Le livre de Josué et les bénédictions en Christ (1)

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LE LIVRE DE JOSUE (1)
ou l'ombre de la plénitude des bénédictions à venir en Christ


Remarques préliminaires
Le conducteur
Exhortation à se lever et à posséder
Trois appels à se fortifier

 

Remarques préliminaires

            Le livre de Josué se compose de deux parties. La première (chap. 1 à 12) raconte la conquête du pays, la seconde (chap. 13 à 24) sa distribution, par lots, entre les tribus.

            La première partie peut elle-même se diviser en deux sections : l'une dont le point de départ est l'entrée dans Canaan et à l'aboutissement la victoire d'Israël à Jéricho (chap. 1 à 6) ; l'autre qui commence avec le péché d'Israël et sa défaite devant Aï, et se termine par l'énumération des rois vaincus (ch. 7 à 12).
            Depuis l'entrée dans Canaan jusqu'à la chute de Jéricho - qui est un type certain de l'anéantissement du mal organisé dans ce monde - tout s'est passé pour Israël selon la puissance de Dieu ; les desseins divins ont été exécutés de façon continue par la nation, et, si nous fermions le livre de Josué après la chute de cette ville, nous n'aurions devant nous qu'un type admirable des voies de Dieu pour introduire son royaume à venir.
            De la chute de Jéricho jusqu'à l'énumération des rois vaincus (fin du ch. 12), nous avons un aperçu des voies de Dieu, et aussi des manquements de son peuple.
            Dans la deuxième moitié de la première partie du livre (ch. 8 : 30-35) se trouve la scène grandiose de l'assemblée de tout Israël à la montagne d'Ebal et à celle de Garizim où la nation, établie par la puissance de la parole de l'Eternel en tant que son peuple dans le pays de la promesse, se place solennellement sous l'autorité de cette Parole. D'une manière un peu semblable à celle dont la victoire de Jéricho s'était transformée en défaite à Aï, Israël, de fort qu'il était, tombe dans la faiblesse. Au lieu d'obéir aux commandements de Dieu, ils écoutèrent les flatteurs (ch. 9) et firent alliance avec leurs ennemis, prélude certain de la ruine !
            Le reste de cette première partie du livre est consacré à la coalition des puissances de Canaan et à la conquête d’Israël, et se termine par le dénombrement des victoires.          

            La seconde partie (ch. 13 à 24) commence par les paroles d'avertissement de l'Eternel : « Il reste un très grand pays à posséder ». La faiblesse et l'apathie générales du peuple y sont décrites, bien qu'il soit fait mention de brillantes exceptions à l’état spirituel dominant. Le pays se repose de la guerre, et le culte de l'Eternel à la tente d’assignation à Silo, ainsi que ses lois de justice dans les villes de refuge, sont établis. Ainsi, les circonstances s'annoncent favorables pour Israël sur qui repose la responsabilité de gagner ce qu'ils n'avaient pas encore soumis, en même temps que de maintenir ce qu'ils avaient déjà gagné. Avec quels résultats ? C'est ce que révèle leur histoire ultérieure !
            Le livre se termine sur les recommandations de Josué, et ses exhortations au peuple à ne pas traiter alliance avec les païens, ainsi que par la parole de l'Eternel qui leur rappelle ses voies de miséricorde. Enfin, Josué les adjure d'abandonner leurs idoles.
            Les dernières lignes du livre relatent la mort de Josué, et font allusion aux résultats de la foi de Joseph.
            La première partie du livre de Josué, dans son ensemble, est fortement marquée du sceau de l'énergie divine. Il s'agit, en général de la force qui se trouve en l'Eternel et de l'efficacité de sa puissance. La seconde, au contraire, offre dans l'ensemble un tableau de l'inaction. Or l'inaction, en face de l'ennemi, c'est l'échec assuré !

