Le livre de Josué et les bénédictions en Christ (7)

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LE LIVRE DE JOSUE (7)
ou l'ombre de la plénitude des bénédictions à venir en Christ


Célébrons la fête (Josué 5 : 10)
La nourriture du pays (Josué 5 : 11)

 

Célébrons la fête (Josué 5 : 10)

            « Car aussi notre pâque, Christ, a été sacrifiée : c'est pourquoi célébrons la fête, non avec du vieux levain, ni avec un levain de mal et de méchanceté, mais avec des pains sans levain de sincérité et de vérité ». (1 Cor. 5 : 7-8).

            Dans les voies de Dieu, il n'y a ni hasard ni accident. Quarante ans exactement avant de camper à Guilgal, les fils d'Israël étaient esclaves en Egypte. Dieu avait déterminé d'avance leurs étapes et la date de leur entrée dans la terre promise, de telle sorte que la première fête qu'ils y célèbrent est celle du souvenir de leur délivrance. « Et les fils d'Israël campèrent à Guilgal ; et ils célébrèrent la Pâque, le quatorzième jour du mois, au soir, dans les plaines de Jéricho » (Jos. 5 : 10).

                        La Pâque et « la fête de la pâque »

            Ce sont deux choses distinctes. L'une est la délivrance elle-même, qui fut opérée en Egypte, l'autre le « mémorial » de cette délivrance. Il y eut une seule Pâque, tandis que la fête de la pâque revenait chaque année. La première avait eu lieu une fois pour toutes, tandis que la seconde avait lieu chaque fois qu’une année de plus s'était écoulée depuis la délivrance. Le sang de Christ a été versé une fois pour toutes, et notre rédemption par ce précieux sang est complète, mais le mémorial, la fête du souvenir, ne cesse pas.
            Pendant la Pâque, les fils d'Israël étaient occupés par l’imminence de leur départ ; pendant la fête, tout en se réjouissant de leur liberté acquise, ils méditaient sur les moyens par lesquels Dieu allait les faire sortir de l'esclavage. L'attitude même des participants de la Pâque proprement dite était différente de celle des participants de la fête. Dans le premier cas, ils mangeaient à la hâte, debout, les reins ceints, prêts à partir, leurs chaussures aux pieds et leur bâton à la main. Dans le second cas, ils mangeaient en prenant leur temps, à demi-étendus ; tout dans leur attitude extérieure semblant indiquer un état de repos et de bénédiction, les promesses ayant été accomplies. Ils étaient parvenus finalement dans leur pays, leurs espérances s’étaient réalisées, et c'est avec bonheur que chacun jouissait de la part qui lui revenait. Le caractère donné à la fête de la pâque était, en figure, celui d'un peuple racheté, entré dans la jouissance de son repos. Tel fut en tout cas le caractère de la fête, selon la coutume qui prévalut en Canaan ultérieurement et nous pouvons bien en tirer une leçon pour nous-mêmes.
            Il n'y avait pas d'ange destructeur dont il fallait se protéger, pas d'aspersion de sang sur les poteaux et le linteau de la porte, cette œuvre ayant été faite une fois pour toutes. On ne pensait pas à la nécessité d'être racheté à l'avenir, ni à la rédemption comme à un travail qui s'accomplirait progressivement, en vertu d'une rédemption accomplie. Christ, notre Pâque, est offert pour nous en sacrifice, c'est pourquoi célébrons la fête, et faisons-le comme il convient à ceux qui ont part à la plénitude des bénédictions en Christ dans les lieux célestes.

