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Jamais tout seul !

  La solitude ressentie à la fin d’une vie, mais comblée par le Seigneur
  D’autres exemples encourageants dans la Parole de Dieu 
  La contemplation de Jésus, l’homme humble et solitaire
 

            Comme l’exprime le refrain du cantique placé à la fin de notre article, le croyant peut dire qu’il n’est jamais tout seul. Cependant, malgré cette assurance que le Seigneur est avec les siens, la solitude peut peser sur beaucoup d’entre eux - aux personnes âgées plus particulièrement. Sans doute ce n’est pas le cas de la plupart des jeunes ou des personnes en pleine activité ! Ils cherchent parfois même à se retrouver un peu seuls pour échapper si possible au « stress » engendré par la vie bruyante et surchargée qu’ils ont à affronter à longueur de semaine. Parmi eux se trouvent aussi ceux qui traversent des épreuves difficiles à supporter et sont accablés par un isolement d’ordre moral. Qui ne s’est pas parfois senti très seul, même au milieu d’une foule ? On essaie alors de trouver de l’aide auprès de ceux qui nous entourent ; mais ces derniers sont eux-mêmes débordés par le travail ou repliés sur eux-mêmes du fait de leurs propres problèmes non résolus.
            Que dire enfin de ceux qui ressentent la solitude, alors qu’ils sont encore loin de Dieu « sans espérance » et sans véritable appui ? Peuvent-ils trouver dans ce monde un secours durable ? Sous les coups répétés, l’amertume peut s’emparer de leur cœur et les rendre de plus en plus malheureux. Le message divin s’adresse à eux - à vous, peut-être, qui lisez ce texte ! Jésus vous invite aujourd’hui : « Venez à moi, vous tous qui vous fatiguez et qui êtes chargés, et moi, je vous donnerai du repos. Prenez mon joug sur vous et apprenez de moi, car je suis débonnaire et humble de cœur ; et vous trouverez le repos de vos âmes. Car mon joug est facile à porter et mon fardeau est léger » (Matt. 11 : 28-30). Ne refusons pas d’être consolés, et ne négligeons pas volontairement de tels appels de la grâce de Dieu.

 
 

La solitude ressentie à la fin d’une vie, mais comblée par le Seigneur

            Lorsque nous avons atteint un âge avancé, la solitude devient, dans bien des cas, plus fréquente et aussi plus difficile à supporter. Nos années s’écoulent, à un rythme d’abord apparemment très lent, puis de plus en plus rapide. Les rangs s’éclaircissent ; un à un, nos bien-aimés et nos amis nous quittent. Finalement, chacun se retrouve seul ou presque. C’est une expérience difficile ; elle l’a été même pour un apôtre Paul. Au moment où les épreuves se multipliaient, à la fin de sa carrière ici-bas, il écrivait à Timothée : « Empresse-toi de venir bientôt auprès de moi, car Démas m’a abandonné, ayant aimé le présent siècle… Luc seul est avec moi » (2 Tim. 4 : 9-11).
            Dans le cas d’un mariage heureux, la perte de son conjoint, après des années de communion réelle, est souvent amèrement ressentie. Si même le survivant est un enfant de Dieu, qui a la certitude du revoir auprès du Seigneur (1 Thes. 4 : 13), il gémit et pleure. Il ne sent plus le doux contact qu’il appréciait, celui de la main du disparu ; il (ou elle) n’entend plus la voix aimée, n’ayant plus à ses côtés cette présence autrefois si rassurante.
            N’oublions pas, chers lecteurs chrétiens, que notre Père céleste sait comment répondre à ce besoin d’une compagnie (Ecc. 4 : 10-11). Celui qui nous aime nous assure de sa présence consolante. Il dit à ses disciples : « Et voici, moi je suis avec vous tous les jours, jusqu’à l’achèvement du siècle » (Matt. 28 : 20). Recherchons sa compagnie ! Il répond à nos besoins selon les immenses richesses de sa grâce (1 Pier. 1 : 17 ; Eph. 2 : 7). Les moyens qu’Il emploie sont très variés, parfois inattendus.
            La plus grande épreuve « durable » pour Jacob a été de perdre « en chemin » sa femme bien-aimée, Rachel, si chèrement acquise. Bien des lecteurs sont aussi sans doute restés meurtris, désolés, surtout s’ils étaient âgés lors d’un tel départ. Un poète, Lamartine, a écrit : « Un seul être nous manque et tout est dépeuplé ». La solitude du cœur est sans contredit la plus difficile à supporter. Jacob se souvenait du départ de Rachel sur son lit de mort (Gen. 48 : 7) ; mais au milieu de cette immense peine, il pouvait également parler du « Dieu qui a été son Berger… jusqu’à ce jour » (v.15). Il gardait sa place de « brebis » en se souvenant des soins patients du Seigneur à son égard. En avons-nous compris l’ampleur ?

