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Seigneur, est-ce moi ?


 Dans la chambre haute, la désignation de Judas
 Une scène propre à parler sérieusement à nos coeurs
 

Lire : Matthieu 26 : 17-30 ; Marc 13 : 12-26 ; Jean 13 : 21-32
 

            La question « Seigneur, serait-ce moi ? » a été posée par chacun des disciples alors que Jésus venait de leur dire : « L’un d'entre vous me livrera » (Matt. 26 : 21-23). Ils étaient réunis dans la chambre haute pour la célébration de la Pâque et leur Maître allait désigner le traître ; mais auparavant, Il voulait exercer leur conscience.


Dans la chambre haute, la désignation de Judas

                          
La préparation de la Pâque (Luc 22 : 8-12)

            Quand il s’agit de célébrer la Pâque - ou la Cène aujourd’hui - rien n’est laissé à l’initiative des disciples. Jésus leur demande d’aller la préparer et leur révèle où la fête doit avoir lieu.
            Combien de chrétiens, au lieu de poser cette question primordiale au Seigneur, ont choisi eux-mêmes leur lieu de rassemblement, selon leurs affinités ! Pourtant, lorsqu’Il nous dirige, tout est simple. Il a suffi aux disciples de se laisser conduire par un « homme portant une cruche d’eau » (v. 10) - image pour nous du Saint Esprit qui nous fait comprendre la Parole.

            « Et lui vous montrera... une grande chambre garnie» (v. 12). Il y a suffisamment de place pour que tous les croyants se trouvent là où Jésus se tient au milieu d’eux. « Quand l’heure fut venue, il se mit à table, et les douze apôtres avec lui. Il leur dit : J’ai fortement désiré manger cette pâque avec vous, avant que je souffre » (v. 14-15). Quel amour ! Le Seigneur présente cette rencontre, non comme une faveur qu’Il leur accorde, mais comme un besoin de son propre cœur - comme quelqu’un qui, avant de quitter sa famille, désire avoir avec elle une réunion d’adieu.

            Jésus a voulu donner à ses disciples, et à tous ceux qui le deviendraient, une marque toute particulière de son amour. La Pâque annonçait une œuvre encore à venir. En célébrant la Cène, les croyants allaient désormais rappeler à la face du monde, chaque premier jour de la semaine, l’œuvre de la croix accomplie à la gloire de Dieu. Chaque fois qu’ils sont assemblés pour rompre le pain, ils annoncent la mort du Seigneur jusqu’à ce qu’il vienne (1 Cor. 11 : 26).

            Pensons un peu à ce que pouvaient être les sentiments du Seigneur en mangeant cette pâque avec ses disciples. Elle était la figure du sacrifice de lui-même qu'Il allait bientôt accomplir.

                         L'un d'entre vous me livrera

             Au moment de ce dernier souper, Jésus portait un grand fardeau sur son cœur. Il avait gardé depuis longtemps ce terrible secret qu’Il allait maintenant révéler à ses disciples, alors qu’ils étaient tous à table avec lui. « Car Jésus savait, dès le commencement… qui était celui qui le livrerait » (Jean 6 : 64).
            « Jésus fut troublé dans son esprit et rendit témoignage : En vérité, en vérité, je vous le dis : l’un de vous me livrera » (Jean 13 : 21). Pour Lui, c’était une indicible tristesse de savoir que le traître se trouvait parmi les douze qui l’avaient suivi durant tout son ministère. Par amour de l’argent, Judas avait décidé de le livrer à ses ennemis et s’était entendu avec eux (Matt. 26 : 14-16).

                         La perplexité des disciples
 
            En entendant les paroles du Seigneur, les disciples s’attristent à leur tour. Il est difficile de mesurer le choc qu’ils ressentent. Déjà, le Seigneur leur avait dit : « Vous savez que, dans deux jours, c’est la Pâque, et le Fils de l’homme est livré pour être crucifié » (Matt. 26 : 2). Il leur avait annoncé : « Vous, vous pleurerez et vous vous lamenterez, tandis que le monde se réjouira » (Jean 16 : 20). Ils ont tristesse sur tristesse, et maintenant leurs affections sont mises à l’épreuve.

            Etant ainsi sondés dans leurs âmes par la parole du Seigneur : « l’un d'entre vous me livrera », les disciples montrent qu’ils n’ont pas confiance en eux-mêmes. Ils n’hésitent pas à dévoiler leur inquiétude à ce sujet. Une telle attitude de cœur plaît au Seigneur, et elle est toujours de saison.

            Des voix s’élèvent autour de la table. « Ils se mirent à se demander l’un à l’autre qui donc serait celui d’entre eux qui allait faire cela » (Luc 22 : 23). Ils sont perplexes et profondément attristés. L’un après l’autre, ils demandent au Seigneur : « Serait-ce moi ? » (Marc 14 : 19-20). Les mots employés dans le texte original laissent penser que chacun est inquiet, tout en espérant recevoir une réponse négative.

