Le livre de Josué et les bénédictions en Christ (9)

bible-notes.org

Imprimer ou partager la page :

LE LIVRE DE JOSUE (9)

ou l'ombre de la plénitude des bénédictions à venir en Christ
 

La stratégie (Jos. 6 : 6-21)
       Jouir de sa liberté en Christ et avoir un bon état moral, afin de soutenir un combat spirituel efficace
       Croire et obéir, deux conditions de la victoire
       Des hommes sachant manier l’épée de l’Esprit
       Combattre pour Christ avec la foi en Lui, jour après jour
       La puissance de Dieu exaltée par les trompettes, figure de sa Parole
       La victoire, le septième jour
           

La stratégie (Jos. 6 : 6-21)

            « … attendant et hâtant la venue du jour de Dieu » (2 Pier. 3 : 12).

            Les fils d'Israël, en tant que soldats de Dieu, entrent en action aussitôt après en avoir reçu l'ordre du Chef de l'armée de l'Eternel. Jusque-là, le livre de Josué ne fait que décrire l’œuvre de Dieu introduisant son peuple en Canaan et le nourrissant du blé du pays, afin de le préparer au service actif de la guerre. Il en est ainsi du chrétien qui doit nécessairement être fondé dans la grâce avant de pouvoir devenir un soldat de Christ efficace. Il doit mettre sa confiance en l’œuvre de Dieu pour le croyant, et cette œuvre doit produire en lui une entière liberté d'action, avant que le soldat de Christ soit apte à combattre pour Lui.

                        Jouir de sa liberté en Christ et avoir un bon état moral, afin de soutenir un combat spirituel efficace

            Un enfant de Dieu qui doute de sa filiation, ou qui est spirituellement en guerre avec lui-même, n'est pas un soldat efficace pour Christ. Il se peut qu'il en porte l'uniforme, mais il est incapable de prendre l'épée de l'Esprit, qui est la Parole de Dieu, et de la manier avec la puissance du Seigneur, car, aussi longtemps que le fardeau du « moi » pèse sur une âme, toute offensive est impossible. « Le bien que je veux, je ne le pratique pas ; mais le mal que je ne veux pas, je le fais » (Rom. 7 : 19) : c'est là l'expression d'une lutte intérieure pour se libérer, et la preuve qu'on ne jouit pas encore de cette liberté en Christ sans laquelle aucun combat spirituel ne peut être livré.
            Encore une fois, si la liberté chrétienne est connue comme un objet de foi, par grâce, une sainte conduite est indispensable pour pouvoir soutenir un combat spirituel. Un bon état devant Dieu est nécessaire, tout autant que la foi dans le fait que nous sommes bénis en Christ. Nous devons marcher avec Dieu si nous voulons combattre pour Lui. Supposons que l'Esprit qui demeure en nous soit en guerre avec nous parce que nos voies ne sont pas selon Dieu, pourrions-nous véritablement combattre pour Dieu en même temps ? Impossible ! Dans un tel cas, il se peut qu'il y ait l’apparence d’un vrai combat, mais ce ne sera jamais qu'une apparence. Pour être soldat de Christ, il faut ces deux choses : la foi en ce que Dieu a opéré pour nous, et la soumission au travail qu'Il accomplit en nous.
            La bénédiction du croyant en Christ, en même temps que le bon état moral de l'âme du chrétien, tel qu'on peut le constater dans les types et caractères de notre livre, sont les préliminaires de l'activité guerrière qui est sur le point de commencer. La traversée du Jourdain nous a montré, en figure, l'entrée du croyant dans les lieux célestes, de même que Guilgal représentait le lieu où le croyant est véritablement affranchi. Participer à la fête de la Pâque, aux pains sans levain et au vieux blé du pays, signifiait clairement se nourrir de Christ en vérité. Ces grandes vérités sont suivies de la vision de l'épée nue et des ordres concernant la destruction de Jéricho.

