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PSAUME 84
 

Le désir d'entrer dans les demeures de l'Eternel (v. 1-4)
Le chemin du fidèle (v. 5-8)
Le bonheur trouvé dans la présence de Dieu (v. 9-12)


            Ce psaume touche notre coeur parce qu'il est l'expression de la confiance d'un croyant qui est plein d'affection pour la Maison de Dieu.
 
            On peut envisager, selon l'enseignement de l'Ecriture, les croyants dans 3 positions :
               - en Egypte, c'est-à-dire en figure entouré du monde.
               - dans le désert, où ils ne trouvent rien pour leurs âmes ; pendant cette marche dans le désert, ils languissent dans l'attente du pays où la gloire sera partagée.
               - dans le pays de la promesse, jouissant déjà des fruits promis ; il y a de la joie pour le peuple et pour le coeur de Dieu, qui voit le bonheur des siens. Ils sont « assis dans les lieux célestes » et peuvent dès maintenant jouir de ces bénédictions-là.
 
            La structure du psaume 84 comprend 3 strophes, séparées par le mot « Sélah »
               - la première strophe (v. 1-4) annonce le contenu général de ce psaume : le désir du croyant de connaître la joie de la présence de Dieu.
               - La seconde strophe (v. 5-8) indique le chemin suivi pour arriver là où le coeur se trouve déjà.
               - La troisième strophe (v. 9-12) décrit ce que le coeur y trouve.
 
 
Le désir d'entrer dans les demeures de l'Eternel (v. 1-4)
 
            Le psaume commence par cette exclamation des fils de Coré : « Combien sont aimables tes demeures, ô Eternel des armées ! » Ceux qui s'expriment ainsi sont des descendants du fils de Jitsehar (Coré) qui, avec Dathan et Abiram, s'était révolté contre Moïse et Aaron, convoitant la sacrificature. Dieu était intervenu d'une façon très solennelle : la terre s'était ouverte et les avait engloutis vivants, eux et leurs familles et tout leur avoir (Nom. 16 : 1-35). Mais nous apprenons ensuite « que les fils de Coré ne moururent pas » (Nom. 26 : 11). En se nommant eux-mêmes « les fils de Coré », ils montrent qu'ils n'ont pas oublié la grâce de Dieu qui les a épargnés.
 
            Les fils de Coré avaient des services dans la maison de Dieu : celui de chantres (1 Chr. 6 : 33 et Ps. 42 ; 44 à 49 ; 84, 85, 87, 88) et celui de portiers (1 Chr. 9 : 19), c'est-à-dire qu'ils étaient des gardiens des seuils, pour empêcher l'entrée de tout mal dans la Maison de l'Eternel. Ils avaient compris que Dieu est saint et que « la sainteté sied à sa maison » (Ps. 93 : 5).
            Leur désir est d'entrer dans les « demeures » (ou tabernacle, voir note i dans le psaume 78 : 60) de l'Eternel. Cette Maison exerçait un attrait pour leurs affections et ils désirent s'en approcher le plus près possible. Ils « languissaient » ; la traduction allemande de ce mot évoque les sentiments du fiancé qui attend sa fiancée et auquel le temps semble long !
            Cependant les fils de Coré n'avaient pas le droit d'entrer dans le temple lui-même, ce qui était réservé aux sacrificateurs. Aujourd'hui, les croyants sont aussi tous des sacrificateurs et peuvent entrer dans la présence de Dieu, en vertu du sacrifice du Seigneur Jésus à la croix. Le voile a été déchiré, le lieu saint et le lieu très saint sont réunis en un. Ces Corites fidèles ne pouvaient alors que se tenir dans le parvis, d'où ils pouvaient seulement entrevoir l'intérieur du temple, quand le sacrificateur entrait dans le lieu saint pour y apporter le sacrifice du matin et du soir. Ils observaient tout ce qui se passait dans le parvis où se trouvait l'autel d'airain ; ils voyaient très souvent des Israélites apportant une bête en sacrifice ; ils remarquaient les gestes du sacrificateur. Lors du grand jour des propitiations (Lév. 16), une fois par an, ils voyaient le souverain sacrificateur entrer dans le lieu saint,  puis ressortir, vivant, à cause du sang posé sur le propitiatoire.
 
