Le livre de Josué et les bénédictions en Christ (8)

bible-notes.org

Imprimer ou partager la page :

LE LIVRE DE JOSUE (8)

ou l'ombre de la plénitude des bénédictions à venir en Christ


Christ, vieux blé du pays 
    
La manne, nourriture des fils d'Israël dans le désert pendant quarante ans
     Le vieux blé du pays, plénitude de Christ ressuscité d’entre les morts
Le chef de l'armée de l'Eternel
     Un homme debout devant Josué, une épée nue à la main
     L’armée de l’Eternel assurée de la victoire
     Le chef de l'armée de l'Eternel est Jéhovah  
 

Christ, vieux blé du pays 

            « Et la manne cessa dès le lendemain, après qu'ils eurent mangé du vieux blé du pays ; et il n'y eut plus de manne pour les fils d'Israël ; et ils mangèrent du cru du pays de Canaan cette année-là » (Jos. 5 : 12).

            « … celui qui se nourrira de moi, celui-là aussi vivra à cause de moi. Voilà le pain qui est descendu du ciel... » (Jean 6 : 57-58).

                        La manne, nourriture des fils d'Israël dans le désert pendant quarante ans

            Par la manne, Dieu avait pourvu aux besoins des fils d’Israël tout le temps de leur pérégrination. « Et les fils d'Israël mangèrent la manne quarante ans, jusqu'à ce qu'ils entrèrent dans un pays habité ; ils mangèrent la manne jusqu'à leur arrivée à la frontière du pays de Canaan » (Ex. 16 : 35). La manne tombait chaque matin et devait être ramassée de bonne heure, en proportion des besoins de chacun. On la trouvait autour du camp, là où la rosée du ciel était tombée - « la couche de rosée se leva, et voici sur la surface du désert quelque chose de menu, de grenu... » (v. 14). Cette rosée apparaissait sur la surface aride du désert, et, là où ses fines gouttelettes tombées du ciel se déposaient, Dieu répandait sa nourriture céleste en faveur des hommes. « Il leur a donné à manger du pain venant du ciel » (Jean 6 : 31). Christ est ainsi placé devant nous par l’Esprit de Dieu. « Le pain de Dieu est celui qui descend du ciel, et qui donne la vie au monde » (Jean 6 : 33), et nous le trouvons là où le Saint Esprit nous le présente. La nourriture du chrétien, pendant la traversée du désert de ce monde, ne vient pas de la terre mais du ciel, d'où aussi elle descend. Notre nourriture spirituelle doit être recueillie jour après jour, tôt le matin, avant que le soleil se soit levé et que notre journée de labeur commence.
             Dans le désert, les fils d'Israël recueillaient la manne selon les besoins de chacun. L'Eternel y pourvoyait. Nous recevons aussi notre nourriture de Christ. Il subvient à nos besoins quotidiens, et celui qui se lève de bonne heure et recueille avec zèle, reçoit toujours une bénédiction spéciale. « Et ils recueillirent, l'un beaucoup, l'autre peu ». Ce n’était pas en fonction de l'abondance des ressources divines, mais « chacun en proportion de ce qu'il mangeait » (Ex. 16 : 17-18). Ce principe est très vrai aussi en ce qui concerne la faim de l'âme. Or l'appétit pour les choses célestes varie d'un enfant de Dieu à l'autre ! Certains trouveront bien longue une demi-heure consacrée à la lecture de la Bible, tandis que d'autres la méditeront jour et nuit. Et pourtant, bien qu'il en soit ainsi du côté de l'homme, lorsque toute la manne recueillie était mesurée, on en trouvait « un omer par tête ». Tous étaient rassasiés, les besoins de chacun étaient pleinement satisfaits, car la mesure répondait parfaitement à chaque besoin.
 