            L'inaction, faisant suite au zèle, c'est en quelques mots l’histoire de toutes les époques au cours desquelles la responsabilité de maintenir une position divine a été confiée au peuple de Dieu. Et ne peut-on pas ajouter que l'inaction faisant suite au zèle résume bien aussi l'histoire des divers « mouvements religieux » qui se sont produits au sein de la chrétienté - ces retours à la vérité et à Christ, opérés par l'Esprit de Dieu, auxquels on a si fréquemment assisté depuis la Pentecôte ?
            Ces mouvements sont d'abord caractérisés par la foi en Dieu et les conséquences de cette foi : énergie spirituelle, zèle, abnégation, esprit de victoire. Puis, le temps passant, le mouvement parvenu à sa maturité s'affaiblit : on s'installe dans les privilèges acquis, dans l'indolence spirituelle, dans la dépendance de conducteurs plutôt que dans celle de Dieu Lui-même. Après la maturité, c'est le déclin de ce qui fut à l'origine un mouvement pour Dieu. On adhère aux traditions d'anciens, au lieu d'obéir à sa Parole. On s'attache à quelque credo particulier plutôt qu'à Dieu Lui-même. L'esprit du soldat qui combat pour la vérité de Dieu sur la terre est perdu. L'âme abandonne ses relations intimes avec Dieu, et la mondanité s'ensuit. Alors, tel Israël qui s'était mêlé aux nations qui l'entouraient, de même l'arrière-garde de ce qui fut jadis un mouvement divin n'est plus qu'une troupe bâtarde, bientôt absorbée par le monde.
            Aux derniers stades d'une telle histoire, c'est le règne de l'indifférence et d'un esprit de confiance en soi. Comme on ne dépend plus de Dieu, et que l'Ecriture a cessé d'être la règle unique, les directives de l'Esprit de Dieu sont négligées et l'on est rempli d'un sentiment humain de suffisance. Les souvenirs du passé se substituent à l'énergie vivante du présent, et le confort douillet des habitudes religieuses aux luttes qui caractérisent un bon état spirituel. Du relâchement à la prétention, il n'y a qu'un pas pour l'âme. La tiédeur pour les choses que Dieu aime trouver dans les siens, et l'affirmation selon laquelle nous n'avons « besoin de rien » (Apoc. 3 : 16-17) sont le double signe d'un esprit décadent.
            Pour se relever de ce bas état, il faut passer par la discipline sous la main de Dieu, discipline souvent sévère, toujours solennelle. Combien les douleurs d'Israël, rapportées dans le livre des Juges, illustrent bien cette vérité ! Et il ne faut pas oublier que ces douleurs ne furent que la moisson de ce qui avait été semé, comme nous le voyons dans la deuxième partie du livre de Josué. Dieu ne permet pas que l'enflure, la vantardise, tout le faux état de prétention qu'engendre l'orgueil, continuent à sévir parmi son peuple. Sa main sévère en gouvernement, qui inflige la souffrance, amène les siens, par sa grâce, à se juger eux-mêmes, à s'humilier et, comme il s'ensuit immanquablement, à prier. Alors seulement, quand on a sincèrement mené deuil sur ses péchés et la honte qu'ils nous inspirent, qu'on les a confessés et véritablement abandonnés, Dieu revient aussitôt au secours des siens, réveille leurs cœurs, ranime leurs forces et renouvelle leurs victoires. Car Dieu est Dieu, et Il ne change pas.

            Les salutaires instructions du livre de Josué, son action énergique et ses avertissements solennels, conviennent tout particulièrement à notre époque. D'une part, il y a beaucoup de chrétiens tout juste en train d'apprendre de Dieu ce qu'est vraiment le christianisme. Ceux-là viennent en première ligne, comme de bons soldats de Jésus Christ. Ils se trouvent, pratiquement parlant, dans l'état d'esprit des premiers chapitres du livre. Si la contemplation des personnages et des exemples du livre de Josué tels qu'ils sont exposés dans ces pages doit stimuler leur zèle, augmenter leur courage, ou aider dans leurs âmes de tels croyants, à Dieu soit la gloire !
            D'autre part, il y a des chrétiens qui ont appris beaucoup de choses sur le christianisme mais qui « dorment parmi les morts » selon les avertissements de Paul aux Ephésiens dans son épître. Pratiquement, ces chrétiens sont dans l'état de relâchement décrit dans la deuxième moitié du livre de Josué. Ils n'ont pas fermement « ceint leurs reins de la vérité », le « bouclier de la foi » ne les couvre pas entièrement, « l'épée de l'Esprit » ? si toutefois ils en sont armés - est portée par des bras défaillants. Ils vivent dans l'apathie spirituelle. Leur existence pour Dieu sur cette terre n'est qu'un échec continu. Pour de tels chrétiens, les avertissements de la deuxième partie du livre de Josué prennent un sens particulier : on dirait qu'ils crient à chacun d'eux : « Repens-toi, et fais les premières œuvres » (Apoc. 2 : 5), et « Réveille-toi, toi qui dors, et relève-toi d'entre les morts, et le Christ luira sur toi » (Eph. 5 : 14).

 

Le conducteur

            « Et il arriva, après la mort de Moïse, serviteur de l'Eternel, que l'Eternel parla à Josué, fils de Nun, qui servait Moïse, disant : Moïse, mon serviteur, est mort... » (Jos. 1 : 1).

