï » qui « les poursuivirent depuis la porte » et les battirent. Leur courage, fondé sur leur confiance en eux-mêmes, s’effondra complètement, « et le cœur du peuple se fondit et devint comme de l'eau » (v. 4-5).
            Ceux qui ont confiance en eux-mêmes perdent tout espoir au moment de la défaite ; tandis que ceux qui font appel aux ressources divines se fortifient en Dieu au « mauvais jour ». L'adversité et la souffrance font partie des circonstances de la terre et font ressortir la vraie valeur morale d'un homme. De même, dans les choses spirituelles, la vraie force d'âme se manifeste alors que tout semble être contre nous. David, dans ses heures les plus sombres, « se fortifia en l'Eternel, son Dieu » (1 Sam. 30 : 6). Josué, comme la plupart des hommes, accusait presque Dieu d'être responsable de la défaite ! L'effet de celle-ci et non sa cause, voilà ce qui semblait remplir son âme ! « Hélas, Seigneur Eternel ! pourquoi donc as-tu fait passer le Jourdain à ce peuple, pour nous livrer en la main de l'Amoréen, pour nous faire périr ? » (v. 7).
            Un homme qui est réellement en prière devant Dieu, exprime vraiment ce qui est dans son cœur. Cette lamentation prouve que les fils d'Israël étaient bien loin de se juger eux-mêmes puisque, aux yeux de leur conducteur, le germe de leur souffrance n'avait pas été semé dans leur camp, mais dans les cieux où Dieu demeure. Mais leur réaction ne doit pas nous surprendre, car généralement le dernier endroit où nous avons l'habitude de chercher la cause de nos défaites est notre propre cœur. Peut-être disons-nous que nous avions besoin de cette souffrance, mais nous reconnaissons rarement pourquoi nous en avions besoin !

                        L’Eternel répond à un cœur humilié

            Contemplons maintenant le spectacle plus édifiant de la nation prosternée devant l'Eternel, représentée par ses anciens. L'attitude même de ces conducteurs - celle de la prière - est des plus propres à faire renaître l'espoir. Leur défaite les a conduits à se tourner vers le Seigneur. Dieu veuille qu'une telle attitude spirituelle soit, en ces jours où l'orgueil est roi, celle de ceux qui ont connu la défaite devant un « monceau de ruines ». C’est ainsi que l’on peut appeler le monde si l’on reconnaît ce qu'il est véritablement, aux yeux de Dieu. Dieu révèle le secret du désastre aux anciens d'Israël alors qu'ils étaient prosternés devant l’arche de l’Eternel. Il le fait malgré le manque total de jugement de soi qui semblait caractériser les lamentations de Josué. Il ne fait aucun doute que c'est dans l'absence de cette précieuse disposition qu'il faut chercher la raison pour laquelle le secret de la défaite n’a pas été révélé plus tôt, car, du matin jusqu'au soir, le peuple d’Israël l’ignora. L'orgueil fait obstacle au vrai discernement. La défaite peut nous faire regarder à Dieu, mais il n'en reste pas moins que si nous ne nous jugeons pas nous-mêmes, nos cœurs demeurent dans l'obscurité quant à la cause qui a retenu Dieu de nous accorder la victoire.
            Lorsque Josué arrive au fond de sa douleur, considérant tout Israël comme définitivement retranché, la pensée du Nom de l'Eternel lui vient à l'esprit et il s'écrie : « Que feras-tu pour ton grand nom ? » (v. 9). Dans sa réponse, l'Eternel explique les motifs du malheur survenu à Israël : Il agissait au milieu d'eux pour la gloire de son grand nom. C'était la raison de leur défaite et du massacre qui en était résulté. Quelle révélation propre à sonder leurs cœurs ! Selon les apparences, cette défaite du peuple était la négation de la grandeur du nom de leur Dieu, mais Celui-ci place toujours sa gloire au-dessus des apparences. Son nom est plus grand que les victoires de son peuple. Son caractère divin est étroitement lié à son nom. Son peuple Israël avait péché ! Aux yeux de l'homme naturel, le spectacle d'un peuple frappé par la main de son Dieu avait de quoi soulever la question : « Dieu est-Il véritablement parmi eux ? ». Pour l'intelligence spirituelle, la vérité est évidente : l'honneur du grand Nom de l'Eternel exige que son peuple manifeste pureté et humilité, quoi qu'il lui en coûte.
            La réponse de l'Eternel à son serviteur : « Lève-toi ; pourquoi te jettes-tu ainsi sur ta face ? » (v.10) est une nouvelle leçon. Pour quel motif Josué s'était-il jeté sur sa face ? Ayant perdu tout espoir, il faisait pratiquement retomber le blâme de la défaite d'Israël sur Dieu ! Se jeter sur sa face devant Dieu est certainement la seule attitude qu'un croyant puisse prendre, en un temps de honte et de déshonneur. Affecter d'en prendre une autre ne fait qu'ajouter le péché d'orgueil à la faute qui a causé la défaite. « Humiliez-vous devant le Seigneur, et il vous élèvera » (Jac. 4 : 10). Une vraie humiliation devant Dieu est notre seule « porte d'espérance » (Osée 2 : 15) pour être béni au jour de la détresse ; mais se jeter « ainsi » sur sa face, sans se juger soi-même, et en accusant Dieu, n'est pas de l'humilité !
            L'esprit qui s'irrite dans la défaite ne veut pas reconnaître la cause de celle-ci. L'humiliation vraie est plus rare que les diamants. La question qui se posait dans le camp était celle du péché d’Israël, ce péché non encore confessé, qui ne pouvait donc pas être pardonné. Dieu exigeait que cette question soit d'abord réglée. Après cela, Il pourrait se servir de son peuple pour sa propre gloire. « Lève-toi », car à quoi bon prier si l'on ne confesse pas son péché ? Le péché doit être retranché : c’est ce que Dieu réclame de son peuple !

