Méditations suivies : 2ème épître à Timothée (4)

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DEUXIEME EPITRE A TIMOTHEE (4)

Caractères d’un serviteur fidèle (v. 1-6)
 Compte-rendu d’un serviteur fidèle (v. 6-8)
 D’autres serviteurs (v. 9-12)
 Le serviteur délaissé (v. 13)
 Le Seigneur et son serviteur (v. 14-18)
 Salutations entre serviteurs (v. 19-22)

 
CHAPITRE 4
 
                               Caractères d’un serviteur fidèle (v. 1-6)

            Dans ces cinq versets, Timothée est exhorté à accomplir son service avec fidélité. Pour souligner le sérieux de ses paroles, Paul en appelle à Dieu comme autorité suprême et à Jésus-Christ, le juge des vivants et des morts, comme témoin (Act. 17 : 31).
            Lors de son apparition en gloire pour l’établissement de son règne millénaire, il jugera les vivants (Matt. 25 : 31-46). Pendant son règne sera également exercé un jugement permanent envers ceux qui s’élèveront contre les lois du royaume (Ps. 101 : 8 ; Es. 66 : 24). Après les mille ans, le Fils de l’homme jugera les morts. Tous ceux qui sont morts incrédules comparaîtront devant le grand trône blanc pour entendre leur condamnation éternelle (Apoc. 20 : 11-15). Les croyants auront tous été manifestés devant « le tribunal du Christ », mais n’y auront pas été jugés. Tout ce que le Seigneur aura estimé précieux aura alors été manifesté (Jean 5 : 24 ; 2 Cor. 5 : 10). Le trône de jugement est donc intimement lié à l’apparition et au règne de Christ.
            Le rappel de ces choses devait attirer l’attention de Timothée sur sa responsabilité, mais aussi le fortifier dans le service pour le Seigneur, car Paul avait une mission importante à lui confier. Elle comportait trois parties : « ce » qu’il devait faire, « quand » et « comment » il devait le faire.

                 – 1. Tout d’abord : « Prêche la parole ». Cette parole est la parole de Dieu, que Timothée connaissait par les « Saintes Lettres », l’Ancien Testament, et par ce qu’il avait pu apprendre, entre autres, de l’apôtre Paul. C’est l’ensemble de la vérité révélée, et c’est ce message seul qu’il devait prêcher. Il n’était pas autorisé à en supprimer ou y ajouter quoi que ce soit.
                 – 2. Après le « ce », suit le « quand » : « Insiste, que l’occasion soit favorable ou non ». Il ne devait pas y avoir d’occasions convenables ou d’occasions qui ne convenaient pas, car : « Voici, c’est maintenant le temps favorable ; voici, c’est maintenant le jour du salut » (2 Cor. 6 : 2). Mais souvent se présente la situation que Paul a connue devant Félix, le gouverneur romain, qui, tout effrayé, lui avait répondu : « Pour le présent, retire-toi ; quand je trouverai un moment convenable, je te ferai appeler » (Act. 24 : 25). Ce temps convenable ne s’est probablement plus jamais présenté pour Félix ! Pour les incrédules, la confrontation avec l’éternité est souvent angoissante, parce qu’ils ferment leurs yeux et leur cœur à l’évangile. Mais les enfants de Dieu peuvent également se trouver dans un état spirituel fâcheux qui les empêche de recevoir une exhortation nécessaire. Un témoin fidèle du Seigneur ne se laissera cependant pas rebuter par un tel refus de la grâce et de la vérité de Dieu.

                 – 3. Enfin, Paul donne à Timothée des conseils concernant le « comment ». Il ne devait pas seulement prêcher la parole de Dieu, mais également tenir compte de l’état des cœurs des auditeurs, individuellement. « Convaincre » est un appel à la conscience, conduisant à la confession des péchés. « Reprendre » est nécessaire si quelqu’un s’oppose à la vérité. « Exhorter » peut aussi être traduit par « consoler ». Il faut donc user d’amour et de douceur, associés à tout le sérieux nécessaire. Ce service auprès de ceux que nous côtoyons n’exige pas seulement la fermeté dans la doctrine, mais aussi une patience inlassable.