            C'est par ces paroles de Jéhovah à Josué, « Moïse, mon serviteur, est mort ; et maintenant, lève-toi », que commence le livre qui est devant nous.
            Moïse  - celui qui a été « tiré des eaux » -, serviteur de l'Eternel désigné par Lui pour faire sortir son peuple d'Egypte, avait quitté cette scène. L'Eternel l'avait enterré et avait caché le lieu de son sépulcre (Deut. 34 : 6).
            Josué, appelé d'abord Osée (Hoshéa, délivrance), puis Josué (Jehoshua, l'Eternel est sauveur), avait pris sa place.
            Moïse faisant sortir Israël du pays d'Egypte est un type du Seigneur Jésus tirant les siens hors de ce monde qui tombe sous le coup du jugement. Moïse, le médiateur, et Aaron, le grand sacrificateur, sont des types du Seigneur Jésus conduisant les siens à travers le désert de ce monde. Josué, introduisant Israël dans le pays de Canaan, est un type de Christ ressuscité d'entre les morts, faisant entrer les siens en esprit dans le pays de la gloire, et en conflit avec l'ennemi dans les lieux célestes.
            Une nouvelle période avait commencé dans l'histoire d'Israël à la mort de Moïse. Etant donné que l'Eternel avait un conducteur prêt à introduire et à établir son peuple dans le pays qu'Il leur avait promis, le chemin de la bénédiction pour Israël passait par la soumission à ce chef divinement choisi. Par lui, ils apprendraient ce que signifiait pour eux « l'Eternel est sauveur ».
            Celui qui avait donné la Loi les avait amenés jusqu'à l'extrémité du désert, à la frontière même de la terre promise ; mais, selon les conseils de Dieu, celui qui avait donné cette loi ne pouvait rien faire de plus. Nous ne faisons ici aucunement allusion à la précipitation avec laquelle Moïse avait parlé, ni à sa désobéissance à la parole de l'Eternel au moment où il avait frappé le rocher – car bien qu'il fût le plus doux des hommes, Moïse ne réussit à conserver lui-même le caractère « humble et débonnaire » de notre Seigneur dont il est pourtant un type de tant de manières. Nul n'est parfait si ce n'est le Seigneur Jésus au sujet duquel Moïse, l'homme de Dieu, a écrit. Nous considérons ici Moïse dans son caractère officiel de donateur de la Loi. Il était impossible, à cause de la nature même des voies de Dieu envers les hommes, et à cause de ce qu'est la Loi en elle-même, que le représentant de cette Loi introduisît le peuple de Dieu dans le pays de la promesse.
            Ce fait est d'une justesse morale à ne pas négliger. Notre méditation sur le livre de Josué doit commencer là où Dieu donne ses premières instructions : « Après la mort de Moïse ». Il ne serait pas en accord avec les voies de Dieu que la loi donnée par Moïse pût introduire une seule âme dans les bénédictions spirituelles, en association avec Christ, là où Il est maintenant, c'est-à-dire au ciel. Nous lisons dans l'épître aux Galates qu’aucun chrétien, selon les conseils de Dieu, ne peut être véritablement sous la Loi. Ceux parmi le peuple de Dieu qui sont sous la Loi « en esprit » ne connaissent pas le chemin de bénédiction qui consiste à suivre notre Josué, c'est-à-dire Christ ressuscité d'entre les morts. De tels chrétiens n’ont pas saisi dans leurs âmes ce que signifie réellement : « l'Eternel est sauveur ».
            « La faiblesse et l'inutilité » (Héb. 7 : 18) des principes de la Loi sont mises en évidence quand la puissance de Dieu en grâce se déploie devant nous. La Loi dit en effet : « Fais cela, et tu vivras » (Luc 10 : 28). Elle exige l'obéissance humaine comme condition pour obtenir la vie ; mais l'évangile de Dieu apporte la vie par le moyen de la justice divine. L’œuvre de Christ, qui est mort pour nous, a déjà été manifestée dans tout son éclat.
            La Loi fait appel à l'homme, à un homme en relation avec Dieu, certes, mais néanmoins à un homme comme personnellement responsable de faire le bien. La grâce, au contraire descend de Dieu, dans sa miséricorde, jusqu'à l'homme tel qu'il est dans son état de péché (Rom. 5 : 8). La Loi ordonne à l'homme de faire ce qu'il ne pourra jamais faire, tant qu'il demeure dans son état d'impuissance ! La grâce de Dieu répand sur l'homme encore impuissant une vie nouvelle dans le Christ Jésus. La Loi commande à l'homme de se saisir de la bénédiction par ses propres efforts, tandis que la grâce apporte cette bénédiction à l'homme là où il se trouve. C'est pourquoi la vertu de ces mots, « Moïse, mon serviteur est mort » (signifiant que les bénédictions spirituelles s'obtiennent toutes par grâce), doit être toujours devant notre cœur si nous voulons nous lever et suivre notre Conducteur – Jésus, le Seigneur ressuscité d'entre les morts – et nous approprier ainsi les bénédictions de Canaan. Tout ce que l'homme est en lui-même, et qui vient de sa propre force, doit être oublié quand on arrive en vue des lieux célestes. Christ est dans le ciel, ressuscité d'entre les morts. Il est véritablement pour nous « le Dieu Sauveur ».
