Méditations suivies : Etude sur l'épître aux Hébreux (4)

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ETUDE SUR L’EPITRE AUX HEBREUX (4)

                                         

           

CHAPITRE 4

Jésus Christ, Fils de l’homme (ch. 2 : 5  à 4 : 13) - fin

L’auteur introduit le sujet développé dans les 13 premiers versets du chapitre 4 en mentionnant trois grandes œuvres de Dieu :
                        - l’œuvre de la création du monde ;
                        - celle de la conduite et de la protection d’Israël au désert et de son introduction dans le pays de Canaan ;
                        - par-dessus tout, celle de la rédemption ou de la création nouvelle.

L’Ecriture parle aussi de trois repos de Dieu correspondant à ces trois œuvres-là :
                        - Le premier est son repos après l’œuvre de la création en six jours (Gen. 2) - Il bénit le septième jour et le mit à part comme un jour de repos pour la race humaine.
                        - Le deuxième est son repos après l’introduction d’Israël en Canaan. Dieu s’était comme chargé du triple soin de conduire ce peuple dans le désert, ce qu’Il a fait au moyen de la nuée miraculeuse - de le protéger contre ses ennemis, ce qu’Il a fait par l’intercession de Moïse et par l’épée de Josué - et de pourvoir, enfin, à sa subsistance journalière, ce qu’Il a fait de même au moyen de la manne. Puis, Dieu s’est comme reposé de ce triple soin, après avoir introduit son peuple en Canaan. Alors une demeure fixe et permanente a remplacé pour Lui la tente mobile sous laquelle Il avait habité comme Israël au désert. Le pays de Canaan est ainsi devenu son lieu de repos. Il l’était encore à un autre égard : c’était le pays qu’Il avait promis à Israël pour l’habiter et s’y reposer avec lui en quelque sorte de toutes les fatigues de l’Egypte et du désert (1 Chr. 17 : 4-6 ; Ex. 33 : 14-16 ; Deut. 12 : 9 ; Héb. 3 : 11, 18 ; 4 : 1-2, 6).
                        - Outre les deux repos que nous venons de rappeler, il en est un troisième qu’ils préfigurent et que mentionnent également plusieurs versets de l’Epître : c’est ce repos dont le Fils de Dieu, l’auteur de la première création, jouit maintenant sur ce trône de la Majesté divine où Il s’est assis après avoir expié nos péchés, et nous avoir ainsi ouvert la céleste Canaan, c’est-à-dire après avoir achevé l’œuvre de la création nouvelle. C’est le vrai, l’éternel repos auquel Il veut faire participer le peuple de Dieu, tous les croyants (1 : 3 ; 8 : 1 ; 10 : 12 ; Jean 17 : 4...).