                        « Israël a péché »

            L'armée du Dieu Saint, envoyée pour détruire le mal qui sévissait en Canaan, avait ouvert son cœur à ces iniquités qu'elle avait pour mission de supprimer. Le Dieu Saint avait permis, à cause de son grand Nom, que l'épée de l'Amoréen devienne la verge de son châtiment envers son peuple. Dieu permet à Satan de « cribler » ses saints. Il permet à l'Amoréen - contre lequel nous luttons - de nous frapper lorsque nous traitons le péché à la légère. Si nous acceptons du mal dans le camp et de l'orgueil dans nos cœurs, que personne ne soit surpris alors si, dans notre lutte contre les puissances de méchanceté qui sont dans les lieux célestes, Satan, le prince des rebelles, devient l'arme dont Dieu se sert contre son propre peuple.
            La cause de la défaite d'Israël est révélée par l'Eternel : « Israël a péché, et même ils ont transgressé mon alliance que je leur avais commandée, et même ils ont pris de l'anathème, et même ils ont volé, et même ils ont menti, et ils l'ont aussi mis dans leur bagage. Et les fils d'Israël ne pourront subsister devant leurs ennemis, ils tourneront le dos devant leurs ennemis ; car ils sont devenus anathème » (v. 11-12). Paroles terriblement solennelles : Israël devenu « anathème », le peuple de Dieu proscrit par Dieu Lui-même ! Tel est l'effet du péché, et telles sont ses inéluctables conséquences ! Le péché est d'une gravité terrible devant notre Dieu saint, car Il est « un feu consumant »  (Héb. 12 : 29).
            La responsabilité de la nation entière ressort ici de façon très nette. Ce grand principe caractérise toute la manière d'agir de Dieu à l'égard d’Israël dès les premiers temps, or Dieu ne change pas. On ne peut ignorer délibérément la responsabilité de la chrétienté considérée comme un tout sans défier Dieu lui-même. Les chrétiens ne peuvent en aucun cas se considérer comme des unités indépendantes les unes des autres, au sein de l'armée de Dieu. Ce que fait l'un affecte tous les autres. « Un seul pécheur détruit beaucoup de bien » (Eccl. 9 : 18). A cause du péché d'un seul, tous sont ici les victimes de la défaite, et leurs cœurs se fondent comme de l'eau.

