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APERCU DE L'ENSEIGNEMENT DE L'EPITRE AUX EPHESIENS (2)
 

CHAPITRE 3
           Le mystère du corps de Christ : Eph. 3 : 1-7
           La révélation du mystère et ses effets : Eph. 3 : 8-13
           La seconde prière de l'apôtre pour les saints d'Ephèse : Eph. 3 : 14-17

CHAPITRE 4
            L'unité du corps de Christ : Eph. 4 : 1-6
            Les dons de Christ : Eph. 4 : 7-10
            Différents caractères de la conduite des croyants : Eph. 4 : 17-32


CHAPITRE 3 :
 
            Nous avons parcouru brièvement le commencement de cette épître, afin de considérer ce que Dieu a fait de nous et pour nous. S'il a agi ainsi en vue de l'éternité, c'est aussi dans le but que notre marche soit déjà selon sa volonté, alors que nous sommes ici-bas.
             Nous abordons maintenant, avec le chapitre 3, le grand et important sujet de l'Eglise, dont le mystère caché dès les générations précédentes a été révélé à l'apôtre Paul.
 
 
Le mystère du corps de Christ : Eph. 3 : 1-7
 
            Tout ce chapitre 3 constitue une parenthèse montrant comment la vérité concernant Christ et l'Assemblée a été communiquée aux hommes. Ce fut l'objet d'un ministère spécial de l'apôtre Paul que d'annoncer ce mystère. Comment les desseins d'amour, si longtemps cachés dans le coeur divin (d'où l'expression « le mystère du Christ »), ont-ils été communiqués aux hommes ? Par révélation ! Dieu l'a révélé par son Esprit (1 Cor. 2 : 9-10). Mais en particulier, l'apôtre Paul a été le héraut choisi pour proclamer cette vérité (v.8 - Col. 1 : 24-27) !
            C'est un message puissant qui a été prêché. Les croyants tirés des nations sont cohéritiers de ceux qui sont d'origine juive. Ils ont reçu ensemble un seul héritage bien supérieur à l'héritage terrestre promis à Israël. D'autre part, les croyants des nations forment un seul corps avec ces croyants juifs. Christ est la tête de ce corps ; elle est déjà glorifiée dans le ciel. Enfin, ils sont aussi devenus participants des promesses divines en Christ, dont la réception du Saint Esprit fait partie.
            L'annonce de cette vérité avait produit une grande animosité contre Paul parmi les Juifs. Dans leur vanité, ils ne voulaient pas admettre leur propre état de mort devant Dieu, ni accepter que les nations, qu'ils considéraient comme très inférieures à eux, puissent recevoir la même grâce qu'eux. Cette haine devait finalement provoquer l'emprisonnement de l'apôtre Paul (v.1).
 
 
La révélation du mystère et ses effets : Eph. 3 : 8-13
 
            Quand Paul parle de son service personnel, il se présente comme le moindre de tous les saints. Lui qui avait la plus haute révélation de ce grand mystère et en connaissait toute la portée, prend en toute humilité la dernière place. C'est la même attitude qu'il prend en d'autres occasions (1 Cor. 15 : 8 ; 1 Tim. 1 : 15).
            L'annonce de l'évangile devait amener les hommes au-delà de la simple assurance du pardon de leurs péchés. Il devait les éclairer et leur faire comprendre le conseil éternel de Dieu, ce mystère qu'il a maintenant révélé : l'Assemblée et son union intime avec Christ.
            Autrefois, au moment de la création, les anges contemplaient la sagesse divine et ils éclataient de joie (Job 38 : 7). Mais l'Assemblée, elle, fait connaître la sagesse si diverse de Dieu, savoir qu'il pouvait donner à des êtres pécheurs une position céleste si merveilleuse ! La sainteté divine devait être satisfaite, une réponse devait être apportée aux besoins des hommes, le péché effacé, la mort abolie et la puissance de Satan détruite ! La séparation qui existait entre Juifs et nations devait être comblée et le ciel ouvert. Puis Christ étant glorifié comme homme dans le ciel, l'Esprit Saint allait être envoyé sur la terre où l'évangile serait prêché. Tout ceci, parmi tant d'autres bénédictions, était nécessaire pour l'édification de l'Assemblée.
 