                        Croire et obéir, deux conditions de la victoire

            Tout porte à croire que Josué donna ses ordres à Israël aussitôt après les avoir reçus du Chef de l'armée de l'Eternel. La foi trouve un juste équilibre entre le dynamisme et la patience qui la caractérisent, car la foi exécute tout simplement la pensée de Dieu ! Pour les sacrificateurs, l'ordre était celui-ci : « Portez l'arche de l'alliance » (v. 6) ; et pour les hommes vaillants : « Passez, et faites le tour de la ville, et que les hommes armés passent devant l'arche de l'Eternel » (v. 7).
            Soldats de Christ, notre Seigneur qui est dans les cieux, ranimons la flamme de notre foi ! Le Seigneur nous a promis la victoire, comme Il l'avait promise aux fils d'Israël qui Le crurent, car « par la foi, les murs de Jéricho tombèrent » (Héb. 11 : 30). La foi s'empare de la force de Dieu : « Tout est possible à celui qui croit » (Marc 9 : 23). Que le soldat de Christ, sur l'ordre de son Seigneur, sorte et combatte pour Lui, et qu'il soit aussi assuré de la victoire que le fut Israël devant qui l'énorme muraille s'effondra !
            Il n'y a rien de tel que la vertu chrétienne pour démoraliser l’adversaire. Le courage d’un chrétien est le fruit de sa foi. On ne fait pas la guerre mollement, étendu sur un lit, ou confortablement installé dans un fauteuil. Le chrétien doit s'attendre à de dures épreuves. Il ne doit pas non plus se laisser lier par les affaires de cette vie, mais il doit plaire à Celui qui l'a appelé à sa condition de soldat (2 Tim. 2 : 4). Il faut accomplir honorablement les devoirs de cette vie, mais il nous est interdit d'en devenir prisonnier. Il y a beaucoup de soi-disant « obligations » qui sont en réalité des liens, et un chrétien zélé pour Christ doit s’en dégager. Il ne peut se permettre, pendant les quelques heures de service actif qu'il est appelé à passer sur la terre, d’être occupé de ces choses qui jadis ont accaparé ses pensées et son temps. Comme un coureur, il se débarrasse de tout fardeau. Les fardeaux et les chaînes entravent terriblement le service chrétien. Tout ce qui tend à remplir l'esprit, à l'exclusion des intérêts de Christ, doit nous être suspect.         

                        Des hommes sachant manier l’épée de l’Esprit

            Dans le combat chrétien, les hommes vaillants sont toujours au front, le gros de la troupe formant l'arrière-garde. Dieu a toujours ses soldats de première ligne - des hommes capables de se servir de « l'épée de l'Esprit, qui est la parole de Dieu » (Eph. 6 : 17), des hommes qui s'exposent eux-mêmes aux attaques de Satan.
            Un bon soldat aime son métier, et un vrai soldat chrétien aime le combat chrétien. Il prend plaisir à endurer difficultés et fatigues ; elles sont sa joie, ses délices. Il jouit de ce que d’autres chrétiens, qui cherchent leurs aises, considèrent comme une pénitence que l'on s'inflige volontairement et une souffrance inutile. « Plus loin, toujours plus loin ! », telle est la devise d’un bon soldat de Jésus Christ. Ce n'est pas une charge pour lui, mais plutôt un service heureux, de dépenser et d’être lui-même dépensé pour son Seigneur. C'est pour lui « le ciel sur la terre » lorsque des pécheurs deviennent à leur tour des prisonniers de Christ ; lorsque des âmes captives de Satan sont délivrées et passent de la mort à la vie, de la puissance de Satan à Dieu. L'oisiveté et la facilité sont une calamité pour celui dont le cœur est occupé par la vision des perspectives éternelles, rempli d'énergie par le Saint Esprit, et contraint par l'amour de Christ. « Malheur à moi si je n'évangélise pas » (1 Cor. 9 : 16), telle est sa réponse aux innombrables efforts de l'Ennemi pour refroidir son ardeur et abattre son zèle. « L'éternité ! l'éternité ! », se répète-t-il intérieurement quand son corps fatigué se révolte presque contre l'obligation d'exécuter les ordres de son âme. Une telle disposition caractérise les hommes en « première ligne ». Dieu veuille amener des soldats de Christ à occuper une telle place. Puisse le cœur d’un jeune chrétien qui lit ces lignes brûler devant ces perspectives d'éternité, et être rempli d'un saint zèle durant sa courte vie ici-bas.