A la fin du chapitre 3, l’auteur a parlé du repos qui avait été promis à Israël et dont ce peuple s’était privé par sa révolte au désert ; il exhorte maintenant les Hébreux à ne pas se priver, par une semblable incrédulité, du repos qui nous est encore promis (v. 1-2). Mais, comme on aurait pu lui objecter que l’Ecriture ne mentionne pas d’autres repos que celui du septième jour et celui de Canaan - repos dont les Israélites jouissaient déjà, et qui par conséquent ne pouvaient être ni l’un ni l’autre l’objet d’une promesse et de notre espérance -, il montre ensuite (v. 3-5) que l’Ecriture en mentionne réellement un troisième dont les deux premiers n’étaient que la figure, un repos infiniment meilleur que Dieu promet encore à la foi et qu’Il refuse encore à l’incrédulité.
            A cet effet, il cite de nouveau le Psaume 95 écrit sous l’inspiration divine bien longtemps après l’achèvement de l’œuvre de la création et l’institution du septième jour, et même longtemps après l’introduction d’Israël en Canaan. Puis, fort d’une parole de ce Psaume qu’il a déjà citée au chapitre 3 : « Aujourd’hui si vous entendez sa voix, n’endurcissez pas vos cœurs », et qu’il rapproche maintenant de cette autre parole du même Psaume : « S’ils entrent dans mon repos ! » (v. 11), il n’a pas de peine à démontrer que la promesse implicite de ce repos que Dieu, que le psalmiste appelle « mon repos », et qu’il destine à ceux qui écouteront aujourd’hui sa voix, se rapporte effectivement à un repos autre que celui du septième jour et que celui de Canaan. C’est ainsi qu’il arrive tout naturellement à cette conclusion : « Il reste donc un repos sabbatique pour le peuple de Dieu » (v. 9), et qu’il justifie pleinement la sérieuse exhortation commençant le chapitre 4 : « Craignons donc, alors qu’il reste une promesse d’entrer dans son repos, que l’un de vous paraisse ne pas l’atteindre ».
            Au verset 10, Paul indique ensuite la raison pour laquelle ce repos est appelé le repos de Dieu : c’est un repos analogue à celui de Dieu après l’œuvre des six jours ; analogue encore - si du moins on retient la pensée de l’apôtre dans son ensemble (v. 1-11) - à celui dont Dieu se reposa après l’introduction d’Israël en Canaan, et même à celui dont Il jouit maintenant après avoir accompli notre rachat et nous avoir ouvert la Canaan d’en-haut (1 : 3 ; 8 : 1 ; 10 : 12). C’est une participation à son repos, la cession complète de tout travail, de toute fatigue, de toute peine, et l’éternelle jouissance d’un bonheur parfait - seul demeurera le service de la louange. Commencé dès ici-bas pour celui qui croit (v. 3), ce repos sera consommé dans les cieux.
            Après avoir ainsi démontré qu’il reste, en effet, un repos pour le peuple de Dieu, l’apôtre revient au verset 11, avec une force toute nouvelle, sur l’exhortation du premier verset : Craignons de nous priver de ce repos en imitant la rébellion d’Israël au désert ; mais empressons-nous plutôt d’y entrer en persévérant dans la foi jusqu’à la fin.
            Puis, afin de rendre son exhortation encore plus efficace, il rappelle aux Hébreux la puissance de cette parole qui, toujours vraie dans ses menaces comme dans ses promesses, discerne et punit en nous les plus secrètes infidélités (v. 12-13). Passant ensuite de la Parole, qui est l’épée du Seigneur pour en frapper les rebelles, à Celui qui la tient - de la règle du jugement au souverain Juge -, il rappelle l’omniscience de Jésus Christ dont le regard pénètre jusque dans les profondeurs de notre être et y décèle l’incrédulité la plus habilement dissimulée.
            Il fallait dire ces choses aux Hébreux, environnés comme ils l’étaient de tant de séductions, sollicités à renier la foi chrétienne de tant de façons et par tant de voix. Les paroles d’encouragement qui vont suivre ne leur étaient pas moins nécessaires. Elles nous fournissent l’occasion d’admirer encore une fois le parfait équilibre, en même temps que l’ineffable plénitude, de cette Parole divine qui, pour notre plus grand bien, sait faire alternativement appel à tous les sentiments de notre nouvelle nature, à l’espérance comme à la crainte de Dieu, et pourvoir si richement à tous les besoins de notre âme.

                        Sans la foi, il est impossible d’entrer dans le vrai repos

« Craignons donc, alors qu’il reste une promesse d’entrer dans son repos, que l’un de vous paraisse ne pas l’atteindre » (v. 1).
            Les croyants comme les incrédules ont leurs craintes ; mais elles procèdent de sources différentes, et elles ont aussi des effets bien opposés (Luc 12 : 4-5 ; Rom. 11 : 20). La promesse d’entrer dans le repos de Dieu nous étant laissée (Ps. 95), personne ne devrait s’en priver ; mais pour atteindre ce  repos, il y a une condition donnée au verset suivant : la foi.          

« Car nous aussi, comme eux, nous avons entendu la bonne nouvelle ; mais la parole entendue ne leur servit de rien, n’étant pas mêlée avec de la foi chez ceux qui l’entendirent » (v. 2).
            Nous avons été évangélisés nous-mêmes, comme les fils d’Israël (v. 5-6), avec cette différence néanmoins que la promesse du repos ne se présente plus à nous sous une forme complexe, c’est-à-dire accompagnée d’un type, celui de Canaan. Mais la parole qu’ils entendirent - la promesse de Canaan, type du ciel, et le commandement d’aller et de prendre possession de ce pays (Deut. 1 : 20-21) – « ne leur servit de rien ». Un aliment ne profite pas s’il n’est pas digéré, mêlé et incorporé à notre propre substance ; la Parole que nous avons entendue, nous, chrétiens, ne nous profitera pas davantage sans la foi qui se l’approprie et s’en nourrit.