                         La demande de Pierre au disciple que Jésus aimait
 
            « Or l’un de ses disciples, que Jésus aimait, était à table, tout contre le sein de Jésus. Simon Pierre lui fait alors signe de demander qui était celui dont il parlait. Lui, s’étant penché sur la poitrine de Jésus, lui dit : Seigneur, qui est-ce ? » (Jean 13 : 23-25).

            L’expression « le disciple que Jésus aimait » est celle dont Jean se sert dans son évangile pour parler de lui-même. Il connaissait l’amour de Jésus pour tous les siens (13 : 1), mais il avait aussi compris qu’il était personnellement l’objet de cet amour. Il occupait, près du cœur du Seigneur, une place de choix - c’est là qu’il avait part à ses communications intimes.

                         La réponse de Jésus

            C’est donc à Jean que le Seigneur répond : « C’est celui à qui je donnerai le morceau après l’avoir trempé » (Jean 13 : 26). Puis Il le tend à Judas Iscariote. C’était la part réservée à un ami intime, destinée à lui prouver qu’il était bien celui que le maître de maison voulait honorer.
            Le Seigneur a toujours traité Judas avec la même bonté que les autres. En signe de confiance, ce disciple portait la bourse commune (Jean 12 : 6). Endurci, il ose maintenant prendre le morceau. Il demande lui aussi : « Serait-ce moi, Rabbi ? » (Matt. 26 : 25). Et Jésus lui répond : « Tu l’as dit ». Ainsi s’accomplit l’Ecriture : « Mon intime ami aussi, en qui je me confiais, qui mangeait mon pain, a levé le talon contre moi » (Ps. 41 : 9).

                         Satan entra en Judas... or il faisait nuit      

            Quand donc Judas eut pris le morceau, « Satan entra en lui » (Jean 13 : 27a). La place était vacante : il n’y avait pas d’amour pour Jésus dans son cœur égoïste et pervers. Satan est prompt à occuper la demeure qu’il a déjà préparée (v. 2). Mais retenons que si le Seigneur Jésus a rempli notre cœur, l’Ennemi ne pourra plus rien y mettre.
            Alors Jésus dit à Judas : « Ce que tu fais, fais-le vite » (v. 27b). Il avait dit : « Le Fils de l’homme s’en va, comme il est écrit à son sujet ; mais malheur à cet homme par qui le Fils de l’homme est livré ! Il aurait été bon pour cet homme-là qu’il ne soit pas né » (Matt. 26 : 24 ;  Marc 14 : 21).
            Le traître est dénoncé. Au début de son ministère, Jésus l’avait choisi, comme les autres disciples, après toute une nuit passée en prière (Luc 6 : 12-16). Il avait rappelé : « N’est-ce pas moi qui vous ai choisis, vous, les douze ? Et l’un d'entre vous est un diable ! » (Jean 6 : 70). La grâce lui a été offerte comme aux autres. Mais par sa convoitise, il a été entraîné à la recherche du gain. Devenu un instrument dans la main de Satan, il suit maintenant le chemin qui mène à la perdition. Il n’y a plus de retour possible.
            Lorsque le Seigneur dit à Judas: « Ce que tu fais, fais-le vite », aucun de ceux qui sont à table ne comprend la raison de ce départ (Jean 13 : 27-28). Et
« Judas sortit aussitôt ; or il faisait nuit » (v. 30). L’obscurité couvrait le pays, mais elle était plus dense encore dans le cœur de cet homme.

                         La gloire du Fils de l'homme

            Alors Jésus dit aux siens : « Maintenant, le Fils de l’homme est glorifié, et Dieu est glorifié en lui » (Jean 13 : 31). De nouveau, Il parle de la croix. Là, sa gloire va briller dans la honte. Puis Il évoque sa résurrection, par laquelle Dieu le glorifiera « aussitôt » (v. 32).
            L’atmosphère est allégée par la sortie de Judas. Malgré la haine qui gronde à l’extérieur de la maison, Jésus institue le repas du souvenir. Il bénit et rompt le pain, et le distribue aux siens. Il prend aussi la coupe, rend grâces et la leur donne. Il explique la portée de ces symboles, si simples et pourtant si profonds, destinés à perpétuer la mémoire de son sacrifice : son corps donné et son sang versé sont les sûrs fondements de la foi chrétienne.


Une scène propre à parler sérieusement à nos coeurs

            Revenons un instant sur ces moments solennels où, « troublé dans son esprit », Jésus déclare : « En vérité, en vérité, je vous le dis : l’un de vous me livrera » (Jean 13 :  21). Atterrés en entendant une telle déclaration, les disciples se regardent mutuellement. Lequel d’entre eux serait-il capable de cette trahison ? Ils n’ont aucun soupçon, même à l’égard de Judas. Lorsqu’un parfum de grand prix avait été versé sur les pieds de Jésus, ils s’étaient tous associés à Judas, estimant que ce n’était que du gaspillage : « ce parfum aurait pu être vendu pour une forte somme et donné aux pauvres» (Matt. 26 : 9 ; Jean 12 : 4-6).