                        Le vieux blé du pays, plénitude de Christ ressuscité d’entre les morts

            En Canaan, les fils d'Israël mangeaient du vieux blé du pays - nourriture usuelle et ressource inépuisable du pays de la promesse. Le vieux blé du pays, tout comme la manne dans le désert, est une figure de Christ, nourriture des siens ; mais le blé nous parle des ressources inépuisables du ciel lui-même - de Christ ressuscité d'entre les morts - et la mesure de ces ressources ne correspond pas au besoin d'une âme affamée sur la terre, mais représente Christ dans sa plénitude. Dans les quatre évangiles, Christ est la manne - Jésus sur la terre, marchant au milieu des hommes - tandis que les portions de l'Ecriture qui le présentent comme Fils de Dieu glorifié et monté au ciel, le présentent comme le vieux blé du pays. C'est toujours le même Jésus, mais, descendant au devant de nos besoins, ou vu dans la gloire de Dieu !
            La quantité de manne qui tombait dans le désert correspondait aux besoins quotidiens des fils d'Israël. Jour après jour, il s'en trouvait assez pour tous. Personne n'était oublié. Dieu, dans ses tendres soins, comptait les siens, et pourvoyait chaque matin exactement à leurs besoins. C'est une pensée très encourageante. Tous les saints sur la terre, quelle que soit leur faim, n'ont rien d'autre à faire que d'aller à Christ. Qu'il s'agisse de petits enfants ou de croyants âgés, cette parole pleine de grâce est pour tous : « Celui qui vient à moi n'aura jamais faim » (Jean 6 : 35). Le vieux blé de Canaan était à la mesure de la richesse du pays - de son miel, de son huile et de son vin, en un mot de tout ce que produisait le Pays. Dans la mesure où nous saisissons ce que Christ - le vieux blé du pays - est en lui-même, notre âme pénètre dans une sphère de bénédictions d'une richesse infinie. Sa plénitude - non plus notre besoin - devient ainsi l'objet de notre contemplation. Christ, ressuscité d'entre les morts, est notre portion. Cherchons à Le connaître tel qu'il est, et plus nous en saisirons quelque chose et plus nous découvrirons de nouvelles merveilles ; ses gloires, sa grâce, son amour sont inépuisables.
            Considérer Christ comme le vieux blé du pays, nous nourrir de lui dans sa plénitude, ne diminuera pas, au contraire, notre zèle pour le rechercher chaque jour pour qu'Il subvienne à des besoins toujours renaissants. Bien que la manne ait cessé pour les fils d'Israël dès qu'ils ont eu mangé du vieux blé de Canaan, elle ne cesse pas pour nous aussi longtemps que nous restons sur la terre. Nous avons besoin de Lui chaque jour à chaque heure, à la fin tout autant qu'au début de notre course ici-bas. Spirituellement, nous sommes simultanément dans le désert et en Canaan ; nous participons déjà sur la terre à notre appel et nous sommes assis en Christ dans les lieux célestes. Jouir de cette faveur rend nos cœurs plus sensibles aux grâces dont Dieu nous comble durant notre marche dans le désert. Toutes les voies de Dieu sont parfaites, et chaque preuve de sa grâce en rehausse l'éclat. Si un croyant exalte une faveur divine aux dépens d'une autre, il ressemble à cet homme qui, contemplant par une nuit limpide la splendeur de la voûte étoilée, mépriserait certaines étoiles sous prétexte qu'elles diffèrent des autres en gloire.
            Pendant quelques jours encore, les fils d'Israël continuèrent à manger la nourriture du désert, mais dès qu'ils eurent moissonné, la manne cessa. Lorsque nous serons dans la gloire, nous n'aurons plus besoin de notre provision quotidienne de grâce ; nous serons avec Christ. Nous le verrons tel qu'Il est. Nous comprendrons ce qu'Il est vraiment au ciel. Une bénédiction sans fin sera notre part. Sa plénitude sera notre portion éternelle. A jamais rassasiés, nous trouverons en Lui notre joie.

 

Le chef de l'armée de l'Eternel

            « Et il arriva, comme Josué était près de Jéricho, qu'il leva ses yeux et vit ; et voici, un homme se tenait debout devant lui, son épée nue dans sa main ; et Josué alla vers lui et lui dit : Es-tu pour nous, ou pour nos ennemis ? Et il dit : Non, car c'est comme chef de l'armée de l'Eternel que je suis venu maintenant. Et Josué tomba sur sa face contre terre, et lui rendit hommage, et lui dit : Qu'est-ce que mon Seigneur dit à son serviteur ? Et le chef de l'armée de l'Eternel dit à Josué : Ote ta sandale de ton pied, car le lieu sur lequel tu te tiens est saint. Et Josué fit ainsi » (Jos. 5 : 13-15).

            « Et Jéricho était fermée, et avait barré ses portes devant les fils d'Israël ; personne ne sortait, et personne n'entrait. Et l'Eternel dit à Josué : Vois, j'ai livré en ta main Jéricho, et son roi et ses hommes vaillants. Et vous ferez le tour de la ville, vous tous les hommes de guerre, en tournant autour de la ville une fois : tu feras ainsi pendant six jours. Et sept sacrificateurs porteront sept trompettes retentissantes devant l'arche ; et le septième jour, vous ferez le tour de la ville sept fois, et les sacrificateurs sonneront des trompettes. Et il arrivera que, lorsqu'ils sonneront longuement de la corne retentissante, aussitôt que vous entendrez le son de la trompette, tout le peuple jettera un grand cri, et la muraille de la ville tombera sous elle-même, et le peuple montera, chacun devant soi » (Jos. 6 : 1-5).