                      Conséquences collectives de la transgression d’un seul

            La promesse du succès dans les guerres de Canaan dépendait de l'obéissance d'Israël. Or, avec Acan, ils n'avaient pas seulement péché, mais ils avaient transgressé un commandement des plus clairs et pris de l'anathème - c’est-à-dire des choses consacrées - en violation d'un commandement que Dieu avait donné à Israël avant la destruction de Jéricho : « Et la ville sera anathème à l'Eternel, elle et tout ce qui s'y trouve ; … vous vous garderez de l'anathème, de peur qu'en prenant de l'anathème, vous ne vous rendiez vous-mêmes anathème, et que vous ne fassiez devenir anathème le camp d'Israël, et que vous ne le troubliez » (Jos. 6 : 17-18). Dieu ne permettait pas à Israël de prendre un seul fragment d'étoffe, ni un sicle d'argent de Jéricho pour en faire leur gloire ou leur richesse personnelle. Rien ne devait devenir la propriété de ceux qui étaient appelés à exécuter la sentence de Dieu sur les Cananéens. Or Acan avait fait main basse non seulement sur le vêtement mais sur l'or, non seulement sur ce qui était anathème et promis au feu, mais sur ce qui devait être consacré au trésor de l'Eternel. Acan était un prince en Israël, et c'est souvent par les chefs, plutôt que par les simples soldats de l'armée de Dieu, que le péché et la souffrance sont introduits. Acan avait convoité le manteau de Shinar, l'argent et le lingot d'or, et il les avait cachés dans sa tente, et c'est ainsi que furent trouvées au milieu d'Israël ces richesses que Dieu avait commandé de ne pas toucher.
            Acan avait convoité ce manteau brodé pour la gloire de son « moi », car l'argent et l'or l’aideraient sans doute à s’élever. Ces choses avaient été introduites subrepticement dans le camp. Le péché d'Acan est un mélange de convoitise, de vol et de mensonge.
            Le manteau venait de Shinar. La place que Babylone tient dans les agissements des hommes contre Dieu, comme dans les grands jugements de Dieu à l’égard des hommes, ne doit pas être négligée. A Babel a eu lieu la première tentative organisée des hommes pour se faire un nom. C’est aussi un centre de ralliement des hommes opposés a l'autorité divine. Babel, dans les plaines de Shinar, a été le lieu de l'apostasie déclarée de l'homme contre Dieu. C'est là que Dieu descendit et dispersa la race humaine. Leur tour majestueuse devint le monument de leur confusion. Et c'est là encore qu'au temps de la fin la Babylone spirituelle aura son centre de puissance.
            Il y avait dans la plaine de Shinar des industries textiles lorsque Dieu détruisit Jéricho, et Satan fit preuve de ruse en se servant de la convoitise d'Acan. Il introduisit ainsi le manteau de Babylone dans le camp à Guilgal. C'est au moment où Dieu se servait d'Israël comme d'un instrument pour détruire la forteresse qui gardait l'entrée de Canaan, que « l'anathème » - sous la forme de ce manteau royal à l'aspect séduisant - fut secrètement introduit au milieu d'eux ! C'était l'heure où l'Eternel se proposait de montrer la puissance de son bras, le moment où Il aurait pu lui-même mettre ce manteau dans son trésor. Il en est dépouillé par son propre peuple ! Ainsi le camp de Guilgal, le lieu où Israël était mis à part pour Dieu, est souillé par le levain de l'anathème, et, pour cette raison, Israël est placé sous malédiction.