                        Combattre pour Christ avec la foi en Lui, jour après jour

            La foi engendre l'espérance. Une petite foi engendrera de petites espérances. Mais lorsque l'âme se propose Dieu devant elle, elle s'attend à la bénédiction, et cette attente porte des fruits. Nous ne voulons pas dire qu’il en résulte toujours un résultat immédiat, mais travailler pour Dieu sans s’attendre à ce qu'Il bénisse, c'est comme semer sans compter avoir une moisson, ou vouloir bombarder une forteresse sans espérer la toucher !
            Une armée qui n'a pas confiance en ses conducteurs peut être sûre de la défaite. Des soldats de Christ qui n'ont pas foi en leur Seigneur ne sauraient porter des coups efficaces. Malheur à ceux qui sont satisfaits d'eux-mêmes et d'une vague routine sans but précis que l'on baptise pourtant volontiers de « combat pour Dieu » ! Une telle parade n'a rien de commun avec la guerre. L’œil inexpérimenté peut trouver qu’il y a une grande ressemblance entre eux ; cependant, quand l'Ennemi tombe sous les coups et demande grâce, nous savons que ce n'est pas l'effet d'une simple énergie humaine, mais l’œuvre de Dieu par le Saint Esprit.
            Josué donnait des ordres pour un jour seulement : « Passez, et faites le tour de la ville, et que les hommes armés passent devant l'arche de l'Eternel ». Il en est de même de toute œuvre de foi : elle s'accomplit jour après jour, et progresse pas à pas. C'est la seule manière vraiment heureuse de vivre pour Dieu. C'est avec la joie et la satisfaction d'avoir obéi à Dieu que cette première journée se termine pour Israël. Nous espérons que cet encouragement est aussi le nôtre, jour après jour. Quant au reste, libre aux hommes de Jéricho de penser ce qui leur plaît !         

                        La puissance de Dieu exaltée par les trompettes, figure de sa Parole

            Le deuxième jour, le matin de bonne heure, Josué se leva et les sacrificateurs se chargèrent de l'arche de l'Eternel. Un fait nouveau, d'une grande importance pratique, nous est maintenant présenté. Les sept sacrificateurs « marchaient, et en allant sonnaient des trompettes » (v. 13). Aucune voix ne se faisait entendre parmi le peuple. Les seuls bruits que faisait l'armée étaient le piétinement lourd et ininterrompu de pas innombrables, et la sonnerie éclatante et assourdissante des trompettes dont les accents triomphants annonçaient la victoire. Tout porte à croire qu'une telle stratégie, cette sonnerie de trompettes ininterrompue, étaient, pour les hommes de Jéricho - enfermés en toute sécurité, pensaient-ils, à l'intérieur de leurs murailles - une pure folie, comme la « joie de l'évangile » pour un monde incrédule. Une immense armée qui entreprend de faire le tour d'une ville forte, et qui ne cesse de faire entendre des sons aussi joyeux, c'était, à leurs yeux et à leurs oreilles, du fanatisme. Aucune édification de remblai, aucune construction de béliers, aucune échelle d'escalade, rien que les trompettes du jubilé ! Et ce que signifiaient leurs sons éclatants, les hommes de Jéricho ne le savaient pas plus que le monde d'aujourd'hui ne comprend la joie de « l'année de la faveur de l'Eternel » et de la venue du royaume de Christ.
            Les notes de nos trompettes du jubilé, comme celles d'Israël, sont simples et peu variées : « Christ revient ! Christ revient ! ». Mais ce sont des chants de joie qui viennent du cœur et jaillissent d'âmes sincères qui soupirent après le Seigneur et après son retour. Laissons le monde défendre ses hautes murailles d'infidélité et de superstition ! Laissons-le s'enorgueillir de son progrès et de son développement ! Christ revient. Laissons les raisonneurs dire que « depuis que les pères se sont endormis, tout demeure dans le même état depuis le commencement de la création (2 Pier. 3 : 4). Christ revient ! Laissons les moqueurs crier au fanatisme. Mais qu'à tous ces arguments des incrédules la réponse du chrétien, porteuse de vie, soit ces accents d'amour et de joie : « Christ revient ! ».
            Les sacrificateurs, hommes dont le service sur cette terre était de rendre culte à l'Eternel, sonnaient de leurs trompettes. Ainsi les accents joyeux sont ceux d'âmes qui adorent. Sans doute la doctrine du retour de Christ relève-t-elle de l'intelligence, mais la joie de son retour se manifeste seulement au moment où l'amour de Christ remplit un cœur. C'est là le vrai témoignage. Le témoignage d’Israël à Jéricho, rendu par ces sacrificateurs qui passaient et repassaient continuellement, n'était en vérité qu'un seul son joyeux et prolongé. Nous avons déjà parlé de l’influence du vrai courage chrétien, mais la vraie joie chrétienne témoigne presque aussi éloquemment de la présence de Dieu. Les fils d’Israël n'avaient pas pu s'empêcher de chanter d'allégresse à la Mer Rouge. Ils étaient libres, leurs chaînes étaient tombées, et leurs frayeurs avaient été englouties en même temps que leurs oppresseurs dans les eaux profondes de leur délivrance. L'âme qui a été amenée à la connaissance du salut parfait en Christ ne saurait davantage résister à une grande joie ! Et c'est une bonne chose  pour des chrétiens plus âgés, de retrouver une certaine jeunesse en chantant à l'Eternel, le grand Triomphateur, en compagnie de ceux qui viennent, par grâce, d'être amenés à Dieu. De même que la raideur et l’égocentrisme de la vieillesse se dissipent au contact des joies simples de l'enfance, ainsi la sécheresse et la froideur des chrétiens de longue date disparaissent au contact de la joie que Dieu donne à celui qui vient de naître en Christ ! Il n'est que trop vrai que le cantique d'Israël à la Mer Rouge a fait bien vite place aux murmures dans le désert, mais les sons joyeux des trompettes du jubilé ne cessèrent pas ni ne diminuèrent pendant sept jours complets – cette période parfaite pendant laquelle Israël encercla Jéricho.
            Cette rumeur joyeuse n'était pas seulement l'hymne de leur délivrance, mais aussi le témoignage permanent du fait que les puissances du mal allaient être vaincues et que le royaume de Dieu allait s’établir. L'obéissance de cette armée silencieuse, et la sonnerie ininterrompue des trompettes offraient aux soldats de Christ un beau sujet de méditation. C'est en sonnant de leurs trompettes que les fils d'Israël portèrent à Jéricho le coup de grâce qui l'anéantit.