 
La seconde prière de l'apôtre pour les saints d'Ephèse : Eph. 3 : 14-17
 
            A partir du verset 14, nous lisons la seconde prière de l'apôtre Paul dans cette épître. S'il s'adresse au chapitre 1 au Dieu de notre Seigneur Jésus, ce dernier étant considéré comme un homme, il ploie maintenant les genoux devant le Père de notre Seigneur Jésus. Le Seigneur est considéré ici comme le Fils.
            L'apôtre prie pour que tous les saints soient dans un état spirituel tel qu'ils reçoivent la capacité de comprendre les grandes vérités qu'il dévoile dans cette épître, ce qui suppose que l'homme intérieur soit fortifié et que le coeur soit dans un état tel que le Seigneur Jésus puisse y habiter.
            Le verset 18 montre la grandeur de ce mystère vu selon les quatre dimensions : tout d'abord la largeur du conseil éternel de Dieu, qui englobe « tous les saints » ; puis sa longueur qui s'étend d'éternité en éternité ; ensuite sa profondeur qui s'abaisse jusqu'à nous et répond à tous nos besoins, ce qui n'aurait pas été possible sans la croix de Golgotha ; enfin sa hauteur, car ce mystère nous associe au domaine occupé par le Seigneur Jésus, comme Homme élevé dans la gloire.
            L'apôtre termine sa prière pour les saints en demandant qu'ils considèrent toujours plus l'amour de Christ, tout en sachant qu'il est impossible d'en comprendre actuellement toute l'étendue et d'en jouir pleinement ici-bas. En concluant cette première partie de l'épître, c'est-à-dire la partie doctrinale, le coeur de l'apôtre déborde de louange et d'actions de grâces rendues à Dieu, qui peut faire infiniment plus que tout ce que nous demandons ou pensons (v. 20-21).
 
 
 
CHAPITRE 4 :
 
 
L'unité du corps de Christ : Eph. 4 : 1-6
 
            Durant les trois premiers chapitres de cette épître, l'apôtre nous a entretenus de la haute vocation du chrétien. Il a montré que tous les croyants forment ensemble l'Assemblée, le corps de Christ et sa plénitude. C'est donc la pensée de Dieu que les merveilleux traits de caractère de l'Homme Christ Jésus se manifestent aussi en nous, ce qui suppose que nous ayons une marche digne de notre appel. Nous devons vivre en reflétant les caractères de Christ : son humilité, sa bonté, sa longanimité et son amour. Dans la pensée de Dieu, les rachetés forment un seul corps dans l'unité de l'Esprit. Chaque vrai croyant est un membre de ce corps de Christ ; il possède le Saint Esprit et marche avec tous les enfants de Dieu vers un but magnifique, la maison paternelle. L'unité est formée par le Seigneur lui-même, mais nous sommes invités à « garder cette unité de l'Esprit par le lien de la paix » (v. 3). Or la chrétienté dans son ensemble ne s'y est jamais appliquée. Au lieu de manifester leur attachement au corps de Christ en portant le fruit de l'Esprit, les croyants ont laissé se manifester les oeuvres de la chair (Gal. 5 : 19-22), avec pour conséquence des divisions. L'unité de l'Esprit ne peut se réaliser que si nous jugeons la chair. Peu nombreux peut-être sont ceux qui sont décidés à juger toutes leurs pensées à la lumière de la Parole de Dieu et à mettre en pratique ce que cette Parole leur a enseigné. Toutefois ne soyons pas accablés, et dans un esprit de paix, appliquons-nous tous ensemble à garder l'unité de l'Esprit.
 