            Arrêtons-nous ici pour nous demander où nous en sommes en matière de foi. Que saisit notre foi au sujet de notre position telle que Dieu la voit ? Nul ne peut avoir la foi pour quelqu'un d'autre. C'est donc là une question qui nous scrute en profondeur. L'Ecriture dit que Dieu « nous a fait asseoir ensemble dans les lieux célestes dans le Christ Jésus » (Eph. 2 : 6). Nous devons rechercher la grâce de nous voir, par la foi, « comme » Dieu nous voit, et « où » Il nous voit, véritablement en Christ. Ce n'est pas « dans la chair » que Dieu voit les siens (Rom. 8 : 9), ni comme étant  « sous la Loi » (Rom. 6 : 14), mais en Christ.
            Rien ne stimule autant l'esprit que de croire en ce que Dieu fait. Comment vais-je m'approprier cette bénédiction ? Voilà une question que se posent souvent de chers enfants de Dieu. La réponse, c'est : Entrez dans la vérité de Dieu concernant cette bénédiction. Quand, par grâce, un homme croit la parole de Dieu concernant la mort de Christ pour les pécheurs, il est à l'abri du jugement qui va frapper ce monde ; il est délivré de la colère à venir. En Christ ressuscité d’entre les morts, il n'a rien à craindre des attaques de l'Ennemi – Satan. En outre, il est assis dans les lieux célestes en Christ, revêtu par Dieu le Père de la beauté morale du Bien-aimé. Nous parlons ici des vérités elles-mêmes, non pas de l'intelligence que nous en avons ! Nous comprenons ce que d'abord nous croyons. Ce n'est pas l'intelligence qui permet d'accéder à la foi, mais la foi qui est le fondement de l'intelligence spirituelle.
            Une connaissance expérimentale de la vérité n'est pas, grâce à Dieu, la vérité elle-même ! Et c'est la vérité de Dieu, non pas l'intelligence que nous en avons, qui est notre confiance. C'est donc lorsque nos âmes entrent, par la puissance du Saint Esprit, dans les vérités de Dieu concernant nos bénédictions, que nous commençons à faire véritablement l'expérience de ces bénédictions recherchées. Le but est atteint après que nous avons cru. La foi est le moyen, non pas la fin.
            Le peuple d'Israël, lorsque l'ordre de « se lever » fut donné à son conducteur, était très loin de l'Egypte, sur la frontière même de Canaan. Ils avaient parcouru le désert aride et désolé pendant de longues et pénibles années. Ils avaient appris par l'expérience beaucoup de dures leçons sur leur propre folie et leur péché, mais aussi des leçons bénies sur le caractère immuable de leur Dieu, et sur sa bonté qui demeure à toujours. Désormais ils allaient apprendre à connaître Dieu d'une nouvelle manière et dans de nouvelles circonstances ; ce serait le même Dieu, mais découvert autrement, et, par conséquent, dans une relation nouvelle, révélée depuis peu. Ils allaient apprendre à connaître Dieu comme Celui qui avait accompli la bonne parole dite aux pères, et introduit son peuple Israël dans les privilèges et les responsabilités inhérents à cette faveur.
            Ils avaient été « conduits comme un troupeau dans le désert » (Ps. 78 : 52-53), et maintenant ils allaient être les soldats de l'Eternel, amenés à combattre ses combats. Les vertus qui caractérisent le soldat (obéissance, énergie, endurance) allaient désormais être recherchées en Israël. Lorsqu'ils seraient entrés dans le pays de la promesse et de la bénédiction - qui était pour eux ce que sont les « lieux célestes » pour le chrétien, c'est-à-dire un champ de bataille -, leur obéissance, leur énergie et leur endurance seraient mises à l'épreuve.
            Aujourd'hui, le chrétien n'est pas conduit seulement avec tendresse par son Dieu à travers le désert de ce monde, il est aussi appelé, comme le furent les fils d'Israël, à lutter. En méditant sur ce livre qui est devant nous, nous découvrons de quelle façon remarquable ses enseignements s'appliquent à notre époque ; et nous apprenons, dans une certaine mesure, jusqu'à quel point nous sommes vraiment pénétrés dans nos âmes par la pensée d'être nous aussi des soldats, sous la conduite de notre Seigneur ressuscité.
 