                        La victoire, le septième jour

            Le septième jour fut marqué par un zèle particulier et une énergie septuplée : « Et le septième jour, ils se levèrent de bonne heure, au lever de l'aurore, et firent le tour de la ville, de la même manière, sept fois ; seulement, ce jour-là, ils firent le tour de la ville sept fois » (v. 15). Nous ne pouvons mettre en doute que cette scène fasse allusion à la fin des temps, à l'avenir d’Israël et au royaume terrestre de notre Seigneur. Elle nous fait entrevoir les circonstances du livre de l'Apocalypse, celles de la fin prochaine, perspective qui doit stimuler nos âmes afin que nous ayons un zèle et une patience renouvelés. Face à Jéricho, la stratégie d'Israël est marquée du sceau de la patience - une patience particulière qui demeure active jusqu'à l'heure de la victoire choisie par Dieu. La « persévérance » est une qualité que tout chrétien doit avoir gravé sur sa bannière. L’épreuve de la foi doit être parfaite chez les soldats de Christ dans un chemin d’obéissance, et plus le jour approche, plus il est nécessaire de travailler avec ardeur pour le Seigneur. Plus la fin est proche, plus nous sommes appelés à être diligents.
            La puissance de Satan, ne peut être vaincue que par la force que Dieu donne, et quels que soient le zèle et la ferveur des enfants de Dieu, la prière pour eux est une constante nécessité. « Priez par toutes sortes de prières et de supplications, en tout temps, par l'Esprit, et veillez à cela avec toute persévérance... » (Eph. 6 : 18) : voilà ce que Dieu ordonne de faire au soldat de Christ.
            Bientôt retentira le cri de la victoire ! Le Seigneur donnera le signal, et alors toutes les forteresses du mal tomberont devant Lui. Quand les hommes diront « Paix et sûreté », alors une soudaine destruction viendra sur eux (1 Thes. 5 : 3). Dans l'attente de ce jour-là, que tout homme se tourne vers Lui, car, parmi les soldats de Christ, on se contente trop de suivre des conducteurs, et pas assez d'obéir simplement au Seigneur. Les hommes agissent en troupeau ; l'acte individuel, avec ce qu'il a de noble, se perd, peu de personnes osant s'exposer à la moquerie en se distinguant des autres pour accomplir leur devoir dans l'obéissance à la Parole de Dieu.
 

D’après H. F. Witherby