 
 
Les dons de Christ : Eph. 4 : 7-10
 
            Dans ce chapitre, l'apôtre nous parle à présent des dons spirituels. Ils nous viennent du Seigneur qui a été élevé dans le ciel et glorifié, après avoir remporté une victoire complète sur toutes les puissances du mal.
            Nous apprenons d'abord que chaque croyant a reçu un don personnel de la part du Seigneur pour le bien de son Assemblée (Rom. 12 : 4-6). Puis à partir du verset 11, les dons particuliers que le Seigneur a donnés à son Assemblée pour son édification sont mentionnés. Il est question en premier lieu des apôtres et des prophètes. Ce sont ces dons fondamentaux que nous ne possédons plus aujourd'hui – du moins dans le sens de l'Ancien Testament – étant donné que la révélation est maintenant, dans le Parole de Dieu, complète. Les évangélistes sont ceux qui annoncent la bonne nouvelle aux âmes encore égarées. Les pasteurs et les docteurs s'occupent, les uns et les autres, des soins nécessaires aux croyants afin de les conduire dans toute la vérité. C'est la volonté du Seigneur que son Assemblée soit édifiée par des instruments humains. Il les appelle lui-même, les prépare, les donne ensuite à son Assemblée et s'en sert. Il nous appartient de les honorer et de les écouter.
            Quel est le but de chaque service envers les croyants ? « Que nous parvenions tous à l'unité de la foi et à la connaissance du Fils de Dieu » (v.13). La « foi », ici, signifie tout le trésor que constitue l'ensemble des vérités chrétiennes. C'est le désir de Dieu que tous les siens saisissent ces vérités et apprennent à connaître la Personne de son Fils. Tout cela nous est enseigné dans sa Parole. Son but est que « nous croissions en toutes choses jusqu'à Lui qui est le Chef, le Christ » (v.15) ; mais nous n'atteindrons cette croissance complète qu'en arrivant au but, dans le ciel.
            C'est à partir du verset 17 du chapitre 4, que nous allons donc voir ce que Dieu est en droit d'attendre de ceux auxquels il a fait connaître leur position si glorieuse pour le temps et l'éternité, et qu'il a rendu participants de sa nature.
 
 
Différents caractères de la conduite des croyants : Eph. 4 : 17-32
 
       - Ne plus vivre comme les incrédules :
            Après avoir donné l'enseignement doctrinal de son épître, l'apôtre nous engage maintenant, puisque nous avons confessé le Seigneur, à ne plus vivre comme nous le faisions, étant incrédules. La description qu'il nous donne des nations ne concerne pas seulement les païens, mais aussi de plus en plus les hommes autour de nous. Ceux qui habitent dans nos pays réputés « chrétiens » vivent souvent sans Dieu et sont de plus en plus volontairement ignorants de ses commandements. Si l'on prétend être capables de juger soi-même de tout et que, finalement, on s'adonne à toutes sortes de jouissances sans aucune retenue, on perd rapidement toute sensibilité et l'on est en fait incapable de discerner le bien du mal.
            Le secours divin, seul capable de nous préserver d'une telle vie d'égarement, se trouve dans le Seigneur Jésus, comme Homme sur cette terre. Sa vie est le parfait exemple pour un enfant de Dieu. Il est notre divin pédagogue et il est en même temps le « livre du Maître » et l'exemple pratique correspondant.
 