                        La signification de l’anathème pour nous

            Le caractère extrêmement solennel de la sainteté divine s'impose à nos cœurs dans cette scène, et nous pouvons nous demander à quoi correspond aujourd'hui cet anathème qui a attiré alors la malédiction sur le camp d'Israël. Le manteau de Shinar était un emblème manifeste de l’apostasie première selon laquelle l'homme s'est exalté lui-même en s'opposant à Dieu. Les fils d'Israël, entrés en Canaan et circoncis, avaient été mis à part pour l'Eternel. Notre circoncision - le dépouillement du corps de la chair par la circoncision du Christ - et notre séparation pour Dieu, se font en Christ ressuscité d'entre les morts. Or quand un croyant qui combat pour son Seigneur ressuscité recherche sa propre gloire, même sous prétexte qu'il est un instrument du Seigneur, il s'élève en fait lui-même. Il convoite de se parer des choses de la chair dont il sait pourtant que Dieu a prononcé sur elles la sentence du feu, et en agissant ainsi il est dans une certaine mesure, spirituellement, comparable à Acan. Et si c'est son désir d'utiliser l'argent et l'or du trésor appartenant au Seigneur pour son propre avantage, là encore, il se conduit comme Acan ; il transpercera sa propre âme de beaucoup de douleurs. Tôt ou tard nos péchés nous trouvent.
            Convoiter le somptueux vêtement de Babylone et dérober à Dieu la gloire qui Lui revient, c'est, hélas, une chose assez fréquente ! Trop de soldats du Seigneur ont caché cet interdit dans leurs tentes. « Je suis important ! » proclame secrètement le magnifique manteau. Dans la tente - dans le secret du cœur ou le cercle de famille - nos vrais désirs viennent à la lumière. Et Dieu nous voit tels que nous sommes vraiment. Acan n'a certainement jamais porté le manteau de Shinar, de manière à ce que tout Israël puisse l'admirer. Ses amis auraient pu en vanter la magnificence. Qu’il ne l'ait même jamais porté sur ses épaules, ne faisait aucune différence aux yeux de Dieu ; son péché était évident.
            Plus un chrétien fait profession de sainteté et de séparation et plus Dieu lui demande expressément de ressembler pratiquement à Jésus, notre Seigneur. Nous reconnaissons sans doute que nos bénédictions sont « dans les lieux célestes en Christ ». Mais, de fait, elles sont pour nos cœurs toujours en deçà du Jourdain de la mort et du jugement et pourtant nous affirmons peut-être que nous sommes morts au monde, avec Christ et ressuscités avec Lui et vivants pour Dieu. Dans de telles conditions – si notre vie se déroule en contradiction absolue avec ce que nous professons être comme bons soldats du Christ Jésus -, le tribunal de Christ est un sujet de crainte (Gal. 6 : 7).
            Il y a une remarquable similitude entre la façon dont Dieu manifeste Sa colère envers son peuple juif et son peuple chrétien, au début de leurs carrières sur la terre. Dans les premiers jours de l'histoire d'Israël en Canaan, comme dans ceux du christianisme, nous voyons Dieu juger immédiatement le mal au milieu de son peuple et manifester dans la lumière les péchés secrets de ceux qui lui appartiennent apparemment sur la terre. Ananias et Saphira, comme Acan, avaient menti. Mais on ne trompe pas Dieu. Il faut d'ouvrir les yeux sur nos propres actions et chercher à se voir comme Dieu nous voit. Les lois morales édictées par Dieu ne peuvent pas être laissées de côté impunément par les siens. Nos péchés cachés sont découverts à la lumière de sa face : « Tout est nu et découvert aux yeux de celui à qui nous avons affaire » (Héb. 4 : 13). Tôt ou tard, les mensonges seront publiés « sur les toits ». Que les serviteurs de Christ que nous sommes appelés à être tous analysent leurs motifs secrets, de peur que, par une recherche égoïste d’eux-mêmes, ils finissent par troubler leur propre âme et aussi  par souiller l’Eglise de Dieu.