            « … de sa bouche sortait une épée aiguë à deux tranchants » (Apoc. 1 : 16).

            Nous ne pouvons pas considérer Josué - qui a parfois commis des erreurs - comme un type parfait du Seigneur Jésus ! Dans le passage placé devant nous, nous le voyons comme un homme de foi, en qui demeure l'Esprit de Christ, et comme celui qui insufflait son énergie à Israël.
            Josué se tenait près de Jéricho, examinant ses murailles qui s'élevaient jusqu'au ciel et ses portes d'airain, et comme Israël n'avait pas d'armes offensives pour renverser ces défenses, il se demandait comment cette forteresse pourrait être prise ! La raison aurait pu lui suggérer mille difficultés, mais Dieu nous présente cet homme de foi seul en face de Lui, recevant Sa pensée concernant la victoire. Les forteresses du monde sont pour nous ce qu'étaient les fortifications de Jéricho pour les tribus nomades d'Israël. En nous-mêmes, nous sommes impuissants devant elles, mais avec la puissance divine toutes choses sont possibles.


                        Un homme debout devant Josué, une épée nue à la main

            Comme il levait les yeux, Josué vit devant lui un homme tenant une épée nue à la main. Voilà la révélation divine qui lui était faite. C’est vers cet homme, et non plus vers les défenses de Jéricho qu'il tourna les yeux. Avec énergie Josué lança un défi à l'étranger qui lui déclare être le Chef - ou le Prince - de l'armée de l'Eternel. A ces mots Josué tomba aussitôt sur sa face devant lui, et s'enquit de ce qu'il lui commandait de faire.
            Les ressources de Dieu sont infinies, et Il nous les fait connaître en Christ, pour sa propre gloire et en fonction de nos besoins. A Moïse, Il se révéla dans une flamme de feu du milieu d'un buisson, car son peuple était, alors, dans la fournaise de l'affliction, sans être toutefois consumé par l'Eternel : « Dans toutes leurs détresses, il a été en détresse, et l'Ange de sa face les a sauvés » (Es. 63 : 9) ; et sur cette terre sanctifiée par la présence de l'Eternel, Moïse, ayant ôté la sandale de son pied, reçut sa mission de délivrer Israël de la servitude de l'Egypte. A Josué, l'Eternel se révèle en Christ, comme le chef des armées célestes, en faveur d’Israël. Josué, ayant, lui aussi, ôté la sandale de son pied sur la terre sanctifiée par la présence de l'Eternel, apprend de quelle manière Jéricho allait être détruite. Il lui est également révélé que l'Eternel a livré à Israël la ville, son roi, et tous ses hommes vaillants. Puis, prosterné aux pieds du Fils de l'Homme ressuscité d'entre les morts, le soldat de Christ apprend la fin des puissances du mal ainsi que celles de ce monde.


                        L’armée de l’Eternel assurée de la victoire

            Quand le cœur est rempli du sentiment de la suprême autorité et du pouvoir absolu de Christ notre Seigneur, la foi augmente et nous écoutons cette exhortation : « Fortifiez-vous dans le Seigneur et dans la puissance de sa force » (Eph. 6 : 10). Au Seigneur Jésus, comme homme, toute autorité est donnée dans le ciel et sur la terre (Matt. 28 : 18). Dieu a « assujetti toutes choses sous ses pieds » (Eph. 1 : 22). Christ, dans le ciel, « est le chef de tout pouvoir et de toute autorité » (Col. 2 : 10). Le vrai combat chrétien est pour sa gloire, et la sienne seulement. C'est pourquoi, tant que le chrétien combat véritablement pour Christ, toutes les forces déployées par Satan le sont contre lui : « Notre lutte n'est pas contre le sang et la chair, mais contre les pouvoirs, contre les autorités, contre les dominateurs de ces ténèbres, contre les puissances spirituelles de méchanceté qui sont dans les lieux célestes » (Eph. 6 : 12). En présence de ces grandes puissances, c'est dans la mesure où, par la foi, nous reconnaissons le Chef de l'armée de l'Eternel, et sommes fortifiés en Lui et dans la puissance de sa force, que nous sommes vainqueurs.
            L'épée nue remplaçait maintenant la verge étendue. La verge était l’emblème du guide divin qui délivre et fait sortir d'Egypte, mais l'épée était celui du guide divin qui donne la victoire en Canaan ! Les fils d'Israël avaient cessé d'être conduits comme un troupeau. Ils étaient désormais l'armée envoyée par Dieu pour détruire l'iniquité de Canaan. Nous faisons un grave contresens à l’égard de l’enseignement de l'Ecriture si nous réduisons notre témoignage à des messages d'encouragement et de paix. Elle contient aussi des paroles de jugement et de malédiction. L'Ecriture affirme avec force que de la bouche du Seigneur sort une épée aiguë à deux tranchants (Apoc. 1 : 16), tandis qu'un jugement ferme et sans appel est prononcé contre tout mal et toute iniquité. Au jour de ce Royaume qui est proche, quand les cieux seront ouverts, le Seigneur, Celui qui est fidèle et véritable, frappera les nations avec l'épée aiguë qui sort de sa bouche (Apoc. 19 : 15, 21). Le terrible courroux de Dieu contre un péché qui dépasse l'entendement, et le témoignage du jugement que Christ, par sa parole, exécutera contre les pécheurs, font partie des avertissements que le croyant peut annoncer au monde. Pour rendre un tel témoignage, il faut avoir le cœur occupé de cette révélation, Le voir tenant l'épée nue. C'est prosternés devant Lui que nous recevons une telle révélation (lire Apoc. 1).