« Car nous, les croyants, nous entrons dans le repos, celui dont il a dit : « Ainsi je jurai dans ma colère : Ils n’entreront pas dans mon repos ! » Et pourtant les œuvres avaient été faites dès la fondation du monde ; car voici ce qu’il dit quelque part concernant le septième jour : « Et Dieu se reposa de toutes ses œuvres au septième jour » (v. 3-4).
            Nous entrons ! Le repos de Dieu commence dès maintenant pour ceux qui croient : ils trouvent immédiatement en Lui le repos de la conscience, ou la paix de la réconciliation par la foi au sang de Christ, et le repos du cœur par l’affranchissement du péché sous l’opération du Saint Esprit, et par la pleine satisfaction de tous les besoins moraux, de leur nature (Matt. 11 : 28-29 ; Jean 16 : 33 ; Rom. 5 : 1 ; 8 : 2...). Ce double repos, ce repos simultané de la conscience et du cœur, qu’ils trouvent dans la communion de Christ, est pour eux le prélude, le gage et l’avant-goût du repos complet qui leur est destiné dans les cieux (2 Thes. 1 : 7 ; Apoc. 14 : 13).
            Dieu a dit : « « Ils n’entreront pas dans mon repos » (v. 3 ; Ps. 95 : 11), bien que les œuvres de la création fussent achevées dès la fondation du monde - en effet, au sujet du septième jour Moïse a dit : « Dieu bénit le septième jour, et le sanctifia… il se reposa de toute son œuvre » (Gen. 2 : 3). Il sanctifia ce jour, ou le mit à part, comme un jour de repos pour l’homme. Ainsi la parole du Psaume ne peut se rapporter au repos du septième jour, repos qui a commencé aussitôt après la fondation du monde, et dont Israël jouissait déjà depuis fort longtemps quand le psaume a été écrit. Dieu se reposa de toutes ses œuvres, c’est-à-dire qu’il cessa alors de créer et en même temps Il exprima la parfaite satisfaction qu’Il trouvait dans son ouvrage. « En six jours l’Eternel a fait les cieux et la terre, et le septième jour il s’est reposé, et a été rafraîchi » (Ex. 31 : 17).

Et encore dans ce passage : « Ils n’entreront pas dans mon repos ! » (v. 5).
            Très longtemps après l’achèvement de l’œuvre des six jours et la consécration du septième, bien longtemps même après l’introduction d’Israël en Canaan, Dieu dit : « Ils n’entreront pas dans mon repos ». Aussi le repos dont parle le Psaume ne peut pas être davantage celui de Canaan que celui du septième jour, car Israël en jouissait aussi depuis longtemps. Dieu dit : Si jamais ils entrent dans mon repos, je ne suis pas le Dieu vivant et vrai.

« Ainsi, puisqu’il reste que certains y entrent, et que ceux qui auparavant avaient entendu la bonne nouvelle n’y sont pas entrés à cause de leur désobéissance » (v. 6).
            La parole du Psaume ne pouvant pas se rapporter au repos de Canaan ni à celui du septième jour, il y a par conséquent pour nous encore un autre repos à attendre, le vrai repos de Dieu dont celui de Canaan, comme nous l’avons dit, n’est qu’une image, et qui était déjà implicitement compris dans la promesse faite à la vraie postérité d’Abraham (Rom. 4 : 16) ; c’est le sens des versets qui suivent.          

Encore une fois il fixe un jour, en disant, par David, bien longtemps après : « Aujourd’hui », comme il a été dit auparavant : « Aujourd’hui, si vous entendez sa voix, n’endurcissez pas vos cœurs » (v. 7).
            Dieu fixe un autre jour, ou « temps de grâce », pour entendre sa voix et pour entrer dans son repos - un jour qu’Il appelle : « aujourd’hui » (hébreu : ce jour-ci). Il dit environ 450 ans après qu’Israël a pris possession de Canaan, comme au verset 15 du chapitre 3 : « Aujourd’hui, si vous entendez sa voix, n’endurcissez pas votre cœur » (Ps. 95 : 7-8).

« En effet, si Josué leur avait donné le repos, Dieu ne parlerait pas ensuite d’un autre jour » (v. 8).
            Josué - ou Jésus, c’est le même nom, l’un en hébreu, l’autre en grec (Septante) - introduisit les Israélites dans le repos typique de Canaan. Jésus, le Prince du salut des chrétiens, les introduira dans le repos réel et éternel des cieux. Si Josué - en les établissant dans le pays de Canaan, le vrai, le plein repos de Dieu - leur avait donné tout le repos que Dieu destine à son peuple, Il ne parlerait pas après cela, comme Il le fait au Psaume 95, d’un autre jour, laissé encore à l’homme pour entendre la voix de Dieu et pour entrer dans le repos véritable et final qu’Il réserve aux siens. Un repos que Dieu appelle « mon repos » ne pouvait pas être le repos imparfait de Canaan - repos qui, pour Israël, en fut à peine un. C’était nécessairement un repos d’un ordre bien supérieur. Les fidèles de l’Ancien Testament le comprirent : sous l’ombre, ils discernèrent sans peine la réalité. Aussi le chapitre 11 des Hébreux nous les montrera-t-il élevant leurs regards plus haut que la Canaan terrestre, et attendant de l’amour de leur Seigneur une patrie à la fois plus digne de Lui et d’eux-mêmes.

                        Le repos sabbatique, symbole du repos dans la gloire à venir

La conclusion de tout ce qui précède est rigoureuse : « Il reste donc un repos sabbatique pour le peuple de Dieu » (v. 9), un repos dont le sabbat, en particulier, est à la fois la figure et le gage. Ce repos est pour nous qui avons cru (v. 3) - le vrai peuple, tout le peuple de Dieu, soit Juifs, soit Gentils -, pour la postérité spirituelle d’Abraham tout entière (2 : 16).