                        « Sanctifiez-vous »

            Parmi les leçons solennelles que l’on peut tirer de cette scène, ne négligeons pas la parole que l'Eternel adressa à Israël après la défaite : « Sanctifiez-vous ». Il ne dit pas « Veillez sur vos armes », mais « veillez sur l'état de votre cœur ». La sainteté, voilà ce qui est indispensable pour la victoire. « Il y a de l'anathème au milieu de toi, Israël ; tu ne pourras pas subsister devant tes ennemis, jusqu'à ce que vous ayez ôté l'anathème du milieu de vous » (Jos. 7 : 13). De leurs propres mains, ils devaient retrancher le péché qui était parmi eux. Ils devaient l'ôter du milieu d'eux avant de pouvoir manier à nouveau l'épée. Qu'importe si tout Canaan, avec ses cohortes ennemies, apprenait que l'armée de Dieu était anathème aux yeux de Dieu et ne pourrait plus jamais vaincre avant que la gloire du grand nom de Jéhovah soit rétablie dans le camp. Le rejet du mal qui se trouvait au milieu des fils d'Israël était le seul moyen par lequel Dieu puisse se tenir parmi eux ! La plupart des chrétiens qui ont atteint l'âge mûr ont suffisamment vécu pour connaître des hommes qui étaient autrefois vaillants pour Dieu et dont Il se servait, et qui étaient désormais courbés sous Sa main agissant en gouvernement. Ce sont des serviteurs devenus inutiles ; ils le sont devenus pour n'avoir pas pris garde à cette parole divine : « Sanctifiez-vous ! ».
            Plein d'énergie, « Josué se leva de bonne heure le matin » et réunit Israël, selon ses tribus, devant l'Eternel. Après avoir été passés au crible, tribu par tribu, famille par famille, puis un par un, le transgresseur est mis en évidence. Là où les cœurs sont sincères dans leur désir de se purifier de l'iniquité, Dieu donne la force de tout « passer au crible » jusqu'à ce que les causes profondes de leur état soient découvertes ? Ce qu'Il commence, Il l'achève. La puissance de la présence de Dieu arrache à l'homme la confession de son péché. Si la racine d'amertume n'est pas découverte, c’est Dieu qui retient sa main du fait de l'état charnel des siens. Partout où le péché demeure sans être confessé, Dieu se tient éloigné de nous. Il est totalement impossible de se tenir devant Dieu sans être profondément sincère dans notre cœur.
            Dieu amènera toute chose secrète à la lumière ainsi tout ce qui est couvert aujourd’hui sera alors révélé. Actuellement des maux restent cachés au milieu du peuple de Dieu et ils empêchent de goûter sa présence. Ils doivent être découverts, confessés et rejetés, si les saints ont le désir de se tenir vraiment devant Sa face.
            Acan confessa son péché, exprimant publiquement ce que son cœur avait tenu secret. Les messagers coururent à sa tente, déterrèrent l'anathème et l'exposèrent en pleine lumière devant l'Eternel. Rien ne demeura caché de ce péché honteux. On n'essaya pas de passer le mal sous silence, dans le but de sauvegarder une paix dont on rêvait. La vérité l'emporta sur tout calcul, car la question qui se posait en ce jour où les consciences devaient être examinées était celle-ci : « L'Eternel ou l'homme ? Lequel doit être glorifié ? ». De même que tout Israël était impliqué dans le déshonneur causé à l'Eternel par un de ses princes, de même tout Israël a participé à la purification du camp. « Et tout Israël le lapida avec des pierres, et ils les brûlèrent au feu » (v. 25). Bien plus, les fils d'Israël ne cherchèrent pas à effacer les traces de leur souffrance : « Et ils élevèrent sur lui (Acan) un grand monceau de pierres, qui est demeuré jusqu'à ce jour. Et l'Eternel revint de l'ardeur de sa colère. C'est pourquoi on a appelé le nom de ce lieu-là la vallée d'Acor, jusqu'à ce jour » (v. 26).
            La vallée d'Acor reste toujours une « porte d'espérance » pour le peuple de Dieu. C'est dans cette vallée, où demeurent le témoignage de l'iniquité rejetée et le souvenir de la honte, que passe jusqu'à ce jour le chemin qui conduit à la bénédiction. C'est en pleurant sur notre orgueil et en rejetant loin notre péché que nous pourrons aller toujours de victoire en victoire. « Si nous confessons nos péchés, il (Dieu) est fidèle et juste pour nous pardonner nos péchés et nous purifier de toute iniquité » (1 Jean 1 : 9).

 

D’après H. F. Witherby