            L’apôtre entrevoit déjà le temps où un tel ministère sera très difficile (v. 3). Il y aura alors des chrétiens qui ne pourront supporter la doctrine de la Parole de Dieu, ni ceux qui l’annoncent, mais qui se choisiront des docteurs répondant à leur imagination charnelle. Se détourner de la vérité et se tourner vers des fables est bien solennel. Face à cet arrière-plan bien sombre, nous trouvons pour la troisième fois ces mots : « mais toi » (v. 5). La première fois, Paul avait rappelé à Timothée ce qu’il avait pleinement compris (3 : 10). Puis il l’avait exhorté à demeurer dans ce qu’il avait appris et dont il était pleinement convaincu (3 : 14). A présent, il l’exhorte pour le service, qu’il devait accomplir. Nous trouvons le même ordre de pensée chez Esdras le scribe dont il est dit qu’il « avait disposé son cœur à rechercher la loi de l’Eternel, et à la faire, et à enseigner en Israël les statuts et les ordonnances » (Esd. 7 : 10).
            Il lui fallait donc être prudent, c'est-à-dire se tenir à l’écart de toute mauvaise influence. Ensuite il devait être disposé à endurer des souffrances. Il devait aussi faire l’œuvre d’un évangéliste et accomplir son service. Malgré les nombreuses difficultés au sein de l’Assemblée, il ne devait pas négliger « la cause de l’évangile » (Phil. 2 : 22). Mais parallèlement il devait mener à bonne fin son service pour le Seigneur.
            N’est-il pas encourageant pour nous de rencontrer, dans une épître qui parle beaucoup de ruine, cette pensée de l’achèvement ? Nous avons tendance à trop nous occuper des choses négatives et nous sommes alors découragés. Mais le Seigneur nous montre ici que dans de telles circonstances, il veut accomplir son œuvre, accordant à ses serviteurs les forces nécessaires !
 

                         Compte-rendu d’un serviteur fidèle (v. 6-8) 

            Dans les versets 6 à 8, Paul parle de lui-même. Il ne le fait pas pour se glorifier, mais pour étayer les nombreuses exhortations adressées à Timothée. Paul entrevoit déjà la fin de sa vie et prépare en quelque sorte, par ces dernières communications à son fidèle collaborateur, le délicat « passage des générations ».
            Dans l’Ancien Testament, une libation, une offrande sous forme de boisson forte (Nom. 28 : 7), était prévue sur certains sacrifices, comme l’holocauste continuel offert matin et soir (Ex. 29 : 38-40). Une libation de vin, image de la joie (Ps. 104 : 15), constituait le couronnement final du sacrifice. Paul utilisait déjà cette image dans l’épître aux Philippiens (2 : 17). Ceux des nations qui avaient cru à l’évangile étaient en quelque sorte une offrande pour Dieu (Rom. 12 : 1 ; 15 : 16). Maintenant, au terme de son service et près de son martyre, l’apôtre des nations se réjouissait de servir de libation sur l’offrande de leur consécration à Dieu, les deux formant ensemble un tout agréable à Dieu. Ayant devant lui le moment de sa mort, il jette un regard en arrière sur son service accompli.
            Conduit par le Saint Esprit dans son jugement, et non par la vanité et la présomption, il peut dire : « J’ai combattu le bon combat, j’ai achevé la course, j’ai gardé la foi » (v. 7). Paul ne parle pas du combat contre le péché qui habitait en lui, ni contre la chair, mais du combat pour la vérité divine dans un monde ennemi. Seul celui dont les yeux sont constamment fixés sur le Seigneur Jésus, sur la vérité, ce précieux dépôt de la foi, et qui garde une bonne conscience, peut soutenir ce bon combat.

            Paul avait « achevé la course » (v. 7). Il utilise fréquemment l’image du coureur olympique qui n’a qu’un but : quitter le stade en vainqueur, et il nous montre ainsi avec quel zèle il avait cherché à atteindre son but (Act. 20 : 24 ; 1 Cor. 9 : 24 ; Phil. 3 : 14).
            Paul avait également gardé la foi, c’est-à-dire la vérité de Dieu reconnue comme telle. Ce précieux dépôt joue un grand rôle dans les deux épîtres à Timothée. Les serviteurs (diacres) devaient garder le mystère de la foi dans une conscience pure (1 Tim. 3 : 9), et Timothée également devait être nourri dans les paroles de la foi, et combattre le bon combat de la foi (1 Tim. 4 : 6 ; 6 : 12). Déjà, dans ce temps-ci, quelques-uns avaient fait naufrage quant à la foi (1 Tim. 1 : 19). Il était donc important pour Paul de pouvoir dire qu’il avait gardé intact le bon dépôt que Dieu lui avait confié.