                        Partout avec Jésus ! Si ce tendre Berger
                        En des sentiers ardus me fait parfois marcher,

                        S’Il m’éprouve souvent, et m’ôte ceux que j’aime,

                        Quand tout vient à manquer, il me reste lui-même.

 

D’autres exemples encourageants dans la Parole de Dieu

            Considérons encore quelques récits de l’Ecriture montrant comment Celui qui aime sa créature et veut la sauver, vient la soutenir et la consoler durant les plus douloureuses « solitudes ».

 
                        Agar
 
            Agar, la servante égyptienne, a connu dans sa vie des moments de terrible solitude. Sa maîtresse, Saraï - la femme déjà âgée d’Abram - souffrait beaucoup de ne pas avoir d’enfant. Elle ne l’accepte pas, accuse l’Eternel et cherche un moyen humain de « se bâtir une maison ». Il lui vient alors à l’esprit que la jeune servante Agar pourrait bien être employée pour cela. Satan est un ennemi patient, il sait attendre l’heure de nous faire tomber dans une grave faute avec des conséquences souvent durables. Abram écoute sa femme, et Agar est bientôt enceinte. Jalouse, car sa stérilité personnelle est encore plus évidente, Saraï devient de plus en plus querelleuse. Excédé par ses récriminations, Abram laisse sa femme libre d’agir à sa guise vis-à-vis d’Agar. Saraï la maltraite alors fortement, la contraignant finalement à s’enfuir.

            Totalement démunie, Agar erre dans une terrible solitude au désert. L’Ange de l’Eternel la trouve près d’une fontaine et parle avec miséricorde à sa conscience : « Agar, servante de Saraï, d’où viens-tu et vas-tu ? » (Gen. 16 : 8). Il pose souvent de telles questions. Il nous suit partout ; jamais nous n’échappons à Son regard (Ps. 139 : 7-8). Agar confesse à l’Ange - une figure de Christ - s’être enfuie de la maison de Saraï. Il lui ordonne d’y revenir et de s’humilier sous la main de sa maîtresse (v. 9). La servante fugitive obéit. L’obéissance à la volonté de Dieu est toujours le seul vrai chemin de la bénédiction. Alors l’Eternel lui fait des promesses au sujet de l’enfant qu’elle attend (v. 10). Agar est transformée par cette rencontre - et chacun d’entre nous peut l’être. C’est un contact décisif ; maintenant elle déclare au sujet de l’Eternel qui lui a parlé : « Tu es le Dieu qui te révèles » (v. 13). Il l’a vue et elle Le voit.
            De retour à la maison d’Abram où elle vivra durant de longues années, elle sera un témoin vivant irrécusable de l’incrédulité et des erreurs de ses maîtres. Son fils Ismaël naît. Puis, 14 ans plus tard, Sara donne enfin le jour, selon la promesse divine, à Isaac ! Il faut que ce dernier soit clairement la seule semence que Dieu a donnée à Abraham, sans intervention de l’homme. Or Sara veut qu’Agar et son fils soient chassés. Abraham, suite à une injonction divine, doit s’y résoudre. Ce n’est plus Agar seule qui s’enfuit ; elle est chassée avec son enfant ! Se souvenant certainement de sa première terrible expérience, elle erre dans le désert de Béer-Shéba. Elle et son fils ont rapidement épuisé leurs maigres ressources humaines et semblent sur le point de mourir. Exténuée, Agar jette son enfant sous un arbrisseau et s’éloigne, craignant de le voir se débattre dans les affres de la mort. Elle n’a plus aucun espoir (Job 17 : 11), elle n’a plus rien ! Alors Dieu peut et veut intervenir ! Si vous êtes solitaire, à bout de ressources, faites-vous appel aux grandes compassions de Jésus ? Notre gémissement ne lui est point caché (Ps. 38 : 9). Quelle grâce de le savoir !
            Dieu entend la voix de l’enfant, il entend la nôtre aussi ! Tournons-nous résolument vers Lui. Il nous fera voir le « seul puits aux eaux vives ». Nous pourrons enfin y boire à longs traits, étancher notre terrible soif ; alors le vide affreux d’une vie vécue jusqu’ici loin de Lui sera fermé (Gen. 21 : 19 ; Cant. 5 : 1 ; Jean 7 : 37-38). « Il change le désert en un étang d’eau, et la terre aride en des sources d’eaux » (Ps. 107 : 35).