                        Le chef de l'armée de l'Eternel est Jéhovah

            Dans le récit solennel que nous considérons, se trouve une parenthèse, au début du chapitre 6 : « Et Jéricho était fermée, et avait barré ses portes devant les fils d'Israël ; personne ne sortait, et personne n'entrait ». Le passage tout entier donne la pensée de Dieu au sujet de l'épée, de la fin de Jéricho et de sa manière d'amener sur elle la ruine. La parenthèse indique dans quelle condition se trouvait Jéricho, et cette pensée placée ainsi - entre le fait que Josué était prosterné sur cette terre sanctifiée par la présence divine et la révélation de la fin de Jéricho - est riche en suggestions : nous apprenons la pensée de Dieu dans le sanctuaire de sa présence, et selon notre état en sa présence, Il nous révèle sa vérité. Celui qui a été mort vit à jamais. Nous nous prosternons aux pieds du Fils de l'Homme glorifié. Là où Josué tomba sur sa face, où Jean fit de même, prosternons-nous à notre tour et adorons ! C'est là que nous est révélé ce qu’est son épée et quel va être le jugement de ce monde. L’histoire du monde, si sombre et si horrible soit-elle, n'est qu'une brève parenthèse dans les desseins de Dieu. Une vie de rébellion, celle d'un monde révolté qui suit son chemin, en opposition déclarée avec Dieu, tout cela n’est que l'affaire d'un court moment, à l'échelle de l'éternité. L'histoire du monde n'est en effet qu'une parenthèse - celle de la propre volonté de la créature - dans le déroulement des desseins divins. Comme tout cela sera vite passé ! Le monde et ceux qui lui appartiennent ont beau se vanter de rejeter Dieu, leur destruction subite est inéluctable, et ils n'auront aucun moyen d'y échapper.
            En considérant ce premier verset du chapitre 6, on s'aperçoit que le chef de l'armée de l'Eternel est Jéhovah - Jésus, qui donna à Josué des directives quant à la manière dont Israël devait combattre, et qui, avant même que l'action soit engagée, établit le plan de leurs mystérieuses manœuvres selon le nombre des jours de la semaine. Le nombre sept était la clef de ce plan d'action. Qu'il s'agisse des sacrificateurs, des trompettes, des jours ou des nombres de fois, tout est multiple de sept ! Toute l’œuvre de Dieu concernant la terre peut se diviser en « semaines ». De la Genèse à l'Apocalypse, Ses voies envers la terre, relativement au Royaume, sont ainsi divisées. Chaque semaine que nous vivons proclame à tout homme l'histoire des temps, et c'est dans les derniers instants de cette histoire que se joue notre sort.
            Le dispositif de combat des fils d'Israël est non moins riche en symboles. L'arche qui les avait introduits en Canaan était le centre de l'armée (v. 9), de même que Christ est le centre de l'armée du peuple de Dieu. Devant l'arche se trouvait la louange - les sept sacrificateurs - et il est bien vrai qu'aujourd'hui, dans le combat chrétien, la louange, qui exalte la perfection de la personne et de l’œuvre de Christ, vient en tête. Le caractère même de cette louange est significatif, car chaque sacrificateur portait une trompette retentissante, la corne du jubilé (non pas une simple corne de bélier), dont les sons publiaient la délivrance, la liberté, l'année de la faveur de l'Eternel. Ces sons joyeux devaient frapper continuellement les oreilles des habitants de Jéricho, tandis que les hommes vaillants encerclaient la ville.
           C'est ainsi qu'Israël déploya ses troupes, jour après jour, jusqu'à la fin. Puissions-nous faire de même : Christ d'abord, puis la louange, enfin le service. Il est vrai que cela est insensé aux yeux du monde, mais « les armes de notre guerre… ne sont pas charnelles, mais puissantes par Dieu pour la destruction des forteresses » (2 Cor. 10 : 4).

 

D’après H. F. Witherby