            Paul ne regarde pas seulement en arrière, mais aussi en avant. Lui qui dans sa vie a si souvent été critiqué et condamné par des juges injustes, savait qu’il paraîtrait bientôt devant le juste Juge (v. 8) ! De lui il obtiendrait la couronne de justice qui lui était désormais réservée. Devant le tribunal du Christ, où tout sera manifesté, il la recevra comme récompense de ses peines et de son service. L’apparition de Christ en gloire est étroitement liée à ces récompenses qu’obtiendront les siens à la gloire de Dieu. Ce ne seront pas en premier lieu les résultats visibles du travail pour le Seigneur qui seront approuvés, mais la fidélité et l’amour avec lesquels chacun aura répondu à la responsabilité qui lui a été confiée personnellement. Pierre encourage lui aussi les anciens avec ces paroles : « Quand le souverain Pasteur sera manifesté, vous recevrez la couronne inflétrissable de gloire » (1 Pier. 5 : 4).

            Quelle clarté projette ce jour où nous serons manifestés avec Lui devant le monde sur notre vie de foi tout entière ! Nous serons semblables au Fils de l’homme glorifié. Paul aimait l’apparition de son Seigneur, mais il embrasse là tous ceux qui se réjouissent comme lui à la perspective de la glorieuse récompense donnée en ce jour-là.


                        D’autres serviteurs (v. 9-12)

            La fin de cette épître contient des communications personnelles concernant Paul lui-même et quelques-uns de ses collaborateurs. Tout d’abord, il exprime le désir de revoir Timothée au plus tôt car, en hiver et avec les moyens techniques de cette époque, un tel voyage s’avérerait difficile, voire impossible (v. 21).
            Dans l’épître à Philémon, écrite lors de la première captivité à Rome, Démas est désigné expressément comme un « compagnon d’œuvre » (Phm. 24). Dans l’épître aux Colossiens, seul son nom est mentionné (4 : 14). A présent il doit constater que Démas l’a abandonné, « ayant aimé le présent siècle » (v. 10). Démas s’était probablement découragé et avait perdu de vue que ses bénédictions, son appel, et sa citoyenneté étaient célestes.
            De Crescens, qui s’était rendu en Galatie, et de Tite qui était allé en Dalmatie, il ne nous est rien dit de négatif, et nous pouvons admettre qu’ils étaient partis pour le service du Seigneur.

            Luc était maintenant le seul collaborateur de l’apôtre prisonnier à être près de lui à Rome. Il est l’auteur d’un évangile et du livre des Actes des Apôtres. Il avait accompagné Paul dans son deuxième voyage missionnaire, de la Troade jusqu’à Philippes (Act. 16 : 10-40), lors du troisième voyage, de Philippes à Jérusalem (Act. 20 : 5 ; 21 : 17), et enfin dans le voyage conduisant Paul de Césarée à Rome (Act. 27 : 1-2). Selon le choix des pronoms « ils » ou « nous » dans la narration du livre des Actes, nous pouvons savoir qu’il accompagnait Paul.
            Paul demande à Timothée d’amener Marc, qui lui sera utile pour le service. Jean-Marc, neveu de Barnabas, avait accompagné Paul et Barnabas lors de leur premier voyage missionnaire, mais peu de temps après, il les avait laissés et était retourné à Jérusalem, sa ville natale (Act. 13 : 13). Alors qu’ils projetaient le deuxième voyage, Barnabas se proposait de le reprendre avec eux, ce qui amena de l’irritation entre lui et Paul. Paul partit donc en compagnie de Silas, et Barnabas retourna à Chypre, sa patrie, avec Marc (Act. 15 : 37-40). Ainsi, ce jeune homme avait été à l’origine d’un désaccord entre deux serviteurs approuvés du Seigneur. Mais le Seigneur s’occupait de Marc, de sorte que Paul pouvait écrire environ dix ans plus tard aux Colossiens, de recevoir Marc comme compagnon d’œuvre pour le royaume de Dieu (Col. 4 : 10). Dans notre passage il va même plus loin en lui rendant le témoignage, qu’il serait utile pour le service dans lequel il avait jadis failli (v. 11). Il était donc spirituellement entièrement restauré. Comme Luc, Marc a été employé par le Saint Esprit pour rédiger un des quatre évangiles, précisément celui qui nous présente le Seigneur comme le parfait serviteur.