 
                        Jacob
 
            Deux fois dans sa vie, dans des conditions particulièrement difficiles, Jacob a connu la solitude. Chacune de ces périodes sera l’occasion pour lui d’être seul avec Dieu. Ces expériences ont marqué sa vie.
            La première fois, Jacob vient de quitter la maison familiale, mais Dieu va lui faire connaître Sa propre maison (Bethel). La solitude, loin de la sécurité, est parfois l’occasion de cette rencontre qui doit avoir lieu. Même si Dieu est le Dieu de nos parents, Il doit devenir le nôtre. De nuit et par un songe, Dieu montre la porte du ciel au pauvre pécheur fatigué et lui fait des promesses. Jacob estime le lieu terrible (Gen. 28 : 10-22). Beaucoup, comme lui, hésitent à saisir par la foi le don gratuit de Dieu.

            L’autre rencontre avec Dieu a lieu à Peniel, près du torrent de Jabbok. Jacob a fait passer le gué à ses femmes et à ses servantes. Il reste seul (Gen. 32 : 24). Son combat avec l’Ange est comme un résumé de sa vie antérieure, de ses propres efforts inutiles pour être béni. L’énergie de cet homme est anéantie par un geste de Dieu (v. 25). Il apprend une vérité de base pour le croyant : « Lorsque je suis faible, alors je suis fort » (2 Cor 12 : 10) et la victoire par la prière : « Je ne te laisserai point aller sans que tu m’aies béni » (v. 26 ; Osée 12 : 5). Sa hanche est luxée, mais son âme est délivrée (Rom. 7 : 24-25).

            A la fin de sa vie, en parlant au Pharaon qu’il bénit, Jacob déclare que ses jours ont été « courts et mauvais » (Gen. 47 : 9) Mais toutes ses afflictions étaient nécessaires pour sa formation, il était si loin au début de sa vie ; or Dieu voulait lui faire du bien à la fin (Deut. 8 : 16). Le « Dieu de Jacob » - dont parle si souvent l’Ecriture - l’aimait et l’a souvent épuré, pour le ramener à Lui. L’épître aux Hébreux souligne le couronnement de la longue discipline de Jacob, tout à la gloire de Dieu : « Par la foi, Jacob mourant… adora, appuyé sur le bout de son bâton » (Gen. 47 : 29-31).
 
 
                        Joseph
 
            Joseph est vendu par ses frères à des Madianites, qui le revendent en Egypte. Il est jeté injustement, durant plus de deux ans, dans la tour d’une prison sans doute bondée (Gen. 39 : 20). Il y sert fidèlement les grands commis emprisonnés du Pharaon, tout en souffrant certainement d’une grande solitude morale ; « son âme entra dans les fers » (Ps. 105 : 18-19). Dieu permet encore que le chef des échansons l’oublie égoïstement (Gen. 40 : 23). Cependant, au temps choisi, il sera libéré et établi sur tout le pays d’Egypte (Gen. 41 : 39-43).

            Alors que, si jeune, Joseph a été l’objet de tant d’injustices, où donc a-t-il trouvé la force de ne pas sombrer dans la mélancolie ? Là où chacun d’entre nous peut trouver le secours : « L’Eternel était avec lui » (Gen. 39 : 2-5, 21-23). 
 