Exhortation à se lever et à posséder

            « Moïse, mon serviteur, est mort ; et maintenant, lève-toi, passe ce Jourdain, toi et tout ce peuple, pour entrer dans le pays que je leur donne à eux, les fils d'Israël. Tout lieu que foulera la plante de votre pied, je vous l'ai donné, comme j'ai dit à Moïse. Vos frontières seront depuis le désert et ce Liban jusqu'au grand fleuve, le fleuve Euphrate, tout le pays des Héthiens, et jusqu'à la grande mer, vers le soleil couchant. Personne ne tiendra devant toi, tous les jours de ta vie ; comme j'ai été avec Moïse, ainsi je serai avec toi : je ne te laisserai point et je ne t'abandonnerai point » (Jos. 1 : 2-5).

            Dieu avait donné à Israël un conducteur pour l'introduire dans l'héritage qui lui était promis, et, avant que le peuple ne s'engage dans le combat, Il lui enseigne quelques principes bien définis, propres à lui assurer le succès. Ils forment l'exhortation sur laquelle s'ouvre ce livre.
            En nous penchant sur les exhortations divines données aux chrétiens, nous apprenons que nous devons vivre, et marcher, en nous appuyant sur la puissance que nous possédons. Dieu ne demande pas à des pécheurs, morts dans leurs péchés, de marcher dans ses voies ; mais, parce qu'Il nous a donné la vie en Christ, Il nous ordonne de marcher maintenant comme Christ lui-même a marché. Dieu n'exige pas du pécheur, frappé de paralysie spirituelle, de faire une seule œuvre de justice. Mais, nous ayant donné, alors que nous étions dans cet état, la force en Christ, Il nous exhorte à travailler à notre propre salut avec crainte et tremblement : car c'est Dieu qui opère en nous « et le vouloir et le faire, selon son bon plaisir » (Phil. 2 : 12-13). Dieu rend les siens capables de « faire », et Il leur donne le désir d'accomplir.

                        Un pays donné à Israël

            Cette exhortation, sur laquelle s'ouvre le livre de Josué, est basée sur le fait que le pays appartenait à Israël en vertu d'une promesse divine. C'est pour cette raison que Dieu lui donna l'ordre de se lever pour prendre possession du pays. Les beautés de la plaine de Jéricho, célèbre pour ses fleurs innombrables, la richesse des champs de blé, des oliveraies et des vignobles de Canaan, ainsi que de ses montagnes dont ils « tailleraient l'airain » (Deut. 8 : 9), toutes ces choses se déployaient sous les yeux des fils d'Israël. Les ruisseaux d'eau, les « eaux profondes, qui sourdent dans les vallées et dans les montagnes » (Deut. 8 : 7), étaient là devant eux. Il suffisait d'une chose pour qu'ils puissent jouir de leur portion : ils devaient se lever et posséder !
            Levons-nous aussi, croyants, et entrons dans les bénédictions dont Dieu nous a bénis en Christ. Toutes choses sont à nous ; levons-nous, et entrons !
            De l'autre côté du fleuve, le pays qui s'étendait sous les yeux des fils d'Israël était la preuve même de la fidélité de Dieu à ses promesses. Quel spectacle émouvant pour leurs cœurs ! Devant eux s'étalait leur patrie, avec ses richesses et ses délices, le don de leur Dieu, celui qui les avait fait sortir d'Egypte.
            Que dira donc le chrétien, qui peut contempler, même si ce n'est qu’imparfaitement, ses bénédictions spirituelles ? Il s’assiéra, méditant sur ces paroles : « Béni soit le Dieu et Père de notre Seigneur Jésus Christ, qui nous a bénis de toute bénédiction spirituelle dans les lieux célestes en Christ » (Eph. 1 : 3). Et tandis qu'il médite, reconnaissant ces bénédictions comme siennes, son cœur se remplit d'un nouveau zèle. Il poursuit sa lecture, et c'est avec ferveur qu'il répond « Amen » à cette prière inspirée : « afin que le Dieu de notre Seigneur Jésus Christ, le Père de gloire, vous donne l'esprit de sagesse et de révélation dans sa connaissance, les yeux de votre cœur étant éclairés, pour que vous sachiez... » (v. 17-18). 
            Dieu nous attire à lui en déployant devant nous ce qui nous appartient en Christ : « Lève-toi ! »
            C'était le temps de la moisson - celui d'une extrême abondance. Les fils d'Israël purent alors contempler leur héritage. Mais les flots impétueux du Jourdain - « celui qui descend » - leur en interdisaient l'accès. « Le Jourdain regorge par-dessus tous ses bords, tout le temps de la moisson » (3 : 15). Le fleuve était rapide, large et profond. Que fallait-il donc faire ? Obéir à la parole du Dieu vivant, aller de l'avant, et Le laisser venir à bout des difficultés. Chacun de nous a ses propres difficultés dans le chemin qui mène à la pleine bénédiction de son âme. - Impossible de me consacrer vraiment à Christ avant la mort de cette vieille parente, nous disait une personne, car en agissant ainsi, je lui briserais le cœur !  - Si je me décidais pour Christ, nous confiait une autre en larmes, mes amis ne me laisseraient plus aucun repos ! - A toutes ces objections, nous répondrons: Lève-toi, va de l'avant, crois Dieu et abandonne-Lui ton problème. 
            « Tout lieu que foulera la plante de votre pied, je vous l'ai donné » (1 : 3). Voilà une parole d'une grande portée pratique ; en effet, contempler les champs de blé n'était pas s'en nourrir, pas plus qu'admirer les montagnes n'était en exploiter les richesses. La seule condition que l'Eternel imposait à son peuple pour posséder réellement le pays, c'était qu'il y entrât de fait, et qu'il foulât littéralement de son pied le pays que Dieu lui avait donné.
            Aucune aptitude à formuler des doctrines ou des ordonnances, aucun don pour discerner ce qu'enseigne telle épître ou ce que dit tel prophète, n'est en soi, en pratique, une prise de possession spirituelle. L’œil guide le pied, et plus le pied avance sur le chemin, plus l’œil découvre de choses. Il contemple bientôt de vastes étendues dont le pied ne foule qu'une très petite partie ; et ce n'est que cette petite partie de la vérité de Dieu, où nous avons difficilement « marché », que nous nous sommes véritablement appropriée.