            Tychique, « le bien-aimé frère et fidèle serviteur dans le Seigneur », était déjà allé à Ephèse, sur la demande de Paul (Eph. 6 : 21). Il l’y envoie à nouveau (v. 12).

 

                        Le serviteur délaissé (v. 13)

            Paul demande ensuite à Timothée de lui apporter le manteau qu’il avait laissé en Troade chez Carpus. L’hiver approchait et il en éprouvait un besoin urgent. Timothée devait également amener les livres, spécialement les parchemins, peut-être les livres de l’Ancien Testament. Nous ne savons pas de quels livres il s’agissait, mais le parchemin était alors le matériel pour écrire le plus coûteux.
            On entend dire parfois que de tels propos, si personnels et en apparence bien secondaires, sont la nette démonstration que la parole de Dieu n’est pas inspirée dans son entier. Mais on oublie que Dieu a soin de ses enfants aussi bien en ce qui concerne leur corps et leur âme que leur esprit. C’est pourquoi personne ne peut éliminer de sa vie de foi les menus détails du quotidien. Le Seigneur disait à ses disciples que les cheveux mêmes de leur tête étaient tous comptés (Luc 12 : 7). Ainsi Paul remettait sa vie entière entre les mains de son Dieu et Père et il est en cela un exemple pour nous. « Que vous mangiez, que vous buviez, ou quoi que vous fassiez, faites tout pour la gloire de Dieu », pouvait-il écrire aux chrétiens de Corinthe (1 Cor. 10 : 31).

                        Le Seigneur et son serviteur (v. 14-18)

                                • Le pouvoir de l’Ennemi : v. 14-15

            Nous ne pouvons pas l’affirmer, mais il est possible que le verset 14 nous parle de la même personne que 1 Timothée 1 : 20. Paul doit constater qu’Alexandre a montré beaucoup de méchanceté envers lui. Mais Paul ne donne aucun détail, il le remet à celui qu’il appelle au verset 8 « le juste juge » : « Le Seigneur lui rendra selon ses œuvres ». Timothée devait se garder de cet homme qui nuisait aux croyants (v. 15) et qu’il avait apparemment lui-même rencontré. L’utilisation du pluriel : « Il s’est violemment opposé à nos paroles », laisse penser qu’en dehors de Paul, d’autres frères l’avaient exhorté et lui avaient adressé des remontrances, mais sans succès. Et s’il ne s’était pas repenti, il restait donc un instrument entre les mains de Satan.

                                • Le pouvoir du Seigneur : v. 16-18

            Dans les trois versets suivants, l’apôtre prisonnier parle de ses propres circonstances. C'était la coutume chez les Romains, que des amis ou des parents assistent un accusé devant le tribunal. Combien Paul a dû être attristé en constatant que lors de son audience, personne ne l’avait assisté mais que tous l’avaient abandonné ! Tout comme jadis son Seigneur, il avait été seul devant ses accusateurs. Il lui ressemble aussi dans sa longanimité et son amour, lorsqu’il ajoute : « Que cela ne leur soit pas imputé ». Par ces paroles, il visait les frères qui l’avaient laissé seul au moment de sa plus grande détresse. Mais notre Seigneur, sur la croix, priait pour ses ennemis mêmes : « Père, pardonne-leur, car ils ne savent pas ce qu’ils font » (Luc 23 : 34).
            Après son arrestation, à Jérusalem, le Seigneur avait fortifié Paul par ces paroles : « Aie bon courage ; de même que tu as rendu témoignage à Jérusalem de ce qui me concerne, il faut que tu rendes témoignage aussi à Rome » (Act. 23 : 11). A présent, dans cette situation, il éprouvait le soutien du Seigneur. Il avait déjà pu écrire dans l’épître aux Philippiens, qu’il avait l’occasion en tant que prisonnier de porter le message du salut jusque dans la proximité de l’empereur romain (1 : 13 ; 4 : 22). Il avait durant sa vie mouvementée rendu témoignage devant petits et grands (Act. 26 : 22). A présent, il se tenait devant l’autorité suprême de l’empire romain afin que la prédication soit pleinement accomplie, que le message de l’évangile soit pleinement présenté, et que toutes les nations l’entendent.
            Satan, comme un lion rugissant, avait ouvert sa gueule contre ce faible instrument (1 Pier. 5 : 8). Pour ce faire, il utilisait la puissance du monde, sur lequel il a pouvoir en tant que chef de ce monde et dieu de ce siècle. Si la fidélité de Paul et sa foi avaient faibli, Satan aurait remporté une victoire. Mais le Seigneur protégeait son serviteur et le délivrait de la gueule du lion, afin qu’il puisse témoigner de Lui devant ses ennemis.