            Le psalmiste parle au v. 2 de son « coeur » (de l'être intérieur) et de sa « chair » (son corps) : Dieu prend soin de tout notre être, aussi bien de notre coeur que de notre corps.
Le passereau (v. 3) est un petit oiseau sans valeur, méprisé même (Matt. 10 : 29 : on vendait 2 passereaux pour 1 sou), et pourtant Dieu lui trouve une maison. L'hirondelle est inquiète, elle s'agite beaucoup jusqu'à ce qu'elle ait trouvé « un nid pour elle où elle a mis ses petits ». On peut en faire une application à nous-mêmes, êtres inquiets et sans valeur ; et pourtant nous trouvons repos et sécurité auprès du Seigneur, ainsi que nos enfants (« ses petits ») ! Cela n'a pas été le cas pour notre Seigneur qui a été seul, «  comme un passereau solitaire sur un toit » (Ps. 102 : 7), et « abandonné » sur la croix (Ps. 22. 1).
            « Tes autels » (v. 3) : c'est là que celui qui n'a aucune valeur en lui-même, trouve le repos. Ces fils de Coré voyaient, dans le parvis, l'autel d'airain où brûlaient les sacrifices mais ils apercevaient peut-être parfois aussi l'autel d'or qui était dans le lieu saint. Il y a une liaison ente ces 2 autels. L'autel d'airain nous parle du Seigneur qui s'est offert en sacrifice. Cet autel parle de sa mort avec tous ses résultats : la satisfaction pour Dieu et la propitiation pour nous. L'autel d'or parle de ses perfections dans sa vie et dans sa mort. Il s'est « livré … comme offrande et sacrifice à Dieu, en parfum de bonne odeur » (Eph. 5. 2). « Christ s'est offert lui-même à Dieu sans tache » (Héb. 9 : 14). Rappelons que dans les aromates qui entraient dans la composition de l'huile de l'onction, on trouve la myrrhe franche (découlante) - Ex. 30 : 23) qui représente les souffrances de Jésus, le seul qui ait pu satisfaire le coeur et la justice de Dieu. Tout cela doit attirer nos coeurs ; nous ne devrions pas passer un seul jour sans venir à ces 2 autels !
 
            Le verset 4 est la conclusion de cette première strophe : ceux qui « habitent » dans la maison sont heureux. Habiter un lieu, ce n'est pas être de passage ! La joie éprouvée dans ce lieu est permanente et le résultat c'est que la louange est continuelle : « ils te loueront sans cesse ! » !
            Le mot « Sélah » n'est pas une indication musicale ; c'est un appel à s'arrêter un instant, à méditer dans nos coeurs et nos consciences ce que nous venons de lire.
 
 
Le chemin du fidèle (v. 5-8)
 
            Il s'agit maintenant de marcher pour parvenir à la maison de Dieu. Celui qui s'y rend est déjà bienheureux car il trouve sa force en Dieu et dans la communion avec Lui.
            Prophétiquement, le peuple d'Israël devra passer par un chemin douloureux avant d'entrer dans cette gloire. En attendant la joie du règne de son Messie, il devra connaître beaucoup de souffrances, durant la grande tribulation.
            Pour le chrétien, qui n'a aucune force en lui, le Seigneur Jésus est la source de sa force ; l'expression « Bienheureux l'homme » (v. 5) est au singulier, car c'est une expérience personnelle : chacun reçoit de la force pour lui-même, je ne peux pas avoir de la force pour ma femme ou pour mon fils. Ensuite, la seconde expression « bienheureux … ceux dans le coeur desquels sont les chemins frayés » est au pluriel. Parmi de nombreux exemples dans la Parole, nous lisons dans le Cantique des cantiques (1. 4) : « Tire-moi (au singulier) et nous courrons après toi (au pluriel). Le premier membre de la phrase « tire-moi » est personnel ; le second est collectif : d'autres courront à sa suite. Si j'ai reçu de la force de la part de Dieu, d'autres suivront. Les « chemins frayés » sont des chemins ouverts ; au départ, il y avait des obstacles, mais Dieu les a enlevés. Dans la traduction allemande, il y a de plus l'idée d'un chemin qui va dans la bonne direction.
 
            La « vallée de Baca » (v. 6) est la vallée des pleurs où le croyant connaît les larmes. En général, la vallée symbolise le monde et pour la foi le monde est un lieu de pleurs. On a souvent cité ce passage à propos de circonstances difficiles. D'autre part, cette vallée de Baca est une vallée proche de Jérusalem, où poussent des arbres de Baca. De ces arbres sourd une résine qui coule en forme de larmes ; ainsi les larmes ne sont pas loin de Jérusalem (de la gloire). Cette vallée devient une fontaine, un lieu de bénédiction (Ezé. 3 : 22-23), si le croyant adopte une attitude de soumission et d'humilité. Si nous jugeons tout sentiment de révolte ou d'irritation, toute propre volonté, si tout ce qui vient du moi est mis de côté, il ne restera plus que la volonté de Dieu, une fontaine de la grâce où nous pourrons boire et trouver joie et rafraîchissement !
            La pluie d'automne, après les semailles, déjà favorable pour la germination, prépare la croissance qui survient au printemps. Durant les circonstances difficiles (l'automne, l'hiver), la foi entrevoit les bénédictions qui arriveront avec l'été. Par la foi, le croyant peut les attendre avec assurance. Notons la différence entre les conditions hydrométriques de l'Egypte (où l'irrigation doit être faite par l'homme) et Canaan (où Dieu pourvoyait aux besoins de son peuple par une abondance de pluie (Deut. 8 : 7 ; 11 : 10-12).
 