                        Une seule pâque mentionnée dans le désert

            Avant de célébrer la fête dans les plaines de Jéricho, Israël avait célébré la Pâque la seconde année de ses pérégrinations dans le désert : « Ils firent la Pâque, le premier mois, le quatorzième jour du mois, entre les deux soirs, au désert de Sinaï : selon tout ce que l'Eternel avait commandé à Moïse, ainsi firent les fils d'Israël » (Nom. 9 : 5). C'est la seule pâque dont il soit parlé dans le désert. Il n'est fait mention d'aucune autre. Et de fait, si nous considérons la constante incrédulité du peuple, cela ne nous surprend pas, car quelle serait la valeur morale du mémorial d'une délivrance, si cette dernière était mise en doute ? Etre délivré d'une forme de mort pour tomber dans une autre ne serait qu'une duperie. Or la délivrance de l'Egypte, dans le but de faire mourir le peuple dans le désert, n'était-ce pas là, selon les murmures d'Israël, ce que l'Eternel avait opéré pour son peuple ?
             Un croyant qui se borne à croire que le sang de Christ l'a racheté du monde, et qui ne va pas plus loin, ajoutant, ouvertement ou non : « Je n'arriverai jamais jusqu'à la gloire », ou « Il me faudrait une nouvelle pâque pour y parvenir », doute de la valeur du sang de Christ et de l'efficace de ce sacrifice offert une fois pour toutes, ainsi que du résultat merveilleux de cette œuvre. Nous ne pouvons pas nous souvenir de quelque chose que nous ne connaissons pas. Nous ne pouvons nous rappeler de Christ mourant pour nous que si nous « savons » qu'Il l’est. Si l’on doute du fait qu'il est mort pour nous, ainsi que des conséquences bénies de sa mort, il est impossible de se souvenir de Lui, et donc de célébrer la fête. Les fils d'Israël ne crurent pas Dieu. Ils affirmèrent qu'Il ne pouvait les introduire en Canaan. Si tel avait été le cas, c'est que la Pâque en Egypte aurait été inefficace, car s'Il les avait fait sortir d'Egypte, c'était afin de les introduire en Canaan comme l’exprime le cantique de la Mer Rouge : « Tu as conduit par ta bonté ce peuple que tu as racheté ; tu l'as guidé par ta force jusqu'à la demeure de ta sainteté » (Ex. 15 : 13). C'est pourquoi, du fait de son incrédulité, Israël ne pouvait célébrer la fête, et il en fut ainsi jusqu'à son entrée en Canaan où son incrédulité fut dissipée par la réalisation de la promesse dont le peuple avait douté ! Christ est mort, « le juste pour les injustes, afin de nous amener à Dieu » (1 Pier. 3 : 18) ; ce n’est pas afin que nous périssions en chemin.

                        La source et le fondement de nos bénédictions

            Dans la Pâque célébrée dans le désert, et pour celle qui le fut en Canaan, nous avons un double témoignage de notre joie en Christ dont le sang nous a rachetés. Nous pouvons dire : « Nous sommes rachetés et nous parviendrons à la gloire », ou bien : « Nous sommes bénis de toute bénédiction spirituelle dans les lieux célestes en Christ ». L'amour de Dieu est la source, et le précieux sang de Christ le fondement de toutes nos bénédictions. De quelque manière que nous considérions notre situation, dans le désert ou dans les lieux célestes, notre fête rappelle l’amour de Christ donnant pour nous sa vie. Sa mort est, et demeurera éternellement, le thème sur lequel nous entonnerons nos cantiques de louange.
            Son sacrifice est la base de toute bénédiction. Dieu en a jeté les fondements dans l'amour ; il a conduit Jésus jusqu'à la Croix et Il est la source du cantique de la rédemption. Conscients d'être introduits dans la plénitude de nos bénédictions en Christ - ce dont, par l'Esprit, nous faisons l'heureuse expérience -, nos cœurs sont occupés, dès maintenant et pour l'éternité, de l'amour de Christ.
            Si nous avons devant nous la « situation » présentée par cette partie du livre de Josué, nous sommes en présence de nos ennemis dans les plaines de Jéricho avec, devant nous, le combat pour Christ ressuscité. Or notre vigueur vient de la réalisation de l’immensité de l’amour du Seigneur Jésus mourant pour nous.
            Plus nous nous laisserons enseigner par l'Esprit quant à la vérité de Dieu concernant nos bénédictions célestes en Christ, plus nous saisirons la valeur de sa mort pour nous. Ainsi, la fête de la Pâque est bien la première fête de Canaan. Elle est la première, et elle est « éternelle ». Non seulement elle occupe la première place dans le cœur du croyant, mais elle devrait être la fête perpétuelle de son âme. L'entrée d'Israël dans Canaan, fixée par l'Eternel au quatorzième jour du mois d'Abib afin que le peuple célèbre la Pâque dans le pays ce soir-, nous invite à nous réjouir toujours plus dans notre rédemption et dans notre Rédempteur. C'est dans la mesure où nous célébrons véritablement cette fête que nous sommes préparés dans nos âmes à monter contre Jéricho. Que cette fête solennelle dans l'amour de Christ mourant pour nous puisse être la part de chacune de nos âmes.

 

La nourriture du pays (Josué 5 : 11)

            « Ce que je vis maintenant dans la chair, je le vis dans la foi, la foi au Fils de Dieu, qui m'a aimé et qui s'est livré lui-même pour moi » (Gal. 2 : 20).