            Cette expérience était la preuve pour Paul que le Seigneur le délivrerait de toute œuvre mauvaise que l’ennemi pourrait imaginer contre lui (v. 19). Combien de dangers il avait déjà connus dans son service pour le Seigneur ! Il écrivait aux Corinthiens : « Nous ne voulons pas, frères, vous laisser ignorer, à propos de l’affliction qui nous est arrivée en Asie, que nous avons été excessivement chargés, au-delà de nos forces, au point que nous avons même désespéré de vivre. Mais nous avions en nous-mêmes la sentence de mort, afin de ne pas mettre notre confiance en nous-mêmes, mais en Dieu qui ressuscite les morts. C’est lui qui nous a délivrés d’une si grande mort et qui nous délivre ; en lui nous avons mis notre espérance qu’il nous délivrera aussi encore » (2 Cor. 1 : 8-10). La délivrance peut donc revêtir les formes les plus diverses. « Délivrance », « salut », ces mots couvrent dans le Nouveau Testament une vaste notion, qui comprend la protection tant du corps que de l’esprit.
            On pourrait penser le contraire si, comme le veut la tradition, Paul a bien subi le martyre à Rome. Mais pour Paul, la mort était le chemin pour être avec Christ, « car c’est, de beaucoup, meilleur » (Phil. 1 : 23). Ainsi le Seigneur le conservera aussi à travers la mort pour son royaume céleste. Ce n’est pas là la maison du Père (Jean 14 : 1-3), mais la part céleste du royaume du Seigneur, réservée aux saints qui paraîtront avec Lui en gloire et qui régneront avec Lui.

            La vision de ce temps glorieux amène l’apôtre à cette doxologie, à cette exclamation de louange: « A lui la gloire, aux siècles des siècles ! Amen ». Les croyants auront alors, au lieu de la détresse et de la persécution, le repos, la gloire et l’approbation devant l’univers tout entier, en compagnie de leur Seigneur (2 Thes. 1 : 4-10). N’oublions pas les actions de grâces, même si nous traversons des circonstances accablantes.

 
                        Salutations entre serviteurs (v. 19-22)

            Le dernier paragraphe de cette épître comporte, en plus des salutations, quelques communications personnelles supplémentaires concernant différents croyants de l’entourage de Paul. Prisca (dont le diminutif est Priscilla) et Aquilas étaient des connaissances de longue date de l’apôtre. Ils menaient une vie très active, et avaient un cœur rempli d’amour pour le Seigneur et les siens. Ils avaient été chassés de Rome par l’empereur Claude (41-54 ap. J.-C.) et avaient fait la connaissance de Paul à Corinthe. De là, ils s’étaient rendus avec lui à Ephèse, où ils furent plus tard en aide à Apollos (Act. 18 : 2-3, 18-26), et ils s’y trouvaient encore lorsque Paul écrivait sa première épître aux Corinthiens. Nous apprenons là qu’une assemblée se réunissait dans leur maison (1 Cor. 16 : 19), tout comme ce sera le cas plus tard quand ils habiteront de nouveau à Rome (Rom. 16 : 3-5). C’est à ces collaborateurs, qui jusqu’aux derniers moments resteront fidèlement liés à Paul, qu’il transmet par Timothée ses salutations. Et il leur associe la maison d’Onésiphore, déjà mentionnée au début de l’épître (1 : 16-18).
            Timothée connaissait bien Eraste et Trophime (v. 20). Paul aurait peut-être aimé, dans ces temps difficiles, les avoir près de lui. Mais nul autre ne savait mieux que Paul que tout serviteur est personnellement responsable devant son Seigneur. Pour cette raison il se gardait d’intervenir dans leurs circonstances. Ainsi Eraste était resté à Corinthe, tandis que Paul, peu de temps après, avait probablement de nouveau été fait prisonnier.