 
                        Naomi
 
            La belle-mère de Ruth avait perdu son mari et ses deux seuls fils. Elle vivait depuis longtemps déjà en Moab, loin de Bethléhem, sa ville natale. Elle se demandait sans doute ce qu’étaient devenus ses anciens amis - se souvenaient-ils d’ailleurs encore d'elle ? Mais Dieu avait « préparé » en secret Ruth, une de ses belles-filles, pour l’aider ; cette jeune femme, veuve également et sans enfants, sera un élément important de la réponse divine aux besoins affectifs et spirituels de Naomi.

            Ruth montre une foi extraordinaire : elle a « appris » au contact de Naomi à connaître l’Eternel. Elle se confie personnellement - elle, une Moabite (Deut. 23 : 3) - dans le Dieu vivant et vrai d’Israël (Ruth 1 : 16). Elle fait pourtant partie d’un peuple qui est un ennemi héréditaire d’Israël ; à vue humaine, son choix paraît pour le moins incertain. D’ailleurs Naomi cherche d’abord à la décourager ; Ruth tient ferme et affirme que la mort seule la séparera de sa belle-mère. Tant d’affection vraie encourage beaucoup Naomi dans sa grande solitude. Ensemble, elles partent vers Bethléhem, où la curiosité et l’émotion produites par leur arrivée restent sans lendemain. Personne ne vient proposer de les aider. Est-ce consécutif à l’égoïsme naturel de notre cœur ? Ou à la présence insolite, indésirable, d’une Moabite ? Il ne fait pas bon être dans la misère et encore moins un « étranger » ! Mais Dieu intervient dans sa bonté et elles vont être soulagées et délivrées de leur grande misère matérielle. De plus, Naomi reprend peu à peu courage ; sa détresse morale a diminué, sa relation avec Dieu s’affermit.

            L’Eternel « dirige » alors les pas de Ruth vers le « seul champ » où elle trouvera une bénédiction. Chers jeunes isolés, demandez à Dieu de vous conduire à la « bonne porte » que vous ne pouvez pas trouver tout seuls. Ruth s’empresse ensuite d’aller apporter une portion à Naomi, quelques-uns de ces fruits qui les émerveillent toutes les deux (Ruth 2 : 3 ; Prov. 15 : 25).

            La suite de la vie de Naomi sera richement bénie. L’exemple de Ruth la console toujours plus et la fortifie. Sommes-nous ainsi parfois réellement en aide à ceux qui se sentent démunis de tout ? La bonté du puissant et riche Boaz, qui se montre disposé à épouser Ruth qu’il aime, réconforte Naomi qui craignait à juste titre la disparition de l’héritage de son mari défunt. Sa solitude morale, son amertume, font place, du fait des soins de Dieu, à une belle restauration spirituelle ; elle a retrouvé du discernement. Finalement, contre toute attente, Naomi berce l’enfant de Ruth. Il sera le grand-père de David, un type de Christ, qui est appelé « Fils de David ; c’est un des titres de gloire de Celui qui vint ici-bas, comme un Homme.
 
 

La contemplation de Jésus, l’homme humble et solitaire

            Je sais, écrivait un serviteur de Dieu, ce que c’est que d’être seul ! Dieu a fait de moi un solitaire. Mais ce qui faisait sa confiance, c’est que Jésus, notre parfait Modèle, avait connu Lui aussi cette épreuve (Ps. 88 : 8, 18). Une telle pensée doit être également notre merveilleuse espérance, si nous avons à connaître de semblables détresses. Le Seigneur invite les siens à marcher sur Ses traces, en puisant à la même source divine que Lui. Pendant les jours de sa chair, Il a offert, avec de grands cris et avec larmes, des prières et des supplications à Celui qui pouvait le sauver de la mort, et Il a été exaucé à cause de sa piété (Héb. 5 : 7).
            « Christ est toujours le même, plein de grâce et de tendresse. Il suffit aux jeunes gens et Il suffit aux vieillards. Puissions-nous être gardés dans l’humilité de manière à Le connaître, Lui et toutes les ressources qui sont en Lui. Elles se trouvent en Lui-même pour ceux qui sont seuls ; car Il a éprouvé ce qu’est la solitude : « Vous me laisserez seul. Mais je ne suis pas seul, car le Père est avec moi », dit-Il à ses disciples (Jean 16 : 32). Ainsi, cher croyant, vous pourrez dire aussi : je ne suis pas seul, Christ est avec moi » (JND).
            Tournons ensemble nos regards vers Lui. Contemplons Celui qui a été souvent tellement « moralement » seul ici-bas, au milieu de ses créatures qu’Il était venu sauver et qui Le rejetaient. Il avait revêtu un corps formé par Dieu même (Héb. 10 : 5), semblable au nôtre, à part le péché (Héb. 2 : 14 ; 4 : 15). C’était un Homme parfait ; aussi tant de perfection ne pouvait qu’engendrer une totale solitude morale ! Il était seul - mais en communion constante avec son Dieu et Père - à l’exception des trois heures de ténèbres sur la croix. Auparavant, Il pouvait dire au Père : « Moi je savais que tu m’entends toujours » (Jean 11 : 42).
            Rappelons à nos cœurs quelques aspects de Sa vie et demandons à Dieu, notre Père, qu’Il a ainsi glorifié, de nous aider à devenir, peu à peu, conformes à Lui.

