L'arche du témoignage et l'habitation de Dieu (1)

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L’ARCHE  DU  TEMOIGNAGE  ET  L’HABITATION  DE  DIEU  (1)

 

L'arche de l'alliance

            Après avoir traversé la Mer Rouge et vu la destruction du Pharaon et de son armée, Moïse et les fils d'Israël chantent le cantique de la délivrance. Dès ce moment, l'Eternel fait connaître qu'Il désire habiter au milieu du peuple racheté (Ex. 15 : 13, 17). Peu après, sur la montagne de Sinaï, Il donne ses instructions à Moïse : « Et ils feront pour moi un sanctuaire, et j'habiterai au milieu d'eux » (Ex. 25 : 8). Plusieurs siècles plus tard, Salomon posera la question : « Mais Dieu habitera-t-il vraiment avec l'homme sur la terre ? Voici, les cieux, et les cieux des cieux, ne peuvent te contenir ; combien moins cette maison que j'ai bâtie ! » (2 Chr. 6 : 18). Mais rien n'est impossible à Dieu, et tout au long des Ecritures nous pouvons suivre la trace de ce merveilleux dessein de grâce.

                       Habitation et sanctuaire

            Grande est la bonté de Dieu qui condescend à s'approcher de son peuple et à demeurer au milieu de lui. C'est la première pensée exprimée en Exode 15 : 17 : « Tu les introduiras et tu les planteras sur la montagne de ton héritage, le lieu que tu as préparé pour ton habitation, ô Eternel !… ». Seulement, ce peuple est composé d'hommes pécheurs et la souillure s'y produit. Dieu doit se pourvoir d'un lieu saint pour habiter là : « …le sanctuaire, ô Seigneur ! que tes mains ont établi ». L'habitation doit porter le caractère d'un sanctuaire parce que Dieu a « les yeux trop purs pour voir le mal » (Hab. 1 : 13). Le mot original traduit par sanctuaire, comme son équivalent français, signifie lieu saint, ou séparé, mis à part. Le sanctuaire montre que Dieu est séparé de toute souillure, mais c'est un Dieu Sauveur qui aime les pécheurs et désire habiter au milieu de son peuple racheté, pour le conduire et le bénir.

            Le sanctuaire est sur la terre. Ce sera d'abord le tabernacle (ou la tente) dans le désert de Sinaï. Ce tabernacle est « la figure et l'ombre des réalités célestes » (Héb. 8 : 5), « des lieux saints faits de main, copies des vrais » (Héb. 9 : 24). En Hébreux 8 : 2, l'Esprit Saint met en contraste avec ce premier tabernacle, le « vrai tabernacle que le Seigneur a dressé, non pas l'homme ». Nous lisons : « la première alliance, donc, avait des ordonnances pour le culte et le sanctuaire, un sanctuaire terrestre » (Héb. 9 : 1).

            L'existence d'un sanctuaire implique, pour les hommes qui s'approchent de Dieu parce qu'ils ont été rachetés, la responsabilité de se sanctifier, de se séparer de la souillure et d'en préserver la maison de Dieu, le lieu où Dieu habite : « La sainteté sied à ta maison, ô Eternel ! » (Ps. 93 : 5). A ce sujet, quelques expressions significatives jalonnent l'histoire du peuple de Dieu. Sous Ezéchias, lorsque le roi revient de tout son cœur à l'Eternel, et y ramène le peuple après une longue période d'infidélité, il commande : « Ecoutez-moi, Lévites ! Maintenant, sanctifiez-vous, et sanctifiez la maison de l'Eternel, le Dieu de vos pères, et jetez la souillure hors du sanctuaire » (2 Chr. 29 : 5). Plus tard, lorsque le peuple sera retombé dans l'idolâtrie, l'Eternel devra quitter le temple. Il reproche alors à Israël : « Tu as rendu impur mon sanctuaire par toutes tes choses exécrables » (Ezé. 5 : 11), et Il dit au prophète : « Vois-tu ce qu'ils font, les grandes abominations que la maison d'Israël commet ici, pour m'éloigner de mon sanctuaire ? » (Ezé. 8 : 6). L'existence du sanctuaire, conséquence de la rédemption, souligne ainsi la responsabilité des rachetés.

            Le terme « sanctuaire » rappelle que Dieu est saint et que les hommes se sont souillés par le péché. Le terme « tabernacle » ou « tente » parle d'habitation, dans le ciel ou sur la terre, sans que la souillure soit évoquée (Jean 1 : 14 ; Apoc. 21 : 3).

                        Habitations successives de Dieu

            On peut en dénombrer sept :
                    - Le tabernacle. Dieu y demeure par le moyen de l'arche et de la nuée (Ex. 40 : 21, 34).
                    - Le temple de Salomon. Dieu y demeure aussi par le moyen de l'arche et de la nuée (1 Rois 8 : 6, 10).
                    - Le temple d'Esdras. Israël étant Lo-Ammi, « pas mon peuple », on ne trouve dans ce temple ni l'arche ni la nuée. Cependant l'Eternel n'a pas laissé son peuple. « Je suis avec vous, dit l'Eternel » (Agg. 1 : 13).
                    - La personne de Christ. « En lui habite toute la plénitude de la déité corporellement » (Col. 2 : 9).
                    - L'assemblée. « Un temple saint dans le Seigneur… une habitation de Dieu par l'Esprit » (Eph. 2 : 21-22).
                    - Le temple nouveau décrit par Ezéchiel. « Voici, la gloire de l'Eternel remplissait la maison » (Ezé. 43 : 5). « Mon sanctuaire sera au milieu d'eux à toujours » (37 : 28).
                    - La sainte cité, dans l'état éternel. « Voici, l'habitation (ou le tabernacle) de Dieu est avec les hommes, et il habitera avec eux… Dieu lui-même sera avec eux, leur Dieu » (Apoc. 21 : 3).