        - Apprendre le Christ :      
            Le croyant a la vie de Dieu, son entendement est renouvelé, il peut marcher autrement que les nations. Quelle sera pour lui la règle de cette marche ? Le Juif ne devait pas non plus marcher comme les nations ; sa règle était la loi. La règle du chrétien c'est Christ, parce que Christ est sa vie. C'est pourquoi l'apôtre dit : « Mais vous n'avez pas ainsi appris le Christ, si du moins vous l'avez entendu et avez été instruits en lui selon que la vérité est en Jésus » (Eph. 4 : 20-21). C'est une personne qui est l'objet du christianisme. Le Sauveur est présenté à celui qui gémit sous le poids de ses péchés, et lorsqu'il l'a reçu, il est l'objet de son coeur renouvelé. Il ne peut sans cela se conduire chrétiennement. Il faut donc apprendre le Christ, considérer cet homme parfait dans sa marche, manifestant fidèlement les caractères de Dieu au milieu du mal qui l'entourait. Apprendre ce que Christ a été, rend capable de marcher comme lui. C'est ce qui caractérisait les disciples d'Antioche (Actes 11 : 26). Ils avaient appris le Christ, leur marche était le reflet de la sienne, c'est pourquoi on les appela chrétiens. A la marche d'un croyant, on peut reconnaître s'il est occupé de Christ, parce que l'on ne peut l'être sans lui ressembler.
 
        - Revêtir le nouvel homme :
            Pour imiter vraiment la vie du Seigneur, il faut dépouiller le vieil homme et revêtir le nouvel homme créé selon Dieu (v. 22-24). Dieu n'a pas amélioré notre vieille nature corrompue, mais il l'a définitivement jugée à la croix en Christ. Lors de notre nouvelle naissance, nous avons revêtu le nouvel homme. Mais il s'agit de réaliser pratiquement chaque jour que nous possédons une nouvelle vie et que la vieille nature ou le « moi » n'ont plus la direction de notre conduite : cette vie appartient au Seigneur Jésus.
            La vérité de ce qu'est le chrétien est en Jésus, en cet Homme qui a parfaitement glorifié Dieu. La vérité est l'expression parfaite de ce que sont toutes choses relativement à Dieu. C'est Jésus qui a mis en évidence toutes choses sous leur vrai jour ; Dieu, l'homme, le bien, le mal, le monde… On ne peut posséder la vérité d'une chose sans Christ.
            L'apôtre précise ici ce qu'est la vérité en Jésus relativement au croyant :
                        - « avoir dépouillé le vieil homme qui se corrompt selon les convoitises trompeuses »                    
                        - « être renouvelé dans l'esprit de son entendement »
                        - « avoir revêtu le nouvel homme, créé selon Dieu, en justice et sainteté de la vérité » (v. 22-24).
            En étant « instruits en Jésus », en contemplant sa marche irréprochable, on ne découvre rien du vieil homme. Il était l'homme selon la pensée de Dieu, expression de ce qu'est Dieu et de ce qu'est le croyant. Pour que nous devenions ces hommes dont il a été l'expression parfaite, il a dû mourir, non seulement pour ôter nos péchés, mais pour mettre fin à notre état en Adam, c'est-à-dire au vieil homme. Il est ressuscité, et par sa résurrection, le croyant qui a dépouillé le vieil homme dans sa mort, a revêtu le nouvel homme. C'est un fait accompli, que seule la foi peut saisir. Ce n'est pas une exhortation à dépouiller le vieil homme et à revêtir le nouveau. C'est chose faite ; comme quelqu'un qui se dépouille de ses vieux vêtements et qui en revêt de nouveaux : la réalisation pratique découle de ce fait.
 