            Lorsqu'Israël était sorti d'Egypte, l'Eternel avait donné ce commandement à propos de la Pâque et de sa commémoration : « Souvenez-vous de ce jour... ; on ne mangera point de pain levé... Quand l'Eternel t'aura fait entrer dans le pays... pays ruisselant de lait et de miel, il arrivera que tu feras ce service en ce mois-ci. Pendant sept jours tu mangeras des pains sans levain, et le septième jour il y aura une fête à l'Eternel. On mangera pendant les sept jours des pains sans levain ; et il ne se verra point chez toi de pain levé, et il ne se verra point de levain chez toi, dans tous tes confins » (Ex. 13 : 3-7). Le pain sans levain et la fête de la pâque étaient ainsi étroitement associés.

                        Le levain, un symbole de la corruption dans l'Ecriture

            Le chrétien reçoit l'exhortation suivante : « … notre pâque, Christ, a été sacrifiée : c'est pourquoi célébrons la fête, non avec du vieux levain, ni avec un levain de mal et de méchanceté, mais avec des pains sans levain de sincérité et de vérité » (1 Cor. 5 : 7-8). De même que les pains sans levain accompagnaient la fête de la Pâque, la sainteté va de pair avec celui qui garde le souvenir de la mort de Christ. Même si ce que nous saisissons de ses souffrances et de leur effet varie beaucoup d'un individu à un autre, personne ne peut vraiment célébrer la fête en gardant l'iniquité dans son cœur.
            Le vieux levain des péchés grossiers d'avant notre conversion, et le péché plus subtil de mal et de méchanceté qui s'insinue jusque dans l'âme d’un chrétien, doivent être radicalement ôtés du cœur, exactement comme les Juifs purifiaient leurs maisons de tout levain. Ils les fouillaient de haut en bas dans ce but, et de la même manière, spirituellement parlant, nous devons nous fouiller et nous examiner soigneusement, car « un peu de levain fait lever la pâte tout entière » (1 Cor. 5 : 6). Le mal est un principe actif dont l’effet corrupteur est permanent. Qu'il se trouve dans nos propres cœurs, ou dans nos relations mutuelles en tant que chrétiens, le mal, si on le laisse subsister, corrompra à coup sûr le corps tout entier. Un peu de pourriture dans une pomme gâtera bientôt le fruit tout entier, et ainsi le mal gagne les parties saines jusqu'à ce que le tout soit corrompu. La partie saine ne guérit pas la partie pourrie ; celle-ci doit être rejetée. Nous sommes exhortés à nous purifier du mal en le rejetant.
            Le levain, au sens propre, est facile à chercher, à trouver et à rejeter ; mais pour venir à bout de ce qu'il représente, il faut du discernement spirituel, un cœur honnête devant Dieu et un saint zèle qui se soucie avant tout de son grand Nom. Fouiller les placards et les recoins de la maison à la recherche du levain, ou se purifier extérieurement, est un travail à la portée de tous, mais rares sont ceux qui acceptent de s'examiner eux-mêmes et de fouiller leurs propres cœurs à la lumière de la Parole de Dieu.

                        Des pains sans levain de sincérité et de vérité 

            Ce qui accompagne la fête, c'est la sincérité et la vérité, et si nous veillons à ce qu'elles demeurent en nous, la manière de traiter le mal sera simplifiée. En outre, c'est en recherchant le bien qu'on est le mieux équipé pour faire face au mal. Une disposition mensongère dans le cœur de celui qui veut célébrer la fête du souvenir de la mort de Christ n'est pas autre chose que du levain. Chez une âme sincère, plus les motifs viennent à la lumière, plus leur pureté est mise en évidence. Nous ne pouvons revenir à l'innocence, mais nous pouvons parvenir à la sincérité devant Dieu et devant les hommes. La vérité n'est pas loin quand la sincérité est là. La vérité plonge ses racines au plus profond de l'âme humaine ; or la vérité et l'amour qu'on porte au Seigneur sont inséparables. Nous ne pouvons pas tromper Dieu, mais il arrive que nous nous trompions les uns les autres. Si la sincérité et la vérité nous font défaut, nous ne pourrons pas véritablement célébrer la fête du souvenir de la mort de Christ dans l'amour mutuel, pas plus qu'Israël ne pouvait célébrer la fête de la Pâque sans manger du pain sans levain prescrit par l'Eternel.
            Rappelons-nous aussi que notre fête doit être célébrée perpétuellement. Nous ne la célébrons pas seulement au moment où nous participons au mémorial de la mort de Christ, ni à l'heure où nous sommes peut-être occupés par quelque service religieux en public. La fête juive des pains sans levain durait sept jours, comme pour nous apprendre qu’une semaine toute entière de notre vie sur la terre doit être une célébration continuelle de la fête de notre pâque, avec sincérité et avec vérité.