                        Tout nous appartient en Christ

            Les bénédictions qui sont vraiment devenues nôtres, par le discernement spirituel, sont celles que nous avons acquises en nous laissant enseigner par l'Esprit ! Une véritable prise de possession est la part de ceux qui, par un combat personnel, pas à pas, ont conquis le terrain. « Tout lieu que foulera la plante de votre pied, je vous l'ai donné ». Sommes-nous prêts à reconnaître que l'espace que j’ai foulé de la plante de mon pied, est réduit, et limité celui que j'ai vraiment conquis ? Dieu est pour nous. Fortifions-nous et soyons fermes. Remportons la victoire avec la force que Dieu donne. Apprenons de Lui directement. Fuyons cette connaissance de « seconde main » qui n'est d'aucun secours aux jours difficiles, et ne procure pas de force à l'heure du combat. Dans l'Eglise de Dieu, ceux qui « possèdent » pour avoir vraiment « foulé de leur pied » sont relativement rares. Nombreux sont les « géographes » qui savent énoncer les diverses doctrines bibliques, mais rares sont les « voyageurs » capables de décrire telle ou telle bénédiction pour en avoir personnellement découvert le côté précieux !

            Dans les plans de Dieu, l'héritage d'Israël était immense : « Vos frontières seront depuis le désert et ce Liban jusqu'au grand fleuve, le fleuve Euphrate, tout le pays des Héthiens, et jusqu'à la grande mer, vers le soleil couchant » (1 : 4). Or, sauf durant un temps très court (1 Rois 4 : 21), Israël n'atteignit jamais ces limites, et le jour est encore à venir où il entrera définitivement dans son héritage. La portion du chrétien en Christ est incommensurable, mais c'est dès aujourd'hui qu'il en a la possession, car Dieu, « qui nous a bénis de toute bénédiction spirituelle dans les lieux célestes en Christ » (Eph. 1 : 3), « nous a fait asseoir ensemble dans les lieux célestes dans le Christ Jésus » (Eph. 2 : 6). Mais que signifie ce mot « toute » ? Le croyant le mieux enseigné l'apprend simplement en avançant, jour après jour, dans la vérité de Dieu. Plus il découvre ce que sont ces bénédictions et moins il lui semble être en mesure de les comprendre, car les dons de Dieu sont, comme lui-même, infinis !
            Il faut quelque chose de plus que cette simple connaissance du fait que Dieu nous a donné toute bénédiction spirituelle dans les lieux célestes en Christ, pour stimuler véritablement le zèle du chrétien. Une communion personnelle avec Christ, quant à la vérité de ces bénédictions célestes, est indispensable. L'Eternel dit à Josué : « Je serai avec toi : je ne te laisserai point et je ne t'abandonnerai point » (1 : 5), et le Seigneur Jésus dit, en fait, la même chose à chaque croyant : il ne permettra pas que nous perdions courage, Il ne manquera pas de nous soutenir de son bras. Nous avons donc la promesse et l'assurance de sa présence fidèle, de sa grâce et de sa force infaillibles, ainsi que la certitude qu'Il ne nous abandonnera jamais.

 

Trois appels à se fortifier

            « Fortifie-toi et sois ferme, car toi, tu feras hériter à ce peuple le pays que j'ai juré à leurs pères de leur donner. Seulement fortifie-toi et sois très ferme, pour prendre garde à faire selon toute la loi que Moïse, mon serviteur, t'a commandée ; ne t'en écarte ni à droite ni à gauche, afin que tu prospères partout où tu iras. Que ce livre de la loi ne s'éloigne pas de ta bouche, et médite-le jour et nuit, afin que tu prennes garde à faire selon tout ce qui y est écrit ; car alors tu feras réussir tes voies, et alors tu prospéreras. Ne t'ai-je pas commandé : Fortifie-toi et sois ferme ? Ne te laisse point terrifier, et ne sois point effrayé ; car l'Eternel, ton Dieu, est avec toi partout où tu iras » (Jos. 1 : 6-9)

            Dans l'exhortation placée devant nous, Josué est appelé, par trois fois, à se fortifier et à être ferme : la première fois, parce que l'héritage est celui du peuple de Dieu ; la seconde, parce que c'est dans l'obéissance à la Parole que se trouve l'assurance du succès ; la troisième, parce que l'Eternel lui-même est avec son peuple.