        - Une marche dans la vérité et l'intégrité :
            Le diable est le père du mensonge (Jean 8 : 44). Le mensonge est un fruit de cette vieille nature, qui ne doit plus dominer sur nous. C'est pourquoi il est important que les croyants soient vrais envers Dieu et vis-à-vis de leurs semblables.
            La colère n'est pas mauvaise dans tous les cas. En Marc 3 : 5, la colère du Seigneur se montre en présence de l'endurcissement du coeur. Mais nous devons être sur nos gardes pour ne pas aller trop loin et ne pas donner occasion à Satan de nous faire tomber dans le péché.
            Le vol est aussi une manifestation de la marche sans Dieu. Comme croyants nous devons montrer quelques reflets de la vie du Seigneur Jésus, en travaillant de nos propres mains pour notre subsistance et pour avoir la possibilité de venir également en aide à ceux qui sont dans le besoin. C'est ce que faisait aussi l'apôtre Paul (Act. 20 : 34-35).
            Par ses actes, et aussi dans ses paroles, un homme doit montrer qu'à la conversion un changement complet s'est opéré en lui. Si nos paroles reflètent cette grâce dont nous avons été les objets, c'est une chose précieuse (v. 32). Ce n'est pas seulement avec le produit de notre travail qu nous pouvons faire du bien à notre prochain, mais aussi en paroles. « Qu'aucune parole déshonnête ne sorte de votre bouche, mais celle-la qui est bonne, propre à l'édification selon le besoin, afin qu'elle communique la grâce à ceux qui l'entendent » (Eph. 4 : 29). Ce qui est déshonnête est contraire à la bienséance. On voit qu'il s'agit toujours de manifestations diverses de la nature divine en contraste avec ce que le péché a introduit dans le monde. La nature divine se manifeste en oeuvres et en paroles qui toutes doivent être avantageuses pour ceux qui nous entourent. C'est ce que le Christ réalisait d'une manière parfaite. « Tous s'étonnaient des paroles de grâce qui sortaient de sa bouche » (Luc 4 : 22). Au Ps. 45 : 2, il est dit de lui : « la grâce est répandue sur ses lèvres ». Il est bien dit que de « l'abondance du coeur la bouche parle » (Matt. 12 : 34). Si le coeur est nourri de bonnes choses, nourri de la personne du Seigneur, la bouche ne prononcera que des paroles bonnes, propres à l'édification selon le besoin, elles communiqueront la grâce à ceux qui les entendront, comme c'était toujours le cas chez le Seigneur.
            Une chose importante à retenir en lisant la Parole, c'est que Dieu adresse ses exhortations à chacun de nous individuellement. Nous devons toujours penser  que Dieu s'adresse à chacun de nous avec l'autorité de son amour qui veut notre bonheur en nous enseignant à marcher dans le chemin que le Seigneur nous a tracé, afin que nous puissions toujours jouir de sa communion.
 