            La communion de Jésus avec son Père l’amenait souvent à se retirer à l’écart pour prier ; tous ses rachetés ont-ils les mêmes dispositions ? « Quand il eut renvoyé les foules, il monta sur la montagne, à l’écart, pour prier ; et le soir étant venu, il était là, seul » (Matt. 14 : 23). Recherchons les bons moments d’une telle solitude, même au travail ! Prenons un moment pour être solitaire dans la prière et dans l’amour : « Entre dans ta chambre, et, après avoir fermé ta porte, prie ton Père qui demeure dans le secret ; et ton Père, qui voit dans le secret, te récompensera » (Matt. 6 : 6).
            Dans une autre occasion, les motifs qui amènent le Seigneur à « se retirer » dans la solitude, sont tout différents ! Il venait d’accomplir un de ses grands miracles : une des « multiplications des pains ». Cinq mille hommes, outre les femmes et les enfants, avaient été rassasiés. Or les foules, sans le reconnaître toujours (Jean 8 : 33), soupiraient sous le joug des Romains. Impressionnées, elles veulent le faire roi ; elles étaient attirées par Sa puissance, plus que par Sa grâce et Ses qualités morales (Matt. 14 : 16-21) ! Ses disciples aussi « erraient », oubliant ses enseignements au sujet de la croix (Luc 18 : 31, 34). Leur espoir était que le Royaume s’établisse rapidement en gloire ; ils n’avaient pas compris que l’œuvre de la rédemption à la croix devait être accomplie auparavant.

            « Jésus, sachant qu’ils allaient venir et l’enlever pour le faire roi, se retira de nouveau sur la montagne, Lui tout seul » (Jean 6 : 15). C’est Dieu qui le faisait roi (Ps. 2 : 6) ; ce ne pouvait être ni l’homme (Jean 5 : 41), ni Satan (Matt. 4 : 8-10).

            Le Seigneur a souvent été seul dans sa marche parfaite qui Le faisait reconnaître (Jean 1 : 36). Mais pour Le suivre, il fallait prendre sa croix ; aussi plusieurs décident-ils de ne plus marcher avec Lui (Jean 6 : 66). Le Seigneur est attristé par ces défections. Il interroge ceux qui restent : « Et vous, voulez-vous aussi vous en aller ? » (v. 67). La réponse de Pierre réjouit son cœur : « Seigneur, auprès de qui irions-nous ? Tu as les paroles de la vie éternelle… » (v. 68). Est-ce aussi la nôtre ?

            Jésus est laissé seul avec la femme surprise en adultère. Ses accusateurs sortent un après l’autre quand Il commande que celui qui est sans péché lui jette la première pierre. Il montre à cette femme l’étendue de Sa grâce. Lui, qui seul était sans péché, déclare : « Moi non plus, je ne te condamne pas ; va, dorénavant ne pèche plus » (Jean 8 : 3-11).

            Il a été seul même au milieu de sa famille terrestre ; nous ne voulons pas parler de Marie, sa mère. Elle montre sa confiance en Lui, déjà aux noces de Cana : « Quoi qu’Il vous dise, faites-le » (Jean 2 : 5). Mais ses « frères » ne croyaient pas en Lui et se moquaient de Lui, le mettant au défi d’aller à Jérusalem pour s’y faire connaître et apprécier à sa « juste valeur » (Jean 7 : 5).