« Car celui qui est entré dans son repos, lui aussi s’est reposé de ses œuvres, comme Dieu s’est reposé des siennes » (v. 10).
            C’est à juste titre que ce repos est appelé le repos de Dieu. Comme Dieu l’a fait après l’œuvre des six jours (v. 4) - ainsi qu’après l’introduction d’Israël en Canaan (3 : 18), et celle, enfin, de notre éternel rachat -, celui qui est entré dans le repos de Dieu s’est reposé de tout travail, en particulier de celui par lequel il s’était plus ou moins longtemps efforcé d’arriver au salut par son obéissance personnelle (Rom. 10 : 1-4). Alors cette parole est accomplie à son égard : « Venez à moi, vous tous qui vous fatiguez et qui êtes chargés, et moi, je vous donnerai du repos » (Matt. 11 : 28) ; il goûte un parfait repos dans le sein du Dieu bienheureux (1 Tim. 1 : 11) qui le fait participer à sa félicité. Ce repos, il est vrai, seulement commencé sur la terre, ne sera consommé que dans les cieux. Mais le croyant le saisit déjà dans sa plénitude ; il en jouit d’avance par cette espérance qui ne confond pas. « Notre salut consiste encore seulement en espérance, dit Calvin, toutefois cette espérance nous mène droit au ciel ».

« Appliquons-nous donc à entrer dans ce repos-là, afin que personne ne tombe en imitant une semblable désobéissance » (v. 11).
            Nous « appliquer » à entrer dans ce repos, ce n’est pas chercher à établir devant Dieu notre propre justice, mais plutôt nous approprier la justice de Christ. C’est suivre l’exemple de Paul lui-même qui, bien que déjà justifié par la foi, s’écriait pourtant : « Je ne pense pas moi-même l’avoir saisi ; mais je fais une chose : oubliant ce qui est derrière et tendant avec effort vers ce qui est devant, je cours droit au but pour le prix de l’appel céleste de Dieu dans le Christ Jésus » (Phil. 3 : 13-14 ; voir aussi 1 Cor. 9 : 26-27 ; 2 Tim. 4 : 7-8…).
            L’apôtre ajoute : « afin que personne ne tombe », comme Israël au désert (3 : 17).  Personne ne devait imiter « une semblable désobéissance », donner un même exemple de rébellion. Rébellion, incrédulité, abandon du Dieu vivant, sont des expressions voisines (3 : 12, 18-19 ; 4 : 6, 11) ; c’est le péché primitif, originel, la source de toutes les transgressions, la cause unique de la condamnation (Jean 3 : 19, 36). C’est, en quelque sorte, une greffe infernale que Satan, en Eden, a de sa main perfide, inoculée à la plante humaine, et qui l’a infectée jusque dans ses dernières ramifications ; en un mot, c’est une participation à la nature du Méchant. La foi est une greffe en sens inverse ; c’est l’œuvre initiatrice de Jésus Christ en nous, c’est une participation à la nature divine.

                        La Parole de Dieu, première des trois grandes ressources du croyant mentionnées dans la fin du chapitre