                        Des gâteaux faits avec le « vieux blé du pays »

            A propos de l'observance de la Pâque à Guilgal, il est question de gâteaux sans levain faits avec le vieux blé du pays. C'était là une chose entièrement nouvelle dans l’histoire d’Israël, car jusqu'à ce que le peuple soit arrivé en Canaan, il n'avait pas pu goûter des fruits de la moisson. Or les fils d'Israël étaient entrés dans le Pays « au temps de la moisson » (Jos. 3 : 15), et l'Eternel leur avait alors donné, lors de la fête des pains sans levain, la nourriture du pays : des gâteaux cuits au four et du grain rôti.
            Le blé (ou « vieux blé ») du pays était le produit de Canaan, le fruit de la moisson mûrissante, pas nécessairement du vieux blé engrangé auparavant. Le lendemain du jour où la gerbe des prémices a été présentée à l'Eternel, cette nourriture est devenue celle d'Israël : « Quand vous serez entrés dans le pays que je vous donne et que vous en aurez fait la moisson… ». Ils n’avaient ni labouré ni semé cette moisson ; c’est une figure remarquable de nos bénédictions dans la résurrection.  « Vous ne mangerez ni pain, ni grain rôti, ni grain en épi, jusqu'à ce même jour, jusqu’à ce que vous ayez apporté l'offrande de votre Dieu » (Lév. 23 : 10-14). Les prémices devaient être tournoyées devant l'Eternel, avant que la moisson devienne la part du peuple, ce qui nous enseigne que la joie que nous retirons de notre moisson de bénédictions en Christ ressuscité devient une nourriture spirituelle pour nous au moment où Christ lui-même occupe la première place dans nos pensées. Christ d'abord, puis les fruits de la moisson pour notre nourriture. Si nos bénédictions occupent en premier lieu nos âmes, avant Christ, nous serons de plus en plus « occupés de nous-mêmes », ce qui entraîne un affaiblissement spirituel. Certains, à force de s'occuper de leurs bénédictions, vont jusqu'à négliger Christ, la source même de ces grâces.
            « Ce que tu sèmes n'est pas vivifié s'il ne meurt pas » (1 Cor. 15 : 36). Le vieux blé du pays mangé par Israël, nous parle de Christ ressuscité d'entre les morts, et de toute la moisson de bénédictions célestes en Lui ; elles sont notre part par grâce. Selon l'ordre des versets placés devant nous, nous voyons en type comment Dieu place Christ lui-même devant nos âmes et nous unit ensemble dans la mort et la résurrection de son Fils, de sorte que nos âmes en soient nourries. En premier lieu la Pâque ; puis, le jour suivant, la fête des pains sans levain ; et enfin, le troisième jour - lendemain du sabbat - la fête des prémices. Dans les « fêtes à l'Eternel », les premiers types qui nous sont présentés sont ceux du repos par le sang de l'Agneau, de la sainteté qui sied à la maison de Dieu (Ps. 93 : 5), et de la résurrection de Christ.

                        Sainteté et vérité inséparables de la communion avec Christ, nourriture de nos âmes

            Introduits maintenant par Dieu dans la plénitude de nos bénédictions en Christ – alors que nous sommes de l'autre côté du Jourdain, dans le Pays, un peuple affranchi par Dieu Lui appartenant en propre - qu'attendons-nous de l'avenir ? Christ lui-même, la nourriture de son peuple ; Christ lui-même, maintenant ressuscité d'entre les morts ! Efforçons-nous donc de l'avoir toujours devant notre âme, nourrissons-nous de Lui continuellement, souvenons-nous de Lui dans son amour qui l'a conduit à la Croix, avec l'assurance qu'Il est vivant pour l’éternité. N'oublions pas que le levain ne saurait être « mêlé » à Christ, nourriture des affections du croyant, et que la sainteté et la vérité sont inséparables de la communion avec Christ.
            Se nourrir de Christ est un acte personnel, que nul ne peut faire pour quelqu'un d'autre. On peut s’instruire mutuellement de Christ, mais chacun doit se nourrir de Lui personnellement. C’est dans la mesure où nous avons communion avec lui que notre âme se fortifie véritablement. C'est aussi dans la mesure où nous avons faim de la Personne de Christ que nous sommes rendus spirituellement forts pour Lui dans ce monde. Nous n'avons pas besoin d'une sagesse extraordinaire pour avoir le cœur occupé de Christ ! Les petits enfants, tout autant que les hommes de guerre en Israël, mangeaient tous du vieux blé du pays. Ce n'est pas la connaissance, mais l'amour, qui engendre une bonne santé spirituelle de l'âme.

 

D’après H. F. Witherby