                         Un appel à la conscience de tous

            Les paroles de Jésus : « l’un de vous me livrera » ont transpercé le cœur de chacun des apôtres, Judas excepté. Ils ont demandé, l’un après l’autre : « Seigneur, serait-ce moi ? ». Et nous devrions être prêts nous aussi, en sondant sérieusement et humblement notre propre cœur, à poser la même question au Seigneur. Chacun doit réaliser qu’il est capable de le renier et même de le trahir. Bien des recoins ténébreux et inexplorés subsistent en nous. Jésus a dit : « C’est du cœur que viennent mauvaises pensées, meurtres, adultères, fornications, vols, faux témoignages, injures » (Matt. 15 : 19).
            Mais heureusement, la Parole de Dieu apporte à chaque croyant tout le secours nécessaire. Elle lui enseigne que Jésus Christ a accepté de mourir pour lui. Son sang versé purifie tout pécheur qui confesse sa misère et met sa foi dans le Sauveur.

                         Une leçon d'humilité donnée par le Seigneur

            Le fait de poser une telle question à Jésus montrait de la part des disciples une véritable humilité, une absence de confiance en eux-mêmes. Mais cet heureux état de leur cœur était loin d’être continuel. Et n’est-ce pas aussi notre cas, chers lecteurs croyants ? Juste après l’institution de la Cène, le chapitre 22 de Luc nous présente une scène toute différente. Les mêmes disciples contestent entre eux pour savoir lequel serait estimé le plus grand (v. 24). Aussi le Seigneur leur enseigne-t-il que le plus grand doit être comme le plus jeune, et celui qui conduit comme celui qui sert (v. 26).
            Et il leur montre son exemple : « En effet, qui est le plus grand, celui qui est à table ou celui qui sert ? N’est-ce pas celui qui est à table ? Or moi, je suis au milieu de vous comme celui qui sert » (v. 27;  voir Jean 13 : 12-15). Cherchons à être toujours animés du même esprit que notre cher Sauveur, en le contemplant dans son chemin sur la terre.

                         Le jugement de nous-mêmes

            Il ne suffit pas de parler de notre faiblesse, il faut aussi reconnaître que nous sommes exposés à l’infidélité. Soyons en garde contre nos mauvaises tendances. Nous sommes facilement permissifs quant à notre propre conduite. Pourtant la Parole de Dieu met l’accent sur la sainteté pratique : « Comme celui qui vous a appelés est saint, vous aussi soyez saints dans toute votre conduite, parce qu’il est écrit : Soyez saints, car moi je suis saint » (1 Pier. 1 : 15-16). Le Saint Esprit que Dieu a placé en nous est la force nécessaire pour que nous soyons « plus que vainqueurs par Celui qui nous a aimés » (Rom. 8 : 37). « Marchez par l’Esprit, et vous n’accomplirez pas la convoitise de la chair» (Gal. 5 : 16). Laissons-le agir librement. Il nous aidera à rejeter les mauvaises pensées dès qu’elles se présentent à notre esprit. Gardons-nous de les nourrir.
            L’exemple de Jésus durant sa vie sur la terre nous encourage à être sur nos gardes. Le danger peut même venir d’un proche. Préparons-nous à dire, comme le Seigneur à Pierre : « Va arrière de moi, Satan, tu m’es en scandale ; car tes pensées ne sont pas aux choses de Dieu, mais à celles des hommes » (Matt. 16 : 23).
            « Comme des élus de Dieu », soyons toujours « revêtus d’humilité » (Col. 3 : 12 ; Eph. 4 : 2 ; 1 Pier. 5 : 5). Jésus en donne l’exemple parfait tout au long de sa vie. Humble et débonnaire (Matt. 11 : 29), Il n’hésite pas à s’approcher des publicains et des pécheurs et à manger avec eux. Il est venu pour soigner « ceux qui se portent mal » et qui reconnaissent leur état (Matt. 9 : 11-12). Il leur présente le chemin à suivre pour avoir la paix avec Dieu.
            Plus nous serons petits à nos propres yeux, plus le Seigneur grandira dans notre appréciation. L’orgueil - « la faute du diable » (1 Tim. 3 : 6) - est toujours le plus grand danger pour un enfant de Dieu ; et il est souvent d’ordre spirituel. L’apôtre Paul nous encourage : « Je vous exhorte donc, moi, le prisonnier dans le Seigneur, à marcher d’une manière digne de l’appel dont vous avez été appelés, avec toute humilité et douceur…» (Eph. 4 : 1- 2) - « au lieu de penser à ce qui est élevé, associez-vous à ce qui est humble » (Rom. 12 : 16).

 

                                                           Ph. L  - « Messager évangélique » juillet 2012