« Car la parole de Dieu est vivante et opérante, plus pénétrante qu’aucune épée à deux tranchants : elle atteint jusqu’à la division de l’âme et de l’esprit, des jointures et des moelles ; et elle discerne les pensées et les intentions du cœur » (v. 12).
            La parole de Dieu est celle qu’Il a fait annoncer par son Fils, l’Apôtre de notre confession. Paul n’appelle nulle part Jésus Christ « la Parole » ; en revanche, il donne souvent ce nom à l’Evangile, à l’Ecriture (2 Cor. 2 : 17 ; 4 : 2 ; Col. 1 : 25 ; Tite 2 : 5). Ce qu’il a spécialement en vue ici, ce sont les menaces de cette Parole, les jugements qu’elle annonce contre l’incrédulité et l’apostasie, et qui ne manqueront pas de s’accomplir.
            Elle est « vivante », comme le Dieu de qui elle procède (Jean 6 : 63 ; 1 Pier. 1 : 23), et comme son Esprit qui agit en elle et qui « vivifie » (Jean 6 : 63). La Bible personnifie souvent la Parole écrite et lui attribue ce que Dieu fait conformément à ses déclarations ou par son moyen.
            Elle est efficace pour opérer en nous la repentance et le salut. « Plus pénétrante qu’aucune épée à deux tranchants », elle atteint l’insaisissable limite qui sépare l’âme, siège des affections, de l’esprit où résident les facultés intellectuelles et morales ; elle perce jusqu’au-delà de l’épaisse cuirasse d’illusions, d’orgueil, de subterfuges, d’égoïsme, de mensonge, dont l’homme s’enveloppe devant Celui qui l’a fait. La Parole écrite est, dans la bouche de la Parole éternelle (Es. 49 : 2 ; Osée 6 : 5 ; Apoc. 1 : 16), comme un glaive acéré. Par elle, le Seigneur a tué de nombreux rebelles au désert (Deut. 32 : 41) ; par elle encore, Il combat contre les méchants dans son Eglise (Apoc. 2 : 16) ; par elle, enfin, Il frappera les nations au jour de sa colère (Apoc. 19 : 15).
            Paul dit qu’elle pénètre jusqu’à la division de l’âme et de l’esprit. Ame, esprit ou cœur sont parfois synonymes dans la Bible ; mais quand elle les distingue, l’âme et l’esprit ne sont naturellement plus la même chose. C’est le cas ici et en 1 Thes. 5 : 23.
            Il y a trois éléments dans l’homme :
                        - un corps formé de la poussière ;
                        - une âme qui est le principe de la vie animale, le siège des sensations, des appétits, des passions ; l’animal a aussi une âme - de qualité inférieure (Gen. 1 : 20, 30. hébr.) ;
                        - un esprit, principe plus élevé, élément supérieur de son être, dont les facultés intellectuelles et morales le distinguent de l’animal, et l’élèvent au-dessus de lui ; il est le siège de l’intelligence, de la raison, de la conscience ; c’est dans son esprit que l’homme a été fait à l’image de Dieu (Gen. 1 : 26-27) ; c’est par son esprit qu’il est capable de connaître son Créateur, de l’aimer et de le servir, de dominer la création inférieure et de gouverner la partie animale de son propre être (Prov. 20 : 27 ; 1 Cor. 2 : 11).
            Telle est la triple complexité humaine, dominée par la chair chez l’homme irrégénéré, placée sous le gouvernement de l’Esprit de Dieu chez celui qui a été régénéré. Le verset exprime donc admirablement la puissance de la Parole de Dieu pour punir l’homme dans son corps, mais surtout pour l’atteindre et le frapper dans son âme et jusque dans son esprit, cette partie la plus excellente et la plus noble de son être dans laquelle il est susceptible d’un bonheur parfait ou d’une misère consommée.
            La Parole, que l’auteur continue de personnifier, discerne et juge nos plus secrètes pensées, elle démêle et punit en nous l’incrédulité la plus habilement déguisée, celle que nous voudrions nous cacher à nous-mêmes. Elle exerce dès à présent dans notre conscience le jugement de Dieu, et c’est par elle que celui-ci sera consommé au dernier jour (Jean 12 : 48).

« Il n’existe aucune créature qui soit cachée devant lui, mais tout est nu et découvert aux yeux de celui à qui nous avons affaire » (v. 13).
            Le Père a remis tout pouvoir d’exercer le jugement au Fils et Seigneur de la Maison, et Il rendra à chacun selon ses œuvres (Jean 5 : 27 ; Rom. 14 : 10 ; 2 Cor. 5 : 10...) ; à ses yeux, tout est « découvert ». Dans l’original, ce mot semble faire allusion à une circonstance lévitique : quand une victime, après avoir été ouverte, était placée devant le sacrificateur, rien alors dans l’animal n’échappait à ses regards ; rien non plus dans nos plus pensées secrètes, rien dans les replis les plus cachés de notre cœur, n’échappe à la connaissance du Juge suprême de l’humanité (Ps. 90 : 8 ; Prov. 15 : 11 ; Apoc. 2 : 23). Pensée profondément sérieuse et infiniment propre à pousser alors les Hébreux - à nous pousser aussi nous-mêmes - dans les bras de ce grand Sacrificateur dont les paroles qui vont suivre rappellent avec autant de force que de douceur le pouvoir souverain, l’invariable fidélité, les tendres et éternelles compassions !

                                                                        

Jésus Christ, grand souverain sacrificateur (ch. 4 : 14  à  8 : 2)

L’auteur introduit maintenant ses lecteurs dans un autre ordre d’idées. Après leur avoir montré le Christ infiniment supérieur à Moïse, il va Le leur montrer infiniment supérieur à Aaron. Ce à quoi il n’avait fait qu’une brève allusion dans les chapitres précédents (1 : 3 ; 2 : 17-18 ; 3 : 1), il va maintenant le développer et l’établir, à l’aide surtout des Psaumes 2 et 110.
            Cette partie de la lettre aux Hébreux est un incomparable traité sur le sacerdoce suprême de Jésus Christ, traité contenu dans un plus grand qui est l’Epître entière. Il commence (4 : 14), et finit (10 : 19) par la même exhortation générale, pleine de douceur, de puissance et de vie : « Approchons-nous de Dieu avec une entière confiance par la médiation de Jésus Christ ». Les deux passages que nous venons d’indiquer, encadrent magnifiquement toute la portion de l’Epître qui se rapporte plus spécialement au sacerdoce éternel du Fils de Dieu.