            Ceux qui parmi nos lecteurs ont subi un tel rejet familial - peut-être à cause de leur foi - seront vivement encouragés en se souvenant que Jésus a connu tous les abandons jusqu’au pied de la croix, et l’abandon suprême de son Dieu, quand Il a été « fait péché pour nous » (2 Cor. 5 : 21).

            Ainsi Jésus a connu toutes les formes de solitude et personne en vérité ne peut dire : Les souffrances que je traverse sont d’une telle acuité, ma solitude est si absolue, que Jésus ne peut pas y entrer, ni les partager et m’apporter de la sympathie et me soutenir.
 
                        Nom de l’Homme humble et solitaire
                        Plein de pitié pour nos malheurs,
                        Qui porte, esclave volontaire,
                        Le lourd fardeau de nos douleurs.
 

            Le Seigneur a posé, prophétiquement, une très douloureuse question pour son cœur : «  Pourquoi suis-je venu, et il n’y a eu personne ? Pourquoi ai-je appelé, et il n’y a eu personne qui répondît ? » (Es. 50 : 2). Le pélican et le hibou présentent dans l’Ecriture l’acuité de Sa solitude : « Je suis devenu semblable au pélican de désert ; je suis comme le hibou des lieux désolés… Je veille, et je suis comme un passereau solitaire sur un toit » (Ps. 102 : 6-7).
            Peut-être les vôtres vous ont-ils chassé ? Des proches, ou même des « hommes religieux », vous rejettent à cause de votre foi dans le Fils unique de Dieu, comme ce fut le cas pour l’aveugle-né de Jean 9. Cet homme, guéri par Jésus, était devenu pour les pharisiens un témoin très gênant de la puissance divine de Jésus ; alors « ils le chassèrent dehors » (v. 34). Mais le Seigneur le retrouve et l’éclaire sur Sa divinité (v. 35-37). Désormais, cet ancien aveugle aura la part excellente de partager la « solitude » du Fils de Dieu. Il n’y a pas de meilleure place, ne craignons pas de la prendre. Dieu l’a parfois accordée aux siens et leur tristesse a été changée en joie, malgré les peines et les difficultés qu’ils connaissaient ici-bas.

 

            Cher lecteur présentement accablé par un fardeau, Dieu vous aime. Ecoutez Sa voix vous dire : « Aucune discipline, pour le présent, ne semble être un sujet de joie, mais plutôt de tristesse ; cependant, plus tard, elle rend le fruit paisible de la justice à ceux qui sont exercés par elle » (Héb. 12 : 11). Dès que son travail d’amour sera achevé, Il retirera votre épaule de dessous le fardeau (Ps. 86 : 11). Laissez-vous conduire par Sa main aimante. Ils sont nombreux ceux qui autour de nous, dans ce monde obscurci par la nuit du péché, en ont fait l’heureuse expérience, et chacun peut la faire sans plus tarder. Si vous vous sentez sans défense, brisés par les coups de butoir de la vie, appuyez-vous sur les « très grandes et précieuses promesses » (2 Pier. 1 : 4) de Jésus aux siens. Alors « les hurlements d’une solitude » (Deut. 32 : 10) perdront leurs effets terrifiants. Dieu « arrête la tempête, la changeant en calme » (Ps. 107 : 29). Il sera pour vous une « oasis » au milieu du désert de ce monde.


                                                                                                   Ph. L.      le 06-07-12


                        Ne crains rien je t’aime ! Je suis avec toi !
                        Promesse suprême, qui soutient ma foi.

                        La sombre vallée n’a plus de terreur,

                        L’âme consolée, je marche avec mon Sauveur.

                        Non, jamais tout seul, non, jamais tout seul,
                        Jésus mon Sauveur me garde, jamais ne me laisse seul.

                        L’aube matinière ne luit qu’aux beaux jours,
                        Jésus, ma lumière, m’éclaire toujours !

                        Quand je perds de vue l’astre radieux,

                        A travers la nue, Jésus me montre les cieux !

                        Les dangers accourent, subtils, inconnus :
                        De près ils m’entourent, plus près est Jésus,

                        Qui dans le voyage, me redit : C’est moi !

                        Ne crains rien : courage ! Je suis toujours avec toi !
 
                        Non, jamais tout seul, non, jamais tout seul,
                       
Jésus mon Sauveur me garde, jamais ne me laisse seul.