Méditations suivies : La première épître aux Corinthiens (15b)

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LA PREMIERE EPITRE AUX CORINTHIENS (15b)



CHAPITRE 15 (suite)


La résurrection, espérance de la foi (v. 29-34)

            Après avoir exposé brièvement le conseil de Dieu quant à la résurrection de Christ et des siens, Paul reprend au verset 29 l'enchaînement de pensées interrompu au verset 19.
            Si les morts ne ressuscitent pas, comme le prétendaient quelques Corinthiens, le baptême serait alors un acte vide de sens. Il est l'image de notre ensevelissement avec Christ, mais... en vue de la résurrection ! Que nous lisions Romains 6 : 4, Colossiens 2 : 12 ou 1 Pierre 3 : 21, tel est partout le sens du baptême. Beaucoup de croyants qui avaient été baptisés pour la mort de Christ, étaient depuis lors décédés, et ils avaient été remplacés par ceux qui avaient été baptisés après eux, à leur place ici-bas pour ainsi dire. Mais pour celui qui se fait baptiser, le baptême devrait paraître dépourvu de sens si tous ceux qui ont été baptisés et se sont endormis ont péri (comp. v. 18).
            Tous les nombreux périls encourus durant leur vie par maints croyants au service du Seigneur seraient de même vains et inutiles, s'il n'y avait pas de récompense dans la gloire. Si la vie des croyants se limitait au temps présent, comme cela a déjà été indiqué au verset 19, pourquoi devraient-ils s'exposer au danger, comme le faisait continuellement Paul (v. 30-31) ? Dans le livre des Actes (19 : 23-41), nous voyons comment, « à vue humaine », il avait « combattu contre les bêtes à Ephèse ». A quoi donc serviraient de tels combats et de telles souffrances, si les morts ne ressuscitent pas ? Si réellement il n'y a pas d'espérance en la résurrection, mieux valait se rendre la vie aussi agréable que possible (v. 32). Mais comme Paul l'a déjà exposé en détail, il n'en est pas ainsi, Dieu soit béni : la résurrection est un fait indiscutable. C'est pourquoi il ajoute une sérieuse mise en garde : « Ne vous y trompez pas : les mauvaises compagnies corrompent les bonnes mœurs » (v. 33). Si les croyants à Corinthe se laissaient influencer par des opinions de ce genre, ils ne devaient pas s'étonner que ce soit au détriment de leur foi.
            Cependant l’apôtre ne se limite pas à un avertissement, mais termine ce court paragraphe par l'exhortation à se réveiller pour vivre justement et ne plus se rendre coupable de péché par de telles pensées et leurs conséquences charnelles. Il doit pourtant ajouter, à leur confusion, que quelques-uns parmi eux montraient déjà par là qu'ils étaient dans l'ignorance de la véritable nature de Dieu qui est lumière et amour. La vraie connaissance de Dieu n'est pas une affaire d'intelligence : seuls des cœurs et des consciences qui ont été amenés dans sa lumière connaissent réellement Dieu et peuvent croître dans cette connaissance (v. 34).


Questions insensées et la réponse qui y est apportée (v. 35-41)