La clef de cette intéressante partie de l’épître aux Hébreux se trouve au chapitre 16 du livre du Lévitique qui décrit la solennité des propitiations, la plus imposante et la plus remarquable des solennités d’Israël. Ce chapitre se divise de fait en trois points :
                        - On y voit d’abord le souverain sacrificateur de la Loi immolant, dans le parvis ou cour du tabernacle, les victimes expiatoires de ce jour, le jeune taureau pour ses péchés et ceux de sa maison, et le bouc pour les péchés du peuple (v. 1-13).
                        - Puis, il porte dans le lieu très saint le sang de ces mêmes victimes, et le répand devant Dieu sur le propitiatoire (ou couvercle) de l’arche (v. 14-17).
                        - Enfin, ressortant du sanctuaire, il annonce au peuple, par le fait même de son retour au parvis, que l’expiation annuelle est accomplie et de plus acceptée ; la faveur divine demeure assurée à la nation, dont un second bouc, le bouc vivant, resté jusqu’alors dans le parvis, emporte ensuite les iniquités loin de la présence de Celui qui siège entre les chérubins au-dessus de l’arche.

Tel est, en ce grand jour, le ministère du souverain sacrificateur de la Loi, type éminent, à tous égards du Seigneur Jésus Christ, dont le ministère sacerdotal se résume de même en trois circonstances principales :
                        - Il a d’abord offert à Dieu sur la terre, correspondant au parvis du tabernacle, le parfait sacrifice qui a expié tous nos péchés et nous a réconciliés avec Lui ;
            Il est entré dans le sanctuaire céleste, correspondant au lieu très saint, « afin de paraître maintenant pour nous devant la face de Dieu » (9 : 24) ;
                        - Puis, dans son prochain avènement, Il bénira ceux dont Il a aboli les offenses et les mettra dans la pleine et éternelle possession du salut parfait qu’Il leur a acquis. Visible, comme le souverain sacrificateur de la Loi, pendant l’offrande du sacrifice, actuellement invisible comme lui pendant sa comparution devant Dieu, Jésus, apparaissant de nouveau, bénira solennellement son peuple qu’Il a déjà racheté par son sacrifice, et qu’Il rassemblera alors des quatre vents des cieux.

Tel est le chapitre 16 du Lévitique, et le sens typique que l’Esprit de Dieu lui-même, comme on le verra plus loin (ch. 9), nous apprend à y attacher. Il faut l’avoir constamment présent à la pensée, si l’on veut comprendre la partie de l’épître spécialement relative au sacerdoce de Christ. L’Epître entière est semée d’allusions plus ou moins directes au ministère du souverain sacrificateur de la Loi dans la grande journée des propitiations.
            La portion de la lettre aux Hébreux qui traite plus particulièrement du sacerdoce de Christ peut se subdiviser ainsi :
                        1 - Introduction du sujet (4 : 14-16).
                        2 - Nature et réalité du sacerdoce du Seigneur (5 : 1-10).
                        3 - Digression (nécessaire) en vue de l’argumentation qui va suivre (5 : 11-14 ; 6 : 1-20)
                        4 - Retour au sujet : supériorité infinie du sacerdoce de Christ - cette partie de l’Epître est naturellement la plus étendue (ch. 7 à 10 : 18).

                        Un grand souverain sacrificateur qui a traversé les cieux

Les derniers versets du chapitre 4 renferment une allusion plus ou moins frappante au ministère du souverain sacrificateur dans la journée des propitiations, et présentent en même temps la supériorité du nouveau sacerdoce sur l’ancien. Le Souverain Sacrificateur de l’Evangile est « un grand souverain sacrificateur », Il est « le Fils de Dieu » (v. 14). Le souverain sacrificateur de la Loi, dans toute la majesté de sa charge, n’était auprès de Lui qu’un petit souverain sacrificateur, car il n’était qu’un simple mortel, l’ombre du véritable Souverain Sacrificateur.
            Le souverain sacrificateur lévitique pénétrait, au travers de rideaux qui n’étaient qu’un ouvrage d’hommes, dans un sanctuaire terrestre qui n’était que l’image du véritable ; il ne soulevait qu’un instant ces voiles pour les laisser retomber aussitôt après. Il entrait seul et comme en tremblant dans le sanctuaire, où nul membre de sa famille n’aurait osé le suivre ; il en ressortait sitôt le service de ce grand jour accompli pour n’y plus rentrer durant un an. Enfin, par son expérience personnelle des faiblesses humaines, il ne savait au plus qu’user de modération envers ses frères à l’égard de leurs manquements divers - cela est sous-entendu au verset 15 et sera formellement exprimé plus loin (5 : 2).
            Le grand Sacrificateur de l’Evangile a pénétré, à travers les cieux visibles, ouvrage de la main de Dieu, dans le ciel même où Jésus manifeste particulièrement sa gloire, et il y demeure afin de comparaître pour nous en sa présence immédiate. Il y demeure avec son cœur plein de sympathie pour ceux qu’Il « n’a pas honte d’appeler frères » (2 : 11). Il compatit à toutes leurs faiblesses, car Il « a été tenté en toutes choses de façon semblable à nous, à part le péché » (4 : 15b). Par sa mort, Il a déchiré le voile qui fermait l’entrée des lieux saints, et désormais ils sont ouverts à la nouvelle race sacerdotale dont Il est le Chef. La famille du céleste Aaron y entre librement par la foi, non plus un jour de l’année seulement, mais tous les jours, et à toute heure ; non plus comme en tremblant, mais en pleine assurance, pour recevoir de la main de son Dieu les grâces dont elle a constamment besoin.
            Tels sont les principaux traits de supériorité du nouveau sacerdoce que ces trois versets indiquent ou évoquent, et que les chapitres suivants développeront. L’Epître entière est particulièrement destinée à faire ressortir, par de saisissants contrastes, l’excellence suprême et la perfection de l’alliance et du sacerdoce évangéliques. Les fines allusions au premier sacerdoce, les oppositions tacites qu’elle renferme en si grand nombre, nous échappent facilement, à nous qui ne sommes que très imparfaitement initiés au rituel lévitique ; mais les Hébreux qui comprenaient l’apôtre à demi mot, durent les saisir à la première lecture de sa lettre et en recevoir une vive et permanente impression.