                        Les promesses de Dieu sont assurées

            En ce qui concerne la première injonction, Christ étant ressuscité d'entre les morts et assis au-dessus de toute principauté à la droite de Dieu dans les lieux célestes, les siens voient en lui leurs bénédictions assurées. Rien ne stimule autant le courage du chrétien que cette certitude. L'Eternel avait juré aux pères de donner le pays aux fils d'Israël. La connaissance que le peuple Israël avait des desseins de Dieu, et la confiance qu'il pouvait placer en eux, étaient le secret de son énergie. De même, Dieu, dans son dessein de grâce, est la source de notre force et de notre courage pour aller de l'avant. La gloire sera notre part, car « celui qui nous a formés pour cela même, c'est Dieu... Nous avons donc toujours confiance » (2 Cor. 5 : 5-6). L'ennemi sera vaincu : « Si Dieu est pour nous, qui sera contre nous ? » (Rom. 8 : 31). Le « moi » est réduit au silence quand la foi considère les pensées de Dieu, et c'est là le secret de la force ! Christ est ressuscité des morts. Il est dans le ciel, et en lui sont toutes nos bénédictions. C'est pourquoi, ami chrétien, marchons dans cette force et entrons véritablement dans notre héritage. « Tenez ferme dans la foi ; comportez-vous en hommes, fortifiez-vous » (1 Cor. 16 : 13).

                        La bénédiction promise à ceux qui obéissent à la Parole de Dieu

            Dans le second appel à être ferme, nous retrouvons les pensées de Dieu telles qu'elles sont exprimées dans sa Parole, nous enjoignant de Lui obéir. La Parole écrite nous dévoile sa pensée. On y trouve la révélation de ses plans de grâce à l'égard de son peuple. Il y a enregistré ce qu'Il déclare nous appartenir par grâce. Obéir à cette Parole est un commandement de Dieu. En croyant, lorsqu’Il déclare combien Il nous a bénis, nous nous emparons pratiquement de ces bénédictions. Le courage qui découle de la foi en la Parole de Dieu donne au soldat chrétien force et fermeté. Il persévère dans le chemin de l'obéissance parce qu'il croit ce que dit l'Ecriture.
            La bénédiction découle pratiquement de l'obéissance à la Parole de Dieu - à cette Parole tout entière. Nous croyons d'abord que ce que Dieu déclare être nôtre en Christ l'est réellement. Puis nous nous emparons par la foi de ces bénédictions. Nous ne pouvons aller de l'avant que dans la mesure où nous connaissons sa Parole et lui obéissons. Pour le faire, nous avons besoin d'être non seulement « fermes » mais « très fermes ». En effet Satan déploiera toutes ses forces contre nous dès le premier pas dans le chemin de l'obéissance à Dieu !
            Force et fermeté, pour « prendre garde à faire » selon toute la Parole, sont d'une importance vitale. Les « géants » qui mettent le peuple de Dieu en déroute ne sont pas les ennemis affrontés en chemin. Ceux-ci ne sont rien devant Dieu. Les géants par lesquels nous sommes vaincus sont notre propre incrédulité et notre désobéissance.
            Nous sommes appelés à obéir à la Parole de Dieu tout entière - « toute la loi » - et non pas telle portion que nous chérissons particulièrement. Quand le croyant s'attache à certaines parties de la vérité qu'il préfère, il n'est ni fort ni « très ferme » pour obéir à « toute » la Parole de Dieu. Certains croyants sont allés jusqu'à sélectionner certaines portions de la Parole de Dieu qui convenaient le mieux à leurs propres pensées, se constituant ainsi une sorte de « Bible révisée » ! « Toute la loi », telle est l'exhortation divine.
            Le chemin de la sagesse est toujours celui de la prospérité. Le chemin de la prospérité procède directement de la sagesse et de l'obéissance aux instructions très claires de la parole divine. Aucune déviation n'est autorisée : « Ne t'en écarte ni à droite ni à gauche » (1 : 7).
            Mais comment acquerrons-nous une connaissance intime de la volonté de notre Dieu ? L'Ecriture ne devrait pas s'éloigner de notre pensée. S'en écarter, c'est l'échec assuré. Nous avons besoin de l'Ecriture en toute circonstance. « Il est écrit », voilà ce qui doit décider de toute question. Quand une difficulté surgit, notre premier devoir est de nous souvenir de ces mots : « Ainsi dit l'Eternel ». Un christianisme décadent cherche toujours à éluder la simple vérité de la Parole divine, et à lui substituer la voix de l'autorité humaine. Si le livre de la loi s'est éloigné du cœur, il en résulte au lieu de la prospérité, la confusion et le désordre.
            Et maintenant, comment le croyant aura-t-il toujours connaissance des paroles de son Dieu ? Comment saura-t-il ce que Dieu lui dit ? Par une étude de la Parole approfondie, assidue, faite avec prière. La connaissance - ne serait-ce que de la lettre - de la Parole ne s'acquiert pas d'un seul coup. Il faut s'en nourrir continuellement, s'y intéresser de tout son cœur : « Médite-le jour et nuit » (1 : 8) ! En faisant des paroles du Saint Livre l'objet de nos affections, en étudiant avec amour la Parole de notre Dieu, en recherchant l'enseignement de l'Esprit Saint, en priant pour que les yeux de notre cœur soient éclairés, et pour que nous soit donné l'esprit de révélation dans la connaissance de Dieu, le cœur fait provision de bien des passages de cette Parole et nous sommes rendus capables de « prendre garde à faire selon tout ce qui y est écrit ». De là découle la prospérité spirituelle. Le but suprême du serviteur doit être de connaître la pensée de son Dieu et d'y obéir.
            « Médite-le » implique une longue et profonde réflexion, des plus utiles. En se nourrissant spirituellement de la Parole, nous acquérons l'intelligence désirée de la pensée divine. Il n'y a pas d'heure plus profitable pour le chrétien que celles qu'il passe seul avec Dieu, penché sur sa Parole, méditant humblement Ses pensées dans sa présence. Un chrétien érudit ou un croyant enseigné par l'Esprit sont des personnes très différentes. On peut avoir acquis une certaine connaissance de la vérité de la Parole, par la lecture ou par l'étude, tout en ayant peu observé le « tu la méditeras ». On peut avoir saisi par l'intelligence les doctrines et les principes de l'Ecriture, mais qu'en résulte-t-il, si ce n'est que « la connaissance enfle » (1 Cor. 8 : 1) ? Un chrétien qui a appris à entrer en secret dans la présence de Dieu pour acquérir la connaissance est nécessairement d'un esprit humble, sans prétention, parce que la présence de Dieu rend toujours humble.
            Bienheureux est l'homme qui fait ses délices de la loi de l'Eternel, et qui la médite jour et nuit ! « Il sera comme un arbre planté près des ruisseaux d'eaux, qui rend son fruit en sa saison, et dont la feuille ne se flétrit point ; et tout ce qu'il fait prospère » (Ps. 1 : 3). Cette image fait allusion à l'oranger, arbre qui fleurit, porte en même temps son fruit, et qui est toujours vert. La bonne odeur de Christ doit toujours émaner du croyant. La présence de Christ en lui sera toujours nouvelle et synonyme de douceur. Lui-même sera toujours rafraîchi par l'eau vive déversée par des ruisseaux d'eaux secrets ! Combien sont belles les rives où croissent de tels « arbres » ! Recherchons cette eau vivifiante ; de la Parole qui pénètre notre être tout entier dans ces parties les plus reculées, celles qui échappent à tous les regards ! C'est ainsi seulement que notre témoignage pour Dieu sera fructueux. La sécheresse et l'aridité sont les conséquences d'un manque de nourriture spirituelle.
            Après avoir médité la Parole, nous devons « prendre garde à faire selon tout ce qui y est écrit », car c'est de cette manière d'agir que dépend la prospérité et une activité heureuse à la gloire de Dieu.