            Dans la première partie de ce chapitre, Paul a présenté en détail la résurrection et ses résultats éternels (v. 1-11 ; 20-28) ; il a aussi réfuté les arguments de ceux qui nient cette vérité (v. 12-19 ; 29-34). Il expose maintenant ce qui se passera lors de la résurrection. Il répond d'abord à deux questions, qui avaient peut-être été pour quelques-uns un motif de refuser de croire à la résurrection : « Comment ressuscitent les morts, et avec quel corps reviennent-ils ? » (v. 35). Ce sont là des questions de l’intelligence humaine naturelle qui ne peut se représenter que ce qui s'accorde avec le cours du monde qui lui est familier. Une résurrection corporelle d'êtres humains qui sont morts depuis des siècles et dont les corps sont entièrement décomposés est inconcevable pour elle. Mais pour tous ceux qui croient en Celui qui est mort pour eux, qui comme prémices est ressuscité d'entre les morts, et a fait briller la vie et l'incorruptibilité, la résurrection est un objet d'espérance et de joie. La même folie qui dit : « Il n'y a point de Dieu », soulève aussi des questions incrédules de ce genre.
            Dans les versets qui suivent, Paul s'arrête à peine sur la « manière » dont se déroulera la résurrection. Il explique bien qu'une transformation merveilleuse se produira, mais non de quelle manière Dieu fera sortir de la poussière les corps des croyants qui se sont « endormis en Jésus », ni comment l'âme, qui est présentement déjà auprès de Christ, sera de nouveau unie au corps. Mais il s'arrête de manière approfondie sur la question « avec quel corps », pour montrer la différence entre le corps terrestre et le corps céleste. Cette différence sera si immense que les paroles humaines peuvent à peine décrire la gloire future des croyants.
            Il constate d'abord que la mort n'est pas la fin, mais qu'elle est en quelque sorte le prélude à la résurrection (v. 36). En disant : « ce que tu sèmes », il dirige nos regards sur la création visible, dans laquelle nous trouvons un « cours pratique » quant à la résurrection. Dans les versets 37 à 41, il explique au moyen d'exemples tirés de la nature l'immense différence qui existe entre le corps mortel du croyant et son corps de résurrection.
            Le premier exemple est celui des semailles « de blé... ou d’une des autres semences » (v. 37). Le Seigneur Jésus s'était lui-même comparé au grain de blé qui doit tomber en terre et mourir pour porter beaucoup de fruit (Jean 12 : 24). Mais Paul utilise l'image du simple grain de blé qui après être semé doit être recouvert de terre, pour montrer qu'au bout d'un certain temps sort une plante toute différente du grain original. Et pourtant l'un provient de l'autre. Ainsi le corps de résurrection sera aussi très différent du corps mortel qui aura été déposé dans la terre. De même que le Dieu Créateur suscite de chaque grain de semence une autre plante, Il donnera aussi, lors de la résurrection, à chaque croyant son propre corps de gloire, et pourtant chacun garde son identité (v. 38) !
            Paul considère ensuite les diverses créatures dans ce monde : l'homme, le bétail, les oiseaux et les poissons. Il est facile de reconnaître que leur chair n'est pas la même (v. 39). Est-il étonnant alors que dans le monde de la résurrection aussi, notre corps soit autre ? Le Seigneur Jésus pouvait dire à ses disciples après sa résurrection : « Un esprit n'a pas de la chair et des os, comme vous voyez que j'ai » (Luc 24 : 39), tandis que, en devenant homme, il a participé au sang et à la chair (Héb. 2 : 14). Il existe également d'immenses différences entre les corps des êtres humains sur la terre, et les corps célestes, eux aussi créés, et même les divers corps célestes tels que le soleil, la lune et les étoiles diffèrent beaucoup les uns des autres en gloire (v. 40-41). Par cela, l'apôtre ne veut pas indiquer des différences entre les croyants dans la gloire de la résurrection, mais montrer l'immense différence entre le corps terrestre et le corps de résurrection des croyants.


Faiblesse et puissance (v. 42-50)