                        Le sacerdoce de Christ dans les cieux

Dès le début de cette admirable partie de son épître, l’auteur, ainsi qu’on vient de le voir, appelle donc Jésus un grand Souverain Sacrificateur (v. 14) ; il le qualifiera du même titre en la terminant (10 : 21) - ce titre résume d’avance toutes les excellences et toutes les gloires de son office. Jésus a traversé les cieux visibles, au-dessus desquels il est maintenant élevé (1 : 3 ; 7 : 26 ; Eph. 4 : 10), et il comparaît pour nous devant le « Dieu de paix » (Héb. 13 : 20), assis sur le trône de la grâce. Le Seigneur est là, pour nous, croyants, faisant prévaloir en notre faveur l’éternelle efficace de son « propre sang » (9 : 12). Il est là, continuellement, avec son cœur d’homme, unissant, à la plénitude du pouvoir, la perfection de la sympathie ; car Il a pris volontairement notre nature, et Il a connu par expérience toutes les misères innocentes de notre humanité, toutes nos épreuves, toutes nos tentations, mais sans jamais commettre de péché.
            L’apôtre tire ensuite deux conséquences de ce qu’il vient d’exprimer :
                        - Avant tout, retenons avec une inébranlable fermeté notre foi, et la profession que nous en faisons devant un monde incrédule qui la rejette et qui nous hait. Luttons avec courage, appuyés sur Celui qui a combattu avant nous et qui a vaincu. Retenons notre confession, même au sein des plus grandes épreuves et des plus cruelles persécutions auxquelles elle pourrait nous exposer. Retenons-la d’une main ferme comme un objet précieux que tant d’ennemis s’efforcent journellement de nous ravir (10 : 23 ; Apoc. 2 : 25 ; 3 : 11).
                        - Puis, au lieu de nous laisser abattre à cause de nos faiblesses, au lieu de trembler devant Dieu comme devant un Juge, et de nous tenir éloignés de Lui, approchons-nous plutôt avec une pleine assurance du trône où Il siège, du « trône de la grâce », afin de recevoir, chaque jour, de sa main paternelle, et par la médiation de Jésus Christ qui compatit à nos faiblesses le secours de l’Esprit pour nous soutenir dans le bon combat.
            Telle est la conclusion du chapitre 4 des Hébreux et la magnifique introduction de l’exposition doctrinale qui va suivre. Merveilleusement appropriée aux circonstances particulières des chrétiens de la Palestine à qui l’Epître était spécialement adressée, elle ne l’est assurément pas moins à la position des chrétiens de tous les lieux et de tous les temps.           

« Nous n’avons pas un souverain sacrificateur incapable de compatir à nos faiblesses, mais nous en avons un qui a été tenté en toutes choses de façon semblable à nous, à part le péché » (v. 15).
            Compatir - ou sympathiser, montrer de la compassion - signifie souffrir avec quelqu’un. Jésus, vrai homme, comme Il est vrai Dieu, peut compatir réellement avec nous (2 : 18) dans nos faiblesses (grec : nos maladies) ; le mot embrasse à la fois nos misères physiques et nos misères morales (Jean 11 : 33-36).
            Jésus a été tenté en toutes choses comme nous, « à part le péché », sans commettre de péché (1 Pier. 2 : 22 ; 1 Jean 3 : 5). Il n’a jamais commis le péché, ni dans son cœur, ni dans sa vie ; autrement il ne serait pas l’Agneau « sans défaut et sans tache » (1 Pier. 1 : 19), et Dieu n’aurait pas accepté le sacrifice qu’Il Lui a offert pour nous en s’offrant lui-même.