            Cinq de ces habitations successives - le tabernacle, le temple de Salomon, le temple d'Esdras, l'assemblée et le temple d'Ezéchiel - portent le caractère de sanctuaire (ou temple saint), soulignant ainsi la responsabilité des hommes.

            Quand Christ vient - « en lui, toute la plénitude s'est plu à habiter » -, il n'est pas question de sanctuaire. Il est saint dans toute sa Personne - « le Saint de Dieu » (Jean 6 : 69) - et bien qu'Il s'approche en grâce des pécheurs, la souillure est tenue à distance. S'Il touche un lépreux, le lépreux est rendu net. Quelle gloire brille dans sa Personne !

            Dans la sainte cité d'Apocalypse 21, il n'y a pas non plus de sanctuaire ; car la cité céleste, vue dans ses relations avec la terre pendant le millénium, est hors d'atteinte de toute souillure (v. 27). « Mais de temple, je n’en vis pas en elle ; car le Seigneur, Dieu, le Tout-puissant, et l'Agneau, en sont le temple » (v. 22). La gloire de Dieu brille de tout son éclat comme conséquence de l'œuvre accomplie par l'Agneau de Dieu. « La cité n'a pas besoin du soleil ni de la lune, pour l'éclairer ; car la gloire de Dieu l'a illuminée, et l'Agneau est sa lampe » (v. 23).

                        Le tabernacle et l'arche

            Sur la montagne, dans la nuée, l'Eternel donne ses instructions à Moïse : « Et ils feront pour moi un sanctuaire, et j'habiterai au milieu d'eux. Selon tout ce que je te montre, le modèle du tabernacle et le modèle de tous ses ustensiles, ainsi vous ferez » (Ex. 25 : 8-9).

            Dieu veut habiter au milieu de son peuple racheté ; Il s'approche d'eux - qui sont des pécheurs - tout en restant séparé du mal ; Il demeure dans un sanctuaire qui se compose du tabernacle et de ses ustensiles.

            L'arche est le premier nommé des « ustensiles » que comportait le tabernacle. Dieu commence par ce qui est la première de ses pensées: ce qui représente directement la personne de Christ. Ensuite Il décrit la table et le chandelier, puis le tabernacle avec ses différentes couvertures. Mais l'arche est au centre de ce sanctuaire, elle est le siège de la présence divine, dans le lieu très saint. Le souverain sacrificateur seul a accès à ce lieu, une fois par an, mais Dieu y demeure.

                        Une figure de Christ

            L'arche porte les caractères de la justice intrinsèque et inflexible de Dieu, figurés par l'or et les chérubins. Mais les chérubins ne font qu'une pièce avec le propitiatoire tout préparé pour recevoir le sang de l'expiation.

            « Tu mettras dans l'arche le témoignage que je te donnerai », dit l'Eternel à Moïse (Ex. 25 : 16). Ce témoignage - la Loi gravée sur deux tables de pierre - déclare les exigences de Dieu à l'égard de l'homme. En Christ seul le témoignage de ce qu'est Dieu en rapport avec l'homme pouvait être maintenu. Quand les tables de la Loi données à Moïse ont rencontré l'homme et son péché, elles ont dû être brisées, pour faire place à la miséricorde divine ; sinon c'en était fait de l'homme (Ex. 32 : 19). Mais les nouvelles tables ont été placées dans l'arche, où elles demeurent (Deut. 10 : 2, 5). Cela annonce Christ qui dit : « Ta loi est au-dedans de mes entrailles » (Ps. 40 : 8).

            On est frappé à la fois par la simplicité, la mesure et la splendeur de l'arche. C'est un simple coffre de bois à mesure humaine, mais entièrement recouvert d'or et surmonté d'un couvercle merveilleusement ouvragé, le propitiatoire. Celui-ci unit les attributs de la justice de Dieu en jugement avec la présentation du sang de propitiation. De plus, l'arche est pourvue d'anneaux et de barres pour être portée dans le désert ; elle accompagnera le peuple dans toutes les étapes de son chemin vers le pays promis. Tout en elle nous parle de Christ :
                    - sa divinité et son humanité inséparablement unies (l'or et le bois de sittim),
                    - son humilité (les mesures),
                    - sa gloire personnelle (le couronnement d'or),
                    - son chemin sur la terre (les anneaux et les barres),
                    - la Parole faite chair (le témoignage dans l'arche),
                    - l'œuvre de la croix et la justice de Dieu (le propitiatoire avec les chérubins).

            Nous ne pouvons suivre le cheminement de l'arche sans fixer nos regards sur ce qu'elle annonçait : « Et la Parole devint chair et habita au milieu de nous (et nous avons contemplé sa gloire, une gloire comme d'un Fils unique de la part du Père) pleine de grâce et de vérité » (Jean 1 : 14).

 

M. Al  – « Messager Evangélique » (1999 p. 33-38)

 

A suivre