 
        - N'attristez pas le Saint Esprit de Dieu :
            A la Pentecôte, le Saint Esprit est venu sur cette terre pour habiter désormais au milieu de l'Assemblée et dans chaque enfant de Dieu. Il est cette force nécessaire en nous pour vivre une vie selon Dieu. Mais à cause des choses mauvaises que nous faisons et que nous tolérons dans nos vies, il est attristé et freiné dans son activité. C'est pourquoi l'apôtre déclare : « N'attristez pas le Saint Esprit de Dieu par lequel vous avez été scellés pour le jour de la rédemption » (v. 30).
            Dieu nous a non seulement rendus participants de sa nature, mais il nous a donné le Saint Esprit par lequel nous avons été scellés pour le jour de la rédemption. Ce sont ceux que Dieu aura scellés de son Esprit qui recevront un corps glorieux à la résurrection et à la venue du Seigneur. En même temps, cet Esprit, arrhes, sceau et onction, est la puissance par laquelle nous pouvons marcher comme enfants de Dieu. La chair est encore en nous, et elle ne peut être tenue en échec c'est-à-dire dans la mort, que par l'action de l'Esprit. Nous lisons en Gal. 6 : 17 : « car la chair convoite contre l'Esprit et l'Esprit contre la chair ; ... afin que vous ne pratiquiez pas les choses que vous voudriez » (c'est-à-dire : ne pas pratiquer les choses qui proviennent de notre mauvaise nature). Pour que nous puissions résister aux convoitises de notre chair, le Saint Esprit occupe nos coeurs de Christ ; c'est l'oeuvre qu'il accomplit normalement en nous. Car si le nouvel homme est occupé de Christ, le vieil homme n'aura pas l'occasion de satisfaire ses désirs corrompus. C'est pourquoi il est dit : « N'attristez pas le Saint Esprit de Dieu » (v. 30). Dieu le Saint Esprit ne peut pas supporter le mal. Lorsque nous avons péché, il ne se retire pas de nous, mais il est arrêté dans le service qu'il accomplit habituellement en nous. S'il ne peut plus nous occuper de Christ, nous courons de grands dangers. Si l'Esprit n'est plus actif dans ce sens, la chair aura la liberté d'agir et nous pouvons descendre moralement très bas Si la communion avec Dieu est interrompue et les péchés non jugés, d'autres s'ajoutent, jusqu'à ce que l'on n'arrive plus à discerner ce qui convient à Dieu ; on est endormi spirituellement et par ce sommeil spirituel, « couché au milieu des morts ». Il n'y a alors plus de différence apparente entre celui qui est né de Dieu et celui qui ne l'est pas ! C'est pourquoi il faut être vigilant. Dès que l'Esprit de Dieu est attristé, il faut en juger le motif afin que cet hôte divin puisse accomplir à nouveau son service normal, qui est de nous occuper de Christ, occupation qui ôte au vieil homme l'occasion de se manifester.
            Au v. 31, l'apôtre énumère des choses qu'il faut éviter afin de ne pas attrister le Saint Esprit. « Que toute amertume, et tout courroux, et toute colère, et toute crierie, et toute injure, soit ôtés du milieu de vous, de même que toute malice ». On évitera l'amertume en acceptant avec le secours divin tout ce qu'il peut y avoir de pénible dans les faits qui peuvent en être la cause, car si l'on entretient de l'amertume, surtout à l'égard de ceux qui peuvent nous avoir offensés, on s'expose à la colère et au courroux. Comme nous l'avons vu plus haut, ce qui doit nous faire intervenir en présence le mal, c'est ce qu'il est contre Dieu ; tandis que ce qu'il est à notre égard doit nous inciter à la grâce et au pardon. Sinon le courroux et la colère produiront l'injure. Toutes ces choses doivent être ôtées du milieu de ceux qui sont créés à l'image de Dieu, de même que toute malice. Le coeur naturel est disposé au mal ; il est la source de toute manifestation contraire à la nature divine. C'est pourquoi il faut juger ces dispositions à leur racine. Elles caractérisaient le vieil homme qui a été dépouillé !
 
            Le v. 32 indique comment le nouvel homme doit agir au milieu de tout ce qui peut exciter les manifestations de la chair : « mais soyez bons les uns aux autres, comme Dieu aussi en Christ vous a pardonné ». Ce n'est pas de temps à autre seulement qu'il faut être bon, c'est en toute occasion. Soyons disposés à ne pas faire ressortir le mal, à tenir compte du bien, à savoir le découvrir et agir constamment en grâce. En faisant preuve de bonté, nous serons  compatissants ; au lieu d'être indifférents aux peines et aux maux d'autrui, nous prendrons notre part de leurs souffrances.
            L'exhortation à se pardonner les uns aux autres, montre qu'il y a des torts à supporter. Au lieu de montrer de la rancune et de la colère, on doit pardonner. Il faut le faire dans son coeur dès que l'on a connaissance des torts qui peuvent nous être faits, même si l'état de celui qui nous a fait tort ne permet pas que cela lui soit dit tout de suite. Le Seigneur dit : « Si sept fois le jour ton frère pèche contre toi, et que sept fois il retourne à toi, disant : je me repens, tu lui pardonneras » (Luc 27 : 4). Etant créés selon Dieu, le modèle du pardon est Dieu lui-même : « comme en Christ il nous a pardonné ». Dans ce modèle, il n'y pas d'exception, pas de cas trop offensants ! Aucun péché n'est trop grave pour être pardonné ; par le plus petit de mes péchés, j'ai offensé Dieu bien davantage que je n'ai pu l'être par un tort que pourtant j'estime être le plus grand que l'on puisse faire à quelqu'un ! Ayant été pardonnés de tous nos péchés, comment ne pardonnerions-nous pas à nos frères de tout notre coeur, comme le Seigneur le dit en Matt. 18 : 35 ?