            Au verset 42, Paul applique à la résurrection les exemples tirés de la création visible : « Il en est de même aussi de la résurrection des morts ». La mise en terre d'un enfant de Dieu décédé ne signifie pas la fin où toute espérance serait ensevelie et où le deuil assombrirait tout ; ce sont au contraire les semailles d'une précieuse semence dans l'espérance vivante de la résurrection. Il est vrai que le corps naturel de celui qui est mort est caractérisé par la corruption, le déshonneur et la faiblesse, mais le moment vient où il sera ressuscité corps spirituel en incorruptibilité, en gloire et en puissance ; aussi réellement qu'il y a un corps naturel (proprement, animal), il y a également un corps spirituel, qui n'est plus asservi aux besoins naturels de la vie terrestre, mais dominé par l'esprit (v. 42-44).
            Pour expliquer tout cela, Paul remonte au commencement, comme il le fait aussi dans d'autres passages (comp. Rom. 5 : 12-21 ; 1 Cor. 15 : 21-22). Il s'agit toutefois ici non pas du péché et de la mort, mais du caractère actuel de la vie. Selon Genèse 2 : 7, le premier homme, Adam, devint une âme vivante par le fait que Dieu souffla en lui la respiration de la vie naturelle. Tandis que Christ, le dernier Adam, a été « vivifié par l'Esprit » et « démontré Fils de Dieu, en puissance, selon l'Esprit de sainteté », lors de la résurrection d'entre les morts (1 Pier. 3 : 19 ; Rom. 1 : 4). Par là, il a aussi fait luire la vie et l'incorruptibilité et, comme Esprit vivifiant, Il les communique à tous ceux qui croient en Lui (v. 45 ; 2 Tim. 1 : 10). Lorsque, le jour de sa résurrection, Il est venu au milieu de ses disciples, « il souffla en eux et leur dit : « Recevez l'Esprit Saint » (Jean 20 : 22). Il s'agit ici non pas de l'Esprit Saint « comme Personne » (il n'est descendu que le jour de la Pentecôte), mais de « la vie en abondance » (Jean 10 : 10), cette vie en résurrection dans sa plénitude et caractérisée par Lui. Tout comme le premier homme reçut la vie naturelle par le souffle de Dieu, les disciples (et avec eux tous ceux qui croient au Seigneur Jésus) reçurent, une fois l'œuvre de la rédemption accomplie, la vie de résurrection par le souffle du dernier Adam. L'expression « le dernier Adam » implique qu'il n'y en aura plus d'autre après lui.
            Selon le conseil éternel de Dieu, cependant, ce qui est naturel (ou animal) a précédé ce qui est spirituel (v. 46). Ce qui est périssable doit mourir et être « semé » dans la terre, pour ressusciter en vue d'une vie éternelle infiniment plus glorieuse. L'origine du premier homme est la terre, la poussière, celle du second homme, le ciel. De la même manière que tous les descendants d'Adam lui sont à cet égard semblables, de même ceux qui croient au Seigneur Jésus lui sont semblables, et cela déjà maintenant quant à leur nature, mais bientôt aussi quant à leur corps (v. 47-48). L'expression « le second homme » indique la différence fondamentale avec le premier homme. Dans les paroles qui suivent, à partir du moment de la résurrection, l'apôtre considère pour ainsi dire - de façon rétrospective - la vie terrestre, et dirige ses regards vers l'éternité (v. 49). Tant que nous vivons sur la terre, nous « portons » l'image de celui qui est poussière, c'est-à-dire du premier homme avec toutes ses faiblesses, mais lors de la résurrection, nous serons transformés « en la conformité du corps de sa gloire », pour être éternellement conformes à son image à Lui, qui cependant sera toujours « premier-né parmi beaucoup de frères » et l'objet de notre adoration (Phil. 3 : 21 ; Rom. 8 : 29).
            L'apôtre Paul résume ce passage en disant : « Or j’affirme ceci, frères : la chair et le sang ne peuvent pas hériter du royaume de Dieu, et la corruption non plus n'hérite pas de l'incorruptibilité » (v. 50). Pour entrer dans la gloire céleste et éternelle du royaume de Dieu - il continuera d'exister, d'une autre manière, après le royaume millénaire (comp. 2 Pier. 1 : 11 ; Apoc. 22 : 5) -, il faut non seulement la nouvelle naissance (Jean 3 : 3, 5), mais aussi la transformation de notre corps. Alors que l'expression « la chair » désigne souvent dans la Parole de Dieu la nature pécheresse de l'homme, « la chair et le sang » sont les caractères spécifiques de l'homme dans sa fragilité (comp. Gal. 1: 16 ; Eph. 6 : 12 ; Héb. 2 : 14). Comme nous l'avons vu, notre corps mortel sera entièrement transformé lors de la résurrection pour pouvoir être introduit dans la sphère éternelle de l'incorruptibilité au-delà de la mort.


Résurrection et transmutation (v. 51-58)