            Les Corites, qui marchent « de force en force » (v. 7) reçoivent chaque matin la force dont ils ont besoin, mais pour l'étape du jour seulement. Le lendemain, ils recevront à nouveau la force nécessaire. Le Seigneur ne donne pas une provision pour un mois à l'avance ! Nous devons rester dans sa dépendance et demander chaque jour la force dont nous avons besoin. Après avoir marché de la sorte, ils arrivent enfin en Sion ! Ce n'est plus Sinaï, la montagne de la loi, mais Sion, la montagne de la grâce (Héb.12 : 22). Pour le peuple d'Israël, ce sera pour plus tard : conduits par la grâce, ils entreront en Sion.
            « Ecoute ma prière » (v. 8) : elle s'adresse ici d'abord à l'Eternel des armées. Dieu prend ce nom quand le peuple s'est montré infidèle (Zach. 8) : Il va manifester sa puissance. Cette prière s'élève aussi vers le Dieu de Jacob, le Dieu qui a usé de miséricorde envers un homme qui n'avait plus aucun droit et qu'Il a pourtant ramené, s'occupant de lui comme un Berger (Gen. 48 : 15). C'est donc une prière à un Dieu puissant et miséricordieux : son contenu n'est pas mentionné. Mais, n'est-ce pas pour demander : « Oh ! Mon Dieu, que je sois l'un de ceux dont j'ai déjà parlé aux v. 5-6 » ? Ce sont ceux qui se confient en Dieu, trouvant en lui leur force ; ils sont pieux, ils se jugent eux-mêmes et goûtent leur joie là où Dieu lui-même la trouve.
 
 
Le bonheur trouvé dans la présence de Dieu (v. 9-12)
 
            La prière du v. 8 trouve son prolongement ici, au début de cette dernière strophe. Dieu est le « bouclier » de ceux qui lui appartiennent (Gen. 15 : 1), ils sont les compagnons de « son Oint ». L'épître aux Hébreux déclare que nous sommes devenus « les compagnons du Christ » (3 : 14). La sécurité est en lui ; Dieu nous voit à travers Lui.
            « Vois, ô Dieu ! Et regarde la face de ton oint » (v. 9) : c'est le cri de la foi, car nous savons que nous sommes acceptés à cause de tout ce que Christ a obtenu par son oeuvre à la croix. Aussi a-t-Il été « oint d'une huile de joie au dessus de ses compagnons » (Héb.1 : 4).
 
            Il y a des choses incomparables ; ainsi un seul jour dans les parvis de la maison de l'Eternel vaut mieux que mille loin de lui ! (v. 10). Se tenir sur le seuil dans la maison de Dieu, c'est rester debout, attentif et responsable, mais dans la présence de Dieu ! Et c'est bien meilleur que de demeurer (habitation stable et permanente) avec les méchants. Les « tentes de la méchanceté » rappellent les conditions de vie de la famille de Caïn qui a toujours cherché le confort terrestre, une vie agréable, mais sans Dieu ! (Gen. 4 : 17-24).
            Ces fils de Coré parlent du seuil parce que c'était précisément l'endroit où ils servaient : ils étaient les gardiens des seuils, des portiers. A l'inverse de leur ancêtre Coré, ils étaient satisfaits de leur service, parce qu'il leur avait été donné par Dieu. Soyons satisfaits du service que Dieu nous confie ! Le Seigneur peut nous appeler à un autre service, mais ne le cherchons pas nous-mêmes.
 
            Dieu est un soleil (v. 11). On peut envisager le soleil sous deux caractères :
               - un soleil ardent qui brûle (Ps. 121 : 6), image des douleurs que connaîtront les impies.
               - le « soleil de justice » (Mal. 4 : 2) : « la guérison sera dans ses ailes » (la justice est une lumière bienfaisante pour le fidèle).
            Le bouclier est synonyme de sécurité devant les assauts de l'ennemi. Le « bouclier de la foi » fait partie de l'armure complète de Dieu (Eph. 6 : 16).
 
            « L'Eternel donnera la grâce et la gloire » (v. 11). Cette annonce prophétique englobe tout ce que Dieu s'est proposé en Christ. La gloire sera notre part uniquement parce qu'il y a eu d'abord la grâce ! L'apôtre Pierre déclare : « Le Dieu de toute grâce … vous a appelés à sa gloire éternelle dans le Christ Jésus » (1 Pier. 5 : 10). Il n'y aura plus de corruption alors ; la faiblesse et les souffrances auront pris fin!
 
            Il y a des récompenses promises pour ceux qui sont intègres, c'est-à-dire ceux qui sont vrais et sincères devant Dieu (Ps. 51 : 6). N'est-ce pas une chose que nous avons à demander à Dieu chaque jour : ne pas chercher à paraître plus grands que nous ne sommes ?
 
            Celui qui se confie en Dieu est bienheureux (v. 12). Où est notre confiance ? Qui nous conduira à Sion ? Qui nous amènera à la gloire ? Qui prend soin de son épouse, la nourrit et la chérit ? (Eph. 5 : 29). En qui pourrions-nous avoir plus confiance ?

                                                                                               Rr. B. 20.07.06