            Le cas de Trophime, que Paul avait laissé malade à Milet, était tout différent. N’aurait-il pas pu guérir ce frère ? N’avait-il pas dans bien d’autres occasions guéri des infirmes et chassé des esprits malins ? (Act. 19 : 12). Il semble que ces dons n’étaient pas destinés à soulager de leur maux tous les croyants de façon automatique ou à prolonger leur vie sur la terre. Voilà pourquoi Paul n’avait pas guéri Trophime, ni Epaphrodite (Phil. 2 : 27), ni Timothée (1 Tim. 5 : 23).
            Les dons ayant un caractère de signe, comme aussi le don des langues, devaient accompagner, selon la promesse du Seigneur en Marc 16 : 17-18, les croyants qui annonceraient l’évangile. Ils n’édifiaient pas les chrétiens, mais servaient à convaincre les incrédules, et confirmaient ainsi l’activité de Dieu dans un temps où sa Parole n’était pas encore complète. Au cours des trente années environ que décrit le livre des Actes, le nombre des « miracles » diminue rapidement, et l’auteur de l’épître aux Hébreux (60-70 ap. J.-C.) constate rétrospectivement que Dieu avait seulement soutenu, dans les premiers temps, la prédication de l’évangile par des signes et des prodiges (Héb. 2 : 3-4).

            Dans les nombreux écrits rédigés après la mort des apôtres et qui nous ont été conservés, il n’est nulle part question de don de guérison ou de don des langues. Le texte de Jacques 5 : 14-16 souvent cité n’a rien à voir avec le don de guérison. Il s’agit là de cas où Dieu permet des maladies comme discipline à la suite d’un péché commis. La voie de la guérison est alors dans la confession du péché et la prière de la foi, et non pas par des opérations de miracles. Si de prétendus dons de guérisons et de langues ont de nouveau fait leur apparition dans certains milieux chrétiens, il y a quelques décennies, nous devons constater qu’en parlant des caractères du service à accomplir dans les derniers jours (4 : 1-5), l’apôtre n’en fait aucune mention.
            L’absence d’Eraste et de Trophime rappelle encore une fois à Paul sa solitude en prison, et il répète la demande déjà exprimée au verset 9 à Timothée de venir vers lui (v. 21). La précision « avant l’hiver » explique l’importance du manteau laissé en Troade chez Carpus.

            Suivent maintenant des salutations de quelques frères et d’une sœur, nommés individuellement, et de la part de tous les frères. Au verset 19, Paul, conduit par le Saint Esprit, avait cité le nom de la femme avant le nom de l’homme, mais au verset 21, c’est le contraire. Nous n’avons pas de plus amples renseignements sur ces personnes et on s’est livré très tôt à des spéculations à leur sujet. Ainsi, selon la tradition, Linus est considéré comme le successeur de Pierre sur le siège épiscopal de Rome, bien qu’il n’existe aucun témoignage authentique et qu’il soit presque certain que Pierre, durant toute sa vie, n’a jamais vécu à Rome. Combien vite les paroles de Paul ont trouvé leur accomplissement, lorsqu'il met en garde contre ceux qui détournent leurs oreilles de la vérité et se tournent vers les fables (v. 4).
            Le dernier vœu de l’apôtre Paul pour son bien-aimé enfant dans la foi : « Le Seigneur Jésus Christ soit avec ton esprit » (v. 22) ne se retrouve dans aucune autre de ses épîtres. Il place le Seigneur Jésus Christ devant les yeux de Timothée, le Seigneur qui l’a aimé, ainsi que nous tous, et qui s’est livré Lui-même pour nous.

            Il s’était déjà adressé à lui personnellement par ces mots qui sont aussi pour chacun de nous : « Toi donc, mon enfant, fortifie-toi dans la grâce qui est dans le Christ Jésus » (2 : 1). Il conclut maintenant avec la salutation habituelle et combien actuelle : « Que la grâce soit avec vous ! ». La grâce de Dieu qui apporte le salut et qui est apparue à tous les hommes, veut également nous enseigner dans notre chemin de foi, à vivre sobrement, justement et pieusement (Tite 2 : 11-14). Que cette grâce ne nous fasse jamais défaut !

 

                                                                                          D’après A. R – extrait de « Sondez les Ecritures » (vol. 11)