            La résurrection des morts était déjà connue des croyants de l'Ancien Testament. Abraham était prêt à sacrifier son fils Isaac parce qu'il estimait « que Dieu pouvait le ressusciter même d'entre les morts » (même si ce n'était que pour la vie terrestre ; comp. Héb. 11 : 19) ; quant à Job, il regardait à la résurrection en vie éternelle (Job 19 : 25), et Daniel reçut à cet égard une révélation de Dieu (Dan. 12 : 2, 13). La résurrection en elle-même n'était donc plus un mystère pour les croyants d'alors, même s'ils ne savaient pas qu'à la venue du Seigneur, ils ressusciteraient d'entre les morts incrédules, et que ceux-ci ne seraient ressuscités qu'à la fin du règne millénaire pour leur condamnation éternelle (Apoc. 20 : 5, 11-15).
            Le mystère dont Paul parle ici est la transformation des croyants vivants lors de la venue du Seigneur pour l'enlèvement des siens. Dans ce chapitre, qui traite de la résurrection de Christ et de ses rachetés, la communication concernant le sort des croyants encore en vie lors de sa prochaine venue, apporte donc un complément nécessaire qui clôt le sujet. Nous devons remarquer en outre que dans tout ce chapitre, l'apôtre ne va pas au-delà de la résurrection de ceux qui se sont endormis et de la transformation des vivants. Il ne dit pas un mot de leur enlèvement au ciel dans la maison du Père, qui suit immédiatement. Pour cela, nous avons l'enseignement de la première épître auxThessaloniciens  (4 : 15-18).
            Lorsque Paul dit : « Voici, je vous dis un mystère » (v. 51), cela signifie qu'il va révéler une chose jusqu'à présent cachée. Dès ce moment, pour ceux qui la connaissent  et la comprennent, ce n'est plus un mystère. Le contenu de ce mystère désormais révélé consiste en ce que, lors de la venue du Seigneur, il y aura non seulement des croyants qui sont morts et qui, par conséquent, seront ressuscités en incorruptibilité et en gloire, mais également des croyants qui seront encore en vie. Ceux-ci ne peuvent pas avoir part à la résurrection, mais seront à ce moment-là transmués en tant que vivants et recevront de cette manière leur nouveau corps dont il a été parlé d'une manière détaillée dans les versets 35 à 50.
            Ces deux actes, la résurrection des morts et la transmutation des vivants, auront lieu « en un instant, en un clin d'œil » (v. 52). Le signal sera donné par « la dernière trompette » appelée en 1 Thessaloniciens 4 : 16 « la trompette de Dieu ». Nous ne savons pas quand elle sonnera, mais le Seigneur Jésus a dit : « Je viens bientôt ». Cette trompette n'est cependant pas la septième trompette d'Apocalypse 11 : 15, comme beaucoup le pensent ; car celle-là annonce le dernier de sept jugements pénitentiaires de Dieu, qui auront été précédés par sept autres jugements (les sept sceaux). Quand elle retentira, les croyants seront depuis longtemps dans le ciel. Nous les voyons déjà en Apocalypse 4, sous la forme des vingt-quatre anciens assis devant Dieu sur leurs trônes et, au son de la septième trompette de jugement, tombant sur leur face pour l'adorer (4 : 4 ; 11 : 16). Comme déjà l'apôtre Paul qui s'inclut dans les versets 51 et 52, nous avons le privilège d'attendre à tout instant l'appel de notre Seigneur ; il se fera entendre avant « l'heure de l'épreuve qui va venir sur la terre habitée tout entière » (Apoc. 3 : 10). S'il ne nous a pas encore recueillis auprès de Lui, c'est uniquement parce qu'Il est patient envers nous, ne voulant pas qu'aucun périsse, mais que tous viennent à la repentance.
            Dans les versets 53 et 54, l'apôtre revient encore une fois sur la nécessité divine de la transformation de notre corps, présentée d'une manière si approfondie dans les versets 42 à 50. Ce corruptible doit revêtir l'incorruptibilité et ce mortel doit revêtir l'immortalité. Par un déploiement de la puissance de Dieu en faveur de ses rachetés, presque inconcevable pour nous, la preuve définitive est donnée que la mort est défaite et vaincue. Selon le verdict de Dieu, la mort est le salaire du péché et aucun homme, depuis le péché originel, ne lui a échappé ; la mort est ainsi jusqu'à maintenant le vainqueur apparent sur toute vie humaine (Gen. 2 : 17 ; Rom. 6 : 23). L'aiguillon de la mort, c'est le péché, car il ne laisse aucun repos à la conscience des incrédules ; les commandements de Dieu sont la puissance qui caractérise le péché comme tel (v. 55-56). Mais le Seigneur Jésus, qui était sans péché, a pris volontairement sur Lui la mort, le salaire du péché, et Il a ainsi vaincu la mort et celui qui a le pouvoir de la mort, c'est-à-dire le diable. Il a remporté la victoire ! Il a aussi fait briller la vie et l'incorruptibilité et délivré éternellement de leur misère, avant tout morale, tous ceux qui croient en lui (2 Tim. 1 : 10 ; Héb. 2 : 14). Le fait que « la mort a été engloutie en victoire » sera en outre manifesté d'une manière toute particulière en ce que, à la venue du Seigneur, tous les croyants qui seront alors en vie ne connaîtront plus du tout la mort, mais seront, comme vivants, transformés en la conformité du corps de sa gloire (Phil. 3 : 21). Malgré les apparences, le vainqueur n'est plus la mort, mais c'est Dieu, qui accorde à tous ceux qui croient en son Fils de partager sa victoire. Que son nom soit béni éternellement (v. 58) !
            Paul est arrivé ainsi à la fin de ses révélations inspirées par le Saint Esprit concernant la résurrection et la transmutation des croyants lors de la venue du Seigneur. Nous ne sommes pas les plus misérables de tous les hommes (v. 19, 29-34), mais en contraste avec tous les autres, nous avons une espérance bienheureuse et vivante, qui va au-delà de la mort et sera bientôt accomplie. Notre vie n'est pas dénuée de sens et sans but, un fruit du hasard et le jouet des puissances terrestres, mais elle est une vie de foi, d'espérance et d'amour. C'est pourquoi nous pouvons nous encourager à demeurer attachés à la Parole de Dieu et à ses promesses d'une manière ferme, inébranlable, et à servir le Seigneur dans le vaste champ de son œuvre sur la terre. Quoique cela implique beaucoup de peine, nous savons que ce travail pour Lui et à son nom n'est pas en vain, mais qu'il est déjà maintenant pour Sa gloire et pour la bénédiction de ceux qui nous entourent. Et bientôt, devant son tribunal, il sera aussi pour notre récompense et notre joie !

                                                                                                   A. Remmers