                        Le « trône de la grâce »

« Approchons-nous donc avec confiance du trône de la grâce, afin de recevoir miséricorde et de trouver grâce, pour avoir du secours au moment opportun » (v. 16).
            Ayant un tel Médiateur, approchons-nous avec confiance (10 : 19-22 ; Eph. 3 : 12) du trône de la grâce, où Dieu siège dans son éternelle et glorieuse Majesté, mais aussi dans ses compassions infinies, et comme le « Dieu de paix » (13 : 20). C’est du haut de ce trône, uniquement fondé sur son amour et sur le parfait sacrifice de son Fils, qu’Il verse à pleines mains sur nous ses faveurs complètement imméritées.
            La miséricorde divine couvre nos offenses et nous nettoie de nos péchés. Que Dieu l’exerce par des actes successifs de secours, ou seulement par la communication de sa paix à notre conscience, cela revient absolument au même dans l’expérience du croyant.
            Nous trouvons grâce et nous avons « du secours au moment opportun », l’assistance de Dieu dans nos afflictions, nos perplexités et nos tentations diverses. Paul en a connu plus d’une fois la puissance dans les grandes souffrances qu’il a eu à endurer pour le Nom du Seigneur (2 Cor. 1 : 4). « Ma grâce te suffit, car ma puissance s’accomplit dans la faiblesse » (2 Cor. 12 : 8-9), lui a dit alors Jésus, et cette seule parole a répandu le calme et la paix dans son âme agitée.
            Le mot grec traduit par « secours » exprime un secours qu’on reçoit en priant avec ardeur, en criant en quelque sorte pour l’obtenir - au secours ! « Au moment opportun » : il ne nous est jamais plus nécessaire qu’au jour de l’épreuve et de la tentation, mais jamais non plus nous ne sommes mieux autorisés qu’alors à le réclamer et à l’attendre de la fidèle bonté du Seigneur.

Il est bon, avant de poursuivre cette étude, de faire dès maintenant une remarque dont l’application reviendra à chaque instant au cours de la lecture des chapitres suivants.
            L’Ecriture nous présente les vérités évangéliques sous une grande diversité d’images. Parmi celles-ci, il en est qu’elle emprunte aux scènes variées de la nature, aux circonstances ordinaires de la vie domestique ou de la vie sociale… C’est particulièrement le cas dans les instructions de Jésus telles que les Evangiles nous les rapportent. Il en est d’autres qu’elle emprunte au tabernacle et au culte d’Israël ; c’est particulièrement le cas de notre Epître : tabernacle, voile, lieu très saint, trône de grâce, sont des images, mais des images, ne l’oublions pas, que Dieu lui-même a choisies.
            En nous proposant la vérité salutaire sous toutes les formes possibles - celle de la parabole, celle de l’allégorie ou du type, celle de l’enseignement purement doctrinal -, Dieu a voulu, dans sa sagesse infinie, l’adresser tour à tour aux diverses facultés de notre âme, à notre imagination comme à notre entendement. Il a désiré donner du relief à la vérité, de la vie, de la couleur, et nous la rendre ainsi toujours plus claire, toujours plus expressive et plus attrayante. L’aspect imagé et concret dont Il revêt les doctrines les plus transcendantes de la révélation les met à la portée des plus simples. Il les fait vivre dans les scènes variées de la nature, dans les diverses circonstances de la vie humaine, ou dans le cadre imposant et sublime du tabernacle. Nous les voyons, nous les touchons en quelque sorte ; elles restent à jamais gravées dans notre souvenir et dans notre cœur.
            Les images que le Nouveau Testament emprunte au tabernacle ont ceci de particulier qu’elles ne sont pas de simples illustrations des vérités divines ; elles sont aussi l’accomplissement de types ou prophéties - sous forme de symboles. Ce fait leur donne une importance que n’ont pas les autres. La merveilleuse corrélation qui existe entre le symbole et sa réalisation, entre le type et l’antitype, est singulièrement propre à affermir notre foi. En ramenant sans cesse nos regards sur Celui dont Moïse a rendu témoignage, soit en paroles, soit en types (3 : 5), en replaçant continuellement devant nous son image bénie dans le culte du tabernacle, elle devient aussi pour nous la source des plus douces jouissances.
            Il y a plus encore : le mutuel témoignage que se rendent l’Ancien Testament et le Nouveau, le parfait accord du Lévitique et des Hébreux, nous fournit un précieux moyen de convaincre les incrédules, chrétiens de nom ou Juifs convaincus, et de leur faire toucher du doigt une haute sagesse là où jusqu’ici peut-être leur œil charnel n’avait su voir que folie ; il nous offre pour eux un argument analogue à celui que nous puisons dans la prophétie : Tant d’événements prophétiques se sont déjà réalisés, pourquoi ceux qui concernent le futur ne se réaliseraient-ils pas ?

D'après E. Guers