                        « L’Eternel est avec toi »

            La troisième fois où il est demandé d'être fermes, c'est que l'Eternel est avec nous (1 : 9). Seul le commandement de Dieu fait autorité pour le croyant. Sa présence est notre force. Dieu, qui donne le commandement, est avec le soldat obéissant. La force, dont il est question ici, c'est celle de la main pour saisir et tenir ferme, et celle du genou pour ne pas tomber. Dans l'épître aux Ephésiens, nous sommes exhortés à nous fortifier « dans le Seigneur et dans la puissance de sa force... car notre lutte n'est pas contre le sang et la chair, mais contre les pouvoirs, contre les autorités, contre les dominateurs de ces ténèbres, contre les puissances spirituelles de méchanceté qui sont dans les lieux célestes... » (6 : 10-13), choses qui sont pour le chrétien ce que furent les armées de Canaan pour Israël. On ne doit pas non plus prendre de repos dans cette guerre, car, « après avoir tout surmonté », il faut tenir ferme.
            Comme des sentinelles à leur poste, ceux qui espèrent retenir ce qu'ils ont gagné doivent « tenir ferme ». Il est plus facile d'obtenir que de maintenir les choses de la terre. C'est plus vrai encore pour les choses d'en-haut ! Il faut persévérer courageusement avec la force que Dieu donne. Combien de chrétiens, après avoir marché dans le chemin du renoncement cherchant à faire des progrès dans la vérité divine, se sont installés ensuite dans l'indifférence et la paresse spirituelle, alors que le but était près d'être atteint ! L'apôtre Pierre nous avertit que, si nous n'ajoutons pas à ce que nous possédons déjà, nous perdrons même ce que nous avons ! (2 Pier. 1 : 5-10).
            Finalement, nous lisons : « Ne te laisse pas terrifier et ne soit point effrayé ». La peur est un symptôme de mauvais aloi chez le chrétien. C'est un indice d'incrédulité, ou d'un mal non jugé. Il ne s'agit pas, bien sûr, de cette sainte crainte d'un cœur aimant et plein de révérence, qui tremble à la pensée que Dieu ne serait pas pleinement obéi ou que sa volonté ne serait pas clairement saisie, mais de cette peur qui fait fondre les cœurs devant l'Ennemi et qui est une entrave dans le combat chrétien. Une foi solide en Dieu dissipe toute crainte devant l'Ennemi.
            Les principes exposés dans cette exhortation émouvante adressée à Israël sont de la plus haute importance pour nous aujourd'hui. Que chacun soit touché par la grâce et la puissance de cet appel.

 

D’après H. F. Witherby